- il y a 7 semaines
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Cet été, 400 personnes se sont installées sous des abris de fortune devant la mairie de Paris-Centre (IIIe arrondissement) afin de dénoncer le manque de places d’hébergement d’urgence. Code source fait le point sur cette actualité sociale et revient sur le problème épineux des campements de migrants dans la capitale.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Photo : DR - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : France 3.
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NewsTranscription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Un campement de migrants sans abri en plein cœur de Paris cet été devant la mairie du 3e arrondissement.
00:17Pendant une dizaine de jours, 400 personnes, surtout des femmes et 150 enfants,
00:22dormaient sur place sous des bâches en plastique jusqu'à une évacuation qui a eu lieu le 22 août.
00:28Ce nouveau campement était parti d'une grève, celle des salariés du SAMU Social de Paris
00:33qui répondent aux 115 et qui dénoncent notamment le manque de places d'hébergement.
00:38Dans Codesources, aujourd'hui, on revient sur cette actualité sociale
00:41et on fait le point sur le camp de sans-abri qui perdure depuis maintenant plus de 10 ans
00:46sous le métro aérien dans le nord de la capitale.
00:49On est avec trois journalistes de l'édition de Paris du Parisien,
00:53Pauline Darvé, Paul Abram et Thomas Rideau.
00:58Pauline, c'est quoi le 115 ?
01:00C'est une ligne d'urgence qui est ouverte 24h sur 24, 7 jours sur 7
01:04et elle est dédiée aux personnes sans-abri.
01:08Les personnes sans-abri peuvent l'appeler pour tenter d'obtenir une place d'hébergement d'urgence.
01:12Au bout du fil, ce sont des écoutants du SAMU Social qui répondent.
01:16Ils ont un certain nombre de places d'hébergement d'urgence qui sont financées par l'État
01:21et c'est eux qui se chargent de les dispatcher.
01:24C'est un numéro qui fonctionne par département.
01:26C'est-à-dire que quand on l'appelle depuis Paris, on va tomber sur le SAMU Social de Paris.
01:31À la fin du mois de juin, les salariés du 115 à Paris se mettent en grève. Pourquoi ?
01:35Oui, ils réclament globalement une augmentation de leur salaire.
01:39Ils dénoncent aussi des conditions de travail dégradées.
01:42Et puis, ils dénoncent aussi une situation compliquée avec la fin du plan Grand-Froid.
01:49C'est un plan qui est mis en place chaque hiver pour héberger des personnes sans-abri.
01:53Et là, le plan prend petit à petit fin et beaucoup de familles, notamment, sont remises à la rue.
01:59S'il ajoute la suppression de pas mal de nuitées d'hôtels pour les personnes sans-abri également.
02:05Et donc, ils dénoncent une situation de plus en plus compliquée.
02:08En clair, chaque nuit, chaque soir, ils n'ont pas assez de place à accorder aux sans-abri, c'est
02:11ça ?
02:12Oui, tout à fait.
02:13Le SAMU Social à Paris est toujours saturé, on peut le dire.
02:17Il y a des moments où cette saturation est plus importante qu'à d'autres.
02:22Et là, effectivement, entre la fin du plan Grand-Froid et la suppression de ces nuitées d'hôtels,
02:26ils dénoncent une situation qui est très compliquée.
02:31Tu avais fait un reportage il y a quelques années dans ce service.
02:34Tu avais pu parler avec les salariés.
02:36Qu'est-ce qui t'a marqué ?
02:37On ne se rend pas forcément compte que c'est un métier qui est très éprouvant psychologiquement.
02:41En fait, au bout du fil, c'est vraiment un flot de souffrance et de détresse qui se déverse sur
02:46eux.
02:46Il y a aussi le nombre d'appels qui est très important.
02:49Moi, quand j'y étais allée, les écoutants prenaient environ 1000 appels par jour au total.
02:54Mais c'est plus de 20 000 appels qui arrivent au SAMU Social chaque jour.
02:59Et s'y ajoutent quand même un fort sentiment d'impuissance.
03:02Puisqu'en fait, la plupart du temps, ils ont des personnes qui les appellent.
03:05Et ils n'ont aucune solution à leur proposer.
03:07Puisque le nombre de places allouées est très vite saturé.
03:10Quand j'y étais, il y avait notamment, je ne sais pas, une femme enceinte de 8 mois
03:13qui expliquait qu'elle avait passé plusieurs nuits à Gare de Lyon.
03:16Et là encore, elle appelait une nouvelle fois le 115.
03:19Alors la plupart du temps, les personnes n'arrivent même pas à joindre le 115.
03:23Et quand elles y parviennent, souvent, les places ne sont déjà plus disponibles.
03:27À partir de la mi-juillet, des familles de migrants, dont beaucoup de femmes seules avec enfants,
03:32viennent camper devant le 115.
03:34En quelque sorte, elles rejoignent ce mouvement de grève.
03:37Paul, d'abord, pourquoi ? Comment ça s'est passé ?
03:39Comme l'a expliqué Pauline, il y a un certain nombre de places qui ne sont plus disponibles,
03:45notamment pour des raisons de crédit, de budget du côté de l'État.
03:49Et donc, toutes ces personnes qui étaient hébergées, mises à l'abri pendant la période hivernale
03:56se retrouvent à la rue et donc rejoignent le site du Samus Social de Paris
04:01pour trouver tant bien que mal des propositions qui n'existent pas.
04:06Et donc, un campement commence à se monter sur le parvis du Samus Social de Paris,
04:12dans le 13e arrondissement, sur le parking, jusque dans les locaux.
04:15Et donc, là, on voit des tentes se monter, des familles arriver, des femmes enceintes, des enfants, etc.
04:21Et du coup, à quoi ça ressemble quand on est sur place ?
04:24C'est comme un petit village où on voit plein de barnum qui sont installés, des tentes,
04:29les familles sont réunies au pied d'un grand immeuble du 13e arrondissement.
04:34On est au sud de Paris, on est au bord du boulevard périphérique, donc il y a beaucoup de bruit.
04:38Il y a aussi des risques parce qu'on est dans un secteur où le trafic est dense,
04:41où il y a des chantiers, où il y a des sites de livraison.
04:44Et donc, on a ces familles qui vivent dans cet environnement très compliqué,
04:49qui plus est en période de canicule.
04:51Ces personnes ne vont pas pouvoir être exposées à 37 degrés demain sur une dalle de béton face à un
04:56immeuble en verre.
04:57Et donc, on se réserve le droit possiblement de rentrer dans ce bâtiment aussi,
05:00parce qu'en fait, les nourrissons, les femmes enceintes, en fait,
05:02elles ne vont pas rester allongées ici, à mourir en fait.
05:06Que se passe-t-il dans les semaines qui suivent ?
05:07Donc, ce campement grossit.
05:09Les recensements au pic font état d'environ 400 personnes qui essayent de vivre quelques jours à cet endroit-là.
05:16Entre-temps, des négociations se poursuivent entre les représentants syndicaux du SAMU Social et l'État.
05:24Ça n'aboutit pas.
05:25Et la grève, elle, se poursuit donc.
05:28Et ça, jusqu'au 11 août.
05:29Et le 11 août, le préfet de police signe un arrêté pour faire évacuer le campement.
05:34Évacuation qui a lieu le jeudi 13 août au matin.
05:38Exactement.
05:39On a tous ces camions de CRS qui arrivent sur place.
05:42Il est à peine 6h, 6h30 du matin.
05:45Les familles avaient été prévenues.
05:46Donc, plusieurs sont parties avant même cette opération.
05:50Cette opération est menée sans grande tension,
05:54même si les bénévoles ne voulaient pas voir les forces de l'ordre pénétrer dans le camp.
05:58Donc, ça a légèrement chauffé.
05:59Au final, quelques familles monteront dans les cars qui seront affrétés ce jour-là.
06:05Mais c'est qu'une petite partie, une toute petite partie des familles qui étaient présentes dans ce campement.
06:13Les migrants ne sont pas seuls dans ce combat.
06:15Ils sont aidés par plusieurs associations, notamment Utopia 56,
06:19une association d'aide aux migrants créée en 2015 dans le département du Morbihan, donc le 56.
06:26Pauline, cette association estime que les solutions d'hébergement proposées aux migrants par les services de l'État
06:31ne sont pas acceptables dans la plupart des cas.
06:34Pourquoi ?
06:35Oui, parce que la majorité des solutions qui sont proposées aux migrants,
06:38c'est en fait de partir en dehors de l'Île-de-France,
06:42donc dans des sas d'accueil en région.
06:45Ces sas d'accueil, ils ont été créés juste avant les Jeux Olympiques
06:48qui se sont tenus à Paris en 2024.
06:51Et l'idée, c'était de désengorger Paris,
06:53où l'hébergement d'urgence est totalement saturé.
06:56L'idée de ces sas d'accueil en région,
06:58c'est d'accueillir les personnes pendant trois semaines.
07:01Et sur place, elles peuvent être ensuite orientées,
07:04en fonction de leur situation administrative,
07:06vers d'autres solutions d'hébergement.
07:09Or, la plupart des personnes migrantes qui sont à Paris
07:12ont soit des enfants qui sont scolarisés,
07:15soit un suivi médical sur place,
07:16parfois un travail, et donc la plupart refusent
07:20de quitter la région pour s'éloigner.
07:22Une femme à genoux, devant le sous-préfet
07:25en charge des urgences sociales.
07:27Elle demande un hébergement, ici, en Île-de-France.
07:30On ne va pas ! On reste là !
07:33Là-bas, il n'y a pas de travail, il n'y a pas de quoi que ce soit.
07:35Comment est-ce que je veux vivre avec mes enfants ?
07:37Je suis seule, je suis femme seule.
07:40On nous a dit trois semaines,
07:42ce n'est pas un truc garanti.
07:44Pour ces personnes avec ou sans-papiers demandeurs d'asile,
07:48hors de question de quitter la région,
07:50les familles protègent notamment les 140 enfants présents.
07:54À ce sujet, la veille de l'évacuation,
07:56le préfet de police de Paris a fustigé
07:58les associations qui aident les migrants
08:00dans un tweet. En résumé, il estime
08:02que les associations comme Utopia 56
08:05conseillent mal
08:06les migrants.
08:07Oui, en fait, c'était un tweet qui vise directement
08:09Utopia 56.
08:11Il estime qu'effectivement,
08:13Utopia 56 conseille
08:15aux migrants de ne pas partir,
08:17et donc c'est finalement de la faute d'Utopia 56
08:19si les migrants refusent
08:21ces solutions.
08:22À partir de là, les familles de migrants
08:24changent de site.
08:25Elles se rassemblent devant la mairie de Paris-Centre,
08:28la mairie du 3ème,
08:29qui regroupe depuis maintenant six ans
08:31les mairies des quatre premiers arrondissements
08:33de la capitale.
08:34Raconte-nous ce qui se passe à ce moment-là.
08:35Oui, il y a de nombreuses personnes
08:36qui restent sur le carreau
08:38après cette évacuation.
08:40Et donc, Utopia 56 décide
08:42d'installer un nouveau campement
08:44devant la mairie du 3ème arrondissement.
08:47Donc, on est à deux pas de République,
08:49à la lisière du Marais,
08:50en plein centre de Paris.
08:52C'est aussi une manière
08:53de visibiliser cette situation.
08:56Et donc, voilà,
08:56ils essayent tant bien que mal
08:57de protéger comme ils peuvent
08:59les personnes qui dorment
08:59à même le sol.
09:01Il y a six toilettes chimiques
09:02qui finiront par être installées
09:03par la ville de Paris.
09:04Donc, pour près de 400 personnes,
09:06c'est très peu.
09:07Donc, voilà,
09:08les conditions d'hygiène et de vie,
09:10elles sont très difficiles,
09:11notamment pour des bébés
09:13et des enfants en bas âge.
09:14Paul, le samedi 22 août,
09:16la mairie de Paris organise
09:17l'évacuation du lieu.
09:18Tout à fait, la mairie de Paris décide
09:20d'ouvrir deux gymnases
09:21dans les 10e et 12e arrondissements.
09:23Elle estime à nouveau
09:25que l'État,
09:25de qui relève la compétence
09:27de l'hébergement d'urgence,
09:29je cite,
09:29n'assume pas ses responsabilités.
09:31Et donc, face à cette situation critique,
09:34elle met à disposition
09:35des infrastructures publiques
09:37de la ville de Paris.
09:38Donc, ces deux gymnases.
09:39Et l'opération se fait dans le calme,
09:43encadrée par les bénévoles
09:44de l'association Utopia 56
09:45et la police municipale.
09:47Et toutes les familles
09:48sont mises à l'abri
09:49en quelques heures.
09:50Le Parisien a suivi ce dossier
09:51pendant tout l'été
09:52parce qu'il était nouveau.
09:53Mais ces dernières années,
09:54il y a eu plusieurs campements
09:56ou occupations
09:56qui ont duré
09:57plus ou moins longtemps.
09:58Récemment, par exemple,
09:59le théâtre de la Gaîté Lyrique
10:01a été occupé
10:01pendant une centaine de jours
10:02en 2025.
10:03Il y a eu aussi plusieurs campements
10:05devant l'hôtel de ville de Paris.
10:07Paul, il y a un camp de migrants
10:09sans abri
10:09qui existe depuis
10:10une dizaine d'années.
10:11Il est situé
10:12dans le nord de Paris,
10:13sous le métro aérien,
10:14sous une portion
10:15de la ligne 2.
10:16À quoi ressemble
10:17ce camp actuellement ?
10:18C'est clairement
10:19un village sous le métro
10:21avec une multitude de tentes
10:22sur un kilomètre de long
10:24entre les stations de métro
10:25Stalingrad et Barbès.
10:28Contrairement au camp
10:29qui était installé
10:29dans le 13e
10:30puis devant la mairie
10:31de Paris-Centre,
10:32là, on n'a pas de famille,
10:33pas d'enfants, pas de femmes.
10:34C'est essentiellement
10:35que des hommes seuls
10:36de différentes origines.
10:38Il y a des Soudanais,
10:39des Afghans,
10:40des Érythréens.
10:42Voilà, vraiment un public
10:43de plusieurs nationalités
10:45différentes qui vivent là
10:47depuis des mois
10:47dans des conditions
10:48très compliquées.
10:49Alors, il y a malgré tout
10:50quelques urinoires
10:51et quelques points d'eau
10:51qui ont été installés,
10:52mais on parle de 800,
10:54voire 1 000,
10:55ou si ce n'est plus
10:56de personnes qui vivent là
10:57toutes entassées
10:58les unes sur les autres
10:59dans des tentes.
11:01Vraiment,
11:01les conditions d'hygiène
11:02sont très compliquées.
11:03Ce campement,
11:03il existe depuis 2014
11:04et depuis la crise migratoire
11:06liée à la guerre en Syrie.
11:08En effet,
11:08il y a eu un premier camp
11:10assez massif
11:11de cette ampleur-là
11:12qui a été installée
11:13courant 2014.
11:14Il a été démantelé
11:16à l'été suivant,
11:17en juin 2015.
11:19Une grande opération
11:19avait eu lieu à l'époque
11:21et depuis,
11:22la situation est chronique.
11:24On a des tentes
11:25qui se reconstituent
11:27régulièrement
11:27après chaque évacuation,
11:29malgré des dizaines
11:30d'opérations
11:30menées par l'État
11:32et la ville de Paris.
11:33Pauline,
11:33pourquoi cette situation,
11:34notamment sous la ligne 2,
11:35dure depuis aussi longtemps ?
11:36C'est difficile à expliquer
11:38mais probablement
11:39la principale cause,
11:41c'est quand même
11:41le manque de place
11:42d'hébergement d'urgence.
11:44Il y a peut-être aussi
11:45un afflux
11:46un peu plus important
11:47de migrants.
11:47C'est toujours difficile
11:48à mesurer.
11:49Il y a toujours un peu
11:49une bataille de chiffres
11:50sur ces sujets-là.
11:51Mais en tout cas,
11:52clairement,
11:53le parc d'hébergement
11:54d'urgence
11:55est complètement saturé.
11:56Le parc de logement
11:58classique à Paris
11:59est aussi saturé.
12:00Donc,
12:00certains responsables
12:02expliquent aussi
12:02que l'hébergement
12:03d'urgence
12:05reste engorgé
12:06par des personnes
12:07qui n'ont pas accès
12:08à des logements classiques.
12:10Et donc,
12:10c'est un peu
12:11toute la chaîne
12:11qui est grippée.
12:12Mais aussi,
12:13les associations
12:15expliquent
12:15ces dernières années
12:16avec le durcissement
12:17des lois sur l'immigration,
12:19l'obtention
12:20d'un titre de séjour
12:21ou le renouvellement
12:22d'un titre de séjour,
12:23c'est vraiment compliqué.
12:24Ce qui signifie
12:25que c'est aussi
12:26plus compliqué
12:27pour toutes ces personnes
12:27de sortir
12:28de ce statut
12:29de précarité
12:30et de trouver
12:31ou de garder
12:32un emploi.
12:33Paul,
12:33le 28 août,
12:34tu as publié
12:35dans Le Parisien
12:35un reportage
12:36sur un nouveau
12:37campement
12:37de migrants
12:38sans abri
12:39situé tout près
12:40de la ligne 2
12:40dont on vient de parler.
12:41Quai de Gemap ?
12:42Explique-nous
12:43où on est précisément
12:44et décris-nous les lieux.
12:45On est vraiment
12:45dans la continuité
12:46du campement
12:47installé sous la ligne
12:48de métro aérien.
12:49On est au bord
12:51du bassin Louis-Blanc
12:52sur les hauteurs
12:53du canal Saint-Martin
12:54face à la caserne
12:55de pompiers,
12:56face au bar festif
12:57Le Point Éphémère.
12:58Et donc là,
12:59depuis novembre 2025,
13:01on a un nouveau
13:02campement qui s'est installé.
13:03D'abord des tentes
13:04et petit à petit,
13:06là encore,
13:07des abris
13:07que les riverains
13:08qualifient de
13:09semi-permanents,
13:10des abris dans le dur
13:11avec des tôles,
13:12des palettes,
13:13des morceaux de bois,
13:14des grands matelas,
13:15des bâches
13:15et des personnes
13:17qui s'ancrent de plus en plus
13:18sur ce territoire.
13:19Et dans ce camp,
13:20le krach fait des ravages.
13:21Oui, clairement,
13:22la consommation de krach
13:23va envenimer la situation.
13:26Il y a des leaders
13:27qui contrôlent un peu
13:28ce nouveau territoire,
13:29qui distribuent les doses
13:31à tous les occupants
13:32de ce campement.
13:33Les dépendants font la queue,
13:35des femmes se prostituent
13:36contre une dose de krach.
13:38Et donc le soir,
13:39les habitants décrivent
13:40une population
13:41en état de démence,
13:42des personnes
13:43qui sont très agressives
13:44et les riverains
13:46n'en peuvent plus.
13:47Ce camp est visiblement
13:48contrôlé aujourd'hui
13:49par deux chefs,
13:50c'est ça ?
13:51Oui, c'est ce que racontent
13:52les riverains
13:52qui les observent
13:54au quotidien,
13:55qui nous ont envoyé
13:56beaucoup de photos,
13:57de vidéos
13:57et nous aussi,
13:58on a pu le constater
13:59sur place.
14:00Il y a ces deux individus
14:01qui sont installés
14:03au centre du campement.
14:04Ils ont un carré
14:06de canapé installé
14:07à ciel ouvert
14:08et c'est un peu
14:09le trône
14:09de ces deux chefs-là
14:11qui ont des points américains
14:12pour bien faire peur
14:13un peu à tout le monde
14:14et assumer leur statut
14:17de leader du camp.
14:19C'est eux
14:20qui autorisent
14:20les nouveaux
14:21à s'installer
14:21sur ce camp
14:22contre une offrande,
14:23des sacs de vêtements,
14:25de l'alimentaire,
14:26etc.
14:27Donc c'est vraiment,
14:28il y a vraiment deux chefs
14:29au milieu de ce campement.
14:30La plupart des voisins
14:31vivent très mal la situation.
14:32Tu parles par exemple
14:33avec l'un de ses riverains
14:34que tu as choisi
14:35d'appeler Didier,
14:36il tient à garder
14:37son anonymat
14:38et sa fenêtre
14:39donne sur ce camp de fortune.
14:41Qu'est-ce qu'il te décrit ?
14:41Lui, il décrit
14:43une population
14:44qui se comporte
14:45comme des zombies
14:46une fois qu'ils ont
14:47consommé du crack,
14:48des personnes très agressives.
14:50Il nous décrit aussi
14:51des odeurs
14:52d'urines insupportables
14:53qui plus est l'été
14:54en période de canicule
14:56où les fenêtres sont ouvertes
14:57et ça remonte
14:57dans les étages.
14:59Donc des scènes
15:00qu'on ne penserait pas
15:01vivre
15:02dans le 10e arrondissement
15:03et surtout
15:04il décrit
15:05des tensions
15:06de plus en plus importantes
15:07qui se répètent
15:08des agressions
15:09dans le quartier
15:09et une certaine psychose
15:12dans les étages
15:12de ces immeubles
15:13les plus proches du campement.
15:14Il t'explique
15:15que la pression monte
15:16chez les riverains ?
15:17Oui, parce que lui
15:17ce qu'il déplore
15:18c'est qu'il n'y ait pas
15:19d'intervention
15:20que ce soit de la mairie
15:22ou de l'État
15:22malgré leurs pétitions
15:24malgré leurs mails
15:25répétés
15:26à toutes ces personnes
15:27en responsabilité
15:29et face à ce silence radio
15:31comme il dit
15:32il a peur
15:33qu'un riverain
15:34ou un commerçant
15:35parce qu'un commerçant
15:35a aussi été agressé
15:37un des commerçants
15:38les plus proches
15:38de ce campement
15:39a été agressé
15:40à deux reprises
15:41et ses clients aussi
15:41et lui
15:42il craint
15:43qu'un des riverains
15:45disons les choses
15:46pète un câble
15:47au bout d'un moment
15:47et en vienne aux mains
15:48avec un des occupants
15:50du campement
15:50ou l'inverse
15:51qu'un de ces sans-abri
15:53sous l'effet du crack
15:55etc.
15:56n'en vienne
15:56à agresser
15:58encore plus sérieusement
15:59un passant
16:00un habitant
16:01un commerçant
16:02Thomas
16:02toi au moment du reportage
16:04de Paul
16:04tu fais l'interview
16:05du nouveau maire de Paris
16:06le socialiste
16:07Emmanuel Grégoire
16:08et il prend un engagement
16:09qui semble ambitieux
16:11il nous annonce
16:11qu'il a donc le projet
16:12l'ambition
16:13de dégager l'espace public
16:15sous la ligne 2
16:16du métro
16:16avant le début
16:17de l'hiver
16:18donc c'est-à-dire
16:18dans un délai
16:19très court
16:19de 2 à 3 mois
16:20maximum
16:21donc plus une tente
16:22sous le métro
16:23donc sous tous les arrêts
16:24de la ligne 2
16:24de Barbès
16:25ça connaît le Fabien
16:26d'ici au début de l'hiver
16:27et c'est un peu
16:28un prolongement
16:29de son engagement
16:29de lorsqu'il a été élu
16:31lorsqu'il disait
16:32qu'il y aurait zéro enfant
16:33dans la rue
16:33et surtout
16:34il évoque toujours
16:34cet objectif
16:35de zéro tente
16:36dans l'espace public
16:37On l'a rappelé
16:38ce sujet relève
16:39surtout en premier lieu
16:40des compétences de l'Etat
16:41lui comment il compte s'y prendre ?
16:43Eh bien il a annoncé
16:44qu'il allait créer
16:454000 places
16:46d'hébergement supplémentaires
16:48et c'est un objectif
16:49extrêmement ambitieux
16:50car on sait
16:50qu'il y a environ
16:523800 sans-abri
16:53à Paris
16:54d'autant plus que
16:55ces 4000 places
16:56vont être construites
16:57sur le budget communal
16:58alors que c'est pas
16:59une compétence de la ville
17:00du tout
17:00d'accueillir des personnes
17:01sans-abri
17:01donc on est un peu
17:03en attente
17:03est-ce qu'il y aura
17:03des constructions nouvelles
17:05de nouveaux bâtiments publics
17:07qui vont être construits
17:08on ne le sait pas encore
17:08mais ce qui est sûr
17:09c'est que
17:10son objectif est extrêmement ambitieux
17:12quand on sait
17:12qu'il y a environ 1000 personnes
17:13sous cette ligne 2
17:14qui attendent
17:15des hébergements d'urgence
17:15si on ne sait pas encore
17:16à ce jour
17:17où est-ce qu'elles vont aller en fait
17:19Thomas, Emmanuel Grégoire
17:21estime qu'il doit agir
17:22aussi pour une raison politique
17:23selon lui
17:24les images
17:24de ce camp
17:25de sans-abri
17:26sont très relayées
17:27sur les réseaux
17:27et cela ne peut que
17:28faire progresser
17:29le rassemblement national
17:30à la prochaine présidentielle
17:32pour lui
17:32c'est vraiment
17:33un enjeu
17:34très important
17:35à quelques mois
17:35de la présidentielle
17:36l'image
17:37de ces camps
17:38de migrants
17:39dans l'espace public
17:40des violences
17:41que ça peut engendrer
17:42comme on l'a raconté
17:43dans nos reportages
17:44c'est un peu désastreux
17:45pour montrer
17:46l'inaction
17:47des politiques
17:47des collectivités
17:48ou même de l'état
17:49dans l'espace public
17:50et donc pour lui
17:51il se dit qu'en tant que maire
17:52de la plus grande ville de France
17:53c'est son devoir
17:54en fait
17:54de montrer
17:55qu'on peut agir
17:56surtout qu'actuellement
17:57d'après lui
17:58il n'y a pas une crise migratoire
18:00très forte en Europe
18:01d'après lui
18:01c'est surtout un problème
18:02de logement
18:04et de système
18:04d'accueil
18:05d'intégration
18:06qui n'est pas le bon
18:06en France
18:07et c'est pour ça
18:08qu'il veut agir en amont
18:09et donc dégager
18:10l'espace public
18:11de ces camps
18:12de sans-abri
18:24merci à Thomas Rideau
18:26Pauline Darvé
18:27et Paul Abran
18:28cet épisode de Code Source
18:29a été produit par
18:30Clara Garnier-Amourou
18:31et Thibaut Lambert
18:33réalisation
18:33Julien Moncouquiol
18:34Code Source
18:35est le podcast quotidien
18:37d'actualité du Parisien
18:38n'oubliez pas de vous abonner
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18:40et vous pouvez nous écrire
18:42codesource
18:43at leparisien.fr
18:44on vous invite aussi
18:45à écouter Crime Story
18:46le podcast fait divers
18:47du Parisien
18:48présenté par Claudia Prolongeau
18:50et Damien Delceni
18:51avec en ce moment
18:52une série exceptionnelle
18:54sur l'affaire Epstein
18:55en 6 épisodes
18:56série disponible
18:57sur toutes les plateformes