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  • il y a 2 jours
En annonçant voter contre la confiance le 8 septembre, les troupes de Marine Le Pen ont renoué avec une opposition frontale et se projettent déjà dans l'après-Bayrou. Mais sont-ils prêts pour gouverner ? Sont-ils prêts en cas de nouvelle dissolution ? Franck Allisio, député RN des Bouches-du-Rhône, est l'invité de RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 27 août 2025.

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Transcription
00:0018h, 20h, RTL Soir, avec Anne-Sophie Lapix.
00:05Et dans RTL Soir, notre grand invité est le député RN des Bouches-du-Rhône, Franck Alizio.
00:10Bonsoir et merci d'être avec nous depuis Marseille.
00:13Bonsoir.
00:13Vous êtes encore en vacances, François Bayrou vous a cueilli en plein mois d'août avec son annonce de vote de confiance le 8 septembre.
00:19Il ne s'attendait peut-être pas à votre réaction.
00:22Vous n'avez voté aucune motion de censure depuis son arrivée, il en a pourtant eu 8.
00:27Et là, vous n'hésitez pas.
00:28Je tiens à préciser que je ne suis pas en vacances à Marseille, mais dans ma circonscription et sur le terrain avec les Marseillais et les Provençaux.
00:36Vous n'êtes pas en vacances, excusez-moi.
00:37Au travail, mais sur le terrain, auprès d'eux.
00:41Non, mais il y avait une logique.
00:43Il y avait une logique depuis le début, nous avons toujours été clairs.
00:47C'est amusant d'ailleurs d'entendre que le RN ne censurait pas avec la main molle.
00:51Non, nous on a la main ferme lorsqu'il faut avoir la main ferme, lorsque l'intérêt des Français est en jeu.
00:56Aujourd'hui, malheureusement, il l'est.
01:00Et d'ailleurs, nous avons encore une fois, nous l'avons joué à la loyale.
01:03Nous l'avons joué en respect du Premier ministre.
01:06Marine Le Pen a adressé une lettre au Premier ministre au cours du mois de juillet,
01:10où elle lui expliquait, selon elle, où étaient les gisements d'économie.
01:15Ce qu'il fallait faire et ce qu'il ne fallait pas faire selon le mandat que nous avaient donné nos électeurs.
01:20Bon, le moins qu'on puisse dire, c'est que ça n'a pas été pris en compte.
01:23Mais il n'a pas fermé la porte ?
01:25Bref, quelques semaines après, le Premier ministre sortait toute une série de propositions.
01:31Dans les propositions centrales, c'était la suppression des deux jours fériés.
01:35Elle ne va pas laisser le temps de la discussion ?
01:37Faire payer encore une fois la France qui travaille.
01:43Mais c'est le Premier ministre qui n'a pas donné le temps de la discussion.
01:46À partir du moment où vous dites, le 8 septembre, c'est soit vous m'aimez, soit vous me quittez.
01:51Bon, par définition, les Français font le choix de ne pas accepter de faire un chèque en blanc à ce Premier ministre.
01:59Mais ce n'était pas un chèque en blanc.
02:01Il ouvre la porte aux discussions.
02:02D'ailleurs, à partir de lundi, il recevra les différents chefs de partis.
02:06Et ce soir, il parle dans le 20h de téléphone.
02:09Il va peut-être tendre la main.
02:10Est-ce qu'il y a encore des mots, des propositions qui pourraient vous faire changer d'avis ?
02:15Encore une fois, il y a un courrier de Marine Le Pen.
02:18Ce courrier, le Premier ministre aurait dû y répondre.
02:21Et à partir de là, il y avait un débat qui s'engageait.
02:23Encore une fois, ce gouvernement et cette minorité LR, macroniste, je ne sais pas comment l'appeler,
02:30est en train de se faire harakiri parce qu'elle ne veut pas toucher à des vaches sacrées.
02:36On ne sait pas pourquoi elles le sont, qui s'appellent l'immigration open bar, la bureaucratie budgetivore, les fraudeurs en tout genre.
02:44C'est là-dessus qu'il faudrait faire des économies.
02:47Et c'est là-dessus que cette minorité, parce que M. Bayrou n'est que le dernier de cette lignée de gens et de gouvernements qui ont ruiné la France,
02:56cette minorité ne veut pas toucher à ses propres vaches sacrées.
03:00Eh bien, ce n'est pas l'avis des Français, ce n'est pas notre avis.
03:03Et nous n'avons jamais accordé notre confiance au gouvernement Bayrou.
03:06Non, mais vous l'avez laissé faire, vous êtes abstenu.
03:08Ce n'est pas maintenant qu'on va l'accorder.
03:09Huit fois ?
03:11Non, mais justement, on s'est abstenu.
03:14Donc là, on est arrivé à un point de non-retour.
03:19Et la manière de braquer comme ça les Français et de braquer les députés en leur disant
03:24« C'est le 8 septembre, je vous demande votre confiance, oui ou non ? »
03:28Non, on est arrivé à un niveau...
03:31Le Premier ministre parle justement de cette dette, mais cette dette, il en est comptable.
03:36Le Premier ministre soutient tous les gouvernements depuis plus de dix ans.
03:40Puisqu'avant M. Macron, il soutenait M. Hollande.
03:43Bon, ils sont responsables de 1 600 milliards de dettes.
03:48Ce bilan, ce dépôt de bilan, c'est celui de M. Bayrou et de tous ceux qui l'ont soutenu.
03:54Et c'est pour ça que vous voulez un vote sur le fait d'engager justement la lutte contre cette dette.
04:00C'est ça qu'il explique.
04:01Vous vous demandez de faire confiance.
04:02Vous vous demandez de faire confiance aux pyromanes pour éteindre le feu.
04:06Non, mais oui, de faire confiance aux pyromanes pour éteindre le feu.
04:09Comprenez qu'il y a un petit souci.
04:11Non, on n'a pas confiance.
04:13Comme les Français n'en ont pas confiance d'ailleurs.
04:15Dans 12 jours maintenant, si le gouvernement tombe, on sera reparti pour une période d'incertitude.
04:20Est-ce que si, par hasard, Emmanuel Macron voulait nommer Jordan Bardella, il irait ?
04:28Non, mais encore une fois, nous n'avons pas semblant, comme le nouveau Front Populaire,
04:33nous n'avons pas semblant d'ailleurs de nous opposer à M. Macron.
04:37Il n'était pas opposé Jordan Bardella il y a un an.
04:39Quand ça les intéresse, la gauche et l'extrême-gauche, c'était avec M. Macron,
04:44notamment au moment des élections.
04:46Quand ça ne les intéresse pas, il s'oppose à lui.
04:48Nous, on a toujours dit depuis le début qu'on respectait le résultat des urnes.
04:52Il n'est pas sorti des urnes une majorité pour que Jordan Bardella soit Premier ministre.
04:57Point barre.
04:58Donc, il faut retourner aux urnes.
05:00Et là, peut-être, si vous me posez la question, s'il y a une dissolution demain,
05:03qu'il y a une majorité au sein de l'Assemblée nationale voulue par les Français,
05:07est-ce que Jordan Bardella accepte d'être Premier ministre ?
05:09La réponse est oui, bien évidemment.
05:10Mais c'est les Français qui donnent mandat à Jordan Bardella et aux députés RN.
05:17Ce n'est pas M. Macron.
05:18S'il y a une dissolution, vous présenterez des candidats dans tout le pays.
05:21100% respectables ?
05:23Je fais référence, bien sûr, aux brebis galeuses de l'an dernier.
05:26Mais bien évidemment, bien évidemment.
05:29Vous savez, comme on est beaucoup plus scrutés que les autres,
05:32alors que les brebis galeuses, il y en avait dans chaque partie.
05:35Sur les propos racistes, antisémites.
05:38Dans chaque partie, moi je me rappelle...
05:40Sur des condamnations même à ta prison.
05:42Qui mordaient les taxis.
05:44Je rappelle qu'il y a un candidat LFI qui était pédophile, malheureusement.
05:49C'est partout sur les réseaux sociaux et dans les médias en ce moment.
05:52Donc, des brebis galeuses, et c'est bien pire dans les autres parties,
05:55il y en a partout.
05:56Donc, nous serons particulièrement...
05:58C'est vous qui avez été quasiment empêchée par toutes ces brebis galeuses.
06:02Elles ont complètement jeté une ombre sur votre campagne.
06:05Vous vous en souvenez ?
06:06Non, non, Madame Lapix.
06:08Ce qui a empêché notre victoire,
06:11c'est le fameux front entre les macronistes,
06:13entre LR et entre la gauche et l'extrême gauche.
06:16C'est ça qui nous a fait rater.
06:18Enfin, on est quand même passé de 90 députés à 140.
06:21C'était la plus forte progression.
06:22Bien sûr, mais vous espériez la majorité.
06:24Les Français se sont fait voler une véritable majorité claire
06:28par cette alliance de l'extrême gauche jusqu'au LR.
06:33C'est ça le déni de démocratie.
06:35Une enquête du site Légeau révèle que plusieurs de vos candidats
06:38ont déclaré des frais kilométriques délirants
06:40lors de la dernière campagne législative de 2024.
06:42Neuf candidats Nouvelle-Aquitaine ont tenté de se faire rembourser
06:4573 000 euros de frais de déplacement par l'État.
06:48Et à une oeuf, ils auraient parcouru trois fois le tour de la Terre
06:50en trois semaines de campagne.
06:51Ceux-là, par exemple, ils seront réinvestis.
06:54Par définition, je ne suis pas au courant de ce que vous me dites,
06:57donc je ne vais pas commenter ces affaires.
07:01Je ne sais pas, ça peut être des erreurs matérielles.
07:04Je n'en sais exactement rien.
07:07Ce que je sais, c'est ce que les Français, pour l'instant,
07:11ce que les Marseillais me disent sur le terrain.
07:13Je sais la réalité et le quotidien des Marseillais, des Provençaux sur le terrain.
07:18Et Marine Le Pen ?
07:19Et Marine Le Pen ?
07:21Parlons de Marine Le Pen.
07:21Les impôts locaux et la dette, elle explose aussi dans les collectivités.
07:26Elle explose de partout.
07:27Marine Le Pen, c'est ça pour le coup.
07:28Parce que ce sont les mêmes qui sont au pouvoir.
07:29Vous savez qu'elle est inéligible aujourd'hui.
07:31Depuis 30 ans.
07:32Franck Allézio, vous savez que Marine Le Pen est inéligible,
07:35condamnée à quatre ans d'inéligibilité pour détournement de fonds publics.
07:37Sa peine est à exécution provisoire.
07:39Elle s'applique.
07:40Et donc, le préfet rejettera sa candidature.
07:43Elle va quand même se présenter.
07:45Nous épuiserons toutes les voix.
07:48Parce que vous imaginez bien qu'on ne va pas abandonner la leader de l'opposition,
07:53celle qui est en tête dans les sondages,
07:54celle qui inspire le plus de confiance aux Français pour leur avenir.
07:59Nous n'allons pas abandonner comme ça notre candidate naturelle pour la présidentielle.
08:04Mais elle n'a aucune chance d'être députée dans la prochaine assentée.
08:06Nous épuiserons toutes les possibilités.
08:08Elles sont étroites, je vous l'accorde.
08:10Mais il y a des possibilités juridiques.
08:12Il faut continuer des voix qu'il faut continuer à épuiser,
08:15notamment au Conseil constitutionnel.
08:17Et après, nous verrons.
08:19Mais nous nous battrons avec elle jusqu'à ce que son bon droit lui soit reconnu.
08:24C'est un droit démocratique.
08:25C'est celui de se présenter à une élection.
08:28Être sanctionné judiciairement et encore, c'est une chose.
08:33Mais l'inéligibilité, c'est l'affaire des Français.
08:36Donc nous, nous épuiserons toutes les possibilités
08:38dans le cadre de l'État de droit, naturellement.
08:40Merci beaucoup, Franck Alizio.
08:43Merci à vous.
08:43Dans un instant, dans RTL Soir, on prend le temps de s'évader un peu
08:46avec d'abord l'info essentielle qu'on a failli manquer,
08:49mais que Florian Gazan a heureusement repêché, repêché.
08:52Et puis la tentation du soir, la proposition du service culture du cinéma
08:56aujourd'hui avec Stéphane Boutsoc.
08:57A tout de suite.

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