00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12La gaieté lyrique au cœur de Paris dans le 3e arrondissement est occupée depuis le 10 décembre par environ 400
00:19personnes, pour la plupart de jeunes migrants sans domicile.
00:22Cet ancien théâtre est investi à l'initiative d'un collectif qui veut dénoncer l'inaction des pouvoirs publics pour
00:29venir en aide à ces jeunes isolés.
00:31Et dans ce dossier, la ville de Paris et l'État se renvoient à la responsabilité de leur prise en
00:36charge.
00:37La justice a donné en février un mois aux occupants pour évacuer les lieux, devenus dangereux en raison de manifestations
00:44de l'extrême droite et de la gauche, mais la municipalité refuse de les expulser.
00:49On fait le point dans Codesources avec deux journalistes du Parisien à l'édition de Paris, Marion Krempe et à
00:56distance Florian Loisy.
01:05Marion Krempe, pour nos auditeurs et nos auditrices qui ne sont pas de Paris ou d'Île-de-France, décrivez
01:09-nous la gaieté lyrique, à quoi ça ressemble et ce que représente ce lieu ?
01:14La gaieté lyrique, c'est un ancien théâtre qui avait été inauguré au milieu du XIXe siècle, qui avait fait
01:20les grandes heures de l'opérette, et qui en 2011, après plusieurs années d'abandon, est devenu un lieu culturel
01:29de la ville de Paris,
01:30où se déployaient des expositions, des concerts, des performances, des conférences, un lieu qui s'est toujours voulu très ouvert.
01:40Et d'autant plus depuis 2023, où sous l'impulsion de la ville de Paris s'est créé le projet
01:47La Fabrique de l'époque,
01:48qui se veut un projet culturel tourné vers l'engagement social, démocratique, des droits, de l'urgence climatique,
01:57pour en faire un lieu encore plus ouvert à tous les Parisiens et à tous les publics.
02:02Et j'ajoute que la gaieté lyrique appartient donc à la ville de Paris, mais son exploitation est confiée à
02:07un consortium,
02:09composé de plusieurs ONG, notamment et du média Arte.
02:12Le mardi 10 décembre 2024, plusieurs centaines de personnes investissent les lieux. Comment ça se passe ?
02:19Eh bien justement, dans le cadre de La Fabrique de l'époque, se tenait une conférence organisée par la Fondation
02:25de la Croix-Rouge
02:25sur le thème « Réinventer l'accueil des réfugiés en France ».
02:29Et c'est là que le collectif des jeunes du parc de Belleville en a profité pour investir le lieu
02:34et y faire rentrer jusqu'à 200 jeunes migrants.
02:37Et ces jeunes ne vont pas repartir, ça fait maintenant 71 jours qu'ils sont là.
02:42Donc c'est vraiment devenu un lieu d'occupation géré par ce collectif des jeunes du parc de Belleville.
02:47Alors c'est quoi ce collectif des jeunes du parc de Belleville qui est à l'initiative de cette occupation
02:52illégale ?
02:53Alors c'est un collectif qui s'est créé à l'automne 2023, qui porte la question des droits des
02:57mineurs isolés
02:58et qui s'est spécialisé depuis 2023 dans l'occupation de lieux culturels parisiens
03:03pour faire pression sur l'État, sur la ville, la ville et le département de Paris,
03:07pour trouver des solutions d'hébergement pour les mineurs isolés.
03:10Quand on parle de mineurs isolés, qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
03:13On parle de migrants qui sont sur le territoire français, sans statut juridique, sans papier
03:20et qui doivent normalement être pris en charge par le département.
03:29Vous l'avez dit, c'est pas la première fois que des migrants qui font partie de ce collectif
03:33ou d'un autre d'ailleurs occupent des établissements de la ville de Paris.
03:36Comment ça s'est terminé les fois précédentes ?
03:39Je crois que la dernière occupation, c'était la maison des Métallos l'année dernière.
03:43Le bâtiment avait été investi en avril.
03:46Je crois qu'ils étaient à peu près 200.
03:49Une situation similaire, ils avaient été expulsés en juillet, juste avant les Jeux Olympiques.
03:55La ville de Paris avait trouvé des solutions d'hébergement d'urgence dans des gymnases
03:59et des structures de la ville financées par la ville de Paris.
04:02Marion Crème, cette fois-ci, quel est le profil des occupants de la gaieté lyrique qui s'installe à partir
04:08de ce 10 décembre ?
04:09Ce sont principalement des jeunes hommes, alors majeurs ou mineurs, ça on ne sait pas et c'est toute la
04:14question.
04:15Ils viennent majoritairement d'Afrique subsaharienne.
04:18Et depuis le début de l'occupation, d'autres publics sont rentrés dans la gaieté lyrique, notamment des femmes et
04:24des nourrissons.
04:28Florian Loisy, vous vous rendez sur place le samedi 14 décembre, soit 4 jours après le début de l'occupation.
04:35Le lieu est encore accessible à ce moment-là pour le public.
04:38Qu'est-ce que vous voyez et quelle est l'ambiance sur place ?
04:41On est donc dans ce lieu qui vient tout juste d'être occupé depuis simplement 4 jours.
04:47On est encore dans de la débrouille un peu, tant du côté des salariés que du côté des migrants qui
04:53se sont installés.
04:54Quand on entre dans ce lieu, il y a déjà immédiatement à l'entrée 4 à 5 personnes qui plus
05:02ou moins assurent la sécurité
05:04entre justement les personnes qui viennent fréquenter ce lieu culturel et les migrants qui sont déjà plus de 300 à
05:13ce moment-là.
05:14A l'intérieur de la gaieté lyrique, il y a rapidement des escaliers qui mènent au premier étage.
05:18Et ce premier étage est intégralement occupé par justement 300 personnes qui dorment sur place, qui sont assis par terre,
05:29qui sont allongés.
05:30En plus de ces 300 personnes, il faut comprendre qu'il y a leurs affaires, parfois des bébés également.
05:36Il y a au mur et au milieu de la salle des panneaux avec des photos, puisqu'il y a
05:44une exposition photo.
05:45Sauf que ces panneaux servent finalement de mur pour les gens qui ont calé leur matelas de fortune et leur
05:53couverture.
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