00:01Ici Sud Radio, les français parlent au français, les carottes sont cuites, les carottes sont cuites.
00:14Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:18Paul Éluard écrivait un poème magnifique, « Liberté, j'écris ton nom ».
00:23Liberté, mais où en est-on de la liberté ?
00:26Deux exemples vous donneraient un aperçu très précis de ce qui se passe en ce moment.
00:33Premièrement, l'émission connue, l'émission culturelle, « La grande librairie sur France 2 », animée par Augustin Trapenard.
00:41Eh bien, on a invité Adèle Haenel, l'actrice, la comédienne Adèle Haenel, pour son récent livre.
00:49Et Adèle Haenel a tenu à peu près ce langage à un moment donné, et ça a fait quelques bruits.
00:58Écoutez.
00:58Le premier mot sera un saut dans le silence télévisuel qui englouit le pays, ce brouhaha médiatique qui masque sans
01:05répit l'absence omniprésente de certaines paroles.
01:08Pareillement, la phrase est courte, et pareillement, j'ai peur.
01:11Mais puisque je suis ici, il faut parler pour redire ce qu'il y a dans ce silence, afin que
01:16tout le monde l'entende.
01:17L'État d'Israël commet un génocide en Palestine, et la France est complice.
01:22N'acceptez pas l'inacceptable, alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine.
01:27Voilà, c'est dit, c'est une opinion, et en principe, chacun a droit à son opinion.
01:33Elle avait une tribune libre, c'est ce qu'a annoncé l'animateur.
01:36Elle l'a dit.
01:37On a non seulement le droit et le devoir d'être d'accord ou pas d'accord,
01:43mais ce qui est intéressant, c'est ce qui a suivi, c'est que France 2, devant l'émotion que
01:47ça a suité,
01:48la réaction des uns, l'approbation des autres, a décidé de supprimer ce passage de l'émission,
01:56c'est-à-dire dans le replay, vous savez ce qu'on appelle effectivement la rediffusion permanente des émissions.
02:03Alors là, ça pose problème, c'est-à-dire qu'on soit d'accord ou pas d'accord,
02:07et Dieu sait s'il y a des choses à dire sur d'être pas d'accord, avec Adèle Hélène.
02:11Mais encore une fois, si on est en liberté d'expression, elle a droit à dire ce qu'elle a
02:16à dire
02:17sur la politique de l'État d'Israël, ou autre, tout autre sujet.
02:21Mais alors on supprime, mais qu'est-ce que ça veut dire on supprime ?
02:24Alors où, effectivement, la direction de France 2 ne cautionne pas les propos d'Adèle Hélène.
02:31Et à ce moment-là, il fallait faire un communiqué, dire écoutez, voilà, elle a parlé, mais nous ne sommes
02:36pas d'accord.
02:36Ou alors, ça trape-là, l'animateur aurait dû dire, écoutez, vous avez dit ce que vous avez à dire,
02:41mais je ne cautionne pas, nous ne cautionnons pas cela.
02:43Non, non, non, on supprime. On supprime, comme ça, sans un mot, voilà, on supprime.
02:47Mais qu'est-ce que ça veut dire on supprime ? Qu'est-ce que c'est que cette invisibilisation
02:51?
02:51Et un autre exemple, je dirais même plus grave, c'est, vous savez, c'est Charles Sapin.
02:56Charles Sapin est rédacteur en chef adjoint de l'hebdomadaire Valence Actuelle.
03:01Et il devait avoir, il doit avoir d'ailleurs, là les directions restent fermes en principe,
03:07une émission, écoutez-moi bien, une chronique hebdomadaire de 2 minutes 40 sur France Inter.
03:14Eh bien, branle-bas au combat des syndicats, de la société des journalistes.
03:19Une grève, une grève est déclenchée parce que comment, horreur et putréfaction,
03:25un journaliste d'un hebdomadaire dit de droite, ou même certains, oulala,
03:31hors-resco-référence d'extrême droite, veut parler dans le service public.
03:36Je le rappelle, 4 milliards d'euros en tout dans le service public de la radio-télévision,
03:41payé par qui ? Par nous. Or, que je sache, les opinions des Français sont très, très, très,
03:47pour le divers, et heureusement.
03:49Alors, le même camp du bien, qui parle de pluralité, qui parle de liberté,
03:53qui parle de démocratie, s'étouffe quand quelqu'un dit de droite va se permettre
04:00de s'exprimer, je dirais hebdomadairement, de 2 minutes 40 sur France Inter.
04:08Écoutez, il y a quand même un problème très grave.
04:10On veut savoir qui dirige, qui est là, et qui décide, effectivement,
04:16de savoir qui passe ou ne passe pas, quand il s'agit du service public.
04:21Mais c'est une farce.
04:23Alors, est-ce qu'il faut arriver jusqu'à boycotter ce service public ?
04:26Est-ce que les amoureux de la liberté ne doivent pas dire stop ?
04:30Ou vous acceptez la pluralité des opinions, et pas cette hypocrisie,
04:34cette arcufrie de ce camp des vertueux, qui surtout, si je ne suis pas d'accord,
04:40vous n'êtes pas d'accord avec moi ?
04:42Eh bien, je vous invisibilise.
04:43Vous ne parlez plus, vous n'êtes plus nulle part.
04:45Voilà où on en est dans cette douce France,
04:49cher pays, de la souffrance peut-être.
04:52En tout cas, la liberté, elle ne se porte pas très bien.
04:55C'est le moins que l'on puisse dire.
04:57Et encore une fois, à nos frais.
04:59Merci, et à demain.
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