00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Antoine.
00:04Oui, pour finir de nous rassurer sur le climat actuel,
00:07alors le pétrole consolide un petit peu,
00:09on reste quand même au-delà des 100 dollars,
00:11mais 103,60 pour le Bren de Mer du Nord,
00:13101,04 pour le WTI américain,
00:16et cette réflexion de l'équipe commodities de JP Morgan,
00:20qui dit, pour la première fois depuis le début du conflit iranien,
00:23nous n'avons tout simplement plus aucune vision de référence,
00:27nous ne savons tout simplement pas comment modéliser l'issue finale.
00:33Voilà.
00:34Tout va très bien.
00:35Tout va très bien, les gars.
00:36Eux, l'ont peut-être la vision, la clarté, la lucidité, où va-t-on ?
00:40Laurent Dédier nous rejoint, Banque Haute-Tincre,
00:42bonsoir Laurent, bienvenue,
00:44et Gilles Guibou pour BNP Paribas AM, bienvenue Gilles.
00:48Bonsoir Laurent.
00:49On est content de vous accueillir l'un et l'autre.
00:52Le pétrole, on ne sait plus où on va, dit JP Morgan,
00:54on ne sait plus où on va sur le pétrole,
00:55ou quand même on en a une vague idée, Laurent ?
00:57On a une vague idée vis-à-vis de la situation qu'on connaît aujourd'hui.
01:00La question, c'est comment la situation va évoluer,
01:02surtout le conflit géopolitique.
01:03C'est très difficile aujourd'hui.
01:07Quand on réfléchit à notre retour post-vacances
01:09et à la situation actuelle,
01:11si on nous avait dit que la mer Rouge et son détroit
01:13pouvaient potentiellement être aussi fermés,
01:15on aurait facilement imaginé un baril au-dessus de 120,
01:18voire peut-être se rapprocher de 150 et de faire un pic.
01:21Tout ça reste assez calme, assez ordonné.
01:25Pourquoi ? Parce qu'il y a quand même l'espoir
01:27qu'on touche un peu à un pic de pression
01:29vis-à-vis de l'administration Trump
01:31et qu'elle se retrouve dans une obligation
01:33d'essayer de trouver un terrain,
01:34pas de négociation ni d'entente,
01:36mais d'accalmie face à une situation
01:38pour éviter une dérive totale.
01:40Quand on voit le prix du galon,
01:41quand on voit les impacts sur toutes les géographies,
01:44voilà.
01:44Mais sur le papier,
01:46clairement, on peut créer plusieurs scénarii.
01:48Un scénarii qui dérape totalement
01:50avec un baril qui s'envole,
01:51comme un qui est un peu plus calme.
01:53Oui, on est entre les deux là,
01:54entre deux eaux en quelque sorte,
01:56avec cette mer Rouge qui inquiète tout le monde,
01:58au point que la Chine, d'après Reuters,
02:00est en train de faire pression directement sur les outils
02:02pour qu'ils cessent de menacer les Saoudiens
02:05et le trafic maritime,
02:06le trafic des bateaux saoudiens,
02:08très important pour les Chinois aussi,
02:09l'évolution des cours du pétrole, Gilles.
02:12Tout à fait, Guillaume.
02:14Salut Grégoire, d'ailleurs.
02:18Non, on voit bien,
02:19ce qui est intéressant,
02:19c'est qu'on voit bien que la Chine
02:21commence à jouer un rôle
02:23sur le plan des relations internationales
02:26et c'est important pour elle
02:29et qu'elle a un poids important dans la région
02:32parce que c'est un important créancier.
02:34Ils ont quand même prêté beaucoup d'argent
02:36dans toute la région africaine.
02:37Donc, ils ont sans doute un poids à faire valoir
02:40et qu'aujourd'hui, on se rend bien compte
02:42que c'est l'intérêt de personne
02:43d'avoir des prix du pétrole trop élevés
02:46et que ça pourrait être contre-productif.
02:47Donc, effectivement,
02:48on voit que la Chine essaye de peser son poids également.
02:53Exactement.
02:54Alors, on voit quand même les compagnies aériennes,
02:55par exemple, faire des annonces face au carburant.
02:57Trop cher.
02:58Plusieurs compagnies aériennes américaines
02:59annoncent qu'elles vont réduire leur programme de vol.
03:01C'est le cas d'American Airlines,
03:03de Southwest Airlines
03:04et de United Airlines.
03:05Tout progresse aujourd'hui.
03:06C'est bien accueilli.
03:07C'est un moins de vol
03:08pour compenser la hausse des coûts du carburant.
03:10Le titre American Airlines gagne 2%.
03:11United gagne 1,5%.
03:13Voilà, c'est la solution
03:14qu'attendaient les marchés peut-être.
03:15Provisoire, sans doute.
03:16On espère qu'elle ne sera pas pérenne.
03:18Les compagnies ont besoin
03:19de faire voler leurs avions, bien évidemment.
03:21Est-ce qu'on se dit
03:21qu'on est sur des niveaux de cours
03:23qui plombent la croissance
03:24ou pas encore, là, pour l'instant ?
03:25Dites Laurent.
03:27Non, aujourd'hui, on peut considérer
03:28que la croissance
03:29et surtout les grands corporates
03:30peuvent encaisser,
03:31une fois encore,
03:32ce niveau de baril
03:33entre 100 et 105-110.
03:36Je pense que la zone vraiment rouge
03:37ou celle qui devient écarlate
03:39et qui viendrait à remettre
03:40complètement en considération
03:41le scénario central
03:42serait au-dessus de 100 vat durablement.
03:45Donc aujourd'hui,
03:45on peut considérer
03:46qu'il y a une capacité
03:48à gérer ce sujet d'inflation.
03:50Peut-être que tout à l'heure,
03:51on pourra dériver sur
03:52est-ce qu'il y a des effets
03:53second tour d'inflation
03:55parce que quand on voit
03:55que l'économie se tient si bien,
03:57par exemple aux États-Unis,
03:59pour parler d'un géant,
04:00et qu'on a un taux de chômage
04:01qui reste aussi résistant,
04:03peut-être qu'à un moment ou à un autre,
04:05si l'économie continue
04:06à rester si forte,
04:07la question d'après,
04:08c'est est-ce qu'on peut revoir
04:09les salaires,
04:10repartir à la hausse ?
04:11Ce serait un scénario...
04:12Voilà, je pense que pour le marché,
04:14le scénario le plus inquiétant,
04:15ce n'est pas seulement
04:16le prix du baril,
04:17c'est où vont les taux
04:18et quelle est la situation
04:20du marché de l'emploi américain.
04:21Oui, mais est-ce que là-dessus,
04:22du coup, la Fed a rassuré hier.
04:23Elle a relevé ses taux,
04:24justement,
04:25face à ce risque inflationniste.
04:27On a eu un premier vaccin,
04:29on va dire,
04:30hier,
04:30première hausse de taux,
04:31peut-être une deuxième à venir,
04:32puisque le marché anticipe
04:33une autre hausse de taux
04:33de la Fed d'ici la fin d'année.
04:35Est-ce qu'on peut dire
04:35que la Fed, là,
04:36en montrant qu'elle se réveille,
04:38qu'elle est toujours là,
04:40peut contribuer à caper
04:41la hausse des taux obligataires,
04:43caper un peu cette pression obligataire
04:44qu'on vit depuis la rentrée ?
04:45Ce qui est intéressant,
04:46c'est que dans le message
04:46de la Fed hier,
04:48effectivement,
04:48il pointe une inflation
04:49qui reste trop importante,
04:52mais il pointe aussi
04:53un marché du travail
04:55qui est solide
04:55et une économie
04:56qui se tient bien.
04:57Et c'est aussi pour ça
04:59qu'on voit des marchés
04:59qui rebondissent.
05:00C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
05:03cette crainte d'avoir
05:04un pétrole trop cher,
05:05effectivement,
05:06ça peut être une crainte
05:06sur des effets de second tour,
05:07mais en réalité,
05:09si on regarde aujourd'hui
05:10la structure de la croissance
05:11et comment cette structure
05:13de croissance a évolué,
05:14notamment aux États-Unis,
05:15c'est assez impressionnant
05:16en l'espace de 24 mois.
05:18Historiquement,
05:18les États-Unis,
05:19depuis plusieurs années,
05:20c'était une croissance américaine
05:22qui était pour les deux tiers
05:23assise sur la consommation.
05:26Aujourd'hui,
05:27c'est de l'investissement
05:27et c'est un investissement
05:31fait par des entreprises,
05:33pas sur du CAPEX,
05:35sur de l'investissement
05:35qui a un besoin de pétrole,
05:37c'est un besoin d'énergie électrique.
05:40Donc, en réalité,
05:42la participation
05:44ou la contribution du pétrole
05:46à cette croissance,
05:47elle est moindre.
05:49On ne peut pas dire
05:49qu'elle n'est pas nulle,
05:51il y aura des effets
05:51de second tour
05:52parce qu'en plus,
05:53ça peut avoir des impacts
05:53sur les prix de l'électricité,
05:55mais qu'en fait,
05:55aujourd'hui,
05:56on voit que tout l'investissement
05:57se fait autour des data centers,
06:00des besoins de construction de réseaux
06:02et donc d'électrification de l'économie.
06:04Et ça, aujourd'hui,
06:05on voit que c'est ça
06:05qui tire l'économie
06:06et du coup,
06:07oui, on a encore besoin de pétrole
06:08et pour un bout de temps,
06:10mais néanmoins,
06:11on a quand même eu un changement
06:12dans la nature de la croissance
06:13et c'est peut-être ça
06:14qui surprend
06:15qu'on n'avait pas collectivement
06:17suffisamment anticipé
06:18et qui fait que l'économie
06:19aujourd'hui se tient bien.
06:19Oui, et vous diriez
06:20qu'il a obtenu son brevet
06:22de banquier central hier,
06:23Kevin Wors,
06:24parce que sur la première réunion
06:25qu'il avait dû mener
06:26et le premier discours,
06:28le marché était vraiment
06:28resté sur sa fin,
06:29voire avait des doutes.
06:30Là, on sent qu'il a véritablement
06:33permis,
06:33enfin,
06:34aidé le marché
06:34à trouver une forme de confiance,
06:36en tout cas,
06:36à être rassuré.
06:37Est-ce qu'il a obtenu
06:38son brevet de banquier central hier soir ?
06:39Très clairement,
06:39il y avait un point de passage important
06:40puisque tout le monde craignait
06:41que ce soit un affidé
06:44de Donald Trump,
06:46qu'avec cette décision,
06:48il démontre,
06:49si c'était nécessaire,
06:51que non,
06:52il a une indépendance
06:53et qu'il va préserver
06:54l'indépendance de la Fed.
06:56Donc ça,
06:56c'était un point de passage important
06:59et donc,
07:00de ce point de vue-là,
07:01on peut dire
07:01qu'il a gagné son pari.
07:04Maintenant,
07:05voilà,
07:06l'avenir,
07:07ça devrait être redémontré
07:08dans l'avenir.
07:09Le dollar remonte,
07:10d'ailleurs.
07:10C'était un point de passage important.
07:11Signe de crédibilité.
07:13Le dollar remonte
07:13depuis l'intervention
07:14de Kevin Wors hier soir,
07:15effectivement.
07:15Est-ce que vous lui décernez
07:16ça y est son brevet
07:17de banquier central ?
07:18Est-ce qu'il a obtenu hier,
07:18Laurent ?
07:19En tout cas,
07:20elle avait bien préparé
07:21les marchés
07:21lors de la conférence
07:22de Jackson Hole
07:23et cette grande réunion
07:24du fin du mois d'août.
07:25Et hier,
07:26dans le discours qu'il a eu
07:27sur la teneur,
07:28et je rejoins ce que Gilles disait,
07:29il a parlé de la résilience
07:31de l'économie américaine.
07:32Cette économie,
07:33elle est capable
07:33d'affronter de nombreux chocs
07:35sans, entre guillemets,
07:36dérailler
07:36et d'un marché de l'emploi
07:37qui était sain.
07:38Il a coché les cases.
07:40Le marché est dans une anticipation
07:42maintenant encore
07:43de plusieurs hausses de taux.
07:44Une à la fin de l'année,
07:45probablement une en début
07:46d'année prochaine.
07:47Et c'est là que le jeu
07:48va être intéressant
07:49de voir s'il est capable
07:50de bien piloter
07:51les investisseurs,
07:52de nous rassurer
07:53sur la trajectoire
07:54et de nous démontrer
07:56que les data
07:56qui surveillent
07:57sont celles
07:58que nous aussi
07:59nous analysons
07:59pour avoir la certitude
08:01qu'on n'est pas juste
08:02en train de monitorer
08:03une inflation
08:03qui est liée
08:04à des matières premières,
08:06pétrole, gaz,
08:07soft commodities,
08:08sujet dont on parlera
08:09tout à l'heure,
08:10mais qu'elle est aussi
08:12bien monitorée
08:13au niveau de ce qu'on appelle
08:14l'inflation cœur
08:15et que celle-ci
08:16ne va pas montrer
08:17des signes de résurgence.
08:18Donc aujourd'hui,
08:19oui, on peut lui donner
08:19un bon point.
08:20Il a eu, je pense,
08:21une très bonne réunion.
08:22Enfin, on est toujours
08:23à quasiment 5% quand même
08:24sur le disant américain.
08:25On s'emballe, on s'emballe.
08:26On est à 4,95 malgré tout.
08:28Ça, c'est un peu détendu,
08:29mais on est toujours
08:29à 4,95.
08:30C'est-à-dire que le feu couvre.
08:33Est-ce qu'il faudra juste
08:34d'autres hausses de taux
08:35où finalement,
08:36elles sont déjà dans le marché
08:37et même avec ces hausses
08:38de taux à venir,
08:407 ou ces hausses
08:40de taux à venir,
08:45plus massives
08:45de la part de la Fed
08:46et d'une augmentation
08:46de la taille du bilan ?
08:47Pourquoi pas ?
08:47La question, c'est
08:49quelle est l'action
08:52ou quel pouvoir
08:54la Banque Centrale Américaine
08:55peut avoir sur les taux longs ?
08:57Sachant que,
08:59lors de l'un de ses premiers discours,
09:01Kevin Warch avait rappelé
09:01que son principal instrument
09:03d'intervention,
09:04c'était le taux directeur
09:05et qu'il ne voulait pas
09:06forcément jouer avec le bilan.
09:10Le marché pourrait être tenté
09:11d'aller le tester
09:12à un moment donné.
09:13On a vu que le 5%,
09:14c'était le niveau
09:15qu'on regardait
09:15pour le 30 ans américain
09:17en début d'année.
09:17Aujourd'hui,
09:18c'est le niveau du 10 ans
09:19et le 30 ans est plutôt
09:20en train de s'approcher
09:21gentiment des 5,30
09:22pour aller peut-être
09:23à un moment donné
09:24essayer de tester
09:25les 5,50.
09:27C'est sans doute,
09:28ça sera sans doute
09:29si on devait aller tester
09:30ces niveaux-là,
09:31que ça pourrait avoir
09:33un impact négatif,
09:36récessif sur l'économie
09:37et qu'on aurait peut-être
09:38à ce moment-là besoin
09:39d'une action
09:41de la part de la Fed
09:42pour voir si effectivement
09:43il ne serait pas prêt
09:43à augmenter la règle du bilan.
09:44Mais la réalité,
09:45c'est qu'aujourd'hui dans le monde,
09:46on a un niveau de dette
09:49qui est historiquement élevé,
09:52qui continue à croître,
09:54là où à un moment donné,
09:55on voit le nombre d'acheteurs
09:57qui est plutôt en train
09:58de se réduire.
09:59Il est plutôt en train
10:00de se réduire
10:00simplement parce que
10:01les banques centrales
10:01qui étaient à un moment donné
10:02sur le marché
10:02n'y sont plus.
10:03Et donc on a plutôt
10:04moins d'acheteurs.
10:06normalement,
10:07quand vous avez
10:08plus d'offres,
10:09moins de demandes,
10:10ça fait bouger les prix
10:12ou ça explique une partie
10:13de la variation de prix
10:14qu'on a pu observer.
10:15Donc savoir quel sera
10:16le nouveau taux d'équilibre.
10:17Oui.
10:18Et en plus,
10:19pour rester dans la thématique
10:20banque centrale,
10:20vous ferez quoi la nuit prochaine
10:21l'un et l'autre ?
10:24Banque du Japon.
10:25Au cœur de la nuit,
10:26elle viendra vous réveiller.
10:27Je ne sais pas,
10:27vous ne suivrez pas en direct
10:28la Banque du Japon ?
10:29Non, je ne le serai pas
10:30en direct.
10:31Tôt demain matin,
10:31ça sera suffisant.
10:32Je serai seul alors,
10:33je serai tout seul.
10:34Demain matin,
10:34ça sera suffisant.
10:35La Banque du Japon
10:36avec l'équipe de la matinale,
10:37bien sûr,
10:37autour de Brigitte Boucher
10:38qui va préparer la matinale
10:39et Étienne Braque
10:40qui en parlera en long,
10:41en large,
10:41en travers demain matin
10:42dans Good Morning Markets.
10:43La décision de la Banque du Japon
10:44qui va faire