00:00Voilà, vous avez suivi le discours de Jean-Luc Mélenchon à la braderie de Lille,
00:04axé pour une grande partie sur l'économie, les salaires, le pouvoir d'achat, la vie chère.
00:09Il persistait signe sur la question de l'annulation d'une partie de la dette et il a un objectif.
00:13Jean-Luc Mélenchon paraît être comme le candidat d'une gauche de rupture.
00:16Je vais commencer par vous, Victor Hérault, journaliste à Valeurs Actuelles.
00:20Vous avez dit, contre toute attente, il est bon. Il est bon, Jean-Luc Mélenchon.
00:24Il est excellent. D'ailleurs, ce n'est pas une surprise. Sur la forme, il est excellent.
00:28Je trouve d'ailleurs que l'idée de mettre du bleu-blanc-rouge, d'habitude c'est plutôt le violet,
00:31on voit les drapeaux, le violet de la France Assoumise qui prédomine.
00:34Là, c'est du bleu-blanc-rouge clair, sur la forme du discours, pas une note.
00:39Il déclame comme un professionnel. On connaît Jean-Luc Mélenchon, le tribun.
00:42Sur le fond, la loi Tondelier sur le mensonge en politique s'applique complètement.
00:48Là, il y a plusieurs sujets.
00:49Alors, lesquels ? Quels sont les mensonges de Jean-Luc Mélenchon ?
00:52Je pense que c'est une erreur de la part de Jean-Luc Mélenchon parce que c'est grandiose.
00:55Mais sur les 25 jours fériés en Allemagne, en fait, c'est neuf.
00:59Oui, on a vérifié.
01:00Petite exagération.
01:00Neuf et après, ça varie selon les régions allemandes.
01:03À la limite, ça, je pourrais dire que c'est une erreur.
01:05Ça passe.
01:06Sur l'annulation de la dette, l'explication qu'il en fait est absolument lunaire.
01:10De dire, peux-tu m'emprunter, je le cite, 1000 balles ?
01:13Ah non, tu ne peux pas parce que tu te dois toi-même 100 millions.
01:15Tu n'as qu'à annuler les 100 millions.
01:16Ce n'est pas du tout comme ça que ça fonctionne.
01:18Très rapidement, j'explique juste ce point parce qu'il y en a plusieurs.
01:21Mais juste sur ce point, c'est pas simplement une ligne comptable un peu absurde qu'on pourrait annuler comme
01:27ça.
01:28On parle des 18% de dettes découpées par la Banque Centrale Européenne.
01:30Il faut bien comprendre que si l'État...
01:32Faites attention, c'est plus...
01:33L'orange au frein.
01:34Comptablement, on peut le faire.
01:35C'est aberrant.
01:36Non, mais c'est ce que ça implique.
01:37Voilà, c'est ce que ça implique.
01:39Oui, mais vous dites, c'est aberrant.
01:40Comptablement, on peut le faire.
01:41Attendez, je termine.
01:42Comptablement, on peut...
01:43C'est interdit par le traité, d'une part, et les autres pays n'en veulent pas.
01:47Non, mais au-delà de ça, déjà, à ce moment-là, mettons toute la dette française dans la Banque de
01:52France,
01:52faisons racheter toute la dette française par la Banque de France, et annulons toute la dette française.
01:56Ça y est, on a fait longtemps, parce qu'on a fait de l'inflation à Tire L'Arivo.
01:57Il faut comprendre que la dette qui est dans la Banque de France, c'est vrai que c'est une
01:59dette...
02:00C'est un peu absurde de se dire qu'on se la doit à nous-mêmes.
02:02Mais en fait, c'est qu'on tient les comptes.
02:04C'est-à-dire que si l'État débourse 100 milliards qu'il n'a pas pour tout un tas
02:07de choses,
02:08qu'il achète ces choses-là, il émet une dette de 100 milliards que la Banque de France détient,
02:13mais donc il y a toujours ces 100 milliards qui sont là.
02:15Si on décide, eh bien on annule ces 100 milliards, puisqu'après tout, on se les doit à nous-mêmes,
02:18donc on annule les 100 milliards.
02:19Vous comprenez bien que vous avez acheté, vous avez dépensé, vous avez financé 100 milliards de quelque chose,
02:25mais que vous n'avez jamais déboursé ces 100 milliards.
02:27Ces 100 milliards n'existent pas.
02:28C'est donc de la fabrication monétaire.
02:30C'est parfaitement interdit, parce qu'à ce moment-là, vous le faites une fois, deux fois.
02:33Bon, donc pour vous, la théorie de Jean-Luc Mélenchon ne fonctionne pas ?
02:36Je pensais qu'il allait expliquer plus intelligemment.
02:39Là, il a pris son public pour des imbéciles.
02:41Laurent Sey, ancienne députée européenne et Les Républicains, est avec nous.
02:44Il a dit une chose, cela dit, il a convaincu une partie de l'opinion sur l'annulation de la
02:47dette.
02:47Oui, tout à fait, c'est un menteur efficace.
02:50Et c'est ça, bien le danger de Jean-Luc Mélenchon.
02:52Quand je dis danger, vraiment, je le crains.
02:54Autant on peut s'en amuser, puisqu'il est bon orateur et tout ça,
02:57mais il se trouve qu'il est très efficace.
03:00Selon un sondage YouGov qui vient de sortir,
03:02il a à un point d'être dans les dix personnalités préférées des Français.
03:08Donc, il est à son plus haut niveau depuis 2022.
03:12Attention, on le voit bien, il reprend des airs un petit peu plus sympathiques.
03:16Il est moins agressif.
03:18Dans un sondage qui est sorti aujourd'hui aussi,
03:20il est au coude à coude à 17 avec Édouard Philippe.
03:25Ça veut dire qu'il peut atteindre le second tour.
03:27Il est aujourd'hui en capacité d'être qualifié pour le second tour
03:33et donc d'être face à Marine Le Pen qui, elle, et on en parlera plus tard,
03:37commence à être en difficulté.
03:38Et vous voyez, il arrive à imposer dans l'opinion ses visions.
03:43Elle commence à être en difficulté, vous êtes un peu dure.
03:45Non, mais la campagne se passe mal.
03:46Mais la campagne est compliquée.
03:48Zuckman, il a réussi à imprimer.
03:50La dette, il arrive à imprimer.
03:53Les 211 milliards des cadeaux aux entreprises,
03:55qui est un mensonge absolu,
03:56puisque un tiers, c'est des exonérations de cotisations.
03:59Et on a quand même l'impôt de production
04:02qui est le double de la moyenne européenne.
04:04Et donc, tout ceci, il arrive à imprimer.
04:06Et comme effectivement, on aime entendre ce qu'on a envie d'entendre,
04:10il va réussir comme ça à tronquer le jeu.
04:13Et c'est ça qui est très dans le jeu pour cette présidentielle.
04:15Avec des propositions assez alléchantes, Jade Saab,
04:19quand il dit qu'il faut bloquer les prix en urgence,
04:21bloquer les loyers, augmenter le SMIC,
04:23rétablir l'échelle mobile des salaires.
04:24Quand les prix augmentent, les salaires aussi.
04:26Vous dites quoi, vous ?
04:27C'est simpliste, c'est démago ?
04:28Ça donne très envie.
04:29Sauf que derrière le nuage de fumée qu'il nous propose,
04:31il y a la réalité du monde tel qu'il est.
04:33Et donc, moi, je crois que l'utopie qu'il propose,
04:36et c'est sans doute pour ça qu'il y a beaucoup de monde qui l'écoute,
04:38c'est qu'en réalité, mais moi, j'aimerais pouvoir dire aux gens
04:41que le SMIC doit être à 10 000 euros,
04:43qu'il faut augmenter tous les salaires,
04:44mais en réalité, c'est un nuage de fumée
04:46qui va se fracasser sur la réalité de notre économie,
04:49la réalité de notre pays.
04:50Il a redit, il y a plein d'argent.
04:51Mais bien sûr, mais si vous voulez, pour moi,
04:52il y a deux choses qui me marquent vraiment dans ce discours.
04:54Un, le déni sur l'État d'endettement du pays,
04:57sur notre capacité à mener des politiques.
04:59Un pays endetté subit son avenir.
05:01Un pays désendetté peut faire des choix en disant
05:03on va investir dans l'école, dans l'armée,
05:05dans la police, dans la justice.
05:06La réalité, c'est qu'il nous dit, selon lui,
05:08qu'on travaille déjà assez,
05:09donc évidemment la retraite à 60 ans.
05:11Moi, je ne comprends pas comment on peut dire
05:13droit dans les yeux à des gens,
05:14et à forcerie, selon toute vraisemblance,
05:16des jeunes qui l'écoutent et qui en ont bien le droit,
05:18comment on peut leur dire
05:19vous aurez, vous, dans 40-50 ans,
05:21un système de retraite par répartition qui fonctionne.
05:24Ça, je crois que c'est grave
05:24parce qu'il trompe les gens qui l'écoutent.
05:26Et le deuxième point,
05:27qui est peut-être un sujet de niche,
05:28mais qui ne l'est pas complètement,
05:29vous venez de dire à l'instant,
05:30il faut bloquer les prix, bloquer les loyers,
05:32augmenter le SMIC.
05:33Je trouve que le discours de Jean-Luc Mélenchon
05:34à l'égard des entreprises,
05:36des chefs d'entreprises,
05:37est particulièrement violent.
05:38Il se trouve que j'étais au MEDEF
05:39pour le débat auquel il a fait mention
05:41la semaine dernière avec les sept candidats.
05:43Je trouve que le propos qu'il a,
05:45quand il parle,
05:46qu'il évoque les chefs d'entreprise
05:48en disant ces gens,
05:50en disant ils sont là que pour faire des marches,
05:52enfin, pardon,
05:52mais dans l'économie telle qu'elle fonctionne,
05:54ce sont bien les entreprises
05:55qui créent de la richesse,
05:57les entreprises qui créent de l'emploi.
05:58Alors, on peut les aider à le faire
05:59en allégeant les chars.
06:00Et je trouve que ça,
06:01c'est extrêmement grave
06:01parce que ça sous-tend l'idée
06:04que finalement,
06:05l'État pourrait se substituer
06:06aux entreprises.
06:07C'est évidemment pas possible
06:08dans le monde tel qu'il est.
06:10Et donc, je crois que ça trempe
06:11beaucoup de gens.
06:11Et oui, c'est très grave.
06:12Et oui, ça ressemble
06:13à une forme de mensonge.
06:14Sauf que, Hugo Capelli,
06:16les équipes de Jean-Luc Mélenchon
06:17estiment environ 12 000 personnes,
06:19les gens qui étaient présents.
06:22Ça convainc les jeunes.
06:23Beaucoup de jeunes,
06:24on les a vus à l'image,
06:26à l'instant,
06:26beaucoup de jeunes
06:27qui étaient présents
06:28pour assister à ce discours
06:28de Jean-Luc Mélenchon.
06:29Convaincus par ce discours ?
06:30Disons très clairement les choses.
06:32C'est une démonstration de force.
06:33On a huit mois de la présidentielle.
06:35Les équipes de Jean-Luc Mélenchon
06:36revendiquent 12 000 personnes
06:38présentes à ce meeting.
06:40C'est un vrai meeting de campagne
06:41avec, on l'a vu sur les images,
06:44beaucoup de jeunes.
06:44On le sait,
06:45Lille, c'est une ville étudiante
06:46et il veut convaincre ces jeunes
06:48qu'ils ne soient pas abstentionnistes
06:49et qu'ils aillent voter pour lui.
06:52C'est aussi pour cela
06:52que Jean-Luc Mélenchon,
06:53il a aussi mis beaucoup l'accent
06:55aujourd'hui sur le pouvoir d'achat,
06:57sur le salaire.
06:58On le sait aussi,
06:59le Nord, c'est un territoire
07:00assez pauvre.
07:00Et donc, il a voulu parler
07:01à ceux qui habitent ce territoire.
07:03Et puis, j'ai aussi noté
07:04dans son discours
07:04qu'il a beaucoup parlé
07:06de la crise climatique.
07:07Il a mis l'accent sur le climat
07:09en pointant du doigt le gouvernement,
07:10en disant
07:11« ils ne font rien,
07:12ils attendent que tout brûle ».
07:13Pourquoi est-ce qu'il parle aussi
07:14beaucoup du climat,
07:15Jean-Luc Mélenchon ?
07:16C'est pour convaincre
07:16ceux qui sont écologistes,
07:18les écologistes,
07:19de ne pas aller vers
07:20le centre-gauche,
07:20mais d'aller voter pour lui.
07:22Il veut rassembler autour de lui,
07:23montrer qu'il est l'homme fort
07:24de cette campagne.
07:25Et c'est ce qu'il a tenté
07:25de faire une nouvelle fois
07:26aujourd'hui à Lille.