- il y a 6 semaines
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:10Bonsoir et bienvenue dans BFM Grand Soir.
00:12On vous parle ce soir d'une histoire mystérieuse dans le Pas-de-Calais.
00:16Une histoire de meurtre et de cambriolage dans une ville plutôt tranquille.
00:20On part dans la commune d'Avion, c'est au nord d'Arras.
00:23Il est midi ce samedi lorsque la fille d'un couple qui réside à Avion appelle la police.
00:28Elle vient de faire une terrible découverte, une scène de crime.
00:31Son père est gravement blessé et à ses côtés, sa compagne est décédée.
00:35Regardez ce reportage d'Igor Delagorse.
00:39La scène du drame a été découverte ce matin par la fille d'une des victimes.
00:44Dans cette maison, elle retrouve les deux septuagénaires, la compagne de son père décédée
00:49et ce dernier grièvement blessé.
00:52Son pronostic vital est ce soir toujours engagé.
00:55Pour cette amie de la famille, le choc est immense.
00:57J'ai pas les mots, je suis abasourdie, j'ai du mal à comprendre.
01:02Enfin voilà, c'est une dame qui avait aucun souci avec personne et voilà, tout le temps le sourire,
01:07pleine de vie, un bon caractère que j'adorais d'ailleurs.
01:10Dans ce quartier calme de la petite commune d'Avion, c'est la consternation.
01:14Ce voisin a du mal à contenir son émotion.
01:17C'est malheureux de voir des trucs comme ça, de tout ce qui se passe ici à l'heure actuelle.
01:24Moi, j'ai pas vécu ça il y a 50 ans en arrière, c'était pas comme ça.
01:28Une enquête pour meurtre et tentative de meurtre a été ouverte par le parquet d'Arras.
01:33Selon les premiers éléments, l'agression a été réalisée à l'aide d'un objet contendant.
01:37L'intervention d'un tiers, activement recherché et privilégié.
01:41Mais aucun élément ne va à ce stade vers un cambriolage qui a mal tourné, indique une source proche de l'enquête.
01:48Le procureur d'Arras s'est rendu sur place.
01:50Des investigations de la police technique et scientifique ont également été réalisées.
01:56Et quand il y a enquête ou affaire, on fait systématiquement appel à vous Mathias Tesson.
02:01Bonsoir.
02:01Bonsoir.
02:01Merci d'être avec nous, on est aussi avec Laurent Valdiguier.
02:04Bonsoir Amine.
02:04Vous allez pouvoir évidemment nous éclairer sur cette affaire qui est somme toute très mystérieuse.
02:10Alors c'est vous Mathias qui avez eu connaissance de ce dossier en premier.
02:13Racontez-nous ce qu'on vous en a dit.
02:15Alors en fait, tout commence à la mi-journée lorsqu'une femme qui se rend au domicile de son papa sur la commune d'Avion dans le Pas-de-Calais
02:23fait une découverte terrible parce qu'à l'intérieur de cette maison, elle va découvrir à la fois son propre père dans un état très grave.
02:32Son pronostic vital est d'ailleurs toujours engagé ce soir.
02:35mais aussi une femme qui n'est pas sa mère mais qui est la compagne de son père et elle, malheureusement, est décédée.
02:43Au fur et à mesure des heures qui ont passé, on en a su un petit peu plus.
02:46Manifestement, les coups ont été portés à l'aide d'un objet contondant, sans qu'on sache à ce stade quel type d'objet précisément a été utilisé.
02:57Et ce qui ne fait pas l'ombre d'un doute ce soir, c'est la piste criminelle.
03:01C'est-à-dire évidemment l'intervention d'un tiers, une personne, sans qu'on en connaisse le mobile à ce stade,
03:06qui aurait donc commis ces faits, évidemment, un auteur est activement recherché, auteur des faits, un homme, une femme, on ne sait pas.
03:17Mais en tout cas, le procureur de la République d'Arras estime que l'intervention d'un tiers est privilégiée dans cette affaire, la piste criminelle est privilégiée.
03:27Qu'est-ce qui vous marque dans cette affaire, Laurent Valdiguier ?
03:31C'est vrai que c'est le choc pour cette jeune femme qui découvre son papa qui respire encore, mais c'est un filet de respiration,
03:37c'est les pompiers qui vont le réanimer, et puis sa belle-mère qui est morte.
03:41Dans une maison, disaient les pompiers, qui étaient dans un très grand désordre.
03:44Autrement dit, on peut penser d'entrer, comme le disait Mathias, que c'est une piste crapuleuse.
03:51Un objet contendant, c'est un marteau ou un manche de bois, c'est quelque chose qui frappe.
03:58Donc c'est vrai que l'enquête criminelle commence, déjà à la recherche d'éventuels ADN, du ou des, Mathias disait un, mais peut-être ils sont plusieurs, suspects.
04:11Est-ce qu'ils ont volé des choses ? Est-ce qu'il manque des choses de la maison ?
04:15En général, il y en a à peu près 500 par an, ce que la police appelle des home-jacking, des agressions souvent de personnes âgées.
04:24Ça se passe souvent majoritairement en région parisienne, mais souvent de personnes âgées, dans le but de leur extorquer, en général, les clés de leur voiture.
04:33Mais ça va souvent aussi loin ?
04:35Alors ça va rarement aussi loin. Il y a eu une dame, une septuagénaire à Rennes, en mars dernier, qui a été retrouvée morte dans le hall de son immeuble,
04:47parce qu'elle avait refusé d'ouvrir la porte à quelqu'un qui venait la voler.
04:50Il y en a quelques-uns par an, pas 500. Il y a 500 home-jacking, il n'y a pas 500 homicides à la suite du home-jacking.
04:58Mais c'est vrai que comme souvent, ce sont des personnes âgées qui sont la cible de ce genre d'attaque à domicile,
05:04à Orvaux, il y a quelques années, en Loire-Atlantique, un monsieur était décédé.
05:09On se souvient, souvenez-vous, de Papy Voise, en pleine campagne de présidentielle entre Lionel Jospin et Jacques Chirac.
05:15Il n'était pas décédé, mais sa maison avait brûlé, il était tout huméfié, et on l'avait volé.
05:22Et ça avait bouleversé la France.
05:24Vous évoquiez la piste du cambriolage qui tourne mal.
05:29Selon ce qu'on nous dit, une source proche de l'enquête nous indique que pour l'instant, il n'y a aucun élément qui permet d'aller plutôt vers cette piste.
05:37Alors sans pour autant...
05:38Sur la piste du cambriolage ?
05:39Du cambriolage qui tourne mal.
05:41Sans pour autant qu'il faille exclure définitivement cette hypothèse.
05:44Mais en tout cas, les enquêteurs, lorsqu'ils sont arrivés dans ce quartier et qu'ils ont fait des investigations de police technique et scientifique,
05:53selon ce qu'on nous en a dit, il n'y a pas de traces majeures ou d'indices majeurs orientant l'enquête vers la piste d'un cambriolage.
06:00Je vais juste faire réagir quelqu'un qui travaille dans la région.
06:02Jean-Pierre Claus, bonsoir.
06:04Vous faites partie du syndicat Alliance Nord.
06:08Que sait-on sur place ?
06:09Est-ce que vous êtes étonné par cette affaire dans la ville d'Avion ?
06:14On le rappelle.
06:16Bonsoir.
06:17Avant toute chose, je voudrais juste adresser mes condoléances à la famille des victimes.
06:23Et je voudrais apporter quelques précisions concernant cette enquête.
06:28parce qu'en fait, c'est vraiment un travail d'équipe à la base sur la commune d'Avion.
06:33C'est une petite commune.
06:35Il y a ce qu'on appelle les premiers intervenants.
06:38Lorsque la famille des victimes appelle la police, on a les premiers intervenants,
06:45donc les policiers de la police secours.
06:47Ensuite, vont venir les collègues de la police scientifique
06:52qui vont faire un travail très minutieux
06:56avant d'accéder ensuite aux enquêteurs de la police judiciaire.
07:06On n'a pour l'instant pas d'éléments.
07:09On est en train de travailler d'arrache-pied
07:11pour essayer de mettre en lumière ce qui s'est passé.
07:19On travaille vraiment d'arrache-pied
07:22avec des moyens qui sont les nôtres,
07:25qui ne sont pas toujours faciles.
07:28Puisque, je vous le rappelle,
07:29et vous le savez, vous devez l'entendre en ce moment,
07:32Alliance police nationale dénonce des faits compliqués
07:35pour pouvoir travailler correctement.
07:40L'investigation est en souffrance.
07:43Et c'est compliqué,
07:44mais les collègues travaillent d'arrache-pied
07:47pour essayer de mettre en lumière ce qui s'est passé.
07:51Restez avec nous, M. Claus.
07:53Je voudrais faire réagir aussi.
07:55Bruno Clavé, bonsoir.
07:56Bonsoir.
07:56Vous êtes député Rassemblement national du Pas-de-Calais.
08:00On essaye d'y voir plus clair sur cette affaire.
08:02Est-ce que vous avez d'autres informations ?
08:04Tout d'abord, évidemment, je voudrais adresser tout mon soutien
08:07à la famille de ce monsieur qui est ce soir sur la table d'opération.
08:12Et évidemment, toutes mes condoléances à la famille de sa compagne
08:14qui est décédée des suites de ses blessures.
08:17Aujourd'hui, on n'a que très peu d'éléments
08:19sur ce qui s'est réellement passé.
08:22Néanmoins, il y a quelques éléments qui nous indiquent évidemment
08:25que, contrairement à ce que je vois écrit,
08:27c'est qu'il n'y a pas eu de cambriolage,
08:28mais il y a eu un vol de voiture.
08:29Il faut savoir que la voiture a disparu
08:31et que les deux personnes, donc les deux victimes,
08:34ont été retrouvées dans la matinée en pyjama.
08:37Donc, ça voudrait dire que cela est arrivé soit durant la nuit,
08:40soit dans la matinée.
08:41Ce n'est pas un apéro qui aurait mal tourné,
08:43comme on a pu le lire dans la presse.
08:45Mais évidemment, l'enquête...
08:47Certains parlaient d'un apéritif qui avait mal tourné.
08:50Non, c'est exactement ce qui a été dit.
08:52Mais en l'occurrence, les deux victimes ont été retrouvées en pyjama,
08:56donc il y a peu de chances que ce soit un apéro.
08:58Et donc, évidemment, aujourd'hui, c'est délicat de se prononcer
09:01sur ce qui s'est passé réellement.
09:03L'enquête est en cours.
09:05Donc, j'ai été en contact avec des membres de la famille
09:08qui, je sais, nous regardent ce soir.
09:10Donc, c'est pourquoi je pense qu'il faut faire très attention
09:12à ce qu'on dit.
09:13Il ne faut pas les heurter,
09:13parce que ce n'est pas évidemment très difficile pour eux.
09:15On le rappelle, Avion fait partie de votre circonscription.
09:19Est-ce que vous avez été étonné par cette affaire ?
09:22C'est une ville plutôt tranquille, Avion ?
09:25Vous savez, dans le bassin minier notamment,
09:28et je prends l'exemple de la ville de Lens aussi,
09:30qui est voisine à Avion,
09:32nous enregistrons les pires chiffres
09:34en matière d'insécurité du Pas-de-Calais.
09:38Il faut savoir que les coups et blessures volontaires
09:40ont augmenté de 70%.
09:42Les agressions sexuelles ont augmenté de 70%.
09:44Le trafic de stupéfiants et l'usage de stupéfiants
09:47ont augmenté de 215%.
09:49La délinquance générale, plus de 7% entre 2016 et 2024.
09:53Donc, vous voyez, en fait, on est dans une dynamique,
09:55malheureusement, assez inquiétante.
09:57Pourquoi ? Parce qu'il y a évidemment aussi
09:59un manque de moyens de la police nationale
10:01et aussi un manque de volonté derrière politique
10:04par les collectivités aussi,
10:06qui refusent, comme c'est le cas à Avion,
10:08mais c'est le cas à Lens aujourd'hui,
10:10avoir des policiers municipaux,
10:12en tout cas mieux équipés, armés et aussi développés.
10:15Et vous avez raison de le dire,
10:16parce que justement, on montrera dans un instant
10:18des chiffres avec ce nombre d'homicides
10:19qui a considérablement augmenté ces derniers mois.
10:23Je voudrais juste faire réagir
10:24M. le maire qui est avec nous.
10:26Bonsoir, Jean Léthocard, vous êtes donc maire d'Avion.
10:31Bonsoir.
10:32Vous connaissiez la victime, M. le maire ?
10:34Oui, tout à fait.
10:37Dolly était une amie de la commune.
10:39C'était une amie d'Avion.
10:41Et au-delà de tout ce que j'entends tout à l'heure
10:43et qui représente vraiment une récupération politique
10:47extrêmement indécente,
10:48je voudrais avoir une pensée pour elle
10:51et pour sa famille,
10:52pour sa fille handicapée qui est en foyer,
10:54pour son fils et pour son frère
10:56que je connais très bien
10:57et pour lesquels j'ai beaucoup de peine.
10:59Est-ce que vous pouvez nous parler
11:01de cette dame, M. le maire ?
11:04Dolly était une femme extrêmement investie
11:06dans la commune.
11:07C'était vraiment une dame
11:10comme on les aime dans les corons,
11:11c'est-à-dire une dame
11:12qui avait l'habitude de frapper,
11:15de rentrer chez ses voisins
11:16pour prendre un café, pour prendre un repas.
11:19C'était une dame extrêmement avenante
11:21et c'était une dame
11:24qui était extrêmement connue
11:25dans son quartier
11:26parce que c'était une dame très sympathique,
11:30très joviale.
11:31Donc on l'imagine,
11:32vous avez dû être bouleversé
11:34en apprenant cette affaire ?
11:38Oui, bien sûr,
11:39on est tous bouleversés.
11:40J'ai passé l'après-midi
11:41avec ses voisins
11:43qui sont aussi ses amis,
11:45avec son frère
11:47et puis aussi avec les collègues
11:49du SMUR
11:51qui sont intervenus
11:52parce qu'on parle beaucoup de police
11:53mais il y a aussi les secours
11:54qui sont intervenus
11:55et qui sont intervenus
11:56sur un drame
11:58dans des tristes conditions.
12:00Donc oui,
12:01effectivement,
12:02la ville est bouleversée
12:03par ce drame.
12:05Monsieur Letaucard,
12:07on sait aussi que
12:07son compagnon
12:09est dans un état grave.
12:11Est-ce que vous avez de ces nouvelles ?
12:12Est-ce que vous savez s'il va mieux ?
12:14Alors, je ne peux pas vous dire
12:16s'il va mieux.
12:17Ce que je sais,
12:17c'est qu'il est en réanimation
12:19neurochirurgicale
12:20et qu'il se bat
12:21aujourd'hui
12:22contre la mort
12:25et que
12:26l'ensemble de nos pensées
12:28doit aller vers lui
12:29plutôt qu'aller
12:30à des conclusions
12:31hâtives
12:32et fallacieuses
12:33et récupératrices
12:34indignes ?
12:35Monsieur le maire,
12:37bonsoir.
12:38Concernant cette enquête
12:39qui commence à peine,
12:42est-ce que,
12:43selon ce que vous avez entendu,
12:44selon ce qu'on vous en a dit,
12:46l'enquête prend
12:47une tournure particulière
12:49où on s'oriente
12:51vers un différent ?
12:53La piste du cambriolage
12:55tout à l'heure,
12:55on l'a dit,
12:56n'est pas privilégiée
12:57à ce stade.
12:58Quels sont les éléments
12:58dont vous disposez, vous ?
13:00Je ne dispose pas
13:02beaucoup de plus
13:03d'éléments que vous,
13:05ce qui me permet
13:06justement de me taire
13:07parce que quand on ne sait pas,
13:08il vaut mieux se taire
13:09et moi je ne sais pas
13:10donc je me tais
13:10et j'estime
13:12que la décence
13:14et que le respect des familles
13:15devraient imposer
13:16au silence parfois.
13:18Effectivement,
13:19malheureusement,
13:20ce genre de drame
13:21n'a pas souvent
13:22rapport avec
13:23de la délinquance
13:25comme on peut l'imaginer.
13:27C'est souvent
13:28dans un milieu
13:30qu'on connaît
13:30que ce que ces drames
13:31arrivent malheureusement
13:32et c'est un peu
13:35vers ça visiblement
13:36qu'effectivement
13:36que les policiers
13:37sont orientés.
13:38Alors je souhaite
13:39et je suis persuadé
13:41qu'ils vont faire
13:42tout ce qu'il faut
13:43pour retrouver rapidement
13:45l'auteur
13:45de cet homicide.
13:50Je leur souhaite
13:51beaucoup de courage
13:51et puis je sais
13:53leur faire confiance
13:54pour trouver rapidement.
13:57J'ai eu contact
13:57avec le commandant
13:58cet après-midi
14:00qui me disait
14:00qu'effectivement
14:02ils avaient
14:02quelques éléments
14:03qui leur permettraient
14:03sans doute
14:04d'avancer
14:04pour trouver rapidement
14:05tout ça.
14:06Ce qui est très choquant
14:07par ailleurs dans cette affaire
14:08c'est la violence
14:09des coups
14:09qui ont été portés
14:10qui ont entraîné
14:12hélas la mort
14:13de cette septuagénaire
14:14qui ont laissé
14:16cet autre homme
14:16dans un état de santé
14:17très très grave.
14:20Voilà,
14:20il y a une forme
14:20de contraste
14:21entre l'âge
14:22de ces personnes
14:23et la violence
14:24des coups
14:24qu'ils ont reçu.
14:26Oui,
14:26bien sûr.
14:27Moi,
14:27je n'étais pas
14:28plus que d'autres
14:30d'ailleurs
14:31là quand ça s'est produit.
14:32Je ne sais pas
14:32ce qui s'est passé.
14:34Est-ce que c'est...
14:36Vous savez,
14:36en ce moment,
14:37la psychiatrie
14:38est complètement
14:38en déliquescence
14:39dans le territoire
14:40et on essaie,
14:41les élus
14:42tant bien que mal,
14:43de faire prendre conscience
14:44au pouvoir public
14:45qu'on a besoin
14:45d'être accompagné là-dessus
14:46et malheureusement
14:47on a assez peu d'écho.
14:50Je ne sais pas
14:50ce qui s'est passé
14:51mais effectivement
14:52la violence
14:53est inouïe
14:54et évidemment
14:55inacceptable
14:56et c'est la raison
14:58pour laquelle
14:59je pense que
14:59la dignité
15:00imposerait
15:01plutôt
15:02qu'on se concentre
15:04qu'on concentre
15:06nos pensées
15:07vers la victime,
15:08vers ce pauvre monsieur
15:10et ses enfants
15:11que je connais
15:12pour certains
15:14sont extrêmement
15:16malheureux
15:17ce soir
15:17pour ce qui est arrivé
15:18et c'est vraiment
15:19vers mes pensées
15:20et je n'irai pas
15:21beaucoup plus loin
15:22que ça.
15:23Monsieur le maire,
15:23est-ce que vous pourriez
15:24juste nous parler
15:24du quartier
15:25où ça s'est passé
15:27pour ceux
15:27qui ne connaissent pas
15:28la ville d'avion ?
15:30Oui,
15:30c'est un quartier
15:32avec des petites maisons
15:33de plein pied
15:34qui sont des maisons
15:35qui sont plutôt
15:37habitées par des seniors,
15:39des gens qui se connaissent,
15:41des gens qui tapent
15:42au port de leurs voisins,
15:43qui s'entraident
15:44parce que la ville d'avion
15:45est une ville
15:46de solidarité
15:47et comme on aime
15:48à le faire
15:49dans les corons,
15:49dans notre bassin minier,
15:51au-delà de tous les clichés
15:52des gens qui n'aiment pas
15:55le bassin minier
15:55et que j'entends parfois,
15:58non,
15:58c'est un quartier
16:00de solidarité,
16:00c'est un quartier
16:01bienveillant,
16:02c'est un quartier
16:03extrêmement tranquille
16:04et ça rajoute évidemment
16:07à l'incompréhension
16:09dans ce quartier
16:10sur lequel il ne s'est jamais
16:12rien passé
16:12et dont les habitants
16:15vivaient juste.
16:19On m'a perdu,
16:20monsieur le maire,
16:20mais on vous remercie
16:21beaucoup pour votre témoignage
16:23et évidemment,
16:23toutes nos pensées
16:24vont à la famille
16:26de la victime
16:27et à son compagnon
16:28qui est toujours
16:28dans un état critique
16:29à l'hôpital.
16:30Je voudrais vous faire écouter
16:31le témoignage
16:32de ce voisin
16:33que nos équipes
16:34ont interrogé
16:35cet après-midi.
16:38C'est malheureux
16:39de voir des trucs comme ça.
16:43C'est triste.
16:45Il n'y a plus personne
16:46qui s'entend.
16:47C'est terminé.
16:48On peut se faire arrêter
16:50par n'importe qui,
16:51on peut se faire agresser
16:52par n'importe qui.
16:54On est toujours
16:55sur la méfiance.
16:56Toujours.
16:57Toujours.
16:58C'est vrai que
16:59on voit le choc
17:01de ses voisins.
17:02Laurent Valdiguet
17:03et M. le maire
17:03nous le disaient,
17:04c'est un quartier
17:05très tranquille
17:06habité par des personnes âgées
17:07où on n'imagine pas
17:08une telle affaire.
17:11Oui, c'est un quartier tranquille
17:11où tout le monde se connaît.
17:12C'est vrai que si des voisins
17:14ont entendu quelque chose
17:15cette nuit,
17:15puisque ça s'est vraisemblablement
17:16passé dans la nuit
17:18à cause du détail
17:19du pyjama,
17:21les gens le diront,
17:22ça fait partie de l'enquête.
17:24C'est vrai qu'il y a eu
17:24depuis ce matin,
17:25il y avait la rumeur
17:26d'un vol de voiture,
17:27ce qui est un scénario
17:28assez fréquent
17:29dans ce genre
17:30de home jacking,
17:31puisqu'il y a une année
17:34de ça,
17:34dans la région
17:35en Dordogne,
17:36en allant un peu plus loin
17:38que dans le nord,
17:39en Dordogne,
17:40il y avait eu un réseau
17:41qui avait été démantelé,
17:42qui justement
17:42sonnait à la porte de gens
17:44en ayant repéré
17:44des belles voitures
17:45et puis faisait
17:48preuve de violence
17:51pour récupérer les clés
17:52et partir avec.
17:54Là, rien ne l'indique.
17:55Mathias me disait tout à l'heure
17:56avant qu'on rentre
17:57en plateau
17:58que les sources officielles
18:00n'avaient pas du tout
18:01confirmé cette hypothèse
18:02du vol de la voiture.
18:04Alors, c'est vrai
18:04que les enquêteurs
18:06ont plusieurs pistes
18:07à examiner
18:08après la police technique
18:10et scientifique
18:10qui leur dira éventuellement
18:12des traces ADN,
18:13mais il y a dans ce genre
18:14de situation aussi
18:15des fois
18:16des pistes familiales,
18:18comme le suggérait
18:18le maire,
18:20M. Étaucard,
18:22des pistes familiales
18:23avec des différents éventuels
18:24qui peuvent amener
18:26un tiers
18:26à des situations
18:28aussi extrêmes.
18:30Donc, c'est vrai
18:30que ce soir,
18:30il faut quand même
18:31être prudent
18:31sur les mobiles
18:33possibles
18:34de cette agression.
18:35Bien sûr, Bruno Pommard,
18:36vous êtes aussi avec nous,
18:37vous êtes ancienne
18:38instructeur du RAID.
18:39Bonsoir.
18:40Est-ce qu'il y a de plus en plus
18:41d'agressions
18:42de personnes âgées ?
18:43On le rappelle,
18:43elles avaient toutes les deux
18:4470 ans.
18:45Enfin, l'une d'entre elles
18:46a toujours 60 ans.
18:47Oui.
18:49Écoutez, moi,
18:49j'appelle ça
18:49des crimes d'opportunité,
18:51vous savez.
18:51C'est-à-dire,
18:52on cible ces personnes âgées,
18:53effectivement,
18:54qui sont des cibles faciles,
18:55évidemment,
18:56pour des groupes de criminels,
18:57des jeunes particulièrement.
18:59Encore une fois, là,
19:00il va falloir analyser
19:01ce qui s'est réellement passé.
19:02Laurent Valigui
19:03le disait un instant.
19:04Savoir si c'est
19:05dans l'environnement
19:05direct de ces personnes.
19:07Visiblement,
19:08c'est un endroit
19:08qui est calme,
19:09pavillonnaire,
19:10donc visiblement
19:11sans problème.
19:13Mais néanmoins,
19:14effectivement,
19:15il y a de plus en plus
19:16de cambriolages
19:17de ce type
19:18avec des on-jacking,
19:19des car-jacking,
19:20évidemment,
19:20qu'on ne compte plus
19:21et qui permettent,
19:22encore une fois,
19:23de rapidement
19:24pouvoir récupérer
19:26des biens,
19:27de l'argent,
19:28des choses facilement
19:29revendables
19:30et éventuellement
19:31des véhicules
19:31quand on a des commandes
19:33particulières
19:34sur les véhicules.
19:34Donc voilà.
19:35Donc laissons faire
19:36encore une fois
19:36le parquet du Nord
19:37qui a ouvert une enquête.
19:38Vous l'avez dit tout à l'heure,
19:39la police technique
19:40et scientifique
19:40sera capable
19:41de relever
19:41tout un tas d'indices
19:42qui vont permettre
19:43d'avancer rapidement
19:45et ça c'est important.
19:46Mais encore une fois,
19:47il y a une enquête
19:47d'environnement
19:48complète
19:49qui doit être faite,
19:50c'est normal.
19:50Les enquêteurs
19:51laissent toutes les portes
19:52ouvertes potentielles
19:53pour pouvoir trouver
19:54les agresseurs.
19:55Si c'est des jeunes
19:56ou des groupes
19:57de criminels
19:59spécialisés dans le domaine,
20:00eh bien écoutez,
20:01l'enquête
20:02déterminera ou pas
20:03est-ce que c'est dans l'environnement
20:04direct de la famille ?
20:06C'est une question
20:06qui se pose encore ce soir.
20:08Oui, évidemment,
20:08on laissera l'enquête
20:10se faire.
20:10Mathias Tesson,
20:11vous voulez apporter
20:11une précision ?
20:12Oui, non, simplement,
20:13ce qu'on regarde souvent,
20:14nous, journalistes spécialisés,
20:15ce sont les chefs
20:16d'ouverture d'enquête.
20:17Et ce soir,
20:18l'enquête,
20:18elle est ouverte
20:19pour meurtre
20:20et tentative de meurtre.
20:22Le procureur
20:23de la République d'Arras
20:24aurait pu choisir
20:25une autre qualification,
20:27laissant entendre
20:28qu'il aurait pu
20:28avoir éventuellement
20:29eu un vol.
20:30À ce stade,
20:31voilà,
20:31l'enquête est uniquement
20:32ouverte pour meurtre
20:34et tentative de meurtre.
20:35Alors, bien sûr,
20:36tout cela peut évoluer,
20:38voilà,
20:39des choses,
20:39des éléments nouveaux
20:40peuvent être apportés,
20:41mais pour l'instant,
20:42les enquêteurs
20:43se concentrent
20:43sur la piste d'un meurtre,
20:44évidemment,
20:45celui de cette âme
20:45et d'une tentative de meurtre
20:47puisque ça ne fait aucun doute
20:48que ce tiers,
20:50cet individu masculin
20:51ou féminin,
20:52a aussi tenté
20:53de tuer le monsieur.
20:56Et alors,
20:57vous le disiez tout à l'heure,
20:58Bruno Clavé,
20:59c'est vrai que le nombre
21:00d'homicides en France
21:01a augmenté ces derniers mois.
21:02Quand on regarde ces chiffres,
21:04notamment,
21:04on est à plus de 10%
21:06par rapport à juin-août 2025.
21:09Regardez,
21:10on va aller voir ces chiffres,
21:12normalement,
21:12entre septembre et novembre 2025,
21:15eh bien,
21:16ces homicides
21:17ont beaucoup évolué.
21:19Regardez.
21:20Plus de 10%,
21:20c'est ce que vous nous disiez.
21:21C'est vrai qu'on constate
21:23quand même une montée
21:25des homicides dans le pays.
21:27On constate,
21:28de toute façon,
21:29que ce soit au niveau national
21:29et moi au niveau local
21:31dans ma circonscription,
21:31évidemment,
21:32qu'il y a un ensauvagement
21:33de la société.
21:34Et aujourd'hui,
21:35malheureusement,
21:35plus aucun quartier
21:36n'est épargné dans notre pays.
21:39Mais pourquoi ?
21:39c'est parce qu'il y a évidemment
21:40d'un côté un manque de moyens
21:42pour intervenir,
21:44pour prévenir,
21:44c'est-à-dire à la police nationale.
21:46Il y a un manque de moyens aussi
21:47pour les collectivités,
21:49avec les développements
21:49de la vidéoprotection,
21:51avec une présence
21:51de policiers municipaux.
21:53Et de l'autre côté,
21:53il y a un laxisme judiciaire aussi
21:55qui fait qu'aujourd'hui,
21:56on est certes dans un pays
21:58de non-droit,
21:59mais aussi dans un pays
22:00où tout est épermis.
22:02Donc je pense que tout cela...
22:03Un pays de non-droit ?
22:04En tout cas,
22:04quand on voit en tout cas...
22:05Vous allez un petit peu loin.
22:07Non, non, non.
22:08Quand on voit aujourd'hui
22:09le laxisme, en tout cas,
22:10qui existe judiciaire,
22:11notamment pour les délinquants
22:13ou pour des violeurs...
22:14Les prisons sont pleines.
22:15Les prisons n'ont jamais été
22:16aussi pleines
22:17parce qu'elles battent
22:18de record en record.
22:19Et il faut construire
22:20des places de prison.
22:20Vous avez raison de le dire,
22:21il faut construire
22:22des places de prison.
22:22Et ça, c'est d'ailleurs
22:23dans le programme
22:23du Rassemblement national.
22:25Mais vous ne pouvez pas
22:26faire croire aux Français
22:27aujourd'hui
22:27qu'il n'y a pas de laxisme.
22:29Aujourd'hui,
22:30plus aucun Français
22:30ne se sent en sécurité
22:31chez lui.
22:31Moi, je prends l'exemple
22:32à Lens.
22:32Aujourd'hui,
22:33plus personne ne veut sortir
22:34après 22 heures
22:35et encore moins
22:36les femmes et les filles
22:37parce qu'elles ont peur
22:37d'être agressées.
22:38Donc oui,
22:39c'est devenu des zones
22:39de non-droit.
22:40Mais ce sentiment de laxisme,
22:41vous l'étayez
22:42sur une base chiffrée,
22:44factuelle ?
22:45Vous le savez très bien
22:46qu'aujourd'hui,
22:47les tribunaux sont engorgés,
22:48que les prisons le sont aussi
22:51et qu'évidemment,
22:52aujourd'hui,
22:53on évite de mettre en prison,
22:54on évite de sanctionner
22:55des délinquants
22:56ou parfois même
22:56des criminels
22:57parce qu'on manque de place
22:58et vous le savez très bien.
23:00Donc évidemment,
23:00parfois,
23:00les Français ont l'impression
23:01que la justice
23:02n'est pas si juste que ça
23:03et n'est pas aussi répressive
23:04que ce qu'elle devait l'être.
23:05Oui,
23:05et évidemment,
23:06toutes nos pensées
23:06vont à cette famille
23:08qui a été touchée
23:08dans la ville d'Avion.
23:09Merci beaucoup
23:09d'avoir été avec nous
23:11sur ce plateau
23:11pour en parler.
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