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  • il y a 2 mois
Un décryptage de l’actualité internationale présenté par Gauthier Le Bret le mercredi à 21h et par Olivier de Keranflec’h le dimanche à 16h : #LHeureInter 

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00:01Bonsoir à tous, très heureux de vous retrouver en direct sur CNews, l'heure interne, nous sommes ensemble jusqu'à
00:0622h.
00:07Et pour m'accompagner tout au long de cette émission, j'ai le plaisir d'accueillir sur ce plateau Dora
00:11Abdelrazik.
00:12Bonsoir, chère Dora, vous êtes journaliste internationale.
00:15CNews sont également présents, Arnaud Karsfeld et Régis Le Sommier, bonsoir à tous les deux,
00:19que vous connaissez évidemment très bien sur cette antenne.
00:22Et puis Jean-Marc Sanchez, bonsoir, vous êtes journaliste franco-espagnol.
00:26Nous allons commencer cette émission naturellement avec la guerre en Iran qui s'enlise bientôt six mois de conflits.
00:33Et Washington qui adopte une nouvelle stratégie pour tenter de faire plier le régime iranien.
00:40On voit cela avec vous d'abord, Dora Abdelrazik.
00:42Cette nouvelle stratégie, elle porte un nom d'ailleurs.
00:45Exactement, c'est l'opération économique Outcast.
00:48Elle a été présentée tout en début de semaine par le secrétaire au Trésor, Scott Besant.
00:54Alors l'objectif affiché, donc, couper l'Iran de ses dernières sources de financement.
00:59Je vous propose d'écouter le ministre des Finances américain.
01:04Nous lançons une offensive économique contre les réseaux financiers de l'Iran à travers le monde, partout dans le monde.
01:10Notre objectif est de couper toutes les ressources économiques qui maintiennent ce régime tyrannique jusqu'à ce que Téhéran se
01:16retrouve isolé.
01:20Alors concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ?
01:21Eh bien, 60 personnes, entreprises et navires sont sanctionnées.
01:25Les Américains qui signent notamment les réseaux, en fait, qui permettent à Téhéran de vendre son pétrole,
01:30d'acheter aussi du matériel sensible, que ce soit pour son programme nucléaire ou balistique,
01:35ou encore de contourner les sanctions grâce à des sociétés écrans et sa flotte fantôme.
01:40En fait, ce qu'il faut savoir, c'est que désormais, toute entreprise ou pays qui commerce avec l'Iran
01:47peut être sanctionnée par les États-Unis,
01:49donc si elle continue en fait ses activités avec Téhéran.
01:52Et évidemment, un pays en particulier, la Chine, qui est en première ligne.
01:56On sait que plusieurs sociétés et ressortissants qui sont basés en Chine, mais aussi à Hong Kong,
02:01ont été ciblées par ces sanctions américaines pour avoir notamment fourni des équipements sensibles à l'Iran
02:07ou participer au transport de pétrole iranien.
02:11Et nous allons écouter à présent le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères
02:16qui réagit à cette menace de sanctions.
02:19La Chine a déjà déclaré à maintes reprises qu'elle s'opposait fermement aux sanctions unilatérales illégales
02:25qui n'ont aucun fondement en droit international et ne sont pas autorisées par le Conseil de sécurité de l
02:30'ONU.
02:31Et nous sommes à présent en direct avec Shan Weizeng.
02:33Bonsoir, vous êtes journaliste pour la chaîne CGTN à Pékin.
02:38Alors, nous avons entendu à l'instant le porte-parole chinois du ministère des Affaires étrangères.
02:43De manière plus générale, comment réagit-on en Chine à ces menaces de sanctions ?
02:48Je pense que du côté de la Chine, il y a cette colère contre les États-Unis.
02:53Pourquoi ? Et ça a été tout de suite, comme vous avez dit tout à l'heure et comme on
02:57nous a entendu,
02:58la Chine a dit qu'elle prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre fermement ses droits et intérêts.
03:03Simplement parce que c'est un fait juridique.
03:05Les sanctions annoncées par Washington, en fait, cela ne découle aucune résolution du Conseil de sécurité.
03:11Elles sont décidées par un seul État qui sont les États-Unis et appliquées à tous les autres pays.
03:17Donc, c'est exactement ce que la Chine a appelé des sanctions unilatérales illégales.
03:21Donc, sur ce point précis, la position de la Chine rejoint aussi celle de la France qui défendait depuis toujours
03:27et surtout de la France qui défendait depuis huit ans.
03:30Parce que, souvenons-nous, le 8 mai 2018, Trump, à ce moment-là, a sorti de l'accord nucléaire iranien.
03:38Et, en effet, encore une fois, les sanctions rétablies sont encore extraterritoriales,
03:43c'est-à-dire commencer avec l'Iran.
03:44Mais, en même temps, nous avons vu qu'en même temps, à ce moment-là, Bruno Le Maire a refusé
03:48la vassalisation de l'Europe en matière commerciale.
03:52Et donc, l'Union européenne, à ce moment-là, a réactivé son règlement de blocage.
03:56Mais, malgré tout, Total est parti et puis Bejo est parti de l'Iran.
04:00Et, en fait, ce que la Chine affronte aujourd'hui, c'est également ce que l'Europe a confronté hier,
04:06il y a huit ans.
04:06Et regardez ce qui se passe.
04:08Du côté de la Chine, la réponse appelle à toutes les parties à la retenue.
04:13Et ensuite, le lendemain, c'était un détail au dispositif et reconnu à l'international,
04:19c'est-à-dire, comme nous avons cité, des soixantaines d'entités qui sont visées.
04:26Eh bien, à ce moment-là, nous avons vu que le ton de la Chine s'est fermé aussitôt.
04:31En fait, elle a dit qu'elle s'oppose fermement à cette guerre économique.
04:35Et ensuite, n'oublions pas ce que la Chine a fait.
04:37Et ce que la Chine a démontré au monde l'année dernière, lors de la guerre commerciale entre la Chine
04:41et les États-Unis.
04:43Et donc, aujourd'hui, en fait, le point essentiel, ce dernier point, c'est qu'aujourd'hui, on voit que
04:49la Chine ne défend pas uniquement les intérêts de ses entreprises,
04:53mais surtout, elle défend cet ordre international, cet ordre qui ne doit pas être perturbé aujourd'hui à l'international.
04:59Et c'est une position de fond, je pense, du côté de la Chine, parce qu'elle ne négocie pas
05:04sur la légalité d'un pays,
05:07légalité d'un commerce sous la menace d'un tiers, sous la menace des États-Unis.
05:12Merci beaucoup, Sean Weizeng, d'avoir été avec nous en direct depuis Pékin.
05:17Régis Le Saumier, je me tourne vers vous.
05:19Deux questions.
05:20D'abord, est-ce que ces menaces sont sérieuses de la part de Donald Trump ?
05:23Et quelles mesures de rétorsion peut prendre Washington à l'égard de Pékin ?
05:27Alors, oui, on sent bien quand même que depuis la visite de Donald Trump en Chine,
05:32il y a quand même, on va dire, une prise de conscience des États-Unis et de Donald Trump
05:38que l'ordre ancien, c'est-à-dire avec à sa tête les États-Unis, a quand même un peu
05:44du plomb dans l'aile.
05:45Mais malgré tout, il y a chez Trump et dans son administration une tentation de revenir à des pratiques anciennes.
05:52Et ce que je veux dire, c'est que ces sanctions, en fait, c'est presque un aveu d'échec
05:59que la solution militaire n'a pas fonctionné, en fait.
06:02C'est-à-dire, on revient à un régime de sanctions appliqué à l'Iran, qui a été appliqué à
06:07l'Iran.
06:07Alors, il s'appelle outcast, qui en anglais veut dire exclu, qui veut dire mis à l'écart.
06:12L'Iran a été mis à l'écart pendant 47 ans, depuis l'accession au pouvoir de l'Ayatollah Khomeini.
06:19Donc, la question des sanctions, d'appliquer des nouvelles sanctions à l'Iran,
06:22quelque part, c'est aussi voué à l'échec.
06:26Parce que, même si Trump dit, jamais on n'aura appliqué autant de sanctions à un pays,
06:30jamais on va le ligaturer, on va l'étouffer économiquement.
06:34C'est peut-être d'ailleurs, ce qui est intéressant, je pense qu'on en parlera,
06:36la visite du patron de la CIA, Radcliffe, à Moscou,
06:43avait peut-être aussi pour effet d'expliquer aux Russes,
06:46qui sont les bailleurs de fonds des Iraniens, autant que les Chinois,
06:51pays avec lesquels ils ont énormément de points communs.
06:54Et d'ailleurs, Vladimir Poutine rencontrera le président iranien au Kyrgyzstan la semaine prochaine.
07:00Donc, évidemment, il y a une question autour de l'Iran,
07:04mais l'application de ces sanctions, je pense que les États-Unis ont expliqué aux Russes
07:09qu'ils allaient durcir ces positions.
07:11Et ces positions, évidemment, ça veut dire reprendre des sanctions contre la Russie et contre la Chine,
07:15qui sont les deux principaux soutiens de l'Iran.
07:18La Chine écoule, prend 15% de son pétrole en Iran,
07:23quasiment la totalité du pétrole iranien est exporté en Chine.
07:26Donc, c'est évident qu'il y a des compagnies qui font du commerce avec l'Iran
07:31et que ces compagnies, si on suit la logique de ce plan, vont être sanctionnées.
07:35– Et quel impact ces sanctions, ces éventuelles sanctions prises par Washington auront sur la Chine ?
07:42Est-ce que c'est de nature, effectivement, à avoir un impact important sur l'économie chinoise, Arnaud Klersfeld ?
07:48– Sur la Chine, je ne peux pas vous dire avec certitude.
07:50Je peux vous dire en tous les cas que sur l'Iran, ça commence quand même à avoir un certain
07:54impact,
07:55puisque l'inflation est à plusieurs centaines de pourcents.
07:58Il faut plusieurs millions de dollars, comme sous la République de Weimar pour obtenir un marque.
08:07Il faut maintenant plusieurs millions de dollars pour obtenir un rial.
08:11Le régime des Molas a du mal à payer les fonctionnaires, les militaires.
08:19Les gardiens de la Révolution doivent toujours avoir leurs sources de revenus
08:23et la population souffre.
08:25Donc, tout le monde disait quand même, Trump va crier victoire et s'en aller.
08:33Il est le seul qui ne s'est pas résigné à ce que l'Iran ait la bombe atomique.
08:39Il a peut-être une conduite de la guerre qui est chaotique,
08:44mais en tous les cas, il a quand même une stratégie, une guideline,
08:48que l'Iran n'obtienne pas la bombe atomique.
08:52Il tient bon et il y a 13, 15, 16 morts américains depuis le début de la guerre.
09:00C'est peu quand même.
09:02Je reformule la question que je vous ai posée précédemment.
09:05Est-ce qu'avec ces menaces de sanctions, la Chine va en partie cesser de commercer avec l'Iran ?
09:10Non, je ne crois pas.
09:11La Chine est assez puissante.
09:14Les Etats-Unis n'ont pas tellement de moyens de pression sur la Chine.
09:18Donc, il y aura quand même sans doute un couloir de...
09:22Donc, ces menaces n'auront pas d'impact ?
09:24C'est ce qu'il faut comprendre ce soir, c'est ce que vous nous dites.
09:25Ces menaces auront peu d'impact sur la Chine,
09:28mais elles auront plus d'impact sur l'Iran.
09:31Et l'Iran ne peut pas tenir très longtemps.
09:33Le détroit d'Hormuz est peut-être fermé en partie pour l'Occident,
09:37mais il est totalement fermé aussi pour l'Iran.
09:40Alors, Régis ne semble pas d'accord.
09:41Non, c'est-à-dire que moi, je pense que c'est...
09:43Je répète ce que je disais dans le préambule de ma réponse tout à l'heure.
09:46C'est-à-dire que c'est un aveu d'échec,
09:48que l'échec militaire n'est pas tant.
09:50La question des munitions est cruciale.
09:53Même Pitekzek vient de reconnaître que, au niveau des munitions,
09:57les Américains étaient à sec à cause de cette guerre en Iran.
10:00Donc, ils ne peuvent plus continuer sur l'option militaire.
10:02Ils ne peuvent plus continuer à recommencer les frappes comme ils font.
10:06Donc, qu'est-ce qu'ils font ?
10:06Ils reviennent au vieux régime de sanctions qui était appliqué avant.
10:10Alors, on a beau dire qu'il va être plus dur, etc.
10:12Oui, mais les portes-avions sont toujours là.
10:15Oui, mais ils ont des problèmes de catapultes.
10:18Et de plein d'autres.
10:19Dora, vous allez nous dire maintenant que ce n'est pas la première fois,
10:22justement, que les États-Unis adoptent cette stratégie de sanctions.
10:25Exactement.
10:26Régis le disait, ça fait déjà des années, pratiquement 50 ans.
10:29Depuis 1979, en fait, il y a donc des sanctions.
10:34Ça a commencé évidemment avec la prise d'otages à l'ambassade américaine à Téhéran.
10:38C'est Jimmy Carter, le président de l'époque,
10:40qui a décidé de geler environ 12 milliards de dollars d'avoirs iraniens.
10:45C'est le point de départ.
10:46Deuxième étape majeure, c'est en 1995, sous Bill Clinton,
10:51avec un embargo économique.
10:53Là, on change d'échelle,
10:55puisqu'il y a un embargo vraiment sur le commerce,
10:58les investissements américains aussi, notamment le pétrole.
11:00L'objectif, c'est d'isoler donc l'Iran.
11:03Entre 2010 et 2012 aussi, sous Barack Obama,
11:06les États-Unis cherchent non plus à empêcher
11:09leurs propres entreprises de commerce avec l'Iran,
11:11mais ils font aussi pression sur les banques et entreprises étrangères.
11:16Petite parenthèse, en fait, en 2016,
11:18avec l'accord sur le nucléaire,
11:20parenthèse seulement de deux ans,
11:21puisqu'en 2018, Donald Trump arrive au pouvoir,
11:24sort donc, en fait, retire les États-Unis de l'accord sur le nucléaire.
11:29Pression maximum.
11:31Et aujourd'hui, ces nouvelles sanctions de Scott Besant.
11:34Jean-Marc Sanchez, le mot de la fin avec vous sur ce sujet.
11:37Et pour résumer peut-être,
11:38est-ce que ce soir, les Iraniens tremblent
11:40face à ces nouvelles menaces de sanctions
11:41ou est-ce qu'in fine, ça ne change pas grand-chose pour eux ?
11:44Je ne crois pas qu'ils tremblent.
11:46Moi, j'ai eu la chance d'aller dans ce pays qui est un pays extraordinaire
11:48et je pense qu'ils ont des alliés.
11:50Par exemple, l'Espagne.
11:51L'Espagne continue à avoir des relations diplomatiques,
11:54économiques et commerciales avec l'Iran.
11:56Donc, tout le monde ne suit pas nécessairement
11:59les États-Unis dans leur croisade contre l'Iran.
12:02Alors, c'est dans ce contexte de menaces de sanctions
12:04que l'Iran annonce aujourd'hui une avancée majeure
12:07sur le partage des revenus du détroit d'Hormuz
12:10avec le sultanat d'Omane.
12:11Vous savez peut-être que le sultanat d'Omane et l'Iran
12:13tentent de définir depuis plusieurs semaines
12:16les modalités d'une reprise du trafic maritime
12:19au sein du détroit d'Hormuz.
12:21Alors, il s'agit là d'un rapprochement d'Aura
12:24qui, jusqu'à maintenant, n'a pas été commenté par les États-Unis.
12:27De quoi s'agit-il précisément ?
12:29Alors, ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a vraiment
12:31actuellement une avancée.
12:33Elle est importante, mais le détroit est toujours fermé.
12:36Donc, aujourd'hui, ce sont Omane et l'Iran
12:38puisque ces deux pays, en fait, bordent ce passage stratégique.
12:42Donc, ils travaillent en commun.
12:43Ça fait déjà plusieurs semaines.
12:45Et ils essayent de mettre en place un corridor maritime
12:48temporaire pour permettre la reprise progressive
12:51du trafic maritime.
12:54Alors, ce qu'il faut savoir, c'est que derrière
12:55ces mesures d'urgence, puisqu'aujourd'hui,
12:57évidemment, le monde est vraiment
12:59à les yeux rivés vers le détroit d'Hormuz,
13:02il négocie quelque chose de beaucoup plus ambitieux,
13:04un corridor permanent et surtout
13:07la future gestion d'Hormuz.
13:09Et ça, c'est une question importante,
13:11car quand on parle de gestion d'Hormuz,
13:13on parle argent.
13:14Et les gardiens de la révolution
13:15de la République islamique sont très intéressés.
13:18Ils affirment d'ailleurs qu'un accord a été trouvé
13:20avec Omane sur la part de chacun
13:23en termes d'argent dans les eaux du Détroit,
13:25mais aussi dans tous ces revenus
13:27qui pourraient être générés.
13:30Alors, du côté de la diplomatie iranienne,
13:32on est vraiment plus prudent.
13:34On est positif.
13:36On parle d'un cadre proposé
13:38de négociations techniques.
13:39D'ailleurs, les deux ministres
13:41des Affaires étrangères,
13:42que ce soit d'Omane et d'Iran,
13:44qui se sont rencontrés,
13:45ont tweeté, ont affiché leur optimisme
13:47sur les réseaux sociaux.
13:50Régis Le Saumier,
13:51la République islamique exige
13:53un arrêt de la guerre sur tous les fronts
13:55et une levée du blocus américain
13:57sur les ports iraniens
13:59avant d'envisager une quelconque réouverture
14:01du Détroit d'Hormuz.
14:03Est-ce qu'on est encore loin
14:03de cette situation, selon vous ?
14:05Clairement, ce qui est intéressant
14:07dans cette communication,
14:09ça, c'est une communication IRGC,
14:11c'est-à-dire donc gardien de la révolution.
14:13Ce n'est pas une communication diplomatique.
14:15Ce qui est très intéressant,
14:16c'est que ce que disait Dora tout de suite,
14:19c'est qu'on est vraiment dans une partie
14:23de bras de fer parce qu'il y a
14:24la manne économique derrière.
14:26Et les gardiens de la révolution,
14:28historiquement, opèrent comme une sorte
14:30de prédation sur l'économie iranienne
14:32à tous les niveaux.
14:33Ils l'ont fait depuis le début,
14:35depuis que Khomeini les avait créés
14:38pour contrer les possibilités
14:40d'infiltration des royalistes,
14:42des partisans du Shah dans l'armée.
14:44Donc c'est pour ça que les gardiens
14:45de la révolution avaient été créés au début.
14:46Et ensuite, ils ont prospéré
14:48en détenant des parties entières
14:51de l'économie iranienne.
14:52Et là, ils voient bien
14:53qu'il y a une manne financière
14:55très conséquente
14:55qui peut s'élever à plusieurs dizaines
14:59de milliards de dollars annuels.
15:01Donc pratiquement l'équivalent,
15:04peut-être même plus que le budget
15:06de l'État iranien.
15:08Et donc, il y a vraiment,
15:10c'est la poule aux os d'or,
15:11ce détroit d'Ormousse pour eux.
15:12Ils sont bien décidés
15:13à avoir le dernier mot là-dessus.
15:15Et c'est eux qui dictent les choses.
15:17On sent que les autres éléments,
15:19que ce soit Mohamed Halibaf,
15:20patron du Parlement,
15:22Abbas Arraqchi,
15:23ministre des Affaires étrangères,
15:26qui communiquent.
15:27Mais, in fine,
15:29ce sont les gardiens de la révolution.
15:30Et derrière les gardiens
15:31de la révolution, évidemment,
15:32il y a le nouveau guide suprême,
15:34Moshetaba Ramenei,
15:35qui lui est un ancien gardien
15:37de la révolution.
15:37Et donc, il lui donne le...
15:39Donc, la hiérarchie,
15:40elle est complètement,
15:42on va dire,
15:44verrouillée
15:44par ces gardiens de la révolution
15:47qui, finalement,
15:49impriment leurs marques,
15:50qui disent oui
15:50ou qui disent non.
15:51Arnaud Klersfeld,
15:52si cet accord
15:53était finalement conclu
15:54entre le régime iranien
15:56et le sultanat d'Omane,
15:58quelles conséquences
15:58auraient-ils pour nous,
15:59Français ?
16:00C'est un accord
16:01qui est un accord virtuel
16:03où il se partage,
16:04la manne,
16:05les Iraniens touchent à l'entrée,
16:07Oman touchent à la sortie
16:08ou l'inverse,
16:09je ne sais pas.
16:10Mais il ne tient
16:12que si les États-Unis
16:13perdent la guerre
16:14et s'en vont.
16:15C'est-à-dire,
16:16s'ils tournent Kazakh.
16:17Pour l'instant,
16:18les États-Unis disent
16:18personne ne paye,
16:20c'est un couloir international,
16:22le droit maritime prévoit,
16:23les États-Unis,
16:24depuis déjà un siècle et demi,
16:27sont les garants
16:28de la libre circulation maritime,
16:30etc., etc.
16:35donc personne ne paye
16:37pour traverser
16:39un détroit international.
16:42Donc cet accord ne tient
16:43que si les États-Unis
16:44s'en vont.
16:45Bon,
16:46et pour l'instant,
16:46Trump reste.
16:47Ça fait six mois,
16:48ça fait six mois
16:48que les portes à vue.
16:50Est-ce qu'il peut rester
16:50encore longtemps ?
16:51Telle est la question.
16:52Oui,
16:53je pense qu'il peut rester
16:53encore longtemps.
16:55En tous les cas,
16:55il a eu la détermination
16:56de rester.
16:57Encore une fois,
16:58tout le monde disait
16:59qu'il s'en irait
16:59et crierait victoire.
17:00Ce n'est pas le cas.
17:02Donc,
17:02il y a quand même
17:03chez lui,
17:03même s'il est chaotique,
17:05même s'il est erratique,
17:07il y a quand même
17:07chez lui une détermination
17:10de gagner cette guerre
17:12et de ne pas retourner
17:12chez lui
17:13la queue entre les jambes.
17:14Alors ce soir,
17:15tout le monde revendique
17:18la maîtrise
17:19du détroit d'Hormuz,
17:20le contrôle
17:21du détroit d'Hormuz.
17:22Le président américain
17:23Donald Trump
17:23assure que le détroit
17:24est sous contrôle américain.
17:26Téhéran affirme
17:27que le détroit
17:27est sous contrôle iranien.
17:29Qui a raison ?
17:30Les deux ont raison
17:31parce que...
17:31Le blocus ne se conduit pas
17:32au même endroit.
17:33Non, mais c'est-à-dire
17:33les deux ont raison
17:34parce qu'avec les porte-avions,
17:37les missiles et tout ça,
17:39Trump contrôle
17:41les bateaux
17:42qui peuvent rentrer
17:43et il n'y a pas de bateau
17:44qui rentre
17:44pour aller chercher
17:45le pétrole iranien
17:47et le faire sortir.
17:48Et les Iraniens
17:49avec quelques vedettes
17:50et un lance-missile
17:51peuvent envoyer
17:53un petit missile
17:55sur un grand pétrolier,
17:57le faire couler.
17:58donc les gens
17:59ont peur
18:00de passer.
18:01Les assureurs
18:02refusent.
18:02Un a un pouvoir
18:04de contrôle
18:04et de force,
18:05c'est Trump
18:05et l'autre
18:06a un pouvoir
18:06de nuisance,
18:07c'est l'Iran.
18:08Et c'est pour cela
18:09d'ailleurs que Trump
18:09a...
18:11Je vous ai coupé.
18:12Mais c'est pour cela
18:13que Trump d'ailleurs
18:13a tweeté cette semaine
18:14en disant
18:15que le détroit d'Hormuz
18:17était sûr
18:17qu'il n'y avait plus du tout
18:18de mines,
18:19que toutes les mines
18:20avaient été...
18:21Et on voit le tweet
18:21du président américain.
18:22Voilà,
18:22exactement,
18:23retirées.
18:24En tout cas,
18:24qu'il pousse en fait
18:26à la navigation.
18:27Donc,
18:28il demande au bateau
18:29de passer,
18:30mais personne ne prend le...
18:31Petite mise en perspective,
18:33au maximum,
18:34ce qu'on voit passer
18:34dans le détroit d'Hormuz
18:35en ce moment,
18:36les bons jours,
18:37on va dire,
18:37c'est 40 navires
18:38et ça,
18:39c'est vraiment le maximum.
18:40En temps ordinaire,
18:41le détroit d'Hormuz,
18:41c'est 130 à 140 navires
18:43tous les jours,
18:44dans un sens
18:45comme dans l'autre.
18:45Donc,
18:46évidemment,
18:46on est loin
18:47d'avoir récupéré
18:48cette fluidité
18:49du détroit d'Hormuz
18:50et ce qu'on constate,
18:51c'est que beaucoup de pays
18:52comme l'Arabie Saoudite,
18:53le Qatar
18:54et,
18:55par exemple,
18:56les Émirats Arabes Unis
18:57qui sont directement...
18:59Comment dire ?
19:00Les limitrophes
19:00qui ont des rivages
19:02sur ce golfe persique,
19:04eh bien,
19:05envisagent
19:05et ont envisagé
19:06depuis longtemps
19:07un transport
19:07de leur pétrole
19:08via les pipelines,
19:09via le terminal
19:10de Fujairah
19:11pour les Émirats Arabes Unis
19:13donc sur la mer d'Omane
19:14donc en contournant
19:15le détroit d'Hormuz
19:16et l'Iran également
19:17sur l'acheminement
19:19de son pétrole
19:19à l'extérieur.
19:20Vous savez,
19:21à un moment,
19:21on avait dit,
19:22oui,
19:22l'Iran va être obligé
19:23de fermer ses puits
19:24parce qu'elle ne pourra plus
19:25écouler son pétrole.
19:26Bon,
19:27ça ne s'est pas produit,
19:28c'est ce que les Américains
19:28avaient annoncé.
19:30Donc,
19:30on va trouver
19:31d'autres manières
19:32d'acheminer le pétrole
19:33à l'extérieur
19:33en contournant
19:34le détroit d'Hormuz
19:35qui visiblement
19:36ne remplit plus sa fonction.
19:37Il est vrai
19:38qu'on parle quand même
19:39beaucoup moins
19:39dans les médias
19:40du conflit iranien
19:41actuellement.
19:42Est-ce qu'on arrive
19:42à anticiper déjà
19:43la fin de ce conflit
19:44ou est-ce que selon vous
19:45on en est encore loin ?
19:46Moi,
19:47je pense que c'est une situation
19:48qui est larvée,
19:49qui peut durer
19:50et qu'il y a
19:52plusieurs acteurs.
19:53C'est-à-dire que
19:54là,
19:55je parlais tout à l'heure
19:56de l'intervention
19:57du patron de la CIA
19:58à Moscou.
19:59Et on en parle juste après.
20:00Mais,
20:02on va dire,
20:03l'Iran aujourd'hui,
20:05ça reste quand même
20:06même si Trump est entêté
20:08et qu'il veut continuer
20:09et qui,
20:10je suis d'accord avec Arnaud,
20:11il a des objectifs,
20:12il s'y tient.
20:13Il n'empêche que
20:14d'avoir déclenché cette guerre,
20:15c'est un boulet pour lui.
20:17Il subit aussi un échec
20:19en Ukraine
20:20où la négociation
20:22est au point mort.
20:23Il n'a pas permis
20:25d'arrêter la guerre
20:25en Ukraine
20:26comme il l'avait promis.
20:27Donc,
20:28la situation en Iran
20:29a compliqué,
20:30on va dire,
20:31les démarches du président
20:32à l'international.
20:34Il avait beaucoup plus
20:35de latitude
20:35l'année dernière
20:36avant cette guerre
20:37et aujourd'hui,
20:39c'est une forme
20:40d'enlisement.
20:41Ce n'est ni positif
20:43complètement
20:43pour les Iraniens
20:44même si les Iraniens
20:46qu'on avait annoncé
20:48perdants
20:48et qui devaient
20:49s'écrouler
20:50ne se sont pas écroulés.
20:51Mais pour Trump
20:52et pour les Etats-Unis,
20:54c'est quand même
20:54un revers.
20:55Jean-Marc Sanchez,
20:55vous partagez cette analyse,
20:57c'est un conflit
20:58qui risque de s'enliser ?
20:59Oui,
21:00d'autant que
21:00certains pays européens
21:01ne soutiennent pas
21:03l'expédition américaine,
21:05commencée par l'Espagne.
21:06C'est le seul pays
21:07de l'OTAN
21:08qui a refusé
21:09que les navires américains
21:10et que les avions
21:12de l'armée de l'air américaine
21:13utilisent les bases
21:15aériennes
21:15et navales espagnoles,
21:17ce qu'ils ont toujours fait
21:18depuis 1956.
21:19Donc,
21:20ça prouve bien
21:20qu'il n'y a pas
21:21un consensus
21:21autour de Donald Trump
21:24et encore moins
21:24de sa politique.
21:25Alors, Régis,
21:26vous avez commencé
21:26à l'évoquer.
21:27Le patron de la CIA
21:28s'est rendu hier
21:29à Moscou
21:29pour, je cite,
21:30échanger entre services secrets
21:33mais sans rencontrer
21:34le président Vladimir Poutine.
21:36Les Américains
21:36qui ne communiquent pas
21:37sur le motif précis
21:39de ce déplacement,
21:41de quoi s'agit-il
21:42exactement, Dora ?
21:43Alors,
21:44c'est une visite
21:44aussi rare que mystérieuse
21:46puisque tout était tenu secret
21:48jusqu'au moment
21:49où un avion,
21:50un Boeing C-17
21:53de l'US Air Force
21:55est apparu
21:56dans le ciel
21:57moscovite.
21:58Donc,
21:58à partir de là,
21:59tout s'est enchaîné.
22:02Cet avion
22:03est parti
22:04des Etats-Unis,
22:05il est passé par Riga
22:06et il s'est posé
22:07à Moscou
22:08à son bord.
22:09Donc,
22:09John Ratcliffe
22:10qui est le patron
22:12de la CIA,
22:13il y est resté
22:13à peine quelques heures
22:14à Moscou.
22:16Alors,
22:17forcément,
22:18la première question,
22:18c'est qui a-t-il rencontré ?
22:20Donc,
22:21aujourd'hui,
22:21on a un petit peu
22:21plus d'éléments
22:22puisque le Kremlin
22:24a communiqué.
22:25C'est le porte-parole
22:27Dimitri Peskov
22:27qui a déclaré
22:29ces quelques mots.
22:30Écoutez.
22:32Tout ce que je peux vous dire,
22:34c'est qu'il y a eu
22:34des contacts
22:35par l'intermédiaire
22:35des services de sécurité.
22:37Je peux vous assurer
22:38qu'il n'y a pas eu
22:38de rencontre
22:39avec le président de la Russie
22:41et c'est tout ce que je peux dire
22:42sur cette question.
22:44Naturellement,
22:45le président Poutine
22:45est tenu informé
22:47de tout
22:47sans délai.
22:48Il y avait beaucoup
22:50de spéculation
22:51justement autour
22:52de cette visite.
22:53Dimitri Peskov
22:54qui a également qualifié
22:55ses contacts
22:56entre services secrets
22:58de positif
22:58tout en prévenant
22:59qu'il est beaucoup
23:00trop tôt
23:01pour parler
23:02d'un véritable dégel
23:03entre Washington
23:03et Moscou.
23:04Alors,
23:04reste évidemment
23:05la grande inconnue.
23:06Qu'est-ce qui a bien
23:08pu se dire
23:08pendant cette rencontre ?
23:10Alors,
23:10officiellement,
23:11c'est secret total
23:12puisque ni Washington
23:13ni Moscou
23:14dévoilent le contenu
23:15des discussions.
23:16Donald Trump
23:17aujourd'hui
23:17a eu quelques mots.
23:19Il était interrogé
23:19par un journaliste
23:21sur une chaîne américaine.
23:22Il a parlé
23:22d'une visite
23:25semi-routinière.
23:26Il a aussi ajouté
23:27une petite phrase
23:28qui est assez intrigante.
23:29Quelque chose
23:30pourrait en sortir.
23:31Alors,
23:32il rappelle
23:32dans le même temps
23:32qu'il travaille toujours
23:33à mettre fin
23:34à la guerre en Ukraine.
23:35Alors,
23:36est-ce que c'est le dossier
23:37ukrainien ?
23:37Est-ce que c'est le dossier
23:38iranien ?
23:39En tout cas,
23:39ce qui est très important,
23:40c'est que c'est la CIA
23:41qui se déplace
23:41jusqu'à Moscou
23:42et ça,
23:43c'est un signe.
23:43C'est-à-dire que la diplomatie,
23:45on va dire,
23:46normale,
23:47entre diplomates,
23:48entre ministères
23:49des Affaires étrangères,
23:50ne fonctionne plus.
23:51Aujourd'hui,
23:51c'est les services secrets
23:52qui sont aux manettes.
23:54On a bien compris,
23:55Régis Le Sommier,
23:55qu'il y avait beaucoup
23:56de mystères autour
23:57de ce déplacement
23:57qui, selon les médias américains,
23:59a duré seulement 4 heures.
24:01Quel était le but
24:01de ce déplacement,
24:02selon vous ?
24:03Alors,
24:03ce qui est intéressant,
24:04c'est que tout est secret,
24:05donc on ne va pas révéler
24:06des choses qu'on ne sait pas.
24:07On peut simplement déduire
24:09du passé
24:11que quand il y a eu
24:12déplacement
24:13d'un patron de la CIA,
24:15il y a eu Robert Gates
24:16en 1992
24:17après la chute
24:17de l'URSS
24:18pour prendre contact
24:19avec les Russes
24:20pour dire
24:20est-ce qu'on continue
24:21à se faire la guerre ou pas
24:22puisqu'il n'y a plus l'URSS.
24:24Il y a eu
24:24John Brennan
24:26en 2016
24:27après l'annexion
24:28de la Crimée
24:29et au moment
24:29de la crise syrienne
24:30là aussi
24:31qui rencontre
24:32ses homologues
24:33du FSB.
24:34Et puis,
24:34vous avez
24:34William Burns
24:35qui lui se rend
24:38à Moscou
24:39en novembre 2021
24:41soit trois mois
24:42avant l'invasion
24:42de l'Ukraine
24:45et on sait
24:46que le renseignement
24:47américain
24:48avait été
24:48l'un des rares
24:49peut-être le seul au monde
24:50à annoncer
24:51que les Russes
24:52allaient envahir l'Ukraine.
24:53Donc,
24:53ce n'est jamais un hasard
24:55si un directeur
24:56de la CIA
24:57se rend à Moscou.
24:58On saura peut-être
24:59un jour
25:00ce que John Radcliffe
25:01avait à dire
25:02à ses homologues
25:03ou ce qu'il venait
25:04de dire en personne
25:04parce qu'on dit
25:05déplacement secret
25:07mais bon
25:07quand on arrive
25:07en C-17
25:08avion quand même
25:09assez visible
25:10et très américain
25:12dans le ciel de Moscou
25:14ça ne reste pas secret
25:15très longtemps.
25:16Arnaud Klersfeldt
25:16quelle est votre analyse
25:17de la situation ?
25:18Pourquoi envoyer
25:19le patron de la CIA
25:20à ce moment précis
25:22en visite à Moscou ?
25:23Si le patron de la CIA
25:25il va
25:25Régis l'a rappelé
25:27c'est rare
25:28jamais durant la garde froide
25:30un patron de la CIA
25:31est allé à Moscou.
25:33Donc s'il y va
25:34c'est sans doute
25:35pour montrer
25:37certains documents
25:38qu'on a la possession
25:39de la CIA
25:41et encore
25:42c'est pas sûr
25:43sinon en visio
25:45on peut faire quelque chose
25:46ou au téléphone
25:47on peut faire quelque chose
25:48donc c'est peut-être
25:49pour confronter
25:50les Russes
25:50à certains documents
25:52peut-être sur l'Iran
25:53peut-être que la Russie
25:55donne des informations
25:56à l'Iran
25:57peut-être que la Russie
25:58achète un peu trop
25:59à l'Iran
26:00c'est très difficile
26:01à savoir
26:02est-ce qu'ils veulent
26:03obtenir des Russes
26:04qui se retirent un peu
26:06du soutien à l'Iran
26:08mais alors dans ces conditions
26:09les Russes demanderont
26:10aux Américains
26:11de se retirer un peu
26:12du soutien
26:12à l'Ukraine
26:14je sais pas
26:16on le saura
26:16par le New York Times
26:17sans doute
26:18ou par le Washington Post
26:19bientôt
26:21mais vraiment
26:22je peux pas
26:22le dire
26:23avec assurance
26:25j'ai même pas
26:26même l'ombre
26:27d'une hypothèse
26:28à formuler
26:28on peut envisager
26:29que les Américains
26:31veuillent impliquer
26:32davantage les Russes
26:33dans les discussions
26:35iraniennes
26:35concernant un cessez-le-feu
26:36tout à fait
26:37et c'est possible
26:37et ce que je vous disais
26:38cette annonce
26:39d'une rencontre
26:41la semaine prochaine
26:42entre Vladimir Poutine
26:43au Kyrgyzstan
26:44avec le président iranien
26:45président iranien
26:46qui a peu de pouvoir
26:47mais qui est quand même
26:48président élu
26:49donc là
26:50il y a quand même
26:51quelque chose
26:51d'assez significatif
26:52ça a été annoncé
26:53par le Kremlin
26:54aujourd'hui
26:54comme par hasard
26:55le lendemain
26:56de cette visite
26:56donc il y a peut-être
26:57des choses qui vont bouger
26:58cette hypothèse
26:59effectivement
27:00de dire
27:00oui
27:01est-ce que
27:02vous engagez moins
27:03sur l'Iran
27:03et nous
27:05sur l'Ukraine
27:06peut-être qu'il y a
27:07d'ailleurs
27:07il y a un élément
27:09intéressant
27:09c'est que
27:10les Américains
27:11ont demandé expressément
27:12aux Ukrainiens
27:12d'arrêter leur frappe
27:14dans la profondeur
27:16en préambule
27:17du voyage
27:17de Radcliffe
27:18à Moscou
27:20et donc
27:20les Ukrainiens
27:21ont obéi
27:21donc ça veut dire
27:22quand même
27:22que c'est encore
27:23les Américains
27:24qui disent
27:24ce qu'il faut faire
27:25et ce qu'il ne faut pas faire
27:26même si c'est l'Europe
27:27qui a le lead
27:28sur la guerre en Ukraine
27:29on sent quand même
27:30que les Américains
27:30sont derrière
27:31et l'obsession
27:32de Donald Trump
27:33c'est quand même
27:33d'arrêter de cette guerre
27:34c'était une de ses promesses
27:35de campagne
27:36il a mis beaucoup de moyens
27:37beaucoup d'énergie
27:38à essayer de le faire
27:39jusqu'à présent
27:40ça n'en prend pas
27:40la tournure
27:41mais on va voir
27:42peut-être qu'il y aura
27:43un élément décisif
27:44d'ailleurs il dit
27:45oui
27:45il y aura peut-être
27:46une surprise
27:47mais enfin bon
27:47on est tellement
27:49habitué avec Trump
27:50à entendre des choses
27:52qui n'ont pas suivi
27:52des faits
27:53si on va dans votre sens
27:54est-ce que vous sentez
27:55les uns et les autres
27:56le président américain
27:58plus à même
27:59de lâcher encore
28:00un peu l'Ukraine
28:01alors je pense
28:02qu'il ne la lâchera pas
28:02personnellement
28:03parce que ça serait
28:05il ne veut pas
28:05que l'Ukraine s'effondre
28:07je pense qu'au vu
28:07de la situation actuelle
28:09notamment à plein de niveaux
28:10sur la question
28:12de l'alimentation
28:13en pétrole
28:14les Russes ciblent
28:15systématiquement
28:16les stations essence
28:17en Ukraine
28:18les ports ukrainiens
28:19sont complètement ciblés
28:20il n'y a plus
28:22de possibilité
28:22d'exportation de blé
28:23où c'est extrêmement rare
28:25que l'Ukraine puisse
28:26alors on est en plein
28:27à la fin de la période
28:28justement
28:28de la pleine période
28:30des céréales
28:31et on sait que les céréales
28:32sont un élément important
28:34pour l'Ukraine
28:35donc ça c'est
28:35les Russes
28:36exercent une pression énorme
28:38sur le front aussi
28:39il y a des possibilités
28:40et des indications
28:41qui montrent
28:42que les Russes
28:43pourraient à nouveau
28:44lancer des offensives
28:45cette fois-ci
28:45dans le nord
28:46plus tellement dans le Donbass
28:47où il y a une offensive
28:48actuellement
28:49mais on sent que l'Ukraine
28:51est sous pression
28:52et au niveau intérieur
28:54l'Ukraine est sous pression
28:55puisqu'il y a des nouvelles figures
28:57Fedorov
28:57qui est arrivé
28:59qui propose des élections
29:00Caillou dans la chaussure
29:02de Volodymyr Zelensky
29:04qui est contesté en interne
29:05plus
29:07plein
29:07il y a quand même
29:08une accumulation
29:09de mauvaises nouvelles
29:10il ne faudrait pas
29:11je pense que c'est aussi
29:12un souci des américains
29:13que l'Ukraine s'effondre
29:14à mon avis
29:15Trump
29:16ça c'est une hypothèse
29:17mais Trump
29:18voudrait bien
29:18que les Ukrainiens
29:20acceptent de lâcher
29:20le Donbass
29:21et qu'ils trouvent
29:23un accord
29:24avec les Russes
29:26c'est envisageable ?
29:27non je ne crois pas
29:28je ne crois pas
29:29que ce soit envisageable
29:31que Zelensky
29:32accepte
29:33de lâcher
29:35ce qui reste
29:36du Donbass
29:37il doit rester 20%
29:3820%
29:40de l'oblase
29:40de Donetsk
29:41les Russes
29:42continuent à avancer
29:43mais très
29:44très doucement
29:45et
29:46Poutine ne peut
29:48arrêter cette guerre
29:50que s'il a tout
29:51le Donbass
29:51en gros
29:52sinon il sera
29:52très contesté
29:53à l'intérieur
29:54mais en même temps
29:55Zelensky
29:56ne peut pas
29:57lâcher le Donbass
29:58sans être
29:59vraiment mis de côté
30:01par les nationalistes
30:02et ukrainiens
30:03et une partie
30:04de la nation
30:05ukrainienne
30:05donc
30:06aucun des deux
30:07ne s'est suffisamment
30:08effondré
30:09pour que la paix
30:10survienne
30:11et malheureusement
30:12il faudrait trouver
30:12une solution
30:13de compromis
30:14à la fois
30:14pour les pauvres
30:15soldats russes
30:15qui meurent
30:16les pauvres soldats
30:17ukrainiens
30:17qui meurent
30:18les civils ukrainiens
30:19et russes
30:19qui meurent
30:20et pour éviter
30:21que cette guerre
30:22ne se transforme
30:25en une troisième
30:25guerre mondiale
30:26et c'est très possible
30:27il y a eu un article
30:28dans le Figaro
30:30aujourd'hui
30:30et moi je le dis
30:32depuis le début
30:33de la guerre
30:34c'est un échec
30:35de la diplomatie
30:36européenne
30:37de ne pas avoir
30:37su trouver
30:39avant que le conflit
30:40ne se déclenche
30:41une solution
30:42de compromis
30:42raisonnable
30:43prenons à présent
30:44la direction
30:44de Ceuta
30:45puisque vous le savez
30:46depuis le début
30:46du mois d'août
30:47Ceuta connaît
30:48une crise migratoire
30:49extrêmement importante
30:51presque un mois
30:51après le début
30:52de cette invasion
30:53migratoire
30:54et bien la situation
30:55reste très compliquée
30:57pour les habitants
30:57de l'enclive espagnole
30:59c'est ce qu'ont constaté
31:00sur place
31:00Fabrice Elsner
31:01Thibaut Marcheteau
31:02et Eliott Jamois
31:05Regardez
31:06c'est-il-ci
31:07qu'ils dorment
31:08Des migrants
31:09à même le sol
31:10devant les appartements
31:11à Ceuta
31:12dans cet immeuble
31:13au bord de la frontière
31:13marocaine
31:14les habitants
31:15ne supportent plus
31:16la situation actuelle
31:18Les gens dorment
31:19devant la porte
31:20parfois je ne peux plus sortir
31:21et il y a beaucoup
31:22de bruit dans les rues
31:23je ne peux plus dormir
31:24nous ne sommes plus tranquilles
31:27En attendant
31:28d'autres résidents
31:29du quartier
31:30font preuve de solidarité
31:32Je les accueille
31:33je leur donne de l'eau
31:34quelques repas
31:35lorsque je peux
31:36et ils viennent charger
31:37leur téléphone
31:39Après l'arrivée
31:40des 72 000 migrants
31:41fin juillet
31:42beaucoup ont été renvoyés
31:43selon les autorités locales
31:44entre 8 et 11 000 migrants
31:46sont encore à Ceuta
31:47hier le gouvernement espagnol
31:49a tenu à s'adresser
31:50aux habitants
31:52J'ai pu constater
31:53par moi-même
31:53leur sentiment d'angoisse
31:54d'abandon
31:55et d'insécurité
31:55Je tiens à présenter
31:57mes excuses
31:57à tous ceux
31:58qui ont pu se sentir
31:59ou qui se sentent
31:59peut-être encore aujourd'hui
32:00abandonnés
32:01ou insuffisamment soutenus
32:05Ces derniers jours
32:06de nombreux renforts
32:07policiers et militaires
32:08sont arrivés
32:09dans l'enclave espagnole
32:10Le gouvernement a présenté hier
32:11des mesures destinées
32:12à accélérer le renvoi
32:13des milliers de migrants
32:15qui se trouvent encore
32:15à Ceuta
32:17Bonsoir Thibaut Marcheteau
32:18vous êtes l'envoyé spécial
32:19de CNews
32:20dans l'enclave de Ceuta
32:22où il y a ce soir
32:23des manifestations importantes
32:28Absolument Johan
32:29une nouvelle manifestation
32:30ce soir
32:31ici dans l'enclave
32:32de Ceuta
32:33alors elle a commencé
32:34à 7h
32:35à 19h ce soir
32:36et se termine
32:38en tout cas
32:38il reste encore
32:39une poignée de personnes
32:40sur cette place
32:40vous le voyez
32:41ils sont pour
32:43beaucoup
32:43avec des drapeaux
32:44espagnols
32:45cette manifestation
32:46elle a encore rassemblé
32:47des milliers
32:48de personnes
32:49ce soir
32:49dans les rues
32:50de l'enclave
32:51ils sont venus crier
32:52leur désespoir
32:53face à cette situation
32:54qui dure
32:55beaucoup nous ont dit
32:56que cela fait un mois
32:58que ça dure
32:59et ce n'est tout simplement
33:00plus tenable
33:01cette situation
33:02énormément également
33:03de messages
33:04à l'encontre de Pedro Sanchez
33:05beaucoup souhaitent
33:06sa démission
33:08parce que selon lui
33:08il est incapable
33:09de gérer
33:10cette crise migratoire
33:11également
33:12le délégué
33:13du gouvernement
33:14ici à Ceuta
33:15qui représente
33:15l'état
33:16de Madrid
33:17l'état d'Espagne
33:18ici
33:19qui selon les habitants
33:20est totalement
33:21c'est pareil
33:21perdu
33:22incapable
33:22de gérer
33:23cette crise
33:24ici
33:24beaucoup de colère
33:25et puis
33:26ces habitants
33:26ils nous parlent
33:28de leur vie
33:28qui a totalement changé
33:29durant le mois dernier
33:31beaucoup donnent
33:32un sentiment
33:33d'insécurité
33:33qui est très fort
33:34pour toutes les personnes
33:35qu'on a rencontré
33:36avec Fabrice Elzner
33:37durant cette journée
33:39mais aussi
33:39la journée d'hier
33:41certains nous décrivent
33:42un cauchemar
33:43ont des mots
33:43très très compliqués
33:44parlent de guerre
33:45même pour certains
33:46d'envahisseurs
33:47pour cette gigantesque vague
33:49de migrants
33:49qui sont arrivés
33:50à la fin du mois
33:50de juillet dernier
33:51je peux vous dire
33:52qu'ici la pression
33:53elle s'accentue
33:54parce qu'encore
33:54une nouvelle manifestation
33:55est prévue demain soir
33:57Merci beaucoup
33:58Thibault Marcheteau
33:58en direct de Ceuta
33:59et merci à Fabrice Elzner
34:01qui vous accompagne
34:02on va retrouver à présent
34:03Frédéric Traini
34:04bonsoir
34:04vous êtes le correspondant
34:06de CNews en Espagne
34:07ce qu'il faut dire également
34:08c'est que
34:08cette crise migratoire
34:10est également
34:11devenue
34:11une crise diplomatique
34:12et une crise politique
34:14Oui tout à fait
34:15avec une fronte
34:16des régions
34:16qui s'organisent
34:17aujourd'hui
34:17ce sont trois régions
34:18qui sont gouvernées
34:20en coalition
34:20par la droite conservatrice
34:22et le parti
34:22de l'extrême droite
34:23Vox
34:23qui ont confirmé
34:25le refus total
34:26de ce dispositif
34:28de répartition
34:30des mineurs
34:31les 500 mineurs
34:32jeunes filles
34:32que le gouvernement espagnol
34:33veut rapatrier
34:34depuis Ceuta
34:35vers le continent
34:36des régions
34:37qui vont boycotter
34:39demain
34:39la réunion sectorielle
34:40que le gouvernement
34:41prévoit d'organiser
34:42avec les régions
34:43pour justement
34:44traiter de la question
34:45et qui menacent
34:45d'attaquer en justice
34:46toutes les transferts
34:48qui auront été
34:49acceptés
34:50sans au préalable
34:50une tentative
34:51de rapatriement
34:53de ces mineurs
34:54via leur pays
34:55d'origine
34:56puis ensuite
34:57il y a eu aussi
34:58un autre coup de pression
34:59pour Pedro Sanchez
35:00sur cette question-là
35:01provenant cette fois
35:02de ces alliés politiques
35:04indépendantistes catalans
35:05de Junts
35:06qui conditionnent
35:07leur soutien
35:08indispensable
35:08et vital
35:09au gouvernement socialiste
35:10à l'exclusion
35:11de la Catalogne
35:12de ce dispositif
35:13de répartition
35:14des mineurs
35:15de Ceuta
35:15bref
35:16il est contesté
35:17sur sa droite
35:18très logiquement
35:19Pedro Sanchez
35:19par l'opposition
35:20mais il est aussi
35:21fragilisé
35:22on le voit
35:22par ses alliés politiques
35:24au Parlement
35:25indépendantiste catalan
35:26Frédéric Traini
35:27ce qu'il faut noter
35:28également
35:28c'est que la presse
35:29espagnole
35:29affirme que le gouvernement
35:31était au courant
35:32de l'invasion migratoire
35:34qui se préparait
35:34à Ceuta
35:36ça c'est une petite bombe
35:38qui a été reprise
35:39par toute la presse
35:40et que Pedro Sanchez
35:41devra gérer
35:42elle a été lâchée
35:43par la ministre
35:43de la Défense
35:45Margarita Robles
35:46qui a estimé
35:47que le CNI
35:48le service de renseignement
35:49espagnol
35:50avait bel et bien
35:51envoyé des alertes
35:53au gouverneau civil
35:54l'équivalent
35:54de la préfecture
35:55et aux forces
35:56de sécurité
35:56annonçant la tentative
35:58d'une entrée massive
35:59de migrants
36:00sur le territoire
36:01de Ceuta
36:02à la nage
36:02c'est arrivé
36:03très exactement
36:04le lendemain
36:04le 30 juillet
36:05et ce
36:06contrairement à ce qu'affirme
36:07le ministre de l'Intérieur
36:09Grande Marlaska
36:10qui lui
36:10depuis le début
36:12explique
36:12qu'il n'a reçu
36:13aucune alerte
36:14aucun rapport
36:14lui permettant
36:15de prévoir
36:15ce qui allait se passer
36:17une contradiction
36:18qui a bien évidemment
36:18été reprise
36:19par toute l'opposition
36:21mais aussi
36:21qui a fait réagir
36:23différents syndicats
36:24ce matin
36:25dans le journal ABC
36:26qui demandent des comptes
36:27syndicats de police
36:28et de forces de sécurité
36:29bien évidemment
36:30qui demandent des comptes
36:31au ministère
36:32de l'Intérieur
36:33pour savoir
36:33pourquoi ces alertes
36:34disent-ils
36:35en tout cas
36:35ne leur sont pas parvenues
36:36et pourquoi
36:36à partir d'elles
36:37aucun renforcement
36:38du dispositif
36:39n'a été prévu
36:40à Ceuta
36:41pour retenir
36:43cette vague de migrants
36:44qui a frappé Ceuta
36:45le 30 juillet dernier
36:46Merci beaucoup
36:47Frédéric Traini
36:48d'avoir été en direct
36:49avec nous depuis l'Espagne
36:50Jean-Marc Sanchez
36:51je me tourne vers vous
36:52je rappelle que vous êtes
36:53journaliste franco-espagnol
36:54ce qu'on comprend
36:55c'est que Pedro Sanchez
36:56est ce soir
36:57plus fragilisé
36:58que jamais
36:59il est au moins attaqué
37:00sur trois fronts
37:01Il est dans une situation
37:03intenable
37:03il est au milieu
37:04d'une sorte de
37:05si vous me permettez
37:06cette parenthèse culinaire
37:08de gazpacho
37:09politico
37:10diplomatique
37:11vous savez
37:11de cette soupe froide
37:12espagno
37:13dans laquelle on mélange
37:14tous les restes
37:14alors il est attaqué
37:16de tous les côtés
37:16y compris par ses alliés catalans
37:18et d'ailleurs
37:19ce que disait à l'instant
37:20votre correspondant d'Espagne
37:21est très intéressant
37:22parce qu'il ne tient
37:23que par cette coalition
37:25avec les partis
37:26nationalistes basques
37:27et catalans
37:27et la gauche
37:28de sa gauche
37:29qui lui permettent
37:30de se maintenir au pouvoir
37:30et de continuer
37:31à prolonger ses vacances
37:32en Andorre
37:33dans un hôtel de luxe
37:34plutôt que d'être à Madrid
37:35ou même à Ceuta
37:37ce qui est intéressant
37:38c'est que dans cette affaire
37:39on a la même situation
37:40qu'en 2004
37:41lors des attentats
37:42d'Atoccia
37:42qui ont coûté d'ailleurs
37:44la tête politique
37:46du président du gouvernement
37:47espagnol de l'époque
37:48José María Aznar
37:49il avait déclaré
37:51que c'était les basques
37:52qui étaient à l'origine
37:53de cet attentat
37:53alors qu'en vérité
37:55c'était les islamistes
37:57et sur fond de querelle
37:59entre services secrets
38:00on a la même situation
38:01aujourd'hui
38:02vous avez deux
38:03services secrets en Espagne
38:04le CNI
38:05le Centro Nacional de Investigación
38:06qui est l'équivalent
38:07de la DCRI
38:07et vous avez le CIFAS
38:09le Centro de Investigación
38:10de las Fuerzas Armadas
38:11donc le renseignement militaire
38:13le renseignement militaire
38:14savait
38:15il savait comment
38:15et pourquoi
38:16parce qu'il a été renseigné
38:17par qui ?
38:18par ses alliés
38:19pas par les américains
38:21qui en veulent terriblement
38:22à Sanchez
38:22de ne pas lui avoir permis
38:24notamment pour aller en Iran
38:25mener sa guerre
38:26de pouvoir utiliser
38:27les bases militaires
38:29de l'armée de l'air
38:30et de la marine
38:31pour pouvoir poursuivre
38:32son offensive
38:33Sanchez étant pétré
38:35dans une crise diplomatique
38:36non seulement européenne
38:37mais avec les périls du Maghreb
38:39entre l'Algérie
38:39d'un côté
38:40et le Maroc de l'autre
38:41qui règlent leur compte
38:42sur fond de conflits
38:43au Sahara espagnol
38:44et donc
38:45Sanchez va devoir s'expliquer
38:47il va devoir s'expliquer
38:47le 9 septembre
38:48le 9 septembre
38:49c'est loin
38:49il a donné à son gouvernement
38:5110 jours
38:52pour régler la situation
38:53et sinon
38:54il aura 10 semaines
38:55pour le faire
38:5610 semaines
38:56ça nous mène
38:57au 7 novembre
38:58le 7 novembre
38:59c'est un jour
38:59où tout peut changer
39:00je prends l'exemple
39:01à nouveau
39:02de ces régions
39:02acquises à la droite
39:03qui refusent
39:04le dispositif
39:05de répartition
39:05des mineurs
39:07isolés
39:07qui doivent donc
39:08être répartis
39:09sur l'ensemble
39:10du territoire espagnol
39:11est-ce que sur ce point
39:12précisément
39:13le Premier ministre espagnol
39:14sera contraint
39:15de céder par exemple ?
39:16Alors
39:16tous les présents de régions
39:17à peu près
39:18y compris d'ailleurs
39:18ceux qui ne sont pas
39:19de droite
39:21mais il y en a assez peu
39:22puisqu'il a perdu
39:23à peu près
39:24toutes les régions d'Espagne
39:25et les régions d'Espagne
39:26ont des pouvoirs
39:27beaucoup plus grands
39:27qu'en France
39:28refusent l'arrivée
39:29de ces migrants
39:30y compris d'ailleurs
39:31les Catalans
39:32qui sont ses alliés politiques
39:33et qui ne sont pas
39:34dans le même camp politique
39:35que Pedro Sánchez
39:37ceci étant
39:37Madrid
39:38au bout du compte
39:39aura le dernier mot
39:39mais en vérité
39:40c'est un faux problème
39:41si vous voulez
39:42parce que
39:42tous ces migrants
39:43qui sont restés
39:43assez haut tard
39:44où les forces de police
39:45d'ailleurs sont
39:46très peu nombreuses
39:47en sous-effectifs
39:48pour les contenir
39:48elles doivent être au plus
39:49entre la garde civile
39:50la gendarmerie espagnole
39:52si vous voulez
39:52et la police nationale
39:54au nombre de 5000
39:56et tout cela
39:57ne permettra pas
39:57de contenir
39:58les 8 à 12 000 migrants
39:59qui se trouvent
40:00donc que vont-ils faire
40:01ils vont venir en Espagne
40:03et pour ceux
40:03qu'on ne pourra pas
40:04envoyer chez eux
40:04parce qu'on ne sait pas
40:05d'où ils viennent
40:06ou parce que tout simplement
40:07on n'applique
40:07ni les règlements européens
40:09ni la directive
40:10retour européenne
40:11ni l'accord
40:12entre l'Espagne
40:13et le Maroc
40:13et bien ils vont passer
40:14par l'Espagne
40:15pour aller plus loin
40:16et plus loin
40:17c'est la France
40:18Je vous propose
40:19d'écouter à présent
40:19Claude Moniquet
40:20qui est notre spécialiste
40:22terroriste et renseignement
40:23basé à Bruxelles
40:25qui craint lui
40:26que des personnes radicalisées
40:27aient pu s'infiltrer
40:29et profiter
40:30de ce flot de migrants
40:30pour arriver
40:31jusqu'en Europe
40:33Les services de sécurité
40:34et le garde civile espagnol
40:35ont repéré très rapidement
40:37après les événements
40:39qui ont vu entrer
40:4072 000 immigrés
40:42en quelques heures
40:42ils ont repéré
40:43très rapidement
40:44des profils
40:45de radicalisés connus
40:46dont certains
40:47étaient déjà d'ailleurs
40:48condamnés
40:49et certains
40:49auraient été déjà
40:51expulsés d'Espagne
40:53précédemment
40:53et deuxièmement
40:54il y a une chose
40:55dont il faut tenir compte
40:56c'est qu'il existe
40:56à ce tas
40:57un terreau
40:59enfin oui
41:00les trosses sont
41:01malheureuses
41:01mais un terreau
41:02terroriste
41:03puisque depuis 2012
41:05il y a eu
41:0723
41:0923 opérations
41:10antiterroristes
41:11et 46 arrestations
41:13donc on voit
41:14qu'il y a réellement
41:14des réseaux
41:15il y a une structure
41:16à Ciota
41:17qui serait en mesure
41:19d'accueillir
41:20des radicalisés
41:20venus du Maroc
41:21et peut-être
41:22de les faire passer
41:23en Espagne continentale
41:25Régis Le Sommier
41:26est-ce que le risque
41:26sécuritaire
41:27évoqué à l'instant
41:28par Claude Moniquet
41:29vous paraît être réel ?
41:31Très très sérieux
41:32parce qu'on sait
41:32que traditionnellement
41:33d'ailleurs
41:33les réseaux terroristes
41:35en Europe
41:35ceux qui ont frappé
41:36en Europe
41:37je me souviens
41:37des attentats de Madrid
41:38en 2005 par exemple
41:39qui avaient été
41:40perpétrés par une cellule
41:42qui était la même
41:43que celle qui avait fait
41:44en 2003
41:45les attentats terroristes
41:46à Casablanca
41:47au Maroc
41:47donc on est
41:48dans les mêmes
41:49on va dire
41:50dans les mêmes structures
41:51dans les mêmes filières
41:52avec évidemment
41:53des liens parfois
41:54avec la Belgique
41:54et avec les Pays-Bas
41:56puisque il y a des communautés
41:57marocaines là-bas
41:58donc il y a
41:58des réseaux terroristes
42:00connus, identifiés
42:01et il est tout à fait possible
42:02qu'évidemment
42:02la question migratoire
42:04c'est pas nouveau
42:04les terroristes du Bataclan
42:06étaient passés
42:07par des réseaux
42:08de passeurs clandestins
42:10donc
42:10oui certains
42:11mais en tout cas
42:12pas tous
42:12et il y avait eu des ratés
42:13et justement
42:15certains qui avaient
42:15à l'époque
42:16c'était l'Europe de l'Est
42:17on peut imaginer aujourd'hui
42:19que ça se passe par l'Espagne
42:20et nous suivrons évidemment
42:21de très près
42:21la situation à Ceuta
42:23et en Espagne
42:23dans les prochains jours
42:24sur CNews
42:25prenons à présent
42:25la direction de la Colombie
42:27qui devrait entamer
42:28cette semaine
42:28une campagne
42:29d'expulsion
42:30des étrangers
42:31sans papier
42:31présents dans le pays
42:32l'annonce de ces expulsions
42:34a été faite dimanche dernier
42:35par le président lui-même
42:37notamment
42:37avec ces mots
42:38les Colombiens
42:39d'abord
42:40les Colombiens
42:40ensuite
42:41et encore
42:41les Colombiens
42:42que ce soit clair
42:43pour tout le monde
42:44Julia Ferrand
42:46c'est un tout nouveau
42:47président colombien
42:48qui annonce
42:49des mesures radicales
42:51en matière d'immigration
42:52en déplacement
42:53dans le nord
42:53de la Colombie
42:54Abelardo
42:55de la Espriella
42:56lance une opération
42:57d'expulsion
42:58de migrants
42:59en situation irrégulière
43:01sans précédent
43:02que les choses soient claires
43:03les Colombiens d'abord
43:04les Colombiens ensuite
43:05et encore les Colombiens
43:06l'ordre donné au service
43:08de l'immigration
43:08est clair
43:09lancer des opérations
43:10en coordination
43:11avec la police
43:11pour retrouver les clandestins
43:12en premier
43:13ceux qui commettent
43:14des délits
43:14ensuite ceux
43:15dont la situation
43:16n'est pas régularisée
43:17et qui au final
43:17devront être expulsés
43:19cette opération
43:21doit entrer en vigueur
43:22dès cette semaine
43:23sous ordre présidentiel
43:24à Bogotá
43:26devant le service
43:27colombien d'immigration
43:28ces nouvelles mesures
43:30divisent
43:31ce changement
43:32est tellement brutal
43:33il me semble
43:33un peu irréfléchi
43:34parce qu'après tout
43:35ce sont des familles
43:36et des personnes
43:37qui méritent d'être
43:38chez elles
43:38dans les maisons
43:39qu'elles ont construites
43:40ici
43:40et dans lesquelles
43:41nous les avons
43:42laissées entrer
43:44certains sont venus
43:46dans notre pays
43:46avec de mauvaises intentions
43:48ça nous affecte beaucoup
43:49nous les colombiens
43:50d'une certaine manière
43:52je suis d'accord
43:53pour qu'on expulse
43:53les délinquants
43:54mais pour les autres
43:55venus ici travailler
43:56honnêtement
43:57là je ne serai pas d'accord
43:58pour qu'on les expulse
44:00depuis 10 ans
44:01la Colombie
44:02est la principale destination
44:04de l'exode vénézuélien
44:06selon l'autorité migratoire
44:08du pays
44:08ils étaient 2,8 millions
44:10en juin dernier
44:11dont plus de 527 000
44:13étaient en situation irrégulière
44:16Dorab Delrazi
44:17qu'est-ce qu'on peut dire
44:17que ce durcissement
44:19de la politique migratoire
44:20marque une rupture politique
44:22en Colombie
44:22oui
44:23et notamment
44:23au sein même
44:24de la droite colombienne
44:25puisque pendant des années
44:26en fait
44:27une partie de cette droite
44:28a défendu l'accueil
44:29des vénézuéliens
44:30avec une logique
44:31très politique
44:32accueillir
44:33ceux qui fuyaient
44:34le Venezuela
44:34c'était aussi affiché
44:36son opposition
44:37au régime
44:37de Nicolas Maduro
44:38avec le nouveau
44:39président colombien
44:40cette exception vénézuélienne
44:42disparaît
44:42la nationalité
44:43désormais
44:44n'est plus le critère
44:45c'est la régularité
44:46du séjour
44:46qui prime
44:47on passe donc
44:48d'une politique
44:49d'accueil
44:49liée au contexte
44:50vénézuélien
44:51à un discours
44:51beaucoup plus large
44:53de sécurité
44:53et de souveraineté nationale
44:55à noter que
44:56en fait
44:57la Colombie
44:57ce n'est pas
44:58un cas isolé
44:59puisqu'il y a
44:59d'autres exemples
45:00aussi en Amérique latine
45:01il y a notamment
45:02la république
45:03dominicaine
45:03qui a décidé
45:05de durcir
45:06sa politique migratoire
45:07face à l'immigration
45:08haïtienne
45:08ou encore le Chili
45:09qui a renforcé
45:10ses contrôles
45:11aux frontières
45:11Jean-Marc Sánchez
45:12est-ce qu'on peut
45:13dire que
45:14le président colombien
45:15s'inspire en partie
45:17du président
45:17Bukele au Salvador
45:18ils ont beaucoup
45:19de points communs
45:20ils sont jeunes
45:20tous les deux
45:21Abelardo de la Espliera
45:22c'est son nom
45:23le président colombien
45:24vient d'être élu
45:25c'est un président
45:27conservateur
45:28comme Bukele
45:28ils ont à peu près
45:29le même âge
45:30l'un a 48 ans
45:31l'autre a 45 ans
45:32et en fait
45:33ils appliquent
45:34une politique
45:34de tolérance zéro
45:36parce qu'en fait
45:37tous les flux migratoires
45:38remontent vers le nord
45:39vers le Mexique
45:40et les Etats-Unis
45:40et passent par le Guatemala
45:42qui est ce petit état
45:43tampon
45:44entre le Mexique
45:46et les pays
45:46d'Amérique du Sud
45:47il veut montrer
45:48la différence
45:49et surtout
45:50marquer la rupture
45:51avec le gouvernement
45:52de gauche
45:53qui l'a précédé
45:54et qui a mené le pays
45:55dans la situation
45:56à laquelle il se trouve
45:56aujourd'hui
45:57Arnaud Clarsfeld
45:58est-ce qu'on peut dire
45:58selon vous
45:59qu'il y a une sorte
46:00de sursaut mondial
46:01face à l'immigration
46:03de masse
46:04les positions
46:05se radicalisent
46:07la Colombie
46:08comme l'a dit
46:08M. Sanchez
46:09était un couloir
46:10de migration
46:11c'est-à-dire
46:12les gens passaient
46:13il y avait des
46:14par la jungle
46:14etc
46:16ma nièce
46:18qui a suivi
46:19pour National Geographic
46:20tous ces migrants
46:21qui passaient
46:22elle a fait un grand reportage
46:23dans National Geographic
46:25et dans le Figaro
46:27et toutes ces personnes
46:29arrivaient vers les Etats-Unis
46:30et maintenant
46:31oui les positions
46:33se radicalisent
46:34sur l'immigration
46:35dans de nombreux pays
46:36en Europe
46:38en Amérique du Sud
46:41je serais prudent
46:43je serais prudent
46:43est-ce que c'est bien
46:44est-ce que c'est mal
46:46vous avez bien vu
46:47dans votre excellent reportage
46:48à Ceuta
46:49il y a une dame
46:50qui a dit
46:52je leur donne parfois
46:53à manger
46:54je leur aide
46:54à charger le téléphone
46:55et l'autre
46:56qui a dit
46:57que son quotidien
46:59leur quotidien
47:00se trouve bouleversé
47:03valablement
47:03d'ailleurs
47:04il y a des manifestations
47:06ce sont deux positions
47:08qui s'affrontent
47:09on verra comment
47:10le monde
47:10réglera ses problèmes
47:12Régis
47:12le mot de la fin
47:13avec vous peut-être
47:13est-ce qu'il est exagéré
47:14de parler de ce mondial
47:15ou est-ce que ça vous semble
47:16correspondre à une réalité ?
47:18Pour moi
47:19clairement
47:19ça correspond à une réalité
47:20il y a un retour
47:21des Etats-nations
47:22notamment face aux
47:24superstructures
47:24comme l'Europe
47:25il y a quelque chose
47:26qui est en panne
47:27maintenant
47:28pour ce qui est
47:29de l'Amérique du Sud
47:29il y a quand même
47:30une véritable reprise en main
47:32je veux dire
47:33à la fois
47:34politique
47:34et idéologique
47:35des Etats-Unis
47:37sur l'Amérique du Sud
47:38je pense que
47:39ça avait commencé
47:40avec Milley
47:41en Argentine
47:42on a vu
47:43le coup d'Etat
47:43au Venezuela
47:44avec la capture
47:46de Maduro
47:47et maintenant
47:48on voit
47:48à travers des élections
47:50légitimes
47:50mais des candidats
47:51quand même
47:51très alignés
47:52sur Trump
47:53qui finalement
47:54quelque part
47:54l'Amérique
47:55comme elle avait promis
47:56dans son
47:57dans son
47:58son
48:00son
48:00son mémorandum
48:01de sécurité
48:02nationale
48:03elle avait promis
48:04elle avait expliqué
48:05que c'était
48:05le précaré
48:06et qu'on revenait
48:08à ça
48:08et bon
48:09il reste le Brésil
48:10où là
48:11il y a un son de cloche
48:12très différent
48:12et ça
48:14c'est
48:14on sait que
48:15Bolsonaro
48:16n'a pas réussi
48:16à être élu
48:17et que c'est Lula
48:18qui est un ennemi
48:19de Trump
48:20mais si vous voulez
48:21et l'élection au Brésil
48:22aura lieu en octobre prochain
48:23voilà
48:23les nations
48:25ont tendance
48:26à de plus en plus
48:27vouloir conserver
48:28leur identité nationale
48:29ou faire en sorte
48:30que cette identité nationale
48:32ne change pas
48:32trop rapidement
48:33c'est l'application
48:35de la doctrine Monro
48:36on va rebaptiser
48:37doctrine Donro
48:38merci beaucoup messieurs
48:39merci Dora
48:40d'être venu ce soir
48:41sur le plateau
48:41de l'heure inter
48:42vous restez avec nous
48:43on se quitte
48:44pour trois minutes seulement
48:44et on se retrouve
48:45dans 100% politique
48:46à tout de suite
48:47merci

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