Passer au playerPasser au contenu principal
En phase d’expérimentation depuis 2019, les centres de prise en charge pour conjoints violents (CPCA) sont aujourd’hui saturés de demandes. Notre reporter s’est rendue dans celui de Limoges (Haute-Vienne).

Récit. Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clara Grouzis, Thibault Lambert et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network.

Pour ne rien manquer de l’actualité du Parisien:

🎥 Ne ratez aucune de nos vidéos : https://youtube.com/@LeParisien

🔔 Suivre toute l’actualité avec notre abonnement : https://urlr.me/!abonnementleparisien

✉️ En savoir plus sur l’actualité avec notre newsletter : https://bit.ly/new-sletters

👂 Retrouvez nos différents podcasts :

Code Source: L’actualité quotidienne du Parisien : https://bit.ly/_Codesource
Crime Story: Le podcast faits-divers du Parisien: https://bit.ly/_Crimestory
Le Sacre: Revivez le parcours d’un médaillé olympique: https://bit.ly/_Lesacre

Suivez-nous:
Instagram : https://instagram.com/leparisien/
Facebook : https://facebook.com/leparisien/
Tiktok : https://tiktok.com/@leparisien
X : https://twitter.com/@le_Parisien
Snapchat : https://snapchat.com/t/pr3nDoxv
Bluesky : https://bsky.app/profile/leparisien.fr
Threads : https://threads.net/@leparisien

#violenceconjugale #podcast #codesource

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Clara Grosys pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le 6 juin dernier, le Parisien a publié dans ses pages un article intitulé « En stage avec des conjoints
00:17violents ».
00:18C'était un reportage dans un centre spécialisé, un lieu où les personnes condamnées pour violences conjugales sont accompagnées.
00:25L'objectif est d'éviter la récidive et d'éviter que les violences ne s'aggravent.
00:30En France, en 2023, 271 000 victimes de violences conjugales ont été recensées.
00:36Ces stages, destinés aux auteurs, existent depuis près de 10 ans, mais les centres spécialisés ont vu le jour en
00:432021.
00:44Christine Matheus, journaliste au service Société du Parisien, est allée à Limoges faire ce reportage.
00:50Elle raconte dans Codesources comment les conjoints violents sont pris en charge.
01:02Christine Matheus, au début du mois de juin, vous allez en reportage à Limoges, en Haute-Vienne,
01:07dans un des 30 centres de prise en charge des auteurs de violences conjugales, qu'on abrège CPCA.
01:13Et vous rencontrez Julien, qui accepte de témoigner à visage découvert.
01:17Il ressemble à quoi Julien ?
01:19Julien a 35 ans, il vient d'une petite ville à côté de Limoges.
01:24C'est un auto-entrepreneur, il est père de 4 enfants, qu'il a eu avec une femme qui a
01:29partagé sa vie pendant 18 ans.
01:31Et il a grandi avec un père alcoolique et violent, qui le frappait lui, mais aussi sa mère.
01:39C'est quelqu'un qui a eu une enfance très douloureuse, parce qu'il a également été placé en foyer
01:43jusqu'à l'âge de 18 ans.
01:44Et il a aussi parcouru des familles d'accueil, où il a connu également la violence.
01:52Qu'est-ce qu'il vient faire dans ce centre ?
01:53Alors lorsque je rencontre Julien, il vient de sortir de prison, où il a passé 6 mois pour des violences
02:00à l'encontre de sa compagne.
02:01Les violences ont commencé en 2023, elles sont d'abord verbales et très vite elles deviennent physiques,
02:08notamment sous les yeux de ses enfants.
02:10Et c'est à ce titre qu'il est pris en charge au sein du CPCA de Limoges.
02:17Christine Matheus, on va revenir ensemble dans cet épisode de Codesources sur l'histoire de Julien.
02:22Il vous a raconté son suivi dans ce centre.
02:24Mais d'abord, est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que sont ces CPCA ?
02:27Alors les CPCA, ce sont des centres régionaux ou interdépartementaux qui proposent des dispositifs pour aider les auteurs de violences
02:35conjugales
02:36à sortir de leur violence, à prévenir la récidive, que ce soit sur la base du volontariat ou à l
02:43'issue d'une décision de justice.
02:45Il y en a 30 sur tout le territoire, dont 5 en Outre-mer, qui sont gérés par une seule
02:51et même association qui s'appelle l'ARSL.
02:52L'association de réinsertion sociale de Limousin, c'est une association qui s'occupe à la fois des victimes, mais
03:00aussi des auteurs.
03:01Et c'est l'association qui a répondu à l'appel à projet du gouvernement et qui, aujourd'hui, gère
03:08au niveau national les CPCA.
03:10Et ils ont été créés à l'issue des discussions du Grenelle contre les violences conjugales en 2019,
03:17qui a posé la nécessité d'accompagner les auteurs de violences conjugales.
03:23Et les tout premiers CPCA ont commencé à fonctionner fin 2020.
03:28Et qu'est-ce qu'ils apportent de nouveau, ces centres, dans la prise en charge des personnes condamnées ?
03:31Alors l'objectif, c'est vraiment de travailler en réseau, notamment avec des associations qui étaient déjà présentes sur le
03:37terrain,
03:38pour vraiment offrir un soutien complet et individuel.
03:43Certains proposent aussi un dispositif d'hébergement permettant aux auteurs de violences conjugales
03:50de les éloigner temporairement de leur domicile pendant toute la période du suivi.
03:58Vous arrivez donc dans ce CPCA de Limoges. Qu'est-ce qu'il y a dans ce centre ?
04:02Alors à Limoges, les équipes occupent une partie d'un immeuble en centre-ville.
04:08On y trouve le bureau de l'assistante sociale, celui du psychologue clinicien, de l'éducatrice spécialisée,
04:15tout ce qui est indispensable pour un accompagnement psychothérapeutique,
04:19mais aussi médical, parce qu'ils sont amenés aussi à traiter des problèmes d'addiction,
04:23ainsi qu'un accompagnement socio-professionnel pour aider les personnes au chômage à retrouver un emploi,
04:30sachant quand même que la majorité des auteurs de violences conjugales sont bien insérés et ont un travail.
04:38Pour des réunions où il y a plus de personnes, à ce moment-là, il y a une salle municipale
04:44qui leur est dédiée,
04:45qui se trouve à quelques kilomètres de là.
04:49Vous vous rendez justement dans cette salle pour assister à un stage de responsabilisation.
04:53Qui sont les participants ce jour-là ?
04:56Alors lors du stage de responsabilisation auquel j'ai assisté, il y avait 11 hommes et 3 femmes,
05:03des jeunes, des vieux, de tous milieux sociaux, et qui étaient tous condamnés pour des violences conjugales.
05:09Alors il faut savoir que ce stage est payant, qu'il coûte environ 200 euros pour chaque participant.
05:16La particularité lors de ce stage, c'est qu'aucun n'était volontaire.
05:20Toutes les personnes présentes avaient reçu un jugement assorti d'une obligation à suivre cette journée,
05:26dont l'objectif est de leur faire prendre conscience des conséquences de leur acte.
05:31Et ces personnes-là, est-ce qu'elles expliquent les violences qu'elles ont commises ?
05:34Personne ne parle des faits qui les ont amenés jusqu'au stage de responsabilisation.
05:40D'ailleurs, le psychologue clinicien qui gérait une partie de la journée avait pris bien soin de leur dire
05:47« ne donnez pas trop de renseignements personnels ».
05:51Donc en fait, tout le monde sait qu'elles sont là pour des violences conjugales.
05:55Pas un féminicide ou un homicide, bien sûr, mais on ne sait rien d'autre.
06:00Comment ça se passe, la séance à laquelle vous assistez ?
06:03Vous avez plusieurs intervenants qui se succèdent.
06:06Le matin, c'était un délégué du procureur de la République
06:11qui est venu pour faire un rappel à la loi,
06:13pour rappeler donc aux participants le risque pénal de tel comportement.
06:17Et dans un second temps, il s'agit d'aider les participants à identifier
06:23les facteurs qui risquent de déclencher des violences et donc de les prévenir.
06:28C'est à ce titre-là que le psychologue prend le relais.
06:31Et justement, le psychologue qui anime la séance montre à un moment donné une vidéo aux participants.
06:36Qu'est-ce qu'on peut voir sur cette vidéo ?
06:38Alors, il commence son intervention en montrant aux participants un petit film
06:43avec deux comédiens qui jouent le rôle d'un frère et d'une sœur adultes
06:49qui sont en train de vider une maison, on imagine, à la suite d'un décès, d'un proche.
06:55Et ils se remémorent les violences qu'ils ont traversées lorsqu'ils étaient enfants.
07:01Et ces personnes-là, est-ce qu'elles expliquent les violences qu'elles ont commises ?
07:04Le psychologue a choisi le biais de l'impact des violences conjugales sur les enfants.
07:09Et la plupart des participants ont eux-mêmes assisté ou subi des violences lorsqu'ils étaient très jeunes
07:16et sont eux-mêmes aujourd'hui parents.
07:19Ils interviennent assez volontiers, en fait, lorsqu'on leur demande
07:23« Qu'est-ce que vous pensez de la réaction du frère ? »
07:26On sent qu'il a une colère un peu sourde.
07:29Ils se cachent derrière l'interprétation des comédiens
07:33pour justifier qu'effectivement, on peut garder très longtemps de la colère.
07:39On peut soi-même s'exprimer à travers la colère et donc la violence.
07:44Donc c'est un peu une réaction par procuration.
07:46Ces stages sont donc la plupart du temps rendus obligatoires pour les auteurs
07:50au moment de leur interpellation ou de leur condamnation.
07:53Et ensuite, ils peuvent, s'ils veulent, aller plus loin, c'est ça ?
07:56Une assistante sociale m'expliquait qu'il s'agissait de planter une première graine
08:01dans la tête de ses participants pour les inciter à aller plus loin dans leur prise en charge,
08:07notamment en poursuivant avec un accompagnement psychologique, par exemple,
08:12parce que c'est vrai qu'un stage de responsabilisation, c'est assez court.
08:16Le plus souvent une journée, et parfois ça peut aller jusqu'à six jours, mais c'est plus rare.
08:23Vous le disiez tout à l'heure, Christine Mathéus, un conjoint violent, ça peut être n'importe qui,
08:28ça touche tous les milieux sociaux.
08:29En général, la violence au sein d'un couple suit toujours le même schéma.
08:33Comment est-ce que ça s'installe ?
08:34C'est un cycle, les violences conjugales, et c'est un cycle qui se répète, qui devient de plus en
08:39plus violent.
08:40Alors ça commence par une tension qui se manifeste par des excès de colère, des intimidations, des menaces.
08:48Vient ensuite le temps de l'agression, qu'elle soit verbale, physique, psychologique ou sexuelle.
08:56Très vite arrive ensuite le temps de la justification, où l'auteur se trouve le plus souvent des excuses.
09:04Enfin, le temps de la lune de miel, de la réconciliation.
09:07Et ce cycle-là explique aussi pourquoi c'est compliqué, parfois pour certaines femmes, de quitter un conjoint violent.
09:15Est-ce qu'on sait si la prise en charge dans ces centres permet d'éviter la récidive ?
09:18Alors la plupart des études sur cette thématique viennent du Canada, qui est pionnier en la matière depuis très longtemps.
09:25Et on a notamment des travaux de 2002 qui ont montré que les hommes ayant participé à des programmes d
09:32'intervention
09:33avaient un taux de récidive de 50% inférieur à ceux qui ne les avaient pas suivis.
09:39On a aussi une autre étude, encore plus ancienne, de 1996, sur les groupes thérapeutiques,
09:45qui a révélé une baisse de 44% des comportements violents.
09:50Ça montre que la prévention contre la récidive, ça fonctionne.
09:54Malheureusement, en France, il n'existe pas de travaux de cet ordre-là.
10:02Christine Mathéus, pour Le Parisien, vous interrogez aussi Sylvaine Grévin.
10:06Elle est présidente de la Fédération nationale des victimes de féminicides.
10:10Et elle a perdu sa sœur en 2017 sous les coups de son conjoint.
10:13Au départ, Sylvaine Grévin a été réticente à ce que l'on accompagne les auteurs de violences.
10:18Mais elle vous explique qu'elle a changé d'avis. Pourquoi ?
10:20Alors, Sylvaine Grévin a vu les résultats dans les pays qui appliquent cet accompagnement.
10:27Elle part désormais du principe que la lutte contre les violences est un tout.
10:32Et qu'il ne faut pas seulement s'occuper des victimes.
10:35Pour ce qui est, par exemple, des féminicides,
10:37et notamment sur les 95 recensés en 2024,
10:42elle a constaté que 30% des auteurs avaient déjà été condamnés pour des violences conjugales.
10:46Et c'est un pourcentage qui stagne depuis des années.
10:49D'où son appel pour que les CPCA aient plus de moyens pour intervenir.
10:53Pourtant, il y a encore des associations féministes qui, elles, sont contre l'accompagnement des auteurs, c'est ça ?
10:58Oui, c'est un sujet qui ne fait pas consensus.
11:01Certaines associations pensent que cet accompagnement des auteurs de violences conjugales,
11:05c'est de l'argent qu'on retire aux besoins des victimes,
11:08surtout dans un contexte de budget contraint.
11:12On en revient maintenant au témoignage de Julien,
11:15qui, on l'a dit au début de cet épisode,
11:17est suivi dans ce centre de Limoges après avoir passé six mois en prison.
11:21Julien, il vous explique que c'est lui qui a demandé à être accompagné. Pourquoi ?
11:24En fait, il explique qu'il a eu un déclic au moment où il a frappé sa femme.
11:30Il l'a fait en présence de ses enfants.
11:32On sent vraiment que l'image de son père, qui lui-même était violent,
11:38frappait sa femme, était alcoolique,
11:40cette image-là, c'est un repoussoir total pour lui.
11:43Il ne veut absolument pas emprunter le même chemin.
11:47Il explique qu'il veut se débarrasser de sa violence.
11:50Il est très lucide et ne cherche pas d'excuses,
11:53d'où sa volonté d'être pris en charge dès la prison.
11:57Et de quoi est-ce qu'il avait le plus besoin ?
11:58Il a demandé tout de suite à être suivi par un psychologue
12:03dans l'enceinte de l'établissement pénitentiaire.
12:06Au moment de son procès, il a demandé aussi à ce que le jugement
12:10soit assorti d'une obligation de soins qu'il a obtenue.
12:14Et c'est à ce titre qu'il a été suivi par le CPCA.
12:17Comment est-ce qu'il a accompagné Julien au CPCA ?
12:19Alors, c'est à la fois un soutien individuel régulier,
12:24avec des séances menées par le psychologue clinicien,
12:28qui est aussi psychanalyste.
12:30Et Julien a demandé également à suivre un groupe de paroles
12:34où il retrouve d'autres auteurs de violences conjugales
12:38pour approfondir ce travail, alors qu'il n'y était pas obligé.
12:42C'est un groupe qui se retrouve un peu moins fréquemment
12:46que les séances individuelles avec le psychologue, par exemple.
12:49Et pourquoi est-ce que Julien a demandé de son plein gré
12:51à rejoindre ce groupe de paroles ?
12:53Il a justifié ce besoin par le fait de rencontrer d'autres hommes
12:58auteurs de violences conjugales.
13:00En fait, il voulait voir de ses yeux qu'il n'était pas le seul
13:04à avoir commis des actes pareils.
13:06Ce qui est intéressant aussi dans ces groupes de paroles,
13:10et de façon générale pour l'ensemble des dispositifs,
13:13c'est qu'il n'y a pas de jugement, mais pas d'alliance non plus.
13:16Ça, c'est vraiment la phrase des professionnels des CPCA.
13:20Lorsque Julien se rend dans ce groupe de paroles
13:23où il rencontre d'autres auteurs de violences conjugales,
13:26il sait d'autorité qu'il ne va pas être jugé du tout
13:28pour les faits qu'il a commis.
13:30Christine Mathéus, qu'est-ce qu'il retient, Julien,
13:32de cet accompagnement ?
13:33Il est actuellement sous sursis probatoire
13:36d'une durée de deux ans,
13:37donc il sait que pendant ces deux ans,
13:39il va devoir se soigner.
13:40Et il me dit tout de suite qu'il mènera un accompagnement
13:44bien au-delà de ces deux ans.
13:45Et pour le justifier, il met en avant le fait
13:49qu'il doit d'abord apprendre à s'aimer
13:51avant de faire confiance aux autres.
13:53Et il retient déjà aussi le travail de déconstruction
13:57qui a été mené par le psy
13:59pour apprendre à ne pas répondre par la violence à un conflit.
14:03Julien vous raconte qu'il est séparé de son ex-compagne
14:06depuis son interpellation.
14:08Est-ce qu'il voit encore ses enfants ?
14:10Oui, oui, il les voit.
14:12Il organise d'ailleurs souvent des rencontres
14:16avec la grand-mère, sa propre mère, et les enfants.
14:20Il est d'ailleurs très fier d'avoir convaincu
14:24sa mère de divorcer, de son père violent.
14:28Il était très heureux de l'avoir bien dans sa tête désormais.
14:35Christine Mathéus, vous expliquez dans votre papier pour le Parisien
14:38que les CPCA font face à une demande croissante de volontaires,
14:41comme Julien, des personnes violentes qui demandent
14:44elles-mêmes à être suivies.
14:45C'est bon signe ?
14:47Alors oui, c'est bon signe.
14:49On le voit, depuis 2021, il y a plus de 66 000 personnes
14:52qui ont été accompagnées par les CPCA,
14:55dont près de 22 000.
14:57Rien qu'en 2024, ce qui représente une augmentation de 57 %
15:01depuis 2022, c'est énorme.
15:03Il y a une hausse de la fréquentation
15:05parce que les associations sont regroupées en réseau,
15:08mais aussi parce que la justice, dans ses jugements,
15:11donne des peines qui sont assorties de plus en plus souvent
15:14d'obligations de soins ou d'autres dispositifs
15:17qui sont gérés par les CPCA,
15:19ce qui fait qu'ils sont extrêmement sollicités.
15:21Mais ces centres, en fait, n'arrivent plus à faire face à la demande.
15:25Alors, les professionnels notent une augmentation,
15:28effectivement, des demandes d'accompagnement volontaire
15:31parce que, simultanément aux demandes de suivi
15:34qui sont initiées par la justice,
15:36il y a aussi des gens qui se portent volontaires
15:37pour un accompagnement hors du cadre judiciaire.
15:41Et cet accompagnement volontaire,
15:42il a augmenté de 80 % entre 2021 et 2023.
15:46Alors, les auteurs de violences,
15:47lorsqu'ils prennent contact avec les CPCA,
15:50soit on les perd, parce qu'on ne les prend pas en charge,
15:53soit on les fait patienter sur une liste d'attente
15:55et aujourd'hui, il y a plus de 1000 personnes
15:57qui sont en train d'attendre une prise en charge.
15:59Donc, avec un budget annuel d'environ 5 millions d'euros,
16:04les ressources actuelles sont insuffisantes,
16:08d'après les professionnels, pour faire face à cet afflux.
16:11On l'a dit au début de cet épisode,
16:13les centres de prise en charge des auteurs de violences conjugales
16:15ont été mis en place suite au Grenelle de 2019.
16:18L'expérimentation devait durer quelques années.
16:21Aujourd'hui, ces centres attendent le vote
16:23de la loi de finances 2026
16:24pour savoir s'ils sont pérennisés
16:26et pour savoir quels moyens leur seront alloués.
16:29Eux, ils demandent quoi ?
16:31Déjà, on l'a dit,
16:32ils demandent des moyens financiers supplémentaires
16:34de la part de l'État,
16:35qui les finance à 75 %
16:37pour faire face à la demande croissante
16:39de prise en charge,
16:41mais aussi pour pouvoir augmenter
16:43la durée du suivi,
16:45qui est insuffisante à leurs yeux.
16:46Ils estiment avoir besoin de 12 mois
16:49pour accompagner un auteur de violences conjugales,
16:52alors que l'accompagnement
16:53dure en moyenne seulement 143 jours.
17:05Merci à Christine Mathéus.
17:07Cet épisode de Codesources a été produit par
17:09Clémentine Spiller et Thibaut Lambert,
17:12réalisation Pierre Chaffonjon.
17:14Codesources est le podcast d'actualité du Parisien.
17:17N'oubliez pas de vous abonner
17:18sur votre plateforme préférée
17:20pour ne rater aucun épisode
17:22et surtout d'en parler autour de vous.
17:24Vous pouvez aussi écouter Crime Story.
17:26Chaque samedi,
17:27Claudia Prolongeau
17:28et le chef du service police-justice
17:30Damien Delseny
17:31vous racontent une grande affaire criminelle.
Commentaires

Recommandations