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  • il y a 19 minutes
Amandine Demore, maire d’Echirolles
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##C_EST_A_LA_UNE-2026-07-22##

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News
Transcription
00:00C'est du jamais vu, du jamais vu, un maire exfiltré de chez lui en pleine nuit par le RAID,
00:04par le RAID pardon, parce que menacé par des narcotrafiquants,
00:08c'est ce qui est arrivé au maire d'Allez, je vous le disais,
00:10un Christophe Révinque dans la nuit de lundi à mardi.
00:12Il était déjà à ce moment-là sous protection policière,
00:14il avait notamment reçu un courrier contenant deux balles de 9mm,
00:19comme lui d'autres élus sont régulièrement menacés par des trafiquants de stupéfiants.
00:24C'est le cas de mon invité ce matin qui a accepté de prendre la parole sur Sud Radio,
00:27je l'en remercie, Amandine Demore, bonjour.
00:30Bonjour.
00:30Et bienvenue sur Sud Radio, vous êtes la maire communiste d'Echirole,
00:34Echirole c'est juste à côté de Grenoble.
00:36En début d'année, votre voiture de fonction a été incendiée en représailles à votre lutte,
00:41puisque vous vous battez vous-même sur votre commune contre le narcotrafic.
00:44Est-ce que vous pouvez, madame la maire, nous rappeler ce qui s'est passé à ce moment-là ?
00:48Alors, ce n'était pas la première fois que je me faisais intimider,
00:51mais c'était la forme la plus violente, j'ai envie de dire,
00:54puisqu'ils sont venus en bas de chez moi en pleine nuit,
00:57dans la nuit du 12 au 13 janvier dernier, pour incendier mon véhicule.
01:02Je les ai y compris vus à proximité, qui attendaient, regardaient ce qu'ils venaient de faire,
01:08cagoulés, masqués, voilà, des intimidations qui forcément marquent.
01:16J'imagine, j'imagine, parce que vous êtes chez vous, avec votre famille, vous voyez ça,
01:22forcément on a peur, on a peur quoi.
01:25Bien sûr, bien sûr qu'on a peur, j'ai surtout eu peur dans les jours qui ont suivi pour
01:29mes proches,
01:30c'est à eux qu'on pense en premier lieu.
01:34Mais après, ça ne m'arrêtera pas dans mon combat.
01:37Je me dis que s'ils sont capables de telles intimidations,
01:41c'est que l'action que je mène les dérange au quotidien.
01:44Donc ça renforce encore plus l'action que je peux mener pour ma commune,
01:49pour mes habitants, pour les gamins des quartiers, pour tout le monde.
01:53Ça vous encourage à continuer à vous battre, madame la maire, ça vous encourage ?
01:57Oui, oui, tout à fait, tout à fait, ça encourage parce que, vous savez,
02:03quand on est maire, on pense avant tout aux habitants et habitantes
02:07qui subissent ça de plein fouet tous les jours.
02:10Les formes les plus violentes du narcotrafic, on les voit dans les quartiers
02:15où les habitants rencontrent des difficultés sociales.
02:18Donc on est là pour prendre soin d'eux et les protéger au quotidien.
02:23Quelle autre intimidation vous avez vécu ?
02:25Vous disiez, c'est régulier.
02:28Alors, ce n'était pas la première fois, oui, parce qu'il y a maintenant deux ans,
02:33j'ai eu à fermer un bâtiment, le bâtiment Le Carrard, en plein cœur,
02:36du centre-ville d'Echireul, un bâtiment qui est entièrement grand-grainé par le narcotrafic.
02:40Et c'est là qu'ont commencé les premières intimidations.
02:43Après ce point de deal, le procureur de la République l'avait précisé,
02:47rapporté entre 12 et 15 000 euros par jour.
02:50Donc c'était un point de deal très rentable.
02:52Donc ils ont été très en colère de la fermeture de ce point de deal.
02:56Et la première intimidation a été de m'immobiliser mon véhicule
03:00à l'aide de deux motos au cœur du centre-ville d'Echireul.
03:03Voilà, pour me faire peur.
03:060 826 300 300, vous nous appelez.
03:09On sera dans un instant, Madame la maire, avec Olivier et Fabrice,
03:12qui veulent témoigner, et puis pourquoi pas aussi réagir à ce que vous dites,
03:17puisque c'est effectivement la preuve du courage d'une maire, en l'occurrence de vous,
03:22de ce combat que vous menez face aux narcotrafiquants qui sont prêts à tout, presque.
03:28Effectivement, quel conseil vous donneriez d'ailleurs aux élus, aux maires comme vous,
03:33qui sont confrontés, ou comme le maire d'Alès,
03:35qui se sont confrontés à ces intimidations, à ces menaces de narcotrafiquants ?
03:42Déjà qu'on s'apporte du soutien mutuellement,
03:45parce qu'on est plusieurs à vivre ces choses-là.
03:48Et d'ailleurs, j'en profite pour apporter tout mon soutien à mon collègue maire d'Alès,
03:53qu'on fasse des partages de bonnes pratiques et d'expériences,
03:57et surtout qu'on mène le combat commun pour demander plus de moyens auprès de l'État
04:00pour combattre le narcotrafique.
04:02Ce sera la meilleure façon quand même de tranquilliser les choses sur le territoire,
04:08tant pour les élus que pour les habitants.
04:09Est-ce que vous avez l'impression de ne pas être suffisamment soutenue par l'État ?
04:16Écoutez, moi ça fait plusieurs années maintenant que je demande un commissariat de plein exercice sur ma commune,
04:23une commune de 36 000 habitants, sans commissariat à Échirol,
04:28et je n'ai toujours pas de réponse, ni positive, ni négative.
04:32Pourtant, j'ai rencontré l'ancien ministre de l'Intérieur, le nouveau ministre de l'Intérieur,
04:36et aujourd'hui, les élus, ils attendent aussi des moyens, et des moyens humains, sur le terrain.
04:43Seule, une commune ne peut pas tout, c'est impossible.
04:46Je rappelle Amandine Demore, vous êtes la maire PCF d'Échirol,
04:49donc juste à côté de Grenoble, 0826 300 300,
04:52nous sommes avec Olivier Tenet de Boquière.
04:55Bonjour Olivier.
04:56Oui, bonjour.
04:58Vous avez entendu le témoignage à l'instant d'Amandine Demore.
05:01Oui, je viens de l'entendre, mais bon, quand on parle du maire d'Alès,
05:05parce que je ne suis plus près d'Alès que de Grenoble,
05:08qui a été exfiltré, donc, en pleine nuit.
05:11Oui, mais quand on parle de la DZ Mafia à l'Est, je ne crois pas à l'instant,
05:16ce sont les bandes locales qui font ça, c'est leur territoire.
05:19La DZ Mafia, elle ne s'attaque pas aux bandes rivales,
05:22elle ne s'attaque pas aux politiques jusqu'à maintenant.
05:26Là, par exemple, le maire de Tarascon vient de faire nettoyer tout un quartier,
05:31le ferrage de Tarascon, gangréné par la drogue,
05:33il fait venir deux quarts de CRS, ils ont fouillé partout,
05:36ils ont tout nettoyé, ils ont arrêté des arrestations, des saisies,
05:40il n'y a pas eu de gros présailles, pour l'instant, il n'y a rien.
05:44Et parce qu'il s'est attaqué à des bandes locales.
05:46Touchons du bois, touchons du bois quand même, Olivier.
05:48Oui, mais j'espère qu'il ne faut pas accuser chacun,
05:52je pense que localement, les gens, ils veulent défendre leur bistec.
05:57Je ne comprends pas, je sais pourquoi ils le font, c'est pour l'argent.
06:02L'argent, ça profite aux commerces locaux et tout.
06:05Alors, je vais être méchant quand je dis ça, parce que c'est un trafic parallèle,
06:10où l'État ne prend pas d'argent, mais où tous les autres sont gagnants.
06:15Est-ce que la lutte, je pense que la mer des Chiroles, je la plains,
06:21parce que quand il y a des menaces comme ça, c'est grave,
06:25mais elle n'y arrivera pas, elle n'y arrivera jamais.
06:28Parce que ça s'est toujours vendu et ça se vendra toujours.
06:31On ne pourra jamais rien faire, les politiques ne veulent rien faire.
06:34Parce que c'est quand même grave.
06:36Hier, on était en famille, dans ma famille, il y a plein de policiers.
06:40On en discutait.
06:42La DZ Mafia, les renseignements savent qui c'est.
06:46Et il ne faut rien.
06:47Il y a des arrestations.
06:49Il y a des arrestations.
06:50Oui, mais on n'arrête pas les...
06:51Il y a les têtes de réseau qui sont en prison actuellement,
06:54dans des quartiers haute sécurité.
06:57Si je veux acheter un lance-roquette à Bocquer, je sais où il y en a.
06:59Moi, si je le sais,
07:01et je ne dois pas être le seul,
07:03et personne, la police ne va pas les arrêter.
07:05Il y a des calafikovs, il y a des lance-roquettes, il y a de tout.
07:09On ne fait rien.
07:10On ne fait rien.
07:11Tout le monde est au courant.
07:12Donc, à un moment donné, je pense que l'État,
07:14il met ses bras, ou je ne sais pas, je me pose des questions.
07:18Ça va voir, est-ce qu'il n'est pas compliqué ?
07:20Vous posez les questions.
07:21On est toujours avec Amandine Demor,
07:23maire d'Echirol,
07:24qui a été menacée, intimidée par des narcotrafiquants.
07:28Amandine Demor, vous vous entendiez à l'instant,
07:30Olivier, il est assez pessimiste
07:32quant à la lutte contre les narcotrafiques.
07:35Vous, vous continuez de vous battre.
07:37Qu'est-ce qui vous anime dans votre combat ?
07:38C'est que vous pensez que vous pouvez y arriver.
07:42Bien sûr qu'on peut y arriver,
07:44je le répète, si on s'en donne les moyens.
07:48Monsieur, rappelez le travail de la police au quotidien
07:51et le fait que, potentiellement,
07:55il n'irait pas jusqu'au bout.
07:56Moi, je rappelle qu'aujourd'hui,
07:57la police manque de moyens dans notre pays.
08:00Moi, je suis sur une agglomération,
08:02l'agglomération grenobloise,
08:03où il manquerait une centaine de postes.
08:05Donc, pouvoir faire son travail correctement
08:08en sous-effectifs,
08:09tels qu'ils le sont aujourd'hui sur notre agglomération,
08:12ça complexifie quand même le travail,
08:14et notamment le travail d'enquête,
08:16qui est long et laborieux sur la question du narcotrafique.
08:19C'est ce qu'on voyait d'ailleurs avec un policier du côté d'Alès,
08:22où il manque cruellement d'effectifs,
08:25et puis notamment avec la police judiciaire,
08:27qui n'est pas là, en tout cas,
08:28ils ne sont pas assez nombreux.
08:30On est également avec Madame la maire,
08:32on est avec Fabrice Doloron-Sainte-Marie.
08:35Bonjour Fabrice.
08:36Bonjour Benjamin, bonjour Madame la maire.
08:38Vous voulez réagir ?
08:40On vous écoute, Fabrice.
08:43Moi déjà, je voudrais apporter tout mon soutien à Madame la maire.
08:48Les élus municipaux,
08:49c'est les élus les plus purs de la République.
08:51Ce sont les gens qui s'engagent vraiment pour des valeurs,
08:54qui s'engagent vraiment pour le bien-être direct de leur population,
09:00et ce sont bien souvent les laissés pour compte.
09:03Ils se battent au quotidien avec des moyens qu'on leur enlève,
09:08qu'ils n'ont pas.
09:10Ils font beaucoup avec le peu qu'ils ont.
09:12Et moi, ça me révolte de voir que des gens comme ça puissent être mémoçés.
09:19On communique beaucoup.
09:21Il y a beaucoup au niveau des services plus haut placés.
09:26Ça fait presque un quart de siècle qu'on fait du grand n'importe quoi.
09:29On a fermé des gendarmeries,
09:31on a fermé des commissariats de police.
09:34Par contre, on communique.
09:35Ah, qu'est-ce qu'on communique ?
09:36Ah, qu'est-ce qu'on fait ?
09:37Ça, on parle.
09:38On parle, mais un bon politique,
09:40ce n'est pas que celui qui parle,
09:41c'est celui qui agit.
09:42Et là, dans les actes, ces gens-là...
09:44Alors, ce qui arrive...
09:46Oui, pour conclure rapidement, Fabrice.
09:48C'est ce qui arrive aussi à la population depuis des années.
09:50Et maintenant, ça commence à monter.
09:53Pardon, pardon, je vous ai coupé.
09:55Merci, Fabrice.
09:56Non, je voulais juste laisser un peu de temps
09:58pour conclure avec Mme la maire d'Echirol,
10:01près de Grenoble, Amandine Demors.
10:03Merci beaucoup, effectivement,
10:04pour votre message et puis votre soutien.
10:07Vous l'avez entendu aux élus locaux que vous êtes,
10:10Amandine Demors.
10:11Il dit, voilà, la politique,
10:13ça communique, ça parle, ça parle.
10:15Vous, vous êtes en contact
10:16avec l'ancien ministre de l'Intérieur,
10:18le nouveau, vous avez l'impression
10:19qu'on est juste dans de l'affichage,
10:21dans de la communication.
10:22C'est le sentiment que vous avez aussi,
10:24vous-même ou pas ?
10:26Alors, j'ai beaucoup d'écoutes
10:27à chaque fois de leur part,
10:29sur chacun des rendez-vous.
10:30D'accord.
10:31Ça, c'est indéniable.
10:33Après, on ne partage pas
10:36la façon d'avancer
10:38et la façon de, comment dire,
10:40de traiter les questions de sécurité.
10:43Puisque moi, je me bats auprès d'eux
10:45pour le retour de la police de proximité,
10:47qui avait été supprimé
10:48il y a une vingtaine d'années
10:49par Nicolas Sarkozy.
10:50Et là, j'avoue,
10:51ne pas avoir beaucoup d'écoute non plus.
10:53Moi, j'estime que nos concitoyens
10:55et concitoyennes ont besoin
10:56de retrouver leur police en proximité,
10:59quotidiennement, dans les rues,
11:00en îlotage, c'est-à-dire
11:01en balade pédestre, dans les rues.
11:03Ça apporterait quand même
11:05beaucoup de tranquillité,
11:06de sérénité,
11:07et que ça réglerait bon nombre
11:10de situations et d'occupations
11:11illégales d'espaces publics.
11:13Je vous remercie infiniment
11:14d'avoir accepté de prendre la parole
11:16ce matin sur Sud Radio Amandine Demor.
11:18Je rappelle, vous êtes maire PCF
11:19d'Echirolles,
11:19juste à côté de Grenoble.
11:21Ça permet aussi de mettre
11:22les choses en perspective
11:23et de comprendre véritablement
11:24ce qui se passe.
11:25Et effectivement,
11:26je rejoins Fabrice,
11:27soutien à nos élus locaux,
11:29aux maires qui sont en première ligne,
11:31comme vous Amandine Demor.
11:32Bon courage à vous.
11:33Passez une bonne journée.
11:35Au plaisir.
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