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  • il y a 9 minutes
Avec Hervé Coué, directeur de l'école de la deuxième chance de Seine-Saint-Denis

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##TETE_TAF-2026-09-13##

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News
Transcription
00:00Sud Radio, la tête dans le taf, Didier Meyrand, avec Keréa, l'expert des solutions de prévention en entreprise.
00:08Le travail c'est la santé, rien de faire c'est la conserver, les prisonniers des boulots font pas de
00:22vieux sourds.
00:24Bonjour à tous, je suis très heureux de vous retrouver pour la tête dans le taf.
00:29Ce travail qui nous entête, ce travail qui nous prend la tête, comme dirait les plus jeunes et des jeunes
00:34justement, nous allons en parler aujourd'hui.
00:36Et pourtant, le travail c'est la santé selon la chanson.
00:41Le travail ça nous permet aussi de grandir, d'apprendre et de remplir accessoirement les charions au supermarché.
00:47Cette semaine, nous parlerons d'une deuxième chance pour les jeunes vers l'insertion professionnelle.
00:53Et nous en parlerons avec l'école de la deuxième chance.
00:56Nous verrons qu'il n'est pas toujours aisé d'accueillir un enfant dans une famille qui travaille.
01:02Nous parlerons de ces bons points que l'on distribue au travail pour encourager.
01:06Et des enfants que l'on garde aussi le soir après le boulot.
01:09Et je reçois Hervé Coué, qui est le premier vice-président du réseau des écoles de la deuxième chance.
01:15Bonjour.
01:16Bonjour.
01:16Alors dites-nous, le réseau des écoles de la deuxième chance c'est toute une histoire.
01:20Et ça commence par une histoire de femme et elle s'appelait Edith Cresson.
01:23En effet, merci de me recevoir.
01:24Edith Cresson a créé en 1998 la première école de la deuxième chance avec à l'époque le maire de
01:31Marseille
01:31pour une expérimentation destinée à des jeunes très éloignés de l'emploi, sans diplôme ni formation
01:37et qui avaient malgré tout une motivation certaine pour développer un projet professionnel
01:43de telle façon à s'insérer dans la société et trouver un emploi durable.
01:47Donc la cible, ce sont les jeunes qui se sont un petit peu égarés soit avec le système éducatif,
01:53soit au cours d'une première connexion avec l'emploi qui ne s'est pas toujours bien passé.
01:58C'est exactement ça.
01:59Ce sont ou des jeunes qui n'ont pas su saisir leur première chance de par leur condition de vie
02:06personnelle
02:06ou alors c'est que le système éducatif tel qu'il est n'était pas adapté à leurs problématiques et
02:11à leurs besoins.
02:12Et pour le travail, il est vrai que certains jeunes se font des idées un petit peu obsolètes
02:17de ce qu'est un emploi, de ce qu'est un job.
02:19Et de ce fait, ils reviennent chez nous pour qu'on puisse leur apporter toutes les réponses,
02:24toutes les bonnes pratiques pour intégrer durablement une entreprise.
02:28Alors combien de jeunes vous avez accompagnés depuis la création ?
02:32Alors depuis la création, ce sont des milliers de jeunes.
02:35Un chiffre pour l'année 2025, au réseau national, nous avons accueilli 17 917 jeunes,
02:40presque 18 000 jeunes, c'est l'objectif que l'on espère dépasser en 2026.
02:44Et vous travaillez avec des entreprises qui sont partenaires et qui jouent le jeu ?
02:47L'entreprise est au cœur de notre dispositif pour plusieurs raisons.
02:51D'une part, c'est pour développer des connaissances socioprofessionnelles pour nos jeunes,
02:54mais c'est aussi surtout ce qu'on disait tout à l'heure,
02:56c'est que les jeunes puissent arriver dans le monde de l'entreprise avec des codes,
03:00avec des codes, comme je le disais, de telle façon à ce qu'ils puissent s'intégrer durablement.
03:05C'est ce qu'on travaille à l'école et comme c'est une formation en alternance,
03:08nos jeunes, toutes les trois semaines, après avoir passé trois semaines à l'école,
03:12vont trois semaines en entreprise et c'est gagnant-gagnant
03:15puisque les entreprises qui reçoivent nos jeunes s'aperçoivent que le cœur de notre métier
03:19est aussi de travailler sur la citoyenneté et les soft skills,
03:22mais ça le permet aussi aux entreprises de connaître le jeune qu'il risque d'embaucher demain.
03:26Alors comme à l'école, c'est un sujet qui est cher cette semaine à Fabienne Broucaret
03:31qui est rédactrice en chef du site My Happy Job et des magazines Courrier Cadre et Rebillir.
03:36Bonjour Fabienne.
03:38Bonjour Didier.
03:39Dans ta chronique Happy Job, tu vas en effet nous parler des bons points,
03:43les bons points que l'on remet peut-être pas suffisamment dans l'entreprise
03:46alors qu'à l'école on en avait presque pris l'habitude.
03:50Exactement, alors que tout le monde se rassure, je ne vous ramène pas sur les bancs de l'école,
03:53c'est simplement mon point de départ.
03:55Ma fille est en CM2 et depuis la rentrée elle revient ravie de l'école.
03:58Il y a notamment un petit détail qui l'enthousiasme particulièrement.
04:02Sa maîtresse met des tampons pour commenter ses dictées et ses exercices.
04:05Des bravo, tu assures, continue comme ça.
04:07Et je le vois bien, ça la motive vraiment.
04:09Pourquoi ? Parce que sa maîtresse ne reconnaît pas seulement le résultat avec des biens, très biens,
04:13elle l'encourage en valorisant aussi ses efforts et son investissement.
04:16En refermant son cahier, je me suis demandé à quel moment est-ce qu'on arrête de faire ça ?
04:20Parce qu'en France, il faut quand même se rendre compte que 44% des salariés
04:24ont déjà démissionné en raison d'un manque de reconnaissance,
04:27selon une étude menée par EIS en 2025.
04:30Ainsi, au travail, on sait généralement très bien dire ce qui ne va pas,
04:33on pointe du doigt les erreurs,
04:34on rappelle un objectif qui n'a pas été atteint,
04:36on demande de faire mieux.
04:38Mais combien de fois prend-on simplement le temps de dire
04:40« Bravo, j'ai vu les efforts que tu as faits, tu as vraiment bien géré ce dossier-ci ?
04:44»
04:44Bravo, un bravo que beaucoup de salariés et de collaborateurs
04:47voudraient entendre au quotidien de leur manager, si j'ai bien compris.
04:50Tu proposes au manager d'acheter, entre guillemets, des tampons
04:53et puis voilà, bravo, c'est bien, poursuit, des tampons d'encouragement en fait.
04:59Franchement Didier, ça pourrait être une idée.
05:01Non mais plus sérieusement, la reconnaissance,
05:03ce n'est pas juste quelque chose de sympathique pour faire plaisir,
05:06voire qui améliore l'ambiance.
05:07C'est un véritable outil de management.
05:10La reconnaissance joue sur la motivation, la qualité du travail,
05:13les relations dans l'équipe, l'envie, comme on l'a déjà dit,
05:15de rester ou non dans son entreprise, mais aussi sur la santé.
05:18Une étude internationale d'Osetaner, publiée cette année,
05:22montre par exemple que les salariés qui bénéficient de reconnaissance au travail
05:26présentent un risque de burn-out réduit de 48%.
05:29Donc avant d'inventer un nouveau programme de fidélisation des talents
05:32ou de qualité de vie au travail avec un nom en anglais
05:35et un budget à six chiffres,
05:36on peut peut-être commencer déjà par dire merci.
05:39Et bonne nouvelle, la reconnaissance à cet avantage,
05:41elle peut être quotidienne, immédiate et gratuite.
05:44Autre avantage, la reconnaissance n'est pas une affaire
05:46qui descend uniquement du manager vers les collaborateurs.
05:52Exactement, la reconnaissance doit circuler dans les équipes.
05:55Entre collègues, merci pour ton coup de main qui m'a vraiment aidé,
05:57mais aussi d'un collaborateur à son manager.
06:00J'ai apprécié que tu m'écoutes et que tu me fasses confiance.
06:02Et on se rend compte à travers ces exemples
06:04que la motivation n'existe pas sous une seule forme.
06:07Les travaux du professeur en management Jean-Pierre Brun
06:09en distinguent d'ailleurs quatre.
06:10On peut reconnaître la personne elle-même,
06:13sa manière de travailler, son investissement
06:15et bien sûr ses résultats.
06:16Et la nuance est importante,
06:18car si on ne félicite que les champions de son équipe,
06:20on oublie parfois celui qui a progressé,
06:23aidé les autres, mais qui n'a pas forcément terminé en premier.
06:26Si on félicite tout le monde tout le temps,
06:29ça finit peut-être par perte de sa valeur en fait.
06:31C'est moins valorisant.
06:34Complètement.
06:35Sauf si on garde en tête un point important.
06:37Apporter de la reconnaissance,
06:38ce n'est pas distribuer des bons points pour faire plaisir.
06:41Et c'est là qu'on en arrive à la notion de feedback.
06:43Comme le rappelle Raphaël Messonnier dans son livre
06:45« Feedback en action » paru aux éditions Duneau,
06:48le feedback est un retour d'information qui nous nourrit.
06:51Autrement dit, il doit nous apprendre quelque chose.
06:53Ce n'est donc ni un compliment automatique,
06:55ni une critique lancée au détour d'un couloir.
06:57C'est un retour suffisamment précis
06:59pour comprendre ce qui fonctionne,
07:01mais aussi ce que l'on pourrait améliorer.
07:02Et si on manque de feedback au travail,
07:05est-ce une bonne idée d'aller demander à Tchad GPT ?
07:09Alors en théorie, oui.
07:10Ou à Claude ou à Jimmy.
07:11Mais oui, exactement.
07:13Alors dans la théorie, oui.
07:14Dans la pratique, peut-être un peu moins.
07:16Parce que les IA peuvent avoir tendance
07:17à aller dans votre sens,
07:18voire carrément à vous flatter un peu trop.
07:20Donc moi, ce que je vous conseille,
07:21c'est plutôt de demander à l'IA de vous challenger.
07:23Par exemple, en posant la question suivante,
07:25quels sont les points forts et les points faibles
07:27de ma présentation ?
07:28Parce qu'un bon feedback,
07:29c'est un retour qui vous permet avant tout
07:31de progresser.
07:32Donc finalement, Didier,
07:35ce qui est important, je trouve,
07:36c'est qu'on a grandi.
07:37On a remplacé les cahiers et les classeurs
07:39par des mails ou des messages sur Teams.
07:41Mais notre besoin de reconnaissance,
07:43lui, n'a pas disparu.
07:44Et à l'école, comme au travail,
07:46s'il est satisfait,
07:47il peut vraiment faire toute la différence.
07:49Merci Fabienne, Fabienne Broucarré,
07:51rédactrice en chef des magazines
07:54Courrier Cadre et Rebondir.
07:56Et mon invité cette semaine
07:58est Hervé Coué,
08:00président du réseau des écoles
08:01de la deuxième chance
08:02qui accompagne des jeunes
08:04vers une nouvelle insertion professionnelle
08:06alors que le système scolaire
08:08n'a pas été pour une rencontre
08:10formidable de formation
08:11ou un premier emploi difficile.
08:13On a envie de savoir,
08:15Hervé Coué,
08:15quel est le modèle économique ?
08:17Qui paye quoi ?
08:18Alors, les écoles de la deuxième chance
08:21sont soutenues et financées essentiellement
08:23par l'État,
08:25au travers du ministère du Travail,
08:27de l'Agence nationale
08:27de la cohésion des territoires,
08:29les régions,
08:30avec certaines d'entre elles
08:31qui sont un peu plus frileuses,
08:32il faut quand même le dire,
08:34les conseils départementaux,
08:35les municipalités,
08:37les établissements publics,
08:38territoriaux,
08:38enfin, on va dire,
08:39tout l'argent public.
08:41On a presque envie de vous demander
08:41quelles sont les régions
08:42qui sont plus frileuses que les autres.
08:43Non, non, je laisse que cela
08:45à M. le Président du Réseau national
08:47pour pouvoir commenter ce sujet.
08:50En tout cas, les mécènes sont là,
08:51les régions.
08:52Oui, alors ça,
08:53c'est pour la partie un petit peu étatique,
08:55j'allais dire,
08:55l'argent public.
08:56Et puis, on a aussi une grosse part
08:57des budgets des écoles de la deuxième chance
08:59qui peuvent aller jusqu'à 10, 12,
09:00voire 15% des budgets
09:02qui est la taxe d'apprentissage,
09:04qui est un impôt des entreprises.
09:06Et lorsque les entreprises,
09:07comme on le disait tout à l'heure,
09:08qui sont très impliquées dans les écoles,
09:10viennent à la rencontre de nos jeunes,
09:11ils se rendent compte d'eux-mêmes
09:12que leur argent au niveau
09:13de la taxe d'apprentissage
09:14sera bien utilisé
09:15et nous versent assez facilement
09:17la taxe d'apprentissage.
09:19Est-ce que vous pourriez nous donner,
09:21et on en cherchera d'autres tout à l'heure,
09:24des exemples qu'on comprenne bien,
09:25un exemple qui vous vient en tête
09:26de ce fonctionnement favorable
09:29à l'insertion d'un jeune ?
09:30Écoutez, je n'ai pas plus tard
09:31que tout à l'heure,
09:32j'ai eu la chance de participer
09:33à un conseil,
09:34peu importe ce que c'est dans notre jargon,
09:36dans notre jargon, pardon,
09:38un jeune qui est arrivé
09:39dans notre dispositif,
09:41dans le 93,
09:42où je suis le redirecteur,
09:44est arrivé un peu paumé,
09:46il ne savait pas trop ce qu'il avait fait,
09:47il était là en première classique,
09:48et puis ça ne lui plaisait plus,
09:50donc il a décroché pendant deux ans,
09:51il est arrivé chez nous,
09:53il avait des compétences académiques
09:56assez convenables,
09:57mais aucune idée de projet, etc.
09:58Donc on lui a fait découvrir,
10:00enfin on l'a accompagné
10:01pour qu'il découvre,
10:02il choisisse de lui un différent métier,
10:04et ce jeune-là,
10:05qui entre-temps,
10:06pendant son parcours,
10:06a eu des problèmes de papier,
10:08donc il a dû stopper son parcours
10:10pour régulariser sa situation,
10:11est revenu maintenant,
10:12est en apprentissage à la SNCF,
10:14pour être contrôleur de bord.
10:16Voilà, donc on va dire
10:17qu'il a une trajectoire professionnelle
10:18qui lui est ouverte,
10:20nous notre trajectoire
10:21s'interrompt quelques instants,
10:23nous nous retrouvons tout de suite après
10:24avec mon invité Hervé Coué,
10:26qui est le président du réseau
10:28des écoles de la Deuxième Chance en France,
10:30et puis nous parlerons des enfants,
10:32des enfants que l'on retrouve
10:33après le travail,
10:34et des enfants que l'on retrouve
10:36aussi quand on travaille,
10:38à tout de suite.
10:39Sud Radio,
10:40la tête dans le taf,
10:42Didier Meyran,
10:43avec Kéréa,
10:44l'expert des solutions de prévention en entreprise.
10:46Le travail,
10:48c'est la santé,
10:50rien faire,
10:52c'est la conserver,
10:55les prisonniers du boulot,
10:59font pas de vieux os.
11:04Les prisonniers du boulot ne font pas de vieux os,
11:08mais n'empêche qu'il nous faut du travail,
11:10et cette semaine,
11:11nous nous intéressons aux jeunes
11:12avec l'école de la Deuxième Chance,
11:15et je reçois le premier vice-président
11:17du réseau d'écoles de la Deuxième Chance,
11:19Hervé Coué,
11:20et on a envie de savoir
11:22si un auditeur,
11:23actuellement,
11:24nous entend dans les Bouches-du-Rhône,
11:26ou en Lorraine,
11:28ou en Lauser,
11:29ou dans le Var,
11:30que je salue,
11:30que j'affectionne,
11:31est-ce qu'il a le droit,
11:32est-ce qu'il a la possibilité
11:33de se tourner vers la Deuxième Chance ?
11:35Non seulement il a le droit,
11:37mais il doit le faire,
11:38puisque nous sommes implantés
11:39sur tout le territoire national,
11:40avec 152 sites-écoles au niveau national,
11:45nous sommes aussi en Guyane,
11:47en Martinique,
11:47en Guadeloupe,
11:48à Mayotte,
11:48à La Réunion,
11:49nous couvrons tout le territoire national,
11:52donc il n'a seulement à taper sur internet
11:55E2C,
11:56avec le nom de son département,
11:58il sera largement orienté vers une école
12:01qui le contactera très rapidement
12:03pour prendre rendez-vous avec lui
12:05de telle façon
12:06à ce que des formateurs
12:07puissent avoir un entretien
12:08de motivation avec lui,
12:10puisque c'est le seul critère de sélection
12:12pour entrer dans nos dispositifs,
12:13et la motivation.
12:15Peu importe le niveau académique,
12:17ce que l'on cherche,
12:18c'est de travailler avec des jeunes
12:19qui ont envie de travailler
12:20sur leur projet de vie.
12:23E2C,
12:24comme l'école de la Deuxième Chance.
12:26Et nous retrouvons Fabrice Pastor.
12:28Bonjour Fabrice.
12:30Bonjour.
12:30Vous êtes neuropsychologue,
12:32auteur de livres,
12:33et influenceur majeur sur LinkedIn.
12:36Félicitations.
12:37Top 7, top 10, enfin.
12:39Ça varie selon les périodes.
12:40Le dernier livre vient de sortir,
12:42Qu'est-ce qui se passe dans la tête des enfants ?
12:45Alors Fabrice,
12:45quand papa ou maman partent travailler,
12:48qu'est-ce qui se passe dans la tête de l'enfant ?
12:51Attachement ou arrachement ?
12:54Oh, attachement, heureusement.
12:56Oui, une séparation ordinaire,
12:58c'est pas un abandon.
13:00Mais chez le jeune enfant,
13:02le départ du parent peut parfois,
13:03on va dire, déclencher une réaction d'inquiétude.
13:07Il peut se dire,
13:08la personne qui me protège s'en va au secours.
13:11Alors bon, évidemment,
13:12ça peut être traduit par des pleurs,
13:14par des cris,
13:14ou un enfant qui est accroché à votre jambe,
13:17comme si, je sais pas,
13:18vous partiez vivre 12 ans sur Mars.
13:20Ces réactions expriment surtout un besoin de sécurité.
13:23Alors évidemment,
13:24petit à petit,
13:25l'enfant apprend que papa ou maman part,
13:28et papa ou maman revient.
13:30Il apprend aussi qu'une autre personne
13:32peut prendre soin de lui.
13:34Donc c'est pour ça qu'au bout d'un moment,
13:35la séparation devient prévisible,
13:37et ce qui est prévisible rassure.
13:40Alors pourquoi, chez certains enfants,
13:43le départ de papa ou maman au travail
13:46se passe pas bien ?
13:48Ah bah déjà parce que chaque enfant
13:50arrive avec plein de choses,
13:51son âge, son tempérament, son histoire.
13:54Un enfant très sensible au changement
13:57peut réagir davantage.
13:58Puis la fatigue joue aussi.
14:00Ça peut être une mauvaise nuit,
14:02un réveil trop tôt,
14:03ou un nouveau mode de garde.
14:04Et le petit au revoir du matin
14:06peut devenir un opéra en quatre actes.
14:09Donc c'est pour ça que la façon de partir
14:11compte beaucoup.
14:12Il faut un départ clair,
14:15rapide, évidemment chaleureux.
14:16C'est beaucoup mieux qu'un départ
14:18qui parfois s'éternise
14:20ou qu'une disparition en douce.
14:22Donc vous pouvez tout simplement lui dire
14:24« Je pars travailler,
14:25tu restes avec mamie,
14:27et je reviens après le goûter ».
14:28Alors après le goûter,
14:29c'est beaucoup plus concret
14:30que 17h45.
14:32Alors pourquoi lors des retrouvailles,
14:34l'enfant parfois semble faire,
14:36entre guillemets,
14:37payer son absence aux parents ?
14:40Parce que l'enfant et le parent
14:41ne passent pas la porte
14:42avec le même programme.
14:44L'enfant se dit
14:46« Ah enfin, tu es là,
14:47je vais te montrer mon dessin,
14:49mon genou,
14:49la feuille morte que j'ai amassée
14:51à 10h15. »
14:52Il veut retrouver son parent
14:53tout de suite.
14:54Le parent, lui, se dit
14:55« Attends, donne-moi 10 minutes,
14:57j'ai besoin du canapé et du silence. »
14:59Donc c'est pour ça que l'enfant
15:00cherche en fait à se reconnecter
15:02et il a peut-être aussi besoin
15:05de décharger ses émotions de la journée.
15:07Alors que là, vous voyez bien
15:08que le parent a souvent besoin
15:10d'un sas.
15:11Et ce sas dépend de plein de choses.
15:13Son travail, le trajet pour arriver
15:15à la maison, de sa fatigue,
15:17de la pression, de ses responsabilités
15:19et aussi des tensions
15:20qu'il a potentiellement vécues
15:22dans sa journée.
15:23Alors Fabrice, conseil,
15:24que peut faire le parent
15:25qui rentre d'une journée chargée
15:27ou d'un travail très prenant
15:29et tout de suite,
15:30les enfants sont là ?
15:32Déjà, tout simplement,
15:33dire la vérité.
15:34C'est-à-dire que j'ai eu,
15:35par exemple, une journée
15:36qui est difficile,
15:37c'est pas à cause de toi,
15:38ça faut le rappeler,
15:39et je suis content de te voir.
15:41Ensuite, il faut vraiment
15:42que le parent puisse donner
15:43un vrai signe de reconnexion.
15:45Donc, on pose son téléphone,
15:47on se baisse à hauteur de l'enfant,
15:48on le regarde,
15:49on prend le bisou
15:50et potentiellement la feuille morte
15:52et après, on peut lui dire
15:53je prends un petit moment
15:55pour souffler
15:55et quand je t'appelle,
15:56je viens voir ton dessin,
15:58je viens te faire un câlin.
15:59Et surtout, très important,
16:01on tient sa promesse.
16:03Votre enfant n'attend pas de vous,
16:04évidemment,
16:04trois heures d'actes de présence
16:06dès la porte franchie.
16:07Il a besoin de ce que nous appelons
16:09dans notre jargon de psy
16:09le temps de qualité.
16:11Il a besoin d'un parent clair,
16:13prévisible
16:14et vraiment présent
16:15au moment annoncé.
16:16Donc oui,
16:17votre entreprise
16:18peut garder votre ordinateur
16:19après 18 heures.
16:20Par contre,
16:20évitez aussi
16:21de lui laisser votre cerveau.
16:23Merci Fabrice Pastor.
16:25Je rappelle la sortie
16:26de votre dernier livre,
16:28qu'est-ce qui se passe
16:29dans la tête des enfants
16:30et nous nous retrouverons
16:31la semaine prochaine
16:32pour une autre chronique
16:33« Mon cerveau au boulot ».
16:36Je retrouve mon invité,
16:37Hervé Coué,
16:38premier vice-président
16:39du réseau de l'école
16:40de la Deuxième Chance.
16:42Et ce qui nous intéresse,
16:43c'est que ça marche.
16:45Je vais vous demander
16:45un autre exemple
16:46pour qu'on comprenne bien.
16:47Un autre exemple,
16:48oui,
16:48avec plaisir.
16:50On a une jeune fille,
16:52une jeune fille
16:53des quartiers un peu populaires
16:54de la Seine-Saint-Denis
16:55qui est arrivée,
16:56qui a arrêté ses études,
16:58son parcours scolaire
17:00en troisième,
17:01avec de grosses difficultés
17:03d'apprentissage du français
17:04tout simplement.
17:06Et donc,
17:06cette jeune fille
17:07a intégré notre dispositif
17:08avec un renforcement
17:09en français
17:10par les formateurs
17:11qui sont dédiés à cela.
17:14Cette jeune femme
17:14a découvert
17:15différents métiers,
17:17en commençant
17:17par des métiers de la vente
17:18et elle a découvert
17:20par hasard,
17:21en fait,
17:22le métier
17:22d'assistante dentaire.
17:24Et elle a trouvé
17:24une motivation
17:25du sens
17:26à son enseignement,
17:27du sens
17:28à ses apprentissages
17:30scolaires
17:31et du coup,
17:31maintenant,
17:32elle est en CAP
17:33pour préparer
17:34justement
17:35l'assistante dentaire
17:36pour travailler
17:37avec un...
17:38Et on lui souhaite
17:39de réussir.
17:40Nous retrouvons
17:42Thibaut Fleury,
17:43DG de Bosson Futé.
17:45Bonjour Thibaut.
17:46Bonsoir Didier.
17:47Aujourd'hui,
17:48on parle de parentalité
17:50parce que
17:50avoir un enfant
17:51et quand les deux
17:52travaillent,
17:53ça change la vie
17:53mais ça change aussi
17:54la vie au travail.
17:55Et pas qu'un peu Didier,
17:56une étude Ipsos
17:58publiée en juin dernier
17:59s'est intéressée
18:00à 800 parents
18:01ayant un enfant
18:02de moins de 3 ans.
18:0384% disent avoir
18:05rencontré des difficultés
18:06lors de leur reprise
18:07du travail
18:07après la naissance.
18:09Fatigue,
18:10charge mentale,
18:11difficulté de concentration
18:12ou perte de motivation.
18:14Mais un chiffre
18:15m'interpelle.
18:16Seulement 32%
18:17ont eu un échange
18:18avec leur manager
18:19ou les RH
18:20pour préparer leur retour.
18:21Autrement dit,
18:22une naissance,
18:23on la voit généralement
18:24venir plusieurs mois
18:25à l'avance
18:25mais dans 2 cas sur 3,
18:26on ne prend même pas
18:28le temps
18:28de préparer le retour.
18:29Alors concrètement,
18:31qu'est-ce qu'une entreprise
18:32peut faire
18:33pour accompagner
18:34cette conciliation
18:35vie professionnelle
18:36et vie familiale ?
18:37D'abord,
18:38se dire qu'il n'y a pas besoin
18:39de révolutionner
18:40toute l'organisation.
18:41Premier réflexe,
18:43préparer le retour.
18:44Un échange
18:45avec le manager
18:46avant ou au moment
18:47de la reprise
18:47pour aborder
18:48qu'est-ce qui a changé,
18:50quelles sont les nouvelles contraintes
18:51et quels ajustements
18:52sont possibles.
18:53Deuxième réflexe,
18:54introduire de la flexibilité
18:56et ce n'est pas seulement
18:57du télé-travail.
18:58C'est pouvoir adapter
18:59un horaire,
19:00c'est bannir des réunions
19:01à 18h,
19:02anticiper un déplacement
19:03ou permettre
19:03de récupérer un enfant malade
19:05sans désorganiser
19:06toute une journée.
19:07L'idée n'est pas
19:08de travailler moins,
19:09c'est de donner
19:10un peu de marge de manœuvre
19:11pour travailler
19:12plus sereinement.
19:13Et pour que cela fonctionne,
19:14il faut aussi
19:15former les managers.
19:16Leur rôle n'est pas
19:17de régler
19:18les problèmes familiaux
19:19mais de savoir
19:20écouter,
19:21arbitrer
19:21et trouver des solutions
19:23compatibles
19:23avec les contraintes
19:24de l'entreprise
19:25et du salarié.
19:26Et le salarié
19:26qui a aussi sa part à jouer.
19:28Évidemment,
19:29la flexibilité,
19:29ça fonctionne dans les deux sens.
19:31D'abord,
19:32exprimez,
19:33si vous êtes salarié,
19:34vos contraintes.
19:34Votre manager ne peut pas
19:35deviner que la crèche
19:36ferme à 18h30.
19:38Ensuite,
19:39anticiper ce qui peut l'être,
19:40les horaires,
19:40le télétravail,
19:41les déplacements.
19:42On trouve beaucoup plus facilement
19:44une solution à froid
19:45que dans l'urgence.
19:46Et enfin,
19:46ne banalisez pas la fatigue.
19:4856% des jeunes parents interrogés
19:50disent ressentir souvent
19:52fatigue
19:52ou manque d'énergie.
19:53C'est un signal
19:54à prendre au sérieux,
19:55surtout si on exécute
19:57des travaux dangereux.
19:58On termine
19:59avec le réflexe
20:00bosson-futé.
20:02Alors,
20:02très simplement,
20:03du dialogue
20:04et de la souplesse
20:05avant tout
20:05parce qu'on sait
20:06aujourd'hui
20:07qu'un conflit important
20:08entre travail
20:08et vie familiale
20:09augmente significativement
20:11le risque d'arrêt maladie
20:12et de désengagement.
20:13Donc,
20:14pour l'entreprise,
20:15faciliter la vie des parents,
20:16c'est d'abord
20:17prévenir la fatigue,
20:17l'absentéisme
20:19et donc
20:19la désorganisation.
20:21Et pour le salarié,
20:22parler,
20:22c'est éviter de subir.
20:24Finalement,
20:25concilier parentalité
20:26et travail,
20:26c'est dialoguer davantage
20:27pour permettre
20:28à chacun
20:29de travailler mieux.
20:30Merci Thibault Fleury.
20:31Je rappelle que vous êtes
20:32le DG
20:33également de la plateforme
20:35Bosson-Futé
20:36où vous retrouvez
20:36tous ces conseils.
20:38Hervé Coué
20:39est avec nous
20:40pour terminer cette émission.
20:41Premier vice-président
20:42du réseau
20:43des écoles de France,
20:44des écoles
20:44de la deuxième chance
20:45en France
20:47et je vais vous demander
20:48si vous étiez président,
20:50puisque la question se pose,
20:51vous feriez quoi ?
20:53Alors,
20:54avec une petite pointe dure,
20:55avant de démissionner,
20:56je pense que
20:57je mettrais réellement
20:58le paquet
20:59sur l'éducation
21:00avec une réflexion globale
21:03sur notre méthode
21:04d'enseignement
21:05en maternelle,
21:07en primaire,
21:08en secondaire,
21:09de telle façon
21:10à ce que chacun
21:10puisse le plus rapidement
21:11possible trouver sa voie
21:13et surtout révéler ses talents.
21:15Merci.
21:15À bon entendeur,
21:17salut,
21:17Hervé Coué.
21:18Et puis,
21:19il est coutume,
21:20déjà,
21:21de terminer avec
21:22l'after work
21:23et je vous invite
21:24au cinéma.
21:25C'est très facile,
21:26cette saga Charles de Gaulle.
21:27Il y a deux numéros.
21:28C'est un exercice
21:29de discernement
21:30qui est bon
21:31pour la santé mentale
21:32et qui nous mettra tous
21:33dans de bonnes dispositions
21:34pour retourner au travail.
21:35Je vous souhaite
21:36à toutes et à tous
21:37une excellente semaine.
21:38Au revoir.
21:38Merci.
21:40Kérea,
21:41l'expert des solutions
21:42de prévention en entreprise,
21:44vous a présenté
21:44Sud Radio,
21:46la tête dans le taf,
21:47Didier Meyran.
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