- il y a 11 minutes
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00C'est donc un terrible bilan qui a été communiqué ce vendredi par la Direction de la Sécurité Civile.
00:05Depuis le début de l'année, 25 000 hectares sont déjà partis en fumée en France, soit le double de
00:09ce qui était mesuré l'année dernière à la même date.
00:11On va partir tout de suite, Dominique, dans la Drôme. La Drôme, sous le coup d'un incendie historique.
00:15On vous le disait, incendie de végétation dans une zone montagneuse. On est au-dessus de 10. On est à
00:2060 km à l'est de Valenciennes.
00:21Bonsoir, Victor Pérez-Boucheron. Vous êtes sur place pour BFM TV. Comment évolue ce soir la situation ?
00:28Que disent les pompiers qui, je crois, ont pris la parole il y a quelques minutes ?
00:33Oui, exactement, Dominique. Écoutez, la situation ici dans la Drôme, elle est plutôt favorable.
00:37C'est le dernier point à 19h. Vous le voyez derrière moi sur ces images de Chloé Abierto.
00:42Eh bien, le feu est toujours présent. Il y a toujours cette ligne de crête.
00:45Ce que vous voyez sur ces images, c'est le versant du massif de Dide-Justin.
00:49Nous sommes sur la commune de Dix. Ce massif, il fait face à la commune de Dix.
00:52Donc, ces fumées et ces lueurs resteront visibles toute la nuit.
00:55Mais évidemment, vous vous en doutez, des moyens importants sont toujours déployés.
00:59Il y a toujours 450 sapeurs-pompiers mobilisés.
01:01Aujourd'hui, il y avait cinq hélicoptères, dont un bombardier d'eau.
01:04Demain matin, ce sont deux autres hélicoptères lourds supplémentaires.
01:08Il y avait aujourd'hui dans le ciel de la Drôme un avion d'âge uniquement pour des largages de
01:12protection de personnel.
01:14La préfecture et le SDIS de la Drôme tiennent à aussi informer qu'aucune autre évacuation n'a été décidée
01:19aujourd'hui.
01:20Et il y a quelque chose que vous ne voyez pas sur les images, mais qui est très important de
01:23le signaler, c'est qu'il pleut.
01:24Il pleut ici dans la Drôme.
01:26Il y a une cellule orageuse juste au-dessus de cet incendie.
01:29Ce qui provoque également cette levée de flammes que vous voyez spectaculaire.
01:32Elle fait peut-être deux ou trois mètres et toujours ce vent.
01:34Ce soir, il y a beaucoup de vent.
01:36Hier, il n'y avait plus de vent.
01:37Mais là, comblé à ces orages, le vent est venu jouer les troubles faites.
01:40Nous avons assisté il y a quelques instants à une montée de colonnes de sapeurs-pompiers
01:44pour venir très sûrement attiser, travailler sur ce chantier.
01:48L'information de la soirée, vous le voyez, ce sont ces éclairs qui sont présents.
01:52Et une autre information, c'est que ce feu, il s'est déclaré à cause des éclairs.
01:55Il y a de cela plus de dix jours.
01:59Victor Pérez-Boucheron en direct de Dix dans la Drôme avec Chloé Berthaud.
02:02Ludovic Pingano, on va garder ces images en direct là.
02:05Victor nous le disait, il commence à pleuvoir.
02:07Ça va aider ça bien évidemment quand on voit ce feu qui continue de se propager ?
02:10Ah oui, clairement, à partir du moment où il pleut, ça va aider.
02:13Maintenant, là quand on voit un feu aussi actif qu'il est,
02:16ce ne sont pas quelques gouttes qui vont l'éteindre, ne vont pas rêver.
02:18Et ceci dit, 4000 hectares parcourus en zone particulièrement escarpée
02:23avec des accès pour les véhicules terrestres très difficiles et un feu qui se propage.
02:27Je me souviens très bien de la conférence de presse de la préfète du département de la Drôme
02:35qui s'exprimait hier matin en disant, voilà, la situation pour l'instant semble s'être apaisée un petit peu,
02:41mais nous restons très prudents.
02:42Le feu n'est même pas fixé, nous restons très prudents.
02:44Mais pour l'instant, nous n'envisageons pas d'évacuation de population.
02:47Et puis finalement, la situation s'est très rapidement emballée.
02:50Des populations ont été évacuées.
02:52Donc on voit que c'est vraiment une situation qui n'est absolument pas sous contrôle.
02:55Vous, l'ancien pompier, Ludovic, quand vous voyez ces images-là,
02:58vous nous dites régulièrement que le relief joue aussi beaucoup.
03:01Et là, on voit que c'est...
03:14Sur le feu, ce feu qui ronge la végétation, on voit d'ailleurs plus que la végétation qui brûle.
03:22On voit aussi les gaz de combustion qui s'enflamment.
03:25En partie haute des flammes, on l'aperçoit très bien sur les images.
03:29Et donc, c'est un feu qui est virulent, qui consomme beaucoup de végétation.
03:33On voit beaucoup de fumée.
03:35Donc oui, ça reste des conditions très difficiles.
03:38On a quand même un point positif.
03:40On parlait de ces quelques gouttes de pluie.
03:41On a le vent, parce que ça, pour le coup, c'est vraiment un facteur qui est déterminant.
03:45Le vent marin ou pas ?
03:47C'est vrai que le vent a tourné aujourd'hui.
03:49Donc on a un vent de sud.
03:51Le fait qu'il soit chargé en humidité, on en parlait avec Ludovic tout à l'heure.
03:54On se disait que c'est un point positif, parce que ça évite de nouveau le départ de feu.
03:59Mais sur un feu qui est en cours, il y a tellement d'autres facteurs qui jouent
04:02que c'est quand même ennuyeux d'avoir des rafales à près de 40 km heure,
04:06même si elles viennent du sud.
04:07Parce qu'en fonction, effectivement, de la configuration, de la topographie,
04:10ça peut jouer un rôle.
04:11Si le vent, finalement, remonte le long du relief, ça ne va pas forcément nous aider.
04:14Juste la bonne nouvelle, c'est que cette nuit, du côté de la Drôme,
04:18le vent faiblit.
04:19Ce n'est pas le cas partout en France.
04:21Mais cette nuit, ça se calme vraiment.
04:23Mais regardez ces images et la vitesse avec laquelle la végétation se consume.
04:28Gaëlle Musquet, pourquoi la végétation se consume aussi vite ici ?
04:32On a l'impression que ce sont des sapins de la pinède, c'est ça, ici ?
04:35En fonction de la végétation que l'on a, c'est des conifères, des pins, du type de sève
04:40qu'on va avoir dans ces arbres-là.
04:41Il faut comprendre que cette sève va commencer à bouillir, elle va s'évaporer
04:45et ces fameux gaz dont parle Ludovic vont s'échapper de l'arbre.
04:50Parfois, sur des cas extrêmes, l'arbre va même exploser sous l'effet de la chaleur
04:54et projeter, du coup, à son tour, des braises incandescentes.
04:59Et en fait, il faut bien comprendre qu'avec le relief, la chaleur va monter.
05:03Cette chaleur, en montant, avec le feu qui va monter, va mettre le feu aux arbres qui sont au-dessus.
05:08On a l'impression que ça se consume à vue d'œil.
05:11Oui, complètement.
05:12Les images sont saisissantes parce que cette forêt est en train de brûler.
05:15Oui, dans les montées, le feu va avoir tendance à accélérer,
05:19ne serait-ce que pour des raisons liées, évidemment,
05:24le fait que la chaleur a tendance à monter par rapport à l'air frais qui est au sol.
05:29Et donc là, on va effectivement avoir un effet domino
05:32où les arbres du dessous vont enflammer, les arbres du dessus, avec ce gaz.
05:36Il faut bien comprendre que le feu ne se propage pas comme ça, de branche en branche
05:40ou d'arbre en arbre.
05:43Là, on a vraiment du gaz qui va s'échapper, en fait, de ces arbres
05:47et qui va consumer les arbres au-dessus et tout autour à des vitesses.
05:53Ludovic le disait tout à l'heure.
05:55Je le lisais d'ailleurs sur les statistiques de feux précédents.
05:58On peut dépasser les 10 km heure sur certains feux.
06:00Ludovic Pingano, est-ce que quand vous étiez sapeur-pompier,
06:02vous avez pu intervenir sur ce genre de feu et comment on procède ?
06:05Vous dites souvent qu'il faut faire avec la nature.
06:07Expliquez-nous.
06:08Oui, il faut faire avec la nature.
06:09Les spécialistes, les experts en feu de forêt le savent bien.
06:13Il faut savoir lire le feu, savoir lire la nature pour déjà savoir comment il va se comporter
06:18et vers où il va pouvoir, j'allais dire, spontanément se diriger.
06:22Le relief, la végétation, le type de végétation, le sens du vent, la force du vent également.
06:29Tout cela, ce sont des paramètres qui permettent de modéliser une direction et une vitesse de propagation.
06:34En plus, aujourd'hui, on a des outils informatiques qui permettent de faciliter cette modélisation,
06:39mais ça reste toujours relativement aléatoire.
06:42Ensuite, sur cette base-là, on va pouvoir identifier ce qu'on appelle des points sensibles.
06:47Où sont les populations ? Où sont les habitations ?
06:49Puisque la priorité des sapeurs-pompiers, ça va être d'abord de protéger les populations,
06:52qu'il n'y ait pas de victimes de cet incendie,
06:55et éviter qu'il puisse y avoir des habitations ou des zones d'élevage, par exemple,
06:58qui puissent être impactées par l'incendie.
07:01Toujours avec à l'esprit le fait que les sapeurs-pompiers doivent intervenir en toute sécurité.
07:05On a vu sur les images, à la vitesse où le feu se propage,
07:08vous voyez bien qu'on ne peut pas positionner des moyens terrestres au sol
07:10en disant qu'on verra bien ce qui se passera.
07:12On doit anticiper ce genre d'emballement thermique et ça, c'est quelque chose d'important.
07:16Là, on nous dit que jusqu'à 5 hélicoptères bombardiers d'eau et reconnaissance sont mobilisés,
07:19justement, sur ce massif, sur une partie du massif.
07:23Ensuite, les secours, en fonction des objectifs, vont travailler sur un flanc ou sur l'autre flanc.
07:29À partir du moment où on a des moyens aériens qui sont engagés,
07:32on va faire des choix tactiques.
07:34On va plutôt engager les moyens aériens sur des zones inaccessibles par les moyens terrestres.
07:38On va engager les moyens terrestres à des endroits où le feu a baissé d'intensité
07:40pour que les lances des engins et des personnels puissent être suffisamment efficaces.
07:44Là, les moyens aériens, on imagine qu'il fait nuit, donc désormais ils sont au sol.
07:48Ça va être quoi dans les heures qui viennent et cette nuit, le travail des sapeurs-pompiers
07:52qui restent sur place ?
07:53Alors, ça va être de travailler déjà sur les lisières,
07:57dans un premier temps, travailler sur les lisières là où les moyens terrestres peuvent accéder,
08:01et éventuellement orienter le feu.
08:03C'est-à-dire qu'on ne va pas chercher à l'éteindre,
08:05mais si on voit par exemple que le cône du feu se dirige plutôt vers des zones d'habitation,
08:10on va essayer de travailler sur un flanc, donc sur un côté du feu,
08:13pour l'orienter sans chercher à l'éteindre,
08:15mais de façon à ce qu'il puisse se diriger autre part que vers la zone d'habitation.
08:19En fait, on va accepter que ce feu puisse consommer de la végétation,
08:25faute de mieux.
08:26Et puis, on va peut-être aussi essayer de l'engager dans des endroits
08:29où plutôt que de se retrouver sur des pentes,
08:32on va plutôt l'engager là où il peut descendre,
08:34puisque quand il descend, pour le coup, il ralentit,
08:36et l'amener surtout vers des zones d'appui,
08:38où là, les secours pourront être plus efficaces.
08:41Quand je dis des zones d'appui, c'est par exemple des zones de vignes, par exemple,
08:44où là, on sait aussi que le feu va très largement baisser en intensité.
08:48Tout en préparant le lendemain matin avec l'arrivée des avions
08:54et en prévoyant déjà ce qu'on appelle une idée de manœuvre
08:57pour faire taper les avions là où on considéra que c'est le plus efficace.
09:01Alors, soit encore sur un flanc, soit sur la tête de feu quand c'est possible.
09:04Dans les avions, on choisit si c'est des canadaires
09:06pour travailler sur de l'extinction avec de l'eau
09:09ou si on travaille avec des dashes qui, eux, vont plutôt travailler avec du retardant,
09:12le retardant permettant aussi de ralentir le feu ou de le diriger.
09:16Et puis, dernière chose, parce qu'on voyait que c'est complexe, un peu de forêt.
09:18Dernière chose, eh bien, on ne va pas forcément téléphoner à Eleonore,
09:22mais en tout cas, on va s'intéresser à ce qu'elle nous dit.
09:24Parce que peut-être que les conditions météo, demain...
09:27J'ai dit peut-être. Non, il n'y a pas de peut-être, Eleonore, sur le sujet.
09:31Eleonore est en train de se réconner.
09:32Si les conditions météo changent,
09:35si on sait qu'effectivement, le vent tourne aussi, voilà.
09:38Donc, tout ça, ce sont des éléments qui sont également pris en anticipation
09:42pour être les plus efficaces possibles.
09:43Mais vous voyez bien à quel point cette situation est complexe.
09:45Et là, on ne parle que des pompiers,
09:46mais il faut aussi parler des maires, des associations, etc.,
09:49qui apportent leur concours sur ces feux, et même la population.
09:52Vous savez, moi, vous disiez, quand j'étais plus jeune,
09:54c'est comme ça que vous disiez, quand vous étiez plus jeune,
09:55quand vous étiez sapeur-pompier, à l'époque.
09:58Moi, je me souviens aussi, vous savez,
10:00on est nourri par des sandwiches, etc.,
10:01enfin, on dort dehors.
10:02Enfin, ce sont des conditions vraiment difficiles.
10:06Et moi, je me souviens de gens qui venaient nous apporter
10:08des tomates, des pommes, des jus de fruits,
10:12enfin, des choses, ça peut sembler tellement simple.
10:14Et je peux vous assurer, ça fait tellement du bien
10:16quand vous êtes comme ça sur ces chantiers.
10:18Tout ce réconfort qu'on peut vous apporter,
10:20et puis je crois que le top du top,
10:21c'est quand ces feux sont éteints,
10:22quand vous quittez ces chantiers,
10:24et que vous avez la population qui vous applaudit,
10:26qui vous remercie, ça, franchement, ça fait chaud.
10:28Mais au moment où on est face à ce brasier-là,
10:30Ludovic Pingano, qu'est-ce qu'on ressent
10:31qu'on est sapeur-pompier quand on entend tout ça sur ce brasier ?
10:34Ce qui fait un bruit particulier ?
10:36Le bruit, le bruit, et vraiment,
10:40moi, je me souviens d'un feu particulièrement important,
10:44c'était en 2003, voilà.
10:46C'était un feu de la garde Freinet,
10:48où d'ailleurs des collègues,
10:48j'ai une pensée encore pour leur famille,
10:50de la Seine-sur-Mer sont décédés,
10:53ont été pris par le feu,
10:54un feu qui s'était propagé très, très vite.
10:56Et dans ces cas-là, vous vous sentez tout petit,
11:01vous vous sentez inutile,
11:02vous vous dites, mais qu'est-ce qu'on fout là, quoi ?
11:06Qu'est-ce qu'on fout là, tellement on se sent minuscule
11:09devant l'immensité d'un incendie comme ça ?
11:11Et puis, à un moment donné,
11:12c'est la force du groupe qui reprend le dessus,
11:14en disant, mais on ne peut pas s'arrêter,
11:15il faut y aller, il faut recommencer.
11:16Et puis, finalement, on arrive à bout de ces incendies gigantesques,
11:20mais je peux vous assurer que ça fait toujours froid dans le dos
11:21quand on voit ces images.
11:22Alors, il n'y a pas que la Drôme qui brûle ce soir.
11:26D'autres incendies sont en cours, évidemment.
11:28Les Pyrénées-Orientales, toujours.
11:29On ira dans un instant.
11:30Marseille, également.
11:31À Marseille, ce sont 12 hectares qui ont brûlé aujourd'hui
11:33en à peine deux heures.
11:35Un feu qui a pris à l'est de Marseille,
11:37dans le secteur de la Val-Barrelle,
11:38dans le 11e arrondissement.
11:39Bonsoir.
11:40Victor Labbé, vous êtes journaliste pour BFM TV.
11:43Marseille, qu'en est-il à cette heure-ci ?
11:44Le feu est-il fixé ?
11:49Exactement, un feu qui a été très virulent,
11:51qui s'est déclaré dans l'après-midi.
11:53Le feu, lui, est fixé depuis cet après-midi
11:57avec, on le rappelle, 12 hectares qui ont été brûlés.
12:01Un feu qui était donc à proximité des habitations,
12:04qui a remonté le massif.
12:07Trois facteurs, une nouvelle fois,
12:08qui expliquent ces incendies, ces incendies de Matif.
12:11Le vent, aujourd'hui, aux alentours de 30 à 40 km heure de vent.
12:15La chaleur avec 35 degrés.
12:18Et un taux d'humidité bas, aux alentours de 30 à 40%.
12:21Ce sont ces trois facteurs qui expliquent la rapidité
12:24avec laquelle les flammes ont progressé ici,
12:27à l'est de Marseille, cet après-midi,
12:29avec, on le rappelle, 12 hectares qui ont été brûlés.
12:32Le bataillon, des marins de pompiers, comme vous le voyez,
12:33qui sont toujours à pied d'oeuvre,
12:35pour faire cette surveillance durant toute la nuit,
12:38avec des noyages pour aussi repérer les points chauds
12:41qui pourraient encore durer durant toute la nuit,
12:43avec notamment des drones pour repérer ces points chauds.
12:46Il y a eu dans la journée 90 marins-pompiers
12:48qui ont été déployés, assistés avec une quarantaine d'engins
12:52pour lutter contre ces flammes qui remontaient le massif.
12:56Il y a également, encore une fois, des moyens aériens
12:59avec 4 Canadair, un dash et 2 hélicoptères bombardiers d'eau.
13:04Donc voilà, 12 hectares qui sont partis en fumée
13:06très rapidement cet après-midi,
13:07avec, encore une fois, le vent qui était un des facteurs,
13:10la chaleur et évidemment ce taux d'humidité.
13:12Les marins-pompiers qui vont, eux, continuer de surveiller ce feu
13:15pour ne pas qu'ils ne reprennent dans la nuit,
13:17même si le vent et évidemment la température ont baissé
13:20en ce début de soirée.
13:22Victor Labbé, en direct de Marseille.
13:24Ludovic Pingano, c'est vrai que quand on voit ces images à Marseille,
13:27ça nous fait penser à l'incendie de l'Estac l'an dernier,
13:29ces 93 habitations qui avaient été détruites.
13:32D'ailleurs, aujourd'hui, il y a une porte-parole
13:34de l'Association des victimes qui dit,
13:34on n'a toujours pas été relogé, ça tarde un petit peu.
13:37Et c'est vrai qu'on était près des habitations,
13:39là aussi, on pouvait penser au pire, finalement,
13:41les 90 sapeurs-pompiers mobilisés, les 4 Canadair,
13:43les 2 hélicoptères bombardiers d'eau,
13:45finalement, on y est arrivé.
13:46On n'avait pas la même aussi ampleur que l'an dernier.
13:48Alors, ce n'est pas la même ampleur,
13:49le feu n'a pas pris au même endroit,
13:50puisque l'an dernier, l'Estac, il est parti en bas de la colline
13:54et il est monté directement vers les habitations,
13:56dans une zone très escarpée.
13:58Donc, ce qui a fait que les sapeurs-pompiers
14:00ne sont pas arrivés à temps pour protéger ces habitations.
14:02Il y a toujours ce sujet de la sécurité,
14:04on ne peut pas comme ça rentrer dans un brasier.
14:06Là, cet après-midi, visiblement, c'était...
14:08On voit les images, d'ailleurs, de l'Estac.
14:10Il y a pris un an, jour, jour, quasiment.
14:12Donc, on voit bien le relief et la difficulté d'intervenir.
14:15Cet après-midi, c'était un peu différent,
14:17puisque le feu a pris vraiment en zone de végétation
14:19et s'est propagé sur la colline.
14:22Les moyens engagés du bataillon de marins-pompiers de Marseille
14:24se sont de toute façon bien positionnés,
14:27déjà, pour protéger les habitations,
14:28comme je le disais tout à l'heure, c'est la priorité.
14:30Et puis ensuite, d'autres moyens adaptés au feu de forêt
14:33ont permis de fixer cet incendie.
14:35Il est parti très vite cet après-midi.
14:37Mais les moyens déployés par le bataillon
14:39ont permis très rapidement de fixer cet incendie,
14:43ce qui a permis vraisemblablement d'éviter une nouvelle catastrophe.
14:46– Boris Villierschev, je rappelle que vous êtes expert en risques majeurs.
14:49Merci d'être avec nous ce soir.
14:50Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunes,
14:53qui était en déplacement la semaine dernière dans l'Aude,
14:55sur l'un de ces incendies,
14:57avait dit redouter un été particulièrement compliqué
15:01et difficile sur le front, justement, des incendies.
15:04C'est ce que l'on voit depuis plusieurs jours.
15:06Est-ce qu'il faut s'attendre à ce que cela continue tout au long de cet été ?
15:09– Toutes les conditions sont réunies, comme ça a été dit.
15:12De toute façon, puisqu'on a eu plusieurs épisodes caniculaires
15:16qui ont suivi, en fait, un épisode pluvieux,
15:20puisqu'on a eu un printemps assez pluvieux,
15:22ce qui fait qu'on a eu une végétation qui était abondante,
15:24qui a été complètement desséchée par ces épisodes caniculaires.
15:28C'est qu'aujourd'hui, il y a énormément de combustibles.
15:30En plus, on a les conditions, on a une forte chaleur,
15:32on a un dessèchement de la végétation,
15:34et en plus, on a, comme on l'a vu,
15:36une levée des vents dans certaines régions.
15:40En plus, ça a un relief à topographie assez forte.
15:42– C'est intéressant ce que vous dites.
15:43Finalement, le printemps pluvieux a permis à la végétation de pousser.
15:46– Bien sûr.
15:48– Rire en végétation et de sécher.
15:49– Et ensuite, les épisodes caniculaires sont venus assécher
15:51cette végétation et ces sols,
15:53ce qui fait que toutes les conditions sont réunies
15:55de façon à ce que le problème des incendies de forêt
15:58soit accru, en fait.
16:01– On parle justement de ce constat,
16:0325 000 hectares brûlés en France depuis le début de l'année.
16:05C'est le double de l'année dernière pour environ 8 000 départs de feu.
16:08On n'est que le 10 juillet.
16:10Gaël Musquet et vous qui scrutez toute la base de données prométhées,
16:12qui collectent donc les données sur les feux de forêt
16:15survenus en zone méditerranéenne.
16:16Quelles sont les années les plus dévastatrices
16:18en termes de feux de forêt en France ?
16:20– On en retient principalement 5.
16:22Déjà, la première, en 1949, on est à l'après-guerre.
16:25500 incendies qui causent pratiquement la destruction
16:30de 100 000 hectares de forêt.
16:33Ensuite, arrive l'année 1976 avec pratiquement,
16:38d'un côté, la moitié de la végétation brûlée,
16:42donc 88 000 hectares.
16:44Donc, ces 88 000 hectares sont brûlés pour moitié
16:47autour du pourtour méditerranéen et l'autre moitié
16:50au niveau, sur tout le reste du pays.
16:54L'année 89 et l'année 90 sont particulières.
16:58Deux étés, deux hivers de sécheresse.
17:01On est là à 75 000 hectares brûlés.
17:04C'était des années particulièrement marquantes.
17:0689, première sécheresse qui prépare malheureusement
17:09la catastrophe sur 90.
17:12Là où on a 70 000 hectares brûlés du côté de Colobrières,
17:16du massif des morts à Vidoban.
17:19Ce sont les feux qui ont marqué les mémoires.
17:232003 ensuite, l'année de la canicule.
17:2670 000 hectares qui sont brûlés avec,
17:28Ludovic l'a dit, un triste bilan.
17:3110 personnes décédées, dont 4 pompiers.
17:35Donc, c'est dire à quel point l'année 2003,
17:37au-delà de la canicule, a été aussi une année meurtrière
17:39aussi pour les sapeurs-pompiers et les populations.
17:42Et enfin, à nouveau, les Landes de Gascogne,
17:47comme en 1949, qui en 2022, font partie des 70 000 hectares
17:52qui ont brûlé sur cette sécheresse et ces canicules
17:55qu'on a connues en 2022.
17:55C'est les méga-feux en Gironde, on s'en souvient.
17:57Exactement.
17:58Donc là, vous voyez qu'on intègre maintenant en plus
18:01les feux de végétation.
18:03Donc, on a les feux de forêt,
18:05plus les feux de champs, les feux de récolte,
18:11les feux de broussailles.
18:12Il faut intégrer aussi l'outre-mer avec la Guyane
18:15où on a aussi des feux maintenant,
18:18la Nouvelle-Calédonie, la Réunion aussi.
18:22Et on a, je veux dire, évidemment une intensité plus forte l'été
18:25dans l'hémisphère nord,
18:27mais on a aussi des feux malheureusement au printemps
18:30et en hiver parce qu'on a des sécheresses qui durent
18:34et qui malheureusement fragilisent la végétation
18:36tout au long de l'année.
18:36Alors, les incendies en France,
18:38mais pas seulement.
18:39On va partir en Espagne à présent,
18:41le pays qui semble être face à l'un des pires incendies
18:45depuis 40 ans, l'un des plus meurtriers.
18:47En tout cas, on va retrouver en Andalousie,
18:49à Almeria, Laura Cambot.
18:51Bonsoir, Laura.
18:51Le bilan est énorme pour l'instant.
18:55On parle d'au moins 12 morts
18:57et de 23 disparus ce soir dans cet incendie.
19:04Oui, tout à fait.
19:05Un bilan qui reste pour l'instant stable,
19:07mais les autorités espagnoles expliquent bien
19:09qu'il pourrait augmenter au fil de la soirée,
19:12au fil des jours à venir.
19:14En effet, il y a au moins 12 morts
19:16de différentes nationalités,
19:18des Belges, des Britanniques
19:19et au moins un Espagnol.
19:21Il y en a 4 qui sont morts
19:23alors qu'ils se trouvaient au sein d'une voiture.
19:26Ils se sont retrouvés piégés.
19:28Et puis les autres, ils avaient tenté de fuir les flammes.
19:32Ils marchaient dans les forêts.
19:33Et puis tout d'un coup, ils se sont retrouvés face au feu,
19:36face à eux.
19:37Ils n'ont donc pas pu s'en échapper.
19:39Il y a également, vous le disiez,
19:41c'est d'ailleurs ce qui inquiète le plus
19:43les autorités espagnoles.
19:44C'est 23 personnes qui sont toujours portées disparues.
19:47On sait qu'il y a eu des battues
19:49organisées tout au fil de la journée
19:50avec l'appui des policiers espagnols
19:53pour tenter de les retrouver.
19:54Et en tout cas, ce qu'on peut vous dire,
19:56c'est que selon les derniers chiffres,
19:58ce feu, il continue de progresser.
20:00On était vers midi aux alentours
20:02de 3 000 hectares qui avaient été ravagés.
20:05Et bien désormais, nous sommes déjà
20:07à plus de 4 000 hectares
20:08qui sont partis en fumée.
20:10Cet autre chiffre intéressant,
20:12à la mi-journée, on était autour
20:14de 600 Espagnols qui avaient dû évacuer.
20:17Et bien désormais, on sait qu'ils sont
20:18plus de 1 400 à avoir dû fuir leur maison.
20:22J'étais à Malaga avec Colline Chambol.
20:25Vous êtes en direction de cette province d'Almeria.
20:27Vous êtes là sur la route de Los Gallardos.
20:29Qu'est-ce que vous avez vu sur cette route, Laura,
20:30qui puisse justement expliquer
20:32que cet incendie perdure ?
20:38Oui, tout à fait.
20:39Avec Colline Chambol, on est sur la route.
20:41On se trouve d'ailleurs à environ 30 kilomètres
20:43de cet incendie.
20:44Alors maintenant, il commence évidemment
20:45à faire nuit, mais il y a quelques minutes,
20:47on pouvait déjà voir cette fumée immense
20:51qui s'échappait de cet incendie.
20:53Et on se rend compte, et bien sur cette route,
20:55et bien qu'évidemment, l'Andalousie,
20:56c'est un territoire où la végétation
20:58est particulièrement sèche.
20:59On se rend compte que dès qu'on est un peu
21:01en hauteur, il y a souvent des rafales de vent.
21:03Et puis, on se rend compte qu'il y a
21:05des territoires très escarpés.
21:07C'est bien ça qui rend très difficile l'action
21:10pour les 500 effectifs de secours
21:12qui sont mobilisés sur ces incendies.
21:15Merci beaucoup, Laura Cambo,
21:17avec Colline Chambol en direct
21:20sur la route d'Almeria, donc en Espagne,
21:22où a lieu cet incendie.
21:24Toujours pas maîtrisant, à la compter,
21:25avec ce bilan terrible, 12 morts et 23 disparus
21:28pour l'instant.
21:28Ludovic Pingano, quand on voit les images
21:31de ce feu, le président de la région
21:33d'Andalousie parle d'un feu qui a parcouru
21:3515 kilomètres en deux heures.
21:37On est face à un feu qui progresse
21:38à une vitesse fulgurante,
21:40avec une végétation totalement aride.
21:43On ne peut quasiment pas lutter.
21:44Tous les ingrédients sont réunis
21:45pour un méga-feu.
21:47Oui, alors on n'est pas vraiment
21:48sur un méga-feu, parce qu'effectivement,
21:50il se propage très très vite.
21:51Là, on est sur un feu de garrigue,
21:52plutôt sur une strate qu'on appelle
21:54plutôt arbustive.
21:56Mais effectivement, 15 kilomètres en deux heures,
21:59c'est considérable.
22:00Ça va très très vite.
22:01Donc à partir du moment où ça va vite,
22:02on a forcément du mal à anticiper
22:04et positionner les engins là où il le faut.
22:06Il faut savoir qu'en feu de forêt,
22:07les engins interviennent rarement seuls.
22:08Ils interviennent en groupe ou en colonne.
22:09Une colonne, c'est une vingtaine
22:11d'engins poids lourds.
22:12Donc vous trouvez bien
22:12qu'on ne déplace pas 20 engins poids lourds
22:15comme ça sur des pistes
22:15qui parfois sont difficilement carrossables,
22:17comme si on était dans une petite voiture
22:19quatre roues motrices.
22:20Donc on est vraiment
22:22sur des conditions très difficiles.
22:24Et puis oui, vraisemblablement,
22:26les sapeurs-pompiers espagnols
22:28se sont fait déborder par ce feu
22:30parce qu'il a été très vite.
22:31C'est vraisemblablement ce qui explique
22:33le fait que les gens
22:34aient été pris par le feu
22:36et sous l'effet de la peur,
22:37de la panique,
22:38ont voulu prendre leur voiture
22:39pour s'échapper
22:40et ont été rattrapés par des flammes.
22:44Alors je peux comprendre
22:45que quand on a vraiment peur,
22:47on veuille fuir.
22:50Mais malheureusement...
22:50C'est quoi alors ?
22:51Pardon, juste qu'est-ce qu'on fait
22:52dans ces cas-là ?
22:53On ne prend pas la voiture ?
22:54On reste chez soi ?
22:55Parce que 15 kilomètres en deux heures,
22:57c'est le feu,
22:57on le voit arriver.
22:58Si on veut partir,
22:58il faut partir le plus tôt possible.
23:00C'est-à-dire que souvent,
23:01on veut rester chez soi
23:01parce qu'on pense que
23:03c'est notre cerveau
23:04qui fonctionne comme ça.
23:05Notre cerveau a tendance
23:06à nous rassurer.
23:07On est sur ce qu'on appelle
23:08les facteurs organisationnels et humains.
23:09Notre cerveau a tendance
23:10à nous rassurer.
23:11Et donc il va nous dire
23:12non, mais vraiment,
23:13ce ne serait quand même pas de chance
23:14si ça nous arrivait.
23:15Et puis même si on commence
23:16à voir les flammes,
23:17on a toujours tendance
23:17à croire que les secours
23:18arriveront suffisamment vite
23:20pour éteindre le feu
23:21avant qu'il arrive à la maison.
23:22Et puis à un moment donné,
23:22on se rend compte
23:23que c'est trop tard
23:24que le feu va venir.
23:25Donc là, on veut fuir
23:26et c'est là où c'est trop tard.
23:28Ce qu'il faut faire...
23:30Là, si on est coincé
23:31dans sa voiture,
23:31c'est compliqué quand même.
23:32Ah ben oui.
23:33Malheureusement,
23:33il y a plein d'accidents
23:34et des événements comme ça
23:35qui nous montrent
23:35que ce ne sont pas des solutions.
23:37J'ai ressorti quelques statistiques.
23:39En 2017, au Portugal,
23:4062 personnes décèdent
23:45et 92 personnes décèdent
23:46directement ou indirectement.
23:48Quand je dis indirectement,
23:48c'est parce que les gens
23:49ont fui vers la mer
23:51et qu'ils n'avaient pas
23:51d'autres échappatoires.
23:52Certains se sont mis à l'eau,
23:53ne savaient pas nager,
23:54se sont noyés.
23:55D'autres ont voulu monter
23:55sur un bateau.
23:56Le bateau s'est retourné,
23:57les gens sont noyés.
23:58Voilà.
23:58Donc sous l'effet de la panique,
23:59on peut faire plein de choses.
24:01Donc c'est fuir suffisamment tôt,
24:02c'est écouter les autorités.
24:04En France,
24:05quand les sapeurs-pompiers
24:06ou le préfet vous demandent
24:07de vous confiner,
24:08c'est parce qu'on sait
24:08qu'à ce moment-là,
24:09on veut vous protéger des fumées.
24:11Et il faut se signaler,
24:12ce que rappelait Léonore
24:12d'ailleurs chez Alice Darfield.
24:13Effectivement,
24:14et il faut se signaler
24:15pour que les secours
24:16sachent également
24:17que dans leur mission prioritaire,
24:19ils engagent à minima
24:21un groupe feu de forêt
24:22pour protéger l'habitation
24:24ou une colonne feu de forêt
24:25pour protéger
24:25toute une zone d'habitation.
24:28Et là, effectivement,
24:29ce qu'il faut faire,
24:30c'est partir très vite
24:33quand c'est possible.
24:35Et puis, en règle générale,
24:36à partir du moment
24:37où vous avez débroussaillé
24:38correctement autour de chez vous,
24:39je dis que le débroussaillement,
24:41c'est 50 mètres
24:41plus les pistes d'accès.
24:4350 mètres,
24:45vous êtes quand même
24:46plus en sécurité
24:47dans votre maison.
24:48Fenêtres fermées,
24:48volées fermées
24:49que de fûts en voiture.
24:51Nous sommes en direct
24:52avec Rémi Savasie.
24:53Bonjour, vous êtes,
24:53bonsoir,
24:54responsable technique nationale
24:55incendie de forêt
24:56à l'ONF.
24:57Un mot sur ces incendies
24:59en Espagne.
25:00C'est vrai que Ludovic
25:01le disait,
25:01ça fait penser un peu
25:02à ce qui s'était passé
25:02au Portugal en juin 2017,
25:04quasiment même cas de figure.
25:06Et c'est vrai qu'on peut
25:07se poser une question
25:08ce soir.
25:08Est-ce que ce n'est pas,
25:09et vous allez me donner
25:09votre avis,
25:10une hérésie de construire
25:10ces autoroutes
25:11à proximité des forêts ?
25:12Est-ce qu'il ne faut pas
25:13repenser toute l'urbanisation
25:14selon vous ?
25:17Bonsoir.
25:18Alors,
25:19effectivement,
25:19il y a
25:22le problème
25:22des interfaces
25:23entre
25:25la forêt
25:25et les espaces naturels
25:27et les infrastructures
25:28et l'habitat.
25:30Et on a de plus en plus,
25:32notamment avec
25:32une déprise agricole,
25:33on a
25:34ces forêts
25:36et ces espaces naturels
25:37qui se retrouvent
25:38vraiment au contact
25:39des villes,
25:40des infrastructures
25:40et qui amènent
25:42du danger.
25:43Donc ça veut dire
25:44qu'il y a...
25:46Maintenant,
25:46ces espaces existent,
25:48ils sont là.
25:49Donc ça veut dire
25:50qu'il faut les aménager
25:51et notamment,
25:52votre consultant
25:53a parlé
25:54du débroussaillement.
25:55C'est quelque chose
25:56qui est important,
25:57le débroussaillement,
25:58pour bien protéger
25:59ces interfaces
26:00et éviter que le feu
26:01se propage
26:01de l'un à l'autre.
26:03Les incendies
26:04en France également,
26:06alors pas aussi dramatique
26:07au niveau meurtrier,
26:08je parle évidemment,
26:09mais les incendies
26:10qui se multiplient
26:10les départs de feu
26:11en France
26:11ces dernières semaines,
26:12la végétation
26:14est particulièrement sèche.
26:15Je sais que vous la
26:16surveillez de près.
26:17Est-ce que vous êtes inquiet
26:17pour le reste de l'été ?
26:20Alors oui,
26:21la végétation
26:22s'est desséchée
26:23très rapidement.
26:24On a eu
26:25la première canicule
26:27au mois de mai,
26:28n'a pas eu
26:28d'effet immédiat
26:29sur l'activité opérationnelle.
26:31On avait une végétation
26:32qui était encore en pousse,
26:33donc elle était encore
26:35assez verte
26:35et il n'y a pas eu de feu
26:36qui se sont déclarés
26:37à ce moment-là.
26:38Par contre,
26:39ça avait préparé
26:40la végétation
26:41et dès la deuxième canicule,
26:42elle a séché
26:43très rapidement
26:43et donc on a eu
26:45toute une vague
26:46d'éclosions
26:47sur la deuxième canicule
26:49au mois de juin.
26:50Et puis là,
26:51maintenant,
26:51pendant cette canicule-là,
26:54la végétation
26:55est complètement réceptive
26:56et donc on a des feux
26:58qui se propagent
26:59de plus en plus facilement.
27:00On parlait de ce constat
27:02qui a été donné aujourd'hui,
27:0225 000 hectares brûlés
27:03en France
27:04depuis le début de l'année.
27:05On n'est que le 10 juillet.
27:06Est-ce que vous trouvez
27:07ça inquiétant ?
27:08Est-ce que vous vous dites
27:08attention,
27:09où il était peut-être
27:10très meurtrier,
27:12particulièrement meurtrier
27:12par rapport
27:13aux années précédentes ?
27:15Alors, 25 000 hectares,
27:18comme l'ont rappelé
27:19d'autres personnes
27:20sur le plateau,
27:21c'est déjà plus
27:22que l'année dernière
27:23à date.
27:24Ce n'est pas tout à fait
27:26autant qu'en 2022.
27:28En 2022,
27:29il y avait un petit peu
27:30plus à date,
27:31mais c'est déjà plus
27:32que la moyenne
27:33de ce qui brûle
27:33en une année.
27:34Depuis,
27:35en moyenne,
27:36sur les 20 dernières années,
27:37il a brûlé
27:3819 500 hectares par an.
27:40Et là,
27:41on a à peine commencé l'été,
27:42on a déjà dépassé
27:43cette moyenne.
27:44Donc, c'est vraiment important.
27:46Le fait que ça ait commencé
27:47plus tôt,
27:47c'est un marqueur
27:48du changement climatique.
27:49Le changement climatique,
27:50toutes les études
27:52montrent qu'il va amener
27:53une extension du risque
27:57à la fois en géographie,
27:59ça va remonter
28:00vers les montagnes,
28:01ça va remonter
28:01vers le nord.
28:02Et là,
28:03on le voit bien,
28:04cette année,
28:04on a un feu à 10
28:05dans la montagne
28:07dont vous avez parlé,
28:09qui est très important.
28:10On a des feux
28:11un peu partout en France
28:12comme on l'a eu en 2022.
28:13Et puis,
28:15cette extension du risque,
28:16elle est aussi
28:16une extension dans le temps.
28:18C'est-à-dire qu'on nous annonce
28:20dans les études
28:20qu'on va avoir des saisons
28:21qui vont commencer plus tôt,
28:22qui vont finir plus tard.
28:24Et là,
28:24on le voit bien,
28:25cette année,
28:26ça a commencé très tôt
28:27et donc,
28:28c'est un des marqueurs
28:29du changement climatique.
28:30C'est-à-dire qu'on l'a eu
28:30et qui vont venir plus tôt.
28:30C'est-à-dire qu'on l'a eu
28:30et qui vont venir plus tôt.
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