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Regardez le débat entre Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement, et Franck Allisio, député RN des Bouches-du-Rhône.
Regardez Les grands esprits se rencontrent avec Anne-Sophie Lapix du 15 septembre 2026.
Regardez Les grands esprits se rencontrent avec Anne-Sophie Lapix du 15 septembre 2026.
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00:06Je veux qu'en 5 ans, la situation du logement en France, aujourd'hui si tendue, revienne à la normale.
00:14La fin de l'habitat indigne, le rééquilibrage du marché locatif devenu parfois un véritable cauchemar.
00:21L'amélioration des logements existants, la relance massive de construction de logements,
00:25la protection de la propriété contre les squats et les occupations illicites.
00:30L'accession pour le plus grand nombre à la propriété.
00:33Marine Le Pen a donc dévoilé son programme pour le logement dimanche,
00:37lors de son premier grand discours de campagne à Hénin-Beaumont.
00:40Et le cœur de ce programme, c'est la priorité nationale,
00:43rendre les Français prioritaires dans l'attribution des HLM et leur réserver les APL, les aides au logement.
00:49Des propositions qui ont provoqué une levée de boucliers, en particulier dans le monde du logement social.
00:54Peut-on donner la priorité aux Français ? Est-ce que ça permettra de résoudre la crise du logement ?
00:58Pour en débattre, dans les grands esprits se rencontre.
01:01Franck Alizio, député RN des Bouches-du-Ronde, bonsoir.
01:04Bonsoir.
01:04Et Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement, bonsoir.
01:08Bonsoir.
01:08Alors ce n'est pas nouveau, c'était dans le programme, on se le disait juste avant que commence l
01:12'émission,
01:12c'était dans le programme de 2022, de 2012 même en réalité.
01:16Quelle est la différence d'ailleurs entre la priorité nationale et la préférence nationale, Franck Alizio ?
01:22Alors je réponds tout de suite, mais juste une petite précision à Sophie Lapix.
01:25Sur la philosophie générale, ce n'est pas le cœur du projet.
01:28Le cœur du projet, c'est un constat.
01:30Aujourd'hui, il y a une explosion des prix et des loyers du logement,
01:39du fait qu'aujourd'hui la pierre est aujourd'hui la plus taxée,
01:43la plus réglementée en Europe, chez nous.
01:46Et ça crée un phénomène de rareté qui mène à l'explosion des prix et des loyers
01:50en proportion des salaires et des revenus.
01:53Et notre objectif, et c'est le cœur pour le coup du message de Marine Le Pen à Hénin-Boubon
01:57et à Ventière,
01:59c'est qu'il faut libérer la construction pour du coup libérer le logement
02:04et retrouver des loyers et des prix du logement soutenables.
02:07On va dire que ce n'est pas le cœur, c'est au cœur malgré tout,
02:09c'est la priorité nationale, au cœur de ce programme.
02:12Et je vais répondre maintenant à votre question.
02:14C'est simple, la préférence nationale avait l'impression qu'il y avait une exclusivité.
02:18C'est un abus de langage puisque la préférence c'est la préférence, ce n'est pas l'exclusivité.
02:22On a l'impression que c'était uniquement pour les nationaux.
02:26La priorité, ça veut dire ce que ça veut dire, donc on a été plus précis sur les termes,
02:30c'est-à-dire que passeront en priorité les dossiers des personnes qui demandent un logement social
02:36et qui sont de nationalité française.
02:37Donc on préférera les Français aux étrangers, c'est quand même de la préférence.
02:41On fera passer en priorité les Français, les binationaux,
02:43du moment que vous êtes binationaux, vous êtes Français également, avant.
02:46Ce qui ne veut pas dire, par exemple, sur les 900 000 dossiers qui sont en attente,
02:53non, pardon, les 3 millions de dossiers qui sont en attente aujourd'hui.
02:56Il y a 3 millions de personnes qui attendent des logements sociaux.
03:00Eh bien, là-dessus, par exemple, il doit avoir, si on part du principe
03:04que les 15% d'étrangers, on les retrouve aussi dans les demandes, ce qui est logique,
03:09il doit avoir 400 000 dossiers qui sont de personnes qui sont étrangères.
03:12Eh bien, ces 400 000 dossiers seront traités après les dossiers,
03:16les 2,5 millions de dossiers qui sont de nationalité française.
03:19Vu qu'il n'y a pas assez de place, ils ne seront pas traités, en fait, c'est ça
03:21que vous nous dites.
03:21Eh bien, ça ne veut pas dire que par définition, ils seront exclus,
03:24mais ils ne seront pas traités.
03:25Aujourd'hui, c'est l'inverse.
03:27Aujourd'hui, les maires me le disent souvent,
03:29c'est dernière arrivée, premier servi.
03:31Ça, ce n'est pas juste, voilà.
03:32Oui, c'est pas l'inverse.
03:34L'inverse, ce serait de privilégier les étrangers.
03:37Ah, mais aujourd'hui, c'est le cas.
03:39Aujourd'hui, c'est le cas, Anne-Sophie Lapix.
03:40On privilégie les dossiers étrangers aux dossiers français.
03:44Oui, oui, oui.
03:45Lorsque le préfet appelle et dit,
03:47j'ai besoin absolument de loger des migrants
03:50qui viennent d'arriver dans le département
03:52« Faites-moi passer en priorité sur les logements sociaux »,
03:55ça existe.
03:56Des migrants, on rappelle, Manuel Domergue,
03:58alors là, ce que vous dites, c'est un truc.
03:59Cette priorité existe.
03:59On rappelle que ceux qui ont droit aux logements sociaux,
04:02ce ne sont pas des migrants illégaux qui arriveraient comme ça,
04:06ce sont des immigrés légaux.
04:09C'est ça, Manuel Domergue, je me trompe ?
04:10Oui, bien sûr, il faut être en situation régulière
04:12pour avoir droit aux logements sociaux.
04:14Sur le papier, vous parlez des préfets.
04:16Il y a une personne en situation régulière
04:17dans le parc social en France,
04:18donc vous dites n'importe quoi.
04:20Et il n'y a pas de préférence étrangère.
04:22Il y a autant de demandeurs de logements sociaux étrangers
04:25que d'étrangers qui reçoivent un logement social.
04:28La proportion est la même.
04:29Donc vous avez autant de chances d'avoir un logement social
04:31quand vous êtes étrangers ou français.
04:33Ce n'est pas du tout ce que vous avez dit.
04:34Vous avez dit qu'il y a une préférence étrangère.
04:35Ce n'est pas vrai.
04:36Ils sont traités à égalité
04:37et c'est ça, la République.
04:41Vous entendez ce qu'on vous répond ?
04:43Non.
04:44Il suffit d'aller dans les logements sociaux
04:46pour voir qu'il y a dans les faits une surreprésentation.
04:50Alors attendez, comment il suffit ?
04:52Comment vous voyez qu'il y a une surreprésentation ?
04:55Il y a un chiffre, madame Anne-Sophie Lafix.
04:58Moi je veux bien le dire.
04:59Il y a un chiffre, il est factuel.
05:00Il y a aujourd'hui 8% d'étrangers dans la population française.
05:05Il y a 15% d'étrangers dans les logements sociaux.
05:08Donc les étrangers sont deux fois plus représentés
05:12dans les logements sociaux
05:13que ce qu'ils représentent dans la population française.
05:16Mais ils sont aussi 15% des demandeurs de logements sociaux.
05:19Donc leur demande est traitée à égalité
05:21et le résultat est un résultat à égalité
05:24entre les demandeurs français et les demandeurs étrangers.
05:27C'est vrai qu'ils sont surreprésentés parmi les demandeurs
05:29et donc parmi ceux qui reçoivent un logement social.
05:31Pourquoi ?
05:32Parce qu'arrivant récemment sur le territoire,
05:34ils ont moins de revenus,
05:36ils ont moins de patrimoine,
05:37ils sont aussi discriminés dans l'accès au logement privé.
05:40Ça c'est quand même assez massif et toutes les études le montrent.
05:42Et donc forcément ils se retournent plus fréquemment
05:44vers le logement social
05:45et donc ils ont plus de logement social
05:47que leur poids dans la population générale.
05:49Mais ils ne sont pas favorisés
05:50dans le mécanisme d'attribution des logements sociaux.
05:52Ça c'est quelque chose qui est dit par le RN qui est faux.
05:55Alors la priorité nationale
05:56se heurte à un principe qui est constitutif de notre République,
06:00c'est l'égalité devant la loi.
06:02Ce n'est pas rien quand même,
06:02c'est l'article 1er de la Constitution.
06:05Ça, vous pensez qu'il faut le balayer ?
06:06Ah, c'est une interprétation du Conseil constitutionnel.
06:09Oui, c'est la mienne.
06:10C'est une interprétation du Conseil constitutionnel
06:13qui n'est qu'une interprétation.
06:15Parce que par définition,
06:16si on suit cette logique jusqu'au bout,
06:18alors dans ces cas-là,
06:19le droit de vote entre en conflit
06:22avec cet article de la Constitution,
06:24tel qu'il est interprété,
06:25tel que vous faites l'écho
06:27de l'interprétation du Conseil constitutionnel.
06:30si on part de ce principe,
06:32alors le droit de vote devrait être étendu
06:33à tout le monde dans le pays
06:35du moment que vous habitez en France
06:36et donc étendu également aux étrangers.
06:38Ce n'est pas le cas.
06:40Il y a des emplois,
06:41il y a beaucoup d'emplois de la fonction publique,
06:43c'est une majorité,
06:43il y a beaucoup d'emplois de la fonction publique
06:44qui sont réservés aux nationaux également.
06:47Donc, ce sera un contraire.
06:48Vous voyez bien qu'il n'y a pas
06:49de contradiction en réalité
06:51puisque déjà dans la Constitution,
06:52déjà dans nos lois,
06:54il y a une préférence pour les nationaux
06:56pour ce qui est du droit de vote,
06:58pour ce qui est de l'accès
06:59à certains emplois publics,
07:01à beaucoup d'emplois publics.
07:02Il y a d'autres obstacles d'ailleurs,
07:04dans le code pénal
07:05et puis aussi dans le droit européen.
07:07Et pour surmonter,
07:08vous avez tout à fait raison,
07:10et pour surmonter ces obstacles,
07:11on laissera trancher les Français
07:13à travers un référendum.
07:15Évidemment, ce sont les Français
07:16qui décideront d'instaurer
07:18cette priorité nationale,
07:21cette priorité en faveur des nationaux,
07:23de ceux qui ont la nationalité française,
07:25dans le logement social,
07:27pour l'accès aux aides sociales
07:29également non contributives,
07:31l'accès aux logements étudiants,
07:33sur toute une série de choses.
07:35Eh bien, il y aura une priorité
07:36pour les nationaux,
07:38quelle que soit leur origine,
07:39évidemment, quelle que soit leur origine.
07:40Manuel Domergue.
07:41On voit que vous faites peu de cas
07:42quand même du Conseil constitutionnel.
07:44C'est un peu inquiétant
07:44pour un parti qui compte présider la France.
07:47Et après, le référendum que vous comptez faire
07:49est illégal.
07:50En utilisant l'article 11 de la Constitution,
07:52vous, c'est un coup d'État
07:53contre la Constitution.
07:55Ce n'est pas fait pour ça.
07:56Ce n'est pas dans ces procédures
07:57pour installer ce principe,
07:59ça a été dit,
08:00qui est totalement contradictoire
08:01avec tous nos principes.
08:03Notre devise,
08:04liberté,
08:05égalité,
08:06fraternité,
08:06les traités internationaux,
08:08les accords européens.
08:09Donc, si vous arrivez à faire ça,
08:11ce sera contre le droit,
08:12contre la Constitution,
08:13mais ça aura des effets très concrets.
08:15On n'est pas dans le symbole,
08:15très concrets,
08:16sur des millions d'étrangers
08:17qui seront traités
08:19comme des citoyens à part
08:20et qui n'auront plus droit
08:21au logement social,
08:23aux aides personnelles au logement
08:24et qui finiront par
08:26dizaines ou peut-être
08:26centaines de milliers
08:27sans logement,
08:28dans les rues.
08:29Donc, c'est à la fois
08:30discriminatoire
08:31et ça crée une situation
08:33sociale explosive.
08:35Il n'y a aucune discrimination
08:36là-dedans.
08:37Le principe même.
08:38Sinon, on part du principe
08:39que le droit de vote
08:40est discriminatoire,
08:42que l'accès à certaines emplois
08:44de force publique
08:44est discriminatoire,
08:45ce qui n'est pas le cas,
08:45sinon ce serait condamné
08:47par la loi.
08:47Deuxièmement,
08:48j'assume totalement
08:49cette différence avec vous.
08:50Je considère que dans une démocratie,
08:52le juge suprême,
08:54le souverain,
08:54c'est le peuple.
08:55C'est la définition de la démocratie
08:57au moins depuis 1789.
08:58Vous dites ça
08:59parce que vous voulez faire adopter
09:00par référendum ?
09:01Le peuple est souverain.
09:02Et donc, je considère
09:03que le peuple étant souverain,
09:04il est au-dessus
09:05du conseil constitutionnel.
09:06Vous considérez
09:07que le conseil constitutionnel
09:08est au-dessus du peuple souverain.
09:09Mais il ne sert à rien
09:10alors le conseil constitutionnel.
09:11Pour moi, on sort de la démocratie,
09:13on entre dans le gouvernement
09:15des juges.
09:15Il sert à quoi le conseil constitutionnel ?
09:16Le conseil constitutionnel
09:17sert à arbitrer
09:19tout ce qu'il y a à arbitrer.
09:20C'est très utile.
09:20Il a été instauré
09:22par le général de Gaulle
09:23en 1958,
09:24mais il n'a jamais été là
09:25pour se substituer,
09:26pour dicter sa loi,
09:27pour limiter la liberté
09:29et le droit
09:30du peuple français.
09:31La constitution est au-dessus
09:33du conseil constitutionnel.
09:34Et le peuple français
09:36décide de sa constitution.
09:38C'est le principe
09:38même de la démocratie.
09:39C'est la constitution de 1958
09:41que vous violez
09:42pour la changer.
09:43On peut changer la constitution,
09:44mais il y a des règles
09:45pour se faire.
09:46Et ces règles sont arbitrées
09:47par le conseil constitutionnel.
09:49Donc, c'est très inquiétant
09:50sur la forme.
09:50C'est-à-dire que vous allez
09:51vous asseoir quand même
09:51sur le conseil constitution,
09:52sur notre constitution.
09:53Excusez-nous d'être
09:54un petit peu inquiet.
09:55Et pour faire quoi ?
09:56Pour faire un système
09:57discriminatoire
09:58pour des millions de personnes
09:59qui sont sur notre territoire,
10:00qui sont nos égaux ?
10:01La constitution,
10:03c'est ce que décide
10:03le peuple français
10:04de se donner
10:05comme règle commune.
10:06Par définition,
10:07il a le droit lui-même.
10:08La définition...
10:09C'est pas ce que dit
10:09la constitution.
10:10Il y a des formes à respecter.
10:11Mais non.
10:11La définition de la liberté,
10:13de la démocratie
10:14et de la souveraineté
10:15d'un peuple,
10:15c'est qu'il a la compétence
10:16de sa compétence.
10:18Et donc,
10:18il décide ce qu'il veut faire
10:19à condition que ce soit décidé
10:21par voie démocratique,
10:22en consultant le peuple,
10:23par des élections.
10:25C'est le principe des élections.
10:26Merci, on débattra de nouveau
10:27du programme sur le logement
10:30du RN,
10:31parce qu'il y avait évidemment
10:31beaucoup de choses
10:32aussi à aborder.
10:34Merci à tous les deux
10:35d'être venus débattre.
10:36À présent,
10:36je vous propose d'entendre
10:37le meilleur de nos invités,
10:38de nos humoristes,
10:38de nos auditeurs.
10:39C'est le meilleur de la journée,
10:40la story RTL de Florian Gazan.
10:42Merci d'écouter RTL.
10:47RTL
10:48J'ai jamais su dire
10:50je t'aime
10:51Votre Radio
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