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  • il y a 7 semaines
Sébastien Martin, ministre de l'Industrie, était l'invité de Brigitte Boucher, ce jeudi 27 août. Il est revenu sur sa feuille de route afin d’accélérer la réindustrialisation en France malgré le déclin démographique ainsi que la hausse des impôts, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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00:038h43 sur BFM Business RM, c'est live, nous sommes toujours en direct de la REF dans les allées de
00:08Roland-Garros pour une matinale spéciale Good Morning Business délocalisée, entièrement consacrée à la rencontre des entrepreneurs de France avec
00:15un débat très attendu aujourd'hui, les 7 candidats déclarés à l'élection présidentielle qui seront face au patron.
00:21Et bien c'est Sébastien Martin qui est désormais notre invité, ministre délégué à l'industrie, bonjour et merci d
00:26'être avec nous. Produire ou périr, c'était l'objet de la table ronde à laquelle vous avez participé hier
00:31à la REF. Quelques chiffres, la France a perdu 2,3 millions d'emplois industriels en 50 ans et sa
00:36part d'industrie dans le PIB a été quasiment divisée par deux depuis les années 70.
00:40Alors la courbe tend à s'inverser. Vous avez fait un projet de loi de simplification économique qui a été
00:46promulgué le 26 mai dernier. Est-ce que ça, ça va vraiment permettre d'accélérer dans la réindustrialisation de la
00:52France ?
00:52Je crois que vous l'avez dit sur 50 ans. On n'inverse pas 50 ans de désindustrialisation en quelques
00:57années. Mais quand même, vous dites la courbe tend à s'inverser. Elle s'est inversée.
01:01Entre 2018 et jusqu'à 2025, on a recréé 180 000 emplois dans ce pays. Et d'ailleurs, contrairement à
01:08toute attente, je ne sais pas si vous avez vu, mais hier soir, Trendéo a sorti son baromètre et indique
01:13que sur les 6 premiers mois de l'année, on a recréé 5 500 emplois industriels sur ce pays.
01:20Alors, de l'emploi industriel, effectivement, mais un solde négatif d'usine.
01:24Alors, sur la question de couverture et fermeture d'usines, on a un petit débat avec Trendéo parce que je
01:30pense qu'il faut aussi prendre en considération, alors d'abord, sur le total, depuis 2017, c'est plus de
01:35300 usines.
01:36Le solde, c'est 300 usines qui ont ouvert. Et puis, avec Trendéo, on a une petite divergence avec Bercy,
01:41c'est que nous aussi, on compte les extensions d'usines.
01:43Et je pense que c'est très important. Je vous donne un exemple. Chez moi, à Chalon-sur-Saône, quand
01:47j'ai une usine Framatome qui double de taille, ça vaut bien une ouverture de site, très honnêtement, en recrutant
01:53500 ou 600 personnes.
01:54Donc, pour le moment, disons les choses celles qu'elles sont. On vit un moment qui n'est pas simple.
01:58L'Europe, d'une manière générale, vit un moment qui n'est pas simple. Mais la France tient.
02:02Alors, hier, vous vous êtes prononcé contre les grandes lois de simplification. Pourtant, dans ce domaine-là, est-ce qu
02:07'il ne faut pas accélérer aussi et arrêter les normes ?
02:09C'est un peu l'objet aussi de la simplification de la vie économique ?
02:13Il y a un vrai débat qui devra être tranché entre, finalement, dire, est-ce qu'on simplifie ou est
02:18-ce qu'à un moment, on arrête carrément une norme ou on dérégule ?
02:23C'est un petit peu différent, dérégulé, que simplement simplifié. Je vous parle parce que, d'expérience, vous avez vu
02:30le projet de loi de simplification.
02:31Il est rentré à l'Assemblée nationale avec une vingtaine d'articles. Il en sort avec plus d'une centaine
02:35d'articles.
02:35Donc, au final, ça veut dire qu'on crée plus de normes dans un texte de simplification.
02:39Donc, moi, je veux simplifier, mais il faut peut-être qu'on trouve la bonne méthode pour simplifier.
02:43Et visiblement, la loi n'est pas forcément toujours la bonne méthode.
02:45Il y a quand même un problème qui demeure en France. C'est pourquoi produire en France reste souvent plus
02:51cher qu'ailleurs ?
02:52Parce qu'on a un modèle social qui coûte très cher.
02:55Et qu'un des enjeux de la présidentielle de 2027 va être de savoir qu'est-ce qu'on veut
03:01pour notre pays
03:02pour assurer un modèle social auquel nous tenons et, en même temps, rendre plus de compétitivité à nos entreprises.
03:09Donc, vous vous dites quoi ? Il faut faire de la TVA sociale ? Il faut baisser les charges sociales
03:12?
03:12Non, moi, je pense que ce défi démocratique, il ne faut peut-être pas le prendre comme une difficulté, mais
03:17comme une opportunité.
03:18Tous les autres pays qui ont construit des fonds de pension, ils les ont construits sur une opportunité.
03:23Les pays nordiques qui ont construit des fonds de pension sur leurs réserves pétrolières, par exemple, sur une opportunité.
03:28Le défi démographique, avoir une population âgée, on va dire, importante, ça veut dire une capacité haute d'épargne très
03:34importante.
03:35Et j'entends le Rassemblement National qui dit que je vais faire un fonds souverain volontaire.
03:41Très intéressant, il faut s'ouvrir un volontaire.
03:43Mais enfin, vous allez à BPI France, vous en avez plein des fonds d'investissement volontaires.
03:47Sauf que ça récolte 150-200 millions d'euros.
03:49Mais c'est 150-200 milliards d'euros dont on a besoin.
03:52Et donc, si on ne fait pas un système par capitalisation de nos retraites important,
03:57qui peut récolter des milliards et des milliards d'euros,
03:59eh bien, alors, dans ce cas-là, moi, je pense que ce système-là,
04:02il peut ensuite aller alimenter notre économie tout en faisant vivre nos retraités.
04:06Sur le coût du travail, sur les impôts de production, sur les normes,
04:10jusqu'où vous êtes prêts à aller dans le prochain budget ?
04:12D'abord, il faut peut-être rappeler quand même ce qui a été fait.
04:14Parce que le taux d'IS était à plus de 33%, il a été ramené à 25%.
04:18La CVAE a été divisée par deux.
04:20Grosso modo, c'est quand même 20 milliards.
04:22On nous avait dit qu'elle allait disparaître.
04:23On avait dit qu'elle irait jusqu'au bout.
04:24Oui, c'est vrai.
04:26Enfin, personne ne pensait quand même qu'on aurait le comide en 2020,
04:29qu'on aurait la crise énergétique en 2022,
04:31et qu'on avait la crise en Iran en 2025.
04:32Qu'elle ne va pas disparaître non plus dans le prochain budget.
04:34Et très honnêtement, vu la situation financière telle qu'elle est,
04:37moi, je veux bien qu'on raconte tout ce qu'on veut,
04:39mais la vérité m'oblige à dire qu'on ne va pas baisser les impôts.
04:42L'objectif, c'est de ne pas les augmenter,
04:44et pas augmenter ce qui pèse sur les entreprises aujourd'hui.
04:47Donc...
04:48Pas augmenter les impôts, mais les reconduire éventuellement,
04:50par exemple, cette surtaxe d'IS ?
04:51Roland Lescure a dit qu'on allait tout faire pour essayer de la baisser,
04:54mais que le débat, aujourd'hui, il va s'ouvrir avec les parlementaires,
04:58il va s'ouvrir encore au sein du gouvernement,
04:59mais ce n'est pas simple.
05:01Est-ce qu'avec la dette qu'on a, une dette abyssale,
05:03plus de 3500 milliards d'euros de dette,
05:05on a encore les moyens de mener une politique industrielle ambitieuse ?
05:10On a surtout l'urgence de la réduire, cette dette.
05:12Parce que sinon, effectivement, la charge de la dette,
05:14elle va prendre sur tout ce que nous avons besoin de faire.
05:19Heureusement, nous avons encore une capacité à investir
05:21pour l'enseignement supérieur et la recherche.
05:23Heureusement, avec France 2030, nous avons encore des budgets
05:25qui permettent d'accompagner le développement industriel de nos territoires.
05:29Heureusement, nous pouvons aussi coter sur les collectivités locales
05:32qui accompagnent le développement économique.
05:33J'ai été pendant des années élu local, président des intercommunalités,
05:36et je vois le travail qui est fait sur les territoires
05:38pour accompagner nos industries.
05:40Il y a des aides publiques qui sont très importantes pour les entreprises.
05:44Plus de 200 milliards, dit un rapport du Sénat, qui est contesté.
05:47On le signale quand même.
05:49Est-ce que ces aides publiques, elles doivent être peut-être mieux ciblées ?
05:53Moi, je trouve ce débat parfois, excusez-moi, un petit peu lunaire.
05:59Lunaire parce que, bien évidemment, d'abord, un, on dit qu'il n'y aurait pas de contrepartie.
06:03C'est faux.
06:04Je veux dire, quand on touche une aide France 2030,
06:08elle est en face d'un investissement.
06:09Et si cet investissement n'est pas fait, il n'y a pas d'aide.
06:12Donc, il faut arrêter avec cette idée qu'il n'y aurait pas de contrepartie
06:16et qu'on ferait des chèques comme ça.
06:17Ce n'est pas vrai.
06:18Ensuite, quand vous mettez les allégements de cotisations sociales
06:21dans les aides aux entreprises,
06:23alors que tout le monde sait que tout ça est l'héritage successif
06:26d'un certain nombre de réformes,
06:28je veux dire, ça n'a pas de sens.
06:29Et par ailleurs, je n'ai pas l'impression que les Chinois
06:32ou les Américains aient les mêmes styles de débat
06:35que nous sur ces questions-là.
06:37À un moment où nous devons nous affirmer
06:38à l'échelon européen et français aussi
06:41dans un combat et dans une guerre économique,
06:44il faut avoir les moyens de les mener.
06:45Mais c'est vrai que ces aides, elles ne sont pas conditionnées à l'embauche.
06:47On a un taux de chômage qui est en train de remonter
06:49autour de 8%.
06:50Ce n'est pas vrai.
06:52Quand aujourd'hui, sur certains projets,
06:55nous avons des conditions d'emploi
06:59qui sont mentionnées.
07:00quand vous bénéficiez parfois de reprises d'une entreprise,
07:04quand il y a des investissements étrangers français dans des entreprises,
07:07il y a des conditions qui sont portées par l'État.
07:10Il y a un très fort enjeu de souveraineté.
07:11On le sait, ce sera aussi un des enjeux de la prochaine présidentielle.
07:14Quels sont les secteurs qu'il faut, selon vous, à tout prix protéger ?
07:18On a, je pense, en France, une force très, très importante
07:23avec toute notre filière énergétique.
07:25D'ailleurs, je pense que si on a mieux passé la crise énergétique de 2022,
07:29c'est sans doute parce que cette filière de l'électrification,
07:31de l'énergie décarbonée, était très présente,
07:34très forte chez nous.
07:36Et que cette filière-là, elle doit continuer sa conquête.
07:38J'étais hier au congrès national de la filière de l'électrification.
07:42C'est 10 000 recrutements par an qui vont être faits
07:45dans la filière de l'électrification.
07:47On voit bien que le secteur de la défense, encore plus,
07:49en ce moment, est un secteur extrêmement important.
07:52Et puis, j'aurai l'occasion de l'annoncer au moment du salon de l'automobile,
07:57mais l'automobile, c'est une verticale, quand même, de l'économie.
08:00C'est un secteur qui souffre.
08:02C'est un secteur qui souffre, percuté par la concurrence chinoise.
08:05Pas forcément sur le véhicule électrique, je le dis,
08:07c'est l'hybride, aujourd'hui, qui fait beaucoup de mal.
08:09C'est plus l'hybride que le véhicule électrique.
08:12Les 15 véhicules électriques les plus vendus en Europe cette année,
08:15aucun n'est chinois.
08:16Et les Français sont bien placés dans ces 15 véhicules électriques
08:20les mieux vendus, notamment à travers la R5.
08:22Donc, il y a une transition du modèle de production.
08:25On l'accompagne au niveau européen, aussi au niveau français.
08:27Est-ce qu'il y a un fort impact des taxes douanières américaines
08:31pour nos industriels ?
08:32Est-ce que ça peut, éventuellement, entraîner des faillites ?
08:35Moi, ce que j'entends des premiers retours
08:38qui ont été faits par les industriels,
08:40c'est qu'ils arrivent à gérer cette situation.
08:45Ils sont arrivés à passer le cap.
08:47Bien sûr, ça serait mieux sans qu'avec.
08:50Mais je crois qu'ils arrivent à faire face.
08:51Il y a l'Arabie Saoudite qui vient d'investir 6 milliards
08:54dans des parcs d'attractions en France.
08:56Est-ce que vous vous réjouissez ?
08:58Ou est-ce que vous vous dites,
09:00finalement, il n'y a que ça qui intéresse en France ?
09:04Je sais que dans ce pays, on a tendance à faire en sorte
09:08qu'une bonne nouvelle en soit une mauvaise.
09:09Quand vous avez des gens qui investissent 6 milliards en France,
09:14vous n'allez pas commencer à dire que c'est une mauvaise nouvelle.
09:17200 000 créations d'emplois, vous n'allez pas me dire
09:19que c'est une mauvaise nouvelle.
09:20C'est une bonne nouvelle pour le pays
09:23et pour le confortement de la place Île-de-France
09:27autour de la thématique des parcs d'attractions.
09:31Ce qui, quand même, je le rappelle,
09:32la France est la première destination touristique mondiale.
09:35Donc ça va conforter encore la place
09:37de la première destination touristique mondiale.
09:38Vous ne dites pas qu'ils auraient dû investir davantage dans l'industrie
09:40plutôt que dans les parcs d'attractions ?
09:42On a eu récemment le rachat d'une aciérie à Dunkerque
09:47par Bahreïn qui investit en France.
09:50Et puis, il y a eu 1 milliard de contrats signés
09:52par Alstom et CMA-CGM aussi à cette occasion.
09:56Et ça, en tant que ministre de l'Industrie,
09:57je peux m'en réjouir pleinement.
09:58Est-ce qu'il faut davantage protéger le marché européen
10:01quitte à avoir des prix qui soient peut-être
10:03un peu plus élevés pour le consommateur ?
10:05Il ne faut pas confondre protectionnisme et protection.
10:08La protection, ça veut dire tout simplement
10:10que pour accéder à notre marché,
10:12il faut respecter un certain nombre de règles.
10:14Il faut se dire qu'on va privilégier le made in Europe
10:18par rapport à ce qui n'est pas fait en Europe.
10:19Et on va le privilégier comment ?
10:21À travers les marchés publics, d'une part,
10:24ou quand vous bénéficiez de subventions
10:26pour stimuler la demande des consommateurs.
10:29Et je trouve ça assez logique
10:30que l'argent public qui est pris dans la poche des Européens,
10:34dans la poche des chefs d'entreprise européens,
10:36aille financer ensuite soit des projets qui sont subventionnés,
10:39soit des aides qui sont faites aux consommateurs pour acheter.
10:42Eh bien, ces aides, elles doivent permettre d'acheter de l'Européen
10:45et pas d'acheter de l'Asiatique.
10:47Donc, il faut des aides européennes pour le made in Europe à 27.
10:50C'est ce que défend la France.
10:51Et ce débat sur est-ce que ça coûtera plus cher ou pas ?
10:54Vous savez, il y a beaucoup de pays dans lesquels
10:56le coût de la vie est plus cher que chez nous,
10:58mais où les gens sont un peu plus riches.
11:00Et je pense qu'ils peuvent être un peu plus riches
11:01si on produit plus en Europe,
11:03parce que l'industrie, c'est les salaires 25% plus élevés.
11:06Donc, ça crée plus de richesses
11:07et les gens ont un meilleur pouvoir d'achat.
11:09Merci Sébastien Martin d'avoir été notre ami ce matin
11:12dans Good Morning Business,
11:13ministre délégué à l'industrie.

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