00:00Et est-ce que les questions internationales sont le talon d'Achille du RN ?
00:03On a un peu du mal à s'y retrouver, Jordan Bardella qui fait des concessions au leader du parti
00:08anti-européen UKIP,
00:09la France qui n'a plus les moyens de soutenir l'Ukraine, ça c'est ce qu'il dit également.
00:15Il l'a dit notamment au micro de BFM TV mais Louis Alliot le disait également.
00:20Bonjour Philippe Ballard, vous êtes député RN, vous êtes porte-parole du Rassemblement National.
00:25Je vais vous poser des questions sur notamment cette alliance étrange en Angleterre menée vendredi par Jordan Bardella.
00:35Mais d'abord c'est, je le disais, cette victoire de l'AFD hier.
00:39Vous n'avez plus aucune connexion avec l'AFD, est-ce que malgré tout vous vous dites que ça crée
00:43une dynamique ? Comment vous regardez ça ?
00:44Il faut analyser un petit peu les résultats. En fait il faut se poser une question très simple.
00:49Pourquoi les Allemands de ce lande, de 2 millions d'habitants, ont voté pour l'AFD ?
00:53Et on pourrait se poser la même question aux Etats-Unis. Pourquoi ont-ils voté pour Donald Trump ?
00:57On retrouve à chaque fois quasiment les mêmes ingrédients.
00:59C'est-à-dire une politique migratoire complètement incontrôlée, une désindustrialisation.
01:03Je parlais des Etats-Unis, vous savez ce qu'on appelle la Ross Belt, c'est-à-dire la ceinture
01:07rouillée.
01:08C'est le symbole de la désindustrialisation des Etats-Unis.
01:12Tous ces gens-là qui voient une immigration incontrôlée, qui perdent en pouvoir d'achat,
01:15ils se retournent vers des gens qui leur disent « Make America great again ».
01:19On n'est pas fan forcément de Donald Trump.
01:22Mais enfin, il faut analyser les ressorts de ce vote.
01:24Et en Allemagne, c'est la même chose.
01:26Désindustrialisation, pouvoir d'achat, tout ça, ce sont les ingrédients pour un vote.
01:30Il y a un lien entre vous et eux ?
01:32Avec l'AFD ?
01:33Oui.
01:34Non, on le disait tout à l'heure, en préambule, on ne siège plus dans le même groupe au sein
01:38du Parlement européen.
01:39Vous avez énuméré tout à l'heure un certain nombre des choses qui sont des points de blocage,
01:43qui sont des lignes rouges, comme l'on dit, des propos sur la Deuxième Guerre mondiale,
01:46ce concept de ré-migration, enfin, je veux dire, mais pourquoi allons-nous expulser des gens qui sont en situation
01:53régulière ?
01:53On commence à expulser les clandestins, on commence à expulser les 120 personnes, 120 000, pardon, sous OQTF en France.
02:00Vous commencez, vous ferez quoi après ?
02:02On commence ?
02:04Mais non, mais, c'est-à-dire, on fait ce qu'on devrait faire depuis longtemps et qu'on n
02:07'a jamais fait en France.
02:08On n'a pas à voir un million de clandestins sur le territoire national.
02:11On n'a pas à voir 120 000 personnes sous OQTF, c'est-à-dire obligation de quitter le territoire
02:16français,
02:16mais qui restent quand même en France, plutôt que de parler de ré-migration.
02:20Philippe Ballard, je voudrais comprendre qu'est-ce que Jordan Bardella a été faire avec Miguel Farage,
02:28signer en grande pompe une sorte de faux traité ou de traité à venir,
02:32dans lequel il dit « Ok, super, renvoyez tout le monde chez nous ».
02:35Ah non, ce n'est pas tout à fait ce qu'il est créé.
02:37Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non,
02:38alors attendez, on va remettre les points sur la i, je me fais devenir, comme ça on va pas s
02:43'expliquer.
02:43Très bien, allez-y.
02:43Ce sont les bateaux, non mais c'est très clair, ceux qui arrivent au Royaume-Uni sont détenus au Royaume
02:50-Uni
02:50et seront expulsés par les autorités britanniques.
02:53Ceux qui sont dans la Manche et qui risquent de se noyer entre parenthèses,
02:57parce que nous, on n'est pas contre les immigrés, on est contre une politique migratoire complètement incontrôlée.
03:01Il y a une différence quand même.
03:03Quelqu'un qui est en train de se noyer en pleine mer, évidemment, on va le secourir.
03:06Il y a cette phrase exacte.
03:07Le Royaume-Uni interceptera les embarcations parties des côtes françaises
03:12et pénétrant dans les eaux territoriales britanniques
03:14et ramènera en France les personnes se trouvant à bord.
03:17La France reconduira ces personnes vers leur pays d'origine.
03:19Absolument.
03:20Donc là, il n'est plus question des personnes qui arrivent, des clandestins qui arrivent sur le sol britannique.
03:24On parle des personnes interceptées dans la Manche.
03:26Mais au-delà de ça, ce qu'il faut bien voir, c'est que c'est pour envoyer un signal,
03:30mais je ne vais pas dire à la Terre entière,
03:32mais vous savez, en Australie, il y a une dizaine d'années, ils ont fait une opération, ça s'appelait
03:36No Way.
03:36C'est-à-dire, quand on était clandestins, on ne pouvait pas mettre les pieds sur les territoires australiens.
03:42Ça sera la même chose pour la France et le Royaume-Uni.
03:45On envoie un signal pour tous les réseaux de mafieux.
03:48Non mais, ce sont des réseaux mafieux qui se font de l'argent sur le dos de pauvres bourgs.
03:53C'est ça qu'on veut combattre.
03:54Mais oui, monsieur le député, mais alors quand même, vous êtes au courant que, à part le RN,
03:59personne ne défend cet accord, la classe politique française l'a unanimement condamné,
04:03mais le plus humiliant pour la France.
04:04Et je pense que vous y serez sensibles, c'est la une des journaux britanniques,
04:08avant-hier en Angleterre, où tout le monde se moque de Jordan Bardella.
04:11Donc tout le monde se moque de la France, car c'est un député européen français.
04:14On est un sujet de ridicule numéro un en Angleterre.
04:17Vous ne pouvez pas nous dire qu'il n'y a que le RN qui a compris ce qu'a
04:20fait Jordan Bardella.
04:21Toute la classe politique française ne le comprend pas.
04:22Et l'Angleterre, qui est bénéficiaire de l'accord, se moque de lui.
04:25Il y a un problème quand même dans cette histoire.
04:26Non, pas du tout, parce que je pense que la classe politique française,
04:29là on va se perpionner pendant huit mois.
04:33Et les Anglais, c'est la même chose.
04:34La presse britannique, on la connaît un petit peu.
04:36La France-Port du côté de Fadge, c'est pas ça.
04:38On sait très bien, mais on peut revenir au niveau français.
04:41Là, on a une très grande partie de la presse qui se déchaîne contre nous.
04:45Nos adversaires politiques, mais à la limite ça c'est normal.
04:47Mais pourquoi ? Parce qu'on a créé, on a une vraie dynamique en ce moment.
04:51On a un duo qui fonctionne merveilleusement bien.
04:54Moi, je vais vous dire...
04:54Il fonctionne merveilleusement bien ?
04:55Ah oui, absolument, oui.
04:56Ne vous en faites pas, il n'y a pas de souci.
04:57Jordan Bardella, Marine Le Pen, il n'y a pas de duo.
04:59C'est un duo absolument formidable.
05:02Bientôt, ça sera Marine Le Pen à l'Isée, Jordan Bardella à Matignon.
05:04Moi, j'étais en circonscription ce week-end.
05:06J'ai fait un barbecue patriotique.
05:08On était 60 en 2022 quand j'ai été élu.
05:10Là, on était 300, j'ai fait 25 adhésions.
05:12Il y a un formidable mouvement en France pour notre mouvement,
05:18pour Marine Le Pen, pour Jordan Bardella, qui se dessine.
05:20Voilà, il y a encore 8 mois de campagne.
05:22Nous, on fait campagne comme si on était à 15%.
05:24Entre Éric Ciotti qui dit qu'il faut les moyens pour une Ukraine libre et indépendante,
05:28et Louis Alliot qui dit qu'il faut couper le robinet financier à l'Ukraine.
05:33Vous choisissez qui ?
05:34Mais Jordan Bardella était sur BFM, il est revenu, il s'est expliqué sur cette phrase.
05:39Nous, nous avons toujours condamné l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
05:44Un pays agressé, un pays agresseur.
05:45L'agresseur, c'est la Russie.
05:46Le pays agressé, c'est l'Ukraine.
05:49Il n'y a pas de doute, non ?
05:50Franchement, il n'y a absolument aucun doute là-dessus.
05:52Et on soutiendra l'Ukraine.
05:54Quand il faudra construire l'Ukraine, on sera aux côtés de l'Ukraine.
05:57On respectera nos accords.
06:00Mais là, pour revenir à cette phrase de Louis Alliot,
06:02c'était, je crois, on va couper le robinet.
06:04Mais il s'en est expliqué, Jordan Bardella s'en est expliqué.
06:08Là, c'est facile de prêter de l'argent qu'on n'a pas.
06:10Non, mais on prête de l'argent que l'on n'a pas.
06:12C'est ce qu'il faut bien comprendre quand même.
06:14Là, c'est un prêt de 90 milliards d'euros accordé par l'Union Européenne.
06:18La France est caution pour 18 milliards d'euros.
06:21Quand on voit la préparation du budget,
06:22on est en train d'essayer de faire la poche des retraités à hauteur de 3 ou 6 milliards.
06:27Là, c'est 18 milliards.
06:29Alors oui, il faut aider l'Ukraine, mais pas avec de l'argent qu'on n'a pas.
06:32Merci Philippe Ballard d'avoir répondu à nos questions ce matin.
06:35Député de l'Oise, porte-parole du Rassemblement National, côté politique.