00:00Attendez, on continue à parler de la présidentielle, parce que dans cette présidentielle, il est aussi question des sujets internationaux,
00:06avec notamment une polémique qui vient naître, ou un débat plutôt qui vient naître, autour du coût du soutien à
00:12l'Ukraine.
00:13Oui, c'est vrai. Et Yves, sous-entendez que ce débat intense lancé par le RN est un peu chorégraphié
00:19en interne.
00:20C'est Louis Alliot, sur l'antenne de BFM, qui a lancé ce signal en disant qu'il fallait couper
00:26le robinet de l'aide à l'Ukraine.
00:28Et on l'écoute. Exactement.
00:30Cette guerre, elle a appauvri l'Europe, elle a affaibli l'Europe, et qu'on voit bien qu'on n
00:37'en sort pas, tout le monde est à l'os,
00:39et on trouve de l'argent pour aller encore financer des armes pour défendre l'Ukraine. Moi, je veux bien,
00:44mais qui paye tout ça ?
00:46Qui paye ?
00:47C'est une question, je vais vous répondre, je promets de répondre aux téléspectateurs.
00:51C'est une question dont le clou a été enfoncé très rapidement le week-end dernier par le député RN
00:57Laurent Jacobelli,
00:59en disant que, bien sûr, la France était aux côtés de l'Ukraine, mais pas au prix de la vie
01:04financière, de l'Europe, de la dette et de l'impôt des Français.
01:08Pas au prix de la vie. Il manquait un pas dans cette citation.
01:12Et alors, concrètement, je repose ma question, ça coûte combien ?
01:15Alors, aux Européens, le soutien à l'Ukraine a coûté depuis 2022 216 milliards d'euros.
01:22Alors, ventilés en 110 milliards d'aides financières, pour toutes les E, 77 milliards consacrés à du matériel militaire,
01:3017 milliards pour aider les réfugiés, et le reste, l'autre, c'est, par exemple, utiliser les intérêts des avoirs
01:40gelés aux Russes.
01:41Ce n'est qu'un exemple. Alors, pour la France, parce que vous voulez savoir, ou en tout cas, certains
01:45de nos hommes politiques veulent savoir précisément,
01:47quant à la France elle-même, ce que cela coûte.
01:50Alors, Paris a fourni depuis 2022 26 milliards d'euros d'aides, à peu près 8 milliards en aides directes
01:58financières,
01:5918 milliards via des mécanismes communs avec l'UE, c'est-à-dire à peu près 6 milliards d'euros
02:05par an.
02:05Et est-ce qu'on est plutôt bon ou mauvais élève là-dedans ?
02:08J'aimerais bien vous entendre où est-ce que vous placez la France, à quel rang vous placez la France
02:12?
02:12Au milieu.
02:13Ah, au milieu ?
02:15Au milieu des pays européens.
02:17Exactement. La France est 13e sur 27 États européens en termes de pourcentage de son PIB consacré à l'aide
02:25à l'Ukraine.
02:26Le premier, le champion, c'est le Danemark, 3,27% du PIB. Je dis PIB.
02:31Et le deuxième, c'est l'Estonie.
02:34Deux pays très concernés.
02:36Absolument. Et entre nous et les 2, 3, 4, 5, ce sont les Pays-Baltes, des pays frontaliers.
02:44Et c'est alors de la Russie.
02:45Merci.
02:46Et alors, la vraie question, c'est est-ce que c'est trop ?
02:48Je vais vous laisser juge, mais c'est en fait 2% des dépenses annuelles de l'État français, 4
02:53% de notre déficit budgétaire.
02:56Et puis, je vais dire le mot qui fâche, en Allemagne, c'est 50 milliards, donc à peu près le
03:01double de ce que nous avons fait.
03:03Et j'aimerais vous pointer une petite solution, peut-être, à nos problèmes de trésorerie.
03:08Les avoirs russes, à peu près 235 milliards d'euros, 210 milliards d'argent public, c'est-à-dire la
03:16banque russe, la banque centrale de Russie.
03:1825 milliards, grosso modo, d'avoirs privés appartenant globalement à des oligarques.
03:23Tout ça est gelé dans les banques en Europe.
03:25Oui. Et on pourrait l'utiliser. Il y a un très grand débat. Pour l'instant, on est gelé.
03:29Mais Gabriel Attal y a vu une bonne idée et on peut l'écouter.
03:33Moi, je propose qu'on fasse payer la Russie pour le soutien à l'Ukraine.
03:38Vous avez aujourd'hui 240 milliards, je crois à peu près, d'avoirs russes, d'argent russe,
03:44qui sont gelés sur des comptes bancaires qui sont en Europe.
03:47Moi, je propose qu'on saisisse, qu'on utilise ces avoirs pour financer le soutien à l'Ukraine.
03:52Que ce ne soit pas les Européens qui financent le soutien à l'Ukraine, mais que ce soit les Russes.
03:57Réaction autour de la table.
03:58Oui. Alors, tout le sujet, c'est vrai qu'on ne les utilise pas parce qu'on ne veut pas
04:02donner de mauvais exemples.
04:03C'est un des motifs qui, effectivement, parce que sinon, plus personne ne viendrait placer son argent sur les places
04:11financières européennes.
04:12Moi, je voudrais quand même dire une chose, c'est qu'on oublie peut-être quelle contrepartie.
04:15Est-ce qu'on ne peut pas considérer que cette aide, c'est un investissement sur l'avenir ?
04:18Parce que, est-ce que ça ne participe pas aussi d'une défense de notre modèle et de notre propre
04:24sécurité face à la Russie de Moscou ?
04:26Peut-être pas une dépense, c'est peut-être un investissement.
04:28Ça va de soi, mais apparemment pas pour tout le monde.
04:30Une dépense qui est un investissement.