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Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Bon, Ségolène Royal nous rejoint en direct sur ce plateau, venez Ségolène Royal, bonsoir, merci d'être avec nous, candidate
00:07à la primaire socialiste, allez-y, installez-vous.
00:11Votre première réaction ce soir à cette interview d'Emmanuel Macron et notamment au fait qu'il dise pendant une
00:18bonne partie de l'interview proposée, comme vous le faites d'ailleurs, de baisser les taxes sur les sens, c
00:23'est de la démagogie, la démagogie pure.
00:25Et il finit par expliquer, le président de la République, que peut-être que nous y viendrons si jamais la
00:30situation dégénère.
00:31Je pense que les Français vont être très déçus, il n'y a pas une décision rapide, à l'image
00:36de ce qu'ont fait les Espagnols.
00:38Je ne pense pas qu'on puisse qualifier le gouvernement espagnol de démagogique et je pense qu'il devrait y
00:45avoir une accalmie sur les prix de l'énergie et si l'État était fort, parce que c'est une
00:51intervention d'État, la décision de baisser les taxes, c'est rapide.
00:54Le temps de négocier avec Total, les marges, etc. c'est beaucoup plus long, ça n'empêche pas que ça
00:59soit fait en même temps.
01:00Mais vous entendez ces arguments sur le fait que ça ne soit pas la solution, dit-il, la plus vertueuse,
01:05parce que ce n'est pas ciblé, ça cible tout le monde.
01:08Les revenus les plus élevés comme les revenus les plus modestes et que peut-être agir autrement aurait peut-être
01:16d'autres vertus finalement.
01:17C'est très étrange comme raisonnement. Quand vous allez acheter une baguette de pain, quelque chose à votre niveau de
01:22revenu, vous payez le même prix.
01:24Quand vous payez votre facture d'eau, vous payez le même prix. La justice fiscale, elle se fait par la
01:28fiscalité, elle ne se fait pas par la différence sur les prix des biens à la consommation.
01:33C'est assez extravagant comme histoire. Et donc effectivement, comme il ne fait pas la justice fiscale, là il retrouve
01:38tout d'un coup une vertu de justice fiscale par rapport au prix de l'essence.
01:42Il faut baisser les taxes sur l'essence, franchement, parce que ça devient extrêmement grave aujourd'hui. Il y a
01:48un déclin économique, il y a une panique des familles.
01:51Mais il a expliqué qu'il n'avait pas les moyens de le faire. Mais il a les moyens de
01:54le faire. Vous savez, je pense que maintenir un prix de l'essence aussi élevé coûte beaucoup plus cher économiquement
02:01parce qu'il y a des faillites, parce qu'il y a des gens qui ne vont plus travailler, parce
02:04qu'il y a de la dépression, parce qu'il y a de la baisse de la consommation.
02:08Et donc il y a moins de rentrées fiscales. C'est bien ce qu'a fait le calcul qu'a
02:11fait le gouvernement espagnol.
02:12Donc il y a trois façons concrètes de baisser de 50 centimes le prix de l'essence.
02:1650 centimes ?
02:17De 50 centimes, je pense qu'on peut baisser à 1,70 euro. Je vois que c'est repris. Mais
02:21je pense qu'on peut en effet atteindre cet objectif,
02:25puisqu'en Espagne, c'est entre 1,50 et 1,90.
02:28C'est remonté. Le diesel est à 2,25 en Espagne.
02:31Non, pas avec les taxes, pas avec la baisse et l'essence.
02:36Oui, mais ils ont arrêté cette politique.
02:38Ils ont remonté un peu leurs taxes. Ils les ont beaucoup baissées. Ils les ont beaucoup baissées, effectivement.
02:41En tout cas, ils les ont baissées. Ça a fait une bouffée d'oxygène.
02:44Et c'est pour ça que je propose de les baisser pour trois mois jusqu'au 31 décembre.
02:48On ne l'a pas fait, nous. Donc les Espagnols l'ont fait.
02:50Peut-être que ça a donné une bouffée d'oxygène aussi au secteur économique.
02:53Et je pense qu'il faut le faire.
02:54Ils ont obtenu une dérogation pour supprimer la taxe de 33 centimes sur le gazole.
02:59Pourquoi est-ce qu'on ne demande pas la même dérogation ?
03:01Mais nous, pour le coup, on n'a pas besoin de dérogation.
03:04On a une taxe. L'une des taxes, c'est l'assise qui est à plus de 60 centimes.
03:08On pourrait la baisser de 30 centimes sans dérogation de l'Union européenne.
03:10Si, parce qu'il y a une taxe dans la directive européenne, article 19, de 33 centimes sur le gazole.
03:16Une taxe spécifique européenne. Et là-dessus, il faut obtenir une dérogation.
03:19Donc déjà, il faut demander cette dérogation.
03:22Deuxièmement, on peut baisser parfaitement le taux de TVA.
03:26Parce que les Espagnols l'avaient baissé de 20 à 10 %.
03:28Et puis troisièmement, reporter les certificats d'économie d'énergie.
03:32Pourquoi les certificats d'économie d'énergie sont payés par les gens qui font le plein ?
03:36Ce n'est pas logique, ça.
03:38C'est un retour de la taxe carbone.
03:39On va reparler, Ségolène Royal, de ces certificats d'économie d'énergie.
03:42Mais vous prenez l'exemple espagnol.
03:43Si vous allez regarder cet après-midi, la situation en Espagne, la situation économique,
03:48on l'a beaucoup dit, ils sont à 2 % de déficit, un peu plus.
03:50Nous, on est à plus de 5.
03:52Surtout à 2 % de croissance.
03:54On est d'accord, avec une croissance plus forte, avec un déficit plus faible,
03:57mais avec un certain nombre de prestations qui ne sont pas les mêmes qu'en France.
04:02L'âge de la retraite est beaucoup plus loin que le nôtre.
04:05Par exemple, les remboursements de sécurité sociale sont beaucoup moins élevés que chez nous, etc.
04:08Toute la protection sociale.
04:10On n'a pas le même système de protection.
04:11Est-ce que ce n'est pas ça aussi qu'on est en train de payer ?
04:13Non, je ne pense pas que ce soit un bon raisonnement de comparer.
04:17Parce que sinon, il faut comparer la totalité des choses.
04:19Je crois que la multiplication des révoltes sociales en France,
04:23la dégradation de l'image internationale de la France,
04:26les pertes économiques ont impliqué toutes ces manifestations
04:29qui vont recommencer si on ne prend pas de décision.
04:32Donc prendre aussi une décision sur la baisse des taxes sur l'essence,
04:36c'est aussi empêcher le retour des mouvements des gilets jaunes.
04:39Ça, ça a de la valeur économique.
04:41Parce que qu'est-ce qui s'est passé quand il y a eu cette dégradation
04:43de l'image internationale de la France ?
04:45C'est que les investisseurs internationaux sont partis
04:47et sont notamment allés en Espagne.
04:49Il y a eu un transfert massif des investisseurs internationaux
04:53qui ont quitté la France, qui voyaient tous les jours la pagaille,
04:56l'État incapable d'anticiper les problèmes, de régler les problèmes.
05:00On est le seul pays européen où il y a eu autant de manifestations,
05:03d'images de répression par la police et de...
05:06Et Emmanuel Macron, vous répondez qu'en termes d'attractivité industrielle,
05:09on est devant.
05:10Non, ce n'est pas vrai.
05:11Si, on est un des meilleurs d'Europe, quand même.
05:13Il faut arrêter de dire qu'à France, c'est l'un des meilleurs,
05:14alors que le chômage remonte.
05:16Mais non, sur l'attractivité.
05:18L'attractivité.
05:18C'est-à-dire sur les investissements venus de l'extérieur.
05:22Si vous pensez que tout va bien dans l'économie française...
05:24Attendez, je ne suis pas en train de généraliser ça.
05:27Et puis quels investissements ?
05:29Ou dans quel secteur ?
05:30Je ne vous parle pas des investissements en général,
05:33mais qu'il y ait des investissements venus de l'extérieur,
05:36qui continuent à être relativement importants et plus qu'ailleurs.
05:40Mais qui ont beaucoup baissé.
05:41Je ne vous dis pas le contraire.
05:42Plus ils seraient hauts, plus je serai content.
05:44Mais je veux dire, il y a encore un peu d'attractivité française quand même.
05:48Et puis il y a de l'argent en France,
05:50puisqu'il y a eu 61 milliards de dividendes
05:53qui ont été distribués aux actionnaires depuis le mois d'avril.
05:57Donc il y a une anomalie dans la répartition de la valeur économique.
06:01Il y a une grave anomalie,
06:03qui est la pire d'ailleurs des inégalités que l'on voit en Europe.
06:06C'est un record de distribution de dividendes,
06:09alors que la croissance est au point mort.
06:11Et qu'il n'y a jamais eu...
06:12Il y a 9 millions de pauvres en France.
06:14Et qu'on n'arrive pas à remonter le SMIC.
06:17Et qu'en même temps, il y a une remontée du chômage et des milieux de faillites.
06:19Il y a un problème de répartition.
06:22Et je pense que si on ne règle pas là, dans l'urgence,
06:25en baissant les taxes, c'est facile à faire.
06:29Je pense que le gain de la baisse des taxes
06:31est supérieur au coût fiscal de la diminution des rentrées.
06:34Précisément.
06:35Emmanuel Macron, quand il parle de démagogie,
06:37il vous répond, entre guillemets,
06:39ou il vous interpelle, entre guillemets,
06:41parce qu'il dit...
06:41Il dit 20 centimes de baisse de taxes,
06:44c'est 1 milliard par mois.
06:45Vous vous dites, on fait au moins 30 centimes
06:47pendant 3 mois.
06:49Je fais le calcul rapidement, je ne vais pas y arriver comme ça de tête.
06:52Mais on doit être autour de 5 ou 6 milliards.
06:53Donc où est-ce que vous les trouvez ?
06:55C'est ça que vous dit le Président de la République ce soir.
06:57Mais en maintenant l'activité économique, déjà.
07:00Vous pariez sur la croissance, une reprise de la croissance.
07:02Mais là, les entreprises font faillite à cause du prix de l'essence.
07:05Les gens ne vont plus travailler à cause du prix de l'essence.
07:07Donc s'inscrivent au chômage.
07:09Donc le coût économique de ce déclin et du maintien du prix de l'essence
07:17à ce niveau aussi élevé, il n'est pas calculé.
07:19Mais il est considérable.
07:20Et le redémarrage des gilets jaunes.
07:22Vous ne croyez pas que ça coûte cher le redémarrage des mouvements sociaux ?
07:25On n'en est pas encore là.
07:26On n'est pas là.
07:27On est à des appels.
07:28Il y a quand même des appels à la grève, etc.
07:30C'est maintenant qu'il faut déminer.
07:32C'est quand même terrible de répéter ça à un pouvoir
07:34qu'il y a eu les gilets jaunes, les manifestations des pompiers,
07:37les manifestations des infirmières, les manifestations des agriculteurs.
07:41À chaque fois, de la souffrance sociale,
07:43des gens mutilés dans les manifestations,
07:45de la dépréciation économique.
07:47Mais comment ça se fait, ça ?
07:49Comment est-ce qu'on peut ne pas faire un geste ?
07:51Ce soir, le président de la République,
07:54qui, question de nos confrères,
07:56dit encore une fois ne rien exclure.
07:57Comment vous voyez cette espèce de pas supplémentaire,
08:01en parlant notamment de la baisse des taxes,
08:03en disant qu'il n'y a pas de sujet tabou ?
08:05C'est pire ?
08:07C'est pire parce que c'est de l'insécurité économique.
08:10Soit on le fait, soit on ne le fait pas.
08:11Mais peut-être, oui, on va le faire.
08:13C'est de l'insécurité économique.
08:15Il fallait le faire aujourd'hui.
08:17Pourquoi il vient à la télévision
08:18si ce n'est pas pour annoncer quelque chose de précis ?
08:21Et tout de suite, de soulager la tension économique
08:23et l'angoisse des gens.
08:24Jusqu'à la fin décembre, jusqu'à Noël ?
08:27Moi, j'aurais fait ça, franchement.
08:2850 centimes d'euros, vous les décomposez comment ?
08:31Vous les prenez où ?
08:3250 centimes, il y a les 33 euros
08:34sur la taxe de la directive européenne, sur le gasoil.
08:37Ensuite, vous baissez la TVA.
08:39Et ensuite, vous déportez les certificats d'économie d'énergie.
08:43Vous les suspendez.
08:43C'est qu'un centime.
08:45Oui, parce que j'ai toujours été contre l'écologie punitive.
08:49Et je trouve profondément choquant,
08:50comme la taxe carbone ou comme les quotas que j'avais supprimés,
08:53que l'on fasse payer aux gens, riches comme pauvres, justement,
08:57riches comme pauvres,
08:57les certificats d'économie d'énergie,
09:00alors que les gens n'ont pas les moyens de changer leur mode de fonctionnement
09:03ou d'acheter une voiture électrique.
09:04Le certificat d'économie d'énergie, justement, pour aller acheter une voiture.
09:07La démonstration a été faite cette semaine.
09:09À chaque fois, pardon pour la publicité, je cite cette marque,
09:11parce que c'est Dacia qui vend les voitures les moins chères.
09:13Voiture électrique Dacia, elle passe de 17 000 à 11 000 euros
09:17grâce au certificat d'économie d'énergie.
09:18Pourquoi ce serait ceux qui n'ont pas forcément les moyens d'acheter une Dacia
09:22qu'ils vont payer ?
09:23Il y a une redistribution à rebours.
09:26Ce n'est pas sur l'essence qu'il faut faire payer ça.
09:28Il paraît qu'il y a 70 000, je dis « il paraît » parce que j'en suis pas
09:30certain,
09:3170 000 emplois qui dépendent de ces certificats.
09:34Mais il faut les financer autrement, mais pas sur l'essence.
09:36La preuve, c'est que vous provoquez des faillites d'entreprises
09:39et vous faites payer des gens qui n'ont pas les moyens d'acheter une voiture électrique.
09:44L'écologie vertueuse, c'est une écologie qui est capable,
09:48par la façon dont elle agit, de changer les comportements.
09:51Encore faut-il pouvoir le faire.
09:53Par exemple, la taxe pollueur-payeur, ça c'est très efficace
09:56puisque les pollueurs payent la taxe et disent « tiens, je vais polluer moins
09:59pour payer moins de taxes ».
10:00Ça c'est très efficace.
10:01Mais faire payer à tout le monde de façon occulte
10:04des certificats d'économie d'énergie,
10:06sans voir très clairement d'ailleurs les circuits financiers, etc.,
10:10ça ne va pas.
10:11Moi j'avais fait le crédit d'impôt, c'était quand même beaucoup plus clair.
10:13On baissait les impôts des gens, 8 000 euros pour une personne seule,
10:1616 000 euros pour un couple, c'était très très efficace
10:19et ça n'avait aucun coût administratif, ni des circuits compliqués.
10:22Ça coûte très cher à la gestion des certificats d'économie d'énergie.
10:25Ça passe dans des pots communs, ensuite c'est redistribué, etc.
10:28C'est à peine contrôlé, c'est fraudé, c'est très compliqué.
10:32Donc on peut faire des choses simples par les baisses d'impôts.
10:34On reparlera de Total dans une seconde.
10:36D'abord réaction, là aussi, du côté de la France Insoumise.
10:39Oui, Emmanuel Bompard, le coordinateur national de la France Insoumise,
10:43dit ce soir, M. Macron nous annonce une hausse durable des prix des carburants.
10:46Il nous dit qu'il fait le maximum pour baisser les prix.
10:49Mensonge, les marges des raffineurs ont été multipliées par 7,5 en France.
10:52En les bloquant, on pourrait ramener le prix du carburant autour d'1,70 euros.
10:57Vous êtes d'accord sur le prix à l'euro ?
10:59Ils reprennent mon calcul.
11:00Mais pas forcément.
11:01Oh, ça fait longtemps que les insoumis, pour le coup, disent 1,70.
11:03En 2023 déjà, lors de la précédente flambée, j'avais déjà dit ça.
11:07Déjà 1,70.
11:07En revanche, ce n'est pas la même manière d'y arriver d'une certaine manière.
11:11Les insoumises disent qu'on bloque les marges, on bloque les prix.
11:17Pourquoi est-ce que vous écartez cette solution-là ?
11:19Parce qu'elle est plus longue à mettre en place.
11:22Moi, je suis pour une annonce tout de suite.
11:24Il faut absolument soulager les tensions économiques,
11:27les tensions sociales, les tensions familiales.
11:29Aujourd'hui, ça aurait été un soulagement d'avoir cette annonce.
11:33C'est un tempo, la politique.
11:35C'est aujourd'hui qu'il fallait l'annoncer.
11:37Et ensuite, l'État peut continuer à négocier avec Total
11:41et récupérer en effet une partie des fonds que coûte l'allègement des charges
11:45sur, en effet, les super-profits de Total.
11:49Car ce qui est anormal, c'est que les profits, par exemple, du raffinage...
11:53Raffinage, c'est quoi ? Vous savez ce que c'est, le raffinage ?
11:55C'est juste faire chauffer le brut.
11:57Donc, que le brut coûte 1 euro, 2 euros, 5 euros, le travail du raffinage est le même.
12:03Mais vous êtes une finonne observatrice, Ségolène Royal.
12:05Donc, comme c'est en pourcentage, ça augmente le profit du raffinage,
12:09puis le profit du transport, puis le profit de la distribution,
12:11alors que c'est le même travail, augmente,
12:13puisque c'est en pourcentage du prix du brut, du Brent.
12:15Et donc, par conséquent, là aussi, entre gens intelligents,
12:19on peut très bien discuter avec Total en disant,
12:21écoutez, vous ne pouvez pas, vous, vous servir de façon spéculative
12:25sur la spéculation du prix du brut.
12:28Mais bien sûr, il faut parallèlement que les guerres s'arrêtent.
12:31Mais vous entendez aussi...
12:32Il faut que parallèlement, il y ait des actions diplomatiques.
12:34Un certain Patrick Pouyanné dire, à l'époque, avant l'été, je crois,
12:40si on devait être taxé de manière supplémentaire,
12:43on arrêterait purement et simplement le plafonnement
12:45qui est mis en place dans nos stations depuis des mois maintenant.
12:48Une forme aussi, ce que certains ont décrit, de chantage.
12:52Ça aussi, peut-être, le gouvernement agit en fonction,
12:54la réagie de superbes entreprises comme celle de Total.
12:57Mais à ce moment-là, pourquoi est-ce qu'il peut faire le plafonnement Total ?
13:00C'est parce qu'il gagne à chaque échelon de la production jusqu'à la distribution.
13:06Alors qu'un distributeur indépendant, lui, il est sur la paille.
13:10Il ne peut pas suivre.
13:12Total gagne de façon spéculative à chaque étape.
13:16La production, le raffinage, le transport et la distribution.
13:21Donc il peut plafonner, mais il faut peut-être lui demander de plafonner plus.
13:24C'est ça l'intelligence de la gouvernance.
13:28– Le Total n'est pas le seul opérateur sur le marché.
13:30– Non, mais c'est le principal quand même.
13:32– C'est le principal, certes.
13:33– C'est le principal.
13:34– Mais il peut aussi vous dire qu'il faut que les autres jouent le jeu aussi.
13:39– Mais les autres opérateurs, en France en tout cas,
13:42n'ont pas la totalité de la chaîne de production.
13:44Mais ce qu'il faudrait, c'est une péréquation entre les distributeurs.
13:48Parce qu'aujourd'hui, les voitures font la queue devant les stations Total.
13:54Elles attendent longtemps d'ailleurs, et puis ailleurs, non.
13:57Donc il y a aussi quelque chose de…
13:59– C'est vrai que les distributeurs d'essence, justement,
14:02qui ne relèvent pas de l'enseigne Total,
14:05tirent la langue de façon colossale.
14:07– Ah ben c'est catastrophique.
14:08– Parce qu'ils sont désertés.
14:09– Voilà, donc il devrait y avoir une péréquation de la part de Total
14:13pour faire en sorte, en effet, que tout le monde puisse vivre
14:15et que tous les territoires puissent accéder au prix d'essence le moins cher.
14:20Ça, c'est le travail de l'État.
14:21Mais on a un gouvernement qui laisse faire.
14:24Il n'a même pas l'imagination et la volonté politique d'essayer.
14:28– J'ai quand même des interrogations sur la méthode royale,
14:30sur la méthode que vous pourriez employer si vous arriviez,
14:33juste derrière moi, à l'Élysée.
14:34Je vous pose notamment sur Total, on prendra cet exemple-là.
14:36Mais je veux d'abord qu'on réécoute Emmanuel Macron,
14:38ce qu'a dit précisément le président ce soir,
14:40le président de la République, sur Total.
14:42– Nous, on a un opérateur qui est Total, Énergie.
14:46Et donc, on a obtenu de cet opérateur, il plafonne les prix.
14:50Donc cet acteur, et c'est une chance pour les Français,
14:53c'est le fruit de notre histoire économique, industrielle,
14:56il plafonne les prix.
14:57Donc vous avez de l'essence qui est à 99 plafonnée
15:00et un diesel à 2,15 plafonnée dans les stations
15:02qui dépendent du réseau Total.
15:04Donc on a déjà ça.
15:05Si nous n'avions pas Total en France,
15:07on n'aurait même pas ce plafonnement.
15:09– Alors, vous dites, vous voulez réagir à ce que…
15:13– Non mais il renverse le raisonnement.
15:14C'est bien parce qu'on a Total qu'on peut imaginer
15:18que l'essence soit moins chère en France
15:20et maîtriser les choses à la fois par la baisse de la fiscalité
15:22et par la baisse des marges de Total.
15:24Mais ça, il faut une discussion.
15:26Il n'y a même pas la discussion, il n'y a même pas la volonté politique.
15:28– Non mais alors c'est quoi la méthode royale pour y aboutir ?
15:30Parce que vous dites, entre gens intelligents, on peut discuter.
15:32C'est un rapport de force, ce n'est pas une discussion de sa longté.
15:34– C'est un rapport de force, c'est de leur dire,
15:36si vous le faites, voilà la solution que nous préconisons,
15:39soit on l'a fait de façon intelligente en partenariat,
15:42soit vous serez taxés.
15:43Et vous verrez que les gens, ils feront de façon intelligente en partenariat.
15:47En tout cas, c'est mon expérience politique.
15:49Si vous mettez les gens autour de la table en disant,
15:51voilà ce qui est intelligent de faire en ce moment,
15:54vous bénéficiez de l'image de marque de la France,
15:56vous avez gagné beaucoup d'argent grâce à la France,
15:58vous ne mettez même pas votre siège social en France.
16:00Je ferme la parenthèse.
16:02Ça aussi, il faut peut-être demander à Total de payer ses impôts en France
16:04et de mettre son siège social en France.
16:07Parce que Total, c'est un groupe international
16:09qui bénéficie de l'appui diplomatique de la France.
16:13Quand Total va dans les pays du monde
16:15pour avoir des autorisations d'exploitation,
16:18il bénéficie de l'appui de la France,
16:20il bénéficie de l'image de marque de la France
16:24et du corps diplomatique français.
16:26Et par conséquent, il doit y avoir un retour.
16:30– Et de quoi ça se fait, ça ?
16:31– Il doit y avoir la prise en compte de l'intérêt général du pays.
16:34Bien évidemment, les grandes entreprises sont comptables
16:37de l'intérêt général du pays.
16:38Car si l'image de la France continue à se dégrader,
16:41ils en seront victimes aussi d'une certaine façon.
16:44– Il faut taxer davantage, on pourrait davantage taxer Total.
16:47Mais vous savez que les gains de Total ne sont pas faits en France.
16:50Les gains de Total qui sont dus d'ailleurs en grande partie au raffinage
16:54sont faits à l'extérieur de la France parce qu'il n'y a plus de raffinerie en France.
16:58– Malheureusement.
16:59– Qui étaient des raffineries déficitaires.
17:02– C'est ça.
17:02– Et c'est pour ça que Total d'ailleurs a décidé de ne plus raffiner en France.
17:07Donc ça me paraît très compliqué pour l'État d'aller taxer davantage Total.
17:13Ce qu'il peut faire, c'est lui imposer, mais je ne vois pas comment,
17:16de baisser encore ses tarifs.
17:17– Mais vous voyez, c'est une question de cas d'esprit et de négociation.
17:21– Soit vous faites de l'intelligence collective et…
17:25– Personne ne sait ce que c'est que l'intelligence collective.
17:27– Si, c'est de l'intelligence collective.
17:29– C'est quoi ?
17:29– C'est capable de construire ensemble des solutions
17:32où chacun fait un pas et qui correspondent à l'intérêt général.
17:36Et donc l'État, si Emmanuel Macron avait donné aujourd'hui le signal
17:40d'une baisse des taxes en disant on va faire un effort,
17:42on a compris les tensions, on va soulager tout de suite,
17:45jusqu'au 31 décembre.
17:47Ensuite, il dit, pour faire cet effort,
17:49on va rediscuter avec les opérateurs pétroliers
17:53et notamment avec Total.
17:54On met Total autour de la table, on leur dit,
17:56voilà, vous gagnez combien à cause de la spéculation
17:59sur le prix du pétrole, vous avez gagné combien ?
18:02– 11 milliards sur les 6 premiers mois.
18:03– Voilà, 11 milliards sur les 6 premiers mois.
18:05Donc vous voyez, ils peuvent payer les 3 milliards
18:06que coûte la diminution de 50 centimes du prix de l'essence
18:10jusqu'au 31 janvier.
18:12– Total va vous regarder et va vous dire,
18:14écoutez, en bonne intelligence, je m'en vais.
18:16– Je m'en vais d'où ?
18:17– Je m'en vais de la France.
18:18– Je m'en vais de la France et je m'installe à New York.
18:20– Et je m'installe à New York.
18:21– Et l'entreprise française, vous vous oubliez ?
18:23– Vous serez nationalisé.
18:24– Et vous serez nationalisé ?
18:26– Si vous faites ça, vous serez nationalisé.
18:28– Ah, c'est un change.
18:28– S'il y a une menace de Total de quitter la France
18:31avec ce que la France lui a apporté ?
18:33Mais monsieur, c'est une plaisanterie.
18:36– Ségolène Royal à l'Elysée ?
18:38– Non, mais je ne me fais pas une annonce.
18:40– Non, en tout cas, ça pourrait faire partie
18:41de votre rapport de force.
18:44– Si Total menace de se délocaliser de la France
18:48alors qu'il doit tout à la France.
18:50– Vous nationalisez avec quel argent ?
18:51Parce que nationaliser Total, c'est 180 milliards d'euros.
18:54– Non, mais je ne vais pas rentrer dans le dispositif,
18:55c'est une théorie.
18:56Mais s'il parle sur ce ton-là,
18:58on peut aussi parler sur le ton de nationalisation.
19:01La France ne peut pas se laisser non plus marcher dessus
19:03ni piétiner.
19:05Mais moi, je ne fais jamais ce pari-là.
19:07Je pense toujours,
19:09et je vais vous raconter une anecdote avec Patrick Pouyanné,
19:11parce que j'étais ministre de l'Environnement,
19:13c'est moi qui donnais les permis miniers d'exploitation.
19:15Il vient me voir, il dit,
19:16je fais des permis miniers au large de la Guyane.
19:18Je lui dis, c'est quand même embêtant.
19:19On vient de signer l'accord de Paris sur le climat,
19:22on s'est engagé à ne pas faire de recherche supplémentaire,
19:26de forage supplémentaire d'énergie fossile,
19:28parce que même si on utilise et on exploite les forages connus,
19:32on ne tient pas en dessous du degré du réchauffement climatique.
19:36Donc je dis, je ne vais pas vous donner cette autorisation.
19:39En revanche, j'ai une idée à vous donner,
19:41puisque c'est près de la Guyane, un pays où il y a du soleil,
19:43on va faire un territoire exemplaire en matière d'énergie renouvelable.
19:48Et d'ailleurs, Total a développé aussi les énergies renouvelables.
19:51C'était quand même une belle proposition.
19:53En leur disant, ça va vous faire une visibilité mondiale,
19:56vous allez avoir des commandes dans le monde entier,
19:58si on fait de la Guyane un territoire entièrement à énergie positive.
20:03Ça a marché ou pas ?
20:03Non.
20:04Il a attendu que je parte du ministère,
20:06et c'est Nicolas Hulot, qui ne connaît rien d'ailleurs au fonctionnement
20:10d'un ministère et de l'État,
20:11donc ça a été tout il y a ailleurs.
20:13Il a eu ses autorisations de forage.
20:16Je le rencontre quelques mois plus tard.
20:18Je dis alors, il me dit, j'aurais dû vous écouter, Madame Royale.
20:21Je dis, ah bon, vous auriez dû m'écouter.
20:23J'aurais dû vous écouter, parce qu'on a dépensé beaucoup d'argent pour faire un forage,
20:27pour ne pas trouver grand-chose,
20:29et finalement, tout cet argent, en effet,
20:31on aurait pu le mettre sur les énergies renouvelables sur la Guyane.
20:34Vous m'entendez ce que je vous raconte ?
20:37Donc, ça veut dire que quand les gens sont intelligents collectivement,
20:41alors que c'était cohérent ce que je lui disais,
20:45il m'aurait écouté, il y aurait eu une visibilité totale
20:49avec un marché mondial sur les énergies propres,
20:53et qui complétait sa dynamique.
20:56C'est que, Madame Royale, il faut qu'on parle du budget.
20:58Emmanuel Macron l'a évoqué ce soir.
20:59Il était aussi attendu là-dessus, le président de la République.
21:01On sait que le gouvernement va faire 54 milliards d'euros d'économie,
21:04demander notamment 6 milliards d'efforts aux retraités,
21:082 milliards sur les arrêts maladie, par exemple.
21:10Voilà ce que dit Emmanuel Macron.
21:12Le président dit projet de budget juste.
21:15C'est ce que dit le président.
21:17La priorité du moment, à mes yeux,
21:19c'est la stabilité financière et la stabilité politique.
21:22Donc, le gouvernement a raison de faire un budget solide,
21:24et le Premier ministre en a présenté les équilibres.
21:27Il a raison.
21:28Est-ce que c'est un budget qui est excessif,
21:30qui est un budget d'austérité ?
21:32Non, c'est un budget de responsabilité.
21:34Et donc, les axes qu'il a définis me paraissent justes,
21:37parce qu'il demande des contributions proportionnées,
21:41à peu près à tout le monde.
21:44Budget juste parce que tout le monde participe.
21:46C'est comme ça que le président le présente.
21:48Oui, il pourrait déjà reconnaître sa responsabilité dans le déficit,
21:51déjà.
21:52On a l'impression que ça nous tombe du ciel,
21:53que c'est le fait du hasard, etc.
21:55Il est responsable de cette situation budgétaire ?
22:00Ça fait dix ans qu'il est là.
22:01Il y a à la fois un manque de recettes,
22:03il y a à la fois de la fraude fiscale qui n'a pas été combattue,
22:06il y a de l'optimisation fiscale qui n'a pas été combattue,
22:09il y a 170 milliards d'aides économiques aux entreprises en contrepartie.
22:12Donc, tant que ça, ça n'a pas été mis à plat,
22:15et tant qu'on n'a pas retiré l'essentiel de ce qu'on peut retirer de ces anomalies,
22:20plus la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune,
22:23ça c'est quand même une plaisanterie.
22:24Tous les pays l'ont, vous voyez,
22:26même en signal moral par rapport à ce qu'on demande aux classes moyennes
22:32et aux catégories modestes.
22:33Vous à l'Élysée, vous remettez l'ISF.
22:35Mais c'est la moindre des choses.
22:36En revanche, je ne fais aucun autre impôt.
22:39J'entends des impôts, des successions, aucun autre impôt.
22:42Uniquement l'impôt sur la fortune ?
22:43Pour l'instant.
22:44On relance l'activité économique.
22:45Mais le signal quand même d'un minimum de justice
22:49où le patrimoine immobilier et les revenus du capital
22:55payent quand même l'impôt de solidarité sur la fortune,
22:57c'est un minimum.
23:00Donc ça, il aurait dû le faire dans ce budget.
23:03On met l'impôt de solidarité sur la fortune
23:04et donc on peut demander peut-être un peu aux autres.
23:06Est-ce que vous êtes au moins d'accord sur le constat, Ségolène Royal ?
23:10Que fait Emmanuel Macron ?
23:11Que fait Sébastien Lecornu ?
23:12Qui est de dire qu'il faut faire un effort, un gros effort, 54 milliards,
23:16parce que précisément, les comptes sont en train de déraper.
23:18Il n'y a plus un euro en caisse.
23:20On est à plus de 5% de déficit.
23:22Et que si on ne fait pas cet effort-là maintenant,
23:26si vous ou une autre ou un autre arrivez à l'Élysée en mai prochain,
23:31ce sera extrêmement compliqué pour le prochain président.
23:33Mais le problème, c'est qu'ils ne font rien pour relancer l'activité économique.
23:37Qu'est-ce qu'ils font pour lutter contre les faillites ?
23:40Qu'est-ce qu'ils font pour empêcher ?
23:41Je vois Sodexo, tiens.
23:43Sodexo qui est en train de licencier 1 700 personnes,
23:46alors qu'il a distribué je ne sais pas combien de milliards de dividendes.
23:50Mais le problème, c'est qu'ils ne font rien ni pour empêcher les faillites
23:52et les dépôts de bilan d'entreprises,
23:54alors qu'on devrait voir territoire par territoire.
23:56Qu'est-ce qu'on peut faire ? Où ça se passe ?
23:58Est-ce que c'est une question énergétique ? Est-ce que c'est une question autre ?
24:01Comment est-ce qu'on retient les entreprises debout
24:04qui sont là très très fragilisées d'une part ?
24:06Et d'autre part, qu'il y a un signal de justice fiscale, l'ordre juste.
24:10Même en économie, en fiscalité, l'ordre juste.
24:14Les gens y comprennent de faire des efforts.
24:15La stabilité politique, la stabilité politique pour l'après aussi,
24:21travaillait peut-être pour les autres.
24:22C'est ce que disait d'ailleurs le Premier ministre,
24:23en disant qu'en gros, on ne prépare peut-être pas le meilleur des budgets,
24:27mais pour une période qui nous amène de fait à une autre séquence politique
24:31qu'est l'élection présidentielle.
24:32Le problème, c'est qu'il faut être à l'écoute.
24:34C'est des révoltes sociales liées à ce budget.
24:37Le coût économique est supérieur aux économies qu'ils essayent de faire.
24:42Le coût économique est supérieur aux économies qu'ils essayent de faire.
24:46Donc il faut un budget qui ne soulève aucune colère sociale.
24:51C'est quoi un budget qui ne soulève aucune colère sociale,
24:54surtout en ce moment où l'économie est très très très fragilisée ?
24:58C'est un budget qui reconduit ce qui s'est passé l'année dernière.
25:01Mais donc c'est un budget qui ne fait pas l'économie.
25:04Mais ça va être pire.
25:06Si vous avez de la colère sociale, ça sera pire.
25:08Donc vous vous passez de 54 milliards d'euros d'économie,
25:11c'est l'objectif de Sébastien Lecornu, je ne sais pas s'il y arrivera,
25:13à zéro, on ne bouge pas ?
25:16Mais ça va faire plus de dépenses.
25:18La révolte sociale va faire plus de dépenses que les 54 milliards.
25:22La paix sociale, vous m'entendez bien,
25:24la paix sociale a beaucoup plus de valeur que la provocation sociale.
25:28Vous dites la paix sociale, Ségolène Royal.
25:30La paix sociale, si on ne fait pas d'économie,
25:33ça veut dire un déficit qui glisse au-delà de 6 et quelques pourcents.
25:36Si on peut faire des économies sur le fonctionnement de l'État,
25:39sur le fonctionnement des entreprises publiques,
25:41sur la suppression d'un certain nombre de doublons,
25:44pourquoi pas ?
25:45Mais ils ont mis du temps quand même,
25:46parce que même là, la réforme de l'État,
25:48la réforme du milieu territorial, rien n'a été fait.
25:51La suppression des hauts commissariats, des conseils,
25:54tous azimuts qui sont dans tous les sens, rien n'a été fait.
25:57Et aujourd'hui, on va taper sur les retraités ?
25:59Avec la hausse du prix de la vie ?
26:01Mais c'est scandaleux.
26:02Et si vous faites ça, madame Royal, une loi spéciale.
26:04Et en plus, la ministre qui nous dit que vivre avec 2 000 euros,
26:06si tout va très bien ?
26:06Une loi spéciale, c'est qu'effectivement,
26:08vous ne pouvez pas rester indéfiniment avec une loi spéciale.
26:11Non, mais il y a des élections, là, l'année prochaine.
26:12Oui, d'accord.
26:13Mais d'ici là, les comptes vont se dégrader, de toute manière.
26:16De toute manière.
26:17Oui, ça va être encore pire.
26:19Donc, il faut agir maintenant.
26:20Si il y a des révoltes sociales, vous allez voir la dégradation des comptes.
26:22Parce que...
26:22Parce que quand les créanciers de la France voient ça,
26:26ils augmentent aussi les taux d'intérêt,
26:27c'est à nouveau la pagaille.
26:28Si vous ne faites pas le programme de M. Lecornu aujourd'hui,
26:32c'est-à-dire avec les 50 milliards d'économies,
26:34ou moins, parce qu'il y en aura moins.
26:36Évidemment qu'il y en aura moins.
26:37Mais vous êtes obligés de passer par une loi spéciale.
26:40C'est soit cette reconduction...
26:42Et cette loi spéciale, vous êtes obligés après de la corriger.
26:44Voilà.
26:45Et il y aura...
26:45Eh bien, le nouveau pouvoir la corrige.
26:47Ou alors, il fait ses 50 milliards sur les aides économiques aux entreprises,
26:51sans contrepartie.
26:52Il remet l'impôt de solidarité sur la fortune.
26:55Il prend des décisions draconiennes sur l'optimisation fiscale
26:58et sur la fraude fiscale.
26:59Et vous les avez, les 50 milliards.
27:01Donc, les entreprises sont encore plus pénalisées.
27:02Non.
27:03Et ceux qui payent l'impôt sur la fortune mobilière,
27:06eh bien, partent à l'étranger.
27:07Non.
27:08Ah bon ?
27:08Donc, il y a moins d'argent.
27:09Vous présentez.
27:10Parce que l'exil fiscal, vous savez,
27:13les cabinets d'avocats sont pleins de clients
27:17qui, aujourd'hui, étudient la possibilité de partir à l'étranger.
27:19Je vous parle de remettre ce qui existait
27:22et qui exige dans tous les pays voisins de la France.
27:24Dans tous les pays voisins de la France,
27:26il y a un impôt de solidarité sur la fortune financière.
27:29Donc, c'est presque symbolique, cet impôt.
27:33Ah oui, mais ça ne rapporte rien.
27:34Eh bien, alors, pourquoi pas le faire ?
27:35Bah oui, mais...
27:36Eh bien, voilà.
27:37Vous voyez l'aberration.
27:38On a connu, alors on peut vous dire pourquoi le faire ?
27:39Parce que ça ne l'améliore pas énormément.
27:40C'est vraiment les finances de l'État.
27:42Mais pourquoi pas le faire à ce moment-là ?
27:43Pourquoi cette obstination ?
27:46D'où ça sort ?
27:48Donc, vous dites...
27:48Cet incapacité,
27:49cet manque de mobilité,
27:51de réactivité,
27:52c'est très étrange.
27:53Mais Emmanuel Macron avait déjà été comme ça
27:55avant les gilets jaunes.
27:56Et vous dites...
27:57C'est incapacité à retirer la taxe carbone.
27:59Même quand les gens se faisaient tirer dessus
28:01sur les ronds-points.
28:03Même quand il y avait des mutilations.
28:04Il y a eu 15 morts sur les ronds-points.
28:05Il a fallu 9 mois pour retirer la taxe carbone.
28:08Et là, il recommence.
28:11C'est curieux,
28:11cette incapacité,
28:13ce manque d'empathie.
28:15C'est un manque d'empathie.
28:16C'est de ne pas comprendre
28:17ce qui est en train de se passer,
28:18ce que les gens vivent.
28:19Et c'est ça.
28:20Du coup, il y a une incapacité politique
28:22à prendre les décisions
28:23qui prennent en considération
28:25ce que les gens vivent.
28:26Avec bon sens, d'ailleurs.
28:27C'est du bon sens
28:28de ne pas taper sur les retraites
28:29quand vous ne rétablissez pas l'impôt.
28:31Est-ce que c'est une incapacité politique
28:31ou une impuissance d'État
28:32qui fait qu'on n'a plus un sentiment poche,
28:34que la France est dans une situation
28:37très délicate
28:38et qu'elle est coincée ?
28:39Mais si, il y a beaucoup d'argent.
28:41Je vous le dis,
28:4261 milliards de répartition des dividendes.
28:46C'est le taux le plus élevé au monde.
28:48En France.
28:48Ça, ça n'appartient pas à l'État.
28:49Il y a un gros sujet.
28:51Ce n'est pas taxé.
28:53Il n'y a pas d'impôt de solidarité
28:55sur la fortune financière
28:56puisque ces revenus du capital
29:00ne sont même pas imposés.
29:02Donc, vous allez taxer plus fortement
29:04un salarié, un boulanger
29:07qui n'en peut plus
29:08à cause du prix de l'énergie
29:10et vous ne taxez pas
29:12celui qui a les revenus,
29:14les dividendes,
29:1661 milliards de dividendes ?
29:18Mais il y a un problème.
29:20Et ces dividendes qui sont réinjectés
29:22dans l'économie,
29:23vous le savez très bien.
29:24Eh bien, l'État réinjectera
29:26dans l'économie.
29:28Franchement, il y a un sujet lourd
29:30sur lequel vous devriez avoir à affronter
29:34si vous arrivez à l'Élysée.
29:35Ce sont les retraites.
29:35On va écouter Emmanuel Macron
29:37qui le dit ce soir.
29:39Il n'a pas réussi
29:40à faire passer
29:42ou en tout cas à maintenir
29:44en vie sa réforme des retraites.
29:46Ce que je regrette,
29:48c'est que les réformes
29:49que j'avais engagées à côté
29:50pour améliorer les finances publiques,
29:52elles, ils ont bloqué.
29:53La réforme des retraites ?
29:54Bien sûr, parce que les pays
29:55dont vous parlez,
29:56quelle est la grande différence
29:57avec la France ?
29:58C'est que ce sont des pays
29:59qui, pour l'Allemagne,
30:00il y a 25 ans,
30:01ont fait les grandes réformes sociales
30:02pour que leur modèle
30:03s'adapte au vieillissement,
30:05qui, quand on parle de l'Espagne
30:06ou de l'Italie,
30:07ont fait en 2010
30:07leurs réformes sociales.
30:09Nous, nous ne les avons pas faites
30:10suffisamment.
30:10Je le prends pour moi.
30:11Je n'ai pas réussi à convaincre
30:12les forces politiques.
30:13C'est ça, ça fait 10 ans
30:13que vous êtes en responsabilité.
30:15Bien sûr, mais je me suis présenté
30:16en 2022 avec une réforme des retraites.
30:18J'ai été élu sur celle-ci.
30:19Je n'ai pas réussi à la faire
30:20parce que je n'ai pas convaincu.
30:21Donc, je ne me défausse pas
30:22de mes responsabilités.
30:24Vous, à l'Élysée,
30:25qu'est-ce que vous faites ?
30:25Mais qu'est-ce qu'il raconte, là ?
30:27Il en a fait des réformes
30:28des retraites.
30:29Il a même supprimé
30:30trois causes
30:31de la pénibilité des retraites.
30:33Sauf que la dernière réforme
30:33qu'il a voulu mettre en place,
30:35elle a été stoppée.
30:36Elle est stoppée aujourd'hui.
30:36Elle est suspendue
30:44parce que la méthode
30:45est catastrophique.
30:46Et en plus,
30:47il a déjà baissé les retraites.
30:48Ce n'est pas vrai.
30:50Et en plus,
30:50il y a un deuxième mensonge.
30:50Mais attendez,
30:51comment vous faites ?
30:52Qu'est-ce que vous faites
30:53et comment vous faites ?
30:54Moi, je ne touche pas aux retraites
30:56tant qu'on n'a pas fait
30:57la justice fiscale.
30:58Vous ne pouvez pas toucher aux retraites
31:00tant que vous n'avez pas fait
31:01la justice fiscale.
31:03Deuxièmement,
31:05on nous dit qu'il y a un trou
31:06des retraites de 50 milliards.
31:09Je le répète,
31:10il y a 200 milliards
31:10d'aides économiques
31:11aux entreprises
31:12sans contrepartie.
31:13Donc, vous devez mettre à plat
31:15tous les enjeux.
31:16Il y a entre 80 et 100 milliards
31:19de fraudes fiscales.
31:21Et vous allez taper
31:22sur les retraités
31:22sans être capable
31:23de lutter contre la fraude fiscale
31:25à l'ère de l'intelligence artificielle.
31:28Le résultat est très hypothétique.
31:29Il est très hypothétique
31:30le résultat de la lutte
31:31contre la fraude fiscale.
31:32Parce que les moyens
31:33ne sont pas mis.
31:34Parce que le travail de l'État
31:36n'est pas fait.
31:37C'est quand même très choquant
31:38qu'il y ait 100 milliards
31:39de fraudes fiscales
31:40qui ne sont pas capables
31:41de régler
31:42et qu'on va taper
31:4350 milliards
31:44sur les retraités.
31:46Non, c'est 6 milliards
31:46sur les retraités.
31:47Une chose est tapée
31:49sur les retraités,
31:50comme vous dites.
31:50Et une autre chose
31:51est de réformer
31:53notre système
31:54des retraites.
31:55Et encore une fois,
31:56si vous prenez
31:56les retraites
31:57et les dépenses de santé,
31:58c'est un tiers
31:59de la dépense publique.
32:01Ce qui est énorme.
32:02C'est le premier poste
32:04budgétaire
32:05dans notre pays.
32:06il faut absolument,
32:08tous les experts le disent
32:10et tous les économistes
32:11le disent,
32:11on ne pourra pas
32:12continuer comme ça
32:13parce que justement,
32:14ceux qui vont payer
32:14les pots cassés
32:15de ce système
32:16très coûteux,
32:18eh bien,
32:18ce sont les plus modestes.
32:19Donc,
32:20est-ce qu'il n'était pas
32:21temps,
32:22alors que vous vous y êtes opposé,
32:24de réformer
32:25notre système
32:26des retraites,
32:26de reculer
32:27l'âge de départ
32:28à la retraite,
32:28d'autant que les gens
32:30vieillissent de plus en plus ?
32:32Et ça aurait été
32:33quand même
32:34une des solutions
32:35pour justement,
32:36eh bien,
32:36avoir les moyens
32:37de faire d'autres dépenses.
32:39Mais vous ne pouvez
32:40réformer ces systèmes
32:41que si les gens
32:43ont la certitude
32:44qu'il y a de la justice
32:46fiscale et sociale.
32:48Tant que vous ne réglerez
32:50pas le problème
32:50de la justice fiscale,
32:52vous ne pouvez pas prendre
32:53à ceux qui ont le moins.
32:55Deuxièmement,
32:56on ne peut pas dire
32:57que le régime de retraite
32:58est déficitaire
32:59alors qu'une des questions,
33:00c'est le chômage
33:02des seniors.
33:03Si tous les seniors
33:04étaient au travail,
33:05il y aurait déjà
33:05beaucoup moins de défis.
33:06Plus vous reculez
33:07l'âge de la retraite,
33:08plus les gens
33:09travaillent tard.
33:11Mais c'est pour ça
33:12qu'il faut de la retraite
33:13à la carte
33:14entre ceux qui peuvent
33:15effectivement continuer
33:16à travailler
33:16et ceux dans la pénibilité
33:20dont les critères
33:21ont été aggravés
33:22par Emmanuel Macron,
33:23je le répète.
33:24Et ça,
33:24ce n'est pas juste.
33:26Et donc,
33:27et troisièmement,
33:28il y a le problème
33:28de l'égalité salariale
33:29homme-femme.
33:30À travail égal,
33:31il y a 25% d'écarts.
33:32Et je pense
33:33qu'il y en a même plus
33:34parce que si on comptait
33:35le ralentissement
33:36de la carrière
33:38des femmes,
33:38si vous faites
33:39l'égalité salariale
33:40homme-femme,
33:41vous réglez aussi
33:42une grande part
33:42de la question
33:43de l'équilibre
33:44du système
33:44des retraites.
33:46Donc,
33:46c'est ça qu'il faut faire.
33:48Ce n'est pas
33:48en braquant les gens
33:49ou en trouvant
33:51des lois magiques,
33:53reculer là
33:53le jeu à la retraite
33:54ou la comparaison
33:55avec l'Allemagne.
33:56Stop.
33:57qu'on arrête
33:57les comparaisons
33:58avec l'Allemagne
33:58parce que le système
34:00social allemand,
34:01le taux de pauvreté
34:01en Allemagne,
34:02donc il faut arrêter.
34:04Et notre système
34:04de retraite
34:05et de sécurité sociale,
34:06c'est ce qui a fait
34:06aussi la sécurisation
34:08des acteurs économiques,
34:09c'est ce qui a fait
34:10aussi l'ingéniosité française.
34:11Pourquoi il y a eu
34:12beaucoup de créativité
34:13à un moment ?
34:13Parce qu'on prend des risques
34:14quand on est protégé
34:15et on n'en prend plus
34:16quand on n'est pas protégé.
34:17Et moi,
34:18je suis pour le maintien
34:19du système de sécurité sociale
34:20en luttant contre
34:21les gaspillages
34:21s'il y en a,
34:22pour le maintien
34:23du système de retraite
34:23parce que c'est un trésor.
34:25Et c'est ça
34:25qui permet justement
34:26aux gens
34:27de donner le meilleur
34:28d'eux-mêmes
34:28et aux jeunes
34:29d'avoir confiance
34:30dans l'avenir.
34:30Parce que qu'est-ce
34:31qui se passe aujourd'hui ?
34:32Les jeunes se disent
34:32bon, c'est bon,
34:33tous les jours,
34:34on nous tabasse
34:34avec le problème
34:36des retraites,
34:37nous, on n'aura pas
34:37de retraite.
34:38Interrogez n'importe
34:39quel jeune aujourd'hui
34:39dans la rue
34:40et va vous dire ça.
34:41Donc ça fait peur.
34:42Ça fait peur aux jeunes.
34:44Ils se disent
34:44bon, alors du coup,
34:45on ne va pas créer de famille,
34:46du coup,
34:46on n'a pas d'enfants
34:46et donc il y a
34:47un effondrement
34:48de la natalité.
34:49Vous savez,
34:49tout se tient.
34:50Quand on fragilise
34:52les sécurités sociales,
34:53les liens familiaux
34:54parce que la retraite,
34:55c'est du lien familial
34:57derrière,
34:58tout s'écroule.
34:59Cégolène Royal,
35:00dans un instant,
35:01Dominique de Villepin
35:02avec nous,
35:03une question encore
35:04parce que vous avez provoqué
35:05hier une polémique
35:06lors du premier débat
35:07concernant la primaire
35:08du Parti socialiste.
35:09Vous ne regrettez pas
35:10vos propos
35:11sur ce qui s'est passé
35:12autour de ce qui se passe
35:13à Gaza ?
35:14Il y a un torrent
35:14de réactions aujourd'hui,
35:16de réactions outrées
35:17notamment sur ce que
35:17vous avez pu dire hier.
35:18Vous ne regrettez pas,
35:19vous n'amendez pas,
35:19vous ne changez rien ?
35:20Je pense que dans la vie politique,
35:22il ne faut pas accepter
35:23que ces propos
35:23soient déformés
35:24ou dévoyés.
35:26Et donc,
35:26je me suis exprimée
35:27là-dessus justement
35:28pour répondre
35:29à ceux qui dévoyaient
35:30ou qui déformaient
35:31mes propos.
35:32Il ne faut pas accepter
35:33ça en politique.
35:34Et donc,
35:34ne comptez pas sur moi
35:35pour m'excuser
35:37sur des choses
35:38qui sont
35:40toutes simples
35:42et qui n'ont pas
35:42à être déformées.
35:44Pourquoi vous dites déformées ?
35:45Qui a déformé vos propos ?
35:46Non,
35:46je ne vais pas
35:48re-rentrer dans cette polémique.
35:49Ceux qui veulent
35:50s'intéresser à cette polémique,
35:51ils vont voir ma réponse
35:52sur les réseaux sociaux.
35:53Mais je ne vais pas
35:54en une phrase
35:55relancer la polémique
35:56parce que c'est tout
35:57ce qu'ils attendent.
35:57Bon, rendez-vous
35:58sur les réseaux sociaux.
35:59Merci Ségolène Royal
35:59d'avoir été avec nous
36:00en direct ce soir
36:0221h52 sur BFM TV.
36:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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