Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 heures
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry

———————————————————————

▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/

———————————————————————

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr

##L_INVITE_DU_GRAND_MATIN-2026-08-14##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour, soyez la bienvenue. Est-ce que vous avez le sentiment cet été qu'on a franchi un cap avec
00:05ces nombreux réacteurs mis à l'arrêt ?
00:10Alors je pense que le cap, on l'a franchi dans la conscience des Français et des Françaises que le
00:16réchauffement climatique est un enjeu du futur
00:19et qu'il va falloir, un, lutter contre le réchauffement climatique et finalement s'adapter.
00:24Et c'est en fait ça qui est là l'enjeu aujourd'hui dont on va parler, c'est l
00:29'adaptation des outils industriels au réchauffement climatique, effectivement.
00:33Alors justement, est-ce que les outils industriels que vous évoquez sont prêts et sont là pour faire face à
00:43ces problèmes de refroidissement dans certaines de ces centrales ?
00:48Alors oui, vous avez vu, il y a effectivement une dizaine de centrales qui sont ce qu'on appelle thermosensibles.
00:55Il faut bien comprendre que ce sont des centrales qui ont été en fait conçues et construites dans les années
01:0180, 70 et 80.
01:03Et donc à ce moment-là, effectivement, les températures extérieures et les températures des fleuves n'étaient pas celles que
01:08nous avons aujourd'hui.
01:09Donc comme je vous le disais, EDF est en train d'analyser et de réfléchir comment adapter l'ensemble du
01:15parc.
01:15Alors ce n'est pas l'ensemble du parc, comme évidemment vous l'avez bien compris, c'est à peine
01:20une dizaine de centrales.
01:22Alors sur un parc de 57 réacteurs, une dizaine de réacteurs, c'est encore supportable, on va dire, pour la
01:30production d'électricité,
01:31puisque comme vous le voyez, on n'en manque pas.
01:32On continue à exporter de l'électricité vers les pays voisins européens.
01:36Et donc vous voyez que EDF, pour l'instant, se dit, moi je fais le job, c'est-à-dire
01:42je produis de l'électricité pour les besoins des Françaises et des Français.
01:47Justement, Emmanuel Gallichet, c'est intéressant de s'arrêter une seconde sur ce calcul-là.
01:54Aujourd'hui, selon l'AFP, on aurait une baisse de 20% de la production nucléaire.
02:01Jusqu'où peut-on aller dans cette baisse ? Jusqu'où c'est supportable face à nos besoins énergétiques pour
02:08un été comme celui qu'on vient de connaître ?
02:11Alors, en été, il faut voir qu'au niveau totalité de la production d'électricité, des besoins d'électricité des
02:17Françaises et des Françaises,
02:18on est autour un peu moins de 50 gigawatts de puissance installée.
02:22Aujourd'hui, le parc nucléaire, c'est à peu près 63 gigawatts de puissance installée.
02:29Donc vous voyez que, quels que soient les besoins, en fait, le parc, bien qu'il soit effectivement dans certains
02:36réacteurs soient arrêtés,
02:38il reste encore largement au-dessus des besoins des Françaises et des Françaises.
02:44Surtout qu'il ne faut pas oublier, nous avons un mix électrique, nous n'avons pas que le nucléaire, nous
02:48avons l'hydraulique, nous avons le solaire aussi,
02:51qui produit beaucoup en ce moment, évidemment, puisqu'il y a beaucoup de soleil.
02:55Oui. Alors, revenons aux solutions qui sont envisagées pour faire face au refroidissement des réacteurs, puisque c'est bien là
03:03qu'est le problème.
03:04Quelles sont aujourd'hui ces solutions, je dirais d'un point de vue technique, pas forcément d'un point de
03:09vue décisionnel, mais d'un point de vue technique ?
03:13Alors, il en existe plusieurs. Il y a déjà des réacteurs qui produisent de l'électricité dans des déserts,
03:19comme aux États-Unis, à Palau-Vardé, à Baraka, aux Émirats Arabes Unis.
03:24Donc il n'y a pas de verrou technologique à cela. Ce n'est pas un problème de sûreté nucléaire,
03:29ça il faut bien l'avoir en tête.
03:31Donc en fait, les solutions sont de mettre, comme disait votre auditeur, des tours aéroréfrigérantes en plus,
03:41ce qu'on appelle un dispositif CVP. C'est ce qui se passe à Sivaud déjà. Sivaud a quatre tours
03:50aéroréfrigérantes.
03:51Et donc en fait, il se trouve que cette centrale rejette de l'eau plus fraîche qu'elle ne l
03:57'avait prélevée.
03:58Donc vous voyez qu'en fait, avec une tour aéroréfrigérante, il faut bien comprendre qu'en fait,
04:03la chaleur qu'on enlève du circuit de refroidissement, il part dans l'atmosphère.
04:08C'est ces fameux panaches blancs que vous voyez lorsque vous passez à côté de ces centrales-là.
04:14Et donc, ça c'est effectivement un dispositif qui peut être rajouté un peu partout sur des centrales.
04:22Alors évidemment, ça a un coût.
04:23Il faut bien voir qu'un industriel tel qu'EDF, et d'ailleurs tout industriel, va regarder quels coûts bénéfices
04:30avant de prendre une décision de rajouter des tours aéroréfrigérantes à l'ensemble du parc, évidemment.
04:37Aujourd'hui...
04:38Oui, pardon.
04:39Non, je voulais juste préciser cette question-là, justement, effectivement,
04:43dont parlait tout à l'heure notre auditeur sur ces tours aéroréfrigérantes.
04:47Est-ce qu'effectivement, ça n'est qu'une partie du parc qui en est équipée ?
04:54Et jusqu'où devons-nous aller ?
04:56J'imagine qu'il faudra à terme que tout le parc en soit équipé.
05:02Alors oui, tout le parc n'est pas équipé de cela.
05:04Il y a ce qu'on appelle des centrales en circuit ouvert.
05:07Donc elles prélèvent, elles rejettent directement dans le fleuve, voire dans la mer.
05:12Là, il n'y a pas la problématique du refroidissement avec la mer,
05:15puisque avec les courants marrants et les dilutions, c'est beaucoup plus fort.
05:20Et donc, il n'y a pas ce problème-là.
05:21Et donc, ensuite, vous avez le reste du parc qui sont sur des tours aéroréfrigérantes.
05:26Et donc, c'est finalement, effectivement, vraiment les centrales, les sites où il n'y a pas...
05:32qui sont sur des circuits ouverts, qui rejettent directement sans passer par des tours aéroréfrigérantes,
05:36sur lesquels il va y avoir une vraie réflexion pour voir si, finalement,
05:41est-ce qu'on a vraiment besoin de rajouter des tours ?
05:43Ou alors, peut-être, les mettre en maintenance l'été, en particulier ces centrales-là.
05:50Donc, en fait, faire une réorganisation des maintenances des centrales.
05:55Emmanuel Gallichet, enseignante, chercheur en sciences et technologies nucléaires au Centre National des Métiers.
06:00Avec vous, on s'intéresse et on décrypte cette situation avec ces 13 réacteurs,
06:06nous dit-on, qui ont été soit ralentis, soit stoppés face aux problématiques dues à la chaleur.
06:11Alors, en préparant cet entretien, j'ai vu qu'il y avait cette histoire de Gravelines avec ces méduses.
06:17Ça peut faire sourire.
06:18Qu'est-ce qui s'est passé exactement à la centrale de Gravelines ?
06:21On a craint, il y a deux jours, si j'ai bien compris, un arrivage massif.
06:25On ne sait pas qu'on a craint, c'est qu'il est vraiment arrivé, cet arrivage massif de méduses.
06:30Et donc, on a, par précaution, arrêté deux ou trois réacteurs, me semble-t-il.
06:37On n'a pas voulu prendre de risques.
06:38Pourquoi ? On ne peut pas les filtrer, ces méduses ?
06:41Alors, elles le sont déjà.
06:43Il y a déjà, sur les prises d'eau de Gravelines en mer,
06:46il y a déjà un certain nombre de filtres qui permettent, évidemment,
06:51de ne pas emporter les méduses, les crevettes, toute cette faune
07:00vers, évidemment, le condenseur et le reste de la centrale.
07:05Alors, le problème de la nature, c'est comme les inondations,
07:10c'est comme les tempêtes, les tornades, etc.,
07:12sont des choses qui sont un peu imprévisibles.
07:14Aujourd'hui, il n'y a pas de scientifiques,
07:17et il n'y a pas de calcul informatique qui vous permette de prévenir
07:22à la minute, à l'heure, ce genre d'afflux naturel de méduses.
07:29Donc, effectivement, ils ont déjà des protections.
07:33Ils ont déjà une surveillance renforcée.
07:36Ils font des pêches préventives pour, justement, éviter trop d'afflux.
07:40Mais là, ce week-end, il y a eu vraiment un afflux extrêmement important.
07:44On parle de dizaines de tonnes, et qui a fait que, finalement,
07:48il a fallu arrêter les réacteurs pour, justement, ne pas les abîmer.
07:53Donc, on est là sur une... c'est tout à fait prévisible, ça, pour le coup.
07:57On les arrête correctement.
07:59C'était plutôt une action, en réalité, vertueuse.
08:01C'est ce que vous nous dites.
08:02Absolument.
08:03Alors, dans le détail également, et ça m'intéresse d'avoir votre point de vue précis
08:08sur ce que j'ai vu dans les Ardennes ou en Moselle, où on a mis à l'arrêt un
08:13certain nombre,
08:14ou baissé la production, soit la mise à l'arrêt, soit le ralentissement, donc, de ces réacteurs,
08:21en raison d'une baisse du débit de la Meuse et de la Moselle.
08:25Et là, j'ai envie de dire, c'est peut-être un peu plus inquiétant,
08:28parce qu'on n'imagine pas que le débit soit plus important dans les années à venir,
08:32sur les prochains étés.
08:33Donc, comment on va faire face dans ces régions-là ?
08:36Alors, oui, effectivement, le débit, c'est une vraie problématique technique.
08:42Donc, si vous avez vu aussi, chez nos voisins à l'Est,
08:48il y en a qui commencent sur le Danume, dès cette semaine, on va dire,
08:53à essayer de relever le lit du fleuve pour permettre à l'eau,
08:58même si le débit est petit, d'aller dans les prises d'eau des centrales.
09:02Il va y avoir une réflexion, effectivement, sur les deux sites,
09:08Chaux et Cattenant, qui ont ce genre de problématique sur les débits.
09:12Alors, pour l'instant, ce n'est pas une problématique technique encore.
09:14Le débit est assez important pour que les centrales puissent continuer à produire.
09:18Simplement, là, c'est un... vous l'avez peut-être lu,
09:21c'est une problématique... on a une collaboration, une convention,
09:26avec un traité, avec les voisins, le Luxembourg et la Belgique,
09:31pour, finalement, la coactivité des deux fleuves,
09:34c'est-à-dire qu'ils puissent aussi, eux, prélever de l'eau.
09:38D'accord.
09:38Donc, nous, on est en amont, c'est nous qui sommes les premiers à prélever,
09:42et donc, si on prélève trop, eux, ils n'en auront pas du tout.
09:45D'accord.
09:45C'est dû à un accord et à un partage du débit de l'eau et de la nature,
09:51bien entendu, ce qui est tout à fait normal.
09:53Vous faisiez référence à la situation plus à l'est.
09:56Je lisais l'attitude de l'armée roumaine qui a fait sauter une roche
10:00pour tenter de faire déverser de l'eau froide dans le Danube
10:03pour ce qui est de la centrale de Servanoda.
10:05Et, en plus, ça n'a pas suffi, parce qu'il a quand même fallu l'arrêter quelques jours après.
10:09Là, j'ai envie de dire, c'est le très mauvais exemple à ne pas suivre, évidemment,
10:13d'un point de vue écologique.
10:14Alors, d'un point de vue écologique, oui et non.
10:18Je ne sais pas du tout.
10:19Là, je ne suis pas assez compétente pour savoir
10:20qu'est-ce que l'explosion d'une roche dans un fleuve
10:24peut avoir comme répercussion sur la faune et la flore.
10:27C'est sûr que cette centrale-là a des soucis, effectivement.
10:33Si le débit reste aussi faible,
10:36il va falloir peut-être passer sur un circuit fermé à ce moment-là
10:40en construisant des tours aéroréfrigérantes.
10:43Mais, encore une fois, il va falloir faire une analyse coût-bénéfice
10:49pour savoir si, finalement, ça ne coûte pas trop cher
10:52pour pouvoir faire exploiter encore cette centrale.
10:56Emmanuel Gallichet, c'est ma dernière question.
10:59Vous êtes enseignant de chercheur en sciences et technologies nucléaires
11:01au Centre National des Métiers.
11:02et on vit un été extrêmement compliqué.
11:05Avec combien de centrales nucléaires peut-on fonctionner
11:09pour faire face aux besoins ?
11:12Aujourd'hui, si je compte bien, 57 centrales, 13 réacteurs à l'arrêt,
11:18donc environ 44 qui fonctionnent.
11:21Est-ce qu'on peut descendre encore un petit peu ?
11:24Est-ce qu'on a une marge ?
11:25Ou bien est-ce qu'on n'est pas loin de la limite ?
11:27Oui, on a encore une marge, d'autant plus que, comme je vous le disais,
11:31on a un mix électrique.
11:32C'est-à-dire que nous avons aussi le soleil, l'éolien et l'hydraulique.
11:36Mais si je parle uniquement du nucléaire,
11:38est-ce qu'on est à 65 ou 70% du besoin énergétique total avec le nucléaire ?
11:44Est-ce que les 44 centres nucléaires suffisent ?
11:50Alors, il faudrait faire le calcul.
11:52J'avoue, je ne l'ai pas fait.
11:53Ça doit être...
11:55Si on fait grosso modo,
11:57disons que chaque centrale est à peu près de 1 gigawatt,
12:00vous voyez que vous en avez 44, à peu près 44 gigawatts,
12:03on est encore souverain, je dirais.
12:08On est encore autosuffisant avec ce calcul-là.
12:15Merci beaucoup, Emmanuel Gallichet, d'être intervenu sur Sud Radio
12:20pour nous éclairer sur cette problématique
12:24qui est une nouveauté.
12:26Faire face, comment faire face avec ces nombreux arrêts
12:29dus à la canicule, dus au manque d'eau,
12:31dû, on l'a vu, aux méduses par ailleurs,
12:34mais également aux infrastructures
12:36avec ces fameuses tours aéros réfrigérantes
12:39qui doivent être sans doute installées en plus grand nombre à l'avenir
12:43pour faire face à nos étés caniculaires.
12:45Il est 8h29, merci, bonne journée à vous, Emmanuel Gallichet.
12:49Et dans un instant, on va prendre la direction
12:52d'une bonne adresse pour nos restaurants.
12:56A tout de suite.
12:577h10h, le Grand Matin Sud Radio
13:00Sud Radio
13:02Parlons
Commentaires

Recommandations