- il y a 1 semaine
Avec Karine Dusfour, autrice de "Krisztina Rády, les silences qui tuent", publié chez HarperCollins
Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.
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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-09-13##
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00:00Retrouvez la force de l'engagement avec Agipi, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à toutes et à tous, on se retrouve pour la cinquième saison de la force de l'engagement,
00:21l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société, vous avez l'habitude maintenant.
00:25Mon invité aujourd'hui, c'est Karine Dufour, autrice, réalisateur de documentaire.
00:30Depuis plusieurs années, son travail est consacré à la lutte contre les violences faites aux femmes,
00:35aux mécanismes qui les rendent possibles et à la manière dont la justice, les médias et la société les nomment
00:39ou refuse de les nommer.
00:41En 2025, elle a co-réalisé la série documentaire de Rockstar à Tueur, le Cacanta, diffusée sur Netflix.
00:49En novembre de la même année, elle a signé Je vais te tuer, un documentaire percutant, diffusé sur Arte,
00:54consacré au contrôle coercitif et tourné à la cour d'appel de Poitiers.
00:59Elle publie aujourd'hui chez Harper's Calling, Christina Raddy, les silences qui tuent.
01:04Christina, la femme de Bertrand Cantat, celle qui l'a quittée pour Marie Trintignant
01:08alors qu'elle était enceinte de leur deuxième enfant, celle qui l'a soutenue après la mort de l'actrice,
01:13celle qui a témoigné en sa faveur lors de son procès, celle qui est morte par suicide.
01:18Le 10 janvier 2010, elle avait 41 ans.
01:21Mais avant de démarrer cette conversation, Karine, je vous propose de nous engager contre le mythe de la victime parfaite.
01:28Nous attendons des victimes de violences qu'elle parle.
01:30Nous attendons qu'elle le fasse au bon moment, d'une voix sûre, avec un récit clair, sans contradiction.
01:35Si une femme part tardivement après les faits, nous lui demandons pourquoi elle a attendu.
01:39Si elle hésite, nous nous étonnons de ses imprécisions.
01:41Si elle retire une plainte, nous sommes tentés de penser qu'elle exagère.
01:45Si elle reste avec son conjoint, nous nous interrogeons sur la gravité de la situation.
01:49Et si elle le défend, nous en concluons qu'elle n'est pas en danger.
01:52Nous avons fabriqué une figure impossible, celle de la victime parfaite.
01:56Une victime qui devrait être immédiatement lucide sur ce qu'elle vit, parfaitement cohérente dans son récit,
02:01détachée effectivement de celui qui lui fait du mal, économiquement autonome et prête à partir.
02:06Elle devrait porter plainte, ne jamais revenir, ne jamais douter.
02:09Nous oublions qu'une personne qui vit dans la peur n'est pas spectactrice de sa propre vie.
02:13Nous oublions qu'elle se nourrit de liens affectifs, de souvenirs heureux,
02:16qu'elle subit des dépendances matérielles, des responsabilités familiales,
02:20et qu'elle cherche à protéger, envers et contre tout, ses enfants.
02:23Oui, une victime peut aimer celui qui lui fait du mal.
02:26Oui, elle peut avoir peur de partir et avoir peur des conséquences de son départ.
02:30Oui, elle peut appeler une amie un soir pour lui dire qu'elle n'en peut plus,
02:32puis la rassurer le lendemain en affirmant que tout va bien.
02:35Oui, elle peut demander de l'aide, puis refuser celle qu'on lui propose.
02:38Non pas parce que le danger a disparu, mais parce que reconnaître ce danger
02:42peut l'obliger à affronter des conséquences qu'elle ne se sent pas encore capable de supporter.
02:46Ce que nous prenons pour une contradiction est une stratégie de survie.
02:49Ce que nous analysons comme une absence de volonté est un épuisement.
02:52Et ce que nous appelons un choix est une décision prise quand il n'en reste plus d'autre.
02:57Et ce regard que nous posons sur les victimes,
02:59nous devons aussi les porter sur nous-mêmes, bien sûr, et sur nos institutions.
03:02Car elles savent recueillir un fait, une blessure, une menace, une plainte.
03:05Mais elles ne savent toujours pas reconstruire une trajectoire,
03:08observer ce qui se répète, ce qui s'aggrave,
03:10ce qui réduit progressivement les possibilités d'agir.
03:13Nous sommes organisés pour demander que s'est-il passé aujourd'hui.
03:17Nous ne sommes pas organisés, nous ne sommes toujours pas organisés
03:19pour comprendre ce qui s'exerce depuis des mois, parfois depuis des années.
03:23Nous attendons la preuve définitive avant de protéger,
03:25alors que protéger devrait précisément éviter que la situation ne devienne définitive.
03:30Et pendant que nous attendons cette preuve,
03:32que faisons-nous de la parole des victimes, de leur difficulté à parler,
03:34au moment même, ou autour d'elles, on leur demande souvent de se taire.
03:38C'est là, dans cet écart, que le silence s'installe.
03:41Un silence souhaité, demandé, exigé.
03:43Un silence qui soutient, absout parfois un agresseur.
03:46Un silence qui épargne un entourage toute remise en question.
03:49Un silence qui oblige à faire front,
03:51non pas contre la violence, mais aux côtés de celui qui l'exerce.
03:54Et quand l'agresseur est aimé, admiré, utile,
03:57une femme qui parle n'est plus une victime, elle est coupable.
04:00L'omerta s'installe par petite loyauté ordinaire.
04:04Un regard détourné, une phrase qu'on ne relève pas.
04:06Une carrière qu'on ménage, un nom qu'on protège.
04:09Alors, définitivement, ne demandons plus pourquoi n'est-elle pas partie.
04:13Demandons-nous, qu'a-t-il organisé pour qu'elle ne puisse pas partir ?
04:17Et surtout, qui l'a aidé à faire tenir ce système ?
04:20Et qu'avons-nous exigé de toutes ces femmes en échange de notre tranquillité ?
04:24S'engager contre l'humilité de la victime parfaite,
04:26ce n'est pas seulement apprendre à mieux écouter les femmes,
04:28c'est cesser de protéger ceux qui les font taire.
04:31Et tant que taire restera plus confortable que témoigner,
04:34rien ne changera.
04:35Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Reus.
04:39Aujourd'hui, dans la force de l'engagement,
04:41mon invitée est Karine Dufour, autrice et réalisatrice de documentaire.
04:44Elle publie Christina Raddy,
04:46« Les silences qui tuent » chez Harper's Colline.
04:48Partir d'archives publiques, de documents judiciaires,
04:51des écrits de Christina, des témoignages de ses proches et d'entretiens
04:54avec des magistrats, des spécialistes de violences conjugales.
04:56Vous avez construit, Karine,
04:58comment comprendre ce qu'on n'a peut-être pas su voir
05:01ou entendre à cette époque.
05:02Alors, je crois qu'il est important de souligner
05:04que ce livre ne prétend pas se substituer à la justice.
05:07Et à la date de la publication de l'ouvrage,
05:09Bertrand Quentin n'a fait l'objet d'aucune condamnation pénale
05:12en lien avec Christina Raddy
05:13et bénéficie à cet égard de la présomption d'innocence.
05:16Bonjour, Karine.
05:17Bonjour.
05:18Alors, vous avez consacré plusieurs années de votre vie,
05:21on peut le dire comme ça,
05:22à la série documentaire de Rockstar à Tueur,
05:25« Le cas Quentin ».
05:26Cette série, elle revenait sur la mort de Marie Trintignant,
05:29mais elle faisait apparaître également dans le débat public,
05:31elle a fait apparaître dans le débat public,
05:33l'histoire de Christina Raddy.
05:35À quel moment, vous, vous avez compris
05:37que Christina ne pouvait pas être un personnage secondaire
05:40de l'affaire Quentin,
05:41mais elle pouvait être aussi le sujet central de ce drame ?
05:46Moi, en 2003,
05:48quand Marie Trintignant est morte
05:50et que ça a été documentaire,
05:51enfin, on a su que Christina Raddy
05:53a tout de suite pris l'avion.
05:55Moi, déjà, à cette époque-là,
05:56je me suis demandé pourquoi.
05:58Elle m'intriguait,
05:59donc ça remonte à loin.
06:00Et puis, après le Netflix,
06:02la réouverture de l'enquête
06:04par le procureur de Bordeaux,
06:05moi, c'est ça vraiment qui m'a déclenché
06:06parce que ça voulait dire
06:08qu'on pouvait aujourd'hui regarder autrement
06:10tout ce qu'elle avait traversé
06:11et que c'était intéressant
06:12de s'attacher vraiment plus particulièrement
06:14que à son parcours à elle.
06:15Vraiment, le livre, c'est ça.
06:16C'est que sa vie.
06:17C'est que sa vie.
06:18Et puis, surtout,
06:19ce que vous faites,
06:19c'est que vous lui redonnez
06:21comment dire,
06:23une histoire qui est la sienne.
06:24C'est-à-dire,
06:25vous restituez toute l'épaisseur de sa vie
06:27et elle n'est pas dans votre livre
06:30la femme d'eux.
06:31Pourquoi c'était important
06:32de lui redonner cette vie ?
06:33Vous décrivez une intellectuelle hongroise,
06:36polyglotte,
06:38engagée dans le mouvement démocratique
06:39de son pays.
06:40Cette femme,
06:41elle est absolument formidable.
06:42Elle était extraordinaire.
06:43Alors, souvent,
06:43quand les gens sont morts,
06:45ils ont leur 13 délaurier.
06:46Mais là,
06:47vraiment,
06:47il n'y a pas une seule personne.
06:49J'ai rencontré des centaines de gens
06:50qui la connaissaient.
06:51Elle rentrait dans une pièce
06:52et elle absorbait tous les regards.
06:54Elle était ultra remplie de vie.
06:57Vraiment,
06:57c'est ce qui apparaît.
06:58Son sourire sur toutes les photos que j'ai vues.
07:00J'ai vu des photos de tous ses âges.
07:01Elle a toujours un sourire éclatant.
07:03Elle était dans une vitalité extraordinaire.
07:06Et dans sa lettre de suicide,
07:07elle dit
07:07je me suicide à cause de mon incapacité.
07:09Ce n'était pas un dégoût de vivre.
07:11Elle n'était pas dépressive.
07:12Donc,
07:13il y a quand même
07:13une interrogation
07:15sur pourquoi elle ne se sent plus capable.
07:17Donc,
07:17c'est ça qui m'a intéressée.
07:18C'est de traverser à ses côtés
07:19toutes les étapes de sa vie.
07:20Mais vraiment,
07:21étape après étape.
07:22Elle a vécu des épreuves inimaginables.
07:25Et en me mettant à sa place
07:26de voir comment on peut en arriver.
07:28Alors qu'on adore ses enfants,
07:29qu'on est une femme indépendante,
07:30libre, féministe.
07:31Comment on en arrive
07:32à se sauter la vie ?
07:34Alors,
07:34c'est vrai.
07:35Vous dites
07:35je me suis mise dans sa vie.
07:36Vous vous adressez.
07:37Il y a l'histoire
07:38que vous racontez.
07:39L'enquête, bien sûr.
07:40Et puis,
07:40vous vous adressez directement à elle.
07:41Vous la tutoyez.
07:43Vous imaginez
07:45ce qu'elle a pu ressentir.
07:46Et puis,
07:46vous racontez aussi
07:47votre propre histoire
07:48avec le silence
07:49et la mort brutale
07:50de votre père.
07:51Pourquoi vous avez choisi
07:52cette forme si intime,
07:53en fait,
07:53qui s'articule dans ce récit
07:54et dans l'enquête ?
07:55Oui,
07:56peut-être que ça peut paraître...
07:58Non,
08:00trop intimiste.
08:01Parce que Christina,
08:02c'est le visage
08:04de,
08:04pas nous toutes,
08:05mais en tout cas,
08:05de beaucoup de femmes.
08:06Beaucoup de femmes invisibilisées
08:08qui meurent en silence.
08:09Pas celles qui meurent
08:10sous les coups,
08:10mais celles qui meurent
08:11d'épuisement psychique,
08:12de suicide,
08:13de tentative de suicide,
08:15qui fracassent
08:15des familles entières.
08:16Et donc,
08:17je me suis permise
08:18de m'adresser à elle
08:19parce que je pense
08:20que ça s'adresse aussi
08:21à de nombreuses femmes,
08:22à de nombreuses familles
08:23qui se sentent totalement démunies
08:24après le suicide
08:25de la mère de famille.
08:26Et je pense que c'est
08:27cet angle mort
08:28qu'on doit nous-mêmes
08:30interroger
08:30et on doit s'intéresser.
08:32Il y a encore
08:32énormément de choses à faire
08:33en tout cas
08:33par rapport à ces suicides.
08:35Oui,
08:35pour comprendre les suicides,
08:36ce qu'on appelle maintenant
08:36des suicides forcés.
08:38Et puis alors,
08:38c'est à cette femme,
08:39Christina,
08:40que vous posez la question
08:41la plus difficile,
08:42celle de son comportement
08:43et de son soutien
08:45indéfectible à Bertrand Cantat
08:46parce qu'elle va témoigner
08:47en sa faveur
08:48lors du procès.
08:48Elle va jouer un rôle essentiel
08:49dans sa libération
08:51conditionnelle.
08:52Et pourtant,
08:52elle avait aussi décrit
08:53ses peurs
08:54et les violences
08:54qu'elle avait subies.
08:56Alors,
08:57comment comprendre
08:58qu'une femme puisse parler ?
08:59Comment comprendre
09:00qu'elle puisse minimiser,
09:01vouloir partir,
09:02vouloir rester,
09:02continuer à protéger
09:03celui qui lui fait peur ?
09:04On en parle juste
09:05après la pause.
09:21Vous écoutez la force
09:22de l'engagement
09:23sur Sud Radio.
09:24Mon invité est aujourd'hui
09:24Karine Dufour,
09:26autrice de Christina Radil
09:27et « Silence qui tue ».
09:28Karine,
09:29avant la pause,
09:29je vais vous poser cette question.
09:30Comment peut-on comprendre
09:31qu'une femme puisse parler,
09:32minimiser,
09:33partir,
09:33rester,
09:34continuer à protéger
09:35celui qui lui fait peur ?
09:37Pour répondre à cette question,
09:38vous avez une grille de lecture.
09:40Quelle est-elle ?
09:41C'est un concept
09:41qui est assez récent
09:42ou en tout cas
09:43qui est arrivé en France
09:44depuis les années 2010
09:46qui s'appelle
09:46le contrôle coercitif
09:47qui est un peu
09:48l'inverse de l'emprise.
09:49C'est-à-dire,
09:50l'emprise,
09:50c'est ce que ressent la victime.
09:51Le contrôle coercitif,
09:52c'est ce que met en place
09:53un partenaire,
09:54toutes les tactiques,
09:55les micro-surveillances
09:57pour surveiller,
09:58isoler,
09:58contrôler,
09:59dominer sa partenaire.
10:00Et donc,
10:00ça recoupe aussi
10:01tout le champ
10:02des violences psychologiques
10:03qui sont très peu documentées,
10:05qu'on a encore
10:05beaucoup de mal à comprendre.
10:06Et c'est ça
10:07qui m'intéressait de comprendre.
10:08Ce n'est pas
10:09pourquoi Christina a menti
10:11ou pourquoi
10:11elle ne le quitte pas.
10:12C'est qu'est-ce
10:12qu'il a mis en place,
10:13lui,
10:14depuis presque 1993,
10:17leur première rencontre,
10:18pour qu'elle ne puisse pas partir.
10:20Et notamment,
10:20par exemple,
10:21il y a certains pivots
10:22de sa vie.
10:24Après la nuit
10:25du 26 juillet
10:26à Vilnius,
10:27le premier coup de fil
10:28qui passe le matin,
10:29quant à,
10:30il l'appelle elle.
10:31Et il met en scène
10:33une tentative de suicide
10:34ou en tout cas,
10:34elle est confrontée
10:36à une tentative de suicide
10:37puisqu'il ne répond plus au téléphone
10:38tout après lui avoir parlé.
10:40Et c'est ça qui justifie
10:41qu'elle prend l'avion
10:42et elle vole à son secours.
10:44Et ça,
10:44c'est un,
10:44par exemple,
10:45le chantage au suicide,
10:46c'est un marqueur
10:46du contrôle coercitif.
10:47Quand une femme
10:48a la responsabilité
10:50de la vie
10:50du père de ses enfants
10:51et qu'il fait du chantage,
10:53évidemment,
10:54on peut comprendre
10:54qu'elle ne parte pas.
10:55Donc,
10:56tous ces petits
10:56micro-événements,
10:59isolés,
10:59ils peuvent paraître anodins,
11:01le chantage au suicide,
11:02ça peut paraître anodin
11:02et en fait,
11:03ça constitue un système,
11:04un système de terreur intime,
11:06une cage invisible
11:07qui font que la femme
11:09ne peut réellement pas partir.
11:11Alors que de l'extérieur,
11:12elle paraissait vraiment,
11:13la femme,
11:14elle avait un métier,
11:15elle était aimée,
11:16elle avait des amis.
11:17Or,
11:17en même temps,
11:18on se rend compte
11:18si on s'attache
11:19à son message audio
11:20ou à la préface,
11:21elle était totalement isolée.
11:23En fait,
11:23elle était en proie
11:25à une solitude extrême.
11:26Elle le dit dans le message,
11:27je ne sais pas où aller.
11:29Oui,
11:30et d'ailleurs,
11:30on va parler de cet isolement
11:31et ce chantage au suicide,
11:33il va l'utiliser
11:34à de très nombreuses reprises.
11:36Il va l'utiliser
11:36le lendemain de la mort,
11:38enfin,
11:38le lendemain de son arrestation,
11:40il va l'utiliser
11:42en son retour de prison.
11:44Ça va constituer
11:45un fil permanent
11:46auprès de Christina
11:47parce qu'il avait compris
11:48que c'était un élément important,
11:49ça.
11:49Je pense,
11:50je ne peux pas parler à sa place,
11:51mais c'est comme une laisse.
11:53En tout cas,
11:53on le retrouve dans énormément,
11:55comme j'ai beaucoup travaillé
11:56avec des psychologues
11:58et des psychothérapeutes
11:59spécialisés dans les violences
12:01intrafamiliales.
12:01Et c'est documenté
12:02dans les suicides
12:03ou les tentatives
12:04de suicide de femmes.
12:05Le chantage au suicide
12:06est vraiment un énorme marqueur
12:08qu'on a encore du mal
12:09à comprendre.
12:10Et il le faisait aussi
12:11devant les enfants.
12:12Les parents l'ont raconté
12:13dans des interviews.
12:14Donc,
12:14il l'a fait à de multiples reprises.
12:15Il l'aurait fait aussi
12:16avant Christina
12:17sur ses précédentes petites amies
12:19en tant que jeune adulte.
12:21Donc,
12:22c'est une technique imparable
12:24de se faire passer
12:25pour une victime.
12:25On le voit beaucoup
12:26dans les violences conjugales.
12:27L'homme qui se victimise,
12:29donc,
12:30ça fait partie
12:30de cette stratégie.
12:32Est-ce qu'il en est conscient
12:33ou pas, lui ?
12:34Je ne sais pas.
12:34Mais en tout cas,
12:35le résultat,
12:35c'est que quand elle tombe amoureuse
12:36et qu'elle veut le quitter
12:37à la toute fin de sa vie,
12:39là,
12:40il actionne vraiment
12:41le chantage.
12:42Encore plus le chantage.
12:43Alors,
12:43vous écrivez aussi
12:44quelque chose
12:45de très précis.
12:46C'est que
12:48on n'a pas demandé
12:49simplement
12:49à Christina
12:51de se taire.
12:52On lui a aussi demandé
12:54de défendre
12:54Bertrand Cantat.
12:56Après Vinus,
12:57tout l'entourage français
12:58soutient Bertrand Cantat.
13:00Le groupe,
13:00sa famille,
13:01la maison de disques,
13:02les avocats.
13:03Alors que la famille
13:03et les amis les plus proches
13:04de Christina
13:05sont, eux,
13:05restés en Hongrie.
13:06Alors ça,
13:07ça rejoint ce que vous décriviez
13:07tout à l'heure,
13:08c'est-à-dire cette espèce
13:09d'isolement dans lequel
13:09elle s'est trouvée.
13:11Totalement.
13:11Mais même quand elle laisse
13:12le message et qu'ensuite
13:13elle revient en Hongrie,
13:14elle dit non, non,
13:15c'est bon,
13:16tout est rentré dans l'ordre
13:17puisque ses parents,
13:17ils voulaient quand même
13:19le dénoncer.
13:20Donc c'est un peu
13:21tout ce paradoxe
13:22et c'est justement
13:22pour moi l'intérêt
13:23de faire un livre aujourd'hui,
13:2416 ans après sa mort,
13:25c'est de questionner aujourd'hui
13:27comment on peut
13:28ne plus passer
13:29à traverser
13:29ces signaux faibles,
13:30ces messages invisibles
13:31et comment essayer
13:33de mieux protéger
13:33ces femmes,
13:34parfois même
13:34malgré elles en fait.
13:37Puisque la question,
13:38enfin là où on peut
13:39se sentir tous concernés,
13:40c'est jusqu'où aimer un homme ?
13:41Pourquoi on protège
13:42un homme violent ?
13:43Pourquoi on protège
13:43un homme qui nous détruit ?
13:44Je dis nous,
13:45c'est générique,
13:46mais ça pour moi,
13:48on devrait tous
13:49se questionner là-dessus,
13:50on ressent quand une femme
13:51est en danger,
13:52on le pressent,
13:53on le soupçonne,
13:53on n'ose pas
13:54parce qu'on se dit
13:55on attend qu'elle porte plainte
13:56ou qu'elle parle,
13:57mais en fait je pense
13:57que c'est une inversion
13:58aussi de regard
14:00et on doit nous
14:02collectivement
14:02se sentir responsables
14:03et aussi nous s'interroger
14:05sur nos propres silences.
14:06C'est pour ça
14:07que je l'ai intitulé
14:08« Silence qui tue »,
14:09c'est pas les silences
14:10des victimes,
14:10c'est nous
14:11pourquoi on se tait ?
14:12Oui, alors nous
14:13pourquoi on se tait ?
14:13C'est l'omerta dont je parlais
14:14tout à l'heure
14:15qui est absolument
14:17insupportable,
14:17c'est-à-dire qu'effectivement
14:18s'engager auprès
14:20d'une victime
14:21semble demander
14:22un effort considérable
14:24à la plupart
14:24de nos concitoyens
14:25et pourtant
14:26c'est peut-être
14:26la seule façon
14:27de faire bouger
14:28réellement la situation
14:29et puis d'éviter
14:30qu'une mort arrive
14:31et qu'un suicide
14:32se produise.
14:33Alors il y a aussi
14:35quelque chose
14:35que vous décrivez,
14:37c'est que les fiscalistes
14:38d'Universal
14:40et ceux du chanteur
14:41ont calculé
14:42le risque patrimonial
14:43du couple
14:43et qu'il y a
14:44une donation partage
14:45au profit des enfants
14:46qui a été signée
14:46deux mois
14:47avant le procès.
14:49Ça aussi,
14:49ça a fait partie
14:50de l'enfermement
14:51de Christina ?
14:52Pas conscient,
14:54mais en tout cas
14:54parce que ça arrive
14:55dans toutes les affaires,
14:56c'est pas particulier
14:57à Quentin
14:58de vouloir protéger
14:59elle-même,
14:59elle a cherché
15:00à protéger ses enfants,
15:01ce qui se conçoit
15:02que l'argent
15:04du couple
15:05reste aussi
15:06pour la sécurité
15:07de ses propres enfants.
15:08ce qu'il faut
15:09c'est se demander
15:10plutôt comment aider
15:11une femme à partir,
15:13comment lui trouver
15:14un logement,
15:15comment qu'elle ait
15:16un cercle.
15:17Là, Christina,
15:18je pense qu'elle a eu
15:19sous ses yeux,
15:19elle a vu
15:20la force de frappe
15:23des avocats
15:24et elle savait
15:25qu'elle n'aurait jamais
15:25les moyens
15:26de se payer des avocats
15:27tels si elle quittait
15:28Quentin.
15:29Donc je pense que
15:29c'était aussi des signaux
15:30à lui envoyer à elle
15:32pour qu'elle reste
15:33tout simplement
15:34soumise en fait.
15:35Enfin, vous voyez
15:35qu'elle reste
15:36sous l'emprise en fait.
15:37Personne ne s'est préoccupé
15:39de savoir, elle,
15:40pourquoi elle retournait
15:42le voir.
15:42Tout le monde s'est accommodé
15:43de sa soumission en fait.
15:44Alors, est-ce que tout le monde
15:45s'est accommodé
15:46de sa soumission aussi
15:47parce qu'il faut souligner
15:49quand même l'économie
15:50qu'il y avait autour
15:51de ce groupe
15:52et autour de Bertrand Cantat.
15:53D'ailleurs,
15:55quand votre livre
15:55est au pluriel
15:56et vous interrogez aussi
15:57le silence des proches,
15:58le silence du groupe,
15:59lui-même du milieu musical,
16:00des médias,
16:01des certains professionnels,
16:02des institutions.
16:03Il y a eu une tribune
16:04dans Le Monde
16:04en août 2003
16:05qui disait
16:06« Cantat reste des nôtres ».
16:09Alors que des témoins
16:10ont raconté
16:11avoir été abordés
16:12dans la rue
16:12par des frères du chanteur
16:13avant l'audition.
16:15Lio qui a affirmé
16:16que l'industrie musicale
16:17avait muselé des témoins.
16:19Est-ce que,
16:20on appelle ça
16:21la loi du silence,
16:23est-ce qu'on peut dire
16:23que Christina
16:24a été empêchée
16:26activement de parler ?
16:27À Bordeaux,
16:29en tout cas,
16:29il y a une omerta
16:30claire encore aujourd'hui,
16:31qui dure encore aujourd'hui,
16:32même après le succès
16:33de la série,
16:34même après la réouverture
16:35de l'enquête,
16:36qui sont des protections
16:38locales.
16:39Il est l'enfant du pays,
16:42on continue à l'aimer
16:43malgré tout.
16:44C'est ce que dit
16:44le critique musicale,
16:45il le démontre très bien.
16:48Après, moi,
16:48je pense qu'aujourd'hui,
16:49les temps ont changé,
16:50on le voit avec
16:51d'autres affaires,
16:52on le voit avec
16:53la loi intégrale
16:54et les femmes
16:56qui manifestent
16:58chaque lundi.
16:58en fait,
16:59la société civile,
17:00elle pousse aujourd'hui
17:00pour ne plus se contenter
17:02de systématiquement
17:04protéger un homme célèbre
17:05ou un homme qu'on aime
17:06ou un homme
17:07qu'on va voir en concert.
17:09Donc ça,
17:09c'est justement,
17:10c'est ça qui est intéressant,
17:11c'est de voir là où en 2010,
17:12on se taisait,
17:13on n'enquêtait pas
17:13sur un suicide,
17:15tout le monde,
17:16voilà,
17:16on l'a enterré une deuxième fois,
17:17en gros.
17:18Aujourd'hui,
17:19je pense que ça ne se passerait
17:20pas comme ça
17:20et on verra ce que donnera
17:22l'enquête,
17:23mais le livre,
17:24il n'est pas à charge,
17:25il est juste pour que nous,
17:26on progresse en temps.
17:27On progresse,
17:27collectivement.
17:28Oui,
17:28on l'a bien compris.
17:30Alors,
17:31elle va mourir,
17:31Christina,
17:32par suicide le 10 janvier 2010,
17:35aujourd'hui,
17:35on appellerait ça
17:36un suicide forcé.
17:38L'enquête avait annoté
17:39deux marques sur le visage,
17:40une équimose,
17:41une poids avant-mètre droite,
17:42il y a eu un classement
17:44pratiquement immédiat,
17:45l'enquête a été refermée
17:46le lendemain,
17:47il n'y a pas eu
17:48une heure de garde à vue,
17:49il n'y a pas eu d'appel
17:50aux parents de Christina en Hongrie,
17:51donc on n'a pas cherché
17:52à savoir
17:52dans quel type d'enfermement
17:54elle était,
17:54et si ce contrôle coercitif
17:56qu'on ne mesurait pas
17:57à l'époque,
17:57mais enfin,
17:58on n'a pas quand même cherché,
17:59il n'y a même pas eu
17:59de signalement à l'aide sociale
18:00à l'enfance
18:01pour les deux enfants
18:02dont l'un venait
18:03de découvrir sa mère quand même.
18:04Et puis,
18:04quatre enquêtes,
18:052010, 2013, 2014, 2018,
18:07toutes classées.
18:08En juillet 2025,
18:10le parquet de Bordeaux
18:11annonce la réouverture
18:12d'une enquête
18:13sur d'éventuelles violences volontaires
18:15commises sur Christina
18:16avant son décès.
18:17Qu'est-ce que la justice
18:17peut encore chercher
18:18et éventuellement établir
18:20autant d'années après les faits ?
18:22Peut-être ce qu'elle a vécu,
18:23elle, en fait,
18:24puisqu'il y a juste
18:26sa lettre de suicide,
18:27mais du fait qu'il y ait eu
18:29une enquête inachevée,
18:30il reste encore des choses.
18:31Alors moi,
18:32je l'ai fait dans ce livre,
18:33mais avec mes petits moyens,
18:34et je pense que les enquêteurs
18:35de police ont d'autres moyens,
18:36il faut l'espérer,
18:37et je pense aussi
18:37que la police manque de formation,
18:40c'est pour ça que c'est important
18:41que le contrôle coercitif
18:42rende dans la loi
18:43et qu'on forme les policiers à ça,
18:44parce qu'on ne peut pas trouver
18:45quelque chose
18:45qu'on ne cherche pas.
18:47Donc là, pour moi,
18:49je pense qu'aujourd'hui,
18:50ça se passerait différemment,
18:51mais quand même,
18:53aujourd'hui,
18:53quand une femme se suicide,
18:55il n'y a pas forcément
18:56d'enquête.
18:57Donc cette autopsie psychologique
18:59qu'on réclame aujourd'hui,
19:01c'est aussi ça,
19:02c'est en racontant
19:03cette histoire de Christina
19:04qu'on peut pousser,
19:05on le fait bien
19:06quand quelqu'un se suicide
19:07sur le lieu de son travail,
19:08on le fait pour les adolescents
19:09qui sont victimes
19:10de harcèlement scolaire,
19:11on saisit le téléphone,
19:12on enquête,
19:13on passe des coups de fil,
19:14on peut le faire
19:15dans le cadre d'un couple,
19:16d'autant que lui,
19:17à l'époque,
19:18ce qui est quand même édifiant,
19:19c'est qu'il était sous contrôle
19:21du judiciaire.
19:22Voilà, il était en liberté
19:23et il avait précédemment
19:24tué une femme
19:25et il dormait sur les lieux.
19:27Donc là où on pourrait progresser
19:28aujourd'hui,
19:29c'est que quand un membre
19:30de la famille est présent
19:31au moment de nos difficiles
19:32d'une femme,
19:33à minima,
19:33quelques coups de fil
19:34et saisir et exploiter
19:35la téléphonie.
19:36En fait, tout est tragique
19:37autour de Bertrand Cantat.
19:39Marie Trintignant,
19:40ses précédentes compagnes,
19:42la mort de Christina,
19:43François Chobadou,
19:44son dernier amour,
19:45celui avec qui elle voulait
19:46reconstruire une vie
19:47qui a été retrouvée mort
19:48le 23 novembre
19:49avec un pré-rapport d'autopsie
19:51qui conclut un arrêt cardiaque.
19:52Les parents de Christina
19:53qui aujourd'hui dénoncent
19:55un acharnement
19:55et demandent l'apaisement.
19:57Le papa est décédé.
19:58Le papa est décédé, oui.
20:00Mais à qui appartient
20:01la demande de vérité
20:02aujourd'hui ?
20:03Enfin, en 2024,
20:04plus de trois femmes par jour
20:05ont été victimes
20:06d'une tentative de féminicide
20:07conjugale dans ce pays.
20:09Est-ce que l'affaire de Christina,
20:10c'est pas,
20:11appartient vraiment à sa famille
20:12ou est-ce qu'elle appartient
20:13aujourd'hui à la société ?
20:14C'est exactement ce chiffre
20:15dont on a parlé tout à l'heure.
20:16C'est que souvent,
20:17on dit une femme est tuée
20:17tous les trois jours.
20:18En fait, si on s'intéresse
20:19au suicide,
20:20aux tentatives de suicide,
20:21c'est trois femmes par jour.
20:22C'est 1283.
20:24C'est la mission interministérielle
20:26pour la protection des femmes
20:27qui le dit.
20:28Donc, c'est pas des chiffres
20:29inventés par les associations
20:30de féministes.
20:31Et donc, c'est ça
20:32que ça doit...
20:33C'est ça,
20:34ce à quoi nous devons,
20:35nous, nous interroger
20:36et lutter
20:37et essayer de mieux protéger
20:38ces femmes victimes
20:39de violences psychologiques
20:41et qu'on ne voit pas.
20:42Ce sont des violences invisibles.
20:45Alors, quand même,
20:45deux choses ont changé.
20:46La loi du 30 juillet 2020,
20:48obtenue d'ailleurs
20:49grâce au travail
20:49de notre amie Yael,
20:51lors du Grenelle,
20:52qui a créé l'infraction
20:53de harcèlement conjugal
20:54ayant conduit au suicide,
20:55ce qu'on appelle maintenant
20:55le suicide forcé.
20:56Et puis, le 31 janvier 2024,
20:59la cour d'appel de Poitiers,
21:00qui a rendu 5 arrêts,
21:01qui consacre
21:02le contrôle coercitif.
21:03Vous avez le sentiment
21:04que votre travail
21:05a contribué à ces enquêtes ?
21:06À ces avancées, pardon.
21:07En tout cas,
21:08le travail de Yael Melul,
21:09oui, puisque c'est grâce à elle
21:10que les enquêtes
21:11ont été réouvertes.
21:13Et le travail de la justice ?
21:15Non, c'est moi,
21:15je crois,
21:16dans le travail de la justice.
21:17Donc, moi,
21:18j'attends les conclusions
21:20de l'enquête,
21:20même si on verra bien.
21:21Mais je pense que
21:24la justice est en marche.
21:25Je sens ça, moi.
21:27C'est que les magistrats
21:27ne veulent plus se satisfaire
21:29des classements sans suite,
21:30eux aussi.
21:31Peut-être presque porter
21:32une honte de ces chiffres.
21:33Parce que le chiffre,
21:34même de 130 féminicides,
21:35c'est honteux en France.
21:36C'est honteux.
21:37Et plus de 1000...
21:38Et plus de 1000...
21:391038, je crois.
21:411283.
21:42Oui, 1283, pardon.
21:44On porte tous, je pense,
21:45qu'est-ce qu'on...
21:46Quoi faire ?
21:47Que sinon, pour l'instant,
21:48on en est à compter nos mortes.
21:49Je pense qu'on doit tous
21:50se sentir responsables.
21:53Et l'histoire de Christina,
21:55c'est aussi lui rendre hommage.
21:56Pensez à elle,
21:57pensez à ses enfants,
21:58pensez à Marie.
22:00Voilà, c'est un peu aussi
22:01un geste de solidarité citoyenne.
22:04Et pardon,
22:05moi, je crois beaucoup
22:06dans la loi intégrale
22:08et que le contrôle coercitif
22:09rentre dans la loi intégrale.
22:10Je pense que c'est ça
22:11la prochaine étape.
22:12Alors, on le souhaite toutes.
22:13Merci pour ce livre.
22:14Merci beaucoup, Karine.
22:17Il faut lire ce livre.
22:18Vraiment, je vous le conseille.
22:20Les silences qui tuent,
22:21chez Harper's Colline.
22:22Il se termine d'ailleurs
22:23pas sur un appel aux institutions,
22:24mais sur une adresse aux hommes.
22:25Vous écrivez que vous leur demandez
22:27pas de sortir du silence,
22:28mais de passer à l'action.
22:29Ne plus rire,
22:30blague sexist d'une collègue.
22:31Ne plus laisser l'oncle
22:32insulter sa femme
22:32devant toute la famille
22:33autour du poulet le dimanche.
22:34Ne plus détourner le regard.
22:36Parce que la violence,
22:37ça commence pas avec les coups.
22:40Voilà, Marie Trintignant
22:42avec 41 ans.
22:43Christina Arradi
22:43avec 41 ans.
22:45En 2024, on l'a dit,
22:46107 femmes ont été tuées
22:47par leur conjoint,
22:48leur ex-conjoint.
22:49906 autres se sont suicidées
22:51ou ont tenté de se suicider.
22:52C'est une hausse
22:52de 17% en un an.
22:54Alors, si cette émission
22:55vous a touché,
22:56le 31 14 est joignable
22:57gratuitement jour et nuit.
22:58C'est le numéro national
22:59de prévention du suicide.
23:01Il peut vous répondre.
23:02Et si vous êtes témoin
23:03de victimes de violences conjugales,
23:05appelez le 39 19.
23:07Témoignez.
23:08Soyons tous et toutes actives.
23:10La force de l'engagement,
23:11c'est chaque dimanche
23:12à 15h sur Sud Radio.
23:13Vous pouvez retrouver
23:14l'intégralité de l'émission
23:15sur sudradio.fr
23:17en podcast, évidemment.
23:19Et je vous donne rendez-vous
23:20dimanche prochain,
23:21même heure, même énergie
23:22avec celles et ceux
23:23qui font bouger la société.
23:24Bon dimanche.
23:25C'était la force de l'engagement
23:28avec AJP, épargne, retraite,
23:30assurance emprunteur,
23:32prévoyance, santé.
23:33AJP.
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