00:00Europe 1, la France bouge, 20h30, 21h30, Elisabeth Assayag.
00:13Bienvenue dans la France bouge ce soir, American Pie, mais oui parce que ce soir on arpente les allées comme
00:19dans une halle de marché d'un magasin qui a un modèle un peu particulier.
00:25Il est à la fois primeur, épicier, fromager, boucher, poissonnier, ce n'est pas un supermarché, ça s'appelle Grandfray,
00:31c'est vraiment une entreprise unique.
00:33Et pour en parler ce soir, nous sommes avec Bertrand Nondedeux, le PDG de Grandfray Épicerie, qui nous disait juste
00:39avant la pause que c'est complètement historique, c'est complètement nouveau.
00:4130 magasins vont ouvrir là en France en 2026-2027.
00:47C'est un magasin, c'est un modèle qui est né à Lyon, c'est lyonnais, donc je me tourne
00:51vers notre lyonnais favori, vers Philippe Sose.
00:55Philippe Sose, c'est un modèle unique.
00:58Oui, c'est vrai, c'est un modèle vraiment révolutionnaire, qui est parti sur de l'observation, alors moi je
01:04rentrerai moins dans les détails parce que je ne connais pas tout ça,
01:06mais la famille Bahadourian a son étal dans les Halles de Lyon, que je vous invite, les Halles Bocuse, vous
01:12avez un étal Bahadourian.
01:14Et c'est vrai que, et c'est là aussi, on peut faire qu'en région, les Stéphanois peuvent s
01:20'entendre avec les Lyonnais, puisque la famille Despina, c'est Stéphanoise.
01:23Donc la famille Despina, c'est la boucherie.
01:26Donc ça c'est Grandfray, Despi, pour la boucherie.
01:29Boucherie, ensuite vous avez Bahadourian, et vous avez bien sûr M. Dumont qui lui a organisé tout ça.
01:35Et ça a été un modèle révolutionnaire, parce qu'au moment où les hypermarchés ont commencé à s'essouffler, ce
01:41format-là est arrivé, et a dynamité, on peut le dire aujourd'hui,
01:45parce qu'à travers ce que vient de dire notre invité, la croissance est importante, enfin déjà on est en
01:53croissance, ensuite les ouvertures, 30 magasins, et puis surtout la couverture des territoires.
01:58Et puis c'est la taille de ces magasins, on en parlait en antenne, et c'est là-dessus que
02:01vous cherchez Philippe.
02:02C'est parce qu'en fait c'est un format très particulier, c'est ce qui fait aussi votre singularité.
02:08Je me tourne vers vous Bertrand, nom de deux, c'est que ce sont de très très grands magasins, mais
02:12très bien organisés, et on ne s'y perd pas.
02:14Oui, on ne s'y perd pas. Donc ce sont des magasins qu'on a volontairement voulu un peu en
02:17dessous des 1000 mètres carrés,
02:18pour que le client puisse d'un coup d'œil en rentrant dans le point de vente, voir quasiment l
02:21'intégralité de l'offre.
02:22Et c'est un magasin qu'on a organisé un peu à l'image de ce qu'elle enseigne, c
02:26'est-à-dire où on identifie bien où est le boucher,
02:28on identifie le crémier, on identifie...
02:30Comme les Halles, comme dans un marché couvert.
02:32C'est exactement ce qu'ils ont souhaité faire, c'était la volonté des fondateurs, exactement.
02:37Et ce qu'on continue à faire aujourd'hui, les 30 magasins dont vous parlez seront tous avec cette organisation.
02:42Comment vous fixez les prix Bertrand Nondodé ?
02:45Parce qu'on s'amusait à faire un petit comparatif des produits grands frais de trois rayons différents.
02:50Donc en épicerie, on est quand même un peu plus cher.
02:53Si on compare avec des Carrefour Leclerc et des Intermarché, par exemple pour un riz basmati,
02:58on est environ à 3 euros le kilo, contre 2,55 à 93 ou 2,3 aussi chez Intermarché.
03:04Boucherie, vous êtes parfois moins cher.
03:06Et en fruits et légumes, vous êtes bien moins cher.
03:09C'est ce qu'on a remarqué avec ces audients ce matin en préparant l'émission.
03:12Comment vous les fixez ces prix Bertrand Nondodé ?
03:15Déjà ce qui est important d'intégrer, c'est que, et je vous l'ai dit tout à l'heure
03:19dans le pitch que vous m'avez permis de faire,
03:21c'est que pour parler du caviste et de l'épicerie, nous n'avons pas d'intermédiaire.
03:26Nous nous sourçons directement auprès des producteurs.
03:29D'accord ?
03:30Donc ça nous permet sur certaines unités de besoin, comme celle que je vous ai apporté, des amendes par exemple.
03:34C'est super, ça a l'air très bon ce que vous avez apporté, on va se réguler après.
03:37Où en fait, on s'adresse directement à des villages coopératifs de Côte d'Ivoire, sans intermédiaire.
03:43Et on conditionne nous-mêmes nos produits par exemple.
03:46Où là, pour le pruneau qu'on vous a apporté, ce sont nos pruniers qu'on va ensuite faire sécher,
03:51qu'on va ensuite conditionner et qu'on va ensuite vendre dans nos magasins.
03:54Donc ça nous permet sur des produits comme ceux-là, d'être très bien positionnés en prix.
03:58Par exemple sur l'amande ou sur la noix de cajou, c'est entre 10 et 15% moins cher
04:03que la moyenne du marché sur ces produits-là.
04:05Et ce qui nous permet de le faire, c'est vraiment de ne pas avoir d'intermédiaire et d'aller
04:08nous sur ces directeurs.
04:08Donc s'il n'y a pas d'intermédiaire, si je vous comprends bien, Bertrand Nondodeux, c'est que vous
04:11internalisez le plus possible.
04:13On bannit la dépendance aux autres.
04:14Exactement.
04:15C'est notre souveraineté et c'est le garant de la qualité des produits qu'on donne à nos consommateurs.
04:20Et si on va plus loin, on est même dans un moment où on parle, il y a une usine
04:25qui est en train d'être construite.
04:27Exactement.
04:28Ils vont nous raconter.
04:29C'est une usine à Chalon qui va s'appeler Sonnuts et qui a vocation à travailler l'une des
04:33plus grosses catégories à l'épicerie, que sont les fruits secs.
04:36Et cette usine va faire toute la torréfaction, l'aromatisation et le conditionnement de nos fruits secs.
04:42Là, vous avez par exemple des noix de cajou à la truffe que je tiens dans la main ou au
04:45parmesan.
04:46Ces noix de cajou-là sont d'abord torréfiées et ensuite sont aromatisées.
04:49Et notre objectif pour garantir les mêmes niveaux de qualité et garantir des prix plus bas, c'est de pouvoir
04:55internaliser ce métier-là.
04:56Donc effectivement, on est en train de construire 15 000 m2 d'usine pour faire ça.
04:59Mais c'est la première fois qu'un acteur de la grande distribution se met à investir des milliers et
05:08des millions d'euros pour internaliser avec sa propre usine.
05:12Je vous laisse mettre de vos propos.
05:14Je vous pose la question.
05:15En tout cas, chez Grandfrais Épicerie, c'est la première fois qu'on fait un tel investissement.
05:20Et ce n'est pas monnaie courante dans la distribution d'être à la fois industriel, transformateur et distributeur.
05:25Mais la stratégie, c'est vraiment ne plus dépendre de personne.
05:28C'est fort des années qu'on a vécues, des années Covid, où on a vu qu'on avait une
05:32dépendance à plein de choses.
05:34Ça vient d'où cette stratégie de vouloir être seul et autonome ?
05:37Oui, ça part effectivement d'un constat qui est assez simple.
05:40Déjà, si vous voulez pouvoir garantir le même niveau de qualité homogène tout au long de l'année,
05:45et quelle que soit la région dans laquelle vous opérez, internaliser ce genre de métier, c'est la clé.
05:49C'est vraiment la première chose.
05:52Garantir un niveau de qualité homogène, c'est la première chose.
05:55Et la deuxième, c'est que ça nous permet d'innover.
05:57Quand vous avez une usine comme celle-ci, chez Grandfrais Épicerie par exemple, c'est plus de 300 innovations par
06:02an.
06:02Quand vous êtes maître de votre outil industriel, vous pouvez innover, vous pouvez tester des choses dans vos magasins Grandfrais.
06:08Mais il faut savoir qu'EF a aussi une division B2B.
06:11Vous pouvez tester des choses auprès de professionnels également.
06:14Donc c'est effectivement très intéressant.
06:15Rapidement Philippe, parce qu'on veut écouter Irvane pour Itelchec et c'est bientôt le point sur l'info.
06:20Je voulais juste préciser que c'était possible, ce modèle est possible bien évidemment.
06:23Parce qu'on est sur trois catégories de produits.
06:26Parce que si on ne fait pas de droguerie, on ne fait pas d'autres articles.
06:30Bien sûr.
06:30Ça veut dire que le modèle est très clair.
06:32Donc c'est un modèle qui fonctionne très très bien.
06:35Vous restez avec nous ce soir dans la France bouge.
06:37Ce soir on a déniché sur Europe 1 une start-up dédiée aux industriels pour scruter les 1000 fiches produits
06:43par seconde.
06:44Et elle s'appelle Retail Shake.
06:46Europe 1, la France bouge.
06:48La pépite.
06:49Avec vous Irvane, Joanna, c'est né il y a 7 ans, Retail Shake, à Lille.
06:55Vous, au moment où, avant d'aller sur Retail Shake, vous travaillez chez Leroy Merlin.
07:00Et vous faisiez toute une partie de veille sur un tableau Excel classique.
07:07Et là, vous vous êtes dit, c'est un peu trop fastidieux, il faut que j'imagine l'outil qui
07:13me manque pour aller plus vite.
07:14Je vous laisse nous raconter rapidement.
07:15Oui, c'est ça. Je me suis retrouvé chef de produit chez Leroy Merlin au rayon luminaire.
07:22Et je travaillais sur une feuille Excel qui faisait 2000 lignes, 200 colonnes, à mettre à jour à la main.
07:28Et en face de ça, je devais trouver les produits équivalents chez mes concurrents.
07:32À qualité, comparable, bien entendu.
07:35C'était l'enfer.
07:37Donc au début, je le faisais à la main.
07:38Après, j'ai pris des stagiaires, des alternants.
07:42Et comme je suis programmeur, je suis développeur, j'ai commencé à faire mes propres programmes pour collecter l'information
07:47automatiquement.
07:49Et voilà, ça a été le début, ça a été la genèse de Retail Shake.
07:52Donc ça, c'était la genèse de Retail Shake.
07:54Vous l'avez proposé aux uns et aux autres ?
07:56C'est ça.
07:58On a démarré très très vite, en fait, dans notre incubateur près de Lille qui s'appelle Eurotechnologie.
08:02J'ai fait un prototype, j'ai tout de suite signé des premiers clients et ça a démarré immédiatement.
08:08On a très envie de vous écouter pitcher, mais vous avez entendu, c'est ce qu'il nous annonce, le
08:12flash de 21h dans quelques secondes.
08:14On se retrouve juste après pour le pitch.