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Pendant plusieurs semaines, une orque s’est retrouvée coincée dans la Seine. Les chercheurs et les associations de défense des animaux avaient espoir de la sauver, mais le lundi 30 mai, l’animal a été retrouvé mort. Récit. Descriptif.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Clara Garnier-Amouroux, Thibault Lambert et Lolla Sauty- Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : 76actu.

Retrouvez ce podcast sur : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/orque-morte-dans-la-seine-une-triste-fin-et-beaucoup-de-questions-20-07-2022-3H2CIFZHLFB4PLAOMVXEBPXPLQ.php

#orque #beluga

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12C'est un événement que les spécialistes qualifient d'inédit.
00:15Au mois de mai, une orque a été découverte dans la Seine.
00:18Elle était malade, isolée et après deux semaines d'errance, elle n'a pas survécu.
00:23Cette histoire, dont le Parisien a beaucoup parlé ce printemps, garde de nombreuses parts de mystère.
00:28Elle nous est racontée aujourd'hui dans Codesources par Émilie Torgemène,
00:32journaliste spécialiste environnement au sein du service Société du Parisien.
00:46Émilie Torgemène, le lundi 16 mai, près de Honfleur et du pont de Normandie,
00:50un animal est repéré dans la Seine, animal qu'on ne voit pas d'habitude à cet endroit.
00:56Plusieurs marins signalent avoir vu, avoir croisé, nageant dans la Seine, une orque.
01:01C'est un animal qu'on ne voit jamais à cet endroit, jamais dans l'eau douce.
01:06En réalité, c'est la toute première fois qu'on en découvre dans la Seine.
01:11Alors ça a pu arriver d'en voir un peu au large des côtes normandes,
01:14ce qui était déjà en soi exceptionnel.
01:16Mais de voir un animal comme celui-là, seul, dans l'eau douce, dans la Seine,
01:21c'est la toute première fois.
01:22Et on parle d'une orque, car le mot orque, même si on dit souvent un orque,
01:26le mot orque est féminin.
01:27C'est quoi d'abord, une orque ?
01:30Une orque, c'est un mammifère marin.
01:33Vous le connaissez tous, il est noir et blanc, c'est celui qui jouait dans Sauver Willy.
01:37C'est de la même famille, un peu éloignée, mais que les dauphins.
01:41En anglais, on l'appelle la baleine tueuse.
01:44C'est un animal extrêmement dangereux.
01:46Alors sa taille, à l'âge adulte, c'est quelque chose entre 6 et 8 mètres.
01:50Et puis ça peut peser jusqu'à 3 à 4 tonnes.
01:56La présence de cette orque intéresse beaucoup de riverains
02:00et évidemment des associations environnementales.
02:02Oui, alors au niveau local, il y a le GEC,
02:05c'est le groupe d'études des cétacés du Cotentin,
02:07qui a beaucoup plus l'habitude de documenter ce qui se passe auprès des dauphins,
02:12qui s'y intéressent et qui essayent de le pister.
02:14Au niveau national, il y a l'ONG Sea Shepherd,
02:17qui est très connu avec son emblème de pirate
02:20et qui défend la vie marine à travers le monde.
02:23Et donc tout ce petit monde avec des experts, des scientifiques,
02:26la préfecture s'intéresse au sort de l'orque.
02:29Il y a aussi des habitants du coin qui cherchent à voir l'orque ?
02:32Oui, il y a des habitants qui cherchent à voir l'orque
02:35et puis il y a des habitants qui voient l'orque sans faire exprès quelque part.
02:38Moi, j'ai retrouvé la trace d'un monsieur, Patrick Sadé,
02:41qui vit sur les bords de Seine
02:44et qui dit qu'il a vu passer plusieurs fois l'orque
02:47dans un sens et dans l'autre depuis son salon.
02:51Le mercredi 18 mai, les pilotes d'une vedette de sondage,
02:55la vedette Macareux, voient l'orque entre le pont de Normandie
02:59et le pont de Tancarville, plus loin donc dans la Seine.
03:02Oui, alors non seulement ils le voient, mais en plus ils le filment.
03:05Donc on a ces images, ils filment cet animal.
03:10Sur la vidéo, qu'est-ce qu'on voit ?
03:12On voit un aileron très haut et puis le haut de son dos.
03:16Sur la vidéo, on sent qu'à ce moment-là, il y a un vrai enthousiasme.
03:19On entend le capitaine qui dit
03:21« Ah, c'est super, vraisemblablement, à son mécano. »
03:23« Oh là là, c'est bon ! Oh, c'est super ! »
03:30Après, plus aucune trace de vie pendant plusieurs jours.
03:33Jusqu'au dimanche 22, en fait.
03:35Et le dimanche 22, la gendarmerie reçoit plusieurs appels
03:39d'une commune, c'est Barneville.
03:41Et donc là, on est beaucoup plus loin,
03:42on est à plus de 100 km de la mer.
03:45Et c'est les membres du GEC qui vont essayer
03:48de retrouver la trace de l'animal.
03:50Ce dimanche-là, ils ne trouveront rien.
03:52Mais le lundi, alertés par des riverains,
03:54ils vont réussir à prendre les premières vidéos
03:56et les premières photos prises par des experts.
03:59Et là, on se rend compte que l'orque va mal.
04:02Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a ?
04:03Eh bien, il est trop maigre.
04:04Alors, il est petit, mais ça, on pense que c'est parce qu'il est jeune.
04:07Mais il est trop maigre pour sa taille, pour son âge.
04:09Et puis, son aileron, donc cette nageoire caudale,
04:12donc qui doit se dresser, est affaissée.
04:15Elle penche.
04:16Et ça, ça peut être le signe d'une mauvaise santé.
04:18Et à ce moment-là, on croit que l'orque est un mâle.
04:21La préfecture de Seine-Maritime exclut d'essayer de pousser l'orque vers la Manche.
04:26Pourquoi ?
04:27L'idée, c'est quand même de permettre à cet animal qui vit en mer et en haute mer
04:30de retourner en mer et aussi de retrouver un groupe
04:34puisque c'est un animal qui ne doit pas vivre seul.
04:37Une des solutions, ça aurait été de mettre un front de bateau
04:40et de pousser l'orque vers la mer.
04:44Mais on pense que ça va l'effrayer plus qu'autre chose
04:48et que ça pourrait être finalement plus néfaste que bénéfique pour l'animal.
04:52Du coup, une opération un peu plus compliquée est mise en place.
04:56Oui, c'est une opération qui va être mise en place de stimuli sonores.
05:00Alors en réalité, ça existe déjà.
05:02Ça a été testé notamment en Norvège.
05:04Et c'est très exceptionnel de mettre en place ce type d'opération.
05:08Et il faudra beaucoup de monde pour ça.
05:09Une spécialiste est mobilisée pour l'opération.
05:12Elle s'appelle Charlotte Curé.
05:13C'est une des rares au monde à l'avoir déjà fait.
05:16Elle est française.
05:17Coup de chance, elle est normande.
05:19Et elle est sur place à ce moment-là
05:21parce qu'elle a l'habitude plutôt d'être aux quatre coins du monde.
05:24Elle, sa spécialité, c'est le langage des orques.
05:27Elle enregistre et elle diffuse des bruits d'orques.
05:30Et elle va essayer, eh bien, quelque part,
05:33d'expliquer à l'orque avec un langage d'orques
05:35qu'il faut retourner vers la mer.
05:37Elle va utiliser sa banque de données sonores.
05:40Et elle va, mais alors très concrètement,
05:42mettre une enceinte sous l'eau
05:43et diffuser des sons d'orques.
05:46La complexité, c'est que les orques
05:47sont des groupes sociaux avec des langues différentes.
05:50Il faut imaginer que tous les orques n'ont pas la même langue.
05:52Et donc, il ne faudrait pas envoyer la mauvaise langue à l'orque
05:55parce qu'elle pourrait avoir peur d'un groupe rival.
05:58Donc, ce qui a été décidé,
05:59c'est de diffuser des bruits d'orques qui mangent
06:02en se disant que vraisemblablement,
06:04elle avait faim
06:04et que ça pourrait l'attirer vers cet endroit-là.
06:07L'opération Stimuli Sonore est prévue pour le samedi 28 mai.
06:10C'est une grosse organisation.
06:12Il faut plusieurs bateaux.
06:14Sur le premier, on embarque Charlotte Curé,
06:16la bioacousticienne avec sa banque de son
06:18et puis ses petites enceintes qu'elle va immerger dans l'eau.
06:21Ce bateau-là doit être à plusieurs centaines de mètres de l'orque
06:24pour qu'ils l'entendent,
06:25mais qu'ils ne découvrent pas la supercherie.
06:27De l'autre côté, on met un autre bateau
06:29sur lequel sont des chercheurs,
06:31mais aussi des pompiers qui pilotent un drone
06:33pour vérifier les réactions de l'orque.
06:36Et ces réactions sont envoyées en direct,
06:39d'une part à la chercheuse
06:40pour qu'elle puisse modifier éventuellement
06:42les sons qu'elle envoie en cours de route,
06:44mais aussi à une vétérinaire
06:45qui s'appelle Florence Olivier Courtois,
06:48qui est spécialiste de la faune sauvage
06:49et qui va surveiller les réactions de l'orque
06:52et puis son état de santé,
06:53puisque finalement, on a assez peu de documents jusque-là.
06:56Et donc, cette opération est lancée,
06:58ça dure plusieurs heures ?
07:00Oui, on le fait le samedi,
07:01et à 17h, on arrête tout.
07:04Pourquoi ?
07:04Eh bien, les réactions de l'orque sont erratiques,
07:09expliquent les scientifiques,
07:10c'est-à-dire qu'elle ne réagit pas du tout comme il faut.
07:12Ce n'est pas tout à fait qu'elle tourne en rond,
07:13mais qu'elle fait des allers-retours,
07:15elle a l'air paniquée.
07:16Et puis, au moment où, justement,
07:18grâce au drone des pompiers,
07:19on a des vidéos, on peut s'approcher,
07:22on réalise qu'elle est dans un état
07:23encore plus catastrophique que ce qu'on imaginait.
07:27Les scientifiques disent qu'on ne voit même plus
07:29la belle couleur noire et blanche de l'orque.
07:31En fait, elle est recouverte de mousse,
07:34d'une mousse grisâtre,
07:35et là, on se dit que vraiment,
07:37sa santé est très mauvaise.
07:38Les scientifiques ont douté même
07:40que ce soit l'orque qu'ils cherchaient
07:42quand ils l'ont découverte la première fois.
07:44Comme elle était grisâtre,
07:45ils se sont demandé si ce n'était pas un dauphin de loin.
07:47Comment on explique ça ?
07:48Elle souffre d'une maladie de peau, c'est ça ?
07:49Oui, c'est une maladie de peau,
07:51et la vétérinaire qui surveille l'opération en direct
07:54alerte tout de suite,
07:55ça pourrait être une maladie grave
07:56qui s'appelle la murcomycose.
07:58Et en réalité, c'est une maladie
07:59qui n'a jamais été détectée en Europe,
08:01mais dans le Pacifique,
08:03au large des États-Unis,
08:05elle atteint les orques,
08:06mais aussi tout un tas de mammifères marins
08:08qui peuvent l'attraper,
08:09et jusqu'aux hommes.
08:13Vous l'avez dit, à 17h le samedi,
08:15cette opération est donc abandonnée,
08:17et le lendemain, le dimanche,
08:18la préfecture de Seine-Maritime
08:20annonce que l'orque doit être euthanasiée.
08:23Oui, le communiqué tombe,
08:25et il explique que toute l'équipe,
08:27tous les experts,
08:28tous les scientifiques et tous les associatifs
08:31l'ont décidé à l'unanimité,
08:33c'est plus humain d'abréger les souffrances de cet orque
08:36que de s'acharner.
08:38Il faut dire que la veille,
08:39pendant l'opération Stimuli Sonore,
08:42cet orque a été enregistré.
08:44Qu'est-ce qu'on a compris, appris à ce moment-là ?
08:46Eh bien à ce moment-là,
08:47la bio-acousticienne récolte les sons
08:50et en les décryptant,
08:52elle dit qu'en fait,
08:52les cris qu'elle a enregistrés,
08:54donc les vocalises de l'orque à ce moment-là,
08:56pendant l'opération,
08:57sont des cris de détresse.
08:58La préfecture de Seine-Maritime annonce donc
09:00l'euthanasie de l'orque.
09:02Une association, malgré tout,
09:03estime que cette décision est précoce.
09:06Oui, alors l'association, c'est Turciops.
09:09Son président l'a dit dans nos pages,
09:11mais aussi à d'autres médias,
09:12il considère qu'on aurait pu essayer d'autres choses.
09:16On aurait pu peut-être glisser des antibiotiques
09:18dans des poissons
09:19et essayer de la soigner.
09:21Mais à ce moment-là,
09:22cette association est isolée sur ce diagnostic.
09:25L'orque est une nouvelle fois perdue de vue.
09:27Le lendemain, le lundi 30 mai,
09:29à hauteur de la commune de Lamaillé-sur-Seine,
09:32à une quarantaine de kilomètres environ de Rouen,
09:35des militants de l'ONG Sea Shepherd
09:37retrouvent l'animal sans vie.
09:39Les photos sont vraiment tristes,
09:42un peu lamentables.
09:43On voit l'orque qui flotte sur le côté
09:45avec une nageoire en l'air.
09:48On devine son ventre blanc.
09:50Et puis on voit une espèce de mousse marron
09:53sans bien comprendre si c'est la mucose
09:56ou si c'est de la boue sur le corps.
09:59Le bateau de Sea Shepherd va rester
10:00à proximité de l'orque de longues heures
10:03puisqu'en fait, à cet endroit de la Seine,
10:05il y a beaucoup de trafic.
10:07Et l'idée, c'est de veiller ce cadavre
10:09et de veiller surtout à ce qu'il ne soit pas abîmé
10:11par d'autres bateaux qui pourraient passer
10:14pour qu'on puisse au moins réaliser une autopsie
10:17et que le corps soit relativement bien conservé.
10:22On s'aperçoit à ce moment-là
10:23que cette orque n'est pas un mâle,
10:26mais une femelle.
10:27L'autopsie est effectivement pratiquée
10:29quelques jours plus tard.
10:30Quand on parle d'animaux, on parle de nécropsie.
10:32Et on se rend compte que l'orque
10:34ne mangeait plus du tout, en fait.
10:35C'est une des premières découvertes.
10:37Cette orque est vraisemblablement morte de faim.
10:40En réalité, elle avait les intestins complètement vides,
10:43ce qu'il faut un certain temps,
10:45selon les scientifiques,
10:46pour que les intestins soient complètement vides.
10:48Et dans l'estomac, on a retrouvé deux choses,
10:51des griffes de phoques et des vibrisses de phoques.
10:54Ce sont les moustaches, en réalité.
10:56Ça se décompose très, très lentement,
10:58ce qui veut dire que ça faisait des jours,
11:00voire des semaines, que l'orque n'avait pas mangé.
11:02Est-ce qu'on en sait plus, à ce moment-là,
11:03sur la maladie de peau dont souffrait l'orque ?
11:06On comprend et on imagine
11:08que ce n'était pas la maladie
11:10tant redoutée à la murcomycose,
11:12mais plus vraisemblablement,
11:14une mycose assez classique,
11:16des champignons, qui peuvent traîner dans l'eau douce.
11:19Et comme cet animal était déjà affaibli
11:21et s'est retrouvé dans l'eau douce,
11:22elle aurait attrapé cette maladie de peau.
11:25Ceci dit, on estime que l'orque est morte
11:27le samedi soir,
11:29et donc elle a baigné dans une eau
11:30qui était très chaude,
11:31il faut se rappeler à ce moment-là,
11:33un peu plus d'une journée.
11:34Et même durant l'autopsie,
11:36il a fallu encore du temps.
11:37Donc le corps était déjà relativement décomposé
11:40au moment où on l'a analysé.
11:41Donc il reste quelques incertitudes.
11:43Le squelette de l'orque va être stocké
11:45au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris.
11:48Émilie Torgemaine, le 27 juin,
11:50vous rencontrez l'homme qui s'occupe
11:51de tous les ossements au sein de l'institution,
11:54le monsieur ossement.
11:55Il s'appelle Éric Pelé.
11:56D'abord, comment est-ce qu'il a récupéré l'orque ?
11:59Donc il a fallu la débiter pour pouvoir la transporter.
12:02Il l'a coupée en morceaux réguliers
12:04et en suivant le tracé des ossements.
12:07Et il l'a transportée, nous disait-il,
12:09dans sa voiture personnelle
12:10qui a un break quand même,
12:11donc qui a un grand coffre.
12:13Et avant de mettre ces gros morceaux d'or
12:15qu'il avait enlevés un maximum de chair,
12:17mais il en restait autour des ossements,
12:19qu'est-ce qu'il a fait ensuite
12:20avec cette dépouille morcelée
12:22une fois arrivé dans les locaux
12:24du Muséum d'Histoire Naturelle à Paris ?
12:26Et bien concrètement, c'est un peu trivial,
12:28mais il le dit comme ça,
12:29il fait un bouillon,
12:31c'est-à-dire qu'il fait bouillir
12:32ce qu'il reste de carcasse
12:34encore un petit peu sanguinolente.
12:36Encore une fois, je reprends ces mots.
12:38Il prend chaque tronçon qu'il met
12:40dans des casseroles adaptées.
12:41Alors là, pour l'orque,
12:41le plus compliqué, c'était le crâne
12:43puisque c'est très grand,
12:44comme une énorme pastèque.
12:46Donc il a fallu trouver une casserole assez grosse.
12:49Et donc il le fait bouillir,
12:51mais pas trop pour ne pas abîmer les os.
12:53Donc c'est vraiment très délicat comme métier.
12:55Après ça, il peut les passer à l'étuve
12:59pour décoller les derniers nerfs
13:01ou les derniers morceaux de chair.
13:03Et ensuite, il faut encore les dégraisser.
13:05Et donc là, il les passe dans un bain chimique,
13:08mais qui est en réalité l'équivalent
13:09de liquide vaisselle et d'un petit peu de lessive.
13:13Pendant ce travail,
13:14Éric Pelé a fait une découverte surprenante.
13:17Oui, une découverte incroyable même.
13:20Au fond d'une casserole,
13:21donc la casserole qui contenait la tête,
13:22eh bien il a trouvé une balle,
13:25une munition humaine.
13:25Ça veut dire que quelqu'un a tiré sur l'or ?
13:28Ça veut dire que quelqu'un a tiré sur un animal
13:32qui est un animal protégé au niveau mondial.
13:34C'est totalement interdit.
13:35Mais ce n'est pas cette balle
13:37qui est à l'origine de la mort de l'orque, c'est ça ?
13:38Et non, on n'est pas au bout de nos surprises
13:40avec cette histoire.
13:41La balle n'est strictement pas à l'origine de la mort
13:44puisqu'il n'y a pas de lésions,
13:47ni les organes n'étaient touchés,
13:49ni les ossements.
13:50Et donc, en clair, la balle s'est fichée
13:52dans le gras de l'animal
13:53où elle n'a pas fait beaucoup de dégâts.
13:56Que va devenir le squelette de cet orque ?
13:59Il va être conservé, mais en kit.
14:02Il ne faut pas imaginer qu'il va être réassemblé.
14:04D'abord parce qu'il faut beaucoup de place pour ça
14:05et que pour les scientifiques,
14:06c'est moins intéressant que de pouvoir le manipuler.
14:09Et puis, il va rejoindre la salle des archives
14:11dans les sous-sols de ces locaux
14:14qui datent du 19e siècle
14:16avec les derniers orques rentrés au muséum,
14:18c'est-à-dire des orques qui ont plus d'un siècle,
14:20qui sont numérotés de leur date d'arrivée.
14:24Émilie Torgemaine, le jeudi 30 juin,
14:26un second c'est assez est aperçu dans la Seine.
14:28C'est un mois pile après la mort de l'orque
14:31et ce qui est fou,
14:32c'est que c'est le même bateau,
14:33la Macareux,
14:34qui repère cet animal.
14:37Alors cette fois, ce n'est pas une orque.
14:38A priori, c'est un rorca,
14:40la museau pointue, nous disent les experts.
14:42En gros, c'est une petite baleine
14:44d'environ 10 mètres quand même
14:46et elle semble en bonne santé.
14:49Sur Orcal, on sait ce qu'il est devenu ?
14:50Alors on l'a suivi un petit peu,
14:52il y a quelques observations,
14:53mais vraisemblablement,
14:55il est reparti en haute mer
14:57et lui a continué sa vie.
15:00Le dimanche 17 juillet,
15:01dans Le Parisien,
15:02l'ONG Sea Shepherd lance un appel à témoins
15:05avec récompense
15:06pour tenter de savoir
15:08qui a tiré sur l'orque
15:10qui est morte dans la Seine.
15:1110 000 euros pour quiconque
15:13pourra donner des informations
15:15qui permettraient d'identifier
15:16et puis de poursuivre le tireur.
15:20Alors ça n'est pas complètement inédit.
15:22En fait, Sea Shepherd l'avait déjà fait en 2019.
15:25On avait trouvé des têtes de phoques décapitées
15:28à Concarneau, dans le Finistère.
15:30Et l'association avait donc fait cet appel à témoins.
15:32On a pu retrouver les deux marins
15:34qui étaient responsables.
15:35Ils ont été jugés et condamnés depuis.
15:37Dans le cas de l'orque,
15:38est-ce qu'on sait qui a pu tirer sur elle ?
15:41Quelle est l'hypothèse de l'ONG Sea Shepherd ?
15:43Pour Sea Shepherd,
15:44le plus probable est que ce soit un tir de jalousie quelque part,
15:48un tir de pêcheur qui tire sur les orques
15:51parce que les orques sont en compétition
15:53avec les pêcheurs pour les poissons.
15:56Et puis, il y a un autre conflit
15:58qui oppose les hommes et les orques.
16:01Au Portugal, on sait que plusieurs plaisanciers,
16:04cette fois, ont été attaqués,
16:06bousculés par des orques.
16:08Donc, ça peut aussi être une autre hypothèse.
16:10Maintenant, les scientifiques,
16:12notamment de l'OFB,
16:14qui est l'Office français de la biodiversité,
16:16tiennent à signaler qu'on sait
16:18que cet animal s'est fait tirer dessus,
16:19mais que pour l'instant,
16:21rien ne permet de dire
16:22que c'est un pêcheur ou un plaisancier
16:24qui a tiré sur cet animal.
16:28Émilie Torgemene,
16:29est-ce que l'on sait
16:30d'où pouvait venir cet orque ?
16:32Non, pas encore.
16:34Il y a plusieurs hypothèses.
16:35On imagine que cet orque
16:37pourrait venir de Gibraltar,
16:39où il y a un groupe d'orques bien connu.
16:41Alors, Gibraltar, c'est au sud de l'Espagne
16:43et au nord du Maroc.
16:44C'est la première hypothèse.
16:46Elle pourrait aussi venir
16:48du Grand Nord,
16:49de Norvège ou d'Islande.
16:50On y croit un peu plus
16:52grâce au reste de phoques, en fait,
16:53qu'on a retrouvé dans son estomac,
16:54puisque cette population
16:55qui vient du Grand Nord
16:56se nourrit de phoques.
16:58Mais ça, on devrait le savoir
17:00grâce aux tests ADN
17:01qui sont en train d'être réalisées
17:02sur l'animal.
17:04Et est-ce qu'on sait pourquoi
17:05elle s'est perdue dans la scène ?
17:06Eh bien non.
17:07Et ça, c'est un peu toute la question.
17:09Est-ce que la balle qu'on a trouvée,
17:11si elle n'a pas directement causé sa mort,
17:13est-ce qu'elle n'a pas abîmé
17:15sa boussole interne
17:16et son système de localisation,
17:18quelque part ?
17:19Il faudra essayer de le comprendre.
17:20Et pour ça, on analyse
17:22les tympans de l'orque.
17:23Est-ce qu'on aura une réponse précise ?
17:24On ne sait pas, mais peut-être.
17:26Et les autres hypothèses
17:27sont quelque part plus inquiétantes.
17:29Est-ce que cette jeune orque
17:31a vu sa boussole détruite
17:33par l'activité humaine ?
17:35On sait que dans la scène,
17:37il y a en ce moment
17:38beaucoup de chantiers
17:39d'éoliennes offshore, par exemple,
17:41et que ça fait beaucoup de bruit,
17:42ce qui peut provoquer des dégâts
17:43chez les mammifères marins.
17:45Il y aurait eu aussi
17:47une opération de déminage,
17:49donc une vieille mine
17:50qu'on a trouvée
17:50et qu'on a fait exploser,
17:52qui aurait pu causer ce problème-là.
17:54Ou est-ce que ça n'a strictement
17:55rien à voir et qu'elle avait une maladie ?
17:57Et donc là, ça dédouanerait un petit peu
17:59l'activité humaine.
18:00On le disait, le 30 juin,
18:01un second c'est assez,
18:02a priori, un rorcal a été aperçu dans la scène.
18:05Est-ce que ce type d'événement
18:06est appelé à se produire plus souvent ?
18:08Ce n'est pas exactement
18:09la même histoire,
18:10puisque l'orque,
18:11c'est vraiment incroyable
18:12d'avoir un animal
18:13qui ne vient jamais en eau douce
18:15et qui n'est jamais tout seul.
18:17Un orque isolé,
18:18ça n'existe quasiment pas.
18:20Alors que ce rorcal,
18:21ça arrive,
18:22on en avait déjà vu,
18:23et surtout,
18:24il est reparti.
18:26Après, l'inquiétude de l'ONG Seashefford,
18:29c'est est-ce que,
18:30avec tout ce bruit humain,
18:31avec toutes ces activités
18:33que je décrivais,
18:34est-ce qu'on n'est pas en train
18:35de provoquer une véritable hécatombe
18:37parmi les cétacés.
18:55Merci Émilie Torgemène.
18:58Cet épisode de Codesource
18:59a été produit par Clara Garnier-Amourou,
19:01Thibaut Lambert et Raphaël Pueillot.
19:04Réalisation,
19:05Julien Moncouquiol.
19:06Codesource est le podcast
19:07d'actualité du Parisien.
19:09Si vous aimez Codesource,
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