00:00Et avec Anthony Morel, nous recevons Pascal Girin, directeur général de BALT.
00:03Bonjour, merci d'être avec nous.
00:05Alors BALT, c'est une entreprise familiale créée en 77, mais qui s'est internationalisée en 2015.
00:11Vous êtes la pépite française des dispositifs neurovasculaires.
00:15De quoi on parle comme dispositif et ça concerne les patients atteints de quoi pour resituer ?
00:20Alors effectivement, on est un leader technologique sur notre marché,
00:23qui est le traitement par voie endovasculaire, on peut y revenir,
00:27de ces pathologies que vous avez citées, à savoir les accidents vasculaires cérébraux,
00:31un certain nombre d'hémorragies, les anévrismes.
00:34Et donc ce sont les patients atteints de ces pathologies vasculaires qui sont notre cœur de métier.
00:40Anthony ?
00:40Alors justement, un patient atteint d'AVC ou d'anévrisme,
00:43aujourd'hui on peut le soigner sans avoir à ouvrir son crâne.
00:47C'est ça l'idée, c'est qu'on va pouvoir passer par l'intérieur du corps.
00:50Expliquez-nous comment ça fonctionne exactement, ce qu'on est capable de faire.
00:53Ces dispositifs sont utilisés par des médecins qui sont des neuroradiologues interventionnels
00:56et qui vont dans une salle d'angiographie interventionnelle.
01:00On trouve ça dans des centres de ce qu'on appelle la neuroradiologie interventionnelle.
01:04En France, il y a à peu près une cinquantaine de centres de NRI
01:07qu'on trouve dans la plupart des grosses structures hospitalières.
01:10Et donc le médecin va pratiquer une petite incision au niveau de l'aine,
01:14va pénétrer dans l'artère fémorale,
01:16et va remonter au niveau de l'artère iliaque,
01:19de l'aorte, va passer la crosse aortique,
01:22et va se retrouver dans les artères carotides et cérébrales,
01:26là où un caillot est venu bloquer une artère où l'anévrisme se situe.
01:33Et il va faire tout ce chemin avec des dispositifs tels que ceux de BALT,
01:36qui sont des dispositifs d'accès, on parle de micro-cathéters, de guides.
01:40Et une fois que le système est en place,
01:42à ce moment-là le médecin va venir déployer d'autres dispositifs de BALT,
01:47notamment, qui vont permettre de récupérer le caillot,
01:51en l'aspirant ou en le capturant dans un petit stint,
01:56ou combler un anévrisme pour éviter qu'il ne rompe, ou ce genre de choses.
01:59Donc ça veut dire que les dispositifs sur lesquels vous travaillez,
02:02ils sont fins comme un cheveu ?
02:04Comme un cheveu, oui, c'est ça.
02:05Les cathéters peuvent aller à une dimension de quelques millimètres,
02:10et on parle aussi de stints qui ont quelques millimètres de diamètre.
02:15Et on les pilote comment dans le corps ?
02:17Ça se fait de manière naturelle, ou est-ce qu'il faut les guider ?
02:20Oui, alors dans ces salles d'angiographie, c'est la main du chirurgien qui les guide.
02:23Peut-être que dans certaines années, on verra des robots, pourquoi pas ?
02:26Mais aujourd'hui, c'est la main du chirurgien qui les guide,
02:29avec des systèmes d'imagerie extrêmement sophistiqués,
02:31qui permettent de voir en permanence, sous radio-opacité,
02:34le cheminement de ces dispositifs dans les artères.
02:37Donc on est comme dans un jeu vidéo, on fait remonter le cathéter.
02:40Un peu plus sérieux qu'un jeu vidéo.
02:42Oui, il y a des jeux vidéo sérieux après, mais oui, c'est des jeux vidéo qui sauvent les vies.
02:46Quand on vous écoute, on sent et on voit une vraie expertise médicale française.
02:51Or, vous vous étendez encore davantage aux Etats-Unis.
02:54Pour le moment, c'est 30% de votre chiffre d'affaires, mais vous comptez faire plus.
02:58Pourquoi cette stratégie ?
02:59Est-ce que c'est parce que vous êtes assez étendu sur la France,
03:03et que ce marché-là, finalement, est mature,
03:06ou est-ce que c'est parce qu'il y a beaucoup plus d'opportunités financières et business là-bas
03:11?
03:11J'entends beaucoup dire que le marché français est difficile d'accès,
03:14pour les sociétés de dispositifs médicaux notamment.
03:17Mais en fait, le marché français, c'est à peu près, c'est moins de 10% du marché mondial.
03:21A peu près 6-7%.
03:23C'est d'ailleurs la part du revenu de la France dans notre chiffre d'affaires global.
03:27Il est impossible aujourd'hui, dans un marché hautement régulé comme le nôtre,
03:31d'obtenir un retour sur les investissements d'innovation, de recherche, de développement,
03:35d'essais cliniques, de mise sur le marché, juste sur le marché français.
03:38L'équation ne marche pas.
03:40D'où le succès de BAL qui consiste à venir pénétrer d'autres marchés internationaux
03:47et le marché américain, qui effectivement coûte très cher à l'entrée,
03:50mais qui a des retours sur investissement énormes,
03:52parce que les prix en moyenne sont 4 à 6 fois supérieurs au prix euro.
03:55Ah oui, c'est ça.
03:56Mais est-ce que vous avez des concurrents ou vous êtes les seuls à avoir cette technologie ?
04:00Alors moi, je présente toujours BAL comme le leader technologique.
04:02C'est ce qui m'intéresse plus que la taille de la société.
04:05Nos concurrents sont principalement des gros groupes américains
04:07et j'ai la faiblesse de croire qu'on est beaucoup plus rapide
04:10et qu'on introduit des innovations de manière beaucoup plus rapide que ses concurrents.
04:14Et c'est quoi ? Alors quand vous parlez d'innovation, ça va être quoi ?
04:16C'est sur le type de matériaux utilisés ?
04:18C'est sur la finesse de ce que vous disiez de vos cathéters ?
04:21Ce sont des dispositifs qui vont permettre de naviguer
04:25dans des branches vasculaires du cerveau auxquelles on n'a pas accès aujourd'hui.
04:29C'est l'intégration des implants qu'on met dans le cerveau
04:32de manière à ce que le corps ne réagisse pas en voyant un organisme extérieur.
04:39C'est encore une fois l'aide à l'accès et puis c'est le traitement.
04:43Je vais prendre un exemple aujourd'hui.
04:45Il y a à peu près 140 000 AVC diagnostiqués par an en France.
04:50C'est-à-dire qu'il y a un patient ou une patiente française qui fait un AVC
04:53toutes les 3 ou 4 minutes.
04:54Sur ces 140 000 AVC, moins de 10 000 sont traités par voie de thrombectomie,
04:59c'est-à-dire en utilisant des dispositifs tels que BALT.
05:02Pourquoi ? Parce qu'on a du mal à accéder de manière plus lointaine
05:07dans des vaisseaux qui sont plus petits
05:08et qu'on ne peut pas retirer des caillots plus petits dans des vaisseaux plus petits.
05:11La technologie aujourd'hui ne le permet pas.
05:13Donc ce qu'on peut faire aujourd'hui, c'est retirer les gros caillots des gros vaisseaux,
05:18ce qui d'ailleurs provoque les AVC les plus sérieux.
05:20Donc ça c'est la chance.
05:22Mais on est loin d'être au traitement optimal, maximal pour les patients.
05:29Donc on va aller vers plus de miniaturisation encore pour aller...
05:32Plus de facilité d'accès, plus de miniaturisation
05:34et plus d'acceptation du dispositif par l'organisme.
05:37Il y a une grande usine, un grand site qui a ouvert en Californie,
05:41Irvine.
05:41Pourquoi Irvine ?
05:42Alors on l'a ouvert il y a quelques années, mais là on l'a doublé.
05:44C'est ça, c'est le deuxième...
05:45Parce que Irvine, c'est entre Los Angeles et San Diego
05:49et c'est vraiment le hub, le centre mondial des technologies vasculaires.
05:54Donc là-bas, vous avez une main d'oeuvre qualifiée,
05:57vous avez une expertise en R&D, en technologie qui est assez unique.
06:02Donc si on veut être un acteur sur le marché, dans mon domaine,
06:05sur le marché américain, il faut être là-bas.
06:06Chiffre d'affaires visé en 2031, 1 milliard de dollars.
06:09On a fait, alors en 2024, on était à 300 millions.
06:13En 2025, en 2026, on va faire 400 millions.
06:15En 2027, on va faire 500 millions.
06:18Donc vous continuez, on fera 1 milliard en 2030.
06:19Il faudra revenir pour les différentes étapes.
06:21Merci beaucoup Pascal Girin d'être venu nous voir,
06:23directeur général de Baltes, dans la French Tech.
06:26Merci beaucoup.
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