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La tension sur le marché des logements en location est plus vive que jamais. Chaque annonce d’un studio ou d’un deux pièces à louer entraîne des centaines voire des milliers de candidatures. Face à cette pénurie nationale, beaucoup de locataires se découragent. Code source fait le point avec Sébastien Thomas et Delphine Denuit, journalistes au sein de la cellule immobilier du Parisien. 

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Judith Perret - Production : Antoine Gueguen-Georgais et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Photo : LP/Joffrey Vovos.

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#codesource #logement #immobilier #locationparis

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Transcription
00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Trouver un appartement à louer, une mission difficile voire impossible pour de nombreux et nombreuses locataires
00:19qui scrutent des offres aux loyers de plus en plus élevés et qui déposent parfois des dizaines de dossiers en
00:26vain.
00:26« Il n'y a plus rien à louer », titrait le Parisien à sa une le lundi 31 août.
00:31Les bailleurs et les agences immobilières sont submergés par la demande, tandis que l'offre a fortement chuté.
00:38Ce phénomène n'est pas nouveau dans les très grandes villes, mais il gagne désormais leur périphérie et des villes
00:45de plus petite taille.
00:46À Toulouse, Strasbourg ou encore Montpellier, le nombre d'annonces de location s'est effondré en 7 ans.
00:53On fait le point aujourd'hui dans CodeSource avec Sébastien Thomas et Delphine Denuit,
00:58tous deux journalistes au sein de la cellule immobilier du Parisien.
01:04Delphine Denuit, pour qu'on puisse avoir une idée de grandeur, ça représente quoi le parc locatif immobilier dans une
01:11ville comme Paris ?
01:12Alors à Paris, Intramuros, on compte à peu près 1,4 million de logements.
01:17Environ 62%, donc une grosse majorité, sont occupés par des locataires.
01:22La plupart, à peu près 44%, sont dans le parc privé et à peine 20% en HLM.
01:29Donc il y a seulement, si vous faites la soustraction, 33%, donc un tiers environ de propriétaires occupants.
01:35Ça représente un peu moins de 700 000 personnes.
01:38Les 5% qui restent sont des personnes logées à titre gratuit.
01:43Sébastien Thomas, Delphine Denuit, ça fait plusieurs années que vous racontez dans Le Parisien,
01:47cette pénurie de plus en plus visible sur le marché de la location.
01:51Sébastien, en 2024, tu décrivais dans un papier les galères de Théo,
01:56un jeune travailleur fraîchement diplômé qui cherche un logement à Paris.
02:01Quelle est sa situation à ce moment-là ?
02:03Alors Théo est à Paris depuis 3 ans pour ses études.
02:06Il loge dans une résidence étudiante à Chantilly, dans le Val-de-Marne.
02:10L'été dernier, donc en 2023, il a décroché un CDI sans période d'essai
02:14qui lui a permis de percevoir 3 200 euros nets par mois.
02:17Il paie 900 euros pour un 22 mètres carrés sans machine à laver,
02:20mais maintenant, il aimerait bien un peu plus de confort.
02:22Et pourtant, malgré ce salaire confortable, il ne parvient pas à déménager.
02:25Ce que te raconte ce jeune homme, Théo, c'est qu'en commençant à chercher un appartement dans la capitale,
02:29effectivement, il a très vite déchanté.
02:31Tout à fait, avec 3 de ses amis.
02:33Il a cherché une colocation pour payer moins cher.
02:36Au bout d'une vingtaine de visites et plusieurs dizaines de messages laissés sans réponse,
02:39il a fini par se décourager et chacun est parti chercher un appartement de son côté.
02:43Lui, il a visité un 30 mètres carrés dans le 11e arrondissement à 1350 euros par mois
02:47et il s'est vraiment demandé si finalement, 8 mètres carrés supplémentaires et une machine à laver,
02:51est-ce que ça vaut vraiment une augmentation de budget de quasiment 50% ?
02:55Et tu l'as dit, Théo avait pourtant un très bon dossier.
02:58Il gagnait plus de 3 000 euros nets par mois.
03:00Il était en CDI confirmé, mais ça n'a pas suffi.
03:03Alors, j'imagine que c'est encore plus difficile pour des gens qui n'ont pas une situation aussi confortable
03:08que la sienne.
03:09C'est sûr. D'après le site d'annonce bien d'ici, qui est un site d'annonce immobilière,
03:12en août 2026, le loyer moyen d'un studio meublé, c'est 1150 euros, soit une hausse de 12%
03:18en deux ans.
03:19Et pour un T2 meublé, c'est 1940 euros, soit une hausse de 19% sur la même période.
03:24Donc oui, se loger à Paris nécessite d'importants moyens si on veut accéder au parc privé.
03:28Delphine, quels sont les types de logements qui sont de plus en plus rares sur le marché locatif,
03:33dans des grandes villes comme Paris ou ailleurs ?
03:34À Paris, comme d'ailleurs au niveau national, ce sont principalement les petites surfaces,
03:39c'est-à-dire les studios et les deux pièces, donc entre 9 et 30 mètres carrés, qui sont les
03:45plus demandés.
03:46Et pourquoi ce sont eux qui sont les plus demandés ?
03:48Parce qu'ils concentrent la plus forte demande de la part des étudiants, des jeunes actifs et des personnes seules
03:54ou séparées.
03:55Ils sont peu nombreux aussi parce qu'ils font l'objet de très peu de rotations.
03:59Ça signifie que les locataires les libèrent assez rarement.
04:02Ils réfléchissent à deux fois avant de donner leur congé parce qu'ils savent qu'ils auront énormément de mal
04:06à se reloger.
04:07Et ce type de bien, il se fait rare, quelle que soit la période de l'année ?
04:11Oui, tout à fait.
04:12Comme ces petites surfaces sont difficiles à décrocher, c'est ce que je disais tout à l'heure,
04:15on reste de plus en plus longtemps dans les murs.
04:18Par exemple, les étudiants, typiquement, ils avaient pris l'habitude de libérer l'été, leur petit logement.
04:23Maintenant, ils se débrouillent pour payer les deux mois d'été pour ne pas avoir à se retrouver sans toit
04:27à la rentrée.
04:28Généralement, quand même l'hiver, le marché est un peu moins tendu, mais le gros problème, ça reste le prix
04:33qui reste évidemment le plus grand frein.
04:37Alors à la fin de cet épisode de Codesources, vous nous direz tous les deux pourquoi cette situation pourrait un
04:41peu s'améliorer d'ici les prochains mois.
04:44Mais d'abord, on va expliquer comment on en est arrivé là.
04:46Delphine, il faut d'abord préciser que la crise du logement n'est pas nouvelle.
04:51Elle remonte à plusieurs décennies, c'est ça ?
04:54Oh oui, elle remonte même à plus d'un siècle, depuis la forte croissance démographique du pays à la fin
04:59du 19e.
05:00Elle s'est accrue après les deux guerres mondiales.
05:03Dans les années 50, il manquait déjà 4 millions de logements en France.
05:07Plus récemment, la crise s'est ravivée dans les années 2000 et post-Covid,
05:11avec l'effondrement du nombre de réservations et de constructions de logements neufs.
05:15La hausse des coûts des matériaux, notamment suite à la guerre en Ukraine et maintenant au Moyen-Orient, a fait
05:20flamber les prix.
05:21Sébastien Thomas, en 2021 et 2022, après la crise Covid, le marché de la location se détend subitement. Pour quelles
05:29raisons ?
05:30Tout simplement parce que les taux d'intérêt des prêts immobiliers s'effondrent et ils tournent autour de 0,5
05:35-1%.
05:35L'argent est quasiment gratuit.
05:37Résultat, le marché immobilier sur l'ancien s'est emballé avec énormément de ventes,
05:41puisque sur Paris, il suffisait de 24 heures pour pouvoir vendre un logement.
05:45Donc résultat, beaucoup de locataires sont devenus propriétaires et ont donc libéré leur location,
05:49ce qui a permis de remettre plusieurs milliers de logements sur le marché.
05:52Mais dès 2023, le marché se grippe à nouveau.
05:56Les taux d'intérêt des prêts immobiliers repartent à la hausse.
05:59Il y a de moins en moins de locataires qui peuvent se permettre d'acheter.
06:02Et donc, ils restent plus longtemps dans leur location.
06:06Et Delphine, en parallèle, il n'y a pas eu assez de logements neufs construits ces dernières années pour pallier
06:12ce problème.
06:13Oui, tout à fait. On devrait en construire environ 500 000 par an.
06:16C'est une moyenne qui est acquise.
06:18Or, on en construit à peine la moitié.
06:20Donc, le foncier manque de plus en plus.
06:23Beaucoup de maires ne sont pas favorables à plus de construction dans leur commune,
06:26parce que ça voudrait dire investir plus dans les transports, créer des crèches, des écoles,
06:32alors qu'elles sont évidemment déjà très endettées.
06:34Donc, le foncier est rare, coûte donc beaucoup plus cher,
06:37tout comme bâtir avec la flambée des coûts de construction dont je parlais tout à l'heure.
06:41Ces coûts ont grimpé de 25% depuis 2020,
06:45alors que dans le même temps, la capacité d'emprunt des Français a perdu 7%.
06:49Donc, vous le comprenez facilement, le pouvoir d'achat des Français s'est effondré.
06:57Plus récemment, Sébastien, à partir de 2025,
06:59il y a une nouvelle loi qui interdit aux bailleurs de louer des passoires énergétiques.
07:05Qu'est-ce que ça change ?
07:06Il y a un peu plus de 10 ans maintenant, l'État français a mis en place
07:09ce qu'on appelle le diagnostic de performance énergétique
07:11qui permet de définir le statut énergétique de chaque logement.
07:14Les plus mauvais sont considérés comme des passoires thermiques
07:17qui sont désignés par les lettres G et F.
07:19Depuis le 1er janvier 2025,
07:21les biens classés G ne peuvent plus être loués.
07:24Ce sera en 2028 pour les F et en 2034 pour les E.
07:27Résultat, plusieurs milliers de logements sont sortis du marché de la location,
07:30aggravant les tensions, surtout dans les grandes villes.
07:32J'imagine qu'à Paris, il y a beaucoup de passoires thermiques
07:34et que ça a dû vraiment se voir sur le marché locatif.
07:37Oui, d'autant qu'à Paris, la particularité,
07:40c'est que c'est une ville qui concentre deux fois plus
07:42de logements classés F et G que dans le reste de la France.
07:45Donc, forcément, l'impact d'une telle décision est extrêmement important.
07:49Et qu'est-ce qu'elles deviennent, ces passoires énergétiques
07:51qui sont impropres à la location ?
07:53Est-ce qu'elles sont pour la plupart d'entre elles rénovées ?
07:56En fait, pour pouvoir être louées,
07:57ces logements doivent subir d'importants travaux d'isolation.
08:00Malgré le coup de pouce de l'État avec MaPrimeRénov',
08:02le montant des chantiers se compte en dizaines de milliers d'euros.
08:05Et souvent, il n'est pas possible de faire ces isolations par l'extérieur
08:08car il faut l'accord de la copropriété.
08:10Reste donc l'isolation par l'intérieur,
08:12mais outre le coût financier, cela fait perdre des mètres carrés.
08:15Donc, beaucoup de bailleurs ont été découragés.
08:16Soit ils le mettent en vente, soit ils les laissent vacants.
08:19On en vient donc à une autre raison pour laquelle
08:21il y a trop peu d'offres de logements à louer sur le marché.
08:25Beaucoup d'appartements sont vacants,
08:27comme tu l'as dit Sébastien, surtout à Paris,
08:29pour la raison qu'on vient d'évoquer, mais pas seulement.
08:32Delphine, on parle de combien d'appartements laissés vacants
08:35et pourquoi est-ce qu'ils sont vides ?
08:36À Paris, on dit qu'à peu près 10% des logements sont vacants.
08:40Donc, ça représente à peu près 130 000 logements.
08:43Mais ce réellement vacants, c'est-à-dire laissés vides à temps plein
08:46pendant plus de deux ans, ce qui est la définition d'un logement vacant,
08:50on en compte à peu près 35 000.
08:52Ce sont souvent des biens qui font l'objet d'une succession conflictuelle
08:55ou qui sont impropres à la location parce qu'insalubres
08:58et qu'ils reviendraient très très chers à rénover.
09:00Les cas des personnes qui préfèrent les laisser vides
09:03plutôt que de s'embêter à les louer sont très très rares.
09:05Cette pénurie, elle s'étend à des villes de banlieues parisiennes.
09:09Désormais, dans plusieurs grandes villes de France,
09:11l'offre s'est aussi effondrée ces dernières années.
09:14Sébastien, dans lesquelles par exemple ?
09:16Alors, ce qui se passe à Paris se retrouve évidemment
09:18dans les autres grandes agglomérations,
09:20notamment sur l'offre locative.
09:21En août 2026, selon le site d'annonce bien d'ici,
09:24le nombre d'annonces immobilières s'est effondré
09:26dans de nombreuses villes comme à Montpellier avec moins 72%,
09:29Marseille et Strasbourg au moins 64%
09:31ou encore Lyon et Toulouse avec moins 60%.
09:33Et Delphine, cette pénurie gagne des villes encore plus petites
09:36comme Brest par exemple, comment on peut l'expliquer ?
09:39De nouvelles villes étudiantes sont victimes d'un effet de report en fait,
09:43tout bêtement.
09:44Comme les grandes métropoles étudiantes sont déjà saturées
09:47et les loyers prohibitifs,
09:48les étudiants et leurs familles, très logiquement,
09:51se tournent vers des villes secondaires
09:52où le coût de la vie est plus bas.
09:54Dans le même temps, beaucoup d'universités ont ouvert
09:57ces dernières années des antennes locales pour se développer.
09:59Mais comme on ne construit pas assez,
10:01l'existant ne suffit plus à pallier la demande.
10:03Et de fil en aiguille, les prix grimpent et vous connaissez la suite.
10:07En clair, les étudiants ont commencé à affluer vers les villes moyennes,
10:11mais le marché locatif des petites surfaces n'a pas suivi.
10:15Delphine, tu parles régulièrement de la pénurie d'appartements alloués
10:18avec des professionnels de l'immobilier,
10:20notamment la direction de la plateforme PAP.
10:24Ils reconnaissent, eux aussi, que le marché est tendu comme jamais ?
10:28Oui, évidemment. Laetitia Caron, la directrice générale du groupe
10:31Particulier à Particulier, dont tu fais référence,
10:34nous donnait l'exemple la semaine dernière d'un studio de 18 mètres carrés
10:38dans le 20e arrondissement de Paris
10:39qui comptabilisait plus de 1600 demandes de contacts en moins d'une semaine.
10:44Heureusement, on ne publie plus les numéros de téléphone,
10:47mais ça peut être très envahissant.
10:49Il n'est pas rare que les boîtes mail saturent.
10:51Et avec cette tension, on note aussi une envolée des arnaques,
10:54des escrocs qui demandent des paiements pour bloquer un bien
10:57qui n'existe même pas en réalité.
10:58C'est vraiment devenu la jungle.
11:00Sébastien, l'un de ces experts en immobilier,
11:03t'explique dans un papier que si les bailleurs ne proposent
11:06plus d'appartements alloués aujourd'hui,
11:08c'est notamment parce que c'est de moins en moins avantageux pour eux.
11:13Comment ça ?
11:13Alors en fait, il y a de plus en plus de contraintes
11:15qui sont mises en place, notamment au niveau des normes.
11:18Alors déjà, on a vu avec le DPE,
11:20qui empêche maintenant les locations de passoires thermiques.
11:22On peut ajouter aussi l'encadrement des loyers dans des grandes villes,
11:25Lyon, Paris, Lille, Bordeaux.
11:27On peut ajouter aussi le permis de louer.
11:29Mais finalement, ce qui pose le plus de problèmes,
11:31c'est les dispositifs fiscaux qui ont disparu,
11:33notamment depuis la fin du Pinel fin 2024 dans le 9.
11:36Ce qui fait qu'aujourd'hui, la rentabilité est très très faible,
11:39ce qui pousse les investisseurs à aller voir ailleurs.
11:42Donc, acheter un bien pour le mettre en location,
11:44c'est un mauvais investissement, c'est ça ?
11:46C'est un calcul à faire en fait.
11:47Tout dépend du prix que vous allez le payer
11:48et du loyer que vous allez mettre en place.
11:50Mais effectivement, dans des villes très chères comme Paris,
11:53la rentabilité n'est absolument pas assurée.
11:55Ça, j'imagine que c'est un argument difficile à entendre
11:58du côté des locataires qui ont vraiment du mal à se loger.
12:01Évidemment, mais il ne faut pas oublier non plus
12:02que les bailleurs ne sont pas des philanthropes.
12:04Et même s'il y a des abus, quelquefois,
12:06la grande majorité des propriétaires
12:07espère juste pouvoir rembourser leurs prêts
12:09avec le loyer réclamé.
12:10Pendant 40 ans, le logement a bénéficié
12:11de dispositifs fiscaux intéressants.
12:13La fin du Pinel a vraiment changé la donne.
12:14Cette raréfaction des appartements à louer,
12:17est-ce qu'elle a des conséquences
12:18sur le montant des loyers ?
12:20Alors, tout à fait.
12:21C'est surtout vrai dans les villes
12:22où les tensions locatives sont importantes,
12:24comme Paris, Lyon, Bordeaux, Lille.
12:26La Fondation pour le logement a indiqué dans son étude
12:29que 37% des annonces analysées en France
12:31dépassent les plafonds légaux,
12:33un chiffre qui est en hausse de 5 points
12:34par rapport à 2025
12:35et de 9 points par rapport à 2024.
12:38C'est encore pire à Paris,
12:39où l'évolution est jugée plus inquiétante,
12:41avec 46% des annonces qui dépassent ce plafond.
12:44Derrière, il faudrait peut-être plus de contrôle
12:46et avec la tension locative aujourd'hui,
12:48forcément, il devient assez intéressant
12:50pour les bailleurs de passer un peu au-dessus.
12:53Dans ton article paru le lundi 31 août
12:56dans Le Parisien,
12:57tu fais témoigner plusieurs personnes
12:59qui sont prêtes à mettre le prix fort
13:01pour obtenir un appartement,
13:03même de surface très modeste.
13:05Est-ce que tu peux nous raconter ça ?
13:06Tout à fait.
13:07Nous avons le cas de Maëllo.
13:08Il habite Angers, dans le Ménéloir,
13:10et il va faire son master à Bordeaux,
13:12en Gironde, à la rentrée,
13:14soit 4 heures de route.
13:15Il avait beaucoup de visites en semaine
13:17et comme il travaillait,
13:18il ne pouvait pas y aller.
13:19Il n'avait pas réussi à placer
13:21plusieurs visites un week-end.
13:22Donc, il est parti sur un coup de poker
13:24en demandant à un agent immobilier
13:25de lui faire une visite en visio,
13:27donc avec le téléphone.
13:28Et il a dit banco,
13:29sans même avoir vu l'appartement.
13:31Et encore aujourd'hui,
13:32à la date où on est,
13:32il ne l'a toujours pas visité.
13:33Ce qui peut poser des soucis
13:34parce qu'il a quand même dépensé
13:35quasiment 1000 euros
13:36pour réserver l'appartement
13:38sans l'avoir vu.
13:38Donc, il espère qu'une chose,
13:39c'est que ce ne soit pas une arnaque.
13:40Tu fais aussi témoigner
13:41plusieurs personnes
13:42comme Joséphine
13:43qui finissent par faire
13:44de gros compromis
13:45et former des colocations
13:46dans des logements trop petits.
13:49Qu'est-ce qui lui est arrivé
13:50à elle précisément ?
13:51Alors, l'année dernière,
13:52elle cherchait un appartement à Lille.
13:54Elle a voulu faire une colocation
13:56avec une amie,
13:56mais elle n'a pas trouvé.
13:58Elle n'a trouvé qu'un studio.
13:59Et comme la rentrée arrivait vite,
14:00elle a dit oui.
14:01Donc, elle a partagé
14:01avec son amie le studio,
14:0215 mètres carrés quand même,
14:03ce qui n'est pas beaucoup.
14:04Et elle partageait tout,
14:05notamment le lit
14:06où elle était obligée
14:06de dormir ensemble.
14:07Alors, elle vit comme ça
14:08pendant des mois
14:09en se mettant en tête
14:10qu'elle trouvera
14:11un appartement plus grand
14:12pour une vraie colocation
14:13à la prochaine rentrée.
14:15Comment ça se passe ?
14:16Alors, bien sûr,
14:16parce que 15 mètres carrés à deux,
14:18c'était l'enfer.
14:19Donc, elle a commencé
14:20à chercher par contre plus tôt,
14:21c'est-à-dire dès le mois de juin,
14:22en espérant trouver
14:22pour la rentrée septembre de cette année.
14:24Le problème,
14:25c'est qu'elle a envoyé
14:25une quarantaine de messages
14:27en répondant aux annonces.
14:28Elle n'a eu que quatre visites
14:30durant lesquelles
14:31elle a déposé le dossier,
14:32mais elle n'a eu aucun retour
14:33et elle était un peu désespérée.
14:34Et finalement,
14:35c'est grâce à ces relations
14:36de parents d'amis
14:37qui lui ont permis
14:38de trouver un logement.
14:42Delphine,
14:42il y a un projet de loi
14:43qui doit être examiné
14:45à l'Assemblée nationale
14:46le mois prochain,
14:47en octobre 2026,
14:48avec des mesures
14:50pour inciter les bailleurs
14:51à mettre de nouveau
14:53leurs biens en location.
14:54Est-ce que tu peux
14:55nous expliquer ça ?
14:56Oui, c'est le projet de loi
14:57dit relance logement
14:59porté par le ministre du logement
15:00Vincent Jambrun.
15:02Ce texte,
15:03qui est le porte-drapeau
15:04de la politique
15:05du logement du gouvernement,
15:06doit succéder
15:07au dispositif Pinel,
15:08dont on parlait tout à l'heure,
15:09en offrant un avantage fiscal
15:11aux bailleurs,
15:12en contrepartie
15:13d'un plafonnement
15:13de leurs loyers
15:14pendant plusieurs années.
15:15Il doit aussi autoriser,
15:17sous condition de travaux,
15:19le retour immédiat
15:20à l'allocation
15:21des passoires thermiques
15:22pour réduire un petit peu
15:23les tensions
15:23sur le marché locatif.
15:25Quand je dis
15:25le retour immédiat
15:26à l'allocation,
15:28ça permet,
15:29sous condition de travaux
15:30pour une maison
15:31sous trois ans
15:32ou une copropriété
15:33sous cinq ans,
15:34de pouvoir remettre
15:35sa passoire thermique
15:36à l'allocation.
15:37Et quand tu interroges
15:38des professionnels
15:39de l'immobilier,
15:40est-ce qu'ils pensent
15:41que ce texte
15:42va permettre
15:42de détendre
15:43le marché locatif ?
15:45Non,
15:45comme il sera sans doute
15:47beaucoup moins avantageux
15:48que le Pinel.
15:49Beaucoup d'experts
15:50doutent déjà
15:51qu'il suffisait
15:51à inciter
15:52à louer davantage
15:53en location
15:53de longue durée.
15:55Sébastien Thomas,
15:56de son côté,
15:57la ville de Paris
15:57veut lutter
15:58contre les logements
16:00inoccupés
16:00dans la capitale
16:01en forçant
16:02les propriétaires
16:03soit à les mettre
16:05en location,
16:05soit à les vendre.
16:06Par quels moyens ?
16:08Tout simplement
16:08en multipliant la taxe
16:10sur les logements vacants
16:11par deux.
16:11Ce qui permettrait,
16:12selon Jacques Baudrier,
16:13le maire adjoint
16:14chargé du logement,
16:15de ramener
16:1520 000 biens
16:16sur le marché.
16:17Par ailleurs,
16:17en accentuant
16:18les contrôles
16:18et les procès
16:19contre les propriétaires
16:20qui ne respectent pas
16:21la législation
16:22autour des meublés
16:22touristiques,
16:23la ville espère également
16:24voir le retour
16:25de 25 000 logements
16:26supplémentaires.
16:27Sébastien,
16:27avec ce qu'on vient
16:28d'évoquer,
16:29est-ce qu'il y a
16:29des raisons
16:30d'espérer
16:31que le marché
16:32de la location
16:33reprenne un peu
16:34des couleurs
16:35d'ici quelques mois ?
16:36Alors oui et non,
16:37car malgré les chiffres
16:38avancés par la ville
16:39de Paris,
16:39il est difficile
16:40de prédire la réaction
16:41des propriétaires
16:42face à ces annonces.
16:43Certains vont peut-être
16:44mettre leur logement
16:44en vente,
16:45d'autres vont peut-être
16:45accepter de payer les taxes.
16:47Les élus vont donc
16:47s'attaquer à d'autres dossiers
16:49comme le bail civil
16:50qui permet de contourner
16:51les règles de location classique
16:52ou encore au co-living
16:53qui pour le moment
16:54échappe à l'encadrement
16:55des loyers.
16:56Plus globalement,
16:57beaucoup d'experts
16:58s'accordent à dire
16:58que ce sont surtout
16:59les dispositifs fiscaux
17:00qui seront sans doute
17:01le levier le plus efficace
17:02pour faire revenir
17:03les investisseurs
17:03dans la location.
17:04En résumé,
17:05tant que les pouvoirs publics
17:06ne permettront pas
17:07à la location
17:08d'être plus attractifs
17:10pour les bailleurs,
17:11cette pénurie de logement
17:12elle risque de durer ?
17:13C'est ça.
17:14En fait,
17:14comme je le disais tout à l'heure,
17:16les bailleurs
17:16ne sont pas des philanthropes.
17:17Ils sont là notamment
17:18pour rembourser
17:19les emprunts qu'ils ont fait
17:20pour acheter leur appartement.
17:21Donc il y a des calculs à faire
17:22et si cette rentabilité
17:23n'est pas là,
17:24il n'y a aucune raison
17:25pour que ces investisseurs
17:26aillent sur le logement
17:27plutôt que dans
17:28l'assurance vie
17:29ou dans le livret A.
17:36Merci à Sébastien Thomas
17:37et Delphine Denuit.
17:38Cet épisode de Code Source
17:40a été produit par
17:41Judith Perret
17:42et Antoine Guéguin-Georget
17:44réalisation
17:45Julien Montcouquiol
17:46Code Source
17:47c'est le podcast quotidien
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