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00:00Europe 1, la France bouge. 20h30, 21h30, Elisabeth Assayac.
00:16Unstoppable, c'est Sia où elle dit « Je suis inarrêtable, je suis invisible, je suis si puissante, je gagne
00:23à chaque partie ».
00:24Personne ne les arrête, nos entrepreneurs ce soir sur Europe 1.
00:28Bienvenue dans la France bouge, si vous nous rejoignez, nous sommes avec Guillaume Gibault, le président du Slip français.
00:33Guillaume, vous n'avez jamais baissé les bras ?
00:36Jamais à ce jour, chose du bois, il y a eu des moments difficiles, mais on trouve toujours les raisons
00:39de s'accrocher.
00:40Pourtant, je lisais un chiffre ce matin, près de 58% des entreprises qui ont levé des fonds pour la
00:45première fois en 2011,
00:47qui est la date de la création du Slip français, ont définitivement fermé ou stagné sans issue.
00:53Donc vous faites partie des survivants.
00:55Ce 2%, je crois que la statistique, de manière générale, les entreprises qui ferment au bout de 3 ans, 5
00:59ans, 10 ans,
00:59elle n'est quand même pas en faveur de ce qui démarre.
01:02Donc non, l'entrepreneuriat, c'est un sport difficile.
01:05Donc voilà, il faut jouer le long terme.
01:08Je le disais tout à l'heure, il faut être aligné et sincère avec ce pourquoi on fait les choses,
01:11parce que quand on est dans des moments difficiles, et il y en aura, et il y en a.
01:14Ça fait partie de la vie, l'environnement économique autour de nous, on voit bien que tous les matins, il
01:18faut se réinventer totalement.
01:19Donc non, il faut savoir pourquoi on fait les choses, et toujours y trouver, je crois, du plaisir et de
01:24l'alignement,
01:24parce que c'est ça qui fait soulever des montagnes.
01:26Le Slip français, groupe industriel, a aubervillé les slips, les culottes, mais les chaussettes maintenant à Limoges.
01:34Donc vous n'êtes plus qu'une marque, vous êtes aussi un industriel aujourd'hui.
01:38Oui, on est vraiment devenu un groupe industriel, porté par une marque, connu de deux tiers des Français,
01:42mais aussi opérationnellement, ce qui fait la performance économique, la rentabilité, ce sont les usines.
01:46Et ça, c'est peut-être un gros mot en 2026 de dire ça, on est performant économiquement grâce à
01:51nos usines.
01:52Bonne nouvelle qu'ils fabriquent les sous-vêtements.
01:53La Belle Père, notre unité de fabrication de chaussettes à Limoges, en partenariat avec Brousseau, que vous connaissez sûrement.
01:57Mais oui, donc ça veut dire qu'il y a des belles marques françaises qui vous ont rejoints ?
02:00Bien sûr, et je les salue au passage, Brousseau, ils nous ont rejoints dans la création d'une unité dédiée
02:06chez eux, dans leur usine,
02:07qui fabriquent exclusivement pour nous le slip français, et potentiellement pour d'autres clients qu'on aura ensemble.
02:11Mais c'est important de sécuriser nos approvisionnements, et toujours dans cette logique d'industrie.
02:15Plus on a de volume sur moins de références, la Belle Père, on fabrique, ce n'est pas très innovant,
02:19mais on fabrique des quantités de chaussettes bleu marine et noire.
02:23Puisque les hommes en France portent des boxeurs bleu marine et des chaussettes noires.
02:26C'est un peu chiantos, mais pour nous, industriels, c'est un rêve.
02:28Des chemises bleues et blanches.
02:30Exactement.
02:30La chemise, on n'y est pas allée, c'est compliqué comme produit.
02:33Ça signifie qu'en France, on a assez de couturières, des techniciens, des chefs d'atelier, des chefs d'usine
02:39pour reconstruire toutes ces filières ?
02:40On a tout ce qu'il faut.
02:43On avait 600 000 emplois en textile dans les années 90, donc il y a encore le savoir-faire qui
02:47est là.
02:48Il y a un sujet de formation, bien sûr.
02:49Il y a des bassins d'emploi qui sont plus ou moins favorables.
02:52Mais non, il y a tout ce qu'il faut.
02:54Ce qu'on essaie de prouver à notre échelle, c'est l'alignement entre une marque forte et un outil
02:58industriel.
02:58Ce qui fait que ça marche dans notre cas, c'est que la marque permet de vendre le sous-vêtement
03:01à 20 euros parce qu'il est de qualité,
03:03que la marque est connue, que les gens ont confiance, et en même temps, on le fabrique de façon très
03:06performante à l'usine.
03:07Et ça, ça fait un compte de résultats qui fonctionne.
03:11Je pense que c'est possible dans tous les produits, mais ce n'est pas forcément très français.
03:15Être fort en marketing, ce n'est pas un gros mot.
03:17Souvent, l'industriel français, vivons heureux, vivons cachés, on essaie.
03:22Il faut l'assumer, c'est vrai que mon message, ou en tout cas ce qu'on essaie de montrer,
03:29moi ce que j'aime dans cette aventure, c'est que c'est un symbole.
03:31Au-delà de vendre des sous-vêtements, on raconte que c'est possible en France.
03:34C'est ce que je veux faire depuis bientôt 16 ans.
03:36Qui paye ?
03:36Qui paye le...
03:37C'est quoi là ? C'est le client ? C'est vous ?
03:40Quand on parle de souveraineté industrielle, si on va plus loin,
03:43vous, selon vous, c'est l'entreprise ? C'est l'industriel ? C'est le consommateur ?
03:47Est-ce que l'État a son mot à dire ?
03:49Non, c'est nous tous contribuables, qui faisons une mauvaise économie en achetant chez Chine et consorts.
03:54En fait, on fait une économie de court terme en pensant à acheter un produit de mauvaise qualité à bas
03:58prix.
04:00Alors qu'on aurait tous intérêt à acheter un produit de meilleure qualité,
04:03qui va durer dans le temps, qui crée de l'emploi, qui fait moins de carbone.
04:06Mais là, la qualité est quand même au rendez-vous ?
04:07Bien sûr.
04:08Même si c'est en volume.
04:09C'est important de le rappeler.
04:10C'est obligatoire.
04:11Mais le problème, c'est que ce discours-là, il est un peu plus chiant à entendre
04:14que juste un beau produit qui donne l'impression d'être beau et qui n'est vraiment pas cher.
04:18Donc, ce n'est pas facile d'embarquer les gens sur le long terme
04:21avec un discours qui parle d'emploi et de CO2.
04:25C'est plus dur.
04:25Donc, on essaie de trouver l'humour.
04:26Et pour ça, le slip est un peu logique.
04:28Vous regardez autour de la table de la France Bouche,
04:30vous regardez la provenance, la fabrication de vos vêtements.
04:33Sophie Pinière, fournitrice de WeTurn.
04:36Oui, c'est mon métier.
04:37Absolument, bien sûr.
04:38Ça fait partie dans mon quotidien, évidemment.
04:41Ça fait partie de mes principes.
04:42Mathilde, vous êtes ?
04:43Oui, évidemment.
04:43Je pense aussi d'être dans cette industrie
04:46et de voir, on a les certifications d'Ambicor, Pécova 10.
04:49Nous, on fait attention aussi, il n'y a aucun PFS dans nos produits.
04:51On va parler de Smooth dans un instant.
04:51Ça me sensibilise aussi, moi, sur mes achats à titre personnel.
04:55Fabrice ?
04:55Oui, naturellement.
04:56Et j'essaie surtout d'éduquer mes filles à ça aussi
04:59pour éviter qu'elles aillent effectivement sur des produits.
05:02Ils sont beaucoup plus attentifs à la nouvelle génération.
05:05Ils sont beaucoup plus informés que nous sur la provenance.
05:09Je pense qu'on l'est tous dans l'idée.
05:12Mais si on regarde nos achats dans la réalité,
05:13en fait, on ne l'est peut-être pas tant que ça.
05:15Et le vrai juge de paix, tout ça, c'est le prix.
05:18Il faut qu'on arrive à ce que les marques dites à impact
05:21ou engagées, comme on veut,
05:22qu'on arrive à fabriquer au même prix que les autres.
05:24Et là, on gagne le match.
05:26Dayana N'Goma, journaliste de la France Bouge,
05:28a promené le micro Europe 1 dans les rues de Paris.
05:30Elle a posé cette question aussi à des passants et des passantes.
05:32Écoutez.
05:33Franchement, je regarde surtout le prix pour des sous-vêtements.
05:37Je n'ai pas forcément envie de mettre 30 ou 40 euros par pièce.
05:42Après, oui, le made in France, je trouve que c'est une bonne chose.
05:45Et si j'ai le choix, prix équivalent, je vais le privilégier.
05:48Mais si ça me coûte deux ou trois fois plus cher,
05:51ce n'est pas forcément quelque chose que je peux me permettre.
05:54Moi, je regarde d'abord la qualité,
05:57surtout pour des sous-vêtements,
05:58parce que c'est quelque chose qu'on part toute la journée.
06:01Il faut que ce soit confortable,
06:02que ça tienne le temps.
06:04Et les sticks comptent aussi beaucoup pour moi,
06:07même pour des sous-vêtements.
06:08J'aime bien que ce soit joli, que la coupe me plaise.
06:11Et après, si c'est fabriqué en France,
06:13je suis prête à te payer un peu plus cher.
06:16Mais il faut que ça reste raisonnable.
06:18Moi, le lieu de fabrication,
06:20c'est clairement devenu un critère.
06:21J'essaie de plus en plus de regarder
06:23où sont fabriqués les vêtements que j'achète
06:25et dans quelles conditions.
06:27Donc, oui, pour des sous-vêtements
06:29fabriqués en France,
06:30je suis vraiment prêt à payer un peu plus cher.
06:32Je préfère en acheter moins souvent,
06:34mais avoir quelque chose de qualité
06:35et qui fait travailler des entreprises françaises.
06:39Voilà, vous l'avez entendu,
06:40le prix qui arrive en pôle position,
06:41la qualité.
06:43Finalement, il ne regarde pas forcément
06:45la fabrication et l'origine.
06:47Il regarde, c'est un plus.
06:48C'est évident que c'est un plus.
06:49En plus, quand on pose la question,
06:50on va forcément dire,
06:51oui, oui, je fais attention.
06:52La réalité, c'est qu'il y a à peine 3%
06:54de made in France
06:55dans les achats textiles en France.
06:56Donc, il faut être au bon prix.
06:58On n'a pas le choix.
06:59Ce soir, justement,
07:00on va passer du slip à la culotte.
07:01Mais on reviendra avec vous,
07:03Guillaume Chibot.
07:03Ce n'est pas un jeu de mots.
07:04C'est vrai, ce soir,
07:04on a la fondatrice,
07:06la cofondatrice de Smoon.
07:07C'est un marché qui prend de la place
07:09avec la culotte menstruelle.
07:14Mathilde Ouzet,
07:15vous avez créé Smoon en 2019
07:17à Paris.
07:18Vous avez fait une école de commerce,
07:20le SCP.
07:21Vous avez commencé votre carrière
07:22dans l'industrie du luxe,
07:23dans le parfum,
07:24notamment chez Guerlain,
07:25autour du marketing.
07:26Et ce n'était pas prévu
07:27de vous lancer dans l'entrepreneuriat.
07:30Non, pas du tout.
07:30C'est vraiment venu
07:31de mon vécu personnel.
07:33C'était au moment de la naissance
07:34de ma fille aînée
07:35où je suis rentrée chez moi.
07:37Pour celles qui ont les enfants,
07:39je me suis rentrée
07:39avec mon corps en chantier.
07:41Avec mes pertes de sang,
07:43mes fuites de lait.
07:44Et je me suis trouvée
07:45très dépourvue de solutions
07:46pour m'accompagner.
07:47Alors qu'à côté de ça,
07:49il y a des innovations
07:50textiles incroyables.
07:51Le sport, par exemple.
07:53Et moi, je me retrouvais
07:53avec des culottes filées,
07:54les fameux pads,
07:55avec des serviettes hygiéniques
07:56que je me collais sur les seins.
07:57Et en fait, au-delà
07:58déjà de cette période
07:59qui est compliquée,
08:00je ne me suis vraiment pas sentie
08:02accompagnée dans cette période-là.
08:03Donc, vous échangez
08:04avec d'autres femmes
08:05où vous apercevez
08:06que finalement,
08:07ces problématiques sont communes.
08:08Ça ne vous concerne pas vous,
08:09ou c'est seulement vous.
08:11Et là, vous vous associez,
08:13vous faites une rencontre
08:14pour créer Smooth.
08:15Comment ça se passe
08:16pour passer le cap ?
08:18C'est pendant le congé mat ?
08:19Alors, pendant mon congé mat,
08:21je me suis dit
08:21que j'avais envie
08:22d'apporter ma pierre
08:23à l'édifice
08:24et de travailler sur des produits,
08:26de déterminer
08:27quels produits
08:28dont vous aviez besoin
08:29j'avais besoin
08:30pour aider les femmes.
08:31En rencontrant toutes ces femmes,
08:32je me suis rendue compte
08:33que le premier produit,
08:34c'était le menstruel.
08:35C'était vraiment...
08:36Il y avait 75% des femmes
08:37qui déclaraient
08:37ne pas être satisfaites
08:38de leur protection hygiénique,
08:40ce qui est énorme
08:41pour des raisons de santé,
08:42vous l'avez évoqué,
08:43de déchets,
08:44de confort aussi,
08:45la peur de la fuite,
08:46de l'inconfort.
08:47Et donc,
08:48j'ai rencontré
08:49un ingénieur textile
08:49avec lequel j'ai travaillé
08:50pendant un an
08:50pour développer cette technologie.
08:52Et ensuite,
08:52je me suis en effet associée
08:54avec Marine
08:55qui m'a permis aussi
08:56d'avancer,
08:57de pouvoir lancer la société
08:59et d'avancer rapidement
09:01dans la distribution
09:02de cette...
09:02Et on en est là ce soir
09:03avec Smoone.
09:04Vous restez avec nous,
09:05vous allez pitcher.
09:06On fait le petit point
09:07sur l'info de 21h
09:08et puis on se retrouve
09:09dans un instant sur Europe.

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