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##L_INVITE_POLITIQUE-2026-08-27##

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News
Transcription
00:00Radio, 7h10h, Jacques Cardoze.
00:02Il est 8h17, Marie-Agnès Poussier-Vinsbach, vice-présidente de l'Assemblée Nationale,
00:07est notre invitée à les députés de Seine-Maritime et ancienne ministre à l'économie solidaire
00:11dans le gouvernement de M. Barnier.
00:13Bonjour Mme Poussier-Vinsbach, soyez la bienvenue.
00:17On va largement évoquer les questions de piratage avec vous,
00:19car je sais que c'est l'un de vos thèmes de compétences
00:22et que vous avez posé plusieurs questions à plusieurs reprises sur ces sujets-là.
00:25Mais d'abord, c'est l'actualité, la proposition de différents élus du Bloc Central et de la droite,
00:29dont Hervé Morin, qui suggère une primaire de la droite et du centre.
00:33Est-ce que ça ne vous permettrait pas d'avoir un candidat plus fort ?
00:36Est-ce que vous y êtes favorable ?
00:38En l'état, je ne vois pas très bien.
00:41D'abord, on a eu des expériences à droite de primaires
00:45qui n'ont pas obligatoirement été concluantes, je pense à 2021.
00:51Et si on doit se méfier des sondages aussi longtemps à l'avance,
00:56moi je vois qu'il y a quand même un candidat qui ressort vraiment aujourd'hui.
00:59Alors vous soutenez Edouard Philippe ?
01:00Je soutiens Edouard Philippe, mais surtout j'ai des yeux et j'arrive à lire.
01:05Quand je vois le sondage de l'IFOP, je constate qu'Edouard Philippe est le seul candidat pour l'instant
01:11qui peut battre au premier tour Jean-Luc Mélenchon.
01:14Mais il est aussi talonné, voire devancé, selon les cas de figure, par Jean-Luc Mélenchon.
01:20Donc est-ce qu'une primaire ne lui donnerait pas plus de poids face ensuite éventuellement à Marine Le Pen
01:25?
01:25Moi je pense qu'il ne faut rien exclure, pour l'instant je ne vois pas du tout l'intérêt.
01:29Moi je pense que l'intérêt c'est qu'on se rassemble et si on avait des candidats potentiels qui
01:36disaient
01:36on va derrière Edouard Philippe, je pense que ça lui donnerait une force beaucoup plus importante.
01:41On se rassemble, ce n'est pas vraiment le cas.
01:44Non mais déjà il faut être capable...
01:44Il y a Gabriel Attal qui n'est pas très loin et on n'a pas le sentiment qu'il
01:48ait envie d'abandonner la course.
01:49Le sujet de la primaire ça va être quoi ? On va perdre des mois et des mois à savoir
01:53quelles vont être les conditions, à quel montant, comment on fait, elle est ouverte, elle n'est pas ouverte, etc.
01:59Mais à l'inverse vous ne croyez pas...
02:00Là aujourd'hui il faut batailler, il faut batailler pour lutter en effet.
02:03Mais alors c'est une façon de voir les choses, mais vous ne pensez pas qu'une primaire ça donne
02:07aussi un élan,
02:08une force, une visibilité, une dynamique dans les médias également ?
02:12À mon avis c'est ce sur quoi mise aussi la gauche.
02:15Eh bien je trouve que toutes les dernières expériences que nous avons eues ne montrent pas que ça donne obligatoirement.
02:22Je trouve qu'au contraire c'est plutôt source de division.
02:25Est-ce qu'à propos de division, vous n'avez pas le sentiment qu'on assiste à une guerre à
02:29couteau tiré entre Edouard Philippe et Gabriel Attal ?
02:32Je le disais, Gabriel Attal ne donne pas le sentiment de se laisser faire, on a l'impression qu'il
02:36veut aller jusqu'au bout coûte que coûte.
02:37Mais il n'est pas question de se laisser faire, il est question de défendre ses idées et donc il
02:43le fait.
02:44Maintenant il ne faut pas que ça dure trop trop trop longtemps.
02:49Et surtout il faut que toute cette période où on présente ses idées, elle se fasse dans le respect.
02:54À partir du moment où on est dans le respect, à partir du moment où on se donne des timings
02:57qui soient acceptables,
03:00que chacun essaie de porter sa parole, c'est normal, c'est la démocratie.
03:04C'est quoi le timing ? Il avait dit que d'ici janvier il se prononcerait et qu'à ce
03:08moment-là, éventuellement il se retirerait s'il était devancé par Edouard Philippe.
03:12Eh bien non, on préférerait novembre parce qu'on trouve que tout ce qui arrive au plus tôt est le
03:17mieux.
03:17Donc vous, vous pensez que Gabriel Attal doit se prononcer au maximum d'ici novembre ?
03:22Moi je pense que les candidats doivent se prononcer d'ici novembre.
03:27Alors, euh...
03:28C'est pas que Gabriel Attal, on voit bien qu'il y a de nombreuses initiatives.
03:33Oui mais le sujet pour votre famille politique c'est quand même pour le moment qui de Gabriel Attal ou
03:35Edouard Philippe porte les couleurs.
03:36Et de Bruno Retailleau, et de Lysnard, et de... vous avez d'autres candidats.
03:41Alors là vous êtes en train de citer tous ceux qui pourraient précisément faire partie d'une primaire de la
03:46droite et du centre.
03:47Mais je les connais, oui, je vous confirme.
03:48Oui, je sais que vous les connaissez, mais pourquoi ne pas accepter cette course d'une certaine façon qui clarifierait
03:53le débat ?
03:54Parce qu'aujourd'hui les français se disent, enfin mais ils sont trop bien.
03:57D'abord parce qu'à droite je crois que les primaires c'est franchement pas notre culture.
04:01Et qu'on n'a pas d'exemple où ça s'est vraiment super bien passé.
04:05Où derrière, comme vous l'évoquez, on sent tout d'un coup une mobilisation incroyable.
04:11Vous faites référence à l'épisode François Fillon avec la primaire ?
04:13Même 2021 ! 2021 entre Valérie Pécresse et Ciotti, on n'a pas l'impression que ça a créé une
04:23grosse dynamique, vous voyez ?
04:24D'accord.
04:25Donc il y a aussi une question de culture.
04:27Donc forcément c'est une question de...
04:28De culture.
04:28Non mais de dynamique de campagne, c'est que ça ne vous a finalement pas aidé.
04:31Oui.
04:32D'accord.
04:33Je confirme.
04:34Marie-Agnès Poussier, Vinsbach du parti Horizon, parlons de la primaire de la gauche, elle va permettre de renforcer Raphaël
04:43Glucksmann.
04:43On le voit d'ailleurs dans le nouveau train de sondage, là il est un petit peu renforcé, et d
04:47'en faire un sérieux candidat, de profiter d'une dynamique.
04:50Ça, ça n'inquiète pas votre camp, parce que je le disais, vous êtes talonné, voire devancé par Jean-Luc
04:55Mélenchon, mais il y a aussi le candidat Glucksmann.
04:57Oui, il y a le candidat Glucksmann, et j'allais dire tant mieux, parce que si la gauche en France
05:02se résumait à Jean-Luc Mélenchon, je pense que ça pourrait être inquiétant.
05:07Donc moi je trouve que c'est bien aussi que le centre-gauche puisse avoir un candidat.
05:14On n'est pas en train de se dire comment il y a le moins de candidats possibles.
05:18Derrière, c'est chacun présente son programme, chacun défend ses idées, et puis on voit comment on se retrouve.
05:23Alors à gauche, l'actualité ces jours-ci est marquée par l'affaire Bali-Bagayoko, qui est en train de
05:29devenir, si je puis dire, l'affaire Fillon de la LFI.
05:33Certes, Bagayoko n'est pas candidat lui-même, mais on découvre un possible emploi fictif.
05:37Une enquête est en cours en tous les cas, lui réfute bien sûr.
05:40Ça va forcément empoisonner la campagne de Jean-Luc Mélenchon ?
05:45Qu'est-ce que vous pensez de cette affaire ?
05:46Je trouve que c'est toujours compliqué d'aller commenter des enquêtes en cours.
05:51Le parquet national financier, vous venez de le dire...
05:54Le canard enchaîné a donné un certain nombre d'informations qui s'avèrent...
05:56Oui, en effet, un emploi à temps plein, payé 6 000 euros par mois.
06:01Il est clair que si ces informations sont réelles, c'est choquant.
06:03Alors lui conteste en fait que ce soit temps plein, et parle d'un temps, d'un mi-temps, si
06:09j'ai bien compris,
06:09mais tout ça évidemment mérite d'être confirmé.
06:12En tous les cas, si c'est le cas, ça vous choque ?
06:13Oui, ça me choque, d'autant plus de la part d'un parti politique qui passe son temps matin, midi
06:22et soir à laver plus blanc que blanc.
06:24En tous les cas, Marie-Agnès Poussier-Vinsbach, on s'aperçoit aussi, à travers cette affaire,
06:29qu'il pourrait y avoir d'autres emplois fictifs de la part peut-être d'élus au sein de la
06:34RATP ou d'autres institutions.
06:36Certains demandent une commission d'enquête sur le sujet. Je trouve que c'est une bonne idée.
06:41Vous qui êtes vice-présidente de l'Assemblée nationale, vous pourriez, vous seriez favorable donc à une commission d'enquête
06:46sur ce sujet ?
06:48Pourquoi pas ? En effet, je pense qu'il faut que la transparence soit faite.
06:50Alors on revient avec vous sur le piratage informatique des services du fisc, parce que je le disais, c'est
06:55l'un des sujets que vous maîtrisez très très bien.
06:59Je ne dis pas que vous ne maîtrisez pas les autres, mais en tous les cas, vous êtes sur ce
07:03sujet très en pointe, on peut le dire comme ça.
07:05On rappelle que 678 000 contribuables auraient vu leurs données fiscales exposées.
07:11Les Français jugent très sévèrement ces attaques informatiques, notamment le fait qu'un jeune de 22 ans aurait réussi à
07:18rentrer dans un système du ministère de l'Intérieur.
07:20Vous donc qui suivez très bien tout ce sujet-là, ça fait longtemps que vous alertez.
07:26Pourquoi n'a-t-on rien fait ?
07:29Ça fait longtemps que j'alerte, parce que si je suis vice-présidente de l'Assemblée, je suis aussi une
07:33élue locale, j'ai été maire de Fécamp, et je suis toujours très ancrée sur mon territoire, et donc j
07:38'échange.
07:39Et donc je vois bien que c'est un sujet qui inquiète nos concitoyens, vraiment, et ils ont raison.
07:44Ils ont raison parce qu'on a des exemples concrets, moi j'ai un monsieur dans ma circonscription, qui à
07:50partir d'une fuite de données, se retrouve avec une usurpation d'identité.
07:55On a immatriculé 3000 véhicules, 3000 véhicules à son nom. Chaque jour, il reçoit entre 30, 40, 50 amendes de
08:04stationnement, d'excès de vitesse, etc.
08:06Donc oui, c'est un vrai sujet, et c'est pour ça qu'en effet j'alerte. Moi je vous
08:09dis, c'est à partir d'un cas concret.
08:11Mais ma question c'était pourquoi ? Pourquoi vous n'avez pas eu de réponse ? Qu'est-ce qu
08:14'on vous a dit ?
08:15Lorsque je lis, je le précise, pour tous ceux qui nous écoutent, vous avez alerté à 5 reprises, et encore
08:21au printemps dernier.
08:22Et on a une directive européenne qui risque de nous condamner à payer en effet des... parce qu'elle n
08:30'est pas transposée, Nice 2.
08:31Parce qu'en plus de ça, la France est mauvaise élève. Il y a une directive européenne qui nous demande
08:36d'appliquer un certain nombre de choses,
08:38et on a mis, je crois, 18 mois à commencer à accepter cette idée qui n'est pas encore tout
08:42à fait appliquée.
08:43Alors je vous dis, moi ce qui m'intéresse, moi je fais de la politique, je ne suis pas une
08:46technicienne.
08:46Mais ce qu'on me dit, c'est qu'en fait il y a un blocage de la part du
08:51ministère de l'Intérieur,
08:52tout simplement pour une question assez technique.
08:57Le ministère de l'Intérieur voudrait pouvoir continuer à pouvoir décrypter, quand vous avez du grand banditisme par exemple, des
09:08données.
09:09Or il y a un amendement, puisque en fait on a commencé à travailler dessus au Parlement.
09:12Le Sénat l'a examiné, l'Assemblée en commission spéciale, c'est ce qu'on appelle la loi résilience,
09:19et bien en fait elle interdit toute possibilité pour la sécurité intérieure de décrypter des messages sur nos portables.
09:28Voilà ce que je comprends. Je dis encore une fois, je ne suis pas une technicienne.
09:31Et ça pour le ministère de l'Intérieur, ce n'est pas possible.
09:35Sors après dans les détails, d'autres pays européens ont résolu cette question-là, et ils ont aussi des ministères
09:39de l'Intérieur.
09:40Et surtout, je pense qu'il faut aussi faire confiance aux parlementaires,
09:42et si cet amendement est vraiment un problème et qu'on arrive à nous le démontrer,
09:45il est possible éventuellement de retirer des amendements.
09:49C'est ce à quoi sert une navette.
09:51Donc en effet, je ne comprends pas.
09:53Est-ce que ça peut faire partie des travaux dès la rentrée ?
09:55Est-ce qu'on doit s'attaquer au-delà de la commission d'enquête ?
09:59Parce que la commission d'enquête, ça va être un constat, mais il n'y a pas de caractère coercitif.
10:03Il peut y avoir commission d'enquête, il peut y avoir mission gouvernementale, il y a quand même pas mal
10:08de méthodes.
10:09Et puis, derrière, il faut surtout qu'on inscrive ce texte à l'ordre du jour.
10:14Et moi, je pense que c'est urgent.
10:16En tout cas, ce que vous nous dites, Marie-Agnès Poussier-Vinsbach, c'est qu'il y a des freins
10:19qui viennent du ministère de l'Intérieur.
10:21Absolument.
10:22Mais c'est grave, puisqu'ils sont censés nous protéger quand même, non ?
10:25Oui, et ils pensent nous protéger de cette manière.
10:27C'est là où c'est un peu le serpent qui se mord la queue.
10:28Or, encore une fois, le blocage vient du ministère de l'Intérieur.
10:33En tous les cas, ce sont les informations dont j'y dispose.
10:36Alors, en tous les cas, vous alertez sur ces sujets depuis très longtemps.
10:39Le 30 avril, le Premier ministre annonce en grande pompe un plan contre les cyberattaques visant l'État.
10:44À la lumière de ce que vous nous dites là, je comprends pourquoi, deux mois plus tard, finalement, il n
10:49'y a pas de plan.
10:50Je ne sais pas s'il n'y a pas de plan, puisque j'espère que le gouvernement va inscrire
10:53à l'ordre du jour ce texte.
10:56Il a la maîtrise d'un certain nombre de choses.
10:58Il y a les semaines du gouvernement, il peut demander l'inscription.
11:01J'espère que ce qui s'est passé cet été va permettre de se rendre compte que les parlementaires ne
11:07sont peut-être pas totalement débiles
11:09et qu'ils peuvent être capables de voter, de se mettre d'accord sur un texte aussi important,
11:13surtout qui concerne nos concitoyens au quotidien.
11:16C'est ce sur quoi je vais appeler l'attention.
11:19On est bien d'accord.
11:20Et qu'il y a, et c'est ma dernière question, un enjeu considérable, Marie-Agnès Poussié-Vinsbach,
11:24puisqu'il y a ces usurpations d'identité dont vous avez parlé, ces piratages,
11:28on se retrouve avec des Français qui ensuite, pardon de l'expression, mais galèrent pendant des mois,
11:32des années parfois avec ces données,
11:35et qu'il y a cette action judiciaire qui est lancée contre l'État.
11:39Qu'est-ce que vous en pensez ?
11:42Eh bien, je la comprends.
11:44Je la comprends.
11:45Moi, je vous dis, mon concitoyen, voisin, qui galère depuis 2022,
11:53je comprends qu'à un moment donné, il attaque l'État.
11:55Pour non-protection.
11:56Et on demande de plus en plus de données.
11:58Vous demandez là, solennellement, à Sud Radio ce matin, sur Sud Radio ce matin...
12:02Je demande qu'on mette à l'ordre du jour la loi Résilience au plus vite.
12:06Et vous demandez à ce qu'on agisse sur ce sujet-là.
12:09Sur les victimes, pour les victimes.
12:11Merci, Marie-Agnès Poussier-Vinsbach, de nous avoir rendu visite ce matin sur Sud Radio.
12:16Je rappelle que vous êtes vice-présidente de l'Assemblée Nationale, députée Horizon.
12:22On vous souhaite une excellente journée.
12:23Dans un instant, la météo et les informations.
12:26Merci à vous.
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