00:00Bonjour Morgane Dias-Simao, merci d'être avec nous, vous êtes vice-président de DeltaVision,
00:04entreprise européenne de la SpaceTex, donc tout ce qui se passe dans l'espace par définition,
00:09créé par trois anciens ingénieurs d'Ariane Group et d'Airbus.
00:12Peut-être pour que tout le monde comprenne bien, d'abord avant d'entrer dans le vif du sujet,
00:16vous fabriquez des systèmes de fluides qui servent notamment aux lanceurs et aux satellites, c'est-à-dire ?
00:22Alors en fait c'est très simple à DeltaVision, on fabrique l'ensemble des composants
00:27qui vont gérer le carburant à bord des véhicules spatiaux, donc à la fois les lanceurs, les fusées,
00:32les satellites et autres véhicules orbitaux, mais également nous développons les technologies
00:37qui permettent le ravitaillement en orbite, c'est-à-dire pouvoir refaire le plein de carburant des satellites en espace
00:43une fois que leurs réservoirs sont vides, plutôt que de les jeter.
00:47En gros nous fabriquons le système cardiovasculaire de tout ce qui va dans l'espace.
00:50On parle là de savoir-faire vraiment de pointe, j'imagine que les ingénieurs sont très spécifiques
00:55pour travailler sur ces missions-là.
00:57Absolument, il y a très peu d'ingénieurs comme ça en Europe et aujourd'hui, à l'heure actuelle,
01:01nous sommes très heureux que la plupart d'entre eux sont chez nous.
01:03125 salariés désormais, entreprise donc DeltaVision qui est rentable depuis ses créations de 2022.
01:11Exactement, donc nous avons créé l'entreprise il y a 4 ans et nous sommes rentables depuis le premier jour
01:16sans avoir eu besoin de lever un euro parce qu'on a une traction commerciale très forte dès le début,
01:23ce qui montre en fait l'attractivité pour ces composants-là du marché.
01:28Et vous avez des difficultés à recruter justement, trouver les talents ?
01:32Comme ils sont rares, j'imagine qu'ils s'arrachent aussi avec la concurrence, y compris internationale ?
01:36Absolument, des difficultés pour le recrutement à la fois des ingénieurs spécialisés,
01:40mais aussi des mécaniciens qui vont assembler parce qu'on ne fait pas simplement la conception,
01:45mais on fait aussi tout l'assemblage, le test.
01:48Donc on reçoit des matières premières, des tubes de métaux qu'on va usiner et assembler
01:56pour produire un produit qualifié prêt à partir en orbite.
01:59Alors pas de levée de fonds jusqu'à récemment, puisque là vous avez donc levé il y a quelques jours
02:0310 millions d'euros pour ouvrir un centre en France à Mérignac près de Bordeaux.
02:07Exactement. Alors cette levée de fonds, c'est un des éléments, elle va servir à trois choses.
02:11La première, c'est pour assurer une montée en puissance de notre industrialisation.
02:16Aujourd'hui, nous sommes déjà industrialisés, nous sommes capables de produire 2000 pièces par an
02:20et nous comptons avec cette levée de fonds augmenter à 5000 pièces par an depuis notre usine de Munich.
02:26Le deuxième point de cette levée de fonds, elle va aussi servir à développer les compétences
02:31et les capacités de ravitaillement orbital.
02:33Et le troisième point, c'est pour le développement de notre filiale française à Bordeaux.
02:36Il va y avoir des recrutements justement dans ce projet de développement, notamment sur le territoire français ?
02:41Il va y avoir des recrutements. Malheureusement, on est toujours en phase d'études.
02:45Je ne vais pas pouvoir vous donner de chiffres très précis parce que la demande ne fait qu'accroître.
02:49Mais nous avons un plan très précis et assez ambitieux, justement de commencer cette année avec les acteurs locaux,
02:54de monter en maturité technologique l'année prochaine et de passer à l'industrialisation l'année d'après.
02:59Donc on en saura plus prochainement. C'était plus logique Bordeaux que Toulouse,
03:04qui est pourtant quand même identifié comme la capitale de l'aéronautique et de l'aérospatial ?
03:09Alors, très très bonne question. En fait, une des premières, des raisons principales pour lesquelles on a choisi Bordeaux,
03:15c'est pour se rapprocher de nos clients déjà existants, notamment pour n'en citer que quelques-uns,
03:20de Exploration Company, Hyperspace, Agenda Space, qui sont basés autour de Bordeaux.
03:24Donc la première raison, c'était pour se rapprocher de nos clients. Et la deuxième raison, en fait,
03:29c'était pour avoir accès à un vivier de talents très spécifiques qu'on trouve en fait dans cette région,
03:34notamment autour de l'électronique et la robotique, donc des capacités qu'on va avoir besoin bientôt
03:39pour développer nos futurs produits qu'on va développer dans la région.
03:42Donc vous venez renforcer un pôle là autour de Bordeaux qui existe déjà, qui est déjà bien construit.
03:47Absolument. Après, on remplit en fait un manque crucial en fait dans la chaîne d'approvisionnement européenne
03:54et française sur ces produits-là. Nous sommes les seuls à faire ça en Europe.
03:57Il faut accélérer là-dessus. Vous comptez aussi sur les commandes européennes, justement.
04:03Où est-ce qu'on en est au niveau des carnets de commandes, au niveau des projets européens ?
04:07On a parlé de la relance du spatial européen.
04:09Oui. Alors nous, comme j'ai dit auparavant, on est sur un marché de niche et on est les seuls
04:13à faire ça en Europe.
04:15Du coup, notre carnet de commandes, on a une traction commerciale qui est très très intense.
04:19On a forcément besoin de vous, quoi qu'il arrive.
04:20Absolument. En gros, tout ce qui part dans l'espace depuis l'Europe aura besoin de nos produits.
04:24Mais même l'Europe, mais si on vous regarde à l'étranger, vous travaillez aussi sur les marchés internationaux.
04:30Alors il y a des marchés plus verticaux. C'est le cas de Specy qui fait tout en interne en
04:35réalité.
04:35C'est un concurrent pour vous ?
04:37Alors ce n'est pas forcément un concurrent. Pour nous, en fait, il sort du lot, très simplement.
04:42Mais effectivement, nous avons d'autres clients en dehors de l'Europe.
04:46Les États-Unis, bien entendu, représentent un marché très important pour nous.
04:50Donc les plus gros acteurs, en fait, sont déjà en discussion ou en accord commerciaux avec nous.
04:56Et nous livrons aussi vers l'Asie.
04:58Et quelles sont les prochaines étapes ?
04:59Alors une fois que ce pôle sera constitué autour de Bordeaux notamment,
05:03mais les autres actualités également dont vous nous avez parlé.
05:06Quelles seront les prochaines étapes pour la société ?
05:09Alors les prochaines étapes pour la société, c'est de monter en puissance au niveau des capacités industrielles dans notre
05:16usine de Munich.
05:16Et après, de commencer la R&D avec les acteurs locaux sur Bordeaux pour une autre famille de produits.
05:23Donc j'ai parlé de système cardiovasculaire, de ce qu'on fait en fait à Munich.
05:26Et là, ce qu'on va faire en France, dans notre société, dans notre filiale à Bordeaux, c'est le
05:31système nerveux.
05:32Donc tout ce qui est capteur, capteur de pression, capteur de température, capteur de flux, qui vont aider au contrôle
05:39en fait fluidique.
05:40Merci beaucoup Morgane Diaz-Simao d'être venu nous parler de ces révolutions technologiques qui se passent aussi, bien sûr,
05:46chez nous.
05:46Et on en est fiers de voir que ça avance aussi en Europe dans la space tech.
05:50Merci beaucoup.
05:51Je rappelle que vous êtes vice-président de Delta Vision.
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