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  • il y a 2 jours
Morgan Dias Simao, vice-président de deltaVision, était l'invité d'Erwan Morice dans French Tech, ce mercredi 5 août. Il est revenu sur deltaVision, une entreprise européenne spécialisée dans la fabrication de systèmes fluidiques destinés aux véhicules spatiaux orbitaux, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Bonjour Morgane Dias-Simao, merci d'être avec nous, vous êtes vice-président de DeltaVision,
00:04entreprise européenne de la SpaceTex, donc tout ce qui se passe dans l'espace par définition,
00:09créé par trois anciens ingénieurs d'Ariane Group et d'Airbus.
00:12Peut-être pour que tout le monde comprenne bien, d'abord avant d'entrer dans le vif du sujet,
00:16vous fabriquez des systèmes de fluides qui servent notamment aux lanceurs et aux satellites, c'est-à-dire ?
00:22Alors en fait c'est très simple à DeltaVision, on fabrique l'ensemble des composants
00:27qui vont gérer le carburant à bord des véhicules spatiaux, donc à la fois les lanceurs, les fusées,
00:32les satellites et autres véhicules orbitaux, mais également nous développons les technologies
00:37qui permettent le ravitaillement en orbite, c'est-à-dire pouvoir refaire le plein de carburant des satellites en espace
00:43une fois que leurs réservoirs sont vides, plutôt que de les jeter.
00:47En gros nous fabriquons le système cardiovasculaire de tout ce qui va dans l'espace.
00:50On parle là de savoir-faire vraiment de pointe, j'imagine que les ingénieurs sont très spécifiques
00:55pour travailler sur ces missions-là.
00:57Absolument, il y a très peu d'ingénieurs comme ça en Europe et aujourd'hui, à l'heure actuelle,
01:01nous sommes très heureux que la plupart d'entre eux sont chez nous.
01:03125 salariés désormais, entreprise donc DeltaVision qui est rentable depuis ses créations de 2022.
01:11Exactement, donc nous avons créé l'entreprise il y a 4 ans et nous sommes rentables depuis le premier jour
01:16sans avoir eu besoin de lever un euro parce qu'on a une traction commerciale très forte dès le début,
01:23ce qui montre en fait l'attractivité pour ces composants-là du marché.
01:28Et vous avez des difficultés à recruter justement, trouver les talents ?
01:32Comme ils sont rares, j'imagine qu'ils s'arrachent aussi avec la concurrence, y compris internationale ?
01:36Absolument, des difficultés pour le recrutement à la fois des ingénieurs spécialisés,
01:40mais aussi des mécaniciens qui vont assembler parce qu'on ne fait pas simplement la conception,
01:45mais on fait aussi tout l'assemblage, le test.
01:48Donc on reçoit des matières premières, des tubes de métaux qu'on va usiner et assembler
01:56pour produire un produit qualifié prêt à partir en orbite.
01:59Alors pas de levée de fonds jusqu'à récemment, puisque là vous avez donc levé il y a quelques jours
02:0310 millions d'euros pour ouvrir un centre en France à Mérignac près de Bordeaux.
02:07Exactement. Alors cette levée de fonds, c'est un des éléments, elle va servir à trois choses.
02:11La première, c'est pour assurer une montée en puissance de notre industrialisation.
02:16Aujourd'hui, nous sommes déjà industrialisés, nous sommes capables de produire 2000 pièces par an
02:20et nous comptons avec cette levée de fonds augmenter à 5000 pièces par an depuis notre usine de Munich.
02:26Le deuxième point de cette levée de fonds, elle va aussi servir à développer les compétences
02:31et les capacités de ravitaillement orbital.
02:33Et le troisième point, c'est pour le développement de notre filiale française à Bordeaux.
02:36Il va y avoir des recrutements justement dans ce projet de développement, notamment sur le territoire français ?
02:41Il va y avoir des recrutements. Malheureusement, on est toujours en phase d'études.
02:45Je ne vais pas pouvoir vous donner de chiffres très précis parce que la demande ne fait qu'accroître.
02:49Mais nous avons un plan très précis et assez ambitieux, justement de commencer cette année avec les acteurs locaux,
02:54de monter en maturité technologique l'année prochaine et de passer à l'industrialisation l'année d'après.
02:59Donc on en saura plus prochainement. C'était plus logique Bordeaux que Toulouse,
03:04qui est pourtant quand même identifié comme la capitale de l'aéronautique et de l'aérospatial ?
03:09Alors, très très bonne question. En fait, une des premières, des raisons principales pour lesquelles on a choisi Bordeaux,
03:15c'est pour se rapprocher de nos clients déjà existants, notamment pour n'en citer que quelques-uns,
03:20de Exploration Company, Hyperspace, Agenda Space, qui sont basés autour de Bordeaux.
03:24Donc la première raison, c'était pour se rapprocher de nos clients. Et la deuxième raison, en fait,
03:29c'était pour avoir accès à un vivier de talents très spécifiques qu'on trouve en fait dans cette région,
03:34notamment autour de l'électronique et la robotique, donc des capacités qu'on va avoir besoin bientôt
03:39pour développer nos futurs produits qu'on va développer dans la région.
03:42Donc vous venez renforcer un pôle là autour de Bordeaux qui existe déjà, qui est déjà bien construit.
03:47Absolument. Après, on remplit en fait un manque crucial en fait dans la chaîne d'approvisionnement européenne
03:54et française sur ces produits-là. Nous sommes les seuls à faire ça en Europe.
03:57Il faut accélérer là-dessus. Vous comptez aussi sur les commandes européennes, justement.
04:03Où est-ce qu'on en est au niveau des carnets de commandes, au niveau des projets européens ?
04:07On a parlé de la relance du spatial européen.
04:09Oui. Alors nous, comme j'ai dit auparavant, on est sur un marché de niche et on est les seuls
04:13à faire ça en Europe.
04:15Du coup, notre carnet de commandes, on a une traction commerciale qui est très très intense.
04:19On a forcément besoin de vous, quoi qu'il arrive.
04:20Absolument. En gros, tout ce qui part dans l'espace depuis l'Europe aura besoin de nos produits.
04:24Mais même l'Europe, mais si on vous regarde à l'étranger, vous travaillez aussi sur les marchés internationaux.
04:30Alors il y a des marchés plus verticaux. C'est le cas de Specy qui fait tout en interne en
04:35réalité.
04:35C'est un concurrent pour vous ?
04:37Alors ce n'est pas forcément un concurrent. Pour nous, en fait, il sort du lot, très simplement.
04:42Mais effectivement, nous avons d'autres clients en dehors de l'Europe.
04:46Les États-Unis, bien entendu, représentent un marché très important pour nous.
04:50Donc les plus gros acteurs, en fait, sont déjà en discussion ou en accord commerciaux avec nous.
04:56Et nous livrons aussi vers l'Asie.
04:58Et quelles sont les prochaines étapes ?
04:59Alors une fois que ce pôle sera constitué autour de Bordeaux notamment,
05:03mais les autres actualités également dont vous nous avez parlé.
05:06Quelles seront les prochaines étapes pour la société ?
05:09Alors les prochaines étapes pour la société, c'est de monter en puissance au niveau des capacités industrielles dans notre
05:16usine de Munich.
05:16Et après, de commencer la R&D avec les acteurs locaux sur Bordeaux pour une autre famille de produits.
05:23Donc j'ai parlé de système cardiovasculaire, de ce qu'on fait en fait à Munich.
05:26Et là, ce qu'on va faire en France, dans notre société, dans notre filiale à Bordeaux, c'est le
05:31système nerveux.
05:32Donc tout ce qui est capteur, capteur de pression, capteur de température, capteur de flux, qui vont aider au contrôle
05:39en fait fluidique.
05:40Merci beaucoup Morgane Diaz-Simao d'être venu nous parler de ces révolutions technologiques qui se passent aussi, bien sûr,
05:46chez nous.
05:46Et on en est fiers de voir que ça avance aussi en Europe dans la space tech.
05:50Merci beaucoup.
05:51Je rappelle que vous êtes vice-président de Delta Vision.
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