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  • il y a 7 semaines
Le 10 août, une vidéo tournée dans un élevage porcin des Côtes-d’Armor montrait des dizaines de porcs et porcelets morts, dont les carcasses avaient été abandonnées parmi les vivants. Une enquête a été ouverte pour « acte de cruauté » contre un jeune producteur de 27 ans. Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Photo : Lionel Le Saux - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : L214, Eureden.

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Un producteur de porcs bretons dans la tourmente, l'association de défense des animaux L214,
00:17a publié pendant l'été des images chocs de centaines de corps en décomposition de porcs et de porcelets,
00:24vidéos tournées d'après L214 dans un élevage des Côtes d'Armor,
00:28un élevage qui venait pourtant d'être remis à neuf et présenté par la coopérative dont il fait partie,
00:34comme modèle, y compris en matière de bien-être animal.
00:39La préfecture des Côtes d'Armor a décidé de suspendre l'essentiel de l'activité de l'exploitation jusqu'à
00:44nouvel ordre.
00:44Codesource fait le point sur ce sujet avec la journaliste du Parisien qui s'est rendue sur place,
00:50Émilie Torgemène du service reportage.
01:05Émilie, le sujet dont tu vas nous parler aujourd'hui concerne de nombreux Français, directement ou indirectement.
01:10Le porc est l'une des viandes les plus consommées aujourd'hui dans le pays. Explique-nous ça.
01:15Oui, parce que la viande de porc coûte peu cher et donc beaucoup moins cher que le bœuf par exemple.
01:20Et avec le poulet, elle est la viande la plus consommée.
01:22On considère que les Français mangent en moyenne 30 kilos de porc par an et pareil une trentaine de kilos
01:29de volaille.
01:29Les professionnels de l'élevage porcain en France alertent régulièrement les autorités
01:33sur le fait que les éleveurs français n'arrivent plus à répondre à toute la demande en France.
01:38Oui, la filière porc voit en fait ses parts de marché diminuer et l'Inaport qui est l'organisme professionnel
01:45explique que la France ne produit que 70% des besoins des Français et donc ça veut dire que 30
01:52% sont importés, viennent de l'étranger.
01:55Inaport estime qu'il faudrait créer une centaine d'élevages de porc chaque année pendant 10 ans pour combler ce
02:01déficit en fait.
02:05Émilie, présente-nous l'association L214.
02:08On y avait consacré un épisode de Code Source il y a quelques années, mais c'est quoi L214 en
02:12résumé ?
02:13L214 est une association de défense des animaux et elle se concentre sur la défense des animaux qu'on mange.
02:19Elle dénonce les conditions d'élevage, de transport et d'abattage de ces animaux.
02:25Ça n'est pas la seule, mais la spécificité de cette association, c'est qu'on la connaît pour ses
02:30vidéos en caméra cachée très choc.
02:33On a l'habitude de voir ces images qui défrayent la chronique.
02:37C'est une association qui a pris de l'ampleur en France, il y a beaucoup de Français qui la
02:40soutiennent ?
02:40Oui, c'est une association qui a pris de l'ampleur parce qu'elle a été très visible.
02:44Cette stratégie des vidéos chocs a très bien marché, elle a été très soutenue.
02:48Elle bénéficie de beaucoup de dons et aujourd'hui, l'association emploie une centaine de salariés.
02:53Concernant les élevages de porc en France, en général, que dénonce L214 ?
02:58L'élevage porcain est particulièrement pointé par L214.
03:01Il y a plusieurs problématiques.
03:03D'abord, la problématique des truies gestantes, c'est-à-dire les truies qui portent les bébés cochons,
03:09qui sont enfermées dans des cages et qui ne peuvent pas bouger.
03:12Il y a aussi des mutilations graves des cochons dans les élevages.
03:16Par exemple, on leur meule les dents, ça veut dire qu'on enlève grosso modo les dents
03:20parce qu'on a peur que, vu la concentration des élevages porcains,
03:24les cochons s'attaquent les uns les autres.
03:26Pareil, on leur coupe la queue pour les mêmes raisons,
03:29pour qu'ils ne s'attrapent pas par la queue et qu'ils ne se blessent pas.
03:32Les porcs mâles sont castrés.
03:35Depuis 2022, la castration ne doit plus être faite à vif,
03:39mais les associations dénoncent des anesthésies insuffisantes.
03:43Donc pour L214, il y a un problème particulier avec les élevages porcains très concentrés en France.
03:49En préparant ce podcast, tu m'as rappelé pourquoi le sort des cochons peut toucher les gens.
03:53Ces animaux sont des mammifères comme les humains et ils sont biologiquement très proches de nous finalement.
03:58Oui, il y a deux choses.
03:59D'abord, il faut regarder un porc dans les yeux et on amène souvent les enfants,
04:04voire les cochons, les porcelets.
04:05Ce sont des animaux qui ont des expressions faciales, comme les bovins d'ailleurs.
04:09Et donc les chercheurs expliquent qu'on a plus d'empathie pour un veau, pour un porcelet que pour une
04:14crevette.
04:14Et donc ça, c'est vraiment la partie sensible et l'intelligence mammifère qui nous intéresse.
04:20Et biologiquement, pour les porcs précisément, ils sont proches de nous, de l'humain.
04:24La médecine pense à utiliser les organes des porcs pour de la chirurgie.
04:29Il y a par exemple des entreprises américaines qui étudient la possibilité de greffer des reins de porc sur des
04:34humains.
04:34Et puis sur la peau, on utilise ou en tout cas on réfléchit à utiliser de la peau de porc
04:39pour aider les grands brûlés pour faire des greffes.
04:42Émilie, l'association L214, porte plainte régulièrement pour, je cite, les sévices graves subis par les cochons dans des élevages
04:49en France.
04:50La dernière fois, c'était au mois d'avril 2026.
04:52Oui, à l'époque, les vidéos filmées dans une maternité pour cochons, alors déjà en Bretagne, mais dans le Morbihan,
05:00montraient des morts, des castrations sans anesthésie, ce qui est illégal, montraient des claquages de porcelets.
05:07Alors ça, c'est particulièrement atroce, c'est-à-dire qu'en fait, on tue des très jeunes cochons en
05:11les tapant au sol et aussi des cadavres en décomposition.
05:14Et donc l'association avait déjà porté plainte à cette occasion.
05:18Émilie, on en vient à cette nouvelle affaire révélée pendant l'été, le lundi 10 août.
05:23L'association L214 met en ligne des images chocs tournées dans un élevage de porcs en Bretagne, dans les Côtes
05:30d'Armor, sur les communes voisines de Hénon et Saint-Caroque.
05:34Décris-nous d'avoir ces images que tu as bien sûr regardées.
05:37Dans un premier bâtiment très sombre, très poussiéreux et assez vétuste, on voit des cadavres de porcs dans un état
05:45de décomposition vraiment avancé.
05:47On voit la peau sur les os, certains cochons ont l'air momifiés, il y a des rats qui courent
05:52sur les corps.
05:53Et puis il y a une deuxième salve d'image, dans un deuxième bâtiment très clair, qui semble neuf, où
05:59le sol est vert.
06:00On voit des porcelets, alors tout petits, morts.
06:03D'autres animaux de la même génération, des bébés ou presque, marchent à côté.
06:08On voit des adultes, qui sont probablement leur mère en fait, qui vivent au milieu des cadavres.
06:17Et donc ce sont des images qui sont véritablement difficiles.
06:19Et l'association dit qu'il y aurait 300 corps et 80% des porcelets qui seraient morts dans cet
06:28élevage.
06:32Ces images vidéo, est-ce qu'elles sont authentifiées ?
06:35Alors pas encore, évidemment c'est la première question qu'on a posée au procureur de Saint-Brieuc qui traite
06:40l'affaire.
06:41Pour l'instant, elles ne sont pas encore authentifiées.
06:43En revanche, on a une source proche du dossier qui nous dit que le jour de la diffusion des vidéos,
06:49il y a eu des services de l'État qui se sont rendus sur place et qu'ils ont bien
06:53découvert beaucoup de cadavres.
06:55Peut-être un peu moins que ce qui a été indiqué par l'214.
06:58Et peut-être pas au même endroit exactement que ce qui avait été filmé quelques jours auparavant par l'association.
07:04Oui, des fonctionnaires de la préfecture et des gendarmes se sont rendus sur place le jour même.
07:08Est-ce qu'on sait ce que sont devenus ces cadavres de porc ?
07:11Oui, la préfecture a fini par nous répondre.
07:13Les cadavres sont partis à l'écarissage.
07:15Ça veut dire, et c'est normal quand il y a des cadavres d'animaux dans des élevages,
07:19qu'ils ont été récupérés par des services spécialisés, par des transporteurs,
07:23et puis ensuite traités, c'est-à-dire brûlés globalement pour éviter tous les agents pathogènes et les risques de
07:29contamination.
07:30Émilie, toi tu décides de te rendre sur place en reportage pour le Parisien.
07:34Est-ce que tu peux d'abord nous décrire la région ? On est où ?
07:37On est en Bretagne, on est en Côte d'Armor, c'est une région qui est très jolie, très vallonnée.
07:42On n'est pas très loin de Saint-Brieuc, donc ce n'est pas encore le centre-Bretagne.
07:46Ces deux petits villages, donc Enon et Saint-Caroque, sont très ruraux en fait.
07:52On parle d'habitat dispersé, il y a essentiellement des champs et quelques bâtiments d'élevage.
07:57L'élevage de porc, j'imagine que c'est très important économiquement en Bretagne ?
08:00Oui, c'est hyper important l'élevage de porc pour la région Bretagne.
08:04Il faut savoir que la Bretagne produit plus de la moitié des cochons qu'on mange en France, 56%.
08:11C'est aussi une culture de la charcuterie, de la galette saucisse.
08:15Donc ça veut dire que c'est aussi beaucoup d'emplois.
08:17La filière fait vivre environ 140 000 personnes en Bretagne.
08:21Et donc tout le monde connaît de près ou de loin un voisin, un cousin, un ami qui travaille dans
08:27le secteur.
08:28Dans ton reportage pour le Parisien, tu as fait parler des habitants de ces deux communes
08:31que tu as pu rencontrer à la boulangerie tout simplement.
08:34Qu'est-ce qu'ils te disent et est-ce qu'ils ont été choqués par ces images ?
08:37Eh bien, Anne-Marie et Dominique, qui sont les boulangers du village,
08:40commencent par nous dire très clairement qu'ils n'y croient pas une seconde, que c'est impossible.
08:45Les images sont beaucoup trop violentes et trop dures.
08:48Ils disent très rapidement que c'est d'autant plus impossible qu'ils connaissent très bien la famille des éleveurs.
08:54Le jeune éleveur qui a repris l'affaire il y a peu de temps est, disent-ils, un gros bosseur.
08:58Son papa était élu et sapeur-pompier volontaire.
09:01On voit vraiment que le village est en défense de ces éleveurs-là.
09:05Mais les images ont quand même ébranlé et surtout la venue des gendarmes ont quand même un peu ébranlé la
09:11confiance.
09:12Et ce qui ressort, c'est que vraiment, véritablement, tout le monde est choqué
09:16et choqué que ce petit village des noms soit montré du doigt dans la France entière.
09:21Certaines personnes à qui tu parles ont le sentiment d'être montré du doigt,
09:24que l'élevage de porcs bretons est montré du doigt par L214 ?
09:27Oui, certains habitants sont très violents.
09:30Ils dénoncent tout de suite de fausses informations.
09:32Ils imaginent que les images ont été créées par IA.
09:35Ils nous disent que, en fait, c'est une manip, je cite,
09:39pour justement dénoncer les élevages de porcs et faire fermer tout l'élevage en France.
09:46Tu vas devant cet élevage de porcs. Est-ce que tu peux nous le décrire ?
09:49Eh bien, il est tout neuf. Il est sur le bord de la route.
09:51Le premier bâtiment, vraiment, qui borde la route est presque tout blanc.
09:56Et il y a une pancarte dessus où il y a écrit
09:59« Élevage français, bien-être animal et production responsable ».
10:03Ce qui paraît légèrement ironique, vu la raison pour laquelle il est désormais pointé du doigt.
10:08C'est aussi immense pour les gens qui ne connaissent pas l'élevage porcain.
10:12C'est relativement impressionnant de voir la taille de ces hangars complètement fermés.
10:17Donc, on ne voit pas les animaux, sauf ceux qui sont sur le départ pour être vendus.
10:21Là, au moment où moi j'y vais, il n'y en a pas.
10:23L'exploitant, qui est mis en cause par l'association L214, refuse de t'accorder une interview.
10:29Mais tu as pu échanger avec plusieurs de ses proches.
10:31Et eux, ils démentent catégoriquement les mauvais traitements dans l'élevage.
10:36Qu'est-ce qu'ils t'expliquent ?
10:37Ils disent que tout est faux et qu'il faudrait porter plainte contre L214
10:41qui ment, nuit à la réputation d'un jeune éleveur
10:45et voudrait juste lui faire mettre la clé sous la porte.
10:48Après, ils disent aussi que finalement, ce n'est pas ce jeune homme qui a 27 ans
10:53qui est pointé du doigt, mais la coopérative qui est derrière lui,
10:56qui s'appelle Euréden, qui est un gros acteur de l'agroalimentaire,
11:00qui possède les marques d'Aussi, paysans bretons.
11:03Et donc, quelque part, ils disent que ce jeune éleveur
11:06est un bouc émissaire.
11:07Et cet élevage, il se trouve qu'il a été rénové récemment,
11:10après un incendie.
11:11Il y a quelques années, tout le bâtiment
11:13où naissent les cochons est parti en fumée.
11:16C'était un énorme incendie.
11:18Et pour l'éleveur, c'était véritablement un coup dur,
11:20d'autant plus qu'il venait
11:22de reprendre l'élevage.
11:23Et après l'incendie, il a fallu
11:25tout reconstruire. C'est un énorme chantier
11:27qui a pris un an et demi, ce qui est relativement
11:29rapide finalement, mais pour un coût
11:31de presque 1,5 million d'euros.
11:33Et du coup, après ces travaux,
11:35cette exploitation était censée faire figure
11:36d'élevage modèle, c'est ça ?
11:38C'est un élevage qui était tout neuf,
11:41qui était construit selon les dernières normes.
11:43Et la coopérative Euréden,
11:45dont j'ai déjà parlé,
11:46qui a soutenu l'éleveur,
11:48l'a montré, l'a filmé.
11:51On a parlé dans ses publications
11:52comme justement une très belle réussite
11:55et de renouveau, de renaissance
11:57d'une exploitation porcine.
11:58Bon, salut Luc !
11:59Salut François !
12:00Tu peux me présenter ton exploitation ou quoi ?
12:02Allons-y !
12:03Oui, il y a une vidéo d'une vingtaine de minutes
12:05qui était disponible sur Youtube.
12:07Qu'est-ce qu'on peut voir dans cette vidéo ?
12:08Qu'est-ce qu'on pouvait voir
12:09puisqu'elle a été maintenant retirée depuis ?
12:11Sur ces images, on voit le jeune éleveur
12:13qui fait le tour du propriétaire.
12:141500 m²
12:18On voit l'exploitation qui est toute neuve
12:22et qui ne contient pas encore d'animaux.
12:24On voit les experts qui ont participé
12:26à la conception et à la construction
12:28expliquer qu'on est à la pointe du progrès.
12:30Il y a la pointe du progrès écologique
12:32parce que c'est chauffé et ventilé correctement.
12:35Mais aussi à la pointe du progrès
12:37en termes de bien-être animal.
12:39Et par exemple,
12:39il y a des jouets mâchouillables
12:41pour les bébés cochons
12:42pour qu'ils puissent vivre correctement.
12:46Donc ici, nous sommes dans les post-œuvrages
12:48où nous avons 5 salles, 234 places.
12:51Nous retrouvons tous les produits
12:53qui sont au niveau des normes bien-être
12:56à savoir les jouets de chêne,
12:59un chouet mâchouillable
13:00et deux abreuvoirs,
13:01un abreuvoir pour casse-porcelette.
13:03Voilà, sur cette partie qui nous concerne.
13:07Ce qui est particulièrement frappant,
13:09c'est que cette vidéo a été filmée
13:11le 19 juin à un moment de porte ouverte.
13:14C'était un moment de fête.
13:16Et dans le village,
13:16plusieurs personnes m'en ont parlé,
13:18des gens qui s'y sont rendus
13:19et qui disaient qu'ils étaient fiers
13:21d'avoir ce nouvel outil,
13:23fiers de voir qu'on pouvait
13:24bien travailler le cochon.
13:25On a compris que les proches de l'exploitant
13:27démentent toute violence
13:29ou négligence envers les animaux.
13:30Mais ce qui est sûr,
13:31c'est que des services de l'État
13:32ont retiré des corps de porcins
13:34qui étaient présents dans l'exploitation
13:35pour les emmener à l'écarissage.
13:37Est-ce qu'on sait ce qui a pu se passer ?
13:39Est-ce que cet éleveur
13:40était lui-même dans une situation
13:42compliquée pendant l'été ?
13:43Ça, l'enquête le dira.
13:45Nous, ce qu'on a réussi
13:46à obtenir et à trouver,
13:48c'est le courrier d'un label
13:50en fait,
13:51viande porcine française,
13:53VPF,
13:53qui lui retirait le label
13:55à la fin du mois de juillet,
13:58très précisément
13:58parce qu'il n'avait pas renseigné
14:00le mouvement de ces animaux.
14:01Ça veut dire qu'il n'était pas accusé
14:03de mauvais traitement,
14:04mais en tout cas,
14:05il ne documentait pas bien
14:07les entrées et les sorties
14:08de ces animaux.
14:10Émilie, est-ce qu'il va y avoir
14:11des suites judiciaires
14:12ou administratives
14:13à cette alerte
14:14lancée par L214 ?
14:16Oui, les deux en fait.
14:17Il y a d'abord le parquet
14:18de Saint-Brieuc
14:19qui a lancé une enquête pénale
14:21pour acte de cruauté,
14:23alors précisément
14:23abandon volontaire
14:25d'un animal domestique
14:26ayant entraîné sa mort.
14:28En tout cas,
14:29la peine maximale
14:30est jusqu'à 5 ans d'emprisonnement
14:31et 75 000 euros d'amende.
14:33Et puis, sur le volet administratif,
14:35il y a déjà eu une sanction,
14:37on l'a appris depuis le reportage,
14:40il y a un arrêté préfectoral
14:42qui exige la fin de l'activité
14:44qu'on dit de naissage,
14:46c'est-à-dire globalement la naissance
14:48et l'élevage des tout petits porcelets,
14:50jusqu'à ce qu'un vétérinaire revienne
14:53et redonne une autorisation.
14:54Qu'est-ce que ça veut dire concrètement
14:56pour l'éleveur ?
14:57C'est que son activité est à l'arrêt
14:59ou quasiment complètement à l'arrêt
15:00puisque c'est un élevage
15:02où naissent les cochons.
15:03Émilie, l'exploitation fait l'objet
15:05d'une enquête,
15:06son activité est en grande partie suspendue.
15:08J'imagine que pour ce jeune éleveur,
15:10c'est une situation particulièrement difficile ?
15:13Il y a quand même une pétition
15:14qui a recueilli plus de 70 000 signatures
15:17qui réclament qu'il arrête
15:19de travailler dans le secteur.
15:21Alors nous, quand on a rencontré ses proches,
15:23on a compris qu'il était quand même entouré,
15:25qu'il avait une famille,
15:27qu'il avait une fratrie.
15:29Et puis, à la chambre d'agriculture
15:31du département,
15:33on nous a prévenu qu'on était très vigilants,
15:35qu'il y avait une cellule psychologique
15:36qui pouvait l'aider.
15:37D'après l'association,
15:39est-ce qu'il s'agit d'un cas isolé
15:40ou bien est-ce que le problème
15:41est plus large en France ?
15:42Alors l'association L214
15:44a commenté cette vidéo
15:46en disant que c'était
15:47un des pires cas d'abandon
15:49qu'elle n'ait jamais documenté.
15:51Alors on rappelle que l'association
15:53montre des images atroces
15:55depuis une vingtaine d'années.
15:56Donc c'est quand même un signal
15:57qu'il y a quelque chose
15:58de particulièrement grave
16:00qui se serait produit dans cette exploitation.
16:01Mais à côté de ça,
16:03elle dénonce en fait
16:04un système d'élevage
16:06et notamment dans les élevages de porcs
16:08très concentrés
16:09qui impose une pression terrible
16:11sur les éleveurs.
16:13Et même un acteur
16:15qui n'est pas vraiment proche
16:17de L214,
16:18même qui combat L214
16:19comme la Confédération Paysanne,
16:21qui est un syndicat agricole
16:22plutôt orienté à gauche,
16:24explique que ce genre
16:26de souffrance animale extrême
16:28est en fait un symptôme
16:30de la souffrance des hommes
16:32et de la souffrance
16:33des paysannes et des paysans.
16:42Merci Émilie Torgemaine.
16:44Cet épisode de Codesource
16:45a été produit par Clémentine Spiller.
16:48Réalisation,
16:48Julien Moncouquiol.
16:50Codesource est le podcast quotidien
16:51d'actualité du Parisien.
16:53Si vous aimez Codesource,
16:55n'oubliez pas de vous abonner
16:56pour ne rater aucun épisode.
16:57On vous invite aussi
16:59à écouter Crime Story,
17:00le podcast fait divers du Parisien
17:02présenté par Claudia Prolongeau
17:04et Damien Delseny,
17:05avec en ce moment
17:06une série exceptionnelle
17:08sur l'affaire Epstein,
17:09Jeffrey Epstein,
17:11un pédocriminel
17:12passé entre les mailles du filet,
17:13série de six épisodes
17:15disponible sur toutes les plateformes.

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