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  • il y a 6 semaines
(Rediffusion d'une vidéo publiée le 11 janvier 2020)

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Transcription
00:00Et sur ce plateau, Nathalie Arthaud vient de nous rejoindre, porte-parole de Lutho Brière.
00:04Bonjour, merci d'être avec nous.
00:06Jeudi, selon les autorités, il y avait 56 000 personnes dans les rues de Paris.
00:12Selon les organisateurs, 370 000.
00:14Si on prend le rapport avec le 5 décembre, c'est moins pour le gouvernement
00:21qui avait 65 000 personnes dans les rues de Paris le 5 décembre,
00:25mais plus d'après les organisateurs qui en avaient chiffré 250 000.
00:29Qui croire ? Et surtout, qu'est-ce que vous espérez pour aujourd'hui en termes de participation ?
00:34C'est de toute façon beaucoup, c'est beaucoup.
00:37Il y avait beaucoup, beaucoup de monde dans la rue Le 9
00:40parce qu'on est sur une mobilisation qui dure.
00:44On était au 36e jour de grève et c'est impressionnant
00:47de voir comment finalement une mobilisation peut tenir comme ça dans le temps.
00:52Je crois qu'elle reflète une détermination, une opposition, une contestation massive.
00:58J'ai entendu dans votre reportage que vous parliez de réformes controversées,
01:02mais c'est plus que ça.
01:03C'est plus que ça.
01:04Cette réforme, elle fait l'unanimité contre elle dans le monde du travail.
01:09Regardez, pour soutenir aujourd'hui Macron, il reste qui ?
01:13Les syndicats patronaux.
01:15Voilà, le MEDEF.
01:17Certains cercles de droite qui voudraient aller encore plus fort contre les travailleurs.
01:23Mais c'est l'unanimité qui est contre ce gouvernement.
01:29Donc moi, je crois qu'il y aura encore du monde dans la rue aujourd'hui
01:32et cette mobilisation, elle va tenir.
01:34Elle va tenir.
01:35Et tenir jusqu'à quand ?
01:37Vous disiez 36e jour jeudi, 38e jour aujourd'hui, jusqu'où ça peut aller ?
01:41Il y a des grévistes qui parlent de faire des crédits pour pouvoir tenir,
01:44pour pouvoir continuer ?
01:45Jusqu'à quand ça peut continuer ?
01:47Eh bien, en tout cas, il y a une détermination pour faire reculer le gouvernement,
01:50pour le faire retirer ce projet.
01:52Donc, ça tiendra ce que ça pourra tenir.
01:56Mais je crois qu'on est quand même déjà face à une mobilisation qui est historique,
02:02qui est aussi impressionnante et exceptionnelle par son caractère,
02:07qui n'est pas corporatiste.
02:09C'est-à-dire qu'on voit dans ces mobilisations, bien sûr, le fer de lance,
02:13c'est-à-dire les agents de la RATP, les cheminots,
02:16mais il y a aussi beaucoup d'enseignants.
02:19Et puis, il y a à chaque fois des délégations et des mobilisations dans le privé.
02:24Dans le privé, il y a les raffineries, il y a un certain nombre de…
02:28Regardez-moi, j'étais frappée.
02:29Des professions libérales qui sont dans la rue, des personnes qui votent à gauche,
02:33des personnes qui votent à droite, voilà.
02:35Et vous savez, effectivement, les avocats, ce n'est pas que symbolique.
02:38Ça montre aussi que cette réforme, elle touche absolument toutes les couches,
02:42tout le monde, tous les métiers, et que ça va diminuer les pensions,
02:45que ça va nous forcer à travailler plus longtemps,
02:47et qu'il faut dire non, ça suffit.
02:49Les sacrifices, il y en a eu déjà suffisamment.
02:51Qu'est-ce que vous attendez aujourd'hui des annonces d'Edouard Philippe ?
02:55Le Premier ministre peut-il, selon vous, s'exprimer sur la question de l'âge pivot,
02:59qui est le principal point de tension entre le gouvernement et les syndicats dits réformistes.
03:03Si retrait, il y a, est-ce que selon vous, c'est la fin de l'unité syndicale ?
03:07L'unité syndicale, elle n'est que de façade.
03:10On a bien vu depuis le début, Laurent Berger expliquer qu'il était pour,
03:15absolument pour la réforme à points, qu'il en était même l'initiateur,
03:18que seulement l'âge pivot lui déplaisait.
03:22Mais la réalité, c'est qu'ils peuvent nous obliger à travailler plus longtemps,
03:28y compris en enlevant l'âge pivot de la réforme.
03:32Si, arrivé à 63 ans, on mesure que de toute façon, on n'a pas nos annuités
03:37et que la pension qu'on va toucher sera une pension de misère,
03:41bien sûr que ça nous forcera à travailler plus longtemps.
03:45Donc, voilà, il peut arriver, le gouvernement peut arriver à ses fins,
03:49y compris en enlevant l'âge pivot de son projet gouvernemental.
03:54Vous demandez le retrait pur et simple ou quelques amendements et pourquoi ?
03:57Il faut ce retrait pur et simple parce que cette réforme va diminuer
04:02de façon très importante les pensions de retraite, de tous, de tous.
04:07Le simple fait de les calculer sur les salaires touchés tout au long de la carrière
04:14et non plus sur la base des 25 meilleures années,
04:17cela va baisser la pension de 10, 20, 30 %.
04:21Dans l'éducation nationale, c'est ce que reconnaît le gouvernement.
04:24Il reconnaît qu'il va y avoir 300, 400, 500 euros de moins sur les pensions.
04:29Alors, il est bien gêné de reconnaître tout cela.
04:32Donc, c'est une baisse des pensions, de toute façon, qui est programmée.
04:36Et je crois que franchement, personne n'est dupe.
04:38Ce n'est pas la première réforme des retraites qu'on est en train de subir.
04:41C'est tous les 6, 7 ans, le gouvernement nous explique
04:45« Ah voilà, il faut faire une réforme des retraites.
04:47Elles ne sont pas financées, etc. »
04:49Toutes choses qui sont scandaleuses.
04:52Parce que quand on voit l'argent qu'il y a dans la société…
04:54Vous savez, jeudi 9, on était encore des centaines de milliers dans la rue.
04:58Ce même jour a été annoncé ce que les actionnaires ont touché pour 2019.
05:02C'est encore un record.
05:0460 milliards ont été distribués aux actionnaires du CAC 40.
05:08Encore en 2019, c'est plus 12%.
05:10Plus 12%, c'est un record.
05:13Plus 12%, vous vous rendez compte ?
05:15Et là, on est en train de discuter de baisser des pensions qui sont déjà basses,
05:18de 20, de 30%.
05:19Donc, il faut dire que ça suffit.
05:21Il faut inverser ce rapport de force.
05:23Et que ceux qui ont de l'argent payent.
05:25Vous demandez « ça suffit » au gouvernement.
05:27Et qu'est-ce que vous répondez aux commerçants qui doivent fermer boutique à cause de la grève ?
05:33Aux parents qui doivent garder leurs enfants puisqu'il n'y a pas école
05:36et qui vont perdre des journées de travail ?
05:38Aux victimes collatérales de la grève, qu'est-ce que vous leur répondez ?
05:41Vous savez, derrière les usagers des transports en commun, les parents,
05:46mais y compris derrière un certain nombre de commerçants, d'artisans,
05:50il y a des travailleurs.
05:51Des travailleurs, des travailleurs qui ont aussi envie de défendre leurs intérêts,
05:56qui en ont marre dans cette société.
05:57Il n'y en a que pour les plus riches, que pour une minorité,
05:59que pour les plus rapaces, que pour les Carlos Ghosn et compagnie.
06:03Qui en ont marre, tout ça, qui en sont conscients,
06:05qui sont conscients que tout se dégrade dans la société,
06:07que les salaires sont bloqués, que les conditions de travail se reculent,
06:12qu'il y a des suppressions d'emplois en permanence.
06:16Et puis, y compris, l'État est en train de reprendre l'argent
06:20qui allait aux hôpitaux, qui allait à l'école.
06:23Donc, ils en sont conscients aussi.
06:25Ce sont des travailleurs qui sont conscients de la nécessité
06:28de défendre nos intérêts de travailleurs.
06:30Et c'est la raison pour laquelle l'opinion publique continue de soutenir cette grève,
06:34malgré toutes les difficultés.
06:37Quant aux commerçants qui expliquent que ça pose beaucoup de problèmes économiques,
06:40oui, oui, c'est une réalité.
06:41– La SNCF parle notamment de 600 millions d'euros de pertes.
06:45– Oui, c'est vrai, bien sûr.
06:48– Il n'y a pas que la SNCF, il y a aussi l'économie en général.
06:50– L'économie en général, mais qu'est-ce que cela montre ?
06:52Cela montre que les cheminots, les agents de la RATP,
06:57tous les grévistes sont utiles, sont indispensables à la vie sociale
07:01et à la vie économique.
07:02Ce sont eux qui contribuent à la création de toutes ces richesses.
07:05Donc expliquez-moi pourquoi ceux qui sont indispensables,
07:09ceux qui sont les principaux créateurs de richesses,
07:11sont toujours, toujours laissés pour compte,
07:14doivent toujours subir recul sur recul.
07:16Ils devraient être au contraire prioritaires dans cette société.
07:20Ce sont leurs conditions de travail, leurs conditions de vie
07:23auxquelles il faudrait s'attacher.
07:25– Dernière question, rapidement, il ne nous reste plus beaucoup de temps,
07:27Nathalie Arthaud.
07:28Selon des chiffres du ministère du Travail en 2016,
07:3211% des salariés publics privés sont syndiqués.
07:35Qu'est-ce qu'on fait des 89 autres pourcents ?
07:37– Les 89 autres pourcents le disent aujourd'hui clairement.
07:42Ils sont d'accord avec les grévistes
07:45et d'accord pour refuser cet énième recul.
07:48Donc voilà, on peut être syndiqué ou pas.
07:51Et en même temps, on peut comprendre où sont nos intérêts.
07:56– Merci Nathalie Arthaud d'avoir répondu à nos questions.
07:58Je rappelle que vous êtes porte-parole de Lutte Ouvrière.
08:00– Merci.
08:01– Merci.

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