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  • il y a 8 minutes
Benjamin Constant, cofondateur de NeoCem, était l'invité de Sandra Gandoin dans French Tech, ce mardi 28 juillet. Il parle de la spécialité de son entreprise, notamment du ciment vert à base d'argile calcinée, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Benjamin Constant, bonjour. Vous êtes cofondateur de Neosem, dont l'usine a été lancée en septembre dernier.
00:06Votre spécialité, c'est du ciment vert à base d'argile calcinée. Expliquez-nous concrètement ce que vous faites.
00:15Alors, on est dans la famille de la construction et plus particulièrement dans les ciments.
00:20Et nous, encore plus particulièrement, on fait de l'argile calcinée.
00:22Ça va être un produit qui permet de substituer la partie la plus polluante du ciment qui s'appelle le
00:29clincaire.
00:30Le clincaire, c'est du calcaire qui aura été calciné pendant une à deux heures à 1450 degrés.
00:36Et c'est le produit qui va relarguer beaucoup de CO2.
00:39C'est de la chimie, ça va relarguer le CO2 qui a été emmagasiné dans le calcaire pendant des millions
00:44d'années.
00:45Et en plus de ça, ça consomme beaucoup d'énergie.
00:47Donc, tout le monde cherche à décarboner la construction.
00:50Les cimentiers travaillent dessus, la construction travaille dessus, le gouvernement.
00:53Enfin, tout le monde, c'est un gros sujet puisque c'est 8% des émissions mondiales.
00:568% des émissions mondiales, c'est comme si c'était le troisième ou le quatrième pays au monde en
01:02termes d'émissions.
01:03Donc, c'est gigantesque.
01:04Donc, il y a plusieurs solutions pour aborder ce sujet-là et pour améliorer la situation.
01:09Une des solutions qui est mise en avant et dont on parle beaucoup, c'est le carbone capture.
01:13C'est la capture du carbone au moment des émissions dans les usines, dans l'industrie.
01:17C'est une solution qui est en développement, qui sera mature d'ici quelques années.
01:22Mais pour l'instant, on sait que ça va prendre du temps.
01:24Donc, en attendant, vous vous attaquez à la base, c'est-à-dire la matière qui est mise, qui est
01:30incorporée dans le ciment et qui est si polluante finalement.
01:33Exactement. En fait, une des solutions, une solution alternative qui donne des résultats plus rapides et peut-être de façon
01:39plus économique,
01:40c'est de remplacer ce clincaire par des matériaux alternatifs qui permettent d'avoir les mêmes propriétés à la fin,
01:45un ciment performant,
01:47mais avec des matériaux qui vont polluer moins.
01:49Et ce qu'on produit chez Neosem, c'est de l'argile calcinée.
01:52On va prendre de l'argile.
01:54Alors, c'est de l'argile recyclée en plus.
01:56On est dans l'économie circulaire.
01:57On va prendre de l'argile déchets.
01:59Vous la prenez où cette argile d'ailleurs ?
02:01On va travailler avec des grands projets d'infrastructures comme le Grand Paris Express, par exemple.
02:05Alors, il creuse 200 kilomètres de métro, 68 gares.
02:08C'est un projet faramineux qui a commencé il y a des années et qui va nécessiter l'extraction de
02:13beaucoup de matières.
02:14Et dans ces matières-là...
02:15Vous récupérez l'argile.
02:16Et voilà, on récupère l'argile.
02:17D'accord.
02:18On récupère l'argile.
02:19Alors, pas que le Grand Paris Express, mais on a plein d'autres projets.
02:24Le canal Seine-Nord-Europe va produire beaucoup d'argile.
02:26Et il y a énormément de travaux en Ile-de-France qui vont nécessiter des extractions.
02:30Et cette argile, on va la récupérer, on va la préparer, on va la purifier, on va la broyer, on
02:36va la sécher et on va la calciner.
02:38On va utiliser un procédé qui s'appelle la flash-calcination, qu'on a mis quelques années à développer.
02:46Et une fois que ce matériau sera calciné, on va avoir un produit qui est capable de rentrer dans la
02:51composition du ciment avec une grosse différence.
02:53C'est qu'il sera 90% moins carboné qu'un ciment classique.
02:57On imagine la taille du marché qu'il y a derrière.
03:01Ça fait 10 ans que vous travaillez là-dessus et vous avez lancé votre usine seulement en septembre dernier.
03:06Parce que ça prend beaucoup de temps de développer un tel produit.
03:10Vous venez aussi de lever 17 millions d'euros pour lancer une deuxième ligne.
03:14Ça veut dire que ça y est, la demande est là.
03:16La demande est là, oui.
03:17Il n'y a aucun doute, le besoin de décarboner, on le sent, la pression politique, la pression de l
03:22'Europe, les règles font qu'on a besoin de décarboner.
03:26Et maintenant, je pense que ça se traduit sur le marché.
03:29Je pense que dans quelques années, quand on va avoir besoin d'obtenir un permis de construire, le poids carbone
03:35sera associé à cette demande.
03:37On va de plus en plus se poser la question de, OK, je construis, mais à quel coût ?
03:41Et le coût, il n'est pas uniquement financier, il n'est pas uniquement économique, il y a un coût
03:45CO2 qu'on va devoir prendre en compte.
03:48Vos clients, aujourd'hui, c'est qui ? Et ceux de demain, ce sera qui ?
03:51Est-ce que l'État, qui finalement a un grand enjeu là-dedans, va aussi participer à ce développement de
03:58Néosem ?
03:59Alors, l'État a déjà participé, puisqu'on est lauréat France 2030.
04:03Donc, l'État nous a aidés, on rentre dans des politiques d'État, la France est en avance sur ces
04:10thématiques au niveau européen.
04:12Donc, l'État nous a aidés, la BPI nous a aidés, c'est un projet collectif, vraiment c'est un
04:17projet collectif, on a eu énormément d'aides.
04:19Et là, récemment, on a le Crédit Mutuel Impact, donc du groupe Crédit Mutuel, qui est rentré au capital de
04:25la société pour 17 millions d'euros.
04:27Donc, significatif, pour nous, ça fait une énorme différence, et qui vient compléter notre table de capitalisation,
04:34qui va nous permettre d'augmenter notre capacité, de nous accompagner dans notre développement.
04:37À combien vous allez augmenter vos capacités ? L'objectif, c'est quoi pour le moment ?
04:41Alors, on est sur un marché de, dans les bonnes années, on était aux alentours de 17 millions de tonnes.
04:47Là, aujourd'hui, on est plutôt sur un marché qui va être à 14-15, à mon avis, parce qu
04:51'il y a une tension sur la construction qui est assez forte.
04:54Nous, on est tout petit, on est encore tout petit, on va faire 100 000 tonnes.
04:58Et pourtant, 100 000 tonnes, avec 100 000 tonnes, on peut faire 3 millions de tonnes de béton.
05:02Ça vous donne une idée des proportions de ce marché, c'est absolument colossal.
05:06Avec ces capitaux, on va pouvoir passer notre production de 100 000 tonnes à 200 000 tonnes.
05:12Donc, ça commence à peser, c'est pas insignifiant, mais on a encore un chemin absolument colossal à réaliser dans
05:18les prochaines années.
05:18En termes d'embauche, pour finir, ça va donner quoi ? Vous êtes quoi, 20 salariés aujourd'hui ?
05:22Aujourd'hui, on est une grosse vingtaine de salariés.
05:25On tourne en trois équipes, en 3-8, avec une usine qui se pilote avec trois personnes par équipe.
05:33C'est pas beaucoup, on est très, très efficace.
05:36Mais c'est une société qui va consommer, qui va utiliser de plus en plus de personnes
05:41et qui va travailler avec une équipe qui va être grandissante.
05:44Et on va vous suivre, évidemment, sur BFM Business.
05:46Merci beaucoup, Benjamin Constant, d'être venu cofondateur de Neosem dans la matinale de l'économie.
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