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  • il y a 6 semaines

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00:00Europe 1, la France bouge, 20h30, 21h30, Elisabeth Assayac.
00:17Il y a un avant et un après l'été 2026, c'est ce que l'on dit depuis le
00:22début de cette France bouge,
00:24comment adapter les villes et les logements au choc climatique, avec cette canicule,
00:29ces incendies et ça ne va pas s'arrêter.
00:33On en parle avec Karine Croce, la directrice exécutive de l'engagement de Carrefour
00:37à l'occasion de la 8ème édition du forum de Giverny,
00:41qui est le premier événement des entreprises durables.
00:44Chaque année d'ailleurs, à l'issue de ce forum, 30 propositions sont issues des groupes de travail.
00:49On va les découvrir dans un instant avec le président du cercle, Romain Mouton,
00:53mais nous sommes toujours avec Karine Croce pour l'engagement de Carrefour.
00:58Plus de 6700 magasins en France.
01:00Les risques qui inquiètent le plus, Karine Croce, quels sont-ils face au choc climatique ?
01:06Je pense que nous, le défi principal, c'est d'adapter notre offre.
01:09C'est vraiment d'adapter à ce nouveau mode de consommation.
01:11C'est ce que vous disiez, il y a un avant-après, l'été 2026,
01:14et on voit bien que les Français sont en train de changer dans leur comportement d'achat.
01:18Vous en parliez sur les clims, on en voit aussi sur l'alimentation.
01:21Donc je pense que le principal défi pour nous, c'est de s'adapter.
01:24La gestion technique de nos sites, on l'a déjà anticipé, je pense qu'on y arrivera.
01:28C'est plutôt, il y aura une vraie prime à celui qui arrivera à comprendre
01:32comment les tendances de consommation évoluent,
01:34et comment on y répond, en tout cas quand on est un grand distributeur.
01:36Quand on est un grand distributeur, quand on a autant de magasins,
01:38il y a beaucoup de parking, donc il y a beaucoup de bitume.
01:41Est-ce que vous faites du foncier ?
01:43Est-ce que, par exemple, vos surfaces commerciales pourraient,
01:47à moyen ou long terme, devenir des morceaux de ville,
01:50avec de la végétalisation, pour pouvoir baisser ces degrés ?
01:55Bien sûr. Alors on y réfléchit.
01:57Nous, pour l'instant, on a choisi deux options.
01:58La première, c'est les panneaux solaires,
02:00parce que ça permet de produire de l'énergie et de participer à la décarbonation.
02:03Et la deuxième, c'est aussi d'offrir des services à nos clients
02:06avec des places équipées de bornes de recharge électrique.
02:08Ça, c'est une grande demande pour nos clients.
02:10Donc on est en train de transformer toute une série de parkings.
02:13On est désormais 6 000 bornes de recharge sur nos parkings
02:16pour que nos clients puissent y avoir accès
02:18et qu'on les accompagne dans leur transition.
02:19Donc nous, pour l'instant, le choix qu'on a fait,
02:21c'est le choix de l'énergie, de transformer nos parkings
02:23en des fournisseurs d'énergie verte.
02:25Donc le choix de l'énergie, le choix de l'adaptation des nouveaux produits,
02:29aussi pour les fruits, pour les légumes.
02:31Il y a peut-être des produits qui pourraient devenir plus chers
02:34ou changer, modifier le cahier des charges,
02:36ce que vous nous disiez tout à l'heure.
02:38Il y a eu d'autres exemples, parce que ça, ça veut dire
02:39qu'il y a un changement profond aussi.
02:41Exactement.
02:42Et on réfléchit beaucoup, nous, aux filières agricoles,
02:44d'essayer d'anticiper comment, demain, le monde se nourrira.
02:47Un exemple, par exemple, c'est le chocolat.
02:49Si vous allez en ce moment en magasin,
02:50le chocolat, la tablette de chocolat, est plus chère qu'il y a quelques années
02:52parce que les pays producteurs de chocolat ont connu des intempéries
02:56liées, évidemment, au réchauffement climatique
02:57qui font qu'il y a moins de chocolat disponible et que le prix augmente.
03:00Et ça, c'est une vraie réflexion pour nous.
03:02On a listé 15 matières premières
03:03qui sont importantes pour nos consommateurs, pour nous.
03:06Les tomates, le riz, le chocolat,
03:08où le réchauffement climatique pourrait avoir un impact
03:11et où donc, il faut qu'on essaye d'anticiper
03:12en termes de localisation de nos sources d'approvisionnement,
03:15de voir un peu comment on anticipe.
03:17Un autre exemple qui est souvent assez suivi, celui du vin aussi.
03:20On voit bien qu'avec le réchauffement climatique,
03:22il y a des zones entières de vignobles qui vont évoluer.
03:24On voit que les zones se déplacent.
03:26Et là aussi, comment on essaye d'anticiper ?
03:27Donc, je pense que le vrai défi, en tout cas pour beaucoup d'entreprises,
03:30c'est d'être capable d'anticiper, généralement, avant ses concurrents
03:33et de proposer après la bonne offre à ses clients.
03:35Est-ce que ça signifie, Karine Croce,
03:36que les relations avec vos fournisseurs pourraient changer ?
03:39Alors, elles ont déjà commencé à changer
03:41parce qu'on parle beaucoup d'adaptation.
03:42Mais nous, chez Carrefour, notre combat,
03:43c'est la lutte contre le changement climatique.
03:45On se dit que l'adaptation, ça ne doit pas être une renonciation.
03:48Il ne faut pas se dire, perdu pour perdu,
03:50le climat, c'est fini, ça se réchauffe, comment je m'adapte ?
03:52Il faut continuer à combattre le réchauffement climatique.
03:54Et ça, on le fait beaucoup avec des industriels.
03:56Donc, nous, on a fait une initiative qui s'appelle le Top 100 fournisseurs.
03:59On a demandé à nos 100 plus grands fournisseurs
04:01d'avoir des objectifs climatiques ambitieux,
04:03donc des objectifs 1,5 degré.
04:05Et s'ils ne l'ont pas, on leur a donné 4 ans pour le faire,
04:07ça s'arrête fin 2026, on les sort des magasins,
04:09ils ne seront plus vendus.
04:10Et donc, c'est extrêmement coercitif,
04:12mais pour nous, c'est extrêmement utile.
04:13On avait 20% de nos fournisseurs,
04:16quand Alexandre Bompard, notre PDG, a lancé l'initiative en 2022,
04:19on avait 20% de fournisseurs, maintenant, on est à 90%.
04:21Et ça permet d'embarquer plein de gens
04:22qui prennent des objectifs climatiques,
04:25parce que sinon, ils ne seront plus vendus chez Carrefour.
04:26Ça vous plaît, Gilles Lataf, ça ?
04:28Oui, ça me plaît, mais je vais juste te rappeler quand même
04:30que le meilleur moyen de lutter contre les gaz à effet de serre,
04:33c'est d'acheter des produits fabriqués en France,
04:34puisqu'on importe 70% de nos gaz à effet de serre.
04:38Donc, plus on produira en France,
04:39plus on achètera des produits qui ont été faits
04:42sur le territoire français,
04:43et plus on sera vertueux.
04:45Donc, c'est aussi...
04:47Je pense que c'est la piste la plus importante,
04:50c'est de faire comprendre que
04:52le meilleur moyen, en fait, de lutter contre ça,
04:54c'est de relancer la production française.
04:56On est très investis sur l'origine de France,
04:58c'est un sujet qui nous tient à cœur.
05:00On a des chiffres très précis,
05:01on est généralement à 95% d'origine de France
05:03sur toutes nos matières premières,
05:05sauf certaines où parfois on ne peut pas...
05:06C'est pas très exotique.
05:07Mais on est en tout cas très sensibles à ce sujet.
05:09Allez, cette émission aussi,
05:11cette France Bouge,
05:11c'est l'allocation de la 8e édition du Forum de Giverny.
05:15Et dans cette question que l'on se pose ce soir,
05:17comment adapter les villes et les logements
05:19au choc climatique ?
05:20On a une start-up,
05:21elle s'appelle Exora.
05:23Europe 1, la France Bouge.
05:25La pépite.
05:26La pépite, c'est vous, Alexis Wessemael.
05:28Vous êtes le CEO et le cofondateur d'Exora.
05:31Exora existe depuis...
05:34Quand ?
05:35Alors, officiellement depuis un mois,
05:37mais officieusement depuis deux ans.
05:38C'est ça, vous travaillez dessus depuis deux ans.
05:40Il y a eu beaucoup de R&D.
05:41Oui, exactement.
05:41Vous avez un parcours qui m'a interpellée
05:44parce que vous avez été diplômée
05:47de l'école centrale de Lille.
05:49Vous avez rejoint un groupe,
05:51un grand groupe qui est Pernod Ricard.
05:53Et ensuite, vu qu'il y a eu un plan social,
05:55vous êtes partie,
05:56vous êtes retournée sur les bancs des études,
05:59de l'école, comme on dit.
06:00Vous êtes retournée à l'école des mines de Paris
06:03pour une formation en entrepreneuriat deep tech.
06:05Vous aviez envie d'entreprendre ?
06:06Oui, alors j'avais envie d'entreprendre
06:07depuis un bon moment
06:09puisque j'avais des cahiers qui étaient remplis d'idées.
06:11Alors, ça allait des idées de start-up software
06:13à des choses plutôt hardware.
06:15Mais comme j'avais commencé ma carrière,
06:16alors pour le groupe Valorec au début,
06:18après pour Pernod Ricard,
06:18donc plutôt dans l'industrie,
06:19j'avais envie d'y retourner
06:20et d'entreprendre dans ce domaine-là.
06:22Donc, en effet.
06:22Comment ça vous est venu d'avoir envie
06:24de travailler sur l'énergie,
06:26de transformer le froid en chaud
06:29et pas vice-versa, non, j'imagine ?
06:31Non, tout à fait, tout à fait, exactement.
06:32Donc là, on transforme le chaud en froid, exactement.
06:35En froid.
06:35Ce qui m'a donné envie de travailler là-dessus,
06:38alors déjà, il y a eu une rencontre
06:39qui a eu lieu il y a deux ans
06:40avec deux scientifiques
06:41qui sont des chercheurs au CNRS
06:43et qui travaillent depuis plus de 25 ans
06:44sur un nouveau matériau
06:46qui sont arrivés avec une idée,
06:48c'est-à-dire qu'on utilise ce matériau
06:49pour faire de la gestion thermique.
06:51Alors, cette gestion thermique,
06:51ça pouvait être soit stocker de la chaleur,
06:53soit faire du froid.
06:55Et en fouillant un petit peu
06:56et en regardant un peu les besoins,
06:58en fait, on s'est rendu compte
06:59que le froid, c'était un sujet.
07:00L'été dernier, il nous l'a bien montré.
07:02Il y a de plus en plus d'urgence,
07:03que ce soit sur les villes
07:04ou sur les data centers
07:05ou sur l'industrie.
07:06Donc, c'est comme ça que je suis tombé dedans
07:07et en plus, ma passion de l'industrie
07:09a fait que je n'ai pas vraiment hésité.
07:10Et puis, on peut dire
07:10que vous arrivez au bon moment.
07:12Je vous laisse pitcher.
07:13Exora, c'est quoi ?
07:14Très concrètement,
07:15parce que transformer de la chaleur en froid,
07:17ça nous parle tous,
07:17mais concrètement, ça veut dire quoi ?
07:19On vous écoute.
07:19Vous avez une minute, Alexis.
07:21C'est à vous.
07:21Oui.
07:22Alors, Exora,
07:23on développe des systèmes
07:24de production de froid,
07:25un peu comme un climatiseur
07:26qu'on peut avoir dans une maison
07:27ou un data center.
07:28Et là où un climatiseur
07:30va utiliser de l'électricité
07:31comme énergie
07:32pour fabriquer du froid,
07:33nous, en fait,
07:33on va utiliser la chaleur.
07:34En fait, c'est une chaleur
07:35qui est perdue.
07:36Ça va être soit de la chaleur
07:37qu'on récupère du soleil,
07:38soit de la chaleur
07:39qu'on récupère d'un data center
07:40ou alors d'un procédé industriel.
07:42Et nous, grâce à notre matériau,
07:43en fait,
07:43on convertit cette chaleur en froid
07:45et on consomme 90% d'électricité
07:46en moins par rapport à un climatiseur.
07:48C'est très clair.
07:49C'est efficace.
07:50Merci, efficace.
07:51Moins d'une minute.
07:51Merci pour votre pitch, Alexis.
07:53Vano et Sémel,
07:54le CEO et cofondateur d'Exora.
07:56Votre regard,
07:56allez, Gilles,
07:57Gilles Attaf.
07:58Je trouve ça absolument génial.
07:59En ce moment,
08:00on a un besoin,
08:01on est en plein dedans.
08:02Les tendances,
08:03l'explosion,
08:04vraiment des besoins
08:05de refroidissement
08:06et puis la recherche
08:07de sobriété électrique.
08:09Alors là, pour le coup,
08:09on est au cœur du sujet.
08:11C'est pour ça que je trouve
08:12absolument remarquable
08:14d'avoir trouvé...
08:14Alors moi,
08:14je ne connaissais pas
08:15ce terme de thermochimie,
08:16mais je trouve ça
08:17assez intéressant
08:18et félicitations
08:19pour ce projet.
08:21À qui vous vous adressez
08:22une fois que vous êtes...
08:22Donc, vous avez
08:23les sources de chaleur
08:24que vous exploitez.
08:25Donc, vous le disiez,
08:25les data centers,
08:26le solaire thermique
08:28ou la chaleur industrielle.
08:29Ensuite,
08:30vos clients,
08:31c'est qui ?
08:31À qui vous vendez ?
08:32Oui.
08:33Alors du coup,
08:33comme on a vu
08:34qu'il y avait beaucoup
08:34de cas d'usage
08:35autour de la production de froid,
08:37on s'est dit que soit
08:37on allait choisir
08:38une verticale,
08:39donc un cas d'usage
08:39sur lequel on allait
08:40se concentrer
08:40ou on allait être
08:41plutôt agnostique
08:42et essayer d'adresser
08:43plusieurs marchés.
08:44On a choisi la deuxième option
08:45et pour le coup,
08:46nos clients ne sont pas
08:47les utilisateurs finaux.
08:48On va passer par
08:48des intégrateurs.
08:50Donc, ça va être
08:50des personnes
08:50qui vont avoir
08:51une expertise
08:51dans leur vertical
08:52ou leur domaine
08:53d'application.
08:53Donc, par exemple,
08:54sur une serre agricole,
08:55on va aller vendre
08:55à des personnes
08:56qui développent
08:56et qui fabriquent
08:57les serres agricoles.
08:58Et la même chose
08:59sur les logements,
09:00par exemple,
09:00on va aller discuter
09:01avec des fournisseurs
09:01de panneaux solaires thermiques.
09:03Est-ce que ça pourrait
09:03être adapté
09:04à des supermarchés,
09:05à des hypermarchés ?
09:06On en discutait juste avant
09:07et en effet,
09:08il y a des cas d'usage
09:10puisqu'en fait,
09:11sur les supermarchés,
09:12justement,
09:12il y a en fait
09:13deux chaînes de froid.
09:14Il y a la chaîne de froid
09:15qui est la chaîne de froid
09:15de confort
09:16qui est la climatisation
09:17dans le magasin.
09:18Et puis,
09:18on a la chaîne de froid
09:19qui est dédiée aux aliments.
09:20Donc, l'une des idées,
09:21c'est aussi de récupérer
09:22la chaleur produite
09:23par l'une des deux chaînes
09:24pour l'utiliser
09:25pour fabriquer du froid
09:26sur la deuxième.
09:27Qu'en pense Karine Croce ?
09:28On va dans un instant
09:29on va l'écouter.
09:30Ce sera juste après
09:31Le Point sur l'info.

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