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00:00Europe 1, la France bouge, Elisabeth Assayac.
00:04Bonsoir à tous, bienvenue dans la France bouge, un format particulier ce soir puisque dès 21h, soirée spéciale sur Europe
00:101 et CNews avec Laurence Ferrari et le grand face à face, Jean-Louis Borloo, ancien ministre, face à Robert
00:15Ménard, maire de Béziers.
00:17Nous, on est ensemble pour vous montrer le chemin de l'entrepreneuriat, le chemin de l'audace.
00:22César Dian et Diana N'Goma m'ont aidé à préparer cette émission et Christophe Pirot est en régie, il
00:27est le maître des horloges.
00:29Ce soir à la une, un invité exceptionnel, un entrepreneur qui a le nom d'un personnage de roman, il
00:35est le pionnier du sauvetage des entreprises, il est à la tête d'un empire, environ 30 000 personnes travaillent
00:40avec lui.
00:41Il s'est flairé, les opportunités, parcours hors normes, sorti de l'ENA, passionné par les comptes publics, il a
00:47travaillé dans les fusions acquisitions et démarre son parcours d'entrepreneur en 1991.
00:52Depuis, c'est un groupe qui travaille dans la défense, la gestion de l'épargne, la sécurité et depuis, disons,
00:58le lifestyle, l'art de vivre, comme on dit, à travers des restaurants, des salles de spectacle.
01:03Vous souhaitez connaître la suite, ça tombe bien. Il est parmi nous ce soir, son nom, c'est Walter Butler.
01:09Bonsoir.
01:10Bonsoir.
01:11Et bienvenue dans La France Bouge. Est-ce que ce mini résumé vous convient ?
01:14Tout à fait.
01:15Bon, alors très bien. Alors on continue comme ça, La France Bouge. C'est parti, nous sommes ensemble jusqu'à
01:1921h ce soir sur Europe 1.
01:21Europe 1. Elisabeth Assayag.
01:24J'aurais voulu être un artiste pour pouvoir faire mon numéro quand l'avion se pose sur la piste.
01:43Et ce soir, notre invité est un homme aux multiples vies, businessman, investisseur, sauveteur d'entreprise, mais aussi le goût
01:51du spectacle, du beau, du détail, de l'expérience.
01:54Quand il reprend un cabaret, il ne regarde pas seulement les contes, il scrute le moindre détail, lumière, son, décor,
02:00l'expérience du public.
02:01Il veut comprendre pourquoi ça marche et surtout comment faire pour que ça marche mieux.
02:05Je suis ravie de recevoir ce soir Walter Butler.
02:09Europe 1, l'invité de La France Bouge.
02:12Alors Walter Butler, le principe de La France Bouge, vous savez, c'est de pitcher.
02:16Avant de démarrer notre échange, chaque soir sur Europe 1, les entrepreneurs viennent pitcher leur entreprise.
02:22Alors ce soir, malgré votre parcours, malgré toutes vos activités, vous avez une minute pour nous pitcher.
02:27Walter Butler, est-ce que vous êtes prêt ?
02:29Je suis prêt. Je ne me suis pas préparé, mais je suis prêt.
02:31Top chrono. On vous écoute.
02:33J'ai créé un groupe en revenant des Etats-Unis, qui est dans, comme vous venez de le dire, dans
02:38quatre activités.
02:39L'épargne, la défense, la sécurité, mais aussi ce qu'on appelle le lifestyle.
02:43Et c'est un peu à ce titre que je suis là aujourd'hui.
02:46Et j'ai démarré mes investissements dans ce secteur il y a une dizaine d'années.
02:50Ça me rend très heureux parce que c'est un secteur qui est nouveau pour moi et qui crée beaucoup
02:54d'émotions.
02:55Ce qui est important dans ma vie comme dans toutes nos vies.
02:58Merci pour votre pitch, c'est très clair.
02:59On va faire moins d'une minute, mais on a tout compris.
03:02Et d'ailleurs, on va s'arrêter depuis dix ans sur ce qu'on appelle Walter Butler, Butler Collection.
03:08Donc tout ce parcours lifestyle.
03:11Mais avant d'aller sur Walter Butler Collection, avec dedans, il y a Pierre Armé, on va y en parler.
03:18Le Café La Pérouse, le Paradis Latins, encore l'Ambroisie.
03:21Il y a vous, il faut qu'on vous connaisse pour prendre la mesure de ce que vous avez fait.
03:26Vous avez démarré très très loin du monde de l'entreprise puisque vous avez fait l'ENA, vous avez été
03:31dans la fonction publique.
03:33Pourquoi à un moment donné, vous avez même travaillé à la banque, à New York, chez Goldman Sachs, où il
03:37paraît que vous travaillez 18 heures par jour.
03:39Et pourtant, vous vous êtes dirigé vers l'entrepreneuriat.
03:44En 1991, vous vous êtes dit, je vais entreprendre.
03:46Il se passait quoi dans votre tête à ce moment-là ?
03:48Alors j'ai surtout démarré, j'ai démarré très loin de, je dirais, de Butler Collection.
03:53J'ai surtout démarré très loin de la France puisque je n'ai pas de 100 Français.
03:57Je suis né au Brésil.
03:59Je suis arrivé en Europe par le troisième mariage de ma mère qui est épousin français, qui était mon beau
04:04-père et de facto mon père.
04:05Et vous aviez sept ans à peine.
04:06J'avais sept ans.
04:07J'étais gaucher, je suis devenu droitier, donc j'étais bien contrarié de quitter les belles plages de Rio.
04:13Au Brésil.
04:14Et j'ai fait l'ENA pour faire plaisir à mes parents, en fait.
04:19Et puis j'ai eu la chance de réussir.
04:21Vous vous rendez compte de cette phrase ?
04:22J'ai fait l'ENA pour faire plaisir à mes parents ?
04:25Oui.
04:26Ils vous ont mis la pression ?
04:27Ils vous ont dit que c'est pour leur faire plaisir ?
04:29C'était pour eux.
04:30Je pense que mon beau-père n'avait pas réussi ce concours.
04:35Il était dans la banque, c'était important pour lui.
04:37Et je voulais me faire plaisir aussi.
04:40Mais j'ai travaillé pour passer l'ENA.
04:42J'ai eu la chance de rentrer, de bien en sortir.
04:46La chance, vous avez bossé.
04:47J'ai beaucoup bossé pour préparer l'ENA.
04:50Et moi, en étant l'ENA.
04:51C'est la vérité.
04:53Et après, je n'ai fait que travailler très longtemps.
04:58J'ai été à l'inspection des finances.
05:00Ensuite, j'ai travaillé pendant deux ans au ministère de la Culture.
05:03Ce qui était déjà un peu anormal à l'époque.
05:07Et ça a été mon premier contact, je dirais, avec l'univers culturel dans lequel je suis aujourd'hui.
05:11Et la politique.
05:12Et oui.
05:13Et puis, je suis parti aux Etats-Unis, travailler chez Goldman Sachs, qui était une grande banque d'affaires.
05:18Et où, comme je dis, c'est un peu là que j'ai appris à lire et à écrire.
05:22En étant, je dirais, dans les fusions acquisitions.
05:24Et dans une ville qui était New York.
05:26Une ville très, très passionnante.
05:29Et Trump n'était pas encore là.
05:30Donc, première vie au Brésil.
05:32Ensuite, la France.
05:33Ensuite, New York.
05:34Mais vous revenez en France ?
05:36Je reviens en Europe.
05:37En Europe ?
05:38Je reviens en Europe à Londres.
05:39Mais tout de suite après, à Paris.
05:42Parce que j'avais envie de revenir, d'être en France.
05:45Et de créer mon entreprise.
05:46Alors, pourquoi ?
05:47Pourquoi l'entrepreneuriat ? Parce que franchement, Enarque, la banque, les dorures des ministères.
05:54Alors, parce que j'ai eu la chance de travailler chez Goldman Sachs.
05:58Qui est, comme on dit, un partnership, une association.
06:01Dans lequel, beaucoup de gens, après, partaient pour créer leur propre entreprise, leur boutique.
06:07Et ça m'a donné envie de le faire en Europe.
06:12J'avais pas mal d'offres d'emplois de grands groupes.
06:15Je me suis dit, si j'étais plus jeune, j'étais célibataire, je me suis dit, c'est le moment
06:20de tenter.
06:21Et j'ai tenté.
06:22Donc, vous avez tenté.
06:23Et puis, vous vous êtes fait une spécialité.
06:25Sauver des entreprises.
06:26Vous avez été pionnier là-dedans.
06:27Oui.
06:28Dans le sauvetage des entreprises.
06:30Pourquoi vous dirigez vers ce qui va mal ?
06:32Alors, ça a été, je dirais, un hasard.
06:37J'ai eu un parrain, qui est François Pinault, père.
06:40qui est que je voyais très souvent et qui, un jour, m'a orienté vers une entreprise, un groupe de
06:45publicité qui s'appelle BDDP, qui existe toujours.
06:49Et qui était un peu janu, c'est-à-dire des demi-repris de justice dans l'univers des banques
06:55et des demi-dieux dans l'univers de la publicité et de la communication.
06:59Et on a pris le contrôle de ce groupe où il y avait 5-6 000 personnes.
07:05Et on est arrivé à le redresser assez rapidement avec l'aide du management et des équipes.
07:09Et ça m'a donné, ça nous a donné une réputation d'être, comme on dit, dans les situations spéciales,
07:14dans les affaires compliquées.
07:16Et on a démarré comme ça.
07:18Il paraît que plus c'est compliqué, plus vous vous aimez.
07:20Plus c'est compliqué, plus j'aime, parce que je pense qu'un problème complexe, ce sont des petits problèmes
07:27qu'on résout un par un, les uns après les autres.
07:29Et ça a été un peu, effectivement, notre savoir-faire.
07:33Mais jusqu'à aujourd'hui, c'est votre savoir-faire, Walter Butler ?
07:35Oui, je dirais, pendant 20 ans, on n'a fait quasiment que ça.
07:41Et c'est très fatigant et très, en termes d'adrénaline, c'est très puissant.
07:45Parce qu'on a aussi des échecs et on les vit très mal, y compris et surtout sur le plan
07:50humain.
07:52Mais il y a maintenant une quinzaine d'années, on va faire aussi autre chose.
07:55Parce que si on sait faire de la chirurgie lourde, on peut faire de la médecine plus simple.
08:01Et donc, du coup, on s'est dit, on va créer, on va aider des entreprises à se créer, on
08:04va aider des entreprises à se développer, on va créer des nouveaux produits, des nouvelles attentes.
08:09Donc, en plus des situations spéciales ou de retournements, comme on dit, on fait des investissements, je dirais, plus normaux
08:16et plus faciles, qui sont tout aussi excitants.
08:20Et puis, il paraît que lorsque vous reprenez une entreprise, vous êtes assez rapide.
08:24Il paraît que vous ramassez trois à cinq fois la mise de départ.
08:28Oui.
08:28Bon, ben, c'est trop. Donc, voilà. Et cela a fait que vous avez continué.
08:34Vous êtes allé, il y a une dizaine d'années, vers le lifestyle, comme on dit, vers l'art de
08:39vivre à la française.
08:40Ça vous plaît, ça, cet art de vivre à la française ?
08:42Beaucoup.
08:43Parce qu'il y a une spécificité.
08:45Il y a une spécificité.
08:48Je pense que les Français, les Italiens, mais plus les Français, ont une légitimité dans l'art de vivre, pas
08:54uniquement en France, mais au niveau mondial.
08:56Et ce goût du spectacle, en fait, il est venu, enfin, étonnamment, quand on a investi dans le PSG, on
09:03a repris le PSG avec Olouni, c'était en 2005.
09:06Pendant deux ans ?
09:07Pendant cinq ans, avant de le céder au Qataris, ce qui était une très bonne décision, d'ailleurs.
09:14Et le football, c'est un spectacle, c'est le plus grand de tous les spectacles, et ça m'a
09:18donné, je dirais, plus de courage et plus d'allant pour investir dans des spectacles, je dirais, plus traditionnels.
09:24Que le PSG, toujours aussi fan ?
09:25Toujours.
09:26Toujours aussi fan.
09:27Donc, vous êtes allé vers le lifestyle, vous avez racheté la grosse opération qui fait que, vraiment, ça incarne le
09:33changement d'échelle.
09:34Walter Butler, c'est quand vous rachetez le MoMA Group.
09:37MoMA Group, ce sont plein d'endroits parisiens, avec, par exemple, le bœuf sur le toit, le manco, tout ça,
09:45ça fait partie du MoMA Group.
09:47Qu'est-ce que ça dit, cette opération de votre stratégie pour les prochaines années ?
09:51Ça veut dire que vous allez continuer à racheter, à racheter, à devenir le taulier des vies parisiennes et des...
09:59Alors, ça n'est pas racheter pour racheter, c'est de créer, c'est de remplir un espèce de puzzle,
10:06dans lequel il y a, je dirais, le groupe Pierre-Aimé, dans tout ce qui est restauration et pâtisserie.
10:12Pierre-Aimé, c'est il y a 30 ans que vous vous êtes rapproché de lui, hein ?
10:14Non, c'était il y a à peu près 5 ans, maintenant.
10:16Pierre-Aimé, c'était 5 ans, mais lui, ça fait...
10:18Oui, voilà, ça fait 30 ans.
10:18Exactement.
10:19Et dans les scènes, aussi, avec le paradis latin et maintenant...
10:22On va y venir dans un instant.
10:24...d'Alcaza.
10:24Et donc, MoMA, c'était...
10:26C'est un groupe qui, à l'époque, avait quelques difficultés liées à, je dirais, à la fin du Covid,
10:33et qui avait un concurrent, qui est Paris Society.
10:36Ce sont les secteurs qui demandent de gros moyens financiers.
10:40Paris Society a été repris par le groupe Accor, et il fallait, effectivement, injecter des moyens nouveaux...
10:44Il fallait quelque chose de puissant.
10:45Pour le développer.
10:46Et c'est ce que l'on a fait, voilà.
10:50Et j'en suis très content, puisqu'on a...
10:52Vous êtes pris au jeu.
10:53C'était le paradis latin, par exemple, c'était en 2018.
10:55Oui.
10:56Et vous êtes pris au jeu.
10:58Là, en 8 ans, vous avez multiplié par...
11:02La partie lifestyle du groupe, aujourd'hui, c'est à peu près 300 millions d'euros de chiffre d'affaires.
11:09C'est 150 endroits, restaurants, points de vente.
11:13C'est à peu près 3000 collaborateurs dans le monde, mais je dirais majoritairement en France.
11:20Mais Walter Butler, quand, par exemple, vous rachetez le paradis latin, vous mettez quoi en place au-delà de mettre
11:25de l'argent ?
11:26Il paraît que vous vous investissez sur tous les détails.
11:29Oui, parce que...
11:30Par exemple, sur quoi ?
11:32Sur tout.
11:32Dans le cadre du paradis latin, surtout vraiment tout, parce qu'on partait de très loin.
11:37Donc, sur tout, c'est quoi ?
11:38C'est changer les lumières, changer les sons, changer la chorégraphie, changer la cuisine.
11:47Tout changer, puisqu'on était quand même loin.
11:49Et à la fin, oui, ce sont des investissements financiers, mais c'est des investissements humains, émotionnels.
11:55Vous regardez l'ampoule, le changement de la lumière, tout ça, c'est vous et ça, votre l'heure.
11:59Je le définis, on fait un cahier des charges.
12:02Mais oui, mon premier rôle, en le reprenant, c'est de dire, est-ce que je garde le spectacle tel
12:07qu'il est,
12:08ou est-ce que je prends une nouvelle chorégraphie ?
12:10Donc, j'ai fait un appel, j'ai contacté un certain nombre de personnes pour proposer une chorégraphie.
12:15C'était des gens de l'univers du cinéma, du théâtre, de l'opéra.
12:19Et là, vous assistez au casting ?
12:21Oui, j'assiste au casting, puisque c'est des danseurs, des chanteurs, des chanteuses,
12:26parce que c'est l'élément important.
12:28comme on fait des testings de nourriture dans tous les restaurants, pour valider ou pas la carte.
12:34Et vous montez sur scène, parfois ?
12:35Ça m'arrive.
12:36C'est vrai ?
12:36Ça m'arrive.
12:37Mais vous faites quoi sur scène, Walter Butler ?
12:38Eh bien, je parle et je...
12:41Dis quoi au spectateur ?
12:43Alors, j'y vais souvent, pour le Paris-Latin, le dimanche soir,
12:47parce que j'ai la chambre d'habiter pas très loin,
12:49et ça m'émerveille toujours d'avoir une salle pleine avec 500 personnes.
12:53Il n'y a pas beaucoup d'endroits à Paris, dans cette fronte dans laquelle on est aujourd'hui,
12:57vous avez 500 personnes, dont 70% de Français, qui sont là tous les dimanches.
13:02Et ça me fait plaisir, donc je remercie les gens des venus,
13:04et puis je les pitche pour les autres scènes que j'ai,
13:07dont l'Alcazar, dont Paris-Paradis à Dubaï.
13:10Justement, on va en parler dans un instant de l'Alcazar et de tous vos projets.
13:13Walter Butler, invité exceptionnel ce soir sur Europe 1.
13:17On l'a vu, derrière l'investisseur, il y a un artiste,
13:19et on va continuer à en parler.
13:21A tous !
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