- il y a 39 minutes
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00La suite de BFM Grand Soir, bienvenue si vous nous rejoignez.
00:03L'Iran menace d'une riposte puissante en cas d'attaque sur ses infrastructures civiles.
00:08Ce sont les mots du chef de la diplomatie iranienne.
00:11Notre doctrine de défense est claire.
00:14Oeil pour oeil, toute agression contre l'Iran, y compris contre notre infrastructure,
00:18obligera à une réponse puissante et décisive.
00:19Et ceux qui contribuent à une telle agression, quel que soit le type de soutien,
00:23seront également considérés comme des cibles légitimes.
00:25On va en parler avec nos invités, Sergueil Girneuf, ancien officier du renseignement du KGB.
00:30Bonsoir, Ronald Atto, professeur de relations internationales à Sciences Po.
00:33Bonsoir, Thierry Arnault est avec nous.
00:37Bonsoir, Thierry.
00:38On est toujours avec Miko Blujon-Méred.
00:41Bonsoir à nouveau, chercheur en géopolitique, enseignant à l'école de guerre.
00:45Et puis Ulrich Bounat, analyste géopolitique.
00:47Thierry Arnault, c'est une réponse directe à Donald Trump.
00:49Oui, c'est une réponse directe à Donald Trump,
00:51qui un peu plus tôt dans la journée avait lui-même publié un message sur son principal,
00:54le réseau social True Social, expliquant que pour chaque frappe d'un navire dans le détroit d'Hormuz,
00:59il y aurait une frappe américaine sur une infrastructure civile.
01:03Et c'était donc la réponse à ce message du président américain.
01:07Donc on voit qu'au moment où on se parle, Julie, on est dans une situation un peu étrange,
01:12où d'un côté, on nous explique qu'il faut et on peut continuer à négocier.
01:16C'est notamment ce que nous a expliqué depuis l'Asie,
01:18où il se trouve le secrétaire aux Affaires étrangères, Marco Rubio.
01:21Mais de l'autre, dans une tension très forte entre les États-Unis et l'Iran,
01:27dans un moment où certainement on va assister à une nouvelle nuit de frappe américaine ce soir.
01:32Et on a le sentiment...
01:33Ça, il n'y a pas de doute là-dessus.
01:34Une douzième nuit consécutive de frappe dans les heures à venir.
01:37Il y a vraiment, pour le coup, très peu de doute.
01:40Ce que l'on comprend de la logique américaine,
01:42il s'agissant de Donald Trump, il faut toujours énoncer cela avec prudence,
01:45mais c'est que l'idée qu'il a, c'est qu'après, si j'ose dire,
01:49cette fait avoir par le premier raccord cadre
01:53et la manière dont il n'avait pas été appliqué de son point de vue par les Iraniens,
01:56il faut taper.
01:57Et il faut taper suffisamment fort pour avoir affaibli l'Iran,
02:02au point où il va revenir à la table des négociations affaibli
02:06et donc dans de meilleures dispositions du point de vue américain.
02:08Général Siddos est également avec nous.
02:11Bonsoir, Général.
02:13Oeil pour oeil, c'est notre doctrine de défense,
02:16répond l'Iran ce soir à Donald Trump.
02:18Ils ont les moyens de faire du oeil pour oeil, les Iraniens ?
02:22Oui, ils ont les moyens.
02:24De toute façon, dans leur stratégie de dissuasion,
02:27c'est ce qu'ils appellent leur stratégie de dissuasion,
02:30il y a d'abord des capacités défensives, ce qu'ils ont démontré,
02:33des capacités offensives avec les tirs de missiles, de drones, un petit peu partout.
02:37Là, ils l'ont fait dans les dix derniers jours,
02:39essentiellement sur des bases américaines,
02:41donc en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn.
02:44Et puis, la dernière étape de leur stratégie de dissuasion,
02:47c'est de faire mal dans les pays voisins,
02:50c'est-à-dire exercer des pressions matérielles, économiques,
02:53en frappant des industries.
02:55Et c'est ce que dit Arakshi en disant que tous les personnes,
02:59tous ceux qui sont liés plus ou moins de près aux Américains vont souffrir.
03:03Ils ont été épargnés dans cette séquence de onze nuits consécutives de frappes.
03:09Et bien là, en fait, ils font monter la pression.
03:12Trump veut faire monter le niveau de menace.
03:16Et bien, eux également vont faire monter le niveau de menace
03:18en allant frapper des voisins qui, pour l'instant, sont restés très calmes.
03:23L'Arabie saoudite, les Émirats, même Omane.
03:27Bon, il y a eu un petit tir de temps en temps.
03:29Et ça n'a pas été bien loin.
03:30Mais en tout cas, leurs infrastructures pétrolières n'ont pas été touchées.
03:33Mais également, des Iraniens ont déclaré que si le pétrole iranien
03:38ne peut pas sortir du détroit d'Hormuz,
03:41aucune goutte de pétrole du Golfe ne sortira.
03:44Donc vous voyez, ils font monter les enchères très haut.
03:46Et ils ont la capacité, on le sait qu'ils ont la capacité.
03:50C'est la dissuasion.
03:51C'est la dissuasion, c'est la même que nous.
03:53C'est faire payer à l'ennemi beaucoup plus cher
03:56que ce qu'il peut, lui, obtenir.
03:59Mikko Bujon-Mered, comment vont réagir les pays du Golfe ?
04:02Ce sont eux qui sont en première ligne.
04:04Les Iraniens le répètent à nouveau ce soir.
04:07C'est vous qui allez prendre pour vos alliés, les Américains.
04:11Est-ce qu'ils vont passer un cap ?
04:14Peuvent-ils entrer en guerre ?
04:16Ces pays du Golfe.
04:17Alors clairement, on a deux pays qui sont des maillons faibles.
04:19Pour commencer, le Koweït et Bahreïn.
04:21Qui, eux, sont complètement dépendants des États-Unis.
04:23Et qui, à ce stade, ne peuvent rien faire seuls.
04:26Ça, c'est le premier élément.
04:28Deuxièmement, ensuite, pour ce qui est de l'Arabie saoudite,
04:29on voit effectivement qu'ils ont réussi à essayer,
04:32pendant quelques mois,
04:34de maintenir une capacité d'exportation de pétrole
04:37et de produits pétroliers via la mer Rouge.
04:39Et là, ce que les Iraniens font depuis trois jours,
04:41via les proxys des Houthis dans le sud du Yémen,
04:46fondamentalement, c'est de dire,
04:48même le délétroit de Bab el-Mandeb,
04:49vous n'allez pas pouvoir continuer à y exporter votre pétrole
04:52par cette voie aussi facilement.
04:54Et ça fait monter, bien sûr, depuis trois jours,
04:56le prix du baril,
04:57le prix de toute espèce de matière première associée aux hydrocarbures.
05:00Donc aujourd'hui, quelle est la réponse qu'ils peuvent apporter ?
05:03C'est essayer de participer à une escalade,
05:06pas forcément directement vis-à-vis d'Iran encore,
05:08mais une escalade de la pression vis-à-vis de Donald Trump,
05:10pour que Donald Trump, effectivement,
05:12puisse aller plus fort pour essayer de faire en sorte
05:16que l'Iran revienne, soit à la table négociation,
05:19soit revienne sur ses engagements belligérants.
05:22Mais le problème, c'est que l'Iran n'est pas courant.
05:25On a l'impression que ça ne marche pas tellement,
05:27Ronald Nato.
05:28On a plutôt l'impression, justement,
05:30qu'il y a une espèce de gradation
05:32dans la violence ou les menaces,
05:34mais ça dépasse même les menaces maintenant,
05:36et qu'on va retourner, la guerre va reprendre.
05:40Elle est reprise.
05:41Elle a déjà reprise.
05:41Je pense que oui.
05:43Et puis, Belmandeb, à mon avis,
05:45c'est...
05:45Le détroit en mer rouge.
05:47Oui, les Saoudiens, déjà, ils ont frappé.
05:50On dit que c'est le gouvernement légitime d'Aden
05:53qui avait frappé l'aéroport de Sanaa il y a quelques jours,
05:56mais je pense que c'est les Saoudiens qui ont frappé.
05:59Si l'Iran provoque ou attaque trop ouvertement
06:03les voisins, les monarchies du Golfe,
06:06j'ai l'impression que ça pourrait se retourner contre eux.
06:08Et même si, comme Mika le disait,
06:09le Koweït est un tout petit pays qui n'est pas très bien armé
06:12ou quoi que ce soit,
06:13d'attaquer tous les voisins comme ça de façon un peu aveugle,
06:16à mon avis, c'est risqué de la part des Iraniens.
06:19Écoutez ce que disait, il y a quelques minutes,
06:20Donald Trump sur sa stratégie.
06:23Lui, il dit, finalement, Hormuz, moi, ça m'importe assez peu.
06:25Ce qui m'importe, c'est le nucléaire.
06:27Il l'a répété il y a quelques minutes.
06:29On l'écoute.
06:31Nous n'avons pas besoin de Détroit.
06:33Nous n'avons besoin de rien.
06:35Nous n'avons pas besoin du Détroit d'Hormuz,
06:37car nous le faisons parce que nous y sommes obligés.
06:39Nous ne pouvons pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire.
06:43Laurence Haïm, correspondante à Washington,
06:45spécialiste des États-Unis, est avec nous.
06:47Vous souhaitiez réagir à ces mots-là de Donald Trump
06:50qui faisait déjà beaucoup réagir en plateau.
06:52C'est complètement faux.
06:53Il a besoin du Détroit d'Hormuz aussi, Donald Trump.
06:58Et vous avez tout à fait raison, Julie, de le dire.
07:01Il a totalement besoin.
07:02Et on est dans une communication où un jour,
07:04on entend, ils ne peuvent pas bombarder les navires,
07:06on va intervenir, ça suffit comme ça.
07:08Et aujourd'hui, en Georgie, où il est en meeting,
07:11il fait un meeting de campagne,
07:13il dit, on n'a pas besoin du Détroit d'Hormuz.
07:15Alors, sur l'Iran, il est dans une communication
07:17assez étonnante aujourd'hui.
07:18Parce que vous le savez, on l'a dit sur l'antenne de BFM,
07:22il y a des soldats américains qui ont été tués.
07:24Il y a beaucoup plus de blessés
07:25qu'on ne pensait qui ont été rapatriés vers une base allemande
07:30lors du tir d'un missile iranien
07:32contre une base américaine en Jordanie.
07:34Il y a vraiment de plus en plus d'informations
07:36qui sortent sur les bases militaires américaines
07:38dans la région, endommagées par les tirs iraniens.
07:41Et Donald Trump est parti accueillir, si j'ose dire,
07:46les dépouilles des quatre soldats très jeunes
07:49qui ont été tués en Jordanie et en Irak.
07:53Et à un moment donné, il a invité une famille d'un de ses soldats
07:56à monter avec lui à bord d'Air Force One.
07:58Et il a amené cette famille dans le meeting de Georgie
08:01où il est toujours en train de parler.
08:02Et il a fait lever la foule pour faire applaudir la famille
08:06en disant, voilà, votre fils n'est pas mort pour rien.
08:09Les parents ont accepté.
08:11Et à ce moment-là, Donald Trump, hors prompteur,
08:13a levé son doigt vers le ciel
08:15comme pour dire que ce gamin qui a été tué
08:18sur une base militaire américaine en Jordanie
08:21était au ciel.
08:23Alors vous voyez, on est dans une communication très étonnante,
08:26à la fois une communication émotionnelle
08:28et puis ces petites phrases qu'on vient d'entendre.
08:30L'Iran ne peut pas se doter de l'arme nucléaire.
08:33Ulrich Bounin, effectivement, on a quand même
08:36de plus en plus d'informations sur la façon
08:38dont les États-Unis sont directement affectés
08:40par cette guerre.
08:42C'est le New York Times qui a donné les chiffres.
08:46Il y a là actuellement une douzaine de blessés graves
08:49côté américain en train d'être traités
08:50dans un hôpital en Allemagne.
08:52C'est une centaine de blessés pour cette dernière phase
08:54et c'est 550 blessés au total côté américain.
08:58Les chiffres, ça y est, commencent à sortir
09:00et potentiellement, ça aura un impact
09:02sur les décisions à venir de Donald Trump ?
09:06Ça a déjà, je pense, un impact depuis le début.
09:08Depuis le début de la guerre, les Iraniens ont montré
09:10quand même une capacité à frapper et des matériels
09:12de très haute précision américains,
09:14notamment tout ce qui était couverture anti-balistique,
09:17couverture radar.
09:18On avait déjà vu des frappes pendant la guerre de Garente-Jours.
09:21Et donc là, ce que ça la confirme, c'est qu'effectivement,
09:23les Iraniens ont conservé cette capacité
09:25à frapper précisément les bases américaines,
09:27probablement avec de l'aide satellitaire chinoise et russe.
09:30Et donc effectivement, ça complexifie les choses
09:32pour Donald Trump.
09:32Contrairement à ce qu'il affirme,
09:34l'Iran a encore des capacités de se défendre.
09:36Certes, une partie de ses capacités ont été détruites,
09:39mais ils ont quand même la capacité
09:41non seulement de frapper les États-Unis,
09:42mais aussi de frapper massivement les pays de la région.
09:44Et donc ça complexifie l'équation.
09:46Après, en interne, c'est très compliqué
09:47parce qu'effectivement, il y a sans doute
09:49une partie de la population qui estime
09:50qu'il faut venger les morts.
09:52Je pense que Donald Trump essaie de jouer énormément là-dessus.
09:54En revanche, il y a aussi une autre partie de la population
09:56qui estime que trop, c'est trop
09:57et que perdre des boys pour une guerre
09:59dont on ne comprend pas véritablement le sens
10:02n'a aucun sens.
10:03Donc je pense que ça radicalise probablement
10:05les positions des deux camps aux États-Unis.
10:06Oui, et ça pose en outre deux problèmes
10:09au gouvernement américain
10:10qui a été mis face à ces contradictions
10:11et à ces mensonges hier
10:12lorsque Pete Excellente, le ministre de la guerre,
10:14a été entendu par une commission du Sénat
10:16parce qu'on lui a rappelé
10:17qu'au début du mois d'avril,
10:19il expliquait que l'Iran avait été rendu
10:21hors de capacité à combattre.
10:24Combat ineffective, avait-il expliqué.
10:26On avait gagné la guerre, c'était plié.
10:28Les Iraniens n'avaient plus de moyens.
10:31Horizonement, la preuve a été apportée
10:33notamment sur cette base en Jordanie d'une part
10:35et d'autre part, il a bien été obligé
10:37Pete Excellente de retourner devant le Sénat
10:39pour quoi faire ?
10:40Pour demander près de 70 milliards de dollars
10:43de rallonge parce qu'il a dû reconnaître
10:46l'autre mensonge du début du mois d'avril,
10:48c'est d'expliquer qu'il n'y avait absolument
10:49aucun problème de stock, de réserve
10:52d'armement américain.
10:53La réalité, c'est qu'il y en a
10:54et qu'il faut donc des dizaines de milliards
10:56de dollars supplémentaires pour continuer
10:59cette guerre qui est sur le point de rentrer
11:00dans son sixième mois.
11:02Il faut quand même s'en rendre compte aussi,
11:04sachant par ailleurs qu'il ne suffit pas
11:06de signer l'échec et de sortir les milliards
11:08puisque une étude récente d'un think tank
11:10de Washington expliquait qu'à peu près
11:12un tiers du stock de missiles en tout genre
11:15des Américains avait été utilisé depuis le début
11:18de ce conflit et que selon le type d'armement,
11:20ils font de 1 à 3, voire 4 ans
11:22pour renouveler ce stock.
11:24Donc c'est aussi cela la réalité
11:26de cette guerre pour les Etats-Unis aujourd'hui.
11:28Et le conflit a déjà coûté
11:2937,5 milliards de dollars aux Etats-Unis.
11:31C'est pas 87 milliards qu'il a demandé ?
11:33Oui, il a demandé 67.
11:35Plus 20 en fait aussi d'autres choses à côté.
11:38Laurent Saïm, il y a une volonté de dissimulation
11:40quand même de ça,
11:42de ce coup de la guerre
11:45économiquement et humainement
11:46aussi de la part de Donald Trump ?
11:50Oui, ce qui frappe ici,
11:52c'est vraiment cette dissimulation
11:53et notamment sur le bilan
11:55de ce qui s'est passé en Jordanie
11:57sur cette baisse militaire.
11:58Parce qu'on a vu à travers les vidéos
12:01qui ont circulé, faites par les Iraniens,
12:03que ça avait été une explosion très forte.
12:05Et puis samedi, officiellement,
12:07c'était « mais non, vous inquiétez pas,
12:09il y a eu deux morts
12:11et puis on recherche un soldat disparu ».
12:14Et là, depuis quelques heures,
12:15on s'aperçoit qu'il y a eu effectivement deux morts,
12:18dont cette jeune fille Isabella de 19 ans
12:22qui marque profondément les esprits américains.
12:24Ce matin, nos confrères de CNN,
12:26Wolf Blitzer, qui est un journaliste vedette,
12:29il avait les larmes aux yeux
12:30en parlant de cette jeune fille,
12:31de cette gamine
12:32qui est morte encore au Proche-Orient
12:34parce qu'encore et toujours,
12:35il faut le rappeler,
12:35il y a le traumatisme de la guerre
12:37en Irak, en Afghanistan.
12:39C'est à vie dans la mémoire des Américains.
12:41Ils ne veulent plus que les gamines et gamins
12:43meurent au Proche-Orient.
12:44Et ce que je voulais simplement vous dire,
12:46c'est que sur le bilan de la frappe iranienne
12:49sur la base militaire en Jordanie,
12:50avec nos confrères du New York Times,
12:52avec d'autres confrères américains,
12:54bien visiblement,
12:55c'est pas simplement deux morts,
12:58un soldat disparu et quelques blessés.
13:00Il y aurait eu des dizaines de blessés.
13:02Ils auraient été évacués
13:03sur une base militaire américaine en Allemagne.
13:06C'est très compliqué d'avoir des confirmations.
13:08Et c'est une guerre où Donald Trump dit
13:11qu'il va y avoir un deal,
13:12ne vous inquiétez pas.
13:13Mais en fait, il y a des gamins et des gamines
13:15qui sont en train de payer cher ce conflit
13:18en ce moment dans une Amérique
13:19qui, je le répète, selon tous les sondages,
13:21ne veut pas d'une autre guerre au Proche-Orient.
13:24Un chiffre, effectivement,
13:25qui illustre vos propos, Laurence.
13:26Seuls 37% des magas du camp
13:29Trump estiment que la guerre en Iran
13:31doit se poursuivre,
13:32quoi qu'il en coûte pour les Américains,
13:33c'était 50% il y a deux mois.
13:35Donc ça a quand même largement baissé.
13:36Et je voulais qu'on l'écoute, Donald Trump,
13:38qui le répète encore et encore,
13:41on ne peut pas laisser l'Iran
13:42obtenir l'arme nucléaire.
13:44On écoute le président des États-Unis.
13:47— Ils ont tous dit très fermement
13:49qu'on ne peut pas laisser l'Iran
13:50avoir une arme nucléaire.
13:51Ils ne vont pas avoir une arme nucléaire.
13:56Donc nous allons les honorer.
13:58Et pour moi, c'est l'une des choses
13:59les plus difficiles à faire en tant que président.
14:02Mais ça doit être fait.
14:03— Avez-vous des informations sur l'enquête
14:09visant à déterminer comment ils ont été tués ?
14:12— Non, l'enquête est en cours.
14:14Les résultats seront rendus publics.
14:16— Selon certaines informations,
14:18l'Iran aurait pris pour cible des casernes.
14:20— Je ne sais pas,
14:21mais ils vont le payer très cher.
14:23Ils sont en train d'être décimés.
14:27— Sergei Gironov,
14:28est-ce qu'il est en train de préparer l'opinion
14:30à une attaque prochaine
14:31sur des installations nucléaires ?
14:33Il dit quand même
14:33« C'est l'une des décisions les plus difficiles
14:36que je vais devoir prendre ».
14:37On sait que ces dernières heures,
14:39il avait parlé de frapper
14:40notamment la montagne de la Pioche.
14:42Est-ce qu'il est capable réellement
14:43d'aller jusqu'au bout de cette opération
14:45qui s'annonce plus que complexe ?
14:47— Il est capable,
14:47mais il s'en fiche par rapport à ça.
14:49S'il veut frapper, il frappera.
14:51Vous savez, c'est à distance.
14:53Il suffit d'envoyer les B2 ou les B1
14:55ou les B52 avec les...
14:57— Qui sont ces avions capables
14:58de larguer les bombes ?
14:59— N'importe quelle bombe,
15:00et compris les bombes atomiques.
15:02Vous savez, c'est les gros porteurs
15:04et les gros bombardiers nucléaires stratégiques.
15:08En revanche, cette histoire de nucléaire,
15:10en fait, il y a un parallèle
15:13qu'on voit entre Trump et Poutine.
15:15Poutine, à chaque fois,
15:16quand il perd quelque chose
15:18sur le front de sa guerre contre l'Ukraine,
15:21il sort l'argument nucléaire.
15:23Il nous sort comme un épouvantail
15:27pour l'Occident.
15:29Et Trump, c'est la même argumentation,
15:32mais en fait,
15:34si on continuait à transmettre
15:38cette vidéo là où il parle
15:40aux journalistes dans l'aéroport,
15:42on lui a posé la question.
15:43Mais vous savez,
15:44il y a de l'opinion américaine,
15:45il y a des Américains
15:46qui sont contre cette guerre.
15:47Et là, il retourne tout de suite la question.
15:49Vous voulez avoir...
15:50Vous voulez que l'Iran ait l'arme nucléaire ?
15:53Donc, en fait, il a compris
15:55que c'est l'argument aussi nucléaire.
15:57— C'est l'argument,
15:58mais est-ce qu'il y a un peu de vrai
15:59derrière quand même ?
15:59Est-ce que vous y croyez,
16:00vous, Miko Blujan-Mérède,
16:02à une future opération
16:03contre les installations nucléaires ?
16:05— Alors, très clairement,
16:06c'est l'épouvantail.
16:07Et c'est l'épouvantail que,
16:08effectivement,
16:08je rejoins complètement
16:09ce que dit Sergeï,
16:10c'est-à-dire que Donald Trump
16:10est obligé de revenir
16:11à cet épouvantail-là
16:12parce que le détroit d'Hormuz,
16:14ça ne mobilise pas.
16:15Et ça ne mobilise pas,
16:16notamment parce que,
16:16comme Thierry l'a bien dit tout à l'heure,
16:18les mensonges du début de la guerre
16:20et du mois d'avril
16:20ont été démontrés,
16:22en réalité,
16:23y compris dans l'électorat MAGA,
16:24donc proche de Donald Trump,
16:25évidemment,
16:26très pro-Trump,
16:26qui, effectivement,
16:27est en train de perdre
16:28son soutien à cette guerre.
16:30Donc, aujourd'hui,
16:31est-ce qu'on peut croire
16:32ou penser que Donald Trump
16:33va frapper, par exemple,
16:34la montagne de la pioche ?
16:35La réponse est oui.
16:36Et pour autant,
16:38derrière,
16:38il faut poser la question
16:39est-ce que ça va être efficace ?
16:40Ce qu'il faut bien avoir en tête ici,
16:42c'est que la réponse sur l'efficacité,
16:43elle est plutôt non.
16:44Parce que ce n'est pas du tout
16:45la même situation,
16:46la montagne de la pioche,
16:47que ce qu'on avait vécu
16:49lors de la guerre des 12 jours,
16:50c'est-à-dire en 2025,
16:52où là, pour le coup,
16:52quand les Américains
16:53avaient frappé le site de Fordo
16:55avec les bombardiers stratégiques B2
16:57qu'on voit d'ailleurs ici
16:58en illustration,
17:00avec ces bombes perforantes
17:01GBU-57,
17:02là, pour le coup,
17:03on était dans une situation
17:04où Fordo était moins en profondeur
17:06dans la montagne
17:07que ce qui est envisagé là,
17:09selon les services de renseignement
17:10israéliens ou occidentaux
17:11de manière générale,
17:12pour cette montagne de la pioche.
17:13Donc, le coût,
17:14par rapport à l'efficacité
17:15de la manœuvre,
17:16semble être à la fois dérisoire,
17:19mais pour Donald Trump,
17:19politiquement,
17:20particulièrement élevé.
17:21La montagne de la pioche,
17:22on en parle parce que
17:23ce serait un complexe,
17:25nucléaire souterrain secret
17:27où il cacherait potentiellement
17:29des centaines de kilos
17:30d'uranium en Russie.
17:31Général Sidos,
17:32vous êtes toujours avec nous.
17:33Vous partagez l'analyse
17:35de Miko Bujon-Méradici,
17:36c'est-à-dire que,
17:37même s'il s'en prenait
17:38à cette montagne-là,
17:39les résultats seraient
17:40assez peu probants ?
17:42Oui, tout à fait.
17:44Tout ce qui a été dit
17:45est tout à fait juste.
17:46Au bout d'un moment,
17:47c'est l'expérience
17:48des six derniers mois
17:49qui démontre,
17:49de toute façon.
17:51On est passé de frappes
17:53multi-objectifs
17:55avec les capacités missiles,
17:58les capacités nucléaires.
18:00On a eu le memorandum,
18:01on a arrêté la guerre
18:02et puis on l'a recommencé
18:04en se concentrant
18:05sur le détroit d'Hormuz.
18:06Donc ça fait deux semaines
18:07qu'on tape sur le détroit d'Hormuz
18:08pour rétablir la circulation maritime.
18:11Ça ne marche pas.
18:12Maintenant,
18:12on repasse sur la menace,
18:15effectivement,
18:15l'épouvantail
18:16d'un autre objectif
18:18qu'on n'a pas encore atteint,
18:19qu'on n'a pas encore visé,
18:21en se disant
18:21que finalement,
18:22ça va occuper l'opinion,
18:23ça va amuser tout le monde
18:25et puis voilà,
18:26je vais envoyer mes B2.
18:28Que faudrait-il militairement,
18:30justement,
18:30puisque vous parlez de B2 ?
18:31Quelle est la particularité
18:32de ces avions B2 ?
18:34Quel type de bombe
18:35faudrait-il larguer
18:36pour atteindre
18:38cet objectif,
18:39c'est-à-dire aller chercher
18:40cet uranium-orichi
18:41qui est enfoui
18:42à combien de kilomètres
18:42sous terre ?
18:44Ou alors la profondeur exacte,
18:45je ne sais pas.
18:46Ce que je sais,
18:47c'est qu'effectivement,
18:48le B2 est le seul
18:48qui puisse transporter
18:51cette énorme bombe,
18:52la GBU-57,
18:53de 13 tonnes,
18:54qui,
18:55alors les Américains disent
18:56que maintenant,
18:57ils ont trouvé la solution,
18:58c'est-à-dire qu'ils vont envoyer
18:59une première bombe
19:00qui va perforer 60 mètres
19:02et puis une deuxième bombe
19:03dans le même cratère
19:04qui va perforer
19:04à nouveau 60 mètres.
19:06Alors la profondeur exacte
19:07de la montagne de la pioche,
19:10je vous avoue
19:10que je l'ai un peu zappé,
19:12ça doit être du 300-400 mètres,
19:14peut-être moins d'ailleurs.
19:16Donc voilà.
19:17Mais une fois qu'elle aura,
19:18c'est pareil,
19:19une fois que la bombe aura perforé,
19:20elle va toucher des matières nucléaires.
19:22C'est quand même un peu dérangeant,
19:24ça également,
19:25détruire pour que tout ça,
19:26ça s'échappe dans la nature.
19:27C'est un petit peu bizarre.
19:29Donc il y a déjà ça.
19:31Mais vous savez,
19:32il y a un point
19:33qui est assez intéressant
19:34à relever.
19:36Dans l'audition
19:37que le secrétaire à la guerre
19:39a fait au Sénat
19:40avec le chef d'État-major des armées,
19:43Dan Kane,
19:43Dan Kane a dit une petite phrase
19:45très intéressante,
19:46d'autant plus qu'il est aviateur.
19:48Il a dit que
19:49la puissance aérienne
19:52avait atteint ses limites.
19:53Ça veut tout dire.
19:55Ça veut tout dire.
19:56Vous savez,
19:56depuis des années,
19:57on parle de la puissance aérienne,
19:58en particulier les Américains,
19:59qui peut tout résoudre,
20:00qui peut atteindre
20:01les objectifs militaires,
20:03donc des objectifs politiques.
20:04Eh bien,
20:05le général Dan Kane,
20:06devant le Sénat,
20:08très hésitant,
20:09quand on lui pose des questions précises
20:11sur le conflit,
20:12fera cette phrase
20:13« la puissance aérienne
20:15a atteint ses limites ».
20:16– Urik Bounah,
20:18vous souhaitiez réagir
20:20et vous me confirmiez d'ailleurs,
20:21et vous confirmez donc
20:22ce que dit à l'instant
20:23le général Sido,
20:24c'est-à-dire qu'a priori,
20:26le site est profond
20:27de quelques centaines de mètres,
20:28300, 400 mètres,
20:30et donc difficile à atteindre.
20:31– C'est ça,
20:31on parle d'au moins 120 mètres
20:32de profondeur
20:33pour les premiers tunnels,
20:34donc il est probable
20:35qu'il y en ait encore d'autres
20:35en dessous,
20:36il y a probablement plusieurs niveaux.
20:37Mais juste ce que je voulais rajouter,
20:39c'est que quand bien même
20:40ce site serait détruit,
20:41en fait les Iraniens
20:41ils en ont d'autres
20:42des sites secrets
20:43que par définition
20:44on ne connaît pas,
20:45et il faut bien comprendre
20:46que c'est cardinal pour eux
20:47et ça l'est d'autant plus,
20:48j'élargis un peu
20:49le spectre des choses,
20:50mais les États-Unis
20:51sont en train de signer
20:51un accord avec l'Arabie Saoudite
20:53pour un partenariat nucléaire
20:55et il est probable,
20:56on verra le détail de l'accord,
20:57que cet accord va permettre
20:58à l'Arabie Saoudite
20:59d'enrichir de l'uranium
21:00sur son territoire.
21:01C'est une ligne rouge
21:02pour l'Iran
21:02et il est très clair
21:03que les Iraniens,
21:04si cet accord est vraiment signé
21:05et s'il y a vraiment ça dedans,
21:07ne lâcheront du coup
21:08jamais leur programme nucléaire
21:09parce que c'est clairement
21:10une ligne rouge pour eux.
21:11Une incitation à enrichir
21:12encore plus que l'Iran ?
21:14Les Saoudiens ont déjà
21:15un protocole d'entente
21:17avec les Pakistanais,
21:18c'est-à-dire que c'est le Pakistan
21:20qui fait de la dissuasion élargie
21:23auprès des Saoudiens.
21:25La bombe GBU-57 de 13 tonnes,
21:28elle pénètre de 60-61 mètres,
21:30donc ils l'ont fait l'année dernière
21:31en 2025, une par-dessus l'autre.
21:34Le problème, c'est qu'on n'a jamais su
21:37quel avait été le résultat final de ça.
21:39Il y a un autre type de bombe
21:40qui pourrait être utilisée,
21:41c'est la GBU-43B, la MOAB.
21:45C'est quoi la différence ?
21:46C'est une bombe thermobarique,
21:48il y a une première explosion
21:50qui libère du gaz,
21:52le gaz pénètre dans les cavités,
21:54donc dans la caverne,
21:56et il y a une seconde explosion,
21:58une explosion secondaire
21:59qui, elle, on connaît tous
22:02les explosions de gaz dans une maison.
22:05Donc, si vous voulez,
22:06il y a plusieurs possibilités,
22:07mais je pense qu'il n'y a rien
22:08comme une opération au sol.
22:10Je ne suis absolument pas convaincu
22:12que les Américains sont prêts
22:13à faire une opération au sol
22:14pour aller voir
22:15si les dégâts sont conséquents.
22:19Ah, c'est possiblement
22:20qu'une opération terrestre
22:21qui permettrait d'aller chercher
22:24directement le nucléaire
22:26et de l'anéantir ?
22:27Que ce soit pour renverser
22:28le régime iranien
22:29ou que ce soit pour avoir
22:30le combustible nucléaire,
22:32une intervention terrestre
22:33est indispensable.
22:34Et le problème,
22:35c'est que Donald Trump,
22:35évidemment, ne le veut pas
22:36parce que derrière,
22:37il y a plein d'autres enjeux
22:38et le premier des enjeux,
22:39c'est le détroit d'Hormuz.
22:40Évidemment, quand on voit l'Iran
22:42qui annonce encore ce soir
22:43avoir officiellement miné
22:45la route sud du détroit d'Hormuz,
22:47là, c'est un autre épouvantail,
22:48cette fois-ci côté iranien
22:49parce que ça joue
22:50sur l'économie mondiale,
22:51ça joue sur le risque,
22:52évidemment, qui est porté
22:53par les assureurs,
22:54par les armateurs, etc.
22:55Et puis, pour ceux
22:56qui peuvent se demander
22:57ici en France
22:58en quoi quelque part
22:58ça les concerne,
22:59il n'y a pas que la question
23:00du carburant,
23:01il n'y a pas que la question
23:01évidemment du nucléaire,
23:02il n'y a pas que la question
23:03de la sécurité,
23:04tout ça derrière,
23:05c'est un certain nombre
23:06d'industries connexes
23:07qui sont touchées
23:08et de fait, si vous voulez,
23:10pour reprendre,
23:10pour paraphraser ce que dit
23:11la Marine nationale,
23:12notre défense commence au large,
23:13les incendies qu'on a en France
23:15commencent effectivement
23:16dans les Trois-Dormous.
23:17Et puis, la création
23:18d'un précédent aussi
23:19qui pourrait donner des idées
23:20à d'autres pays.
23:22Précisément.
23:22Merci.
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