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  • il y a 10 heures
Cette retraitée de Caen (Calvados) est l’héroïne d’un documentaire primé à Los Angeles, dans lequel elle suit la trace de son jeune frère mort dans en camp de concentration.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Salomé Robles et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian.


Archives : «Colette» d’Anthony Giacchino et Alice Doyard (2021), Canal +.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Colette Marin-Catherine a 93 ans. Elle habite en Normandie, à Caen.
00:17Résistante, elle a perdu l'un de ses frères pendant la guerre, Jean-Pierre,
00:20mort en déportation à l'âge de 19 ans.
00:24Colette a fait l'objet d'un reportage et fin avril, à Los Angeles,
00:27ce film a reçu l'Oscar du meilleur court-métrage documentaire.
00:32Le Parisien a raconté cette histoire le 26 avril,
00:35et chez Codesource, on a voulu prendre le temps d'écouter Colette Marin-Catherine.
00:40Elle a accepté de recevoir Claudia Prolongeau.
00:44Le 15 mars dernier, toute l'équipe du film s'est réunie par écran interposé,
00:49en attendant de savoir quels seraient, sur les 147 candidats,
00:53les 5 films sélectionnés pour les Oscars.
00:55Colette se le rappelle très bien.
00:57Figurez-vous que j'étais dans mon bureau, dans mon fauteuil,
01:00avec à côté de moi ma filleule, Leslie Kutz,
01:05et nous avions en vidéo toute l'équipe, comme ça.
01:10Ils étaient comme vous, comme moi, assises.
01:13Tout le monde attendait le résultat, mais bon,
01:17c'est comme si j'attendais le résultat du loto.
01:19Et tout d'un coup, je vois les tout groupes se lever de leur siège,
01:23fauteuil, machin, les bras en l'air.
01:25Alors j'étais toujours à mon fauteuil, je regarde, j'étais un petit peu stupéfaite.
01:31Et je dis à Leslie, mais qu'est-ce qu'ils ont ?
01:33Je dis, mais Colette, ils viennent d'être nominés.
01:37Elle m'expliquait l'importance du nominé.
01:42Colette a compris ce que représentait cette nomination à l'une des compétitions
01:45les plus prestigieuses du cinéma, qui réunit tout le gratin d'Hollywood.
01:49Y compris parce qu'elle n'arrête pas de recevoir des coups de téléphone
01:52et des journalistes dans son salon.
01:54C'est là qu'elle m'accueille moi aussi, dans une pièce chaleureuse,
01:57avec un canapé rayé et deux grands fauteuils en velours rouge.
02:01Pour tester le son du micro, Colette récite le poète Lamartine.
02:05Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et à la force d'aimer ?
02:12J'habite à Caen depuis 80 ans minimum,
02:17mais j'habite dans cet appartement depuis 31 ans.
02:20Les premières années de sa vie, Colette les a passées également dans le Calvados,
02:24à seulement une dizaine de kilomètres de Caen.
02:26Dans un village qui a un nom très drôle, il s'appelle Brettville-L'Orgueilleuse.
02:31C'est pas beau ça ? L'Orgueilleuse.
02:34Alors au Moyen-Âge, l'orgueilleux voulait dire le courageux.
02:38Donc je pourrais dire que j'habite Brettville-La Courageuse.
02:41Et mes parents étaient industriels de l'automobile.
02:45C'est là que j'ai passé toute ma jeunesse,
02:47jusqu'à la déclaration de la guerre, qui a naturellement tout arrêté.
02:52Tous les mécanos et chauffeurs, même le jardinier, ont été mobilisés, forcément.
02:58Et tout ce qui était matériel roulant a été réquisitionné.
03:02Et vous aviez combien de frères et sœurs ?
03:04Deux frères.
03:06Un frère aîné qui était d'un premier mariage de ma mère,
03:09et qui était donc orphelin de son papa,
03:12qui a été arrêté dans une rafle à Paris et déporté.
03:15Parce qu'il n'avait rien fait, il n'était pas résistant.
03:17Mais il avait 28 ans, il aurait dû être au STO, au travail obligatoire.
03:22Comme il n'y était pas, ils en ont profité pour l'envoyer en camp de déportation.
03:27Il en est revenu très malade et il est mort de sa déportation.
03:31Et mon plus jeune frère, c'était Jean-Pierre,
03:34celui qui est l'objet du fil qui lui était résistant
03:38et qui a été arrêté à 17 ans.
03:41Et qui est mort au camp de Dora à 19.
03:45Colette n'était pas proche de ce frère-là, Jean-Pierre.
03:48Probablement déjà parce qu'ils avaient trois ans d'écart,
03:50mais pas seulement, selon elle.
03:53C'est vrai que nous étions éloignés de par nos morphologies.
03:57Il était très grand, 1m80 à 17 ans.
04:02Et nos niveaux intellectuels,
04:03parce que mon frère avait un QI exceptionnel,
04:05il avait plus de deux ans d'avance sur ses études.
04:07En dehors de ça, il faisait du football,
04:10il faisait du tennis.
04:12Il était champion de natation de Normandie,
04:15en traversée de camps, la nage, en plongeant de haut, vol.
04:17Enfin, voilà.
04:18Moi, j'étais plutôt attardé.
04:21Imaginez un grand beau garçon de 17 ans,
04:26traînant par la main,
04:27une petite soeur de 14,
04:30un peu boulotte, un peu timide, renfermée.
04:33Enfin, non, il n'allait pas traîner ça dans la rue tous les jours, quand même.
04:37Soyons logiques.
04:39Quand la guerre éclate,
04:40les parents de Colette choisissent tout de suite leur camp,
04:42par patriotisme.
04:44Mes parents étaient patriotiques, dans le sang,
04:48politisés, pas du tout.
04:51Ma mère, c'est pas que ça les différait,
04:54mais ça ne l'intéressait pas du tout.
04:57Mais la France, notre pays,
05:00alors là, on était tous d'accord.
05:02C'est donc presque tout naturellement
05:04que sa famille commence à résister.
05:06Nous avons été enrôlés
05:09par M. Raymond Triboulé,
05:11qui a été le premier préfet de France libérée
05:14et ensuite ministre du général de Gaulle.
05:17M. Triboulé était d'une famille de patriotes.
05:21Nous nous connaissions.
05:23Il est probable que mes parents
05:25aient parlé ensemble de l'avenir de la France
05:28au moment de la montée du nazisme.
05:31Et mon frère, lui, il a été enrôlé
05:34par un de ses professeurs de mathématiques,
05:36d'ailleurs, parce que c'était un mathématicien né,
05:38Jean-Pierre,
05:40qui s'appelait le Front National de Libération.
05:43Nous n'étions pas dans les mêmes réseaux.
05:45Vous n'aimez pas l'expression
05:46« rentrer en résistance » ?
05:47Ce n'est pas que je n'aime pas l'expression.
05:51On ne rentre pas en résistance,
05:53comme on rentre dans une banque en demandant
05:55« Bonjour, je voudrais que vous ouvriez un compte résistant. »
05:59Un autre terme que n'aime pas Colette,
06:01c'est celui d'héroïque,
06:02avec lequel on décrit parfois ses actions à elle.
06:05Le travail que j'ai fait, moi, c'était du petit travail,
06:08je le dis et je le répète.
06:09Il y avait deux marches pour rentrer dans notre propriété,
06:12qui existent toujours,
06:13à Bray-de-Velorieuse,
06:14qui était très grande.
06:16Et au départ, on m'a demandé,
06:18j'étais toute jeune, n'est-ce pas ?
06:19N'oubliez pas, 39, je n'avais que 10 ans.
06:23Il m'a dit, tu t'assoies là,
06:24puis tu notes sur ton cahier d'écolière
06:27le numéro des camions allemands
06:29qui passaient vers Cherbourg.
06:31Numéro, les références.
06:33Alors, vous, dites-moi où il y a de l'héroïsme.
06:36C'est héroïque, ça ?
06:38Et vous aviez conscience de l'importance de ce que vous faisiez ?
06:41Non, pas du tout.
06:41À 10 ans, j'étais très obéissante, simplement.
06:47Le 18 juin 1943,
06:49Jean-Pierre ne rentre pas à la maison.
06:50On a commencé à s'inquiéter,
06:53on l'a cherché partout.
06:55Quand on a découvert où il était,
06:56c'était qu'il était en prison.
06:58Après la prison,
06:59Jean-Pierre est envoyé au camp de Dora,
07:01un camp de concentration nazi,
07:02initialement créé pour faire fabriquer
07:04aux prisonniers des missiles.
07:06Jean-Pierre y meurt le 22 mars 1945,
07:08quelques mois avant la libération du camp
07:10par l'armée américaine.
07:12La mère de Colette,
07:13qui apprend la nouvelle,
07:14n'arrive pas à l'accepter.
07:16Pas une chance ma mère,
07:17parce qu'en 14,
07:18elle a perdu son papa,
07:20qui était officier de gendarmerie,
07:21et ses deux frères,
07:22qui ont été tués à la guerre.
07:24Et à cette guerre-ci,
07:25ses deux fils,
07:27c'est beaucoup pour la même femme.
07:30Alors, on parle toujours de faire son deuil.
07:32Elle n'a jamais fait son deuil.
07:35Quand on lui a annoncé la mort de Jean-Pierre,
07:38elle l'a pris très calmement,
07:40parce que c'était une femme d'une réserve extraordinaire.
07:44Et elle a compris,
07:46on lui a annoncé.
07:46Mais comme à ce moment-là,
07:48déjà,
07:49il y en avait qui rentraient beaucoup plus tard,
07:51par Odessa,
07:52enfin, c'était très compliqué,
07:54elle a quand même continué d'espérer très longtemps.
07:57très longtemps.
07:59La vie nous a obligés à déménager plusieurs fois.
08:03Il était très difficile de se loger après-guerre.
08:06Et c'est le fait de changer continuellement de décor,
08:10de perdre ses repères,
08:11qui lui a permis un petit peu de reprendre vie.
08:15Mais elle a recommencé à vivre.
08:17On peut dire qu'elle a cessé d'exister.
08:24Avec tous ces événements-là,
08:27je me suis retrouvée
08:28à n'avoir pratiquement jamais été à l'école.
08:31Donc, on résume.
08:33La toiture de notre maison,
08:36elle était grande,
08:37il y avait 11 pièces,
08:38avait des trous,
08:39notre porte-monnaie aussi.
08:41Personnellement,
08:42je n'avais pas de travail,
08:43pas de métier,
08:44pas de diplôme.
08:45Alors, la question est,
08:47comment on mange demain ?
08:49Colette doit donc vite trouver un emploi.
08:51Elle est d'abord couturière,
08:53puis repasseuse,
08:54et enchaîne d'autres petits boulots
08:55avant de trouver ce qui lui plaît vraiment,
08:57l'hôtellerie.
08:59Jusqu'à ses 40 ans
09:00et le décès de sa mère,
09:01elle s'occupe essentiellement d'elle.
09:03Ce qui ne laisse pas de place
09:04à un mari ou des enfants.
09:06Et après,
09:07elle estime que c'est trop tard.
09:08Colette continue donc à travailler,
09:10notamment dans un hôtel de Deauville,
09:12en prenant soin de se tenir éloignée
09:13de tout ce qui lui rappelle la guerre.
09:16En 2018,
09:17Colette est approchée
09:18par Anthony Giacchino,
09:19et Alice Doyard.
09:21Ils ont entendu parler
09:22du travail d'une lycéenne,
09:23Lucie Foube,
09:24sur Jean-Pierre,
09:25le frère de Colette,
09:25et ils veulent leur proposer
09:27d'aller ensemble en pèlerinage
09:29au Candorra sur ses pas.
09:31Tout ça,
09:31sous l'œil d'une caméra.
09:33Colette accepte de rencontrer
09:35Lucie Foube,
09:35la lycéenne.
09:37Dans une séquence filmée par l'équipe,
09:39elle arrive chez la résistante
09:40un matin en manteau jaune.
09:42Colette la guette depuis la fenêtre
09:43et lui fait de grands signes.
09:45Alors Lucie,
09:46c'est vous ?
09:47Oui.
09:49Aventi !
09:49Ça a été un enchantement pour moi
09:51parce que cette fille,
09:52c'est un sacré cerveau.
09:55Mais elle est absolument charmante,
09:56ça a tillé aussitôt toutes les deux.
09:58C'est la première fois
09:59que je rencontre
10:00une ancienne résistante.
10:02Du coup,
10:02je suis très contente
10:03de faire ce voyage avec vous.
10:04Vous vous rendez compte ?
10:05Elle avait 17 ans,
10:07l'âge où mon frère
10:08a été arrêté,
10:08le même âge.
10:10C'est touchant.
10:14C'est ainsi qu'on suit
10:14Colette et Lucie,
10:16bras dessus, bras dessous,
10:17dans leur pèlerinage
10:17au camp de Dora.
10:19Quel était le caractère
10:21de Jean-Pierre ?
10:23En acier.
10:24S'il avait décidé
10:24de traverser un mur,
10:25tant pis pour le mur.
10:26Il était redoutable
10:27de volonté.
10:28Il avait d'avance
10:29sur ses études
10:30un esprit méthodique,
10:32mathématique,
10:33voilà.
10:34Au départ,
10:35la nona génaire
10:35n'a pas envie
10:36d'aller en Allemagne.
10:37Mais la présence
10:38de la lycéenne,
10:39qui n'a pas grandi
10:40avec le souvenir
10:40de la guerre,
10:41l'apaise.
10:42Un des moments
10:43du film
10:43les plus poignants
10:44est celui
10:45où Colette et Lucie
10:46pénètrent dans
10:47le four crématoire
10:48de Dora.
10:49Est-ce que vous êtes
10:50en colère
10:51en étant ici ?
10:52En colère.
10:53J'ai dépassé
10:55la colère.
10:56Je suis...
10:59Je suis un peu
11:00dépassée
11:01par l'horreur.
11:02C'est atroce
11:03puisque vous avez
11:04le brancard
11:07de fil métallique.
11:09Il n'y a pas de tissu,
11:10c'est normal
11:10puisqu'on met dessus
11:11que des cadavres.
11:12Devant le four,
11:14là,
11:14j'ai vraiment vu
11:14partir mon frère.
11:17C'est là
11:18où j'ai senti
11:20qu'il n'était plus là.
11:24Par contre,
11:24je suis très heureuse
11:25parce qu'à Brideville,
11:27l'orgueilleuse,
11:28n'est-ce pas,
11:29on a fait une cérémonie,
11:31on a posé
11:32une bière du souvenir
11:32dans le trottoir
11:34de notre maison
11:35et à cette occasion-là,
11:38j'avais rapporté
11:39grosses bottes
11:41de muguet
11:42et de terre
11:43de Dora
11:43que l'on a
11:45incluse
11:46dans le jardin.
11:47Dans la terre
11:48de Dora,
11:49il y a forcément
11:50dans les arbres,
11:51il y a une molécule
11:52qui lui appartient.
11:55Et pour moi,
11:56entre la pierre
11:57et la terre,
12:00pour moi,
12:00mon frère,
12:00il est rentré à la maison.
12:02Il est à nouveau
12:03chez lui.
12:09Sur la table du salon,
12:10Colette a posé
12:11un livre de souvenirs
12:12avec les photos du tournage.
12:13Sur la couverture,
12:14on voit tous les membres
12:15de l'équipe.
12:16Alors la chemise bleue
12:17Paul,
12:18c'est Alice Donat.
12:20Ce monsieur-là,
12:21c'est Anthony.
12:22La petite du soir,
12:23il s'y est là.
12:24Ça, c'était le photographe.
12:27Toutes les...
12:28Ils étaient formiers.
12:29On voit bien
12:29les caméramans,
12:30vous voyez,
12:30ils sont tous là.
12:31Ils ont été
12:33d'un respect extraordinaire.
12:35Je n'avais pas du tout
12:36la sensation
12:38d'être suivie.
12:38Et jamais personne
12:39ne m'a dit
12:40« Mettez-vous à droite,
12:41mettez-vous à gauche. »
12:42Non, jamais.
12:43Si je n'avais pas eu
12:44autour de moi
12:45cette tendresse
12:46de tout le monde,
12:46même des garçons,
12:47même des tatoués,
12:49les grands forts,
12:50tout,
12:51je n'aurais peut-être
12:53pas si bien
12:54tenu le coup.
12:56Ils sont devenus
12:57très importants
12:58dans ma vie.
12:59Si je n'avais pas d'enfant,
13:00je vous prie croire
13:00que j'ai hérité
13:01d'une famille, là.
13:03Et la nuit des Oscars,
13:04vous avez réussi
13:05à suivre en direct
13:05la cérémonie ?
13:06Pas du tout.
13:08Ça devait diffuser
13:09sur canal,
13:10je ne sais pas quoi.
13:12Et c'est resté noir
13:13tout, voilà.
13:15Alors,
13:15ce n'est pas très grave
13:16parce que moi,
13:17je me suis occupé
13:17d'autre chose.
13:18Il y avait de la lecture
13:19et tout ça.
13:20Mais rien du tout.
13:21et l'Oscar
13:23du meilleur court-métrage
13:25documentaire
13:26est décerné à...
13:30Colette.
13:31Anthony Giacchino
13:32et Alice Doyard.
13:35Après l'annonce
13:36dans la nuit du 25 avril,
13:38qui est aussi
13:38le jour du 93e anniversaire
13:40de Colette,
13:41son téléphone
13:41se met à sonner
13:42en permanence.
13:43Depuis,
13:44il ne s'est plus arrêté.
13:45Qu'on parle du film,
13:47oui, je suis ravi.
13:48Qu'on parle de moi,
13:49un peu moins.
13:50Mais du film,
13:50oui, je suis ravi.
13:52Toute l'après-midi,
13:53nous avons été à trois.
13:55Alors, Leslie
13:56sur le portable,
13:58Hélène,
13:58une autre amie,
14:01sur le fixe
14:03et moi sur l'ordinateur.
14:04toute la journée.
14:06L'ennui,
14:07c'est que depuis,
14:08ça continue,
14:09mais je suis toute seule.
14:11Et vous en avez marre ?
14:12On ne peut pas avoir marre
14:14de ça.
14:14Je suis...
14:15J'avoue être fatiguée,
14:16oui, je reconnais
14:17que je suis très fatiguée.
14:18Je ne regrette pas
14:19de l'avoir fait.
14:20La seule chose,
14:21c'est qu'actuellement,
14:22je ne vis pas en 2021
14:24en plongeant
14:26continuément dedans.
14:28Je suis revenue
14:29en 1943,
14:31l'arrestation de Jean-Pierre
14:32avec,
14:33on va dire,
14:34toutes les séquelles
14:38morales,
14:39sentimentales
14:39ou psychologiques
14:40que ça peut entraîner.
14:43C'est comme ça.
14:44C'est le prix à payer
14:45pour qu'on parle
14:46de mon frère.
14:48Par contre,
14:49j'ai l'esprit
14:50beaucoup plus tranquille.
14:52Voilà,
14:52je ne me sens pas coupable
14:55que Jean-Pierre
14:56n'ait pas eu
14:56un bel enterrement
14:58avec des fleurs
14:58de ça.
14:59Il a eu tout,
15:0175 ans après,
15:02mais il a eu tout
15:04plus que même
15:05s'il était mort
15:06de façon civile.
15:08Il n'aurait pas eu
15:08les médias,
15:09il n'aurait pas eu tout ça.
15:10Il a eu
15:11ceux
15:11auxquels
15:12il avait droit.
15:22Claudia,
15:23elle est très touchante
15:23quand elle parle
15:24de son frère
15:25ou aussi
15:25quand elle parle
15:26de l'équipe du film.
15:27Oui,
15:27elle a développé
15:27une relation
15:28vraiment très privilégiée
15:29avec l'équipe du film,
15:31notamment avec une jeune femme
15:32qui s'appelait
15:33Théodora.
15:34Et quand j'étais chez elle,
15:35pendant notre entretien,
15:36le téléphone a sonné
15:37et c'était justement
15:38Théodora
15:39qui l'appelait
15:40pour prendre
15:41de ses nouvelles.
15:42Et Colette m'a expliqué
15:42à cette occasion
15:43que cette jeune femme
15:44l'avait particulièrement
15:46soutenue
15:46et aidée
15:47pendant le tournage,
15:48qu'elle avait poussé
15:49son fauteuil roulant
15:50tout le temps,
15:51qu'elle lui avait tenu la main
15:52et elle m'a dit
15:53en plaisantant
15:53« Je pense que si j'avais été
15:55avec ma mère,
15:56on n'aurait pas pris
15:56mieux soin de moi. »
15:57Et Lucie Foube,
15:58la lycéenne qu'on voit
15:59avec elle dans le documentaire,
16:01qu'est-ce qu'elle fait maintenant ?
16:02Alors Lucie,
16:03actuellement,
16:03elle est en Cagne
16:04à Boulogne-sur-Mer,
16:05spécialisée en histoire-géographie
16:07et après cette année,
16:09donc sa deuxième année de prépa,
16:10elle aimerait faire
16:11un master de recherche
16:11à Strasbourg.
16:12Elle avait envie
16:13d'aller à Strasbourg
16:14parce qu'elle avait envie
16:14de changer de région
16:15et ça tombe très bien
16:16puisqu'il y a justement
16:17un professeur spécialisé
16:18sur la Seconde Guerre mondiale
16:19qui vient d'y arriver
16:21et qui donc va pouvoir
16:22l'accompagner
16:22pour son master
16:23et plus tard
16:24pour son doctorat
16:25puisqu'elle aimerait
16:26en faire un aussi.
16:28Merci Claudia Prolongeau
16:29et merci à Esteban Pinel
16:30pour son aide.
16:31Cet épisode a été produit
16:33par Thibaut Lambert
16:33et Salomé Robles,
16:35réalisation Julien Moncouquiol.
16:37Codesource est le podcast
16:38d'actualité du Parisien
16:39disponible chaque soir
16:40du lundi au vendredi.
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