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  • il y a 3 jours
Alexandre Mangeot, cofondateur et directeur général de HyPrSpace, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce mercredi 26 novembre. Il est revenu sur leur levée de fonds de 21M€, pour l'industrialisation des moteurs à propulsion avec leur microlanceur Orbital "Baguette One", capable de mettre en orbite 250 kg, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 8h24 sur BFM Business et sur AMC Live, on va parler spatial et course au micro-fusée.
00:04Notre invité c'est Alexandre Mangiot, bonjour, vous êtes co-fondateur et directeur général d'HyperSpace.
00:09Vous venez de lever 21 millions d'euros pour industrialiser les moteurs à propulsion
00:13avec votre micro-lanceur qui s'appelle Orbital Baguette One, capable de mettre en orbite 250 kg.
00:21On parle d'orbite basse, évidemment Baguette c'est fait exprès, c'est un hommage à la France.
00:25Vous nous expliquez comment ça fonctionne et quelle est votre différenciation par rapport à vos concurrents ?
00:30Oui bien sûr, alors notre technologie s'appelle Hybride, c'est une hybridation entre la propulsion liquide et la propulsion solide.
00:36Et donc il y a pour but de bénéficier des avantages des deux technologies,
00:39puisque aujourd'hui c'est des technos qui ont des avantages, des inconvénients qui sont diamétralement opposés.
00:44Et donc le monde idéal en fait c'est cette hybridation.
00:47Et donc c'est une technologie qui est nouvelle et qu'il faut développer,
00:50donc on est dans le processus de développement de cette technologie.
00:53On a mis à l'échelle notre moteur, notre système propulsif.
00:55Donc là aujourd'hui on passe à l'allègement de la structure pour pouvoir faire voler cette fameuse fusée
01:00qui dans une première version suborbital s'appelle Baguette One.
01:04Et qui est donc notre objectif principal à l'issue de cette levée de 21 millions,
01:08c'est de faire voler cette fusée d'ici la fin de l'année.
01:09Mais vous faites le moteur et la fusée.
01:11On fait le moteur et la fusée, exactement.
01:14Et donc l'idée c'est de démontrer qu'on est capable de faire l'ensemble de ce système-là
01:18et de le faire voler d'ici fin de l'année 2026.
01:21Donc c'est un objectif très ambitieux, mais pour lequel on est tous très...
01:26Alors très très bon marketing déjà, parce que Baguette, mais Orbital Baguette One,
01:30ça fait aussi Obi-Wan.
01:31Voilà, donc petite référence à Star Wars.
01:32Vous allez loin.
01:33Très très bien pensé, bravo.
01:35Juste sur la technologie, alors vous disiez c'est nouveau,
01:37mais si je ne dis pas de bêtises, je parle sous votre contrôle,
01:40l'idée d'avoir des moteurs hybrides, solides, liquides,
01:42c'est en fait pensé et théorisé depuis des décennies.
01:44Simplement, c'est des verrous technologiques que vous avez fait sauter.
01:47Quel verrou technologique ? C'est quoi l'ingrédient secret ?
01:49Le truc que SpaceX n'a pas réussi à trouver et que vous avez réussi à mettre au point ?
01:53Alors, il y a plusieurs aspects.
01:56Le premier aspect, c'est qu'effectivement, cette technologie est connue depuis quelques décennies,
02:02mais n'a pas bénéficié des mêmes soutiens financiers,
02:06du même intérêt technologique pendant la guerre froide,
02:09ce qui fait que cette technologie a été très peu développée jusqu'à présent.
02:12Le contexte a quand même largement évolué depuis, les enjeux ont changé
02:17et le principal verrou était la scalabilité du moteur.
02:21Ça marche très bien à petite échelle, ça marche beaucoup moins bien à grande échelle
02:23et on a déposé un brevet dans le sens de lever ce verrou technologique,
02:27si bien qu'on est passé de petite échelle à grande échelle en neuf mois avec une équipe de 20 personnes.
02:31Et les avantages concrets d'un point de vue technologique, c'est quoi en fait ?
02:34C'est que c'est moins polluant ? C'est que c'est plus facile à construire ? C'est quoi exactement ?
02:37Alors, c'est à la fois moins polluant, puisqu'aujourd'hui on utilise du plastique recyclé dans notre système propulsif,
02:42mais c'est aussi plus avantageux économiquement, je veux dire,
02:46parce qu'on maîtrise beaucoup mieux les coûts, notre système propulsif est très simple,
02:50on n'a pas de pompes qui sont très complexes à développer.
02:52Donc on a un système propulsif très simple à concevoir, à produire,
02:57et la maîtrise des coûts permet d'avoir un business model nettement plus approprié à une entreprise
03:00quand on veut faire du lancement spatial.
03:02Donc l'an prochain, premier vol suborbital, là on est sous les 100 km d'altitude,
03:07vous allez faire quoi ? Vous allez emmener une charge ou c'est juste un vol d'essai ?
03:11C'est pré-vendu ? Ça marche comment ?
03:13C'est à la fois un vol d'essai, mais c'est aussi une opportunité très intéressante pour quelques acteurs,
03:17donc il est très fortement probable qu'on ait un client à bord, même plusieurs,
03:22et notre fusée ira au-dessus des 100 km, mais n'aura pas de vitesse suffisante pour rester en orbite.
03:26Donc elle finira par retomber, mais on ira bien dans l'espace,
03:29qui est généralement une limite au-delà des 100 km.
03:30Et c'est quoi alors les charges que vous allez apporter ?
03:33C'est pour faire de l'Internet des objets, c'est de l'observation, de la science ?
03:37C'est des petites charges, je crois, quelques dizaines de kilos, c'est ça ?
03:42Oui, tout à fait, donc c'est des petits satellites, quand on sera en capacité d'aller en orbite,
03:46donc c'est des petits satellites qui font l'IoT, de l'observation terrestre, de la télécommunication,
03:51enfin il y a plein d'applications.
03:52Avec un enjeu de souveraineté, ça vous insistait sur ce point-là,
03:55mais c'est vrai que l'accès à l'espace, le fait d'être dépendant d'acteurs comme SpaceX,
04:00ça pose problème, on a besoin aussi d'avoir des acteurs français.
04:02Oui, tout à fait. Alors il y a une multitude d'acteurs en Europe aujourd'hui,
04:06il y a eu une sélection de l'Agence spatiale européenne,
04:08qui a sélectionné d'autres start-up, mais sur des technologies beaucoup plus conservatives.
04:12Malgré ça, on a quand même réussi à lever nos fonds pour notre série A,
04:16parce qu'en fait on a d'autres opportunités de développement économique que du pur spatial.
04:23Et comment vous voyez là le marché du spatial ?
04:26Vous dites qu'il va y avoir de la consolidation, vous êtes plutôt prédateur,
04:29potentiellement racheté, vous vous situez où ?
04:31Nous, je pense qu'on a encore pas mal d'années devant nous,
04:34parce qu'on a vraiment une technologie très différenciante,
04:36que peu de monde comprenne réellement les intérêts et les bénéfices.
04:40Et s'il y a aussi une part de risque, parce que notre développement est encore en cours de route.
04:45Après, potentiellement, oui, on aura du rachat, de la consolidation,
04:50ou juste du partenariat, des JV, enfin je veux dire, tout est ouvert à ce stade.
04:53Merci beaucoup d'être venu ce matin, Alexandre Manjot,
04:56cofondateur et directeur général d'Hyperspace.
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