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Après de vives oppositions à son implantation au BHV, Shein est dans le viseur des autorités pour la mise en vente de produits illicites. On retrace cette affaire dans Code source avec Estelle Dautry et Vincent Vérier, deux journalistes du service économique du Parisien. Le gouvernement a même menacé de suspendre la plateforme.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Anaïs Godard et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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Après de vives oppositions à son implantation au BHV, Shein est dans le viseur des autorités pour la mise en vente de produits illicites. On retrace cette affaire dans Code source avec Estelle Dautry et Vincent Vérier, deux journalistes du service économique du Parisien. Le gouvernement a même menacé de suspendre la plateforme.
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00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le site controversé de e-commerce Chine n'en finit pas d'enchaîner les polémiques cet automne.
00:17Après la forte opposition d'élus et de commerçants face à l'arrivée d'un point de vente Chine dans
00:24un grand magasin parisien, le BHV,
00:26le distributeur chinois a récemment été épinglé par les autorités pour avoir proposé des produits illicites.
00:33Parmi eux, des armes mais aussi des poupées sexuelles qui prennent l'apparence de jeunes fillettes.
00:40Information révélée par le Parisien le 1er novembre, le gouvernement a menacé de suspendre la plateforme.
00:47On retrace cette affaire dans Codesource avec deux journalistes qui couvrent les sujets économiques aux Parisiens, Estelle Dautry et Vincent
00:55Verrier.
01:07Estelle Dautry, pendant le mois d'octobre, alors que le distributeur Chine fait beaucoup parler de lui en France,
01:13vous récoltez, pour le Parisien, les confidences d'une ancienne accro à la plateforme.
01:18Alors qui est cette jeune femme et qu'est-ce qui lui est arrivé ?
01:20Anna, c'est une trentenaire parisienne. En 6 ans, c'est-à-dire entre 2018 et 2024, elle a dépensé
01:26un peu plus de 1000 euros sur Chine.
01:29À ce moment-là, elle me dit qu'elle gagnait assez mal sa vie et elle achetait vraiment de tout
01:33à tout petit prix.
01:34C'est le principe du site. Donc elle achetait des vêtements, des déguisements, des lunettes colorées pour mettre en soirée.
01:40Elle achetait des paillettes, des objets de déco et puis plein de petites choses qu'elle offrait à ses amis.
01:44Elle ne se dit pas qu'il y a un souci avec ce site. Elle est au contraire très fière
01:47quand on lui fait des compliments sur ses vêtements,
01:49qu'on lui dit « Où est-ce que t'as trouvé ce beau t-shirt ? »
01:52À un moment, elle commence quand même à culpabiliser, à se dire que ce n'est pas normal d'acheter
01:55des choses à si petits prix qui viennent de l'autre bout du monde.
01:58Donc elle arrête complètement d'acheter sur Chine. Et là, ça va faire un an qu'elle a arrêté, qu
02:03'elle s'est sevrée de ses achats.
02:05Est-ce que les Français fréquentent beaucoup Chine aujourd'hui ?
02:07Oui. Chine, c'est plus de 20 millions de clients en France. Selon Bercy, un tiers des Français a acheté
02:12sur le site durant ces six derniers mois.
02:14Donc vraiment, c'est un site qui est en explosion depuis plusieurs années.
02:18Et c'est un site qui est très consulté dans le dernier classement de médiamétrie.
02:21Il apparaît entre Netflix et Spotify, dans les sites les plus consultés en France.
02:28On a déjà consacré deux épisodes de Codesources à Chine, mais rappelons très rapidement de quoi il s'agit.
02:34C'est un géant chinois du e-commerce apparu à la fin des années 2000, aujourd'hui basé à Singapour.
02:41C'est à la fois une plateforme qui vend des milliers de produits en tout genre, mais qui commercialise aussi
02:47ses propres produits,
02:48comme des collections de vêtements sous la marque Chine.
02:51Qu'est-ce qui fait le succès de ce site de vente en France ces dernières années ?
02:56En fait, c'est un site qui produit tout.
02:57C'est-à-dire que dès qu'il y a une tendance, il y a un t-shirt, il y
03:00a une tendance K-pop par exemple,
03:02au lieu de faire 100 000 t-shirts identiques, ils vont faire plein, plein, plein de modèles,
03:06une cinquantaine de modèles un jour avec une petite production de t-shirts.
03:09Il y aura 1000 t-shirts avec le dessin jaune, 1000 avec le dessin rose.
03:13Et le lendemain, ça va changer.
03:15Donc vraiment, vous pouvez y aller tous les jours, vous aurez à chaque fois des nouveaux produits qui correspondent à
03:19la tendance.
03:20À très bas prix.
03:21À très bas prix. Vraiment, ça commence à 1 euro, mais il y a des t-shirts à 2 euros,
03:25des maillots de bain à 3 euros,
03:26tout ce que vous voulez sur le site.
03:28Mais depuis plusieurs années, Chine est aussi critiquée. Qu'est-ce qu'on lui reproche ?
03:32En fait, il y a la condition de travail déjà, parce que pour vendre un t-shirt à 2 euros,
03:37ça veut dire que l'ouvrier derrière dans l'usine chinoise, il n'est pas très bien payé, voire même
03:41payé catastrophiquement.
03:42Et il y a aussi les conditions environnementales.
03:44En plus d'être des matières pas terribles, c'est des millions de colis qui sont envoyés dans le monde
03:49entier chaque jour.
03:50Et ça, ça pollue énormément.
03:52Ensuite, il y a aussi la surconsommation, parce que comme c'est à très bas prix,
03:54on peut acheter 10 t-shirts qu'on porte chacun une fois, voire qu'on porte jamais et qu'on
03:58jette à la poubelle derrière.
03:59Chine est dirigée par Donald Tang, un milliardaire sino-américain qui est arrivé à la tête du site en 2020.
04:06Qu'est-ce qu'on sait de lui ?
04:07Donald Tang, c'est le mythe du milliardaire à l'américaine. Il quitte Shanghai très jeune parce qu'il suit
04:13sa petite amie à Los Angeles,
04:15qui émigre avec sa famille. Lui, il a des parents qui étaient professeurs d'université.
04:19Il s'inscrit à la fac aux États-Unis pour payer ses études. Il travaille dans un restaurant, il fait
04:24la plonge tous les soirs.
04:25Il a du mal à s'intégrer. Il arrive quand même à avoir son diplôme d'ingénieur.
04:29Et ensuite, il commence à travailler dans les plus grandes bandes d'affaires américaines avant de rejoindre Chine à 60
04:35ans.
04:35Et quelle est sa mission au sein de Chine aujourd'hui ?
04:37Sa mission, c'est de réussir à développer le site dans le monde entier.
04:40Et ça marche depuis 2020. Vraiment, tous les chiffres sont exponentiels dans tous les pays du monde.
04:47On en vient aux événements les plus récents.
04:49Vincent Verrier, cette année, au début du mois de septembre, Chine se voit infliger une très lourde amende en France.
04:55Pour quelles raisons ?
04:56C'est la Commission nationale de l'informatique et des libertés, la CNIL, qui a enquêté pendant un peu moins
05:03d'un an sur Chine
05:04et qui a constaté qu'en fait, les données de ses clients n'étaient pas forcément conservées comme il le
05:08fallait,
05:09ou en tout cas que les clients n'étaient pas informés que leurs données étaient conservées par Chine, ce qui
05:13est interdit.
05:14Ou en tout cas, il faut le consentement du client.
05:16Et donc, de ce fait-là, une amende de 150 millions d'euros a été infligée en septembre à Chine.
05:20C'est beaucoup ?
05:21C'est une amende qui est très très importante, mais il faut juste rappeler le chiffre d'affaires,
05:24c'est plus d'un milliard et demi d'euros en France, et puis au niveau mondial, c'est plus
05:28de 20 milliards d'euros,
05:29donc c'est pas la petite PME du coin.
05:30Et d'un mot, ce n'est pas la première fois que le site chinois est sanctionné par les autorités
05:34françaises ?
05:35Oui, tout à fait, il y a d'autres motifs de sanctions, c'était sur des promotions qui n'en
05:38étaient pas.
05:39Chine propose des réductions qui en fait n'existent pas, à non 50%, 40%,
05:44et en fait c'est des prix qui étaient déjà affichés il y a quelques mois,
05:47ou alors elles gonflent les prix juste avant la vente, et donc en fait il n'y a pas de
05:50réduction.
05:51La DGCCRF, donc la répression des fraudes, lui avait infligé une amende de 40 millions d'euros.
05:55Par ailleurs, des associations de consommateurs signalent depuis des années des anomalies graves
06:00sur les produits vendus par Chine, lesquels par exemple ?
06:03L'UFC Que Choisir notamment, qui a fait un travail de Fourmi,
06:06qui a étudié plusieurs produits pour savoir si ces produits étaient dangereux ou pas,
06:09donc il y a deux produits, il y a à la fois les jouets qui sont vendus sur la plateforme
06:13Chine,
06:13ils ont testé plusieurs produits, et 100% de ces produits testés par l'UFC Que Choisir
06:19ne respectaient pas les normes européennes, étaient dangereux pour les consommateurs.
06:22100% des produits testés.
06:24A la fois sur effectivement les produits utilisés,
06:27il y a des produits qui sont toxiques pour les enfants,
06:29à la fois aussi parce qu'il y avait des petites pièces qui pouvaient se détacher facilement,
06:34ça ne respectait pas les normes,
06:35donc 100% des jouets vendus sur Chine sont dangereux pour le consommateur.
06:38Il y avait également des chargeurs de téléphone qui ont été testés,
06:42là le chiffre est tout aussi important,
06:44il y a 90% des produits testés qui sont dangereux.
06:46C'est-à-dire que quand vous achetez un chargeur sur Chine et que vous l'utilisez,
06:50il y a un risque qu'il puisse par exemple mettre le feu à votre habitation.
06:55Le 1er octobre, le groupe SGM, propriétaire du BHV à Paris,
07:00annonce que Chine va occuper plus de 1000 m2 de son célèbre magasin à partir du mois de novembre.
07:05C'est la première fois dans le monde que Chine accède à un point de vente permanent.
07:10Chine doit aussi arriver dans les 5 galeries Lafayette du groupe,
07:13dans plusieurs grandes villes de France.
07:15Quelles sont les réactions suite à cette annonce, Estelle Dautry ?
07:18L'arrivée de Chine, c'est un coup terrible pour la Fédération du commerce et de l'habillement.
07:23Eux, ça fait des années qu'ils essayent de se battre contre cette enseigne de fast fashion,
07:27la mode française se porte mal.
07:29Et donc vraiment, ils essayent depuis des années de faire en sorte
07:32que Chine ne prenne pas toute la place possible.
07:35Les députés aussi travaillent depuis des mois sur une loi anti fast fashion
07:38pour essayer de limiter l'arrivée de Chine.
07:41Et là, le fait que ça s'installe en boutique, ça terrorise tout le monde.
07:45Comment se défendent de leur côté les promoteurs de ce partenariat ?
07:49Frédéric Merlin, qui est le patron du BHV,
07:52lui trouve que c'est formidable, que de toute façon l'important c'est de faire du commerce,
07:56et que Chine c'est le commerce qui marche le mieux aujourd'hui en France.
08:00Donc, il pense que les acheteurs sont là, que Chine c'est un acteur comme un autre.
08:05Lui, il pense qu'il y a même un mépris envers les clients de Chine,
08:07en disant, vous trouvez que c'est des gens qui n'ont pas le pouvoir d'achat d'acheter autre
08:11chose peut-être,
08:12et vous les regardez avec mépris, mais c'est des clients comme les autres,
08:15et moi je les accueille chez moi au BHV.
08:16Qui suis-je en tant que commerçant pour mépriser un tiers de la population française ?
08:21C'est 25 millions de clients qui consomment chez Chine.
08:28Vincent Verrier, le jeudi 30 octobre, la rédaction du magazine 60 millions de consommateurs
08:34transfère un mail d'une de ses lectrices à la Direction Générale de la Répression des Fraudes.
08:39Que disent Courrier ?
08:40C'est un mail qui avertit le magazine en disant, voilà, moi en allant faire mes cours sur Chine,
08:45j'ai découvert des poupées, paie-nous pornographiques.
08:48Elle envoie les photos des poupées, le lien pour y accéder,
08:51et puis plus globalement, elle envoie aussi un lien qui renvoie vers tous les produits,
08:56les sextoys vendus sur le site Chine.
08:59Qu'est-ce qu'on peut voir et lire sur la page de cette poupée grandeur nature ?
09:03Alors c'est une annonce commerciale d'une poupée, d'une petite fille de 5-6 ans,
09:07qui fait 80 cm, avec un doudou dans les bras,
09:10et on s'imagine que ça peut très bien servir de jouer à un enfant de 5 ans.
09:13Mais à côté, on a cette annonce qui est particulièrement sinistre.
09:16Poupée sexuelle, chat arrière-train joué,
09:20poupée pour fantasme, homme solitaire,
09:23poupée de masturbation masculine.
09:25Donc là on comprend très vite que c'est plus un jouet,
09:27c'est un accessoire de masturbation pour les hommes.
09:30Et ce produit, il est donc en vente sur le site de Chine ?
09:33Il est vendu sur le site de Chine, mais c'est pas Chine qui le vend en tant que tel.
09:36Chine est une marketplace, c'est-à-dire que c'est une place de marché
09:38où n'importe quel commerçant peut venir vendre ses produits à côté des produits Chine.
09:42Et donc là en l'occurrence, c'est poupée sexuelle,
09:44ce sont des produits qui sont fabriqués par d'autres fabricants que Chine,
09:47mais qui sont vendus sur la plateforme de Chine.
09:49Et donc cette poupée par exemple, elle est vendue 186 euros sur le site de e-commerce.
09:53Qu'est-ce qui se passe une fois que la répression des fraudes reçoit cette alerte ?
09:57C'est un peu le branle-bas de combat, il faut imaginer que lorsque ce mail de 60 millions de
10:01consommateurs
10:01est ouvert à la répression des fraudes, c'est un peu le choc.
10:05La répression des fraudes, elle est là pour s'assurer que les choses vendues respectent les normes,
10:10les conditions prévues par la loi.
10:12Là, on est sur quelque chose de criminel qui relève du pénal,
10:16ils n'ont pas l'habitude de traiter ce genre d'image et ce genre de situation.
10:19Donc ils s'interrogent, ils se disent mais qu'est-ce qu'on fait de ça ?
10:22Ils demandent à leurs enquêteurs quand même de s'assurer que les faits sont bien réels.
10:26Donc ils vont sur le site de Chine, ils vont faire des captures d'écran, des captures du lien
10:30et ils vont rédiger un rapport qu'ils vont envoyer au procureur de Nanterre.
10:36Il faut savoir qu'en France, tout agent de la fonction publique,
10:39lorsqu'il est témoin d'une infraction pénale, un délit,
10:43il est obligé d'en informer les autorités compétentes.
10:46Et donc là, qu'est-ce qu'il fait ?
10:47Il interpelle le procureur de Nanterre qui lui se dessaisit au profit du procureur de Paris.
10:53Une enquête est donc ouverte, c'est une procédure judiciaire qui va prendre du temps.
10:58Que font à leur niveau les agents de la DGCCRF, la répression des fraudes, en attendant ?
11:03Dans un premier temps, ils vont essayer d'enquêter sur le site,
11:07ils vont voir s'il y a d'autres produits qui sont concernés,
11:10notamment des produits pornographiques,
11:13parce qu'il faut savoir qu'on peut vendre des produits pornographiques comme des sex toys,
11:17mais à la seule condition que l'accès à ces produits soit réservé aux adultes.
11:22Et donc il faut un certain nombre de garanties pour éviter qu'un enfant qui cherche par exemple un canard
11:26se retrouve sur une plateforme de sex toys sans en être préparé.
11:30Et donc là, ils s'aperçoivent qu'effectivement,
11:32Chine ne protège absolument pas les mineurs de ces produits réservés aux adultes.
11:36Donc ils vont, pareil, rédiger un rapport,
11:38où ils vont mettre tous les griefs qu'ils ont contre Chine,
11:41et ils vont envoyer ça à Chine en lui demandant de mettre fin aux troubles,
11:45c'est-à-dire de prendre des mesures qui vont à la fois consister à retirer des produits,
11:49on va dire criminels, comme les poupées pédopornographiques,
11:52mais également faire en sorte que les pages réservées aux adultes,
11:55notamment les sex toys, soient véritablement réservées aux adultes,
11:58en mettant des barrières où on demande l'âge,
12:00où on demande la carte d'identité, des choses comme ça.
12:02Et tout ça se passe en seulement quelques heures, c'est ça ?
12:05Ils enquêtent le vendredi et ils avertissent Chine le lendemain, le samedi.
12:09Chine, dans les médias, ne répond pas.
12:11Et puis, ils communiquent, je crois, 48 heures plus tard,
12:14pour dire qu'on a retiré des produits,
12:16et des mesures vont être prises pour protéger les mineurs des produits réservés aux adultes.
12:22Le samedi 1er novembre, Vincent Verrier vous révélait cette alerte dans Le Parisien,
12:27et l'information fait l'effet d'une bombe,
12:30elle provoque une pluie de réactions indignées.
12:32Le géant chinois du commerce en ligne est accusé de vendre des poupées à caractère...
12:37La vente en ligne d'une poupée sexuelle dont les traits sont ceux d'une petite fille...
12:42On publie l'article le samedi soir sur le net et le dimanche matin dans notre journal,
12:47et c'est pas possible, on touche à l'enfant.
12:49Donc là, c'est un peu la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
12:52Les ministres aussi qui s'en emparent,
12:54en disant qu'il faut réglementer cette plateforme,
12:56et on tourne un petit peu autour du pot,
12:57et là on dit que c'est pas possible, on ne peut pas laisser passer sa arme.
12:59Bien sûr, il est journaliste, mais également le cuidem de la rue,
13:02qui voit cette photo qui circule partout sur les télévisions,
13:05et qui dit qu'on ne peut pas continuer comme ça.
13:07C'est clairement une honte.
13:08J'ai l'impression qu'en fait, il n'y a jamais de fond à être choqué par ce qui
13:13est fait.
13:14À un moment donné, il faut dire stop face à des entreprises comme celle-là
13:17qui ne respectent absolument rien.
13:18Au lendemain de cette révélation par Le Parisien,
13:21plusieurs médias, dont notre journal, révèlent que Chine vend d'autres objets illicites.
13:27Lesquels ?
13:27Les armes de catégorie A, quand on dit armes de catégorie A,
13:30ce sont des points américains, ce sont des machettes,
13:33qui sont normalement interdites à la vente sans contrôle.
13:36C'est-à-dire qu'en France, on peut vendre des armes,
13:38mais sous contrôle, il faut des permis, etc.
13:40Là, c'est vendu sur un site, accessible à tout le monde, sans contrôle.
13:43Donc ça, c'est interdit.
13:45Et pareil, cette information crée un certain émoi,
13:48parce que dans les armes vendues, il y a une machette,
13:50et cette machette, c'est l'arme qui a été utilisée dans une affaire
13:54qui remonte en début d'année, au mois de janvier 2025,
13:56dans laquelle un enfant de 14 ans a été tué par d'autres mineurs
13:59avec une machette de ce type.
14:01Donc assez rapidement, cette nouvelle révélation
14:03vient rajouter, on va dire, un peu l'horreur à l'horreur,
14:07c'est-à-dire que non seulement on ne protège pas nos enfants
14:08des agressions sexuelles,
14:10mais en plus, cette plateforme vend des armes
14:12qui potentiellement peut se retourner contre les enfants.
14:17Estelle Dautry, comment réagit de son côté la direction du BHV
14:21qui se prépare à ce moment-là à ouvrir son étage réservé à Chine le 5 novembre ?
14:27Clairement, la direction du BHV est scandalisée.
14:29Ce que dit le patron Frédéric Marlin, c'est qu'il a réfléchi un moment
14:32à stopper le partenariat, mais qu'il a été convaincu par la réaction rapide de Chine
14:37qui a donc assuré retirer tous ses produits.
14:39Nous condamnons particulièrement ce qui s'est passé.
14:41Chine a pris des actions, ils ont immédiatement retiré la marchandise.
14:45Eux-mêmes la condamnent.
14:48Chine eux-mêmes la condamnent.
14:49Ils sont en train de mener une enquête,
14:50et cette enquête va être particulièrement menée avec fermeté et exigence.
14:54Je crois que ce qui se passe là, à la fois nous condamnons très fermement,
14:58et ça rappelle la nécessité d'une boutique,
15:00puisque dans un commerce physique, ce genre de situation-là ne se serait jamais produite.
15:04Tout ce qui sera vendu au BHV sera conforme,
15:08respectera la législation française et européenne,
15:10et régulariser les marketplaces, c'est un enjeu particulièrement important.
15:15Cette polémique, qui arrive, on le comprend, au pire moment,
15:18à quelques jours de l'arrivée de Chine au BHV,
15:20c'est une catastrophe pour les salariés du magasin.
15:23Oui, ça fait déjà un mois qu'il y a des tas de polémiques
15:25sur l'arrivée de Chine au BHV,
15:27mais que les choses s'étaient un peu calmées.
15:30Là, l'affaire des poupées, c'est quelque chose qui est totalement inflammable.
15:33Tout le monde en parle partout.
15:34Tous ceux qui étaient contre l'arrivée de Chine au BHV le sont encore plus.
15:38Et en même temps, ils ne peuvent rien faire.
15:40C'est la décision de la direction.
15:41Donc là, ils ne savent pas, est-ce qu'il y aura des clients ?
15:43Comment ça va se passer ? Est-ce que réellement Chine va arriver ?
15:46Est-ce qu'il y aura des manifestations devant le magasin ?
15:48Est-ce qu'ils vont se faire agresser ?
15:49Enfin voilà, ils sont quand même très inquiets.
15:51C'est une ambiance assez pesante.
15:53Sur instruction du Premier ministre,
15:55le gouvernement engage la procédure de suspension de Chine.
16:01Le mercredi 5 novembre, dans un communiqué,
16:04le ministère de l'économie annonce le lancement d'une procédure
16:08pour suspendre Chine en France.
16:10Sur ordre du Premier ministre, Sébastien Lecornu,
16:14le temps nécessaire pour que la plateforme soit enfin en conformité avec nos lois.
16:19Fin de citation.
16:20Vincent Verrier, le gouvernement prend donc ça très au sérieux ?
16:23Oui, parce qu'on est sur un sujet de protection des consommateurs.
16:26L'État protecteur en France doit protéger le citoyen lorsqu'il se balade dans la rue,
16:29mais il doit également protéger le consommateur lorsqu'il achète un produit.
16:32Et là, cette plateforme, ça fait plusieurs mois qu'elle ne respecte pas le règle.
16:35À plusieurs reprises, elle a été sanctionnée.
16:37Et là, le gouvernement décide de frapper fort.
16:40Et le Premier ministre incarne cette réponse.
16:43Il dit stop, on arrête, on cite la fin de la partie.
16:45Maintenant, on va prendre des mesures radicales.
16:47Pour autant, on découvre à ce moment-là que ce n'est pas si simple de faire fermer en France
16:51un site marchand mondialement connu comme Chine.
16:54Pour quelles raisons ?
16:55Parce qu'en France, on est un pays de liberté, le commerce est libre.
16:57Donc on ne ferme pas un commerce comme ça.
16:59Il y a des règles, ça peut prendre du temps.
17:02Donc là, le gouvernement va essayer de trouver toute une série de mesures
17:06pour aboutir à son objectif qui est à la fois de contraindre Chine de respecter les règles
17:11et, in fine, si ce n'est pas le cas, de suspendre la plateforme.
17:14Alors, quelles sont les pistes envisagées par les autorités ?
17:17La piste traditionnelle, c'est celle qu'on connaît que Wish a déjà connue,
17:20qui est une autre plateforme de e-commerce
17:21et qui avait été suspendue et déréférencée pendant plusieurs mois
17:25parce qu'aux injonctions de la répression des fraudes de dire
17:27« retirer tel produit », elle n'avait pas répondu.
17:30Donc à un moment, le gendarme de la consommation avait dit
17:32stop, on arrête les frais, on suspend parce que vous ne respectez pas
17:35nos demandes de retraite produit.
17:37Il y a une autre mesure qui est assez maligne,
17:39c'est de dire « Chine crée un trouble à l'ordre public ».
17:42Donc là, le ministère de l'Intérieur va porter plainte auprès du parquet
17:45en disant « voilà, cette entreprise, par la répétition du non-respect de ses règles,
17:49elle crée un trouble à l'ordre public ».
17:51Donc je vous demande, vous, la justice, de prendre une décision.
17:55Donc à ce moment-là, le mercredi 5 novembre,
17:57le gouvernement donne en quelque sorte un délai à Chine pour se mettre en règle ?
18:00Il lui donne 48 heures, c'est la règle.
18:02C'est-à-dire qu'à partir du moment où la répression des fraudes constate
18:05qu'une entreprise ne respecte pas les règles,
18:07elle a 48 heures pour se mettre dans les clous.
18:09Donc c'est envoyé le mercredi soir, et donc le vendredi soir,
18:12Chine doit être dans les clous.
18:14De son côté, le patron de Chine, Donald Tang,
18:16écrit au ministre des petites et moyennes entreprises,
18:19du commerce, de l'artisanat et du pouvoir d'achat, Serge Papin,
18:23qu'est-ce qu'il dit dans ce courrier Estelle Dautry ?
18:25Il dit qu'ils sont prêts à collaborer avec la justice,
18:27qui vont transmettre toute la liste des clients,
18:30si on leur demande pour les poupées pédopornographiques,
18:32et surtout qu'ils ont suspendu toute la marketplace,
18:35c'est-à-dire tous les produits qui n'étaient pas fabriqués
18:37et vendus par Chine de leur site,
18:39et ils ont même supprimé tous les objets,
18:41tout ce qui n'était pas vêtements réalisés par Chine de leur site.
18:44Donc à ce moment-là, quand on s'y connecte, il n'y a que les vêtements.
18:47Théoriquement, eux se protègent en disant,
18:49c'est bon, plus personne ne peut trouver un objet qui n'est pas aux normes,
18:52qui n'est pas censé être vendu, qui est interdit.
18:54Il n'y a plus rien à part des robes, des chemises,
18:58et tout ce que vous voulez de vestimentaire.
19:00Vincent Verrier, cette décision rapide de suspendre la marketplace
19:03et donc de retirer des centaines de milliers de produits du site Chine,
19:07c'est une décision radicale ?
19:09C'est un aveu de faiblesse surtout.
19:10Ça veut dire que par cette décision,
19:12la direction Chine reconnaît qu'elle est incapable de contrôler sa marketplace.
19:16Elle sait très bien que si elle maintient cette marketplace,
19:18au bout de 48 heures, le site est suspendu
19:20parce que la répression des fraudes va trouver des produits
19:22qui ne respectent pas les règles françaises.
19:25Donc de ce fait-là, elle ferme sa marketplace.
19:27Et pourtant, avec Estelle, nous avons fait l'interview
19:29du porte-parole de Chine en France.
19:31On lui a posé la question de savoir
19:33comment vous contrôlez les produits que vous mettez en vote sur votre marketplace.
19:36Et il nous répond qu'il y a quatre niveaux de contrôle.
19:38Des contrôles avant l'entrée,
19:40des contrôles au moment où ils vendent,
19:41pour vérifier encore une fois les produits qui sont vendus.
19:43Il y a des contrôles aléatoires
19:44et des contrôles par des personnes physiques
19:46des produits qui sont vendus.
19:48Et ensuite, le quatrième niveau de contrôle, c'est les consommateurs.
19:50Donc on va dire que le seul niveau de contrôle qui a fonctionné, c'est le dernier.
19:52Puisque effectivement, c'est un consommateur qui a donné l'alerte.
19:54Mais les trois autres, les poupées sont passées sous le radar.
19:57Sachant que ces produits-là, de ce qu'on a compris,
19:59elles n'étaient pas mis en vote depuis 15 jours.
20:01Ça devait être sans doute depuis plusieurs mois.
20:03Donc par ce retrait de la marketplace,
20:05Chine reconnaît qu'elle est incapable de maîtriser
20:07ce qui est vendu sur son site.
20:10On en arrive au vendredi 7 novembre au soir,
20:13à l'issue du délai de 48 heures.
20:15Qu'est-ce qu'il se passe ?
20:16Le site Chine n'est pas suspendu
20:18parce que la répression des fonds considère
20:20que Chine est rentrée dans les clous.
20:22Elle est rentrée dans les clous, pourquoi ?
20:23Parce qu'on vient de le dire,
20:24elle a fermé cette marketplace.
20:26Et l'ensemble des produits qui posaient problème,
20:28c'était les produits vendus sur cette marketplace.
20:30On va dire que les produits vendus Chine,
20:32ça pose des problèmes environnementaux,
20:33ça pose des problèmes de la manière dont ces produits sont consommés,
20:36mais ça respecte les règles.
20:37C'est ça la différence.
20:38Ça veut dire que la plateforme est tirée d'affaires,
20:41elle ne sera pas suspendue en France ?
20:42Non.
20:43Ça veut dire simplement sur cette partie-là de l'enquête,
20:46c'est-à-dire, je vous rappelle,
20:46il y a trois enquêtes qui ont été lancées par les autorités.
20:49Il y a une enquête judiciaire,
20:50il y a une enquête au niveau de l'Europe,
20:52puisqu'on a demandé à la Commission européenne
20:53de se saisir de l'affaire
20:54pour voir de quelle manière elle pouvait, elle,
20:56mieux réglementer ses plateformes au niveau européen.
20:59Il y avait cette enquête de la répression des fraudes
21:00sous 48 heures.
21:02Donc cette enquête-là, effectivement, sous 48 heures,
21:04pour l'instant, Chine est clean.
21:05Je dis pour l'instant,
21:06parce que pour l'instant,
21:07ils ont bloqué leur marketplace.
21:09Que va-t-il s'est passé
21:10s'ils décident à un moment ou n'autre
21:11de relancer leur marketplace ?
21:13Parce qu'on peut s'attendre
21:14à ce que la DGCCRF
21:15réenclenche des enquêtes sur Chine.
21:17Elle a échappé à la suspension,
21:19mais il y a encore plusieurs niveaux
21:20où là, elle peut être sanctionnée.
21:25Vincent Verrier,
21:26quelle leçon retenir de cette séquence ?
21:28Est-ce qu'on peut faire, finalement,
21:30plier des géants du e-commerce ?
21:31C'est compliqué.
21:32Ces entreprises, généralement,
21:34elles ont un lien direct
21:36avec le pouvoir chinois
21:37quand on parle de Chine,
21:38avec le pouvoir américain
21:39quand on parle, par exemple, de Wish.
21:41On ne s'attaque pas à ces entreprises impunément.
21:44C'est pour ça que la France
21:45a demandé le soutien de l'Europe,
21:46parce que la France, toute seule,
21:48elle risque potentiellement
21:49des mesures de rétention
21:51du gouvernement chinois.
21:51Parce que c'est du business.
21:53On va dire le point fort de l'Europe,
21:54en revanche,
21:55c'est que l'Europe,
21:56c'est 450 millions de consommateurs.
21:57En termes de pouvoir d'achat,
21:58on est le plus gros marché.
22:00Ça veut dire que
22:00toutes les entreprises du monde
22:01veulent vendre des produits aux Européens
22:03parce qu'on a l'argent
22:04pour acheter ces produits.
22:05Demain, si Chine perd ce marché-là,
22:08c'est dramatique pour elle.
22:12Estelle Dautry, en parallèle,
22:14le point de vente de Chine au BHV à Paris
22:16a bel et bien ouvert ses portes
22:17le mercredi 5 novembre.
22:19Est-ce que le groupe SGM
22:21a réussi son pari avec ce partenariat ?
22:23C'est difficile de le savoir aujourd'hui.
22:25Ce qui est sûr,
22:26c'est qu'il y a eu un buzz
22:27et une publicité incroyable
22:28autour de l'arrivée de Chine au BHV.
22:30Tout le monde en a entendu parler.
22:32Frédéric Merlin,
22:33le patron du BHV,
22:34lui, il a annoncé,
22:35quelques jours après,
22:36déjà 50 000 visiteurs
22:38pour sa boutique Chine
22:39et un panier moyen
22:41de 45 euros.
22:43Dans le même temps,
22:43le problème,
22:44c'est qu'il y a des enseignes
22:44qui continuent à quitter le BHV.
22:46Elles avaient commencé à le faire
22:47dès l'annonce de l'arrivée de Chine.
22:49Ça continue.
22:50Alors,
22:51est-ce que l'arrivée
22:52de cette grande boutique
22:53de fast fashion
22:54va réussir à compenser les pertes ?
22:56Rien n'est moins sûr.
23:06Merci à Vincent Verrier
23:08et Estelle Dautry.
23:09Code Source,
23:10c'est le podcast d'actualité du Parisien.
23:12Cet épisode a été produit
23:14par Anaïs Godard
23:15et réalisé par Pierre Chaffanjon.
23:17N'hésitez pas à parler
23:18de Code Source autour de vous,
23:20de liker nos épisodes sur YouTube,
23:22de laisser des étoiles
23:23et des commentaires
23:24sur votre plateforme d'écoute préférée
23:26et ne ratez pas non plus
23:27Crime Story,
23:28notre podcast fait divers
23:29avec une nouvelle affaire criminelle
23:32à retrouver chaque samedi.
23:33sur votre page.
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