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La Palestine, espace géographique connu depuis l’Antiquité, n’a jamais été une terre sans peuple. Trois fois sainte, elle est un sanctuaire pour les trois quarts de l’humanité, traversée par une myriade de peuples et d’ethnies qui y ont laissé leurs traces. Une terre riche et foisonnante sur laquelle règnent des grandes familles. Longtemps sous l’égide des Ottomans, la Palestine doit affronter les appétits des Empires russe et austro-hongrois, le colonialisme français et britannique, et le projet sioniste, jusqu’à ce que ce petit territoire finisse par perdre son nom.
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00:01...
00:18Toute mon enfance, j'ai grandi en entendant mon père et mes oncles
00:21parler de la belle époque de leur jeunesse à Haïfa.
00:31Je leur demandais toujours, vous n'avez pas de photos, pas de documents ?
00:41Cette histoire ne concerne pas seulement ma famille, mais celle de tout un peuple.
00:45Quelle est l'histoire du peuple palestinien ?
00:58La Palestine, la Terre sainte, est importante pour des milliards de personnes.
01:03Donc le monde entier est impliqué dans l'écriture de notre histoire.
01:10Même si on ne porte pas d'armes, notre vie de palestinien est un combat constant,
01:15du jour de notre naissance jusqu'à notre mort.
01:21Aujourd'hui, la Palestine est l'un des derniers États colonisés et occupés de la planète.
01:29Les diplomaties, la géopolitique, la pseudo-réale politique ne cessent de se cogner sur la Palestine
01:35et sur les Palestiniens depuis plus d'un siècle.
01:39Parce qu'en permanence, la Palestine, son destin, c'est d'être oblitérée, oubliée, ensevelie.
01:46Et en fait, elle est toujours là.
02:14Sous-titrage Société Radio-Canada
02:33La Palestine, c'est un territoire qui est défini très anciennement.
02:46On a déjà le terme chez Hérodote, donc cinquième siècle avant notre ère, il y a plus de 2500, 2600
02:54ans.
02:54La Palestine, c'est le territoire qui est entre la Phénicie et l'Égypte, c'est-à-dire entre le
03:01Liban et l'Égypte.
03:02Donc c'est une partie de la Syrie, la Syrie étant en gros le Proche-Orient, mais c'est toujours
03:07borné par deux pôles.
03:08L'Égypte, donc à partir de Gaza, et le Liban, la Phénicie, à partir de Tyre, Beyrouth, plus au nord.
03:15Et puis, le fleuve Jourdain, à l'est.
03:24Après le fleuve Jourdain, plus à l'est, c'est le désert.
03:31Ça porte plein de noms, ça peut être l'Arabie, ça peut être, voilà.
03:35Mais en gros, la Palestine, c'est la plaine côtière, les collines, une ligne de crête,
03:42et ensuite une descente vertigineuse jusqu'au fossé jordanien.
03:48Cette région du monde a été nommée de nombreuses manières.
03:54Mais à cause des gens qui vivaient ici, de toute religion, on les a appelés les Palestiniens.
04:01Il y a eu les Cananéens, les Jebuséens, puis bien sûr les Romains, les Hébreux, les Byzantins,
04:15les Omeyades, les Fatimides, les Mamlouks, les Ottomans.
04:25Ainsi, à travers toutes ces périodes, les gens avaient des identités très liées à leurs identités locales.
04:39Notre famille est présente à Jérusalem depuis la fin de la période des croisades.
04:57Avant cela, notre lignée remonte à Khali ibn al-Walid, le guerrier islamique, et à ses descendants.
05:04Donc vous aviez les Husseini, les Khalidi, les Dajani, et toute une série d'autres familles.
05:15Les Khalidis se sont rapprochés en particulier des tribunaux.
05:21Mon arrière-arrière-grand-père, dans les années 1800, a occupé le deuxième poste judiciaire le plus important de l
05:28'Empire ottoman.
05:29Tous étaient des savants, des juges, des greffiers.
05:37En 1841, la Palestine, après dix ans sous domination égyptienne, repasse sous le contrôle de l'Empire ottoman, qui domine
05:45le Proche-Orient.
05:47Ce territoire est majoritairement peuplé d'arabes, musulmans et chrétiens, et de juifs, qui cohabitent sans heurts.
05:54Les grandes familles arabes cultivées et aisées qui structurent l'organisation de la société palestinienne,
06:00dépendent directement de l'administration ottomane,
06:03elles-mêmes placées sous l'autorité du sultan de Constantinople, l'actuel Istanbul.
06:10Il faut s'imaginer ces élites palestiniennes ouvertes sur le monde,
06:15polyglottes, bien plus polyglottes que les bourgeoisies françaises de la même époque.
06:20Ce sont des gens qui lisent les journaux dans six ou huit langues,
06:25qui sont capables d'avoir de la correspondance avec des correspondants en Russie, aux États-Unis, en Allemagne,
06:33en France évidemment, en Italie, en Grèce, dans toutes ces langues-là.
06:40Cette élite palestinienne, au tout début du XXe siècle, parce qu'ils sont ottomans, ce sont des gens qui circulent.
06:47Yusuf Ziyal Khalidi, à un moment, il est au fin fond du Kurdistan, il y passe trois ans,
06:53et comme il s'ennuie un peu, il va rédiger le premier dictionnaire kurde-arabe.
06:58Ensuite, il est à Vienne, il enseigne l'arabe, et il rédige un dictionnaire allemand-arabe.
07:05Son neveu, Ruhi, il enseigne l'islamologie à la Sorbonne,
07:09il apprend les techniques de vinification à Bordeaux,
07:12il revient ensuite à Jérusalem, il est élu député,
07:16il va devenir vice-président du Parlement ottoman à Istanbul.
07:19Enfin, il faut se rendre compte de qui on parle.
07:24Nous faisons partie de la région appelée Grande Syrie,
07:29qui inclut la Jordanie, la Palestine, le Liban et la Syrie.
07:35On dit aussi que nous sommes chamis, comme on dit en arabe.
07:38« Chamis » signifie « appartenir aux croissants fertiles ou à la Grande Syrie ».
07:43C'est une autre couche d'identité qui fait partie du tout,
07:50ce tout étant le monde arabe, le monde islamique si vous voulez,
07:54mais aussi une identité régionale liée à la ville et aux pays de Palestine.
08:06Dans cet espace géographique, cette terre sainte depuis 5000 ans,
08:11vivent juifs, chrétiens et musulmans.
08:18Jérusalem, cité céleste, véritable ville-monde,
08:22est devenue au fil des siècles la destination de pèlerins en provenance du monde entier,
08:26poussés par cette foi et cette piété inébranlables qui les habitent.
08:52On pourrait dire que Jérusalem, c'est presque le précipité, en fait,
08:55de l'histoire et de l'identité palestinienne.
09:00Les Palestiniens savent qu'ils habitent depuis toujours le berceau commun des trois monothéismes.
09:07C'est là que ces monothéismes ont émergé.
09:11Le judaïsme avec le premier temple de Jérusalem,
09:16et qui fait partie de l'histoire palestinienne.
09:19Salomon, c'est une mémoire juive,
09:21mais Slimane, c'est une mémoire musulmane et une mémoire palestinienne et une mémoire chrétienne aussi.
09:28Le christianisme, évidemment, dans ces mêmes villes.
09:33Bethléem, ville de naissance de David et de Jésus.
09:37Hébron, avec le tombeau réputé des patriarches.
09:42Et puis l'islam, le voyage nocturne du prophète, ça se passe à Jérusalem.
09:47Donc, je pense que les Palestiniens, aujourd'hui,
09:51ils ont la claire perception qu'ils ont, d'une certaine manière, la responsabilité de cette terre sainte.
10:00C'est comme quand on dit ville sainte,
10:02ça veut dire que la terre en elle-même est une forme de sanctuaire.
10:36Au milieu du XIXe siècle,
10:38les grands empires se partagent un monde stable,
10:41dominé par les Austro-Hongrois, les Russes et les Ottomans.
10:48Les grandes puissances coloniales, en tête desquelles les Britanniques et les Français,
10:52étendent leur influence et leur territoire.
10:59Éclipsée des imaginaires depuis la fin des croisades au XIIIe siècle,
11:03la terre sainte s'impose alors au cœur des préoccupations d'un Occident
11:06fracturé entre catholiques, protestants et orthodoxes.
11:13Au XIXe siècle, en Palestine,
11:16un grand mouvement de fouilles archéologiques se déploie à la recherche des vestiges de la Bible.
11:21Les missions religieuses et les archéologues occidentaux creusent partout.
11:25Les textes sacrés dans une main, la truelle dans l'autre,
11:28pour exhumer les lieux saints positionnés sur une profusion de cartes publiées alors.
11:35C'est une Palestine biblique, fabriquée de toutes pièces qu'ils dévoilent,
11:39avec la preuve par le terrain.
11:45Au début, les populations arabes ne comprenaient pas exactement
11:48les objectifs des missions religieuses venues de l'étranger.
11:53Était-elle venue pour le pèlerinage au lieu saint de Nazareth,
11:57Tiberiade, Jérusalem et Bethléem,
11:58ou avait-elle un autre objectif ?
12:01Avec le temps, elles ont réalisé que ces missions voulaient fonder des écoles,
12:05des monastères et des hôpitaux pour servir la population,
12:08tout en diffusant leurs propres idées.
12:17Donc il y avait des enjeux religieux entre les pays.
12:20Plus une puissance possédait d'institutions religieuses et de présence sur place,
12:24plus elle pouvait peser sur la société locale et asseoir son pouvoir dans la région.
12:29C'était une intense compétition entre puissances coloniales via l'évangélisation.
12:35Cela montre à quel point les lieux saints pouvaient être une source de tensions
12:38et de rivalité internationales.
12:49Cette question des lieux saints est essentielle, sur le terrain en tout cas,
12:55et évidemment, à partir du XIXe siècle, ça devient une affaire majeure de politique internationale.
13:02Une bagarre de moines à Jérusalem ou à Bethléem peut provoquer une guerre européenne.
13:10L'apparition du bateau à vapeur va aiguiser les appétits des grandes puissances européennes.
13:15Toutes veulent contrôler les nouvelles routes commerciales.
13:19Le canal de Suez, ouvert en 1869, permet d'éviter le long contournement du continent africain.
13:25Les ports de Palestine, Gaza, Jaffa et Haïfa deviennent des pôles d'attraction économiques,
13:32les portes d'entrée du Proche-Orient.
13:41Haïfa disposait d'un vieux port ottoman en activité.
13:44Ce port facilitait le commerce, l'apportation et l'exportation.
13:50Les produits agricoles comme le blé, le coton et la laine y étaient acheminés.
13:59Les paysans de marge Ibn Amer ou de Hauran en Syrie y apportaient leur récolte.
14:05Le port était alors un centre économique dynamique.
14:08Quand on parle des commerçants, on parle de deux types de commerçants.
14:12Il y avait les petits commerçants venus des villages
14:14et les grandes figures économiques et politiques de la ville.
14:23Le deuxième facteur était le chemin de fer reliant la Syrie à Haïfa.
14:28Ce train, connu sous le nom de chemin de fer du Hijaz, facilitait le transport.
14:34Cela entraîna un afflux massif de travailleurs vers Haïfa
14:37qui venaient pour y vivre et y travailler.
15:02Le principal produit agricole et économique était l'orange.
15:08A Jaffa, au 19e siècle, on ne sait pas exactement comment,
15:12mais les Palestiniens ont développé un nouveau type d'orange.
15:16C'était une orange à peau épaisse.
15:19Et ce type d'orange créé à Jaffa était spécial
15:22parce que sa peau épaisse lui permettait de se conserver longtemps.
15:26Cela a permis aux habitants de Jaffa d'exporter des oranges vers l'Europe.
15:32Au 19e siècle, Jaffa vendait chaque année
15:35deux millions de caisses d'orange à la Grande-Bretagne
15:37et plusieurs centaines de milliers à la France.
15:46Les oranges ont changé l'histoire de cet endroit.
15:51Avec cette prospérité, un mode de vie bourgeois est apparu.
15:56Les riches ont acheté des terres, construit des maisons et développé leurs affaires.
16:02Haïfa est aussi devenu un pôle d'attraction pour les communautés étrangères.
16:06Il y avait un quartier allemand entier ainsi que des communautés françaises, italiennes et russes.
16:14Ces communautés ont largement contribué au développement de la ville.
16:18Des écoles et des institutions ont été fondées.
16:22Une nouvelle société urbaine et moderne s'est formée.
16:28La Terre Sainte attire certains des plus célèbres écrivains voyageurs,
16:32comme l'américain Mark Twain ou l'officier de la marine française Pierre Lottie.
16:38Il écrit
16:39« L'arrivée à Jaffa n'a pas détruit l'émotion que donne l'approche de la Terre sacrée.
16:45Et pendant qu'en soi naît cet état d'âme spécial,
16:48le chemin de fer, brutalement, fauche toutes les belles fleurs de la piété religieuse,
16:53dessèche les pures sources de la poésie. »
16:58« Pierre Lottie, quand il est en Palestine, il veut se promener dans la Bible.
17:01Bon, ça nous parle, c'est comme les touristes aujourd'hui qui veulent visiter une carte postale. »
17:08Le monde entier souhaite désormais se rendre en Palestine, destination mythique et mystique.
17:13Avec la naissance de la première agence de voyage,
17:16la célèbre compagnie britannique Cook,
17:18entre 2000 et 5000 visiteurs s'y rendent chaque année.
17:22La carte postale y fait son apparition.
17:25Bon baiser de Jérusalem,
17:27salutations de Bethléem,
17:29souvenirs de Jaffa.
17:31Les images illustrées de cette Terre florissante et prospère
17:34parcourent la planète.
17:39Les photographes français ou les photographes américains
17:43ou britanniques qui vont venir,
17:45ils vont mettre en scène
17:47des images qui vont être pour la plupart fabriquées dans des studios.
17:53Et donc on a la fabrique d'une figure de palestinien
17:57qui est celle du bon arabe.
18:02D'un arabe qui, pour les femmes,
18:05elles vont être dans leur habit traditionnel
18:08et on va fabriquer un décor
18:12où il va y avoir toujours un palmier,
18:14toujours une tente.
18:16Cette image est fabriquée par l'occidental
18:19pour correspondre à un récit
18:21qui conforterait l'Européen ou l'Américain
18:27dans...
18:28Voilà, c'est une terre qui est habitée,
18:30mais ils sont gentils,
18:31c'est des bons arabes
18:32et ils ne vont pas nous déranger
18:35puisqu'ils ne sont pas très nombreux.
18:58Les images qu'on va avoir en Occident ou de cet Orient,
19:02c'est un Orient qui est figé,
19:05qui est désertique,
19:07où on a des tribus, des chameaux.
19:12Les villes et la dynamique urbaine
19:16est effacée complètement
19:17de ce récit orientaliste
19:19qui va vendre la Palestine
19:23comme étant une terre sans peuple.
19:26Une terre qui est restée
19:29dans un moment biblique
19:32et qui n'attend que les civilisateurs
19:36pour construire un projet étatique solide.
19:43Dans le vaste territoire de la Grande Russie,
19:45l'assassinat du tsar Alexandre II
19:47déclenche une vague d'antisémitisme.
19:51Dans des centaines de villes d'Europe de l'Est
19:53où vivent d'importantes communautés juives,
19:55les pogroms provoquent des morts
19:56et des blessés en masse.
20:01Deux millions de juifs s'exilent vers les États-Unis.
20:0330 000 juifs optent pour la Palestine,
20:06terre de promesses
20:07et d'un avenir sans persécution.
20:14C'est la toute première immigration juive en Palestine,
20:17la première alia.
20:20Le retour à Sion,
20:21berceau du judaïsme.
20:24Sion qui incarne le lien entre Dieu et le peuple juif.
20:27Sion, à l'origine du mot sionisme,
20:30ne cessera d'être synonyme de cet Israël biblique
20:33d'où les Juifs auraient été chassés, dispersés
20:35et que Dieu leur promet de leur rendre un jour.
20:40Ces Juifs se définissent comme des colons agricoles.
20:46Ce qui arrive, ils se débrouillent mal.
20:50C'est des Romains, des Ukrainiens,
20:53enfin, ils viennent de l'Empire russe ou de Roumanie.
20:55Ils n'ont aucune culture agricole.
20:58Et ils périclaient tout de suite.
21:02Ils vont frapper à la porte d'Edmond de Rothschild.
21:07Edmond de Rothschild est le fils cadet du baron James de Rothschild,
21:10fondateur de la branche française de la banque du même nom.
21:14Il est l'un des plus grands mécènes de son temps.
21:18Afin de permettre l'installation des premiers colons juifs en Palestine,
21:21il y acquiert pas moins de 25 000 hectares de terre.
21:25Edmond de Rothschild s'aperçoit assez vite
21:28que ses colonies agricoles,
21:30elles ne sont pas économiquement rentables.
21:32Donc, elles vivent de subventions que lui-même accorde.
21:35En fait, il fait de l'agriculture subventionnée, Edmond de Rothschild.
21:38Et finalement, il adopte le mode que les Arabes pratiquent
21:45depuis déjà plusieurs décennies, des agrumes.
21:55Et donc, les colonies agricoles d'Edmond de Rothschild
21:59utilisent une main d'oeuvre arabe,
22:01mais aussi des spécialistes arabes.
22:03Parce que ça fait déjà plusieurs décennies
22:06que les paysans arabes du littoral
22:08connaissent toutes les techniques de traitement
22:11de l'horticulture, des vergers, etc.
22:15Pour arriver à ne plus être déficitaire,
22:18ça ne peut fonctionner qu'avec des agriculteurs arabes.
22:24Mais dans la Palestine ottomane,
22:26les terres en jachère sont rares.
22:28Les acquérir s'apparentent à un véritable casse-tête administratif.
22:33La propriété privée ne fait pas partie
22:35de l'horizon commun, on va dire,
22:39du droit ottoman et donc du droit palestinien.
22:42La terre, elle est possédée par celui qui la travaille.
22:46L'olivier, il est possédé par celui qui taille l'olivier
22:48et qui récolte les olives.
22:50Les collines, elles sont possédées collectivement
22:54par les bergers qui font parcourir
22:56leurs brebis ou leurs chèvres ou leurs moutons.
22:59Un ensemble de lois a été mis en place
23:01dans le cadre d'un projet de réformes administratives
23:04appelé les Tanzimat.
23:05L'un de ces règlements concernait l'enregistrement des terres,
23:08ce qu'on appelle encore aujourd'hui le cadastre.
23:11Toute personne possédant une terre
23:13devait l'enregistrer au cadastre
23:14et payer une taxe foncière.
23:15Or, la majorité des propriétaires étaient des paysans
23:18qui n'avaient pas les moyens financiers de payer cette taxe.
23:20Ils ont donc cherché des acheteurs palestiniens
23:22plus fortunés qui pourraient payer à leur place.
23:24C'est ainsi que les riches commerçants arabes sont intervenus.
23:27Ils ont dit aux paysans
23:28« Je paie la taxe, tu continues à cultiver la terre,
23:31mais désormais je suis le propriétaire. »
23:33C'est ainsi qu'une grande partie des terres
23:35a été transférée aux mains de ces grandes familles.
23:38Deuxième élément,
23:39l'Empire ottoman lui-même a vendu des terres.
23:41Mais qui pouvait acheter ces terres d'Etat ?
23:44Ceux qui avaient de l'argent.
23:45Et qui avaient de l'argent ?
23:46Des familles venues de Beyrouth,
23:48de France, d'Italie et d'ailleurs,
23:49qui ont ainsi acquis d'immenses propriétés.
23:51A la fin de la période ottomane,
23:53lorsque le mouvement sioniste a commencé
23:55à chercher des terres à acheter en Palestine,
23:57il a trouvé ces familles commerçantes,
23:59des investisseurs sans attachement profond à la terre.
24:02Elles avaient acheté 1000 m² pour 1 euro
24:04et le revendaient pour 8 euros,
24:06réalisant ainsi un profit considérable.
24:16Il y a un ressentiment des villageois,
24:20des paysans pendant la période ottomane,
24:22un ressentiment vis-à-vis des grandes familles
24:25qui sont accusées par certains
24:29d'avoir vendu leur terrain
24:32au mouvement sioniste.
24:37À la fin du XIXe siècle,
24:39les Juifs qui se sont installés en Palestine
24:42ne possèdent alors que 2% des terres.
24:52Théodore Herzl,
24:54juif issu de la bourgeoisie aisée de Budapest,
24:57trouve une solution politique
24:58à la question juive en Europe,
25:00marquée selon lui par un antisémitisme
25:02structurel et durable.
25:06L'objectif du sionisme est explicite,
25:08la création d'un État juif.
25:10Le premier congrès sioniste à Bâle, en Suisse,
25:13c'est là que Théodore Herzl va forger
25:15ce qui fait le cœur du programme sioniste
25:18qui est la mise en sécurité
25:20des Juifs de diaspora menacés par l'antisémitisme.
25:25Ensuite, on a énormément d'acceptions différentes
25:28de ce projet,
25:31mais cette question de la sécurité,
25:34c'est la seule chose qui fait véritablement consensus.
25:37Ce qui justifie le projet sioniste,
25:39c'est que les Juifs de diaspora menacés par l'antisémitisme
25:43soient plus en sécurité
25:46dans le territoire choisi par les sionistes
25:49qu'en diaspora.
25:54Youssouf Ziyal Khalidi,
25:55il était député maire de Jérusalem,
25:58maire d'abord,
25:59député à la Chambre des députés ottomanes,
26:02élu en 1776,
26:04et c'est sans doute pas un hasard
26:05si c'est lui qui, le 1er mars 1899,
26:09est le premier palestinien
26:10à réagir explicitement
26:12à la suite du congrès de Bâle.
26:16Constantinople, le 1er mars 1899,
26:18à l'attention de Théodore Herzl.
26:22Monsieur,
26:23je me flatte de penser
26:25que je n'ai pas besoin de parler
26:26de mes sentiments envers votre peuple.
26:28Tous ceux qui me connaissent
26:29savent bien que je ne fais aucune distinction
26:31entre Juifs,
26:33Chrétiens
26:33et Musulmans.
26:35Que l'on cherche un endroit
26:36quelque part
26:37pour la malheureuse nation juive,
26:39rien de plus juste
26:40et équitable.
26:41Mais au nom de Dieu,
26:43qu'on laisse tranquille
26:44la Palestine.
26:48La phrase est très forte
26:49et très simple en fait,
26:52très frontale,
26:53mais c'est pour dire
26:54la Palestine est en paix
26:55et avec le projet sioniste
26:58elle sera en guerre.
27:00Voilà, c'est une parole prophétique.
27:02On est le 1er mars 1899.
27:04Théodore Herzl lui répond
27:05six semaines plus tard.
27:07Il est à Vienne, Herzl,
27:09à l'époque.
27:10Il est journaliste,
27:11il travaille dans un journal viennois.
27:13Et il lui répond
27:16il le remercie d'abord
27:17pour son courrier
27:17et il lui dit
27:18si ce n'est pas possible
27:20en Palestine,
27:21on le fera ailleurs.
27:28Dès 1903,
27:30Théodore Herzl étudie
27:31la proposition
27:32que lui font les Britanniques.
27:33Celle d'un refuge temporaire
27:35situé en Afrique de l'Est.
27:40Les sionistes,
27:41partisans d'un projet
27:42de retour en Terre Sainte,
27:43s'y opposent.
27:45Les Palestiniens comprennent alors
27:47que c'est leur existence même
27:49en tant que peuple
27:50qui est menacé.
27:52Alors au Parlement notamment,
27:54vous avez des débats
27:55extrêmement durs
27:56sur la question
27:58sioniste,
27:58puisque les députés arabes,
28:01en particulier ceux
28:01de la Palestine,
28:02soulèvent le dossier.
28:04Les sionistes,
28:05ils sont pleins de bonnes paroles
28:06et de gentillesse
28:07quand ils parlent aux Arabes,
28:09mais les Arabes,
28:10ils lisent la presse européenne
28:13et reprennent la presse européenne
28:15et dépêchent la presse.
28:16Et donc ils voient
28:16que dans les congrès sionistes,
28:17on veut un État juif en Palestine
28:19et pas du tout
28:20les gentillesses
28:22que les émissaires sionistes
28:23leur disent.
28:28La Palestine,
28:29perméable aux idées modernes,
28:31connaît dans le même temps
28:32un réveil intellectuel,
28:33une prise de conscience identitaire
28:35qui se heurte
28:36aux institutions ottomanes
28:37qui entendent tout turquiser.
28:41À l'aube du XXe siècle,
28:42les peuples des provinces arabes
28:44se soudent autour
28:45de leur identité.
28:55Au déclenchement
28:56de la Première Guerre mondiale,
28:57la fracture est totale.
29:00L'Empire ottoman
29:01s'allie aux Allemands.
29:03Les Arabes, eux,
29:04se battent contre les troupes turques
29:06aux côtés des Français
29:07et des Anglais.
29:10En échange,
29:11Paris et Londres
29:12promettent la création
29:13d'une grande nation arabe.
29:17En 1917,
29:19les pertes sont abyssales.
29:22Désormais,
29:23seule l'entrée en guerre
29:24des États-Unis
29:25dirigée par Woodrow Wilson
29:26pourrait faire basculer
29:28le rapport de force.
29:34Wilson est isolationniste.
29:36Il est élu sur l'idée,
29:39la conviction
29:40qu'il n'enverra pas
29:41des soldats américains
29:42en Europe.
29:44Et donc,
29:45il faut le convaincre.
29:46Et comme il faut le convaincre,
29:47il faut convaincre aussi l'opinion.
29:49Et les plus récalciables,
29:51à l'entrée en guerre,
29:54sont les Irlandais,
29:55on ne va pas se mettre
29:56du côté des Britanniques,
29:57et les Juifs
29:58qui ont émigré
29:59depuis les années 1880
30:01et qui sont déjà
30:01une population
30:04significative,
30:05je ne sais pas
30:05si elle a beaucoup d'influence,
30:06mais en tout cas,
30:06elle est là.
30:07Et elle, elle dit,
30:08pas question de s'allier au Tsar.
30:10C'est à cause de lui
30:11qu'on a eu
30:12tous nos malheurs, etc.
30:13Donc, pas question
30:13de s'allier au Tsar.
30:14Et concernant
30:17les Juifs américains,
30:19on leur dit ceci,
30:21si vous acceptez
30:22de passer
30:24de l'autre côté,
30:25c'est-à-dire
30:25de consentir
30:26à l'entrée en guerre
30:27de vos enfants
30:29et de vos soldats
30:30dans cette guerre
30:31aux côtés
30:31des Britanniques
30:33et des Français,
30:34on soutiendra
30:35l'idée
30:36d'un foyer national juif.
30:37Et là, ils disent,
30:39ah, ok, pourquoi pas.
30:42Les Britanniques,
30:44ils se disent,
30:44voilà, là,
30:45on a, sur le Moyen-Orient,
30:47on est nickel.
30:49On soutient
30:50la revendication
30:51nationaliste arabe
30:52et on soutient
30:53la revendication
30:53nationale juive.
30:54Et on se dit,
30:56avec ça,
30:57on obtiendra
30:58le consentement
30:58de Wixson
30:59et effectivement,
31:00Wixson a pu.
31:06La Grande-Bretagne
31:07appuie officiellement
31:08le projet sioniste,
31:09soutenu par le très
31:10conservateur secrétaire
31:12britannique
31:12aux affaires étrangères,
31:13Lord Arthur James Balfour.
31:19Lord Balfour,
31:20qui est protestant,
31:21voit dans le retour
31:22des Juifs
31:22en Terre Sainte
31:23un signe
31:24de la réalisation
31:24des prophéties bibliques.
31:28Dans une lettre,
31:30connue sous le nom
31:30de Déclaration Balfour,
31:32adressée à la branche
31:33britannique
31:33de la famille Rothschild,
31:34il écrit
31:38Le gouvernement
31:39de sa majesté
31:40envisage favorablement
31:41l'établissement
31:42en Palestine
31:43d'un foyer national
31:44pour le peuple juif
31:45et emploiera
31:46tous ses efforts
31:47pour la réalisation
31:48de cet objectif,
31:49étant entendu
31:50que rien ne sera fait
31:51qui puisse porter atteinte
31:52aux droits civils
31:53et religieux
31:54des communautés
31:55non-juives
31:55existantes.
32:02Que dit la Déclaration Balfour ?
32:06Elle affirme
32:07que le peuple juif
32:07a un droit historique
32:08sur la Palestine.
32:10La Déclaration
32:11ne reconnaissait pas
32:11qu'il y avait
32:12un peuple en Palestine.
32:14Elle les qualifiait
32:15comme personnes
32:16de confession
32:16non-juive.
32:18A cette époque,
32:19en 1917,
32:21les Palestiniens
32:22représentaient
32:2294% de la population
32:25tandis que les Juifs
32:26ne représentaient
32:27que 5%.
32:29Mais la Déclaration
32:30donne l'impression
32:31que les Juifs
32:32étaient majoritaires
32:33et que les Palestiniens
32:34pourtant natifs
32:35du pays
32:35étaient une minorité.
32:39Il est clair
32:40que la société
32:40palestinienne
32:41s'est immédiatement
32:42opposée
32:42à cette déclaration.
32:4911 décembre 1917.
32:52Les Britanniques,
32:53aidés par les troupes arabes
32:54du prince Faisal,
32:55entrent à Jérusalem
32:56après deux mois
32:57de combats acharnés
32:58contre les armées
32:59des ottomanes.
33:02En octobre 1918,
33:04les ottomans
33:04reconnaissent leur défaite
33:05et renoncent
33:06à leur province
33:07du Proche-Orient.
33:09La question se pose,
33:10qu'est-ce qu'on fait
33:11de ce qu'on appelle
33:12à l'époque
33:13les provinces arabes
33:14de l'Empire ottoman ?
33:17Les partisans
33:18de la révolte arabe,
33:19notamment Faisal,
33:21dit,
33:23argant de la promesse
33:23qui lui a été faite,
33:24ben voilà,
33:25sur les ruines
33:26de l'Empire ottoman,
33:27on crée
33:28un royaume arabe
33:29unifié.
33:32Ben,
33:32les Britanniques
33:33et les Français
33:33vont dire,
33:33non,
33:34finalement,
33:35non,
33:38un royaume arabe
33:39unifié,
33:39c'est compliqué.
33:42Et donc,
33:43ce qu'ils vont faire,
33:43c'est tout simplement
33:44d'établir
33:46dans cette région
33:47qui était
33:47depuis cinq siècles
33:49sous l'Empire ottoman,
33:51de dessiner
33:52des frontières
33:54et de dessiner
33:56sur la carte.
33:57des entités
33:59qui vont
33:59être élevées
34:01au statut
34:01de mandat,
34:02pas de colonie,
34:04mandat voulant dire
34:05que la France
34:06et la Grande-Bretagne
34:07y exercent l'autorité
34:09pour préparer
34:10les peuples
34:11à leur autodétermination
34:12et à leur indépendance.
34:16On dit,
34:18alors,
34:19vous les Arabes du Liban,
34:20un jour,
34:21vous serez des Libanais,
34:21vous les Arabes de Syrie,
34:23vous serez des Syriens,
34:24les Arabes d'Irak,
34:25vous serez des Syriens,
34:27quand les Arabes de Palestine
34:29disent,
34:30ah oui,
34:30et donc nous,
34:31un jour,
34:32on aura un Palestine.
34:32Ah non, non.
34:33Là,
34:34il y a un autre projet
34:35et le projet,
34:36c'est de fonder,
34:37alors attention,
34:38ça c'est très important de dire,
34:40la déclare son de Balfour
34:41ne dit pas un état judo,
34:42elle dit un foyer national judo.
34:45Mais d'un autre côté,
34:46elle le dit
34:47dans des termes
34:49qui, bien entendu,
34:50vont secouer
34:52la population autochtone
34:53arabe de Palestine
34:54qui, effectivement,
34:55est politisée,
34:56c'est politisé au cours
34:57de la Première Guerre mondiale,
34:58il y a cette bourgeoisie,
34:59il y a cette,
35:00voilà,
35:00il n'y a pas que des paysans
35:01qui n'y connaissent rien
35:02et qui n'ont d'attachement
35:03à la terre
35:04que leur petit village.
35:06Ils disent,
35:06attends, attends,
35:07et nous, là,
35:07mais pourquoi, là,
35:08on est moins bêtes
35:09que,
35:09on est plus bêtes
35:10que les Arabes du Liban
35:11qui vont devenir libanais
35:12que les Arabes ?
35:14Et là,
35:15il faut bien comprendre,
35:16les Britanniques
35:19comprennent,
35:19si j'ose dire,
35:20ce jour-là
35:22qu'ils ont mis le pied
35:23dans une fourmilière.
35:29La Palestine
35:30est confiée aux Britanniques
35:31par la Société des Nations,
35:33première organisation internationale
35:35créée pour maintenir la paix
35:36après la Première Guerre mondiale.
35:40Ce mandat leur permet
35:42d'installer une importante administration
35:43qui maille tout le territoire.
35:49les investissements
35:51qu'ils réalisent
35:51sont colossaux.
35:54La Palestine
35:55se modernise
35:56avec l'eau courante
35:57et l'électricité,
35:58la voiture à essence,
36:00le téléphone
36:01et le transport aérien.
36:09Mais pour la première fois,
36:11les Britanniques instaurent
36:12une distinction
36:13entre les populations.
36:18sur les cartes d'identité
36:19du mandat britannique,
36:20on va se mettre
36:21à écrire
36:21juif,
36:25chrétien ou musulman.
36:27Ils vont jouer
36:28de cette confessionnalisation
36:29des identités,
36:31ils vont encourager
36:32une première phase
36:34d'islamisation
36:35de la cause palestinienne,
36:37notamment en faisant
36:38monter en visibilité
36:41Haj Amin al-Husseini
36:42qui devient le grand
36:43moufti de Jérusalem.
36:45On lui invente
36:45une fonction
36:46qui n'existait pas,
36:47il n'y avait pas de grand
36:48moufti à Jérusalem.
36:51Et Haj Amin al-Husseini
36:53va développer
36:54un nationalisme palestinien
36:57religieux,
36:58islamique,
36:59islamisant,
36:59qui cherche en fait
37:00à mobiliser
37:01les musulmans palestiniens
37:04contre le projet sioniste
37:06à partir
37:06de motifs
37:09strictement religieux.
37:12Cette figure
37:13sera discréditée
37:14après la seconde guerre mondiale
37:15à cause de ses liens
37:16avec le régime nazi.
37:20Face au nationalisme
37:21arabe musulman
37:22et au nationalisme chrétien,
37:24les immigrés juifs
37:25qui s'installent alors
37:26en Palestine mandataire
37:28se qualifient de sionistes
37:29socialistes et laïcs.
37:34Famous above all
37:36are the cooperative colonies
37:38of Palestine
37:39where a national idealism
37:41is linked with a social idealism
37:44and the work
37:45of every man and woman
37:47is directed
37:48to a social
37:49and not a personal goal.
37:51Out of these cooperative colonies
37:53will come undoubtedly
37:55new forms of human
37:57organization
37:58valuable to the Jewish homeland
38:00and instructive
38:03to the rest of the world.
38:06Ces socialistes juifs
38:07vont être confrontés
38:09à une contradiction
38:10énorme
38:11et ça fait
38:12je veux dire
38:13ça peuple
38:14les colonnes
38:15de leurs journaux
38:15et de leurs revues.
38:16C'est d'un côté
38:18on est des internationalistes
38:19bon
38:20c'est la classe ouvrière
38:22qui est notre référent
38:23parce qu'ils sont très gagnés
38:24c'est l'époque
38:25par les îles socialistes
38:26et de l'autre côté
38:27on est des nationalistes juifs
38:30c'est-à-dire
38:30qu'on a une préoccupation
38:31c'est de permettre
38:32à ce foyer national
38:33qu'on n'appelle pas d'ailleurs
38:35encore foyer national
38:35de se constituer.
38:37Et là
38:37c'est vrai
38:39que
38:40dans ce dilemme
38:42entre la dimension
38:43internationaliste
38:44et la dimension
38:46particulariste
38:47ils vont opter
38:49provisoirement
38:49vous savez
38:49c'est toujours comme ça
38:50qu'on sort
38:51d'une dialectique
38:52aussi compliquée
38:52en disant
38:54provisoirement
38:55il faut réserver
38:56le travail
38:57aux employés
38:59juifs.
39:01La raison de leur venue
39:02c'était l'idéologie
39:03sioniste
39:04plus de terres
39:05moins d'arabes
39:07c'est une vision
39:08purement coloniale
39:09à 100%
39:10le déracinement
39:11total du peuple
39:12palestinien
39:14pour le remplacer
39:15par des colons juifs
39:16sur cette terre.
39:21A partir du moment
39:22où les premières
39:24colonies sionistes
39:25ou les premiers
39:26les premiers
39:27kibbutz
39:27les premiers
39:28moshav
39:30considèrent
39:31qu'il faut
39:31arrêter d'embaucher
39:33les palestiniens
39:33et qu'il faut faire
39:34travailler exclusivement
39:35les migrants
39:36juifs sionistes
39:39qui donc vont
39:40installer ensuite
39:41des clôtures
39:42autour de leurs
39:43kibbutz
39:43qui vont installer
39:44des miradors
39:47il va y avoir
39:48une coupure
39:48très concrète
39:50très quotidienne
39:50entre le projet
39:52sioniste
39:52et les populations
39:53palestiniennes
39:54locales.
39:57Dans cette Palestine
39:59mandataire
39:59favorable au projet
40:00sioniste
40:01les colonies
40:02de peuplement
40:02se développent.
40:04A la fin des années
40:0520
40:05le nombre de juifs
40:06a presque doublé
40:07passant de
40:0884 000
40:09en 1922
40:10à 156 000
40:11en 1929.
40:15des pères de familles
40:16qui veulent nourrir
40:17leurs enfants
40:18quand ils se rendent
40:19compte que le projet
40:20sioniste
40:21non seulement
40:23ne leur apporte
40:24plus de travail
40:24mais en plus
40:25risque de leur
40:26prendre leur terre
40:28et bien
40:28ils deviennent
40:29une population
40:30nationaliste
40:31c'est à dire
40:31qu'ils considèrent
40:34que leurs intérêts
40:36sont contradictoires
40:37avec ceux
40:38du projet
40:38sioniste
40:38et que donc
40:39il faut se battre
40:40pour une Palestine
40:41libre et indépendante.
40:50En août 1929
40:53des émeutes
40:54éclatent
40:55devant le mur occidental
40:57côté la Maharavi
40:58que les chrétiens
40:58appellent le mur
40:59des lamentations
40:59dans la vieille ville
41:00de Jérusalem.
41:01Les jeunes
41:02palestiniens
41:03s'opposent
41:04au fait
41:05que
41:06les juifs
41:07qui prient
41:07très régulièrement
41:08devant ce mur
41:09depuis le 16e siècle
41:10à peu près
41:11laissent
41:12pendant la nuit
41:13des chaises
41:14des paravents
41:15des armoires
41:17dans lesquelles
41:17sont conservés
41:18les livres saints
41:19donc d'une certaine manière
41:22s'approprie
41:23de plus en plus
41:24ce petit périmètre
41:25de prière
41:29On a des bagarres
41:31dans toute la vieille ville
41:32puis dans toute la ville
41:32de Jérusalem
41:33puis dans toute la Palestine
41:34avec des scènes
41:36extrêmement violentes
41:37que l'on peut qualifier
41:38de pogroms
41:39notamment à Hébron
41:40On a des familles
41:41juives
41:42d'Hébron
41:43qui sont massacrées
41:44à l'arme blanche
41:45par les palestiniens
41:47d'Hébron
41:48qui sont égorgés
41:50On a
41:51des palestiniens
41:51qui sont tués
41:55beaucoup par armes à feu
41:57par les milices sionistes
41:59par les britanniques également
42:02À l'arrivée
42:02on en a entre 250 et 300 morts
42:04à peu près autant de juifs
42:06que d'arabes
42:10C'est la première explosion
42:12de violence meurtrière
42:1550 ans après la première alia
42:17en Palestine
42:21Cette explosion de violence
42:22est sans doute symptomatique
42:24d'un long attentisme
42:25des palestiniens
42:26qui ont sans doute longtemps
42:27considéré qu'ils pourraient
42:28s'accommoder
42:29non seulement évidemment
42:30d'une présence juive
42:32en Palestine
42:32qui a toujours été le cas
42:33mais également
42:34d'un projet sioniste
42:35limité
42:36à quelques implantations
42:38à quelques colonies
42:39etc
42:39À la fin des années 1920
42:41ils se rendent compte
42:42que le projet sioniste
42:43c'est véritablement
42:45le projet d'un foyer national
42:47peut-être même
42:47d'un État juif
42:48en Palestine
42:49ce qui évidemment
42:51de leur point de vue
42:52du point de vue
42:52des palestiniens
42:53de Palestine
42:54est absolument inacceptable
43:06Les Britanniques envoient
43:07des commissions d'enquête
43:08après les émeutes
43:09et découvrent
43:10que la Palestine
43:11est surpeuplée
43:13Et donc
43:14si elle est surpeuplée
43:15par rapport évidemment
43:16aux conditions du temps
43:18si la Palestine
43:20est surpeuplée
43:21il faudrait qu'on freine
43:23des migrations juives
43:24qui est déjà très faible
43:26Et c'est ce que concluent
43:27les experts britanniques
43:29et comme les mouvements sionistes
43:32sont très influents
43:32dans la classe dirigeante britannique
43:34les conclusions des experts
43:36sont rejetées
43:37ce qui donne le sentiment
43:39aux arabes palestiniens
43:40que quoi qu'ils fassent
43:41sur le terrain
43:42ils seront toujours
43:44désavoués par Londres
43:48Donc ça c'est la situation
43:50jusqu'à 1931
43:58En Allemagne
43:59l'accession au pouvoir
44:01d'Adolf Hitler
44:02et de son parti nazi
44:03en décembre 1933
44:04et l'instauration
44:06des premières lois antisémites
44:07poussent les juifs
44:08à rejoindre massivement
44:09la Palestine
44:12Les communautés juives
44:14sont rejetées d'Allemagne
44:16sont persécutées en Pologne
44:18sont effacées
44:20anéanties
44:21écrasées
44:22tuées en masse
44:24et tous les récits
44:25qui étaient là
44:26et qui avaient établi
44:28une propagande
44:30d'une terre sans peuple
44:30prennent tout leur sens
44:32pendant cette période là
44:35«Mioners et réfugiés
44:37des pays de l'oppression
44:39où les juifs sont libres
44:41de être n'importe quoi
44:43de juifs
44:43jeunes et vieux
44:45ils vont maintenant
44:46à une terre
44:47qui les accepte
44:49comme sa propre
44:50et pas seulement
44:51comme étrangers
44:53pour être tolerés
44:54«Mioners et réfugiés
44:56des pays de l'oppression
44:58des pays de l'oppression
44:59false hopes
45:00demain
45:00ils vont marcher
45:02à leur travail
45:03dans les juifs
45:03les juifs
45:04pour construire
45:05des rues
45:06pour quarreir
45:07des stones
45:07ils vont briller
45:09des wells
45:09et apporter
45:10la vente
45:11la plus précieuse
45:13de l'oppression
45:14de l'épée
45:15de la terre
45:15pour restaurer
45:17à la terre
45:17son long
45:19neglected
45:20fruitfulness
45:27le mouvement
45:28s'amplifie
45:29les nouveaux arrivants
45:30sont animés
45:31par la réalisation
45:31d'un projet colonial
45:32de peuplement
45:33totalement assumé
45:37comme le souligne
45:38David Ben-Gurion
45:39futur dirigeant
45:40de l'état hébreu
45:41les arabes de Palestine
45:43ne renonceront
45:44jamais volontairement
45:45à leur pays
45:45le colonialisme sioniste
45:47doit donc s'imposer
45:48par la force
45:54en 1936
45:58la population juive
45:59en Palestine
46:00que l'on compris
46:02est passée
46:03de 8%
46:04à 35-36%
46:06un tiers du pays
46:08est devenu juif
46:10c'est alors
46:11que la résistance
46:12aux colonies juives
46:13s'est transformée
46:15passant
46:15d'une résistance
46:16économique régionale
46:17à une résistance
46:18politique et idéologique
46:20une tentative
46:22de transformer
46:22le pays
46:23d'un territoire
46:25promis par la société
46:26des nations
46:26pour l'autodétermination
46:28vient un conseil
46:30représentatif
46:31ou une sorte
46:31de parlement
46:33en une colonie juive
46:35contre la volonté
46:36de la population autochtone
46:37c'est pourquoi
46:44les révoltes
46:44ont éclaté
46:45à travers le pays
46:46et sont devenus
46:47un soulèvement populaire
46:48qui a duré
46:48trois ans
46:58ça a commencé
46:59par la plus longue grève
47:00de l'histoire moderne
47:03toute la Palestine
47:04était en grève
47:05pendant six mois
47:06en 1936
47:11et ça va pas marcher
47:12c'est à dire
47:13que la grève
47:13est proclamée
47:15et bien
47:15l'économie
47:16continue de fonctionner
47:18c'est à dire que
47:18ils font
47:21la démonstration
47:22qu'ils auraient voulu faire
47:24elle aboutit pas réellement
47:26elle aboutit pas vraiment
47:27c'est à dire que
47:27bah non
47:28la Palestine
47:29je dirais
47:30le potentiel économique
47:31des juifs
47:32fait que
47:32ok c'est sans doute plus dur
47:34une grève
47:34c'est une grève
47:35mais que
47:36dans le rapport de force
47:38les juifs arrivent
47:39à marquer le coup
47:39je dirais
47:41et donc
47:41ça va basculer
47:44de la grève économique
47:45mais qui n'obtient pas
47:46de résultats politiques
47:47immédiat
47:48à des émeutes
47:50à des émeutes
47:50de plus grande envergure
47:52riots sont reportés
47:53daily
47:53de diverses parts
47:54de la ville
47:55les policiers
47:56cherchent pour armes
47:57dans un pays
47:57où en plus d'un mois
47:58près de 40 personnes
47:59ont été mortes
48:00dans les disturbances
48:01en Palestine
48:02les frontières
48:03sont gardées
48:04avec de la vigilance
48:05toutes les routes
48:06qui se passent
48:06à la patrouille
48:08les troupes
48:09qui devraient
48:09pour d'autres stations
48:10ont été ordres
48:11à rester
48:11jusqu'à la situation
48:12se retourne à la normale
48:13le gouvernement britannique
48:15est déterminé
48:42pour déterminer
48:44le terrorisme
48:45de la résistance palestinienne
48:47et qu'il est toujours
48:48aujourd'hui
48:49donc le symbole
48:50de la lutte
48:51du peuple palestinien
48:52pour la préservation
48:53de son identité
48:54et de son territoire
49:13Empêtré dans le bourbier
49:14palestinien
49:15dont il peine
49:16à évaluer l'ampleur
49:17les britanniques
49:18envoient à Jérusalem
49:19Lord William Peel
49:20chef de la commission
49:21qui porte son nom
49:22la commission Peel
49:25pour la première fois
49:27une commission
49:28va dire
49:28les britanniques
49:29doivent partir
49:34et écoutez bien
49:35à l'époque
49:37le plan Peel
49:38dit
49:38qu'est-ce qu'on peut faire
49:39exactement ce qu'on va redire
49:40en 1947
49:41ou un seul état
49:42ou deux états
49:44et ils parviennent
49:45à la conclusion
49:45qu'un seul état
49:46ça va être
49:47la catastrophe
49:50les palestiniens
49:51les plus modérés
49:52d'entre eux
49:52disent
49:52ok pour une coexistence
49:54mais pas d'immigration
49:56plus d'alliables
49:59et donc
50:00on procède
50:00pour la première fois
50:02à un découpage
50:03à une partition
50:03de la Palestine
50:08le mufti de Jérusalem
50:10dit non
50:10l'opposition
50:11est ferme
50:12c'est à nous
50:13et c'est tout
50:14il y a des réunions
50:15jusqu'en 1939
50:16jusqu'en 1939
50:17les britanniques
50:18réunissent
50:18les juifs
50:19et les arabes
50:20de Palestine
50:20pour dire
50:20essayez de vous entendre
50:21la guerre est proche
50:22ça c'est imminent
50:25la direction palestinienne
50:27met encore
50:28son veto
50:29l'échec des négociations
50:31débouche sur la publication
50:32d'un livre blanc
50:33dont les conclusions
50:34sont sans équivoque
50:35et pour la première fois
50:37en défaveur
50:38des sionistes
50:39la Palestine
50:40compte alors
50:41450 000 juifs
50:42les britanniques
50:44décident de freiner
50:45leur émigration
50:46le rapport précise
50:47que seuls 75 000
50:49d'entre eux
50:49pourront rentrer
50:50en Palestine
50:50dans les cinq ans
50:51à venir
50:51tandis que
50:52l'achat de terre
50:53leur est désormais
50:54interdit
50:57et donc
50:58si les nationalistes
50:59palestiniens
50:59prennent le livre blanc
51:00de 1939
51:01au mot
51:01ils peuvent se dire
51:02bon ben
51:03on va pouvoir créer
51:04cette Palestine
51:05souveraine et démocratique
51:06il y aura
51:0720 à 30%
51:09de juifs
51:09sur ce territoire
51:11concentrés
51:12d'ailleurs
51:12dans certaines zones
51:13plutôt en Galilée
51:14pleine littorale
51:15autour de Jérusalem
51:18on sera évidemment
51:20souverain
51:20puisqu'on sera
51:21largement majoritaire
51:22non seulement en nombre
51:23mais aussi en propriété
51:24foncière
51:25etc
51:26pour les nationalistes
51:27palestiniens
51:27ça apparaît enfin
51:28comme la juste réponse
51:29à leurs revendications
51:31et c'est sans doute
51:32la préparation
51:32d'un futur état
51:33palestinien
51:34libre et démocratique
51:37un espoir anéanti
51:39et des revendications
51:40rendues caduques
51:41par l'histoire
51:42avec un grand H
51:45en envahissant la Pologne
51:46le 1er septembre 1939
51:48Adolf Hitler
51:49déclenche la seconde
51:50guerre mondiale
51:56elle fait près
51:57de 80 millions
51:58de morts
52:00la destruction
52:01des juifs d'Europe
52:02est l'un des buts
52:03du nazisme
52:056 millions de juifs
52:07sont exterminés
52:07pendant la Shoah
52:10les images du génocide
52:12provoquent une onde
52:12de choc
52:13et retournent
52:14les opinions publiques
52:15internationales
52:15en faveur de la création
52:17d'un état juif
52:17en Palestine
52:18c'est pas la mauvaise conscience
52:25liée à l'extermination
52:27des juifs
52:28qui va jouer un rôle
52:30ce sont les
52:31le problème humanitaire
52:32posé par les
52:33survivants
52:35quand ils sont
52:35de Pologne
52:36de Hongrie
52:37de Roumanie
52:37d'Allemagne
52:38parce que les juifs
52:39de France
52:41déportés
52:41ils reviennent en France
52:43il y a un état de droit
52:43on revient en France
52:44nous on ne peut plus
52:45revenir en Pologne
52:46on ne peut plus revenir
52:47on ne veut pas
52:48aller en Allemagne
52:50de surcroît
52:51on a
52:52un cousin
52:53un oncle
52:54qui lui a eu la bonne idée
52:55d'aller en Palestine
52:56dans l'entre-deux-guerres
52:56parce qu'il y a des juifs
52:57polonais qui sont partis
52:58entre 1922
52:59et 1939
53:03et puis pour nous
53:04l'Europe
53:04c'est un cimetière
53:07il ne faut pas oublier
53:08la Pologne
53:09ce n'est pas la France
53:11375 000 juifs
53:12moins 75 000
53:13à la fin de la guerre
53:14là c'est 3 300 000 juifs
53:16il n'en reste que 300 000
53:183 millions de juifs
53:19sont partis
53:20donc ça veut dire que
53:21statistiquement parlant
53:23tous survivants
53:24il a toute sa famille
53:25décimée
53:26il se dit
53:27qu'est-ce que je reconstruis
53:27sur place
53:28moi je veux aller en Palestine
53:33les palestiniens
53:34de Palestine
53:35ils ne perçoivent pas
53:36la portée
53:37que va avoir
53:38la découverte
53:39des camps de concentration
53:40à la fin de la deuxième
53:41guerre mondiale
53:43ils ne peuvent pas
53:44l'apercevoir
53:45ça n'est pas leur responsabilité
53:47c'est pas une histoire
53:48palestinienne
53:49donc là c'est vrai
53:49qu'on a des chronologies
53:51qui se disjouillent
53:53complètement
53:55l'organisation
53:56des Nations Unies
53:57née au lendemain
53:58du conflit mondial
53:59s'exprime alors
54:00en faveur
54:01de la création
54:02d'un état juif
54:04les rêves
54:05d'une Palestine arabe
54:05unifiée
54:06sont balayés
54:07par les vents de l'histoire
54:11en 1947
54:12les britanniques
54:13sont un peu gênés
54:14qu'est-ce qu'on fait
54:16et donc on va proposer
54:17des plans de partage
54:18donc il y a eu
54:19le plan de partage
54:20de 1947
54:21entre un état
54:23arabe
54:24en Galilée
54:24en Cisjordanie
54:25et sur la bande de Gaza
54:28et le reste du territoire
54:30était accordé
54:31aux populations
54:32juives
54:33qui avaient le droit
54:34donc de
54:35créer l'état d'Israël
54:37Jérusalem
54:38selon ce plan de partage
54:40serait sous tutelle
54:41internationale
54:42puisque c'est la ville
54:43trois fois sainte
54:44et qu'elle est disputée
54:45il y a eu
54:46un projet alternatif
54:47mais qui n'a pas du tout
54:48été voté
54:49c'est un état
54:50binational
54:55les palestiniens
54:57étaient évidemment
54:58pour un état
54:59binational
54:59dans le sens
55:00où ils étaient
55:00pour un état
55:01unique en Palestine
55:02dans lequel
55:05coexistaient
55:06cohabitaient
55:06des chrétiens
55:07des musulmans
55:08et des juifs
55:08donc c'était
55:09un état binational
55:10sauf que ça ne s'appelait pas
55:32on met d'abord au vote
55:34le plan de partition
55:36les organisations sionistes
55:37évidemment font pression
55:38pour le plan de partition
55:39parce qu'ils savent bien
55:40que dans le cadre
55:41de l'état binational
55:42ils seraient très largement
55:43minoritaires
55:44later Russia supported
55:45the United States
55:46on the partition recommendation
55:48while Arab states
55:49threatened reprisals
55:50as the holy land's future
55:52hangs in the balance
55:54we will proceed
55:56the whole call
55:59you all know
56:02how to vote
56:03those who are in favor
56:06will say yes
56:07those who are against
56:08will say no
56:09and the abstainers
56:11always they know
56:13what to say
56:20le plan de partage
56:21de la Palestine
56:22est voté par l'Assemblée Générale
56:23des Nations Unies
56:25la résolution 181
56:27est adoptée
56:27à 33 voix pour
56:2913 contre
56:30et 10 abstentions
56:3343% de la Palestine
56:35mandataire revient
56:35à un État arabe
56:36de Palestine
56:37et 55%
56:39à l'État juif
56:40Jérusalem
56:41est confiée
56:42à la tutelle internationale
56:44Les Palestiniens
56:45ils sont 70%
56:47ils possèdent 85%
56:48du territoire
56:49ils sont dispersés
56:50sur l'ensemble
56:51de la Palestine
56:51et on leur dit
56:52signez au bas
56:54de ce contrat
56:54et vous aurez
56:5545%
56:56de votre territoire
56:57c'est
56:59juste
56:59inacceptable
57:00à l'inverse
57:01les sionistes
57:02ils possèdent
57:0310% du sol
57:04et on leur dit
57:05signez là
57:06vous aurez
57:0655%
57:07du territoire
57:08il n'y a aucune raison
57:10qu'ils le refusent
57:11Ce plan de partage
57:13de l'ONU
57:13les Palestiniens
57:14et l'ensemble
57:15des pays arabes
57:16de la région
57:16le rejettent
57:17unanimement
57:36J'avais 4 ans
57:40On a commencé
57:42à comprendre
57:44on a compris
57:45qu'on était devenus
57:46des réfugiés
57:47pour savoir
57:48qu'on était
57:49des réfugiés
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