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  • il y a 1 jour
Ce jeudi 16 juillet, l'efficacité de la nouvelle stratégie du gouvernement pour atteindre la neutralité carbone en 2050 a été abordée par Raphaël Legendre et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Face à le chiffre, et on parle de cette nouvelle stratégie pour atteindre la neutralité carbone en 2050,
00:06ça passe notamment par une réduction de moitié des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.
00:11Rapport, je veux dire, objectif, très ambitieux et loin de la trajectoire actuelle.
00:17Est-ce que c'est réaliste, Raphaël Legendre ?
00:19Oui, en tout cas, on s'améliore.
00:20Moi, ce qui me frappe ce matin, alors, je suis très content qu'on en parle sur l'antenne de
00:24BFM Business.
00:25Justine Vassogne vous l'a expliqué, cette stratégie nationale, bas carbone, troisième du nom.
00:29On sort quand même de la troisième canicule en six semaines, des incendies absolument démentiels.
00:36Ce qui fait la une ce matin, c'est les orages, les grêles, la sécheresse qui arrive.
00:40Je n'ai pas vu un papier dans la presse du jour sur la stratégie nationale bas carbone qui a
00:46été présentée hier.
00:47C'est absolument dingue, c'est pourtant notre feuille de route vers la neutralité carbone en 2050.
00:55Alors, pourquoi il y a du mieux ?
00:58La première stratégie, la SNBC, comme on dit, qui allait de 2015 à 2018, a été un échec total.
01:07On ne l'a absolument pas respecté.
01:09On avait des objectifs.
01:10Grosso modo, on devait faire 2% de réduction de nos émissions chaque année.
01:14On n'a fait que 1%.
01:15Les objectifs étaient trop hauts.
01:17On ne s'est pas donné les moyens.
01:18Ça n'a pas fonctionné.
01:19Bon, la deuxième qui courait de 2019 à 2023, elle était respectée.
01:27Donc, on a progressé au fur et à mesure.
01:30On a passé nos émissions carbone de 436 millions de tonnes en 2019 à 376 millions de tonnes en 2023.
01:39C'est une baisse de 14%.
01:41Alors, ça ne va pas assez vite.
01:42Ce n'est pas assez fort.
01:43N'empêche qu'on a tenu des objectifs.
01:45On a rabaissé aussi les objectifs avec la deuxième stratégie.
01:48Parce qu'on a vu que ça ne sert à rien de viser la Lune si on n'est pas
01:52capable de l'atteindre.
01:56Il y a aussi eu quelques points noirs sur les puits forestiers.
01:59Alors, on voit des incendies de partout.
02:00Il se trouve qu'on a un vrai problème avec nos forêts et que ça ne va pas aller en
02:04s'améliorant.
02:06Mais il y a eu du mieux.
02:08Ça a été un succès comptable et une vraie amélioration.
02:11Donc, là, cette troisième, elle est beaucoup plus précise.
02:14Elle est beaucoup plus pointue.
02:16Elle est plus solide.
02:18Elle est plus ambitieuse.
02:19On a une qualité de feuille de route qui s'est améliorée.
02:22Vous avez des indicateurs très concrets.
02:24On va avoir deux tiers de ventes de véhicules électriques.
02:27En 2030, c'est demain, de véhicules neufs.
02:2950% de poids lourds électriques, 700 000 rénovations performantes par an,
02:351 million de pompes à chaleur, etc.
02:36Voilà.
02:37On a des indicateurs.
02:38Franchement, on va vers du mieux.
02:39Ça ne va pas assez vite.
02:40Ça ne va pas assez loin.
02:41Mais sur la réduction carbone, on avance quand même.
02:44Emmanuel Lechip, on avance ?
02:46Non, cette feuille de route, elle est totalement dingue.
02:50Elle est complètement folle.
02:51C'est-à-dire qu'en gros, on n'est pas capable de tenir les objectifs qu'on s'est
02:54déjà fixés précédemment.
02:55Et donc, on se dit, ce n'est pas grave.
02:57On va maintenir les objectifs tels qu'on les avait prévus,
03:00mais en étant encore plus exigeants sur la trajectoire.
03:02Donc, en gros, il y a cinq ans, on nous disait,
03:04les gars, ça va être compliqué.
03:05Il va falloir escalader le Mont-Blanc avec des pâtes au gaz.
03:08Et là, on nous dit, ce n'est pas grave.
03:09Ça va être encore plus difficile.
03:11Donc, maintenant, vous allez grimper l'Everest en tongs.
03:13Sauf qu'on a respecté les objectifs pour la numéro 2.
03:17Alors, il ne faut pas passer sous silence.
03:19Ce qui serait de la mauvaise foi.
03:20La principale raison pour laquelle on a tenu nos objectifs,
03:23je vous le rappelle, c'est quand même que pendant le Covid,
03:25toutes les émissions se sont...
03:27Ah ben oui, voilà.
03:28Et donc, la réalité, c'est qu'on nous propose une destination de rêve,
03:31mais sachant que la feuille de route pour l'atteindre
03:35fait que, de toute façon, c'est le meilleur moyen de ne pas y arriver.
03:39Alors, premier point, ce qu'on nous propose,
03:41c'est une transition énergétique.
03:42On est d'accord, puisqu'on nous dit,
03:44plus de charbon en 2030,
03:46plus de pétrole d'ici 2045,
03:48plus de gaz fossiles en 2050.
03:50Alors, on va rappeler que la transition énergétique,
03:52dans l'histoire, ça n'a jamais existé.
03:54Ça ne s'est jamais fait.
03:55À chaque moment de l'histoire,
03:57on a utilisé des nouvelles énergies
03:59pour répondre aux nouveaux besoins,
04:01mais sans arrêter d'utiliser les anciennes.
04:04Donc, ça, c'est totalement irréaliste.
04:06Je vous rappelle qu'un pays comme la Norvège, par exemple,
04:09un pays comme la Norvège,
04:10qui a été le pionnier de l'électrification automobile,
04:13c'est un pays qui a massivement électrifié son économie,
04:17et qui, pourtant, ne consomme pas moins de pétrole aujourd'hui.
04:20Donc, c'est totalement irréaliste
04:23de vouloir nous imposer une suppression du pétrole
04:26à un horizon aussi court.
04:2860% de l'énergie finale consommée en France,
04:31aujourd'hui, provient encore du pétrole et du gaz,
04:33et notamment pour tout ce qui est transport et industrie.
04:36Est-ce que vous pensez que nos industriels
04:38vont s'adapter aussi vite ?
04:40Parce que vous ne décrétez pas l'arrêt du pétrole
04:42comme vous décrétez l'arrêt des pailles en plastique.
04:46Vous voyez, c'est quand même beaucoup plus compliqué que ça.
04:50Ces objectifs, ils supposent une vitesse jamais atteinte,
04:53effectivement, et ça oblige de se caler
04:54sur des rythmes qu'on a tenus
04:57à cause de circonstances exceptionnelles comme le Covid.
05:01Ensuite, l'État demande aux Français
05:03ce qu'il n'est pas capable d'organiser.
05:05Franchement, parce que pour sortir du pétrole,
05:08il faudra des dizaines, voire des centaines de milliards d'investissements.
05:11L'État n'en a pas le premier sou.
05:13Donc, cette trajectoire, c'est vraiment la quintessence
05:16de l'autosatisfaction à la française
05:19avec des beaux rapports, pleins de chiffres
05:21qui sont totalement, totalement inapplicables.
05:24C'est une catastrophe.
05:25On n'a rien appris de nos échecs passés.
05:27Merci beaucoup, Emmanuel.
05:28Le chiffre que vous êtes bavard.
05:30Là où il y a une volonté, il y a un chemin,
05:31comme disait Lénine.
05:32Merci.
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