00:00J'en ai une d'idée. Amélie, c'est votre choix ce soir. On va reparler de la TVA sociale,
00:03on prend les mêmes et on recommence pour l'interrogation à chaque campagne présidentielle.
00:07Cette TVA sociale, qu'on va devoir expliquer évidemment, s'invite dans le débat politique et pour la première cette
00:12année, à gauche.
00:14Oui, sous la plume de François Hollande, le bien nommé, l'ex-président normal, celui du « Changement c'est
00:20maintenant », de « Mon ennemi c'est la finance ».
00:23Il publie un livre « Unir, Nouveau Monde, Nouvelle Gauche ». Il n'est pas, a priori, candidat à la
00:29présidentielle, ni même à la primaire.
00:31Enfin bon, tout ça peut évoluer, on a l'habitude.
00:34On n'est pas obligé de le croire.
00:36Exactement, il peut le dire, on n'est pas obligé de le croire. Mais en tout cas, il a un
00:39projet.
00:39Et pour augmenter les salaires des travailleurs, il a une idée, la TVA sociale.
00:44Et franchement, ça ne demande pas de sel, on va quand même le dire.
00:46En 2012, c'est ce même François Hollande qui, une fois arrivé à l'Elysée, va faire abroger la TVA
00:52sociale
00:53qui venait tout juste d'être mise en place à la fin du quinquennat Nicolas Sarkozy.
00:58Bon, il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis, me dira Yves.
01:03J'en suis convaincue. Donc, allez, admettons, pourquoi pas ?
01:06Aujourd'hui, François Hollande est, je crois, le seul à gauche à proposer la TVA sociale,
01:10qui n'est franchement pas une mesure de gauche.
01:12Mais, à droite et au centre, ils sont nombreux.
01:14En tout cas, le clivage s'est visiblement brouillé sous la pression budgétaire.
01:18Regardez, on a par exemple François Hollande qui propose, lui, de passer de 20 à 24.
01:23Donc, plus 4 points sur le taux de TVA normal.
01:26Bruno Le Maire, qui n'est pas non plus candidat, mais peut-être candidat, plus 2 à 3 points.
01:30Gabriel Attal, il n'a pas chiffré, mais il est pour la TVA sociale aussi.
01:33Et, évidemment, le MEDEF, qui n'est pas non plus candidat, parle de plus 2,3 points de plus sur
01:41la TVA.
01:41Alors, attendez, il faut expliquer quand même ce qu'est le principe de la TVA sociale.
01:45Alors, c'est hyper simple.
01:46D'ailleurs, ça n'a de sociale que le nom.
01:48Le nom vient du Danemark.
01:49C'est en 1993 un sénateur centriste qui était parti faire un stage au Danemark.
01:54Bref, ça, c'est pour la petite histoire.
01:56C'est assez simple.
01:57On baisse les cotisations sur les salaires, donc le coût du travail.
02:01Et, en contrepartie, on augmente le taux de la TVA.
02:04Alors, encore une fois, ça dépend de l'augmentation.
02:07La TVA, c'est cette taxe que tout le monde paye à la caisse que l'on travaille, d'ailleurs,
02:12ou non.
02:14Pardon, c'est toujours à moi.
02:15Je pensais que c'était avoué, pas du tout.
02:18Ce dont je voulais vous parler, c'est de quoi parle-t-on ?
02:21C'est 20% en France, regardez.
02:22Et la moyenne de l'Union européenne, alors que c'est une moyenne, est de 21,9.
02:27Donc, on dit toujours, on est parmi les plus basses, c'est vrai, on est de l'autre côté, mais
02:31la moyenne est à 21,9 pour le taux normal.
02:35Et selon Patrick Martin, le patron du Medef, qui n'est pas candidat, je le rappelle, je vais le dire
02:40à chaque fois,
02:42augmenter la TVA, le taux normal, donc passer de 20 à 22, permet d'augmenter les salaires nets, de générer
02:48de la croissance,
02:49et très rapidement, 300 000 emplois.
02:51C'est vrai que dit comme ça, franchement, ça fait rêver.
02:53La vraie et seule question qui va, Yamelie, c'est, est-ce que c'est une bonne idée ?
02:56Question simple, réponse simple, non.
02:59Ou plutôt, allez, ni bonne, ni mauvaise, enfin, plus précisément, bonne pour certains, mauvaise pour d'autres.
03:06Donc, à la fin, on arrive au même résultat, et je vais quand même me permettre de le dire.
03:09Si elle était si bonne et si miraculeuse, cette idée, dont on débat depuis 20 ans, peut-être qu'on
03:15l'aurait déjà adoptée.
03:17Voilà, alors à peu près tous les économistes accordent sur un point.
03:19Pour les salariés des classes populaires et moyennes, l'effet, il serait neutre ou faible.
03:24Évidemment, ça dépend du taux auquel on relève la TVA.
03:27Mais en gros, ce que vous gagnez en salaire, vous le redépensez au supermarché.
03:31C'est ça un peu, grosso modo, mais c'est un peu l'idée.
03:34L'économiste Gabriel Zuckman a d'ailleurs publié une note cette semaine.
03:39Eh bien, il est économiste de son fait, qui avait proposé cette taxe qui a été adoptée, puis finalement non.
03:44pour allaiter sur les effets particulièrement négatifs pour les retraités, les chômeurs et les allocataires du RSA.
03:51Ceux qui n'ont pas de salaire, donc ils ne verront pas une augmentation de salaire,
03:55mais qui subirait une hausse des prix au supermarché et ailleurs.
03:58Pour les hauts salaires, en revanche, l'effet serait plutôt un effet d'aubaine, regardez.
04:03Et j'en conclurai ainsi, la TVA sociale, c'est peut-être un miracle qui a un prix.
04:09On estime que d'augmentation de 1 point du taux normal, c'est environ 9 milliards d'entrées d'argent
04:14dans les caisses de l'État.
04:15Mais le prix de ce petit miracle, il semble quand même être payé par les plus fragiles, une fois n
04:22'est pas coutume.
04:23Je sais que vous avez envie d'en débattre.
04:26Les problèmes, c'est qu'on va en débattre tout à l'heure.
04:29Donc vous avez droit à un mot ?
04:31Je voulais trois remarques.
04:32La première, c'est que c'est intéressant que ce soit un homme de gauche qui la présente,
04:36alors que c'est évidemment très impopulaire à gauche.
04:38C'est la première fois à mon sens, d'ailleurs.
04:39L'enjeu, c'est les électeurs de droite, ce problème de gauche.
04:42Les deuxièmes choses, c'est qu'il y a une anomalie en France.
04:46C'est que l'ensemble du financement de notre pacte social se fait par le travail.
04:53Ce n'est pas normal.
04:54Que ce soit ceux qui travaillent et les entreprises qui payent tout.
04:58Ce n'est pas normal.
04:59Troisième chose.
04:59C'est la logique de François Hollande.
05:00Oui, oui.
05:01Et il a raison de le dire.
05:02Et troisième chose, il y a des exemples à l'étranger,
05:05notamment celui d'Angela Merkel quand elle était chancelière.
05:09Elle avait augmenté et ça avait marché.
05:12Ce n'est pas un bon exemple.
05:13Merci.
05:14Je le détaillerai un autre jour.
05:16Merci.