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  • il y a 10 minutes
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Trump dit que nos problèmes avec le carburant sont donc liés plutôt à la Russie, à l'Ukraine, plutôt qu
00:07'au Moyen-Orient.
00:08On y revient dans une seconde, mais puisqu'on parle de l'Ukraine à la Bauer, notamment des frappes russes,
00:11il faut qu'on s'arrête sur cette frappe hier contre un train en Ukraine, certes, mais à deux kilomètres
00:16de la frontière polonaise.
00:18Et avec dans les parages, quelques instants avant et après, plusieurs hauts responsables occidentaux,
00:23un ancien patron de la CIA, l'ancien premier ministre britannique Boris Johnson,
00:27visiblement un ministre aussi français, si je ne me trompe pas, quelques heures après,
00:33en l'occurrence le ministre Benjamin Haddad, merci Yves Tréhard.
00:38Que cherche Vladimir Poutine quand il leur donne, je ne sais pas si c'est lui directement qu'il leur
00:44donne,
00:44mais quand ces frappes-là ont lieu, qu'est-ce qu'il cherche ?
00:47À nous tester, là aussi aller jusqu'au plus proche de nos limites à nous ?
00:50Alors je crois que côté testé, il sait très bien là où on est, c'est-à-dire à peu
00:55près nulle part sur cette question.
00:56Donc il ne teste plus rien, il provoque.
00:59Il provoque en se disant que de provocation en provocation, il pourrait peut-être obtenir quelque chose de plus,
01:05une faute, une erreur, un passage de l'autre côté pour démontrer qu'en fait,
01:12toute la stratégie russe qui a été d'inventer la future agression de l'Occident,
01:16alors qu'il n'y a pas de la semaine dernière.
01:18Vous vous rappelez quand j'étais venu expliquer d'où venait l'attaque de l'Ukraine,
01:24dont au commencement était la guerre, je racontais surtout le moment où la négociation avec Mikhail Gorbachev
01:30sur la réunification de l'Allemagne se termine par trois interdits et lignes rouges absolues.
01:36Kaliningrad, l'enclave, l'Ukraine et la Géorgie.
01:39Sur le thème tout le reste, on s'en fout, faites ce que vous voulez,
01:41nous pouvons même rejoindre l'Union Européenne ou créer une grande union qui va de l'Atlantique à l'Oural,
01:47mais on n'a rien contre les Américains.
01:48Mais ne touchez pas à ces trois-là, vous déclencherez la guerre.
01:51Et ce qui déclenche la guerre, c'est l'effondrement de l'ex-Yougoslavie
01:54et le bombardement qui est lancé par l'Alliance Atlantique
01:57sans l'accord et sans l'avis et sans la consultation des Russes,
02:01notamment d'Evgeny Primakov, premier ministre russe né à Kiev,
02:04ce n'est pas tout à fait secondaire,
02:05qui fait demi-tour au-dessus de l'Atlantique parce qu'on vient de se foutre de sa figure
02:09alors qu'il vient avec un plan de paix pour faire cesser les massacres interethniques en ex-Yougoslavie,
02:13qui rentre à Moscou, qui convoque le Conseil de sécurité nationale
02:16avec un très jeune secrétaire qui s'appelle Vladimir Vladimir Poutine.
02:20Primakov et Poutine sont les hommes de l'ouest à Moscou.
02:22Ce sont les hommes qui démantèlent les ICBM avec les agents de la CIA et de la NSA.
02:27Ça n'est pas rien.
02:28Et qui dit la guerre avec l'Occident vient de commencer.
02:30Pendant 50 ans, nous avons cru que nous étions les méchants et qu'ils étaient les gentils.
02:34Ce n'est pas vrai. Nous sommes les mêmes.
02:36Ils sont comme nous.
02:37Ils veulent la fin de la Rodina, la patrie russe.
02:41Et ça, ça a été l'élément marquant de la fin de la confiance qui existait entre les deux.
02:47Et il faut bien se rendre compte que depuis cette période-là,
02:50sous Primakov, sous Helsine, sous Poutine,
02:54ils se sont préparés à un conflit majeur avec l'Occident
02:58parce qu'ils sont persuadés que nous voulons les détruire.
03:01Mais que se passe-t-il si ce drone ne tombe pas deux kilomètres avant la frontière,
03:06mais deux kilomètres après la frontière côté polonais ?
03:10Donc rien du tout.
03:11En Pologne, en Lituanie.
03:16Alors je vais poser la question différemment.
03:18Que se passe-t-il si ce drone tombe au même endroit ?
03:21Il fait des victimes.
03:22Il fait des victimes.
03:23Et parmi les victimes, il y a un ancien premier ministre britannique,
03:26il y a un ancien patron de la CIA, etc.
03:27Est-ce que ça changerait quoi que ce soit ?
03:29Ou est-ce que vous nous dites ce soir qu'en réalité,
03:30nous ne serions pas capables de répliquer ?
03:33Nous ne serions pas capables de répliquer.
03:35On a répliqué quand un avion rempli de Hollandais a été abattu,
03:38le MH872, par une batterie de missiles russes,
03:41soi-disant gérée par des indépendantistes locaux.
03:45Vous avez vu une réaction ?
03:46Il y a quand même quelques centaines de morts à ma connaissance.
03:49Rien ?
03:49Plus de 280.
03:51Merci.
03:51Voilà.
03:52Donc rien.
03:52Nous ne ferons rien parce que nous ne savons pas quoi faire.
03:54D'abord parce que nous ne sommes pas prêts à faire la guerre.
03:57Un.
03:57À force de désarmer tout,
04:00pour des raisons à la fois économiques et budgétaires,
04:02parce que quand Bercy s'occupe des affaires militaires,
04:05c'est aussi efficace que des affaires hospitalières,
04:07si vous voyez ce que je veux dire,
04:07ou éducatives.
04:08On sent bien la patte de,
04:11je ne sais pas de quoi je parle,
04:12mais à la fin, la compta doit gagner.
04:14Donc nous sommes désarmés.
04:16Nous n'avons pas les moyens de défendre nos frontières.
04:18Nous n'avons pas de système anti-drone.
04:20Certes, les Ukrainiens vont nous en fournir,
04:22mais quand même, nous n'avons pas de défense antimissile.
04:24Pas de défense antimissile.
04:25Mais Alain Bauer, ce n'est pas uniquement Bercy.
04:26C'est quand même une philosophie qui a été partagée
04:29au plus haut sommet de l'État.
04:30Bercy a beaucoup contribué.
04:32A appliquer.
04:32Mais c'est quand même une philosophie
04:34de tous les présidents de la République
04:36depuis Jacques Chirac, grosso modo,
04:39et la chute du mur de Berlin,
04:40où il y a eu un retrait militaire
04:42de toutes les grandes pays.
04:43Les dividendes de la paix.
04:44C'est les dividendes de la paix.
04:45C'est la fameuse...
04:47C'est la fin des guerres.
04:50Et on va remonter dans une mondialisation...
04:52Mais pardon, ça veut dire que
04:52ces quasiment 50 guerres en Ukraine
04:54n'ont rien changé de ce point de vue-là ?
04:56Ah si !
04:56Mais on ne rattrape pas...
04:58On ne rattrape pas...
05:01Transcandairement de démilitarisation,
05:03de désindustrialisation,
05:05de désindustrialisation de l'armement.
05:06On en est encore à se demander
05:07si on ne pourrait pas avoir nos propres cartouches
05:10que nous n'avons plus.
05:11Nous avons des start-up formidables
05:13qui n'ont pas de commandes,
05:14qui s'exportent plus facilement à l'étranger,
05:17y compris en Ukraine,
05:19ou aux Émirats Arabes Unis,
05:21ou dans toutes les zones
05:22qui ont été un peu marquées
05:24par les passages de missiles iraniens,
05:27que nous n'en avons chez nous.
05:29Il faut...
05:30Quand un chef d'état-major des armées
05:31dit la vérité,
05:32il est puni.
05:33Puni pour avoir dit la vérité.
05:35Le général Levinier...
05:36Le général Burkhardt a eu le courage
05:38et la volonté de faire mieux,
05:40entre guillemets,
05:41que le général Levinier,
05:41parce qu'il a redit à peu près la même chose.
05:43Et lui, il a obtenu,
05:44par l'effet des événements,
05:45mais aussi par sa propre volonté,
05:47de commencer à réarmer une armée
05:50qui était à l'os.
05:52Et quand je dis à l'os,
05:52c'est parce que je suis vraiment gentil ce soir.
05:55Donc, tout ceci ne va pas se faire
05:56en 3 minutes 12.
05:57Mais par ailleurs,
05:59que savons-nous faire
06:01dans les événements modernes ?
06:02Quand M. Besant,
06:03ministre de l'économie,
06:04il est très âgé.
06:05dit en matière d'IA,
06:07la question est en matière d'IA,
06:08l'Europe, elle dit
06:09zero, nul, rien, nada, nix.
06:13Mais ce n'est pas totalement faux.
06:15Sauf que nos start-up,
06:16elles s'exportent aux États-Unis
06:17où elles font vivre l'IA américaine.
06:19L'IA américaine est faite par zéro américain.
06:22Ou très peu.
06:22Elle est faite par ce que nous exportons
06:24de nos meilleurs cerveaux.
06:25Pourquoi ?
06:26Parce qu'ils n'arrivent pas
06:27à trouver des financements
06:28et des capacités.
06:29S'il faut rendre hommage
06:29à M. Lequin,
06:30qui est le premier
06:31à avoir recréé,
06:32avec Laurent Solis,
06:34une start-up
06:35qui dépasse la start-up.
06:37Mistral,
06:37on sent bien
06:38que c'est une affaire
06:38de partenariat,
06:39mais c'est un beau travail.
06:41Mais on est très, très loin
06:43de l'écosystème américain.
06:45Et donc,
06:45on a raté des épisodes.
06:47Or, l'IA de guerre,
06:49c'est l'avenir.
06:50La robotisation,
06:51c'est l'avenir.
06:52La dronisation,
06:53c'est l'avenir.
06:53La miniaturisation,
06:54c'est l'avenir.
06:55Qu'est-ce qu'on a sur étagère ?
06:56On a du nucléaire.
06:58Et aujourd'hui,
06:58on a aussi quand même
06:59appris qu'il y avait
07:01un mouvement d'adhésion,
07:02enfin le mouvement d'adhésion
07:03continue malgré tout
07:04à la dissuasion avancée
07:06qui a été proposée
07:07par la France.
07:08Il faut rappeler
07:08ce que c'est
07:08la dissuasion avancée.
07:10Alors attention,
07:11je vais essayer de ne pas
07:11faire d'erreur de vocabulaire.
07:13Vous n'avez pas le droit
07:13de dire parapluie nucléaire,
07:15partage du code nucléaire,
07:16etc.
07:17C'est la proposition
07:17faite par la France
07:19d'offrir sa protection
07:21sous la modalité
07:22qu'elle choisira
07:23et toujours aux mains
07:24du seul président français,
07:25sa protection nucléaire
07:27aux pays qui sont membres
07:28de l'UE.
07:29Et c'est une conversation
07:30qui a été lancée
07:31en mars dernier
07:32par le président français
07:33et qui prend de l'ampleur.
07:35On a appris que la Finlande
07:36souhaitait la rejoindre
07:37et l'Estonie
07:37et entendre que
07:38comme il y a déjà
07:39une coopération militaire
07:40très avancée
07:41entre nos deux pays,
07:41ce serait un peu normal
07:42qu'elle avance dans ce sens.
07:44Ça, c'est quand même
07:45un changement stratégique.
07:47Alors, c'est un changement stratégique
07:48initié par le général de Gaulle.
07:49C'est vrai.
07:50Il y a des idées
07:51qui mettent du temps.
07:52Il y a 60 et quelques années
07:54qui avaient écrit
07:55au premier ministre britannique
07:57Macmillan
07:57et au président Eisenhower
07:58pour dire
07:59l'Alliance Atlantique,
07:59c'est formidable.
08:00Si c'est une organisation
08:01de vassaux,
08:02je n'en suis pas.
08:03Si c'est une organisation
08:04d'alliés,
08:05je veux bien en être.
08:06Réponse des Américains,
08:07non.
08:07Réponse des Anglais,
08:08va te faire voir ailleurs.
08:09Réponse des Belges,
08:11des Hollandais et des autres.
08:12Et donc,
08:13le président de Gaulle,
08:14dans une note secrète
08:15qui a été déclassifiée
08:16il n'y a pas très longtemps,
08:17dit
08:18la protection nucléaire
08:19de la dissuasion française
08:20va au-delà
08:21de nos frontières.
08:22Elle couvre la Belgique
08:23et l'Allemagne fédérale.
08:25Car si ces deux pays
08:26sont attaqués,
08:27de toute façon,
08:28notre dissuasion
08:29ne sert à rien
08:30parce que ça ne s'arrêtera pas
08:31à nos frontières.
08:32Donc, c'est une vieille histoire
08:33remise à l'ordre du jour
08:34par le président Macron
08:35et c'est plutôt utile
08:36et bienvenue
08:37après quelques errements
08:39sur la nature même
08:40de ce qu'était
08:41la dissuasion nucléaire
08:42parce que là,
08:43les termes effectivement
08:44ont été un peu torturés.
08:45Il n'a pas été aidé
08:46par le personnel politique français.
08:48Non, ça,
08:48il faut bien le reconnaître.
08:49Mais voilà,
08:50là, il y a un progrès,
08:51il y a quelque chose
08:52qui se produit
08:52mais simplement,
08:54le général de Gaulle disait aussi,
08:55il faut toujours relire
08:56le général de Gaulle,
08:57ça fait beaucoup de bien,
08:57surtout maintenant,
08:59il disait aussi
08:59la force de notre dissuasion nucléaire
09:00ne peut être crédible
09:02qu'arque-boutée
09:03sur une puissance-force conventionnelle.
09:06La puissance-force conventionnelle,
09:07elle,
09:07on l'a passée à l'as.
09:09La plus grande puissance conventionnelle
09:11en Europe aujourd'hui,
09:11c'est la Pologne
09:13qui a réarmé
09:14pour des raisons historiques.
09:15Qu'est-ce que ça veut dire
09:16une puissance-force conventionnelle ?
09:18Eh bien, c'est les armées cachées.
09:20Vous sauvrez le nucléaire.
09:20Vous sauvrez le nucléaire.
09:21Les chars, les avions,
09:22les soldats,
09:23les équipements.
09:24Excusez la béotienne que je sois.
09:25Non, non, vous sauvrez le nucléaire.
09:26C'est pour être sûr
09:26que tout le monde...
09:27Comme la Pologne
09:27est en première loge.
09:28Il n'y a jamais
09:29de mauvaise question.
09:30Et donc, c'est tout
09:31ce qui n'est pas nucléaire.
09:32Alors, la Pologne n'a pas de nucléaire.
09:34Il se pose la question d'ailleurs
09:35d'en avoir.
09:36Stationnée sur son sol.
09:37Comme d'autres pays.
09:39Il y a un certain nombre
09:39d'armes nucléaires tactiques américaines
09:41basées sur d'autres pays
09:43que les États-Unis
09:44qui dépendent
09:45de l'Alliance Atlantique
09:46mais sous commandement américain.
09:48Arme nucléaire tactique
09:49née de la guerre de Corée justement
09:50qui est le modèle
09:51de la guerre Ukraine-Russie
09:52aujourd'hui.
09:53Une guerre qui n'en finit pas
09:54avec un cessez-le-feu au milieu
09:55mais pas de paix.
09:56Et donc, ces armes nucléaires tactiques,
09:57elles sont censées garantir
09:59la protection de la Turquie,
10:02de l'Allemagne,
10:03de l'Italie
10:04en cas d'agression extérieure.
10:06Mais elles,
10:07c'est l'Américain
10:08qui a la clé.
10:09La France,
10:10elle a sa propre clé
10:11et elle peut l'offrir
10:12à d'autres
10:13sous le contrôle
10:14permanent et unique
10:15du chef de l'État.
10:16Du chef de l'État,
10:16du président.
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