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Ce jeudi 17 septembre, retrouvez le Chiffre du jour en replay sur BFM Business

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Transcription
00:00On va parler de sécurité et d'intelligence artificielle aussi, parce que vous savez qu'il y a de grands
00:04doutes sur les enjeux civilisationnels.
00:06Est-ce que l'IA va abîmer notre civilisation, en tout cas nous exposer à de grands risques de cybersécurité
00:11encore accrus ?
00:12Il se trouve qu'OpenAI désormais consacre 20% de sa puissance de calcul à l'amélioration de la sécurité
00:19de ses modèles.
00:1920% de la puissance de calcul des modèles est consacrée à l'amélioration de leur propre sécurité.
00:24C'est ce que nous annonce le cabinet d'études semi-analysis.
00:27On aura l'occasion bien sûr d'y revenir et tout ça nécessite beaucoup d'argent.
00:31On les voit investir de plus en plus les acteurs de la tech et s'endetter.
00:34On va en parler avec Sébastien Barthélémy, nous rejoint responsable de la cherche crédit de Kepler-Chevreux.
00:39Bonjour Sébastien.
00:40Bonjour.
00:40Ah oui, les acteurs de la tech s'endettent de plus en plus, viennent concurrencer les autres offres obligataires,
00:45celles des États puis celles aussi des autres entreprises qui ont l'habitude, elles aussi, de s'endetter pour financer
00:50leur avenir.
00:51Publicis par exemple lance aujourd'hui une émission obligataire de 500 millions d'euros.
00:54Quel impact cette surabondance d'émissions obligataires a-t-elle pour les entreprises ?
00:59L'impact, il est simple.
01:00C'est-à-dire qu'il y aura une problématique d'absorption de la dette colossale qui est attendue par
01:04la tech.
01:05Et un des premiers impacts, c'est que le coût du refinancement des entreprises va coûter plus cher.
01:10En tout cas, c'est ce que vont demander les investisseurs par rapport aux sommes très importantes de demander.
01:15Et si on regarde actuellement quel est le coût moyen d'une dette pour une entreprise investment grade, on est
01:22à 4,2%.
01:23Alors dites-vous bien que 4,2%, au début de l'année, on était à 3,2%.
01:28Donc on a déjà une augmentation de 100 points de base pour une entreprise de qualité.
01:33Évidemment, il y a un phénomène à ça.
01:34Il n'y a pas que la partie tech et l'absorption de cette dette très importante.
01:38Qui a commencé déjà en Europe ?
01:40Vous avez vu des Google, des Amazon venir avec des dizaines de milliards d'euros de dette obligataires.
01:45Mais c'est généralisé aussi avec l'effet de la hausse des taux souverains.
01:49Et si vous regardez un petit peu le coût de refinancement d'une manière générale, celui-ci augmente sur l
01:53'ensemble des classes d'actifs.
01:55C'est impressionnant.
01:56Donc en un an, on peut rappeler ce chiffre parce qu'il est quand même frappant, marquant.
02:00Il y a tellement de concurrence maintenant pour émettre de la dette.
02:02Le coût d'emprunt moyen des entreprises est passé de ?
02:05De 3,2% à 4,2% pour les entreprises d'investment grade, c'est-à-dire celles de
02:09bonne qualité.
02:10Si on prend les entreprises à yield, aujourd'hui, vous prenez un indice obligataire à yield, c'est 6,2%.
02:16Au début de l'année, on était à 4,8%, donc plus de 100 points de base.
02:21Oui, effectivement, c'est sensible.
02:22Mais est-ce que vous pouvez nous réexpliquer le mécanisme ?
02:25Comment ça se fait que les entreprises vont payer davantage alors que les spreads eux-mêmes ont l'air de
02:31plutôt bien se comporter ?
02:32C'est une bonne question.
02:34Effectivement, les spreads se contiennent très bien.
02:36On pourra donner quelques chiffres là-dessus.
02:38Là, ce que l'on a, c'est qu'on a un effet taux.
02:40Il ne faut pas oublier que sur un rendement obligataire, il y a deux composantes.
02:43Il y a la composante taux, donc le taux sans risque, qui est le taux de référence.
02:46En Europe, on va prendre par exemple le Bund allemand, 5 ans ou 10 ans.
02:51Celui-ci a fortement augmenté depuis le début de l'année, vous le savez.
02:54On a tous parlé du taux français qui était à plus de 4,5% il y a quelques jours.
02:59Et où la deuxième composante, c'est le spread de crédit, donc c'est vraiment le risque idiosyncratique lié à
03:05l'entreprise,
03:05donc ce qu'elle va payer en plus du taux sans risque.
03:07Donc actuellement, effectivement, les spreads se tiennent bien, mais le taux de base, le taux de référence, le taux sans
03:14risque a fortement augmenté,
03:15ce qui a conduit à l'augmentation du coût de refinancement des entreprises d'une manière générale.
03:20Et qu'est-ce que ça change concrètement pour la vie des entreprises, tout ce que vous êtes en train
03:23de nous expliquer,
03:23et la hausse des coûts de refinancement ?
03:25Eh bien, ça change, c'est très simple.
03:27Si vous regardez une entreprise classique, elle a des besoins de refinancement de manière régulière.
03:32Donc on regarde son échéancier d'être obligataire, et bien chaque année, elle a besoin de se refinancer
03:37de X centaines de millions d'euros ou X milliards d'euros par an.
03:41Et donc, elle se refinance, donc une première tranche vient à échéance, elle le refinance, ça lui coûte plus cher
03:46cette année-là.
03:47Si les taux continuent d'être élevés sur une période longue, eh bien les prochaines dettes vont coûter plus cher,
03:53et ce qui veut dire que le coupon moyen, c'est-à-dire le coût de la dette moyen de
03:57l'entreprise, va augmenter.
03:59Et si on est sur un effet, là il peut y avoir le double effet qui se coule, c'est
04:03que pour l'instant, on l'a dit,
04:04les taux de référence sans risque ont monté, mais si les spreads de crédit qui sont actuellement plutôt bas
04:10et se maintiennent bien, eh bien eux augmentent, eh bien ça va accélérer le coût de refinancement des entreprises,
04:16et donc le coût de la dette augmente, et si le coût de la dette augmente, eh bien ça pèse
04:19sur la rentabilité des entreprises.
04:21Et est-ce que ça les met en risque ou pas ? Vous regardez aussi les entreprises à travers leur
04:24risque de défaut,
04:24il y a les assurances pour ça, les CDS, comment est-ce qu'ils évoluent ?
04:27Alors pour l'instant, les CDS se tiennent très bien.
04:30Et effectivement, vous faites bien de le dire, il y a potentiellement un coût et un risque de refinancement.
04:35Ce qui se passe généralement, c'est que quand les entreprises, dans un phénomène de très forte hausse des taux,
04:40liées à un écartement des spreads, les entreprises les plus fragilisées,
04:44ce sont celles qui sont de moins bonne qualité.
04:46Donc c'est dans la catégorie à yield, et quand vous prenez la catégorie à yield,
04:49il y a différentes qualités.
04:50Il y a ce qu'on appelle le double B, c'est le bon, le single B, et après le
04:53triple C.
04:54Et là, on arrive au défaut.
04:55Donc ce qui se passe, c'est que tout de suite, les entreprises de moins bonne qualité vont souffrir,
04:59et puis après vous avez des entreprises aussi qui ont des très faibles marges.
05:02Si vous avez une entreprise qui a une marge, je dis n'importe quoi, marge opérationnelle de 5%,
05:06si son coût de la dette a augmenté de 100 points de base, ça impacte mécaniquement,
05:10et tout de suite, sa rentabilité, et ça la met en péril.
05:14Oui.
05:14Il y a des secteurs qui sont plus impactés que d'autres par ces hausses de taux là qu'on
05:17est en train d'observer.
05:17Alors absolument.
05:18Alors les secteurs les plus classiques qui sont impactés par cette hausse des taux,
05:22c'est l'immobilier, donc le real estate.
05:26On l'a déjà vu, quand il y a eu la hausse des taux en 2022, 2023, 2024,
05:29et l'écartement des spreads, eh bien ce sont eux qui ont été les plus affectés.
05:31Et évidemment, toutes les industries qu'on dit comme CapEx Intensive,
05:36qui ont besoin de dépenser et qui ont une très lourde dette très importante,
05:41donc tout ce qui va être utilities, télécom,
05:44eh bien eux, étant donné la charge de leur dette,
05:48toute hausse des taux et des spreads impacte évidemment leur coût de refinancement.
05:53Sébastien Barthélémy, responsable de la recherche crédite,
05:55qui est Pierre Chevreuse sur BFM Business.
05:56Merci beaucoup Sébastien à nous accompagner.
05:58Alors dans quel sens les taux vont-ils encore évoluer dans les prochaines semaines,
06:01les prochains trimestres ?
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