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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.
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00:00Bonjour à tous, bonjour à toutes, bienvenue dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
00:04Bonjour Michel.
00:05Bonjour Laurence.
00:05Prêt pour notre émission hebdomadaire ?
00:07Prêt.
00:08C'est parti, on va commencer par la dernière étude PISA qui montre l'effondrement du niveau des élèves en
00:13France.
00:13Les pires résultats enregistrés depuis 20 ans, que ce soit en sciences, en mathématiques ou en compréhension écrite,
00:19les ados de 15 ans ont du mal à lire un texte de 400 lignes.
00:23Pourquoi un tel affaissement ?
00:24S'agit-il seulement d'une affaire d'éducation nationale ou aussi de soutien parental ?
00:29Faut-il accabler les écrans et les réseaux sociaux, une arme de destruction intellectuelle massive ?
00:34Pour Edouard Jeffray, actuel ministre de l'éducation, on va poser le débat.
00:38Avec vous Michel.
00:39Le coup d'envoi de la campagne 2027 avec des candidats qui fusent du côté des propositions,
00:47ça fuse dans tous les sens.
00:48Bruno Retailleau était notre invité cette semaine.
00:50Il propose l'abrogation du droit du sol.
00:52On verra ce que cela recouvre pour vous s'il s'agit d'un véritable changement dans les principes de
00:57notre République.
00:58De leur côté, les Français, eux, veulent qu'on leur parle du pouvoir d'achat, de leur fin de mois
01:03difficile
01:04et que les solutions soient trouvées du côté des politiques.
01:07Est-ce que c'est là-dessus pour vous que va se jouer l'élection présidentielle ?
01:10Est-ce que c'est une constante de la 5e ?
01:13Ou est-ce que l'on demande aussi à un candidat à l'élection suprême une vision quand même pour
01:17le pays et la nation ?
01:19On évoquera aussi la crise de confiance des Européens vers l'Union Européenne.
01:23Même s'ils sont attachés, Michel, à l'Europe, il le reste.
01:26Et bien 68% des Européens estiment que le continent est en train de vivre un déclin général.
01:32Certains proposent une Europe à plusieurs vitesses avec un groupe de pays leader.
01:36Est-ce satisfaisant pour le souverainiste que vous êtes ?
01:39J'en doute, mais je vous poserai quand même la question.
01:42Enfin, le point philo, c'est « L'homme révolté » de Camus.
01:46Un livre pour vous qui est le livre des résistances face au totalitarisme du temps de Camus.
01:51Mais qui sont peut-être aussi les totalitarismes d'aujourd'hui.
01:54Voilà pour les grandes lignes de face à Michel Onfray.
01:57On y va, c'est parti ?
01:58On commence par ces classements navrants, PISA,
02:01qui montrent que nos élèves français ne cessent de baisser sur le niveau de mathématiques, de compréhension écrite.
02:09Alors, le déclin est général, il touche à peu près tous les pays de l'OCDE,
02:13mais chez nous, c'est vraiment marqué.
02:15On va écouter Bruno Le Maire, qui était notre invité cette semaine,
02:19qui, lui, a des solutions à proposer.
02:21Puis après, on va s'intéresser avec vous sur cette baisse du niveau général.
02:27Ça prouve une chose, c'est que la multiplication des réformes,
02:30des circulaires, des instructions données aux enseignants, ça ne marche pas.
02:33Et ça ne marchera pas davantage de multiplier les réformes.
02:36Il faut véritablement repenser notre modèle éducatif.
02:40Première chose, on voit bien que le langage n'est plus maîtrisé.
02:44Pour moi, il faut avancer la maternelle de 3 ans à 1 an.
02:471 an ?
02:47Oui, 1 an.
02:48Les enfants à l'école à 1 an ?
02:49Non.
02:49Mais vous assurerez comme ça à tous les enfants de France
02:52la capacité d'être dans un lieu collectif
02:54où ils vont commencer à apprendre des mots.
02:56Et vous n'aurez pas cette inégalité fondamentale dont on ne sort jamais,
02:59où des enfants à l'âge de 3 ans vont pour certains maîtriser 500 mots,
03:03d'autres 700, d'autres 1500.
03:04Et c'est irratrapable.
03:06Donc dès 1 an, la maternelle, l'apprentissage du langage, l'apprentissage des mots.
03:10Voilà, on passe sur l'idée de 1 an parce que c'est vrai que c'est très très jeune.
03:14Il y a, et il est vrai, Michel Onfray se fait là,
03:17le langage n'est plus maîtrisé.
03:19Et il y a des vraies inégalités dès la maternelle.
03:21Oui, oui, oui, l'école dès 1 an, mais pourquoi faire ?
03:24Ce n'est pas la question de l'âge d'entrée à l'école.
03:27Si c'est pour avoir des instituteurs, des institutrices, des professeurs des écoles,
03:30comme il faut dire désormais, qui, je voudrais rester poli et correct,
03:35mais enfin qui détruisent le cerveau des enfants.
03:37Je ne vais pas me mettre la totalité d'une corporation à dos.
03:41En faisant quoi ?
03:42En étant tenus, parce que je pense qu'ils sont plus victimes que coupables,
03:45les enseignants, ils sont victimes des inspecteurs,
03:51de tout le dispositif, des pédagogistes, pour le dire assez vite.
03:55Des programmes qui leur sont proposés.
03:56Et quand Bruno Le Maire dit changer ceci, changer cela, etc.,
04:00il faut arrêter de changer.
04:01Il y a des gens qui ont une bougeotte perpétuelle en tête,
04:04il faudrait changer ceci, réformer cela, etc.
04:06Pourquoi pendant des générations, des générations,
04:08l'école fabriquait des enfants qui savaient lire, écrire, compter, penser ?
04:11J'ai souvent dit que mon père, qui était ouvrier agricole,
04:14quand il a quitté l'école à 12 ou 13 ans,
04:16il savait lire, écrire, compter, penser,
04:18comme tous ses copains, comme toutes ses copines à l'école.
04:21Donc on a détruit un système qui fonctionnait très bien.
04:23Parce qu'on avait un système qui fabriquait des gens qui pensaient,
04:26qui réfléchissaient, qui analysaient.
04:27Et que la République, c'est ça.
04:28Ce n'est pas seulement un citoyen qui serait dans les airs comme ça,
04:32c'est un individu qui a sa capacité de jugement.
04:34Et à qui on dit, tu vas pouvoir choisir entre machin, bidule, intel,
04:36et qui va faire fonctionner son intelligence.
04:38Et il y a plein de gens qui ont intérêt à ce que ça ne se passe plus comme ça.
04:41À ce qu'on n'ait pas des citoyens éclairés.
04:44On déstructure l'apprentissage, l'histoire, la chronologie, tout simplement.
04:47Oui, par exemple, la méthode globale a été une catastrophe.
04:49Moi, j'ai appris avec la méthode syllabique.
04:51Cette méthode syllabique, elle a produit des effets fabuleux
04:54pendant des générations.
04:56Et là, on a dit, terminé.
04:57Et là, d'un seul coup, les pédagogistes ont dit,
04:59on va vous expliquer comment on enseigne.
05:00On ne vous demande pas de nous expliquer comment on enseigne,
05:02mais enseigner.
05:03Et enseigner, comme on le faisait jadis, ça produisait des effets.
05:07Donc, mon père m'expliquait que le matin, il y avait une dictée,
05:09que l'après-midi, il y avait une rédaction,
05:11que pendant que l'instituteur corrigeait les travaux des ans,
05:14il faisait le...
05:15Enfin, il y avait toute une organisation.
05:16Il y avait jusqu'à trois niveaux dans une même classe.
05:19Et je songe à ma vieille institutrice, Paulette Gondouin,
05:22qui a été mon institutrice et qui est aussi la mère de mon ami Giselin,
05:25qui vend des livres anciens à Chambois.
05:26Mais on en parle souvent.
05:28Elle m'expliquait ce qu'était faire court à l'époque,
05:31ce qu'étaient les instituteurs et les institutrices de l'époque.
05:33C'était incroyable.
05:34Mais ça produisait des effets.
05:36Ça n'en produit plus.
05:37Parce qu'à mes 60...
05:37Est-ce qu'on pourrait revenir à ça ? Non ?
05:39Si, bien sûr que si.
05:40Ah oui ?
05:40Ah oui, mais simplement...
05:41Là, ils n'arrivent pas à lire un texte de 400 lignes.
05:43Ben voilà, la preuve est que ça ne fonctionne pas.
05:45Ça ne fonctionne pas.
05:46Si ça ne fonctionne pas, vous avez des gens qui disent
05:48on accélère et on va mettre encore plus les enfants
05:50plus tôt à l'école.
05:51Pourquoi faire ?
05:52Si la voiture est en direction du mur,
05:54de toute façon, on ira plus vite dans le mur.
05:56L'intérêt, c'est de dire on va éduquer autrement
05:59puis d'arrêter de laisser croire que chaque instituteur
06:03peut choisir sa méthode quand il veut, comme il veut.
06:05Et puis il y a des gens qui ont bac plus 5
06:07et qui ont fait peut-être même un doctorat en physique nucléaire,
06:10qui ne trouvent pas de boulot,
06:10qui fassent le concours pour devenir instituteur.
06:12Moi, j'en ai connu.
06:13Et qui, du jour au lendemain, se retrouvent dans une classe.
06:16Ça ne s'improvise pas, l'enseignement.
06:18Moi, j'ai vu avec mon petit-fils,
06:20quand on a commencé à voir ce qui était susceptible
06:21d'être appris pour apprendre à lire,
06:23et je me suis dit, arrête, ça n'est pas ton métier,
06:25tu ne sais pas faire ça.
06:26Et je me suis dit, laisse les instituteurs, les institutrices.
06:29Donc je pense qu'il faudrait changer,
06:31revenir à des méthodes anciennes.
06:33D'abord, ce que dit Bruno Le Maire est juste,
06:34ce qui n'a pas été fait ne sera jamais fait.
06:36Ça, ce sont les enseignements cognitifs, comme on dit,
06:38c'est-à-dire le fonctionnement du cerveau.
06:40Si le cerveau n'est pas sollicité,
06:41la zone qui n'est pas sollicitée,
06:43elle est morte définitivement.
06:44Si vous ne sollicitez pas l'imagination,
06:46si vous ne sollicitez pas la mémoire,
06:47au plus tôt, et on se sent s'il a raison,
06:50mais au plus tôt, alors ça n'aura jamais lieu,
06:52ça ne fonctionnera pas.
06:53Donc il y a une pédagogie qui, elle,
06:55s'est faite avec des intellectuels de la pédagogie
06:57et pas des transmetteurs de la pédagogie.
06:59Ensuite, il y a eu des contenus.
07:00On n'apprenait plus à lire, à compter, à penser, etc.
07:02On faisait des dictées à trous,
07:04on faisait des choses incroyables,
07:07parce qu'il ne fallait pas apprendre la grammaire.
07:09La grammaire, la langue est fasciste,
07:12nous disait Barthes.
07:13Elle impose, donc elle est fasciste.
07:14Qu'est-ce que c'est que ce délire ?
07:16Alors tous ces gens qui sont nés dans les bons quartiers,
07:18où papa et maman parlaient correctement le français,
07:19ça ne pose aucun problème de détruire la grammaire.
07:21Pour les autres, mais pas pour eux.
07:23Eux, ils écrivaient correctement,
07:25et puis ils maîtrisaient la langue française.
07:26Mais ne pas maîtriser la langue française,
07:28c'est devenir une bête.
07:29C'est-à-dire que quand les gens ne savent pas parler,
07:31expliquer, exprimer,
07:32ils donnent des gifles, ils donnent des coups,
07:34ils insultent.
07:35C'est comme ça que ça se passe.
07:35Jadis, on avait une façon de manier un verbe
07:38qui permettait la polémique,
07:40qui permettait de respecter autrui,
07:41mais en même temps, il y avait de l'ironie,
07:42il y avait du cynisme, il y avait de l'humour,
07:44il y avait toutes ces choses-là
07:45qui permettaient justement de varier les expressions.
07:47Aujourd'hui, la syntaxe, la grammaire est très pauvre,
07:50et puis il y a une espèce de violence et de brutalité.
07:52Mais là, vous expliquez bien, Michel,
07:53qu'il y a évidemment l'éducation nationale,
07:54mais il y a aussi la famille.
07:56Et c'est là le problème.
07:57Aujourd'hui, il y a un désinvestissement des parents
08:00par rapport à ce que font leurs enfants en classe.
08:0249% disent se désintéresser,
08:06de ne pas savoir en gros ce que fait leur enfant en classe.
08:09Ben oui.
08:09J'ai vu parfois des parents qui n'étaient pas capables
08:11de me dire dans quelle classe leur enfant était.
08:13Je dis dans quelle classe maintenant.
08:15Ben je ne sais pas, tu es dans quelle classe.
08:16Et il apprend quoi, on y sort ?
08:18Je ne sais pas.
08:19Alors, nous, oncle et parents,
08:20mon père n'avait évidemment jamais fait d'anglais,
08:22ma mère non plus.
08:23Et quand on se retrouve au collège
08:24avec des leçons d'anglais comme on fait,
08:26ou même des mathématiques,
08:28ce qu'il faudrait faire,
08:30c'est à côté,
08:32sûrement pas du périscolaire,
08:33mais à côté des études
08:35où on puisse aider les enfants,
08:36des classes de niveau.
08:37Moi, j'étais nul en maths, par exemple.
08:39J'aurais bien aimé être dans une classe de niveau
08:41avec les pas bons
08:41pour qu'on puisse m'aider à grimper.
08:43Mais quand on est dans une classe
08:46où on fait une classe pour tout le monde,
08:48c'est-à-dire pour personne,
08:49les très bons,
08:50les mauvais,
08:51les moyens,
08:51les médiocres, etc.,
08:52et on fait une espèce de soupe comme ça,
08:53on sacrifie tout le monde.
08:55Et ce n'est pas bien.
08:56Il faut produire une élite républicaine
08:58et on peut faire partie
08:59de la classe ouvrière
09:01et devenir une élite républicaine
09:02dans l'école républicaine de jadis.
09:04Ça n'est plus le cas aujourd'hui.
09:05Ça n'est plus le cas.
09:06Je pense aux enfants d'immigrés
09:07qui ont des grandes difficultés
09:08à pratiquer la langue française.
09:10Alors pour eux,
09:10c'est plus catastrophique encore
09:11parce qu'ils ne s'en sortiront jamais.
09:13Donc il faudrait recréer des études,
09:16des parcours de suivi des enfants.
09:18Dire, vous allez peut-être rester
09:19un peu après l'école,
09:20et puis voilà.
09:21Mais on pourrait aussi
09:22incriminer les réseaux sociaux.
09:24C'est-à-dire,
09:24les enfants passent plus de temps
09:25devant un téléphone portable
09:26que devant un instituteur.
09:27C'est ce que dit le ministre
09:28de l'Éducation nationale,
09:30Édouard Jeffrey,
09:30il dit que c'est une arme
09:31de destruction intellectuelle massive.
09:32Il a raison, Michel.
09:33Il a raison.
09:34Et la formule est juste.
09:35Et on reprend le propos
09:36de Bruno Le Maire.
09:37C'est un cerveau qu'on détruit
09:39en ne l'entretenant pas.
09:41Donc ce cerveau détruit,
09:42il va rendre possible
09:43toutes les bêtises qui suivent.
09:45C'est-à-dire tous ces gens
09:45qui, on ne va pas rentrer
09:47dans le détail,
09:47mais des hommes politiques
09:48et qui ignorent l'histoire
09:49de la politique.
09:50On en reparlera peut-être
09:50tout à l'heure,
09:51je ne sais pas quoi.
09:52Et donc une espèce
09:53d'inculture totale, générale,
09:55de gens qui ont fait
09:56des études prétendument supérieures
09:58et qui prétendent être
09:59chefs de l'État
10:00et qui ignorent totalement
10:02l'histoire de France.
10:02Mais ça, ce n'est pas
10:03les réseaux sociaux.
10:04Ça, c'est de l'inculture.
10:05Cette génération-là
10:06qui sont les hommes
10:08et femmes politiques actuelles,
10:09ils ont à peu près
10:10appris correctement,
10:11j'imagine, à l'école.
10:12Est-ce que les réseaux sociaux,
10:14les écrans,
10:15ben voilà,
10:15c'est en train de bouffer
10:16le cerveau de nos enfants ?
10:17Oui, parce que le livre,
10:19l'objet livre,
10:20fabriquait une façon de penser.
10:22C'est-à-dire que vous avez
10:23une page, puis une page,
10:24puis une page,
10:24puis de la première
10:25à la 300e page,
10:26puis on démarre en haut, etc.
10:27Donc il y avait une structuration
10:29du développement
10:30de l'intelligence
10:30dans un support
10:31qui était le support du livre.
10:33Aujourd'hui,
10:33il y a des arborescences.
10:34Ça part partout.
10:35C'est-à-dire qu'on scrolle,
10:37qu'on va, qu'on vient,
10:37on cherche un truc,
10:38on part ailleurs,
10:39on est parti ici.
10:40Vous connaissez le mot
10:40scroller qui veut dire
10:41passer beaucoup de temps
10:42sur les réseaux sociaux.
10:43C'est bien Michel.
10:43C'est surtout, oui.
10:44Et donc, moi je vois bien
10:45parce que parfois
10:46je peux moi-même en être
10:48victime.
10:49Oui, c'est addictif.
10:50Oui, oui.
10:50Je cherche quelque chose
10:51sur je ne sais pas quoi,
10:52Pierre le Vénérable
10:52et les croisades par exemple
10:54en disant
10:54dans quel sermon
10:55Bernard de Clairvaux
10:56est-il, etc.
10:57Et je cherche et on me dit
10:58c'est dans le troisième sermon,
10:59puis après on m'envoie
11:00sur un truc,
11:01puis encore sur un truc,
11:01puis encore sur un truc.
11:02Et je peux y passer la journée.
11:03Ça, c'est l'arborescence.
11:04C'est l'arborescence.
11:05C'est-à-dire que ça part
11:06dans tous les sens.
11:07Alors que quand vous aviez
11:08un livre,
11:08vous aviez une direction,
11:09vous aviez une lecture du temps
11:10qui n'était pas arborescente,
11:11il y avait le passé derrière nous,
11:12le présent ici
11:13et puis le futur devant.
11:14C'est-à-dire les pages
11:14qu'on avait lues,
11:15la page qu'on était en train
11:16de lire
11:16et les pages qu'on allait lire.
11:17Donc ça structurait le cerveau
11:19d'une certaine manière.
11:19Ça structurait le rapport au temps.
11:21Ça voulait dire que
11:22quand on commençait,
11:23même quand on faisait
11:23de la traduction du grec
11:24ou du latin,
11:25on était bien,
11:26ou même de l'allemand,
11:26qui est une langue
11:27qui suppose qu'on puisse
11:28penser la fin de sa phrase
11:29puisque le verbe est à la fin
11:30et qu'on est bien obligé
11:31de savoir ce qu'on va dire
11:32quand on commence à parler.
11:33Ce qui n'est pas le cas
11:33de la langue française.
11:34Vous pouvez parler,
11:35ne pas vous arrêter
11:35et puis vous pouvez dire
11:36tout et n'importe quoi
11:37et surtout ne pas structurer
11:39votre parole,
11:40donc ne pas structurer
11:41votre pensée.
11:41Ça s'apprenait jadis.
11:43Il y a eu jadis
11:44même des cours de rhétorique.
11:45Quintilien a écrit
11:46un très gros traité
11:47dans l'Antiquité
11:48qui est un traité
11:48qui nous est resté
11:49et qu'on étudiait
11:50dans les écoles.
11:51Quand vous alliez
11:52dans des écoles
11:53tenues par des jésuites,
11:54les jésuites enseignaient
11:55ces choses-là.
11:55C'est-à-dire qu'ils fabriquaient
11:57des gens qui avaient
11:57une rhétorique incroyable,
11:58qui avaient une intelligence
11:59incroyable.
12:00Vous sortiez d'une école
12:00de jésuites
12:01et vous saviez construire
12:03un propos,
12:05une argumentation,
12:06une rhétorique.
12:06Vous saviez comment
12:07on expose,
12:08comment on illustre,
12:09comment on conclut,
12:10comment on transitionne,
12:11comment on recommence,
12:11etc.
12:12Si ça ne s'apprend pas,
12:13voilà.
12:14Moi, mon père,
12:14il connaissait des vers
12:15de Victor Hugo par cœur
12:16jusqu'à la fin de sa vie.
12:17Il est mort à 88 ans.
12:18Il était capable
12:19de citer du Victor Hugo
12:21parce qu'on apprenait
12:22du par cœur.
12:23Si vous apprenez du par cœur,
12:24peu importe ce que vous apprenez,
12:25même, ça peut être
12:26une bêtise,
12:27une page d'un journal,
12:29vous allez fabriquer
12:31un cerveau qui va être capable
12:33de mémoriser
12:33beaucoup d'autres choses
12:34par ailleurs.
12:35On a décidé,
12:36avec l'école 68 Arnd,
12:37qu'il ne fallait plus
12:37solliciter la mémoire,
12:38plus solliciter l'intelligence,
12:40plus solliciter la récitation,
12:42plus solliciter l'écriture,
12:43l'apprentissage des règles,
12:44etc.
12:44Mais la spontanéité créative.
12:47Vas-y, mon chéri,
12:48vous avez un gamin
12:49qui barbeaule trois trucs
12:50et puis c'est une œuvre d'art
12:51extraordinaire.
12:52Ne me dites pas
12:52que vous ne l'avez pas fait
12:53avec vos petits-enfants.
12:54Vous avez forcément
12:55encadré un dessin
12:58extrêmement évolué
12:58d'un petit enfant de deux ans.
13:00C'est pas pareil,
13:00les dessins de deux ans.
13:00Ah, c'est pas pareil,
13:01évidemment.
13:02On est sur ses news.
13:03On a fait un joli pont du Gard
13:04et je me suis dit
13:05« Ouais, je vais l'encadrer
13:06sur mon bureau ».
13:07Je ne lui ai jamais dit
13:08non plus,
13:09pourtant que c'était
13:09à la hauteur
13:10d'une œuvre d'art
13:12en disant que c'était génial.
13:13J'ai dit que j'étais très heureux
13:14d'avoir un pareil cadeau
13:15et puis très heureux
13:16de pouvoir l'encadrer.
13:17Mais je pense qu'il faut
13:19apprendre aux enfants
13:19à apprendre.
13:20Vous avez raison.
13:20En leur disant,
13:21je crois que vous connaissez
13:22des musiciens
13:22et qu'on ne peut pas dire
13:23à un enfant
13:24« Tu vas jouer une sonate… »
13:25Vous voyez,
13:26ça m'arrache les oreilles
13:27quand à la gare Saint-Lazare,
13:29il y a des gens
13:29qui se mettent au piano
13:30et qui jouent des bêtises.
13:30Vous ne trouvez pas
13:31ce que c'est bien ?
13:31Non, on ne joue pas du piano
13:33en disant
13:33« Je vais arracher… »
13:36Vive la musique
13:36partout, tout le temps.
13:37Mais oui,
13:37mais est-ce que c'est de la musique
13:38quand les gens bricolent ?
13:40On est sur CNews
13:41et sur Europe 1.
13:43On est avec Michel Onfray.
13:44On termine sur cette idée
13:45de l'école,
13:47de la baisse du niveau
13:48des élèves,
13:49de la baisse
13:50de la classe politique aussi.
13:51Vous avez été surpris
13:52par une séquence
13:53qui montrait
13:54Marine Tondelier
13:55en difficulté
13:57chez nos confrères
13:58de LCI
13:59lorsqu'on lui demandait
13:59ce que chaque président
14:00de la Vème République
14:01évoquait pour elle.
14:02De Gaulle,
14:03Pompidou,
14:03Valéry Giscard d'Estaing,
14:04Mitterrand,
14:05Chirac,
14:05Nicolas Sarkozy,
14:06François Hollande,
14:07Emmanuel Macron.
14:08Bon, voilà,
14:09on va rester polis
14:10et respectueux.
14:10Mais c'est vrai
14:11que c'est dommage
14:13qu'à travers
14:14ceux qui sont censés
14:15nous représenter,
14:17on n'ait pas
14:17un tout petit peu
14:18de l'histoire
14:19de notre pays.
14:20Oui, on ne lui a pas dit
14:21« Qu'est-ce que vous pensez
14:22de la critique
14:22de la raison pure de Kant ?
14:24Qu'est-ce que vous pensez
14:24d'Ainsi parlait
14:25de Zaratustradenitsch ?
14:26Qu'est-ce que vous pensez
14:26du discours de la méthode
14:27de Descartes ?
14:28On lui a posé des questions
14:28sur son métier.
14:30C'est son métier
14:30de faire de la politique.
14:31Elle ne fait que ça.
14:32Elle passe sa vie
14:33à faire de la politique,
14:34rien que de la politique,
14:35que de la politique.
14:36Donc, on peut demander
14:37un minimum de connaissances
14:38ou de savoir
14:39dans le domaine
14:39dont on s'occupe.
14:40Moi, je ne dis pas
14:41à quelqu'un
14:41qui est médecin
14:42d'avoir des compétences
14:44en dehors de son domaine
14:46de médecine.
14:46Eh bien là,
14:47en matière de politique,
14:48tout de même,
14:48quand on veut être
14:50chef de l'État,
14:51on sait ce que c'est
14:51que la Ve République
14:52et on sait ce qu'elle a produit
14:53comme effet
14:53avec un certain nombre
14:55de chefs de l'État.
14:56Et on peut effectivement,
14:57quand la question,
14:59c'est une photo,
15:00un mot pour synthétiser,
15:02l'exercice n'est pas forcément
15:03toujours facile.
15:04Vous direz,
15:05voilà,
15:05de Gaulle,
15:06vous me feriez deux heures,
15:06donc je ne veux pas.
15:07Non.
15:08La souveraineté.
15:09La souveraineté.
15:10Un mot, voilà.
15:10Giscard, la modernité.
15:12Mitterrand, la trahison de gauche.
15:14On peut faire ça
15:15sans difficulté.
15:16Macron, la suffisance.
15:17C'est très facile
15:18de trouver,
15:18d'associer.
15:19Après, il faut développer,
15:20bien sûr.
15:21Ou l'européisme,
15:22si je ne veux pas être
15:23insultant avec l'insuffisance,
15:24mais oui,
15:25l'européisme,
15:26Macron,
15:26ça n'aura été que ça.
15:27Vive l'Europe
15:27et la France.
15:28Donc il y a des gens
15:29dont l'œuvre aura été résumée
15:31et susceptible d'ailleurs
15:32d'être résumée en trois mots.
15:33Et donc là,
15:34Georges Pompidou,
15:34je ne sais pas qui c'est.
15:35Oui.
15:36Enfin.
15:38Pompidou,
15:38c'est très important
15:38parce que c'est la fin du gaullisme
15:40et l'avènement
15:40d'une espèce de modernité
15:41qui va rendre possible
15:42tous ces obsédés
15:49de Gaulle,
15:50il a nommé cet homme-là
15:51en disant
15:51je cherche un normalien
15:52qui sache écrire.
15:53C'est un normalien,
15:54il savait écrire, bien sûr.
15:55Anthologie de la poésie magnifique.
15:56Oui, d'accord.
15:56Une anthologie, c'est quoi ?
15:57Moi, je l'aime bien.
15:58Arrêtez de dérouer,
15:58elle est formidable.
15:59Dans la bibliothèque,
16:00j'aime bien ce truc de Vigny,
16:01j'aime bien ce truc de Lamartine,
16:02j'aime bien ce truc de Paul-Éloire
16:03et puis on fait un livre
16:04parce qu'on est président de la République
16:05et on dit
16:05il a fait une anthologie
16:07que n'a-t-il écrite lui-même des vers
16:08ou je ne sais quelle analyse
16:18C'était juste pour placer
16:19le général de Gaulle.
16:20Je pense qu'Emmanuel Macron
16:21n'aura rien à publier
16:23dans un volume de Pléiade
16:24puisqu'il n'a rien publié.
16:25On avance, Michel.
16:26Non mais il y a aussi de Logu,
16:28je veux dire de Logu
16:28qui s'en vient de nous dire
16:29à un moment donné
16:29mais Pétain, je ne sais pas
16:30qui est Pétain.
16:31Il y a des gens qui passent leur temps
16:32à traiter les gens de pétinistes.
16:34Bien sûr.
16:35Ils ne savent pas qui est Pétain.
16:36De vichistes, de nazis,
16:37de néo-nazis, etc.
16:37Puis après, on finit par comprendre.
16:39Si effectivement,
16:40pour ces gens-là,
16:41décompensent librement
16:42on est un nazi
16:42alors que ces gens-là
16:44ne savent même pas
16:44qui est Pétain,
16:45j'imagine qu'ils ne doivent pas
16:46trop savoir ce qu'était
16:46vraiment Adolf Hitler
16:47sauf vaguement de loin
16:49la Shoah, etc.
16:51Oui, donc ça ouvre la porte
16:52à de nombreuses aussi
16:53manipulations, réinterprétations.
16:55Quand les incultes
16:55ne gouvernent, c'est terrible.
16:57Le premier sujet,
16:58c'était justement l'inculture
17:00qu'on apprend à l'école.
17:01Si maintenant,
17:01l'inculture fait la loi
17:02parmi les gens
17:04qui veulent être
17:04président de la République
17:05ou qui sont des représentants
17:06de la nation
17:08parce qu'ils sont députés,
17:09on se dit,
17:09il n'y a pas de raison
17:10que l'inculture ne touche pas
17:11non plus ces gens-là.
17:12Est-ce qu'on parle
17:12de Front Populaire ?
17:13Le Front Populaire
17:14qui est en kiosque
17:15cette semaine,
17:16qui est complotiste ?
17:17Justement, je trouve
17:18qu'il y a un lien,
17:19une arme de guerre médiatique.
17:20Est-ce qu'effectivement
17:21ce complotisme
17:22n'a pas pour terreau
17:23cette inculture
17:24qui est désormais générale ?
17:25Vous avez fait des enquêtes
17:26avec évidemment
17:28Maxime Nagar
17:29sur toutes ces mécaniques
17:32complotistes
17:32qui sont à l'oeuvre
17:33un peu partout dans le monde.
17:34Ces fake news
17:35que l'on voit partout,
17:37ça profite évidemment,
17:38ça ressort
17:39de cette inculture ?
17:40Oui, parce que je pense
17:41que quand on a...
17:42Ça, je suis un peu
17:43vieille école aussi
17:43sur ce sujet-là,
17:44mais si on fait fonctionner
17:45son intelligence,
17:46sa raison, etc.,
17:47le complotisme n'a pas sa place.
17:49Après, il y a un délire
17:49chez les complotistes,
17:51mais ils n'ont pas
17:52les informations
17:52et ils ont une clé
17:53qui ouvre toutes les portes.
17:55Donc c'est assez facile.
17:56Ce sont les juifs,
17:58ce sont les trusts pharmaceutiques,
18:01ce sont les bourgeois,
18:03ce sont les capitalistes,
18:03ce sont les milliardaires,
18:05vous avez des choses
18:06extrêmement complexes,
18:07le monde est très complexe,
18:08on vous dit
18:08mais il y a une grille
18:08de lecture,
18:09elle est extrêmement simple,
18:10il y a un coupable,
18:11les autres sont juste
18:11des victimes.
18:12Et donc,
18:13ou sur le Covid,
18:15voir ce que ça a pu générer.
18:17Et on ne connaît plus
18:18la science,
18:18on n'enseigne plus la science.
18:19Aujourd'hui,
18:20on trouve que la science,
18:20elle est faite par des blancs,
18:21que donc par définition,
18:23elle est partie prenante,
18:24qu'elle ne dit pas forcément
18:25la vérité,
18:26on commence à mettre en cause
18:27ce que la science enseigne.
18:28Vous ne pouvez plus
18:29parler de Darwin aujourd'hui,
18:30on a déjà eu l'occasion
18:30sur ce plateau
18:31d'en faire l'expérience.
18:32Si vous parlez de Darwin,
18:33des tribus,
18:34des hôtes primitives,
18:35de l'origine des espèces,
18:37de la filiation de l'homme
18:38en disant,
18:39bon, ça fait partie
18:39d'un corpus planétaire,
18:42Darwin et le darwinisme.
18:43Et vous ne pouvez plus
18:44parler de ça.
18:44Si vous parlez
18:45de la raison raisonnable
18:46et raisonnante,
18:46si vous expliquez
18:47ce qu'est la critique
18:48de la raison pure
18:48ou ce qu'est le discours
18:49de la méthode de Descartes
18:50en disant,
18:50mais la raison,
18:51ce n'est pas pour faire
18:52n'importe quoi.
18:53On ne peut pas déraisonner
18:54en prétendant qu'on est raisonnable.
18:55Il y avait des livres,
18:56on en parlera d'ailleurs,
18:57il y a un jour,
18:57dans le point philo,
18:58de Gaston Bachelard
18:59qui s'appelait
18:59de la formation
19:00de l'esprit scientifique
19:01et il nous expliquait
19:01comment la science progressait,
19:03comment elle avançait
19:05et par contradiction,
19:06par reprise, etc.
19:07Sauf qu'aujourd'hui,
19:08on est dans la négation
19:08totale de la science
19:09au profit d'une idéologie absolue.
19:11Donc évidemment,
19:12dès que vous commencez,
19:12moi par exemple,
19:13j'ai été poursuivi
19:14par le fait,
19:15juste pour poser une question,
19:17en disant,
19:17j'aimerais savoir
19:17quelle est la part,
19:18je vais vous la donner,
19:19bien sûr,
19:19quelle est la part de l'homme
19:20dans le réchauffement climatique.
19:22C'est une question.
19:23Oui, on se rappelle.
19:23C'est juste une question.
19:25Je n'ai pas dit,
19:29que c'était zéro.
19:30Je dis simplement,
19:31ma curiosité intellectuelle
19:32me porte à savoir,
19:33à poser la question.
19:34Il m'a dit,
19:34la question est criminelle.
19:36Vous vous rendez compte ?
19:37Juste poser une question,
19:38c'est criminel.
19:38Il y a un observatoire
19:41du climat
19:42qui traite de climato-sceptique
19:44quiconque propose
19:45ce qu'un philosophe propose,
19:46c'est-à-dire,
19:47pensons ce réchauffement climatique
19:48qui est évident.
19:49Il y a une évidence
19:50du réchauffement climatique.
19:51Je ne l'ai jamais nié.
19:52Personne ne dira,
19:52il y a un moment donné
19:53où Onfray,
19:54il a dit,
19:54il a écrit
19:55qu'il n'y avait pas
19:55de réchauffement climatique.
19:56Vous l'avez relié.
19:58Je me pose la question
19:59généalogique
20:00en tant que philosophe
20:01en disant,
20:01d'où ça vient ?
20:02Vous avez raison.
20:03La une de Front populaire,
20:04je le dis pour nos auditeurs,
20:06c'est des poupées russes
20:07avec une tête de Donald Trump,
20:09une tête de Vladimir Poutine,
20:10c'est Ursula von der Leyen
20:11et Emmanuel Macron.
20:12Ça veut dire quoi ?
20:13Ça symbolise quoi,
20:14en fait, pour vous ?
20:15Ça veut dire que
20:16tous ces gens-là...
20:16On peut se mettre
20:16derrière ces masques-là pour...
20:18Non, d'abord,
20:19ce sont des matrioshkas,
20:20des poupées russes.
20:20Vous en ouvrez une,
20:22il y en a une autre
20:22et puis encore une autre,
20:23puis encore une autre.
20:23C'est un peu le même personnage,
20:24de Trump à Macron.
20:26On a des gens qui,
20:27dès qu'on n'est pas d'accord
20:28avec eux,
20:28crient au complotisme.
20:29C'est une arme de guerre,
20:30le complotisme aujourd'hui.
20:31Si vous dites,
20:32oui, mais complotiste,
20:33vous n'avez pas tenu
20:34le discours qu'il faudrait tenir.
20:35Il y a un discours officiel,
20:36c'est celui qu'il faut tenir
20:37si vous voulez être invité
20:38dans le service public,
20:38considéré comme un grand philosophe
20:40ou je ne sais quoi.
20:41Et si vous dites,
20:41non, non, moi je fais mon boulot
20:42et si ça gêne,
20:43c'est pas grave.
20:52On ne va pas aller au XXe siècle,
20:53mais enfin,
20:54ou même Sartre, allons-y,
20:55dans un panier à salade,
20:56sous Pompidou
20:57et pas sous De Gaulle,
20:58contrairement à ce que j'entends souvent,
20:59en passant par l'embastillement
21:00de Voltaire
21:02et un certain nombre d'autres
21:03qui sont allés en prison.
21:04Il faut gêner le pouvoir
21:05quand on fait son travail
21:06de philosophe,
21:06sinon on ne fait pas
21:07son travail de philosophe.
21:08Le pouvoir veut nous endormir,
21:09le philosophe veut vous réveiller,
21:11vous éveiller.
21:12Il veut les lumières,
21:13le philosophe.
21:14C'est d'ailleurs le courant
21:15que les gens connaissent.
21:16Au XVIIIe siècle,
21:17nous sommes dans une période
21:18d'extinction des lumières
21:19avec le L majuscule.
21:21On ne pense plus aujourd'hui,
21:22on ne réfléchit plus,
21:23on n'analyse plus.
21:24Il faut bêler avec le troupeau
21:26et reprendre les slogans,
21:28être dans l'idéologie
21:29pour avoir le droit
21:30d'exister dans le système médiatique.
21:32Sinon, vous êtes un gêneur.
21:34Un jour, on disait
21:35Michel Onfray,
21:36ex-philosophe devenu pamphlétaire
21:37dans Le Nouveau Observateur.
21:38C'est bien parce que ces gens
21:39ont passé à peu près 30 ans
21:40à dire que je n'étais pas philosophe.
21:42Et puis maintenant,
21:42ils passent leur temps
21:43à dire qu'il y a une époque
21:45où j'étais philosophe,
21:45il faudrait savoir.
21:46Et puis pamphlétaire,
21:47vous dites juste simplement
21:48oui, je ne dis pas
21:49les âneries
21:50que profère le Nouveau Observateur.
21:52Ça veut dire qu'on est un pamphlétaire.
21:53Mais les mots ne signifient plus rien.
21:55Donc vous dites
21:56philosophe, ça ne veut plus rien dire.
21:58Et pamphlétaire,
21:58ça ne veut plus rien dire non plus.
21:59Non plus que bétiniste
22:01ou néo-nazi
22:02ou ce genre de choses.
22:03On en revient au début.
22:04Qui est complotiste,
22:04une arme de guerre médiatique,
22:05on recommande donc
22:06Front Populaire
22:07qui est en kiosque cette semaine.
22:08Petite pause, Michel.
22:09On se retrouve dans un instant.
22:10On va parler de notre
22:11cinquième république,
22:12notre constitution.
22:13On entendra le général
22:14en 1958
22:15lorsqu'il présentait
22:16cette constitution aux Français.
22:18Révolutionnaire.
22:19Voilà.
22:19Et on va voir
22:19qu'il y a des candidats,
22:20beaucoup de candidats
22:21qui proposent de réformer
22:22la constitution.
22:23On va voir ce que vous en pensez.
22:24A tout de suite
22:24sur CNews et Europe 1.
22:27De retour dans
22:27Face à Michel Onfray
22:28sur CNews et sur Europe 1.
22:30On va parler de notre constitution
22:31et de ses nombreux candidats
22:33qui proposent de la réformer
22:34afin de pouvoir redonner
22:35la parole au peuple.
22:36C'est ce que souhaite
22:37Bruno Rotaillot.
22:38Il était notre invité
22:38cette semaine
22:39dans Objectif Élysée 2027.
22:41Il souhaite
22:42un certain nombre
22:42d'organiser
22:43un certain nombre
22:43de référendums,
22:44notamment un
22:45pour réguler
22:47les flux migratoires
22:48concernant
22:49l'abrogation
22:49du droit du sol.
22:50Écoutons ce qu'il propose
22:51et je vous passe la parole
22:52Michel Onfray.
22:53Je prends
22:54cet engagement
22:56que ce sera
22:56les Français
22:57qui enfin définiront
22:59la politique migratoire
23:00et avec des idées
23:02très très fortes
23:03que les juges
23:04n'accepteraient pas
23:05si on ne passe pas
23:06par le référendum
23:06et par le peuple
23:07par exemple
23:08de renoncer
23:10au droit du sol.
23:11Je propose
23:11qu'il n'y ait plus
23:12de Français
23:13automatique
23:13parce que le droit du sol
23:15avait pour une contrepartie
23:16l'assimilation,
23:17l'assimilation à nos valeurs,
23:19l'assimilation à la République
23:20et ça n'est plus toujours
23:21le cas.
23:22Donc je pense
23:23qu'on ne peut pas devenir
23:24Français par hasard
23:25en catimini
23:26de façon automatique.
23:27Voilà pour Bruno Rotaillot.
23:29Est-ce qu'encore une fois
23:30ça correspond
23:31à la vision
23:31de la Ve République
23:33de redonner la parole
23:34au peuple
23:34sur les grands sujets
23:35qui le concernent ?
23:36Ça n'est que ça,
23:37la Ve République.
23:38C'est-à-dire qu'il faudrait
23:40revenir à la totalité
23:42de la Ve République.
23:43Elle a été plus 62
23:45l'élection,
23:45suffrage universel direct
23:47pour le président
23:47de la République.
23:48Mais elle a été détruite,
23:49cette Constitution,
23:50par un certain nombre
23:51de gens aujourd'hui
23:52qui nous disent
23:52qu'il faut y revenir.
23:53Je rappelle que
23:53ce n'est pas forcément
23:54le cas de M. Rotaillot
23:55qui n'a pas voté oui
23:57à Maastricht
23:58et qui n'a pas voté oui
23:59au traité européen.
24:01Mais il devrait d'ailleurs
24:02être plus dans cette logique-là
24:03en jouant la carte
24:05d'un lignage original
24:07en disant
24:07moi j'ai toujours pensé ça
24:10et je pense que
24:10le général de Gaulle
24:11il y a une carte gaullienne
24:12à jouer.
24:13Moi je ne vais pas lui
24:13donner de conseil.
24:14Mais ça c'est une signature.
24:19Vous pouvez vous identifier.
24:20On sait qui veut quoi
24:21et là si on dit
24:22non non on revient
24:22au général de Gaulle
24:23et on revient
24:23à ce qu'était la Constitution
24:25c'est-à-dire qu'on revient
24:26pardonnez-moi d'y revenir
24:27mais je veux dire
24:28on revient à la souveraineté nationale.
24:29ça me paraît évident.
24:31Si vous voulez toucher
24:32à l'essentiel
24:32vous dites
24:32c'est nous qui allons décider.
24:34Là on va partir
24:35avec Maxime
24:35avoir un ami
24:36un pêcheur
24:37on va faire
24:39un film sur lui
24:40et sur les problèmes
24:41des pêcheurs
24:42mais vous ne pouvez plus
24:43aujourd'hui
24:44pêcher au large
24:45de vos propres côtes
24:46puisque c'est une gestion européenne
24:48donc la pêche
24:50n'appartient pas
24:51aux pêcheurs français
24:52mais elle appartient
24:53à leur...
24:54C'est pourquoi d'ailleurs
24:54l'Islande a refusé
24:55en disant
24:56mais nous
24:56nos zones de pêche
24:57on n'a pas envie
24:58que ce soit des zones de pêche
24:59qui cessent d'être islandaises
25:00et qui deviennent
25:01une zone de pêche
25:02pour tout le monde
25:02ça va nous tuer.
25:03Bien sûr.
25:04Pour en revenir
25:04à l'abrogation
25:05du droit du sol
25:05donc ça
25:06est-ce que c'est
25:07une grande tradition française
25:08est-ce qu'on chamboule
25:10quelque chose
25:10ou pas en proposant ça ?
25:12Il y a une époque
25:13où quand les gens
25:13voulaient être français
25:14enfin ils arrivaient
25:16parce qu'ils voulaient
25:17être français
25:18et ça ne posait
25:19aucun problème
25:19à ce moment-là
25:20vous étiez sur le sol
25:21et puis il n'y a aucun problème
25:23vous étiez là
25:23parce que vous le vouliez
25:24parce que vous le désiriez
25:25parce que vous le choisissiez
25:26parce que vous aimiez la France
25:27tous les Arméniens
25:28tous les Juifs
25:29qui sont arrivés
25:31après
25:32les Italiens
25:33bien sûr
25:33sont arrivés là
25:34en disant
25:36c'est la France quoi
25:37on aime la France
25:37et puis parfois
25:38à la maison
25:39on apprenait
25:40à ne pas parler
25:41la langue d'origine
25:42tu ne parles pas italien ici
25:43tu vas parler français
25:44c'est interdit
25:45etc.
25:46Donc le droit du sol
25:47avait un sens
25:48aujourd'hui
25:49c'est la formule
25:51de Houellebecq je crois
25:51mais il y a plein de gens
25:52qui prennent la France
25:52pour un hôtel
25:53et qui estiment
25:54qu'on vient
25:55parce qu'il y a le gîte
25:56et le couvert
25:57et on n'aime pas forcément
25:58la France
25:58et peut-être même
25:58on la déteste
26:00donc l'idée
26:00de demander
26:02un geste d'adhésion
26:03en disant
26:04il y a une espèce de charte
26:05vous allez aimer la France
26:06si vous voulez être français
26:07c'est pas question de dire
26:09on vous donne un papier
26:10ça y est vous êtes français
26:11parce que non
26:11aimer la France aujourd'hui
26:12ça supposerait
26:13pour ceux qui veulent en être
26:15de partager un certain nombre
26:16de valeurs
26:16c'est quand même pas le bout du monde
26:17c'est juste dire
26:18que quand on invite
26:19des gens chez soi
26:20c'est pas eux qui disent
26:20on va faire ceci
26:21on va faire cela chez vous
26:22on est invités
26:23donc il y a des lois de l'hospitalité
26:24et la loi de l'hospitalité
26:26c'est pas laisser
26:27la personne qu'on invite
26:28chez nous
26:28mettre le bazar total
26:29parce qu'ils ont juste décidé
26:30de déplacer les meubles
26:32d'aller dans votre cave
26:33de choisir les vins
26:34qu'on va vous servir
26:34ou je ne sais quoi
26:35que ce soit
26:36que la nation française
26:37que la nationalité française
26:39procède d'une décision
26:41d'une volonté
26:41je trouve que c'est très bien
26:42de la même manière
26:43qu'il faut interroger
26:44les doubles ou triples nationalités
26:46j'ai vu
26:46une ministre
26:47d'Emmanuel Macron
26:50qui avait trois nationalités
26:51j'aimerais moi parler
26:52avec des gens
26:52en disant
26:53mais c'est quoi
26:53avoir trois nationalités
26:55qu'est-ce que ça signifie
26:57on dit toujours
26:58il y a un moment donné
26:59où on vous demande
26:59de choisir
27:00alors quand il s'agit
27:01de choisir
27:01entre une équipe de football
27:02vous avez parfois
27:03des gens
27:03on en trouve
27:04et puis il suffit
27:05de faire les micro-trottoirs
27:05que vous savez
27:06Franco-Algérie
27:07et dire ça
27:07ah bah match nul
27:08et puis c'est très bien
27:09je suis content
27:10quand j'entends ça
27:10ou des gens
27:11qui nous disent
27:12quoi qu'il arrive
27:13si c'est la France
27:13qui gagne
27:14je suis content
27:14si c'est l'Algérie
27:15je suis content
27:16je suis content
27:16quand j'entends
27:16ces gens-là
27:17dire ça
27:17mais quand j'entends
27:18des gens dire
27:19ah bah non
27:19j'espère que la France
27:20va perdre
27:20on dit mais il n'y a aucun problème
27:22vous pouvez toujours
27:22continuer à vivre
27:24dans un pays
27:24que vous soutenez
27:25contre la France
27:26moi j'aime pas le football
27:27mais les réponses
27:28du genre
27:28je suis franco-algérien
27:30j'aime la France
27:30et l'Algérie
27:31en même temps
27:31très bien ça va
27:32mais il y a des moments
27:34où il faut demander aux gens
27:36ce qui justifie
27:37le fait qu'ils veuillent
27:38être français
27:38c'est pas juste
27:39un guichet
27:40où on donne
27:40un petit coupon
27:41en disant
27:41ça y est maintenant
27:42vous êtes français
27:42avec les avantages
27:43que ça suppose
27:43on a parlé du droit du sol
27:45parlons de la constitution
27:46parce qu'il y a aussi
27:47beaucoup de candidats
27:48qui veulent réformer
27:49notre ancienne constitution
27:51en 1958
27:51on va écouter
27:53ce que disait
27:54le général de Gaulle
27:55en 1958
27:56lorsqu'il a proposé
27:57cette constitution
27:57aux français
27:58et puis on va voir
27:59s'il reste quelque chose
28:00de cet esprit-là
28:01aujourd'hui
28:03qu'il existe
28:05au-dessus
28:06des querelles politiques
28:08qu'il existe
28:09un arbitre national
28:11élu
28:12par les citoyens
28:14qui ont un mandat public
28:16qui soit chargé
28:19d'assurer
28:21le fonctionnement
28:22régulier
28:23des institutions
28:24qu'il existe
28:26un gouvernement
28:27qui soit fait
28:29pour gouverner
28:30à qui on en laisse
28:32le temps
28:33et la possibilité
28:35qu'il existe
28:37un parlement
28:40destiné à représenter
28:42la volonté politique
28:44de la nation
28:44à voter les lois
28:46à contrôler l'exécutif
28:49mais
28:49sans sortir
28:51de son rôle
28:52voilà
28:54françaises
28:55français
28:56de quoi
28:58s'inspire
28:59en quoi
29:00consiste
29:01la constitution
29:02qui
29:03le 28 septembre
29:04sera soumise
29:05à mon suffrage
29:07au nom
29:08de la France
29:09je vous demande
29:10de répondre
29:11oui
29:15ça fait chaud au coeur
29:17évidemment
29:17d'entendre
29:18la foule
29:19qui répond
29:20est-ce qu'on en est
29:21très loin
29:21aujourd'hui
29:21maintenant
29:22très très très
29:23sur le gouvernement
29:24sur le parlement
29:25on est à des années
29:26lumières
29:26bien sûr
29:28la généalogie
29:28de la cinquième république
29:29c'est que
29:30la quatrième république
29:31ne permet pas de gouverner
29:32c'est ce que dit
29:32le général de Gaulle
29:33c'est le régime des partis
29:34ce qu'il appelle
29:34le régime des partis
29:35c'est-à-dire que
29:35quand il arrive au pouvoir
29:36après guerre
29:37et qu'il faut remettre
29:38la France debout
29:39il ratisse large
29:41jusqu'aux communistes
29:42jusqu'à la SFIO
29:43jusqu'à des gens
29:44qui ont été
29:45pétinistes
29:46vichistes
29:46maréchalistes
29:47il exclut juste
29:48les collaborationnistes
29:49bon
29:49mais ça fait quand même
29:50beaucoup de monde
29:51à pouvoir gouverner
29:53et dont Mitterrand
29:54qui fait partie
29:55de son équipe
29:58et donc
29:59les partis
30:00il disait
30:01mais chacun joue
30:02sa carte personnelle
30:02jamais la carte de la France
30:03il explique dans ses mémoires
30:05le général
30:05que quand il en a parlé
30:06à Léon Blum
30:07par exemple
30:07quand il en a parlé
30:08même à Mandaise France
30:10ils ont dit
30:11oui la France
30:11d'accord très bien
30:12mais quand même
30:12le parti c'est mieux
30:13et le patron à l'époque
30:15des radicaux de gauche
30:16enfin
30:17il disait exactement
30:18la même chose
30:18il dit
30:19mais qu'est-ce que vous voulez
30:19que je fasse
30:19avec des gens
30:20qui disent
30:20le parti d'abord
30:21et la France après
30:22et lui il dit
30:23il faut qu'on trouve
30:23quelque chose
30:24qui permette de mettre
30:25la France d'abord
30:25et les partis ensuite
30:26et il invente
30:27cette cinquième république
30:28celle de la constitution
30:29de 58
30:29et donc
30:30l'ossature tient toujours
30:32quand même
30:32bien sûr que non
30:33si quand même
30:34non
30:34elle a été démantelée
30:35pour vous
30:36si la souveraineté
30:37par exemple
30:38je vous disais tout à l'heure
30:38que dans les eaux territoriales françaises
30:40la souveraineté n'est pas française
30:41ben voilà
30:42c'est pas la constitution
30:44qui rend ces choses là possibles
30:45on n'abandonne pas la souveraineté
30:47à une Europe supranationale
30:49ils voulaient une Europe
30:50qui soit faite avec les nations
30:51donc ce que veulent les gens
30:53d'ailleurs
30:53depuis le début
30:54ils se sont fait avoir en 92
30:56parce que c'était théorie
30:57contre théorie
30:58et puis après des années
30:59de pratique de cette Europe là
31:00en 2005
31:01ils se sont dit
31:01ah non la théorie
31:02ça suffit
31:03on a vu ce que ça donnait
31:04et on n'en veut pas
31:04et en 2008
31:05on leur a dit
31:05vous l'aurez tout de même
31:06c'est très anti-gaullien tout ça
31:08donc quiconque a voté
31:09oui à Maastricht
31:10quiconque a voté oui
31:11au traité européen
31:12quiconque a voté oui
31:13au traité de Lisbonne
31:14n'a pas le droit
31:15de se réclamer du général de Gaulle
31:16il y a une espèce
31:17de détricotage total
31:18de ce qu'a été
31:19la cinquième république
31:20et aujourd'hui
31:20évidemment
31:21en période électorale
31:22on dit
31:22on revient
31:23à la constitution
31:25mais revenez
31:26à la souveraineté nationale
31:27il n'y en a aucun
31:28qui veut revenir
31:28à la souveraineté nationale
31:29pas plus Mélenchon
31:30que Marine Le Pen
31:32aux deux extrémités
31:33je ne pense pas
31:33à ce fameux bloc central
31:35non non vous détestez ce mot
31:36je ne l'utilise plus pour vous
31:38voilà
31:38mais non je pense que
31:41la solution
31:41elle est vraiment
31:42dans un retour intégral
31:43à la question
31:44à la cinquième république
31:46c'est à dire
31:46il faut en finir
31:47avec tous ces partis
31:47vous avez vu
31:48il y a combien de candidats
31:48il y a 36 potentiels
31:4936 candidats potentiels
31:51si c'est pas ça
31:51le régime des partis
31:53vous avez vu les barons
31:54qu'on a vu
31:55quand on reconnait Malraux
31:56il n'y a pas besoin
31:58de la réformer
31:59il y a juste besoin
32:00de réformer
32:01il faut réformer
32:02les réformes
32:02c'est à dire
32:03qu'à chaque fois
32:03qu'il y a eu des réformes
32:04sur cette constitution
32:05les mettre tout à la poubelle
32:06en disant
32:06vous avez détricoté
32:07vous aviez un joli drap
32:08et on a fait des trous
32:09avec des ciseaux
32:10des gros trous
32:11sur la question
32:12de la souveraineté
32:12et permettre
32:13finalement au peuple
32:14de reprendre le pouvoir
32:15notamment sur le conseil constitutionnel
32:17ou d'autres instances
32:19comme ça
32:20ça vous vous dites oui
32:21oui parce qu'après
32:22le régime des partis
32:24ça ne suffit pas
32:24c'est à dire que
32:25quand ce sont les partis
32:26qui font la loi
32:26les partis s'entendent
32:28pour faire de telle sorte
32:29que ce soit des instances
32:30conseil constitutionnel
32:31conseil européen
32:32ou je ne sais quoi
32:32qui passent par dessus
32:33la tête du peuple
32:34en disant
32:35on ne fait plus aucun référendum
32:36il date de quand
32:37le dernier référendum
32:38un quart de siècle
32:39et puis il y aurait
32:40un référendum
32:40qui ne fonctionnerait pas
32:41Macron et ses copains
32:42le jetteraient à la poubelle
32:43et ses copains
32:44c'est Hollande aussi
32:45je veux dire
32:45ce sont les mêmes
32:46donc la souveraineté nationale
32:48elle est dans le peuple
32:50c'est pas compliqué
32:50ou alors on dit non
32:51la souveraineté nationale
32:52elle est dans les technos
32:53de la bureaucratie européiste
32:55et puis à ce moment là
32:56c'est clair
32:56c'est le cas
32:56c'est actuellement le cas
32:57et tous ces gens là
32:58évidemment nous disent
32:59les grands dangers
33:00qu'il y a avec une extrême gauche
33:01ils disent pas une extrême gauche
33:02d'ailleurs
33:03mais ils disent une extrême droite
33:05parce qu'effectivement
33:06le peuple redevient d'actualité
33:08dans cette aventure
33:09on est en face à Michel Onfray
33:10sur CNews et sur Europe 1
33:11on parle de cette idée européenne
33:13il y a une vaste étude
33:14qui a été publiée dans le Figaro
33:16réalisée dans 6 pays de l'Union
33:18par le Conseil Européen
33:19des Relations Internationales
33:20et la Fondation Culturelle Européenne
33:22qui montre une crise de confiance
33:24dans le projet européen
33:2674% des Français
33:27des Européens
33:28pardon
33:28ils restent quand même attachés
33:30mais 68% évoquent
33:32un déclin général
33:33et 56% que l'UE
33:35est en danger
33:37il y a un énorme décalage
33:38sur ce que pensent vraiment
33:39les Européens
33:39et ce qu'on nous vend
33:40ce que Madame van der Leyen
33:42nous vend
33:42c'est-à-dire formidable
33:44l'histoire de l'Europe
33:45son dynamisme
33:46sa puissance
33:47ou les Macron
33:48qui parlent d'autonomie stratégique
33:49de l'Union Européenne
33:50donc l'idée elle est quand même
33:52maintenant bien ancrée
33:53dans la tête des Européens
33:54mais ils comprennent bien
33:55que tout ça ne fonctionne
33:56plus correctement
33:57mais ils le voient bien
33:58ils le voient bien
33:58les Français
33:59ils ont bien compris
34:00c'est-à-dire que moi
34:00je ne connais pas de gens
34:01qui se sont opposés à l'Europe
34:02c'est tout
34:03je n'ai jamais vu quelqu'un dire
34:05non, non, non, nation, nationalisme
34:08barbelé, mirador
34:09et puis on parle à personne
34:11ça c'est la critique
34:11que font les Européistes
34:13aux gens qui défendent
34:14une autre Europe
34:15mais il y a eu 36 Europes
34:16je rappelle aux Européistes
34:17que Hitler aussi
34:18voulait une Europe
34:19que Pétain aussi
34:20voulait une Europe
34:21que Napoléon voulait une Europe
34:22et qu'ils ont été
34:23un certain nombre
34:23à vouloir une Europe
34:24et que ce n'est pas le gras
34:26l'Europe simplement
34:27c'est quelle est l'épithète
34:28que vous associez à votre Europe
34:29est-ce qu'elle est sociale
34:30est-ce qu'elle est
34:32est-ce qu'elle est fédéraliste
34:33est-ce qu'elle est une Europe des nations
34:35etc.
34:35c'est là que la chose se joue
34:36c'est pas dans le mot Europe
34:37c'est dans quelle Europe
34:39tout le monde est pour l'Europe
34:40personne ne peut dire
34:41non, non, on va tout gérer
34:41mais dans l'esprit du général de Gaulle
34:43c'est la France d'abord
34:44et puis ce que d'ailleurs
34:46l'Allemagne dit aussi
34:47pas la France d'abord
34:47elle dit l'Allemagne d'abord
34:48elle a bien raison
34:49l'Allemagne de dire ça
34:50parce que c'est le but
34:51ou Trump
34:52ou les autres
34:53je veux dire un chef d'Etat
34:53il est là pour dire
34:54mon pays d'abord
34:55ça me paraît tellement normal
34:56si vous êtes un fasciste
34:57dès que vous dites
34:58vous dites que c'est votre pays
35:00qui passe d'abord
35:00et que c'est le peuple
35:01de votre pays qui passe d'abord
35:02ça me paraît un peu normal
35:03et donc cette Europe-là
35:06il faut qu'elle soit redéfinie
35:07en disant
35:07on peut en vouloir une autre
35:08qui ne serait pas une Europe fédérale
35:10faisant la loi
35:11et qui passe par-dessus
35:12avec plusieurs vitesses
35:13c'est ça ?
35:14non pas plusieurs vitesses
35:15avec une autre règle du jeu
35:16c'est la règle du jeu
35:18non c'est une règle du jeu
35:20d'Europe des nations
35:20c'est-à-dire revenir
35:21à des souverainetés nationales
35:23qui permettent des associations
35:25si vous voulez vous associer
35:26avec je ne sais pas quoi
35:27des pays scandinaves
35:28pour l'informatique
35:30si vous voulez vous associer
35:31avec d'autres pays
35:32pour la sécurité
35:33si vous voulez vous associer
35:35avec d'autres pays
35:35pour la question de l'immigration
35:36de la police
35:37ou je ne sais quoi
35:37vous vous associez
35:38et puis vous avez un contrat
35:39sur ce sujet-là
35:40mais ce n'est pas
35:41un mariage total
35:42où on abandonne tout
35:43en disant
35:43il y a dans une commission
35:4520 personnes
35:46qui vont décider
35:47pour la France
35:48et les Français
35:48de ce qu'il va falloir manger
35:50comment il va falloir le manger
35:51quel type de voiture
35:52il va falloir faire
35:53et puis
35:53sur la question
35:54de la politique étrangère
35:55au nom de quoi
35:56par exemple
35:56Emmanuel Macron
35:58décide de dire
35:59je reconnais la Palestine
36:00d'où ça sort
36:01au nom de quoi
36:02il nous dit
36:02il faut aller faire
36:03cette guerre en Ukraine
36:04parce qu'il nous faut
36:05soutenir les Ukrainiens
36:06contre les Russes
36:07peut-être
36:08mais peut-être aussi
36:09on peut en parler
36:09avec les Français
36:10c'est de l'argent
36:11de l'État français
36:12c'est de l'argent du contribuable
36:14qui est mis en jeu
36:14dans cette aventure-là
36:15ce sont des
36:16on voit bien d'ailleurs
36:17que ça ne produit pas
36:18forcément des effets
36:19d'avoir reconnu la Palestine
36:20sur le terrain international
36:22et pourtant
36:23on dit voilà
36:23je suis Louis XIV
36:24et je décide moi-même
36:26non
36:26c'est une prérogative
36:27du président de la République
36:28oui mais le président de la République
36:29c'est pas non plus
36:30un chef
36:30c'est un chef de l'État
36:32qui dispose
36:33effectivement
36:34qui est le chef des armées
36:35qui est le chef de la politique diplomatique
36:36qui fait des choses pour la France
36:38et quand il le fait pour la France
36:39il est légitime à le faire
36:40je ne suis pas toujours très sûr
36:42que derrière les décisions
36:43qui sont prises
36:43il y ait des intérêts nationaux
36:45je ne parle pas de la Palestine
36:46mais je parle de l'Ukraine
36:47quel intérêt national
36:48y a-t-il pour la France
36:49à défendre l'Ukraine
36:51l'Ukraine est attaquée
36:52je le redis
36:52je ne défends pas l'attaque
36:53que la Russie inflige
36:55à l'Ukraine
36:56c'est la Russie l'agresseur
36:57vous avez toujours été très clair là-dessus
36:58j'ai toujours dit
36:59personne ne me retrouvait
37:00je vous présente comme
37:01l'espèce d'agent des Russes
37:02je dis juste que je condamne
37:04cette guerre
37:04qui est une guerre
37:05et j'ai dit dès le départ
37:05que c'était une guerre
37:06et pas une opération de police
37:07je dis simplement
37:08qu'on ne peut pas faire
37:09toutes les guerres du monde
37:10ça n'est pas possible
37:11c'est parce que c'est un pays d'Europe
37:12susceptible d'entrer en Europe
37:14ou que c'est un pays voisin
37:15ou je ne sais quoi
37:20mais à ce moment-là
37:21allons virer les Chinois du Tibet
37:22pourquoi on ne fait rien avec le Tibet
37:24le Tibet depuis 1959
37:26il est occupé par les Chinois
37:27ça ne gêne pas du tout
37:28d'ailleurs Mélenchon
37:29qui justifie cette occupation-là aussi
37:31mais je veux dire
37:31pourquoi est-ce qu'on choisit nos causes
37:33le chef de l'Etat
37:34quand il choisit les causes internationales
37:36il le choisit
37:37parce que c'est l'intérêt de la France
37:38je ne suis pas sûr
37:39que quand des choix
37:41sont faits de manière internationale
37:42en France aujourd'hui
37:42ce soit fait pour l'intérêt de la France
37:44et des Français
37:45Le Point Philo
37:46Michel
37:46vous avez choisi un livre de Camus
37:48L'Homme révolté
37:49pourquoi c'est le livre des résistances
37:51à tous les totalitarismes ?
37:53C'est une œuvre majeure
37:56cet homme révolté
37:57il m'est arrivé parfois
37:58avec des chauffeurs de taxi
37:59d'avoir des discussions sur Camus
38:02j'en ai jamais eu sur Sartre
38:03et donc il lisait des romans bien sûr
38:06et il y a dans la peste
38:08l'équivalent de ce qu'on trouve
38:09dans l'Homme révolté
38:10c'est le roman qui nous dit
38:11il faut résister au totalitarisme
38:13et les totalitarismes de l'époque
38:14ce sont les fascismes
38:16et les fascismes rouges
38:17les fascismes bruns
38:17c'est-à-dire le léninisme, le stalinisme
38:20et Camus nous dit
38:21la révolte elle est normale
38:22elle est nécessaire
38:23c'est une espèce de ressenti
38:24de l'injustice
38:26il y a de la misère
38:27il y a de la pauvreté
38:28il y a du chômage
38:29il y a des gens qui travaillent beaucoup
38:30qui ne gagnent rien
38:31il y a des gens qui disent
38:32bon donc évidemment
38:33on est obligé de se révolter
38:34qu'est-ce qu'on fait de cette révolte ?
38:35c'est la question de l'Homme révolté
38:36et il dit
38:37certains font de cette révolte
38:38une révolution
38:39et cette révolution
38:40elle passe par la violence
38:41et c'est toute la réflexion
38:43que Camus mène
38:44dans ce livre
38:44mais partout ailleurs
38:45sur la question de la violence
38:46son père était pour la peine de mort
38:47le père d'Albert Camus
38:49et il est allé assister
38:51à une exécution capitale
38:52il est rentré
38:53il s'est mis à vomir
38:54il s'est jeté sur son lit
38:55il a été dégoûté par la peine de mort
38:57et il est revenu abolitionniste
39:00et Camus a écrit un très beau livre
39:01contre la peine de mort
39:02et il a pris le pari de dire
39:04pas de violence
39:05pas de brutalité
39:06pas de mort
39:07dans l'histoire passée
39:08et dans l'histoire présente
39:09mais aussi et surtout
39:10dans l'histoire future
39:11et il analyse
39:12les comportements de révolte
39:13qui ont parfois généré
39:14le terrorisme russe
39:15au 19ème siècle par exemple
39:17la révolution française
39:19il y a des textes
39:20d'une effroyable actualité
39:24sur le jacobinisme
39:25il défend
39:25un certain nombre de girondins
39:27il développe pas forcément beaucoup
39:29mais enfin
39:29il y a une proposition
39:31anti-violente
39:32non-violente
39:33il dit
39:33qu'est-ce qu'on peut faire
39:34pour répondre positivement
39:35à la révolte
39:37qui est légitime
39:37sans recourir à la violence
39:39et il attaque Hegel
39:40qui est le philosophe
39:41qui nous dit
39:41il y a une dialectique
39:42la dialectique c'est une affirmation
39:44une négation
39:44et puis une affirmation
39:46supérieure encore
39:47et il y a un moment
39:47de négativité
39:48qui suppose une positivité à venir
39:50ça c'est la théorie de la dialectique
39:51la pratique de la dialectique
39:52c'est
39:52il y a la misère
39:53la pauvreté
39:54il y a la thèse
39:55il y a la négation
39:56de cette misère
39:57de cette pauvreté
39:57par la violence
39:58et au-delà
39:59il y aura un paradis
40:00parce qu'il y a un sens
40:01de l'histoire
40:01etc.
40:02et il dit non
40:02non non
40:03il y a de la violence
40:05et la violence
40:05elle a sa fin en soi
40:06et ça ne débouche jamais
40:07sur des paradis
40:08ça débouche sur de la terreur
40:09ça débouche sur des goulags
40:10ça débouche sur des camps de concentration
40:12ça débouche sur des interdictions
40:13et on voit aujourd'hui
40:15comment des gens
40:15ont un sens légitime
40:17de la révolte
40:18ce qui est par exemple
40:21la révolte de la gauche
40:22elle me paraît légitime
40:23le monde n'est pas adorable
40:25à ce point
40:25qu'on puisse l'aimer
40:26comme ça
40:27donc la révolte est légitime
40:28simplement
40:29faut-il justifier
40:30la violence
40:31prendre les patrons
40:32détruire les nuisibles
40:34etc. etc.
40:34tout ce qu'on entend aujourd'hui
40:35pour réaliser une société sans classe
40:38et Camus dit
40:38ben regardez
40:39il n'y a pas de société sans classe
40:40il n'y a pas de paradis
40:41il y a juste plus de misère encore
40:42est-on plus heureux
40:44quand on fait la révolution française
40:45que quand on ne la fait pas
40:47et de fait
40:47il ne rentre pas dans le détail
40:49mais qu'est-ce qu'ils ont obtenu
40:50les pauvres de la révolution française ?
40:52Rien
40:52un bout de papier
40:53sur lequel on dit
40:53que déclaration des droits de l'homme
40:55ils naissent libres et égaux
40:56en droit
40:56quelle belle jambe ça leur fait
40:58quand ils continuent à travailler
40:59éventuellement
41:00quand ils risquent même
41:01d'être décapités
41:03donc Camus
41:03c'est un penseur anarchiste
41:05au sens noble du terme
41:06qui propose d'ailleurs des solutions
41:08mais ailleurs
41:08on dit qu'il n'y a pas de solution
41:09dans l'homme révolté
41:10c'est vrai
41:10mais il y a dans Actuel 3
41:12des solutions
41:12il faut tout lire
41:13parce qu'il y a juste 10 pages
41:15mais c'est une solution fédéraliste
41:17et il la propose
41:17pour l'Algérie
41:18en disant
41:19il y a 10 millions de personnes
41:20il y a 9 millions d'Algériens
41:21mettons tout ça entre guillemets
41:23et puis un million d'Européens
41:24il faut que tous ces gens-là
41:25puissent vivre ensemble
41:26il propose la fédération
41:27et la possible
41:28c'est une option politique
41:30et la mienne d'ailleurs
41:31qui est aussi une option prudoniste
41:32et sur Israël et la Palestine
41:34et sur l'Ukraine
41:35et la Russie
41:35et sur un tas d'autres pays
41:37il y a la possibilité
41:38de repenser la question
41:39de la fédération
41:40et il y a une grandeur
41:41de la pensée de Camus
41:42qui a été écrasée
41:43par la pensée de Sartre
41:44qui a beaucoup méprisé
41:45Sartre était un théoricien
41:47Saint-Germain-des-Prés
41:48qui entre deux volutes de fumée
41:50et trois verres de whisky
41:51théorisait sur la violence
41:53et Camus dit
41:53mais non
41:53moi je la vois la violence
41:54je l'ai vu
41:55je l'ai expérimenté
41:56la souffrance
41:57père ouvrier agricole
41:58mère femme de ménage
41:59et il dit
41:59la violence ne sert à rien
42:01et donc je pense
42:03que c'est une leçon
42:04pour aujourd'hui
42:04c'est un grand livre
42:05de philosophie politique
42:05très facile à lire
42:07L'homme révolté
42:08L'homme révolté
42:08on va le conseiller
42:09à nos téléspectateurs
42:10nos auditeurs
42:11peu importe l'édition
42:12grand livre antifasciste
42:13de tous les fascismes
42:14d'ailleurs
42:15y compris un islamo-gauchisme
42:17d'aujourd'hui
42:17je pense que ça pourrait
42:18tout à fait marcher aussi
42:20merci beaucoup
42:21Michel Onfray
42:22donc on lit
42:23L'homme révolté de Camus
42:24on lit Front Populaire
42:25sur le compétisme
42:26et puis on lit
42:26le JT News
42:27pourquoi pas
42:27avec cette une
42:28où il y a plusieurs hommes
42:29et femmes politiques
42:30de droite
42:31talent de Nicolas Dupont-Aignan
42:33Laurent Wauquiez
42:34Eric Ciotti
42:34Gérald Darmanin
42:35Sarah Knafo
42:36Bruno Rutaillou
42:36David Lissner
42:37et s'ils travaillaient ensemble
42:38et s'ils travaillaient ensemble
42:40à un projet commun
42:41ah bonne question
42:42on aura peut-être la réponse
42:43le sens de l'histoire
42:43l'utopie encore
42:44peut-être
42:45peut-être utopie
42:46mais ça c'est bien
42:46de poser des questions
42:47oui oui oui
42:48c'est pas moi qui vais dire
42:49le contraire bien sûr
42:50merci beaucoup Michel
42:51passionnant de vous écouter
42:52aujourd'hui encore
42:53bonne journée
42:53sur CNews et sur Europe 1
42:54merci beaucoup
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