00:00Et nous recevons Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat policier Vigie.
00:04Bonjour et merci d'être avec nous des si bons matins.
00:07Comment est-ce que vous avez accueilli ces dernières images de violences policières
00:12le week-end dernier lors des manifestations ?
00:15C'est dramatique pour l'image de la police.
00:18Malheureusement, pour quelques personnes dans la police qui font mal leur travail,
00:24ça en tâche toute la profession.
00:26Après, il y a le croche-pâte qui est inadmissible parce que c'est un geste gratuit
00:29et inadmissible, donc là, il n'y a pas de doute.
00:32Par contre, pour ce qui s'est passé à côté de la place de Saint-Augustin à Paris,
00:36avec un tir de LBD à bout portant, là, effectivement, la faute est catégorique.
00:42On la voit bien sur les images.
00:44Le fonctionnaire ne se cache pas, il a son numéro de RIO,
00:46donc ce n'était pas quelqu'un qui voulait mal faire son travail,
00:48sinon il cacherait son RIO comme certains autres collègues.
00:51Après, c'est tout ce qui est le contexte qui est derrière,
00:53c'est que les gens ne voient pas, c'est les heures supplémentaires accumulées,
00:56la mauvaise formation qu'on peut avoir,
00:57et tout ce contexte qui fait qu'au bout, le fonctionnaire sur le terrain
01:01est appelé à faire des fautes et à commettre des fautes à cause de tout ça.
01:04C'est ce que je répète malheureusement souvent,
01:05c'est quand on travaille des week-ends d'affilée sans jour de repos
01:08et des vacations qui peuvent durer 20 heures,
01:10effectivement, on est susceptible de faire des fautes de professionnels
01:13à cause de l'épuisement.
01:14Et la formation, même M. Castaner a reconnu qu'il y avait un problème de formation
01:17au mois d'août sur la formation du LBD,
01:19et qu'est-ce qui se passe pour le budget 2020 au niveau formation ?
01:22On baisse d'un million d'euros.
01:23Donc on ne comprend pas, les paroles et les actes ne sont pas en adéquation.
01:26– Christophe Castaner qui change de ton,
01:28lui qui jusque-là soutenait envers et contre tous ses troupes,
01:32vous avez le sentiment que petit à petit,
01:34il tente de se rapprocher davantage de l'opinion.
01:36Comment est-ce que vous réagissez ?
01:37– Je pense que c'est un hypocrite, voilà.
01:40On va dire les mots clairement.
01:42Tout le monde est en train de quitter le navire police nationale.
01:45Le directeur général prend sa retraite anticipée.
01:47Je rappelle que dans les voeux de la police nationale,
01:49avec M. Castaner, il a rappelé la lettre du préfet Grimaud,
01:53qui était préfet de police en mai 68,
01:55qui disait que frapper un manifestant à terre, c'est se frapper soi-même.
01:58Et quand la police nationale a reproduit la lettre du préfet Grimaud
02:02pour les 50 ans de mai 68,
02:04ils ont tronqué ce passage,
02:05avec aucune réponse de la police nationale.
02:07Donc on a face une demande de gens qui mentent,
02:09qui sont dans la communication.
02:11Qu'est-ce qui se passe à l'heure actuelle ?
02:12On essaye de changer sa veste de côté.
02:14C'est M. Castaner qui reconnaît qu'il y a un problème de LBD.
02:16C'est M. Castaner qui a 73 de nos collègues qui sont suicidés,
02:20qui a 73 de nos collègues qui sont suicidés et qui a pris ses fonctions.
02:23C'est M. Castaner qui est en train de dire, par exemple, pour l'affaire du livreur,
02:27en disant qu'on va demander toute la transparence.
02:28Comment peut-il y avoir la transparence sur une enquête de police ?
02:31Si c'est l'IGPN, c'est-à-dire la police qui enquête sur elle-même.
02:33Et deuxièmement, la transparence ira jusqu'où ?
02:35Parce qu'effectivement, il y a quelqu'un qui est mort, c'est un drame.
02:38Mais la formation en police nationale, c'est ces méthodes qu'on nous apprend.
02:41Et si nos collègues utilisent d'autres méthodes,
02:43malgré les conséquences dramatiques que ça peut avoir,
02:45ils seront sanctionnés.
02:46Et les personnes, en fait, tant qu'on n'aura pas changé la tête de la police nationale,
02:50ça ne pourra pas aller en dessous.
02:52Ce changement de ton, cette volte-face de la part du ministre de l'Intérieur,
02:55c'est simplement une opération de communication ?
02:57Ou alors est-ce qu'il n'y a pas réellement un souci
03:01qui tient aussi de l'encadrement, du management,
03:03qui fait qu'aujourd'hui, les forces de police sont indéfendables
03:07quand on voit ces images là récemment ?
03:10Mais il y a un problème de management.
03:11Nous, c'est ce qu'on dit depuis maintenant des années.
03:13Ça engendre des suicides, ça engendre des problèmes sur le terrain.
03:16Il y a un problème de formation qui n'est pas en adéquation avec nos missions.
03:19Il y a un sacré hypocrisie de nos dirigeants
03:21parce qu'ils viennent faire des discours moralistes
03:23alors que c'est eux qui ont poussé la police dans cette situation, en fait.
03:27Quand M. Castaner, par exemple, parle d'exemplarité,
03:30je voudrais qu'on ait un premier flic de France exemplaire.
03:32C'est pas en allant au Noto avec des images déplorables
03:34pendant qu'on est sur le terrain en train de travailler.
03:36Donc, Noto, il y avait une petite soirée
03:38qui a fait la une de Closer.
03:40Et lui n'est pas sanctionné.
03:41N'importe quel policier de terrain aurait fait la même chose.
03:43Il aurait été sanctionné pour un grave manquement à l'image.
03:46Donc, en fait, tant qu'on n'aura pas changé cette tête de la police nationale
03:49qui est juste dans la communication politique,
03:51qui est prêt à lâcher un policier si l'opinion publique le demande,
03:54à les soutenir s'ils ont des besoins électoraux derrière,
03:56on sera dans la police à la petite semaine.
03:59C'est-à-dire qu'on ne sera pas dans de la police républicaine,
04:00maintenant de la police politique.
04:01Vous l'évoquiez tout à l'heure,
04:03certains policiers et CRS qui ne portent plus leur numéro RIO,
04:06le référentiel des identités de l'organisation,
04:09qui doit être clairement accroché sur les tenues des forces de l'ordre.
04:13C'est pourtant obligatoire depuis 2014.
04:15La mesure avait pour but de restaurer la confiance
04:18entre la population et les forces de l'ordre.
04:21C'est un échec, selon vous ?
04:23Alors, c'est aussi un autre système d'hypocrisie.
04:25Quand M. Valls l'avait mis en place,
04:27nous avions dit que c'était de l'hypocrisie et de la com' politique.
04:29Nous l'avions expliqué.
04:30Déjà, toutes les unités de police n'ont pas de port du RIO obligatoire.
04:34Certaines missions, par exemple sur l'antiterrorisme, n'ont pas à l'avoir.
04:37Et la deuxième chose, on avait dit,
04:38si l'IGPN, l'instance de contrôle de la police nationale,
04:40veut retrouver un fonctionnaire de police,
04:42il leur faut 10 minutes, un quart d'heure.
04:43Donc, en fait, on est dans de la communication.
04:45Et aujourd'hui, on est sur un débat sur le RIO,
04:47est-ce qu'il doit être porté ou pas ?
04:48Il n'y a pas de sanction quand il n'est pas porté.
04:50Donc, j'ai envie de dire quelque chose qui est obligatoire,
04:52mais sans sanction, qui va le respecter ?
04:54Pas grand monde.
04:55Et deuxièmement, le débat n'est pas sur le RIO,
04:57parce que finalement, si l'IGPN veut retrouver les gens,
04:59ils les retrouveront.
05:00Donc, la vraie question, c'est qui contrôle la police aujourd'hui
05:02plutôt que le port du RIO,
05:03qui est une espèce de faunée qu'on nous met en avant
05:05et un chiffon rouge pour détourner la tension.
05:07Donc, voilà, le RIO, que les collègues le portent ou pas,
05:10ça fait polémique partout.
05:11Nous, on le supprime.
05:12Par contre, que l'IGPN travaille réellement.
05:14Merci d'avoir pris le temps de répondre à nos questions ce matin,
05:18Alexandre Langlois.
05:19Je rappelle que vous êtes secrétaire générale du syndicat police et Vigie.
05:22Merci à vous.
05:22Merci à vous.
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