00:00Une autre réaction qui est attendue. Pourquoi ? Parce qu'il exige, il demande des comptes, il veut savoir ce
00:06qui s'est passé dans sa ville à Marseille.
00:08On a vu des images terribles d'une partie de l'Amérique qui a été saccagée, de ce buste de
00:13Marianne qui a été vandalisé.
00:15Et puis des rues également qui ont été saccagées.
00:18Monsieur le maire, Benoît Payan, maire d'hiver gauche de Marseille, merci d'être avec nous, merci d'avoir patienté.
00:24Vous n'avez eu de cesse, je le dis, monsieur le maire, bonsoir à vous de demander des explications et
00:28des comptes
00:29après les scènes de CAO à Marseille. Vous voulez savoir pourquoi l'État n'a pas sécurisé votre ville ?
00:34Est-ce que ce soir, vous estimez avoir des premiers éléments de réponse ou pas du tout ?
00:40Non, je n'ai pas d'éléments de réponse au moment où je vous parle.
00:44Et au moment où je vous parle d'ailleurs, on a des événements qui sont en train de se passer
00:48dans la ville,
00:50certes beaucoup moins graves qu'hier soir. J'espère d'ailleurs que ça va se calmer.
00:54Mais demain, le ministre de l'Intérieur sera ici même dans ce bureau.
00:58Et je lui demanderai la vérité, parce que je veux la vérité.
01:01Et je veux obtenir la vérité de ce qui s'est passé.
01:04Parce que ce qui s'est passé hier, c'est du jamais vu.
01:06Moi, je n'ai jamais vu ça. Je n'imaginais pas dans ma vie, un jour,
01:10pouvoir assister à des scènes d'une violence inqualifiable,
01:14d'une violence déchaînée sans nom,
01:17voire des forces de l'ordre complètement dépassées, à contre-emploi.
01:21Il faut tout revoir, la doctrine du maintien de l'ordre,
01:25la doctrine des forces d'emploi, des forces de sécurité intérieure.
01:30Je n'ai absolument pas compris ce qui s'est passé dans ma ville.
01:33Je ne comprends pas comment, en toute impunité,
01:35des personnes ont pu, pendant des heures,
01:38massacrer ma ville, casser des commerces,
01:41casser la mairie, casser un commissariat sous les yeux,
01:44sous les yeux, de personnes qui auraient dû intervenir.
01:47Je veux savoir ce qui leur a été demandé.
01:50Je veux savoir, heure à heure,
01:51quels ordres leur ont été donnés,
01:54quels ordres ont été appliqués.
01:56La police, ça n'est pas de la chair à canon.
01:59Les lycéens, ça n'est pas de la chair à canon.
02:00En réalité, ce qui s'est passé hier,
02:02c'est qu'en laissant s'installer ce chaos,
02:06en laissant ces dégradations d'une violence insupportable,
02:10inacceptable,
02:11qui doit être évidemment condamnée par tout le monde
02:13avec de la fermeté,
02:16mais qui doit être suivie d'actes,
02:17parce que la condamnation, c'est bien beau,
02:19mais vous savez, la politique, c'est comme l'amour.
02:21Il y a les mots, on condamne,
02:22et puis derrière, il y a les actes.
02:23Et moi, je crains qu'à Marseille,
02:24il n'y ait pas eu d'actes.
02:25Et je veux là aussi avoir la vérité sur ce qui s'est passé.
02:29Où sont les personnes qui ont été interpellées ?
02:31Combien de personnes ont été interpellées ?
02:33Pourquoi est-ce que les forces de l'ordre
02:35ont été employées simplement
02:36à lancer des gaz lacrymogènes sur les manifestants ?
02:39On a permis,
02:42et tout mon écœurement est là,
02:44que dans ce pays,
02:45il y ait des hommes ou des femmes politiques
02:47qui viennent à ce micro, à votre antenne,
02:49et qui confondent des manifestants,
02:51des lycéens qui ont de justes revendications.
02:53Qu'est-ce que c'est que demander par Coursup ?
02:55C'est être un islamiste,
02:56comme je viens de l'entendre ?
02:57C'est être un dangereux gauchiste ?
03:00J'ai moi-même été lycéen,
03:01j'ai moi-même manifesté.
03:03Jamais ça ne s'est fait dans ces conditions.
03:04Nous étions entendus.
03:06À force de ne pas entendre,
03:07à force de fermer les yeux,
03:08on laisse s'installer le chaos.
03:10Par contre, les lycéens,
03:11eux ont été gazés.
03:12Par contre, ils ont trouvé les forces de l'ordre face à eux.
03:15Donc je veux des réponses.
03:16Je veux la vérité.
03:19Le gouvernement la doit aux Marseillaises et aux Marseillais.
03:22Madame Avrou.
03:22On entend, il faut le dire,
03:25on entend votre détermination,
03:26elle est totale.
03:27On entend votre colère,
03:29elle n'est pas sourde.
03:31Moi, j'entends quasiment une convocation
03:33du ministre de l'Intérieur dans votre bureau de main.
03:35Vous voulez savoir,
03:36mais vous êtes en train de donner aussi les réponses,
03:39puisque vous êtes en train de dire,
03:40M. Payan,
03:42que les ordres...
03:42Ah mais j'ai des réponses.
03:44Évidemment que j'ai des réponses.
03:45Je veux maintenant que le ministre de l'Intérieur
03:47me disait des choses,
03:48parce qu'il se trouve qu'à Marseille,
03:49contrairement à Paris,
03:50on a les images,
03:51puisque c'est moi qui ai les images.
03:53J'ai le son et les images
03:54de tout ce qui s'est passé.
03:55Donc je sais tout ce qui s'est passé dans ma ville.
03:56Mais je veux comprendre
03:58pourquoi ça s'est passé.
03:59Je veux des explications,
04:00et j'en aurai,
04:01du ministre de l'Intérieur.
04:03Parce que je le dois aux Marseillaises et aux Marseillais.
04:05Et ce gouvernement
04:07le doit aux Marseillaises et aux Marseillais.
04:09Et il faudra maintenant aussi
04:10que le gouvernement passe à la caisse.
04:13Parce qu'il va falloir rembourser ces commerçants.
04:15Il va falloir me rembourser.
04:16Rembourser les Marseillaises et les Marseillais,
04:18qui sont des contribuables.
04:19J'avais 1000 personnes ce matin
04:21pour remettre la ville en état,
04:23seule,
04:24alors que l'État est aux abonnés absents.
04:27J'avais une unité de force mobile hier matin.
04:30On me dit...
04:32Permettez-moi d'aller au bout,
04:32parce que ce que je dois vous dire,
04:34et ce que je vais vous dire,
04:35est d'une gravité sans nom.
04:37Je vous parle de la deuxième ville,
04:39de la sixième puissance du monde,
04:40qui est une république
04:41qui a fondé son histoire
04:43sur un pacte social,
04:44sur la cohésion sociale,
04:45sur un contrat social,
04:47qui est fait d'acceptation collective
04:49de ce qu'est l'ordre,
04:50de ce qu'est la loi,
04:51de ce qu'est l'État de droit.
04:52Dans ce pays, on a le droit de manifester
04:54à partir du moment où on n'atteint pas
04:56ni aux biens, ni aux personnes.
04:58Dans la deuxième ville de France,
04:59qui fait cinq fois Lyon en surface,
05:01deux fois et demi Paris,
05:02Mme Abraud,
05:03j'avais une unité de CRS,
05:06une UFM,
05:07c'est-à-dire 80 policiers.
05:09Il en faudrait six d'unités à Marseille.
05:12J'ai appris que le matin,
05:14dès 6h du matin,
05:15des CRS étaient prêts.
05:16Ils n'ont été employés qu'à 14h.
05:19Vous pensez que c'est un dispositif
05:22à la hauteur de la situation ?
05:24On nous dit que les renseignements
05:27territoriaux de ce pays,
05:28et j'espère qu'ils existent,
05:30parce qu'encore une fois,
05:30on parle de la sixième puissance du monde,
05:32qui suivent l'ultra-droite,
05:34l'ultra-gauche,
05:34les terroristes,
05:35étaient au courant
05:36que des gens venaient casser dans la ville.
05:38Je n'ai pas été au courant.
05:39Mais le code de la sécurité intérieure
05:41oblige les préfets,
05:43oblige l'État à me tenir au courant.
05:45J'ai moi-même demandé avant-hier
05:47à ce qu'on sécurise
05:48le poste de police municipale.
05:50Il a été détruit
05:51parce que mes courriers sont restés vains.
05:53C'est comme si j'avais écrit au Père Noël.
05:55Et encore, des fois,
05:56le Père Noël,
05:56il nous envoie des cadeaux.
05:58Là, je n'ai rien reçu.
05:59Et donc, en fait,
06:00il est temps que dans ce pays
06:00se lèvent des femmes et des hommes
06:02qui ont le sens de l'État.
06:03Parce que vous l'avez dit,
06:04dans six mois,
06:05il y a une élection présidentielle.
06:06Moi, je ne politiserai pas
06:07cette affaire-là.
06:07Mais il est temps
06:08qu'il y ait un débat
06:09et de l'unité dans ce pays.
06:10On a besoin d'unité,
06:12de retrouver les valeurs
06:13qui font notre socle commun.
06:15Et hier, c'est tout ça
06:16qui est parti en fumée.
06:18C'est...
06:18Monsieur le maire, monsieur le maire...
06:19Vous savez, on va rendre des choses
06:20qui nous dépassent,
06:20qui dépassent la gauche et la droite.
06:22Oui, bien sûr.
06:22Tout ça, c'est parti en fumée.
06:23Mais c'est pour ça, monsieur le maire,
06:25ce que vous dites ce soir,
06:26et on est tous sur ce plateau
06:27à l'écouter avec beaucoup,
06:28beaucoup d'attention
06:29parce qu'il y a une gravité réelle.
06:32Précisons ce dont il s'agit.
06:34Si jamais des ordres ont été donnés
06:37pour ne pas agir,
06:39alors que le cœur battant
06:39de la démocratie,
06:40à savoir une mairie,
06:41notre maison commune,
06:42mais c'est là où se déroule
06:44la démocratie,
06:46qu'on ait laissé faire
06:47des images comme ça,
06:49c'est intolérable.
06:50Vous voulez que je vous raconte
06:51ce qui s'est passé dans la mairie ?
06:52Oui.
06:53Je vais vous raconter ce qui s'est...
06:53Je vais vous raconter
06:54ce qui s'est passé devant la mairie.
06:56En fait, j'avais demandé
06:57à ce qu'on sécurise
06:58à la Cannebière,
06:59donc 42 Cannebières,
07:01300 mètres de la mairie.
07:02C'est le poste de police municipale,
07:04c'est le commissariat central
07:05de police municipale.
07:06Pas sécurisé.
07:08Les casseurs entrent,
07:09vandalisent,
07:10brûlent tout.
07:11Ils sont sortis par la police.
07:12Ils ne sont pas interpellés.
07:14Je veux que vous m'entendiez.
07:16Ils sont laissés dans la nature.
07:18Donc je veux savoir,
07:19un, pourquoi ils n'ont pas été interpellés
07:20puisque la police les a délogés.
07:21Ils se positionnent devant la mairie.
07:23Il y a un cordon de CRS
07:24devant la mairie
07:25qui effectue,
07:26on me dit,
07:27enfin on me dit,
07:28j'ai des images,
07:29qui effectue un mouvement.
07:31Un mouvement,
07:32c'est-à-dire un mouvement de côté.
07:33La porte de la mairie est découverte.
07:35Et à partir de là,
07:36les casseurs entrent dans la mairie.
07:39Ils entrent dans la mairie,
07:40ils mettent une marienne à terre.
07:41Quand j'y suis,
07:42quand j'ai vu ça,
07:43j'ai eu envie de pleurer,
07:44j'avais mal au cœur
07:45parce que cette marienne,
07:46elle ne m'appartient pas.
07:47Elle vous appartient à vous tous,
07:48à nous toutes,
07:49à toutes les Françaises
07:50et à tous les Français.
07:51J'ai vu des portes retournées,
07:53j'ai vu des chaises retournées,
07:54du matériel,
07:55rien de grave.
07:57Personne n'interpellait.
07:59Qu'est-ce qu'on a fait de ces personnes ?
08:00On les a laissées repartir,
08:01casser la ville ?
08:03Donc moi,
08:03je veux bien entendre
08:04les discours de fermeté,
08:05mais au mot,
08:06il faut appliquer des actes.
08:09Je veux savoir
08:10où sont les personnes
08:10qui ont cassé la mairie
08:11puisque les policiers,
08:13les CRS étaient là.
08:14Pourquoi est-ce qu'elles n'ont pas
08:15été interpellées ?
08:17Qu'est-ce qui s'est passé ?
08:19Pourquoi est-ce que j'ai
08:21des autorités locales
08:23qui représentent l'État,
08:24qui, toute honte bu,
08:26ont voulu confondre
08:28ces casseurs,
08:29ces voyous
08:29dont la place est en prison
08:30avec les lycéens
08:31en expliquant,
08:32d'ailleurs j'ai cru entendre
08:33un chiffre farfelu
08:35de 30 000 casseurs
08:36et de 30 commerces
08:37cassés à Marseille.
08:38Ça voudrait dire quoi ?
08:391 000 casseurs par commerce ?
08:40Mais on est où là ?
08:41Dans un cirque ?
08:42La République,
08:43ce n'est pas ça.
08:45Ce n'est pas ça
08:45qu'on doit enfoncer.
08:46On doit de la dignité
08:47et de l'unité
08:48quand on est élu.
08:50Je vais vous poser une question
08:51et je sens votre niveau
08:53de colère,
08:54donc elle ne veut pas
08:54vous faire plaisir,
08:55mais on a besoin de savoir.
08:57Qu'est-ce que vous répondez
08:58à ceux qui,
08:58dans l'opposition,
08:59dénoncent une gauche
09:00dont vous faites partie
09:02qui s'interroge aujourd'hui
09:03sur les effectifs
09:04des forces de l'ordre
09:05mais qui,
09:05selon toujours cette opposition,
09:07n'a cessé depuis des années
09:09à les désarmer moralement ?
09:12Mais de quelle opposition
09:13vous parlez ?
09:14De quoi vous parlez ?
09:14À Marseille,
09:15j'avais 350 policiers municipaux
09:17quand je suis arrivé.
09:18Il y en a 850.
09:20C'est-à-dire,
09:20j'ai multiplié
09:21par 120%
09:23les effectifs
09:23de police municipale.
09:24Je ne demande pas à l'État
09:25de faire autant que moi
09:25et il n'y arriverait pas.
09:26Donc vous êtes tombé
09:27sur la mauvaise personne.
09:28Vous connaissez mon histoire.
09:30Je connais.
09:31Vous savez ce que j'ai fait
09:31aux élections municipales.
09:32Oui, tout à fait.
09:33Vous pensez...
09:33Bon, vous êtes tombé
09:35sur la mauvaise personne.
09:36Non, mais j'interroge,
09:37M. Payard.
09:37C'est important que...
09:38Ça veut dire quoi, en fait ?
09:39Vous apportez les réponses.
09:41Mais moi, je vais vous reposer.
09:43Je vais vous dire
09:44quelque chose de différent.
09:45Les forces de l'ordre,
09:46ce n'est pas de la chair à canon
09:48et les lycéens non plus.
09:50Ce que j'ai vu hier,
09:51j'ai vu de la chair à canon
09:52de chaque côté.
09:53Ce n'est pas ça, la République.
09:54Les forces de l'ordre,
09:55il faut les respecter.
09:56Les forces de l'ordre,
09:57en sous-nombre,
09:58en sous-effectif,
10:00c'est les mettre en danger.
10:01C'est les mettre en danger
10:01et les lycéens.
10:03Par contre, les casseurs,
10:03eux,
10:04sont plutôt restés tranquilles.
10:05C'est pour ça que,
10:07malheureusement,
10:08pour l'État,
10:10tout ça est archivé
10:11dans des vidéos à Marseille.
10:13Merci, Benoît Payan.
10:15Et on attendra...
10:15Vous respecterez la loi.
10:16Je n'ai pas le droit
10:17de les diffuser.
10:18Mais s'il y a une commission
10:19d'enquête parlementaire,
10:20je les donnerai
10:21et je les mettrai
10:22à la disposition
10:22d'une enquête parlementaire.
10:24À bon entendeur.
10:25Et nous serons très attentifs,
10:26évidemment,
10:27à ce qui sera dit
10:27après votre rencontre
10:28avec le ministre de l'Intérieur
10:30dès demain.
10:31Et évidemment,
10:33on a tous mal au cœur.
10:34Tous.
10:34Avec le Premier ministre
10:35dans la semaine.
10:35Quand on a vu ces images.
10:37Merci.
10:37Merci, M. le maire.
10:38Merci à vous.
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