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Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Elle est candidate à l'élection présidentielle et notre invitée ce soir dans BFM Grand Soir.
00:04Bonsoir Natacha Polony.
00:06Bonsoir.
00:06Merci beaucoup d'être avec nous, avec moi pour vous interroger ce soir et pour débattre aussi avec vous Raquel
00:10Garido.
00:10Bonsoir Raquel.
00:11Bonsoir.
00:12Merci d'être là.
00:13Bruno Jeudy et Yves Tréhard sont restés.
00:15L'information de la soirée, ce sont ces interdictions qui sont en train de pleuvoir partout en France.
00:19Interdictions de manifester, que ce soit pour demain, là c'est le cas à Paris, c'est le cas également
00:24à Lille.
00:25Manifestation interdite également du côté de Rouen, Le Havre, Toulon, Le Mans, Grenoble, Chambéry.
00:30Mais ça c'est pour samedi alors qu'il y a une grosse journée de mobilisation qui est attendue samedi
00:34avec un dispositif XXL des forces de l'ordre.
00:36On va en parler dans un instant de ces informations-là.
00:38Mais j'ai une question toute simple pour commencer Natacha Polony.
00:41Est-ce que vous faites confiance ce soir, confiance en l'État français pour protéger tous ces citoyens samedi ?
00:48J'ai une confiance immense en les forces de l'ordre.
00:51J'ai une confiance en tous ceux qui se mobilisent pour essayer de ramener tout simplement la sécurité pour nos
00:58concitoyens,
00:59que ce soit ceux qui manifestent ou ceux qui travaillent.
01:02En revanche, le moins qu'on puisse dire est que nous avons assisté le week-end dernier à ce qui
01:09s'appelle un effondrement.
01:10Et qu'il y a là quelque chose de profondément inquiétant sur la capacité du pouvoir en place à gérer
01:18le pays correctement.
01:20Pourquoi ? Parce qu'en fait, il y a eu une succession d'erreurs, de sous-estimations, de dénis et
01:30d'incapacité de gestion.
01:32Première chose, on ne laisse pas pourrir un mouvement lycéen.
01:35On ne se dit pas, ça va s'éteindre tout seul.
01:38Les vacances ne vont pas arriver ?
01:40On répond, on respecte d'abord, et c'est fait à chaque mouvement lycéen, c'est fait comme ça.
01:46Tout simplement, on reçoit les lycéens et on prend conscience que leur revendication, au-delà de ce qu'on peut
01:53penser, de tel ou tel,
01:55leur revendication exprime quelque chose de très profond.
01:58La destruction de l'école depuis 30 ans.
02:01Ça pour vous, c'est la première erreur ?
02:03Deuxième erreur, on répond à un mouvement social.
02:06C'est-à-dire que quand on a des gens, et moi je suis allée les voir le week-end
02:10dernier,
02:10ceux qui manifestaient, j'ai rencontré des infirmières, j'ai rencontré des aides-soignantes,
02:14qui étaient là pour dire, mais attendez, on ne s'en sort pas dans un métier.
02:18Quand on est obligé de prendre sa voiture pour aller travailler, c'est un cauchemar.
02:23Là aussi, l'inaction est insupportable.
02:27Ça fait plusieurs semaines que, par exemple, je propose une TIPCE flottante.
02:33C'est-à-dire faire en sorte que, quand les prix du carburant montent,
02:38on baisse l'accise, la taxe sur les produits pétroliers.
02:42Quand les prix redescendent, on remonte.
02:45Ça permet d'équilibrer et ça permet de donner une décidérance.
02:47Si vous dites que le gouvernement ne fait rien, le gouvernement débloque des 10 millions de litres de gasoil,
02:54précisément pour faire baisser les prix.
02:55Emmanuel Macron est allé du côté du Golfe pour essayer d'assurer un certain nombre de livraisons de gasoil.
03:03Là aussi, c'est pour le gasoil.
03:04Il se passe quelque chose.
03:05On va dire qu'il ne se passe rien là-dessus.
03:07Je n'ai pas dit qu'il ne se passait rien sur la capacité à lutter contre les risques de
03:11pénurie.
03:12En revanche, soulagez nos concitoyens qui sont dans une situation extrêmement difficile.
03:18Vous avez des familles qui, aujourd'hui, vont passer l'équivalent d'un mois de salaire de l'année dans
03:25le carburant.
03:26Et ça, ça n'est pas tenable.
03:28Mais pour samedi, je vais vous reposer la question différemment.
03:29Est-ce que vous avez confiance dans le gouvernement pour assurer la sécurité des manifestations ?
03:35Alors, je pense, j'ose espérer que le gouvernement a tiré les leçons de ce qui s'est passé samedi
03:41dernier
03:42et qui ressemble quand même à un fiasco.
03:44Alors, c'est la question qu'il faut se poser.
03:47C'est comment réagit-on face à un fiasco ?
03:50Ça peut arriver.
03:51Il s'est arrivé plusieurs fois dans l'histoire.
03:53D'abord, on fait un audit.
03:55On essaye de comprendre ce qui n'a pas marché.
03:58Derrière, on adapte.
04:00Parce qu'en fait, c'est un problème d'adaptation des modalités de gestion des mouvements violents.
04:07C'est un problème d'adaptation face à la réalité, à une nouvelle forme de mobilité,
04:11à une nouvelle forme de pillage et de mélange des genres entre les black blocs et les casseurs.
04:17Et donc, il faut revoir entièrement notre doctrine.
04:20Il faut être plus agile.
04:22Il faut revoir la capacité à amener l'ensemble des munitions, à approvisionner nos forces.
04:29Et je pense qu'il y a eu, et ça, tout le monde est d'accord là-dessus,
04:32une sous-estimation totale, notamment du nombre de forces de l'ordre nécessaires.
04:36Question concrète, Natacha Polony, puisque vous êtes candidate à la présidentielle à la place d'Emmanuel Macron.
04:42Vous décrétez l'état d'urgence ou pas ?
04:44Puisque là, ça se pose.
04:45Ça a été un débat le week-end dernier.
04:47Il aurait peut-être dû le faire.
04:49On voit bien qu'il y a des risques très importants le week-end prochain.
04:53Sans doute faudra-t-il en audite.
04:54Sans doute faudra-t-il revoir la doctrine de sécurité.
04:56Je suis assez d'accord avec vous que ça mérite d'être réfléchi.
05:00Et d'ailleurs, une commission d'enquête parlementaire le fera partiellement.
05:04Mais là, maintenant, à sa place, est-ce que vous décrétez l'état d'urgence ?
05:07Je pense que pour l'instant, les couvre-feu qui ont été décrétés fonctionnent.
05:11L'adaptation des forces et le travail sur le renseignement devraient permettre, je l'espère, de répondre à la manifestation
05:20de samedi prochain.
05:22Je suis beaucoup plus inquiète sur celle du 5 novembre.
05:25On parlera du 5 novembre et de la grève générale qui appelle la CCT.
05:28Le risque est là d'une espèce de retour à ce moment-là.
05:32Et c'est pour ça qu'il va falloir avoir à la fois une réponse sécuritaire.
05:36Et je pense d'ailleurs qu'il faut une réponse de plus long terme.
05:39C'est-à-dire à cette nouvelle forme de semi-émeute que nous voyons se mettre en place avec des
05:46casseurs.
05:46Il va falloir adapter notre réponse pénale.
05:49Mais à côté de ça, je pense réellement qu'il y a une réponse de fond à avoir sur l
05:55'état du pays
05:55pour éviter en fait la coagulation de toutes ces crises et donc l'éruption à laquelle nous assistons.
06:01Justement, j'aimerais bien vous entendre sur, sous-estimation des services d'efforts de police,
06:09des services d'ordre, des services de l'État, lors de cette manifestation, certes.
06:15Mais il y a quand même ces black blocs, enfin ces black blocs, ces casseurs et ces pillards.
06:22Comme on n'a jamais vu, jamais vu.
06:24Bien sûr.
06:24À ce niveau-là.
06:26À quoi vous attribuez ce mouvement, cette casse, ce pillage ?
06:35Quelles sont les causes, pour vous, profondes, de ce que certains appellent une décivilisation ?
06:41Oui, mais moi je prends le mot.
06:43Est-ce que c'est le mot que vous utilisez ?
06:44Je l'ai utilisé dans un texte parce que je crois qu'il y a une part de cela.
06:49Ça remonte à très loin, ça.
06:50Oui, bien sûr.
06:51C'est pour ça qu'en fait, on a la conjonction de plusieurs facteurs.
06:54Les black blocs, on les voit monter, on les voit d'ailleurs s'imposer dans tous les mouvements sociaux depuis
06:592005 à peu près.
07:00Et pour abîmer les mouvements sociaux, c'est bien le problème.
07:04C'est qu'en fait, ça détruit toute possibilité d'exprimer une demande sociale par la manifestation.
07:12Parce que ça vire systématiquement à la violence, à la destruction.
07:17Parfois pour le plus grand bénéfice d'un pouvoir qui n'a aucune envie de changer sa politique, et c
07:24'est bien le problème.
07:24On appelle ça des idiots utiles du pouvoir, et là c'est tout à fait ça.
07:28Donc cette forme de nihilisme total qui est très difficile à appréhender parce qu'on voit bien que dans les
07:34interpellations,
07:34ce sont systématiquement les opportunistes qui se font prendre, mais curieusement, jamais les réels fauteurs de troubles,
07:44sauf quand ils essayent de brûler des policiers dans une voiture, où là on prend par hasard un black blocs,
07:51et on s'aperçoit d'ailleurs que c'est un fils de la femme.
07:52Et les autres alors ?
07:53Les autres, c'est beaucoup plus profond.
07:56En effet, on a une espèce de perte totale de repères de la part d'une jeunesse
08:03qui a grandi dans une société de consommation pure, dans une société anomique,
08:10et nous voyons la conséquence du recul progressif de toutes les formes d'éducation populaire,
08:18de prise en main, de structuration.
08:20J'ai visité récemment un quartier très difficile à Mâcon,
08:25et ce que me disaient les mères que j'ai croisées, c'est qu'il n'y a plus d
08:29'encadrement.
08:29D'ailleurs, elles étaient les premières à demander de la discipline davantage à l'école.
08:34Elles me disaient « je ne comprends pas pourquoi on n'encadre pas davantage les enfants ».
08:38Et derrière, vous avez des quartiers où vous n'avez plus une seule association sportive,
08:44une seule association d'encadrement, et donc vous avez une jeunesse qui dérive petit à petit.
08:50Vous estimez que l'intégration, parce que c'est le discours qu'on entend aussi,
08:53que l'intégration des deux ou troisième génération d'immigration ne s'est pas bien faite, a été complètement ratée
08:59?
08:59Non mais là, ça, évidemment.
09:01Ça fait pour le coup des années que je travaille sur ces questions-là, que j'écris dessus.
09:07Il y a, bien entendu...
09:08Mais vous savez, le terme d'intégration, il est de toute façon...
09:11Il doit être appliqué de toute façon à toutes les jeunes générations,
09:15que ce soit celles dont les parents sont immigrés,
09:17ou celles dont les parents sont originaires du pays.
09:21Parce qu'en fait, nous devons, nous, adultes,
09:24intégrer les jeunes générations au monde dans lequel nous les faisons grandir.
09:27Et c'est ça qui n'a pas été fait.
09:29C'est-à-dire que nous avons détruit toute forme de responsabilité,
09:33nous avons détruit toute forme d'exigence,
09:35et à côté de ça, nous projetons aussi cette jeunesse
09:38dans un monde qui est profondément angoissant et assez peu reluisant.
09:48Et en fait, la révolte lycéenne...
09:50Là, je ne parle plus des pillards qui, eux, sont dans l'absence totale de morale.
09:55Et il y a une reprise en main à faire, tout simplement,
09:58pour retrouver le minimum de limites.
10:01C'est pour ça que je prends le terme des civilisations.
10:03C'est-à-dire que la civilisation, c'est un travail permanent de structuration
10:08et de lutte contre les pulsions.
10:10Et on voit que c'est ça qui a échoué.
10:11Mais pour répondre, pour revenir sur la question de la crise lycéenne,
10:14je veux dire, ce que nous dit notre jeunesse,
10:17c'est l'impression d'avoir été flouée.
10:20C'est qu'on leur a menti.
10:21C'est-à-dire que pendant des années, on leur a dit,
10:24tout va très bien se passer, on va vous donner des notes.
10:30Vous aurez le bac.
10:31Et derrière, on vous envoie dans des filières dont on sait très bien qu'elles ne mènent à rien.
10:35Regardez, par exemple, comme les lycées professionnels et techniques
10:38se sont mêlés à ce mouvement, ce qui est assez rare.
10:42C'est parti de la tête.
10:42Parce que, mais oui, c'est parti de la. Pourquoi ?
10:45Parce que dans les bacs pro et les bacs techno,
10:48vous avez des filières qui sont des filières du tertiaire.
10:50C'est 50%, les filières du tertiaire.
10:52Il y a moins de 30% d'insertion professionnelle derrière.
10:55Mais c'est honteux.
10:56C'est-à-dire qu'on le sait et on en voit quand même des générations entières.
11:00Patricia Polony, deux choses.
11:01On reviendra sur les interdictions de manifester dans un instant.
11:03Je voudrais notamment entendre Raquel Garrido là-dessus.
11:05Mais il y a une phrase que vous avez prononcée hier et qui m'a beaucoup perturbé.
11:08J'ai besoin d'explications.
11:09Vous avez dit, il faut assumer le risque qu'un émeutier puisse être blessé
11:12ou tué dans le strict cadre de la loi.
11:16Qu'est-ce que ça veut dire ?
11:17Tu reviens sur cette phrase.
11:18Pour moi, si la loi est respectée, personne ne meurt.
11:20Alors, en effet, en revanche, vous avez des moments où il peut y avoir des prises de risques.
11:27Et du moment que le policier, du moment que les forces de l'ordre respectent les règles qui sont dictées
11:33par la loi,
11:34les règles d'engagement, les règles de légitime défense,
11:37malgré tout, il peut toujours y avoir un dérapage.
11:41Il est profondément déplorable.
11:43Mais, en revanche, il faut savoir que dans l'exercice du maintien de l'ordre et quand il y a
11:49un risque,
11:51eh bien, il vaut mieux que le risque porte sur celui qui a enfreint la loi
11:55plutôt que, par exemple, sur des gens qui vont être coincés dans une boutique dans laquelle un feu sera déclaré.
12:01C'est ça que je veux dire.
12:02Et il faut que l'État assume de protéger les citoyens et de faire son travail face à des émeutiers
12:10et des casseurs.
12:11Mais, encore une fois, nos règles d'engagement de nos forces de l'ordre sont très strictes.
12:15Et c'est d'ailleurs pour ça qu'il n'y a pas d'accident.
12:17Ça veut dire quoi, pour préciser, Natacha Poigny, vous citez le cas de personnes qui seraient dans un magasin avec
12:22un risque d'incendie ?
12:26C'est-à-dire que les policiers, enfin les forces de l'ordre, puissent tirer sur les gens ?
12:32Non, c'est pas ça que je veux dire.
12:33Je veux dire par là qu'il peut y avoir des situations dans lesquelles il y a mise en danger.
12:40Et je crois que nous devons rappeler à nos concitoyens aujourd'hui que les forces de l'ordre sont là
12:46pour les protéger
12:47et que c'est leur vie à eux qui respectent les règles qui sera d'abord préservée.
12:53Pourquoi je dis ça ?
12:54Parce que là, moi, ce qui m'inquiète profondément, c'est de voir petit à petit monter cette petite musique.
13:00L'État a failli, l'État ne nous protège pas et il va falloir le faire nous-mêmes.
13:05Et ça, il n'y a rien de dangereux que la tentation des milices privés.
13:10Un élément là-dessus sur le risque d'autodéfense, je ne sais pas comment dire ça,
13:13mais la tentation de l'autodéfense, les ventes sur les sites et magasins spécialisés dans les articles d'autodéfense,
13:19comme les grenades, ce genre de choses.
13:20On en a interrogé deux aujourd'hui, fois 10 pour l'un, fois 6 pour l'autre.
13:25Les ventes depuis ce week-end.
13:26Ça veut dire que cette tentation, elle est déjà là.
13:28Sur ce que disait Natacha Polony à l'instant, Raquel Garido, comment vous réagissez ?
13:32Alors, bon, j'écoute attentivement ce que dit Natacha Polony et je pense qu'elle...
13:38Vous dites juste quand vous identifiez un tas de problèmes de la société française.
13:43Je ne vous suis pas tellement sur cette histoire de légitime défense,
13:46parce qu'en fait, la légitime défense des forces de l'ordre, c'est quelque chose de très, très encadré.
13:52Il faut que ce soit proportionné, ça fait partie des critères légaux.
13:55Et donc, pour que vous puissiez être admis à être justifiés à atteindre l'avis d'autrui,
14:01il faut vraiment que vous soyez immédiatement dans un état de protéger la vôtre.
14:05Donc, c'est un cas extrêmement particulier.
14:08Quand vous avez une jeune stagiaire policière qui se fait poursuivre par des émeutiers qui crient tu là, tu là...
14:14On a vu ces images-là, effectivement, au début du mouvement.
14:16Je pense qu'on est passé dans autre chose, en fait.
14:18Et ça, cette autre chose-là, n'est pas acceptable.
14:21Ah, mais je suis d'accord avec vous. Je ne dis pas du tout que c'est acceptable.
14:24Simplement, je ne veux pas laisser non plus se balader l'idée que la mort de quelqu'un, c'est
14:31anodin.
14:32Et je ne dis pas que c'est ce que vous dites.
14:33Je n'ai jamais dit ça.
14:33Je ne dis pas ce que vous dites.
14:34En revanche, le rapport de force doit être conversé.
14:35Mais ce que je n'aime pas, c'est la tolérance progressive qui se fait de tous côtés à la
14:41violence,
14:42à l'atteinte à l'intégrité physique d'autrui.
14:45Ça, je trouve que c'est quelque chose de dangereux.
14:47Et on le voit, d'ailleurs, vous le disiez, par rapport à ce risque de recours à l'autodéfense.
14:52En fait, c'est très dangereux.
14:55C'est-à-dire, quand les gens commencent à considérer que la vie d'autrui n'a pas de valeur,
15:00on est dans quelque chose qui est profondément dangereuse.
15:02Pour l'instant, ceux pour qui la vie d'autrui n'a pas de valeur, on les a vus,
15:06c'est ceux qui ont frappé des commerçants qui essayaient de défendre leur boutique,
15:11c'est ceux qui ont mis le feu à des bâtiments sans se demander s'il y avait des gens
15:15dedans.
15:16C'est là où on a l'impression que la vie n'a aucune valeur.
15:19C'est vrai, mais ce n'est pas seulement ça.
15:21Je n'ai jamais dit à aucun moment que la vie n'a aucune valeur.
15:24Très bien, vous avez clarifié, c'est très bien.
15:26Mais quand un commerçant, même très fâché, vous dit qu'il va s'armer lui-même,
15:32on est dans quelque chose qui va trop loin.
15:36Quand vous avez, par exemple, un syndicat de policiers
15:38qui justifie qu'un gamin de 15 ans ait une main arrachée,
15:42ça va trop loin.
15:43Il y a une espèce vraiment d'abolition, en fait,
15:46du respect de la vie d'autrui, de son intégrité physique.
15:49Et donc, moi, ce que je dis simplement, c'est qu'on est à un moment
15:52où toutes les élites, tous les responsables,
15:55doivent prendre conscience que le peuple français n'est pas le problème.
15:58Le peuple français est la solution.
16:01Et le problème, ce n'est pas qu'il y a trop de démocratie.
16:05Le problème, c'est qu'il n'y en a pas assez.
16:06Donc, par rapport aux jours qui viennent, dans les heures et les journées qui viennent...
16:09Pardon, mais ça, c'est une partie du problème.
16:11Je vous laisse finir, mais c'est une partie du problème.
16:13Il va falloir, selon moi, une session de rattrapage.
16:18C'est-à-dire que je pense que samedi prochain, c'est vraiment la journée
16:21où il va falloir que, de part et d'autre, tout le monde montre
16:24qu'il est en capacité, dignement, de faire valoir l'affirmation
16:30de cette espèce de volonté générale.
16:32Tout le monde, ça veut dire manifestants, ça veut dire police,
16:34ça veut dire gouvernement, ça veut dire...
16:35Donc, les manifestants, la solution, on le sait, c'est le nombre,
16:40l'accompagnement par des forces organisées adultes, etc.
16:43Moi, j'avais fait une première ligne de casque blanc
16:45avec des amis du groupe écolo à l'Assemblée nationale
16:50lors des manifestations lycéennes il y a 15 jours.
16:52Ça avait porté des fruits.
16:53– Mais alors, attendez, vous dites que ça ne rattrapera pas.
16:55Je vous redonne l'information ce soir.
16:57Interdiction de manifester samedi à Rouen, Le Havre, Toulouse,
17:00Le Mans, Grenoble, Chambéry.
17:02À chaque fois, ce sont des secteurs, notamment dans le centre-ville,
17:05qui sont interdits.
17:06Manif interdit demain à Paris et à Lille, dans le centre-ville, etc.
17:09Est-ce que là, les préfets prennent la bonne décision ?
17:11Est-ce que pour apaiser les choses, il faut au moment de dire
17:15écoutez, on va interdire les manifs pour l'instant ?
17:18– Qu'on interdise les manifs demain, on est encore en phase, j'allais dire,
17:24où des gens pensent leur plaie, où la France entière pense ses plaies.
17:29– Vous ne dites pas que le droit de manifester est absolu ?
17:31– En revanche, je ne suis pas pour l'interdiction des manifestations,
17:35par exemple pour le mouvement prévu samedi.
17:38Ça, non.
17:40Mais ce que vous dites, Raquel Garrido, ne couvre qu'une partie du problème.
17:45Vous dites, le peuple français n'est pas le problème, je partage ça.
17:48C'est-à-dire que j'ai été de ceux qui considèrent
17:51qu'il est un peu facile de systématiquement criminaliser les mouvements sociaux.
17:57On l'avait déjà vu au moment des Gilets jaunes,
17:59qui avaient été qualifiés de peste brune avant même que le mouvement ne soit déclenché,
18:05qui d'ailleurs avait été qualifié de peste brune par un ministre de l'Intérieur,
18:08Christophe Castaner, qu'on retrouve quelques années plus tard,
18:11faire du lobbying pour Chine, c'est-à-dire une entreprise chinoise
18:14qui détruit l'industrie et le commerce français.
18:17Je pense qu'il y a un réel problème de perception
18:19de ce que c'est que les intérêts de la nation dans ces cas-là.
18:23En revanche, on ne peut pas faire comme si
18:26il n'y avait pas aussi un problème beaucoup plus profond,
18:29c'est-à-dire que ce que nous voyons aujourd'hui,
18:32la fragilisation de notre capacité, de la capacité même de l'État
18:37à assurer l'ordre public.
18:40Tout cela vient de très loin.
18:42Et c'est de cela dont il faut parler.
18:43Là, pour l'instant, nous sommes coincés dans le court terme.
18:46Dans l'urgence ?
18:47Oui, il y a des réponses de court terme.
18:49Il y a des réponses de court terme.
18:50En revanche, il va falloir aussi poser la question de long terme
18:54qui est la question de la paupérisation de l'État
18:57et de la destruction de toutes les capacités de l'État
19:01à assurer l'ensemble de ses missions.
19:03Les missions d'éducation, d'encadrement,
19:06les missions de protection,
19:08les missions aussi de structuration du territoire
19:11parce que vous avez aussi une destruction de l'économie française,
19:16une paupérisation du peuple français
19:18dont nous voyons aujourd'hui...
19:20On parlera des conséquences économiques de tout ça
19:22dans deux secondes.
19:23Vos réponses concrètes, immédiates,
19:26quelles sont-elles ?
19:27Réponses concrètes, je l'ai dit déjà,
19:30réponses au mouvement des lycéens,
19:31réponses au mouvement social
19:33et à la question du pouvoir d'achat.
19:35Ça, ce sont des réponses immédiates.
19:37Après...
19:38Mais ça, ça dépend aussi du budget
19:39que la France s'apprête à adopter
19:41ou pas d'ailleurs ?
19:42Alors, justement, sur la question
19:43de la TIPCO flottante,
19:45par exemple, on voit à quel point,
19:47et je ne cesse d'entendre des gens
19:48qui témoignent de ça,
19:50les gens restreignent leur déplacement.
19:52Donc, nous avons,
19:53et ça a été démontré,
19:54une baisse, en fait,
19:56des taxes gagnées par l'État
19:58sur le carburant.
20:00Donc, en fait,
20:01la TIPCO flottante,
20:03elle équilibre ça,
20:04puisque vous regagnez en volume.
20:05Mais ça, par exemple,
20:06c'est combien de centimes en moins ?
20:08Parce qu'on sait bien que là,
20:10par exemple,
20:11les 10 millions de barils
20:13qui vont être relâchés,
20:14c'est 15 centimes,
20:16probablement,
20:17qui...
20:17Là, vous arrivez,
20:18avec ça,
20:19à faire descendre le prix
20:21en dessous des 2 euros,
20:23normalement.
20:23Donc, ça compte centimes.
20:24Et donc, ça permet
20:25de faire baisser.
20:27Simplement, ça,
20:28c'est du court terme.
20:29Et par exemple,
20:30vous allez me dire,
20:31par poursuivre aussi,
20:33vous qui êtes une ancienne enseignante,
20:35on supprime Parcoursup.
20:37Alors, non,
20:38moi, je ne suis pas pour supprimer.
20:39En revanche, réformer.
20:40J'estime que...
20:41Oui, mais vous pouvez le faire là,
20:41maintenant,
20:42alors que les enfants,
20:43enfin les enfants,
20:44les adolescents, pardon,
20:46vont choisir leur orientation
20:47en mois de décembre, janvier,
20:49janvier, ou février.
20:50On peut réformer assez rapidement
20:52Parcoursup sur divers éléments.
20:54C'est-à-dire que là,
20:55les problèmes,
20:56ça ne réglera absolument pas
20:58la totalité des problèmes.
20:59Et Parcoursup n'est qu'une part infime.
21:01Et d'ailleurs,
21:01quand vous regardez
21:02les revendications même des lycéens,
21:04en fait,
21:04Parcoursup n'est pas du tout en tête.
21:06Et il faudrait s'intéresser
21:08à la réforme du lycée.
21:11Il va falloir revoir entièrement
21:13l'organisation du lycée.
21:14Il va falloir revoir l'orientation,
21:17fermer des filières,
21:18en ouvrir d'autres.
21:19C'est un travail de fond.
21:20Simplement,
21:21on pouvait répondre
21:23au mouvement lycéen
21:24en lâchant cette question
21:26de la réforme de Parcoursup.
21:27Pourquoi ?
21:28Parce que pour l'instant,
21:29on a une absence totale
21:30de transparence,
21:31même pas de l'algorithme
21:32de Parcoursup,
21:33mais en fait,
21:34des algorithmes
21:34qui sont utilisés
21:36par certaines formations
21:37du supérieur en plus
21:38et qui, là,
21:39pour le coup,
21:39manquent totalement
21:40de transparence.
21:41Et notamment sur
21:42les lycées d'origine,
21:43etc.
21:43C'est tout ça
21:44qui aurait pu être
21:45pour éviter
21:46que ça ne s'envenime.
21:47On verra dans un instant,
21:48on s'intéressera aux dégâts
21:49et à qui doit payer
21:49ces dégâts.
21:50Mais je reviens
21:51à cette date du 5 novembre
21:53qui a été posée sur la table
21:54par un certain nombre
21:54de syndicats.
21:55On va écouter notamment
21:56Sophie Binet,
21:56numéro 1 de la CGT,
21:57qui dit tout à l'heure
21:59à la sortie de Matignon,
22:00en disant
22:00le Premier ministre
22:01ne nous a rien dit,
22:01ne nous a rien promis,
22:02ne nous a rien offert.
22:03Donc,
22:04à partir du 5 novembre,
22:05on va tenter
22:06de généraliser la grève.
22:09La grève doit prendre
22:10le relais.
22:11C'est pourquoi
22:12la CGT,
22:14avec l'intersyndicale,
22:16appelle à la mobilisation
22:17la plus large possible
22:19le 5 novembre.
22:20Nous appelons
22:21les travailleurs
22:22et les travailleuses
22:23à organiser
22:24des assemblées générales
22:25partout,
22:26avec tous leurs collègues,
22:27dans tous les services,
22:28dans toutes les usines,
22:29pour généraliser la grève
22:32le 5 novembre
22:33et après.
22:35Est-ce qu'une candidate
22:36à la présidentielle
22:36peut faire grève
22:37le 5 novembre ?
22:39La question
22:39d'une candidate
22:40à la présidentielle
22:41n'est pas de faire grève
22:42mais d'apporter des réponses
22:43à ce que demandent
22:45aujourd'hui
22:45les travailleurs français,
22:46à savoir vivre
22:47dignement de leur travail.
22:49Parce que le vrai sujet,
22:50il est là.
22:51Et c'est pour ça
22:51que je disais tout à l'heure
22:52qu'il faut aussi traiter
22:54les sujets de moyen
22:55et long terme.
22:56Une revendication
22:57pour le 5 novembre,
22:57augmentation du SMIC.
22:59Alors,
23:00la question
23:00de l'augmentation
23:01des salaires,
23:02elle doit être mise
23:03sur la table.
23:04Mais elle ne doit pas
23:05être mise sur la table
23:05toute seule.
23:06Moi, ce que je propose,
23:07c'est un pacte
23:08pour la production
23:09et les salaires.
23:10Les deux doivent absolument
23:11marcher ensemble.
23:12Pourquoi ?
23:13Parce que si,
23:14en gros,
23:15depuis des années,
23:16on oppose politique de l'offre
23:17et politique de la demande.
23:19Et vous avez des gens
23:20qui vous disent
23:21« On va augmenter les salaires
23:22et tout va aller mieux
23:23parce que c'est le keynésianisme
23:25donc ça va relancer
23:27par la demande. »
23:28Or, dans l'état actuel
23:30de la France,
23:31c'est-à-dire un pays
23:32désindustrialisé
23:33et avec des frontières
23:34totalement ouvertes,
23:35quand vous augmentez
23:36uniquement le SMIC,
23:37vous augmentez
23:38les importations.
23:39Donc,
23:40vous creusez encore
23:41un petit peu plus
23:42le déficit commercial
23:43qui est le déficit
23:45le plus préoccupant
23:46que nous ayons
23:46parce que c'est celui-là
23:47qui cause l'autre.
23:48Et de l'autre côté,
23:49vous avez des gens
23:50qui vous disent
23:50« Politique de l'offre,
23:52le seul problème,
23:53c'est la compétitivité
23:55donc il suffit
23:56de baisser le coût du travail,
23:57etc. »
23:57Mais dans la mesure
23:58où on met en concurrence
23:59avec des gens
24:00avec lesquels
24:00nous ne serons jamais compétitifs,
24:02ça ne marche pas.
24:03C'est pourquoi,
24:04je pense que
24:05le premier élément,
24:06c'est que l'État
24:07doit faire son travail,
24:08c'est-à-dire
24:09structurer une véritable politique
24:11de priorité totale
24:13à la production.
24:14Ça passe par la définition
24:15des filières
24:16dans lesquelles
24:16nous devons
24:18relocaliser
24:18de celles
24:19que nous devons
24:20préserver.
24:21Quand on aura
24:22défini ces filières,
24:23on définit
24:24une politique
24:25pour d'implantation
24:26de sites industriels
24:27en lien avec
24:28les collectivités locales.
24:30Ça, ça ne va pas répondre
24:31à ta syndicale
24:32le 5 novembre.
24:33Mais justement,
24:35il faut bien comprendre
24:36à un moment donné
24:37que c'est pour ça
24:38que je propose
24:39des mesures
24:39de pouvoir d'achat
24:40immédiates,
24:41mais que vous ne pouvez pas
24:43faire l'abstraction
24:44de politiques
24:45de long terme.
24:46Alors il y a une chose,
24:47dans cette politique industrielle
24:48qu'il faut mettre en place
24:49et mettre en place
24:50immédiatement,
24:51c'est la priorité
24:52à la production française
24:54dans la commande publique.
24:55Parce que ça,
24:56vous avez une action
24:57immédiate.
24:58C'est la préférence nationale
24:59alors,
24:59mais à cette échelle-là.
25:00priorité à la production française,
25:03c'est-à-dire tout simplement
25:04le fait que...
25:05Ça, c'est pareil,
25:06vous n'allez pas le faire tout de suite
25:07parce que vous avez
25:07quelques textes européens
25:09à mettre par terre.
25:10Non mais vous le faites,
25:12point barre,
25:12et après vous discutez
25:13avec les partenaires européens.
25:15Pourquoi ?
25:15Parce que sinon,
25:16tout simplement,
25:17nous sommes dans un tel état
25:18de désindustrialisation.
25:20Nous sommes dans un tel état
25:21de désindustrialisation.
25:23Non, ce n'est pas les entreprises
25:24qui sont attaquées.
25:26Il faut bien expliquer.
25:27Les marchés,
25:28notamment les marchés...
25:29Il faut expliquer aux Français
25:31ce qui se passe.
25:32C'est-à-dire que la commande publique,
25:34c'est l'argent de l'État,
25:36des collectivités,
25:37qui va servir à acheter
25:38des chaises,
25:39des fruits et légumes
25:41pour les cantines,
25:42des pulls pour l'armée,
25:43etc.
25:44Et nous nous prenons
25:45tellement mal
25:46que pour quelques centimes,
25:49des PME françaises
25:50perdent des marchés
25:51parce qu'on considère
25:52qu'il faut aller
25:53au moins dix ans
25:54sans jamais
25:55que l'on calcule
25:56l'externalité négative
25:58de ce choix
25:59puisque ça va créer
26:00du chômage,
26:01ça va mettre sur la paille
26:02une entreprise française.
26:04Donc déjà,
26:05premier point,
26:06commencez par calculer
26:07le vrai coût
26:07des choix que nous faisons.
26:09Ensuite,
26:09quand vous regardez
26:10nos partenaires européens,
26:11ils font bien mieux
26:11que nous là-dessus.
26:12Et ce n'est pas petit,
26:14c'est 8% du PIB français,
26:15la commande publique.
26:17Si vous réorientez ça,
26:18vous changez les choses.
26:19D'abord,
26:19vous sauvez nos agriculteurs
26:21parce que je rappelle
26:21que là,
26:22nous importons 71%
26:24de nos fruits
26:24quand vous voyez
26:25ce que c'est que la France.
26:25Surtout les tomates.
26:26C'est hallucinant.
26:28Donc, vous voyez,
26:28vous recréez
26:29de l'activité immédiatrice.
26:33Je reviens à la grève générale.
26:34Vous faites grève,
26:35Raquel Garrido,
26:35le 5 novembre ?
26:36Alors,
26:37oui,
26:38si vous voulez,
26:38j'irai à la manifestation,
26:40bien sûr,
26:40et je la soutiens.
26:41Et je plaide vraiment
26:43pour que les choses
26:44qui peuvent être faites
26:45rapidement le soient.
26:46Par exemple,
26:47typiquement,
26:47augmenter le SMIC,
26:48c'est quand même un décret.
26:49C'est un décret.
26:50Ça peut être fait ce soir-là.
26:51Ça peut être fait
26:52avant la fin de l'émission.
26:53D'accord ?
26:54D'augmenter le SMIC.
26:56Donc, c'est tout le problème.
26:58Il y a aussi,
26:59dans ce pays,
27:00quelque chose d'incroyable
27:01qui s'appelle
27:02l'Assemblée nationale,
27:03dans lequel il y a des gens
27:04qu'on a tous mis là-bas.
27:06On a été 33 millions de personnes
27:07à aller voter
27:08pour les mettre là-bas.
27:10Normalement,
27:10ils doivent pouvoir
27:11prendre un certain nombre
27:12de décisions budgétaires.
27:13Ça tombe bien.
27:14On est en pleine discussion budgétaire.
27:16Donc,
27:17avoir des nouvelles recettes,
27:19mettre les profs
27:20qui sont sollicités
27:22par les jeunes dans les lycées,
27:23c'est possible.
27:24C'est possible là,
27:25dans les semaines qui viennent.
27:26Donc, renoncer aux 54 milliards
27:27proposés par le Premier ministre
27:30pour le budget.
27:31Évidemment,
27:31renoncer aussi aux 49,3.
27:33Parce que,
27:34le problème,
27:34si vous voulez,
27:35c'est que,
27:36pourquoi on est dans une situation
27:37de cocotte minute ?
27:38Parce que,
27:39quand les modalités pacifiques
27:41de résolution des différents,
27:43qui sont inhérents
27:43à toute société démocratique,
27:45dans laquelle il y a
27:46des antagonismes
27:46et il faut les purger,
27:47quand ces modalités pacifiques
27:49sont bloquées,
27:51alors,
27:51ça donne un boulevard
27:53à ceux qui préconisent
27:54la violence.
27:55Moi,
27:55je ne préconise pas la violence.
27:57Je préconise la paix civile.
27:59Je préconise la démocratie.
28:00Mais cela implique
28:01que le pouvoir macroniste,
28:02qui gouverne en minorité,
28:05il renonce surtout
28:06à vouloir se comporter
28:08comme s'il était majoritaire,
28:09alors qu'il est minoritaire.
28:10Le président Macron,
28:12l'une des décisions
28:12les plus terribles
28:13qu'il a prises
28:14de son quinquennat,
28:16le dernier,
28:16c'est d'avoir nommé
28:17un premier ministre macroniste
28:18après la grande défaite
28:19de l'élection
28:20de juin 2024.
28:21Oui, mais Chérif Tréard,
28:23il ne vous aura pas échappé
28:24que la politique macroniste
28:25n'a pas eu que des succès.
28:27J'entends bien.
28:28Et que l'état du pays
28:29est tel qu'à mon avis,
28:30il faut réorienter les choses
28:32et les réorienter très vite.
28:33Le gouvernement actuel
28:35et son premier ministre,
28:36qui est quand même
28:36aux commandes de l'État,
28:38sous l'autorité du président
28:39de la République,
28:40doivent renoncer
28:40à sa politique.
28:42Oui, je vais vous dire une chose.
28:43D'abord, il n'est pas en mesure
28:45de mener la moindre politique.
28:48Et ce que nous vivons
28:50depuis déjà des mois,
28:52c'est du court terme absolu,
28:54c'est-à-dire des budgets
28:55qui cherchent à gratter
28:57par-ci, par-là
28:58des économies de bout de chandelle
29:00sans aucune vision générale.
29:02Et il faut sortir de là.
29:04C'est qu'il y a des taux d'intérêt
29:04qui vont monter,
29:05qui vont continuer à monter
29:06parce que justement,
29:07la situation est telle en France
29:09que probablement
29:10que les prêteurs
29:11vont nous le faire payer.
29:12C'est le cas de le dire.
29:15Et quand même Macron
29:16qui a rajouté
29:16plus de 1 000 milliards de dettes.
29:18Justement, en dehors de tout,
29:20on ne va pas pouvoir faire
29:21ce que vous souhaitez,
29:22probablement,
29:23parce que plus on dépensera d'argent
29:24et moins on fera d'économies,
29:26entre guillemets,
29:27parce qu'en fait,
29:28ce n'est pas des économies,
29:28comme vous le savez,
29:29c'est un ralentissement
29:30de la dépense.
29:31Et à ce moment-là...
29:32Si la gauche était au pouvoir,
29:34il y aurait davantage
29:35de recettes fiscales
29:35et moins de dettes.
29:37Vous aurez remarqué, chère Yves,
29:39que moi, ce que je propose,
29:40c'est que nous gagnions plus.
29:41Parce que je crois
29:42que le principal problème
29:43de la France,
29:44c'est que certes,
29:45elle dépense beaucoup
29:46et elle dépense très mal,
29:47mais surtout,
29:48elle ne gagne pas assez.
29:50Et c'est ça, l'urgence.
29:51C'est de recréer la capacité
29:53à produire sur le sol français
29:55pour créer de la richesse
29:56et retrouver de l'air.
29:57Parce que le phénomène
29:59de la dette...
30:00Alors, on peut s'étendre dessus.
30:02Il faut quand même préciser
30:03que nous avons atteint
30:04des taux à 5%.
30:05Mais vous avez encore
30:07des prêteurs qui prêtent.
30:09C'est-à-dire que nous avons réussi...
30:10Ça commence à être de plus en plus difficile.
30:11La dernière adjudication s'est très mal passée.
30:14C'était plus difficile, c'est vrai.
30:16Et ça va être de plus en plus dur.
30:17Mais pour l'instant,
30:18il y a quand même beaucoup de gens
30:19qui s'enrichissent sur le fait
30:21que les taux montent
30:22et que notre dette est détenue
30:25en majorité par des investisseurs étrangers,
30:27ce qui est une folie.
30:28Moi, j'ai entendu l'autre jour...
30:29La France, le taux d'intérêt
30:42est en train de monter.
30:43Je termine là-dessus.
30:59Emmanuel Macron.
31:00C'est un choix de France Trésor
31:03depuis des décennies.
31:04C'est un choix d'un pays
31:04qui vote des budgets en déficit
31:06depuis 50 ans.
31:07D'accord, mais c'est un choix idiot
31:08et on pouvait faire autrement.
31:09C'est un choix d'un pays
31:09qui n'a plus de manœuvre financière.
31:10On pouvait faire autrement.
31:11Et vous savez,
31:11le prochain président n'aura aucune manœuvre
31:13de manœuvre financière.
31:14Bruno, je dis,
31:14le Japon a une dette
31:17plus importante que la nôtre,
31:18mais elle est détenue par les Japonais.
31:20La France, elle est dans un système
31:21qui s'appelle la zone euro.
31:23J'y viens.
31:24Ça n'a rien à voir avec le Japon.
31:25Deuxième point, en effet,
31:29était à zéro, voire négatif,
31:32pour allonger la durée de la dette.
31:34Tout ça n'a pas été fait.
31:35Mais derrière, vous avez raison
31:37sur un point essentiel.
31:38C'est qu'en 1958,
31:41quand De Gaulle arrive au pouvoir,
31:42la France est dans un état
31:43à peu près comparable
31:44à celui d'aujourd'hui,
31:45c'est-à-dire catastrophique.
31:47Que fait-il avant même la Constitution,
31:50avant même de réformer l'université,
31:52les hôpitaux,
31:53ce qui doit être fait aujourd'hui aussi ?
31:55Deux dévaluations.
31:56Deux fois 10%.
31:58Aujourd'hui, nous ne pouvons pas.
31:59On ne peut pas.
32:00Donc, il faut en tenir compte
32:02et savoir que,
32:03puisque nous avons choisi
32:04de ne plus avoir cette modalité-là,
32:07il faut en trouver d'autres.
32:09C'est-à-dire qu'il va falloir,
32:10justement,
32:11retrouver une politique
32:12qui protège notre outil productif
32:14parce que, justement,
32:15nous n'avons plus la capacité
32:17à dévaluer
32:18pour retrouver un petit peu d'air
32:19et un peu de compétitivité.
32:21C'est pour ça
32:21que la politique de production
32:23que je propose,
32:24elle s'appuie essentiellement
32:25sur ce diagnostic-là.
32:26Et elle est à long terme aussi.
32:27Elle est à long terme.
32:28Mais il faut retrouver du long terme.
32:30Ah bah...
32:31Il faut retrouver du long terme.
32:32Pourquoi ?
32:33Parce qu'il faut réexpliquer
32:34à nos concitoyens
32:35que leur problème
32:36de pouvoir d'achat,
32:37c'est un problème
32:38qui ne se réglera pas par magie.
32:40Sinon, on va continuer
32:40à s'appauvrir.
32:41Un chiffre ajouté
32:42dans ce débat,
32:43c'est la facture.
32:43Première estimation
32:44des assureurs
32:45pour les deux premiers jours
32:46d'émeute et de pillage
32:46du week-end dernier.
32:481,2 milliard.
32:49Non, mais bien sûr.
32:49C'est ce que disent
32:50les analystes
32:50d'une agence internationale
32:51de notation financière.
32:52Les assureurs britanniques
32:53qui ont essayé
32:54de jauger aussi ça
32:56disent eux
32:56plus d'un milliard.
32:57Qui va payer ?
33:00Vous le savez très bien.
33:01Qui va payer ?
33:02C'est-à-dire que...
33:02Parce que les assureurs
33:03AXA,
33:04nous, on paye une fois,
33:04on ne payera pas plus.
33:05Non, mais bien entendu.
33:06Et c'est tout le problème.
33:07C'est-à-dire que l'État,
33:09bien sûr,
33:10doit s'assurer
33:12que les commerçants
33:13qui ont aujourd'hui
33:15subi ces dégradations
33:16vont être protégés.
33:18Mais derrière,
33:19on sait très bien
33:19que ça va s'ajouter
33:20à la note
33:21que payent les contribuables
33:22et que nous nous appauvrissons
33:24déjà beaucoup.
33:25Nous avions déjà eu
33:26les émeutes
33:27après la mort
33:28du jeune Naël.
33:29Ça recommence.
33:30Nous ne pouvons pas
33:31nous le permettre.
33:32Donc, pour éviter
33:33que ça recommence,
33:34il faut sortir
33:35de cet état
33:36de crise permanente
33:37dans lequel nous sommes
33:38parce qu'on voit bien
33:39que ces pillards
33:42opportunistes
33:42et dont nous parlions
33:44tout à l'heure
33:44comme étant le produit
33:47d'une forme
33:47de décivilisation,
33:49évidemment,
33:49se greffent
33:50sur des crises
33:51permanentes.
33:52Donc, il faut
33:53traiter le cœur
33:54du problème,
33:55c'est-à-dire
33:57la conjonction
33:58entre une crise
33:59économique de fonds,
34:00un appauvrissement
34:01tragique du pays
34:02et l'impression
34:03qu'ont les Français
34:04d'un délitement
34:06généralisé
34:07de toutes les formes,
34:08de toutes les structures
34:09de l'État.
34:10Donc, il faut...
34:11Le principe
34:12casseur-payeur ?
34:13Alors...
34:13La loi est arrivée
34:14aujourd'hui au Sénat,
34:15elle commence à être
34:15validée par le Sénat,
34:17qui est de dire
34:17même si vous vous trouvez
34:18ne serait-ce que de se trouver
34:20à l'endroit de pillage
34:21ou de casse,
34:22vous payez.
34:22Bien entendu.
34:23Et je disais tout à l'heure,
34:24il faut durcir l'arsenal,
34:27c'est-à-dire qu'il faut,
34:28par exemple,
34:31l'aggravation du vol
34:33en cas de trouble
34:34à l'ordre public,
34:35etc.
34:35Il y a des choses
34:36qui sont d'ailleurs
34:36sur la table,
34:38que ce soit au Sénat,
34:40à l'Assemblée,
34:40il y a des propositions,
34:41ce n'est pas le problème.
34:42En revanche,
34:44le problème que nous avons,
34:46c'est un problème
34:47généralisé de perte
34:48par l'État
34:48de sa capacité d'action.
34:50Et moi,
34:51quand j'entends
34:51en ce moment
34:52que les discours à la mode,
34:54c'est celui
34:55qui aura la plus grosse tronçonneuse,
34:56ça m'effondre.
34:58Pourquoi ?
34:58Parce que nous avons
34:59un État qui est obèse
35:01et qui est suradministré,
35:03ça, oui.
35:04En revanche,
35:05nous avons un État
35:06qui est affaibli
35:07et nous le payons.
35:08Le rôle de l'État,
35:09c'est de planifier,
35:11c'est de prévoir
35:12à long terme,
35:13c'est d'assurer,
35:14par exemple,
35:14la capacité
35:15à réparer
35:16les infrastructures,
35:17à équilibrer,
35:18à faire de l'aménagement
35:19du territoire
35:20pour que tous les citoyens
35:21partout où ils sont
35:22sur le territoire
35:23aient les mêmes chances.
35:24C'est ça le rôle de l'État.
35:25Donc si on continue
35:26à tronçonner,
35:27on va s'appauvrir.
35:28Mais bien sûr,
35:29et plus il disparaît,
35:30c'est surtout
35:31le magistère.
35:33On a un problème
35:33de magistère aussi moral,
35:35des élites au pouvoir
35:37et ceux-là même
35:38qui disent aux Français
35:40qu'il ne faut pas piller
35:40et le disent à juste titre
35:42sont ceux-là même
35:43qui ne payent pas
35:44la totalité de leurs impôts.
35:45Par exemple,
35:46la famille Bolloré
35:47qui a sous-estimé
35:48la valeur de ses biens immobiliers
35:49à la Villa Montmorency
35:50pour éviter de payer
35:524,5 millions d'euros
35:53de frais de succession.
35:55Ça fait quand même
35:55beaucoup d'iPhone
35:55et de basket,
35:564,5 millions d'euros.
35:58Chère Raquel,
35:59le poisson bruit par la tête.
36:01Madame Le Pen
36:01qui a quand même détourné
36:033 millions d'euros
36:04d'argent public
36:05elle,
36:05elle fait la leçon
36:06à tout le monde
36:06et après,
36:07vous avez ces mêmes personnes
36:08qui saluent
36:09Nicolas Sarkozy
36:10comme le président.
36:10Je parle à l'avocate,
36:11elle s'est promue en cassation,
36:12on verra ce que dira la cassation.
36:13L'argent a été détourné.
36:14La qualification juridique
36:15elle est peut-être
36:16encore en discussion
36:17mais l'argent a été détourné.
36:18C'est pour ça
36:19que je propose
36:20une politique
36:20de lutte contre la corruption
36:22et en particulier
36:23sur la question
36:24des cabinets de conseil,
36:26sur la question
36:27des passages
36:27entre privés et publics.
36:29C'est absolument fondamental
36:30de retrouver
36:30l'exemplarité
36:32de l'État
36:32et de ses serviteurs.
36:34Et pour ce que vous disiez
36:35de Bolloré notamment,
36:37je n'avais pas l'info
36:37et je ne sais pas
36:38ce qui est dit
36:39de l'autre côté
36:39mais je pense que les démentis
36:41arriveront
36:42c'est une information
36:43de Mediapart
36:44que vous pourrez lire
36:45ce soir
36:46dans leur journal.
36:49Merci Raquel Garrido
36:50et merci Natacha Polony
36:52d'avoir été avec nous
36:53ce soir candidate
36:53à l'élection présidentielle.
36:55Merci à vous.