- il y a 2 jours
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00C'est donc désormais officiel, le parquet d'Agin confirme que le corps découvert hier au sein d'un site
00:06agricole désaffecté près de Puy-Casquier dans le Gers,
00:09c'est bien celui de Liana. Liana, cette collégienne de 11 ans disparue il y a maintenant 7 jours à
00:14Florence.
00:15Bonsoir Mathias Tesson, merci d'être avec nous, vous êtes à Florence pour BFM TV.
00:19Racontez-nous ce que nous révèle le parquet d'Agin, notamment les conditions dans lesquelles les gendarmes ont réussi à
00:24retrouver le corps de Liana.
00:28Oui, ce communiqué de presse transmis par le procureur de la République d'Agin, Olivier Naboulay, au journaliste en fin
00:33de journée, est instructif à plusieurs égards.
00:35D'abord parce que, vous l'avez rappelé, il donne des précisions sur les circonstances dans lesquelles le corps de
00:41la petite Liana a pu être découvert hier en début d'après-midi.
00:45En fait, c'est à la faveur d'un renseignement humain parvenu aux gendarmes, indiquant que le suspect, Jérôme Barrella,
00:51avait travaillé pendant plusieurs années sur cet endroit agricole, sur ce silo agricole.
00:57C'est dans ces conditions-là que les enquêteurs ont décidé de s'intéresser à cet endroit en particulier.
01:02C'est dans ces conditions-là qu'ils ont ensuite fait la terrible découverte.
01:07Et puis, dans un second temps, est venu le temps de l'identification.
01:12Et c'est aussi ce que nous indique ce communiqué de presse.
01:14Ce matin, très tôt, aux alentours de 4h du matin, le corps de la petite fillette a été levé.
01:20Il a été transporté par hélicoptère à l'IRCGN à Pontoise, en région parisienne.
01:26L'IRCGN, c'est l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale.
01:29Et c'est à ce moment-là qu'une comparaison ADN a eu lieu.
01:33Et c'est à ce moment-là, plus tard dans la matinée, que les techniciens de ce laboratoire de la
01:39gendarmerie ont eu la conviction qu'il s'agissait bien de la petite Liana.
01:42Et puis, dans un dernier temps, est venu aussi le temps de l'autopsie, bien sûr.
01:47Mais ce communiqué de presse ne nous a pas permis d'en savoir plus.
01:50Pourquoi ?
01:51Eh bien, parce qu'à ce stade, il n'y a pas, comment dirais-je, d'éléments permettant de savoir
01:57quelle est la cause précise du décès de la fillette.
01:59Il va falloir maintenant pratiquer sur son corps des examens complémentaires pour peut-être tenter d'en savoir un peu
02:05plus.
02:06Merci Mathias Tesson avec Thierry Bouillet ce soir à Florence.
02:09Pour développer les derniers développements de cette affaire, Liana avec nous en plateau.
02:15Karine Dabadi, bonsoir.
02:16Alors, vous êtes médecin légiste et vous allez nous expliquer dans un instant, puisque l'autopsie de Liana, on le
02:20disait, vient de démarrer.
02:22Et vous allez nous expliquer à quel point elle est précieuse.
02:25On va pouvoir avoir un certain nombre d'indices.
02:28Philippe Ziankevitch, ancien gendarme, enquêteur bénévole à assistance et recherche de personnes disparues.
02:33Pardon, c'est pas ça.
02:34Non, excusez-moi, je ne suis plus, enfin, brièvement, je ne suis plus à l'association.
02:38Je suis dans une autre association qui s'appelle l'IndiceA qui s'occupe des cold case.
02:41Voilà.
02:42Donc voilà, c'est rétabli.
02:43C'est rétabli.
02:44Pauline Revenach, service de la justice de BHPV.
02:46ABFM.
02:46Toujours ABFM et Dominique Rizet.
02:48Je n'ai pas bougé, je suis toujours avec Dominique.
02:49Et toujours avec Dominique autour de la table consultant, Pauline Justice, Sacha Stroopkan, porte-parole du ministère de la justice,
02:57est restée avec nous.
02:58Bonsoir à tous.
02:59Karine Abadie, la priorité, on l'a vu et Mathias nous l'a rappelé, c'était de confirmer l'identité
03:03de la jeune femme.
03:03Mais l'autopsie ne fait que commencer.
03:05Comment vont se passer les examens complémentaires ?
03:07Et quand aura-t-on les causes précises de la mort de la jeune femme ?
03:11Alors, l'autopsie, elle a différents temps puisqu'elle est précédée toujours d'un scanner du corps en entier.
03:18Le but étant de rechercher des lésions traumatiques ou des corps étrangers à tonalité métallique.
03:23Puis après, il y a différentes étapes.
03:24On a donc l'examen à externe du corps où on va regarder effectivement de façon minutieuse, centimètre par centimètre,
03:31à la recherche effectivement de traces de violence.
03:34Alors, le corps est possible.
03:36C'est vice-sexuel, c'est vice-physique, si elle a été attachée à un moment donné.
03:38Déjà, même des lésions traumatiques récentes ou pas récentes.
03:41En fait, on va tout analyser pour pouvoir tout décrire.
03:44Qui sert entre autres aussi à l'identification, mais à trouver aussi les causes traumatiques.
03:50On va rechercher des lésions de prise ou de défense, c'est-à-dire des lésions qui peuvent être au
03:54niveau des avant-bras quand on essaie de se protéger ou même avec les gens.
03:57Si elle s'est débattue par exemple, c'est ça qu'on va pouvoir savoir.
03:59Exactement, ça c'est extrêmement très important.
04:00Ça fait partie de l'examen externe.
04:02Et puis, on recherche effectivement s'il y a des plaies, s'il y a des traces de traumatisme par
04:06objet contendant ou des coups portés à main nue ou des blessures par arme à feu.
04:09Mais certains disent que ça peut aller jusqu'à un mois avant qu'on connaisse les causes précises de savoir
04:13?
04:13Non, en fait, l'autopsie, elle se fait sur la journée.
04:16Mais après, on va faire des prélèvements et l'analyse des prélèvements peut prendre plusieurs mois.
04:20Oui, c'est ça.
04:21Ça veut dire qu'on ne saura peut-être pas les circonstances précises avant un mois ?
04:23Alors, soit, là dans le cas présent, donc moi je ne sais pas tous les éléments, mais a priori, la
04:29cause exacte du décès n'est pas connue.
04:31Ça veut dire en clair qu'on n'a pas trouvé de cause traumatique évidente à l'origine du décès.
04:36Donc, pardon, traduction, il n'y a pas de lésions sur son corps apparente ?
04:39Ça ne veut pas dire ça.
04:40Ça veut dire quoi ?
04:41En fait, il y a peut-être des lésions apparentes, mais ces lésions ne sont pas à l'origine du
04:44décès.
04:44Voilà, elles n'ont pas entraîné de lésions d'organes vitaux, en fait.
04:49Maintenant, par exemple, il y a des choses qui se recherchent de façon extrêmement minutieuse.
04:53C'est tout ce qui est des manœuvres asphyxiques, tout ce qui est étouffement, par exemple.
04:57On peut, il y a différentes façons de le faire.
04:59Je ne vais pas rentrer trop dans les détails, mais on peut asphyxer quelqu'un avec un sac qu'on
05:03va mettre sur la tête,
05:04ou en appuyant très fortement sur ses lèvres, ou en les tranglant, ou en appuyant très très fort sur son
05:09thorax.
05:09Voilà, et ça, effectivement, c'est une recherche qui est très minutieuse.
05:13On peut faire, il y a des manœuvres, on fait un masque facial, on fait des choses comme ça.
05:16On recherche des infiltrations de sang au niveau des gencives, au niveau des organes.
05:21Le corps est abîmé, donc en fait, on voit moins de choses.
05:24Donc, en fait, ce qui est certain, c'est que là, ça va être aussi des analyses.
05:27Il y a différents prélèvements qui sont faits, des prélèvements à viser, analyses toxicologiques, anapathes, ADN.
05:33Il y a des fois, effectivement, quand le corps est trop abîmé, ce sont les analyses anapathes, par exemple, qui
05:39vont nous permettre de déterminer la procédure du décès.
05:40Mais là, au bout de 7 jours, le corps n'est pas si abîmé que ça, au bout de 7
05:42jours, vous diriez quoi ?
05:43En fait, on peut penser que le corps est relativement abîmé, puisque ça fait 7 jours, c'est dans un
05:48silo, c'est un espace clos, il a fait chaud.
05:51Donc, bien évidemment, est-ce que le corps a été recouvert ?
05:53Il n'est pas forcément sûr que ce soit 7 jours, c'est-à-dire que ça, ça voudrait dire
05:56qu'il a mis le corps de la petite Lyanna dans le silo, il y a 7 jours.
06:01Il peut avoir transporté le corps, il peut avoir...
06:03Oui, sauf que si on part du principe que...
06:05Ça, c'est pareil, l'autopsie permettra de le déterminer ?
06:06Exactement.
06:07Là, on part du principe que...
06:09On aura une datation.
06:09On aura une datation qui sera plus ou moins précise, puisque, en fait, plus le corps est abîmé, et moins
06:15on peut aller de façon précise,
06:16parce qu'autrement, on utilise une méthode des températures avec un homogramme qu'on appelle de 1G,
06:21et qui nous permet de dater le décès, mais là, c'est beaucoup...
06:24A priori, si ça date de plus de 2 jours, on ne peut pas le faire.
06:27Le parquet d'Agin confirme donc qu'il s'agit bien de Lyanna, ce qui veut dire que les parents
06:31de la jeune fille l'ont formellement reconnu ?
06:34Non, pas forcément du tout.
06:36On avait une comparaison ADN ?
06:37Ce sont soit des analyses ADN, soit des analyses en terre.
06:40Là, je crois que dans le cas présent, ce sont des analyses ADN qui sont allées d'ailleurs très rapides,
06:43parce que généralement, on fait plutôt les analyses en terre, puisque c'est beaucoup plus rapide.
06:47Sacha, je suis en train de vous dire, comme votre ministre, c'est un immense échec ce soir.
06:51De fait, c'est un échec collectif de l'ensemble de l'appareil de l'État, de l'institution judiciaire
06:57que je représente,
06:57probablement en partie des forces de l'ordre, éventuellement de l'éducation nationale.
07:02On verra ce que diront les inspections.
07:03Mais oui, quand on en arrive au décès d'une jeune fille, maintenant qu'on connaît le parcours criminel probable
07:08de cet individu,
07:09de fait, c'est un échec collectif.
07:11Et on devra en tirer les conclusions, à la fois en tant que système, c'est-à-dire comment est
07:15-ce qu'on peut mieux protéger nos enfants.
07:17Je vous donne un autre exemple qui a beaucoup agité le débat médiatique.
07:20Oui, il l'a dit, nous ne protongeons pas assez les enfants.
07:23De fait, vous avez cet exemple-là, vous avez l'exemple du périscolaire à Paris.
07:27Je pense que vos téléspectateurs ont découvert de façon assez choquée,
07:31et à juste titre qu'on pouvait embaucher des gens, par exemple, dans un périscolaire,
07:33sans même vérifier leurs antécédents judiciaires, au casier judiciaire.
07:36De fait, tout ça relève d'un système qui ne fonctionne plus et qui n'arrive pas à protéger,
07:41il faut dire les choses clairement, qui n'arrive pas à protéger de façon satisfaisante nos enfants.
07:45Et donc, c'est ça dont il faudra tirer les conclusions, au-delà des responsabilités individuelles.
07:49Peut-être qu'il y en a, on verra ce que diront les enquêtes administratives,
07:52mais ce qui est intéressant pour vos téléspectateurs, c'est comment on fait pour que ça ne se reproduise pas.
07:56Beaucoup d'incompréhension, en tout cas, et pour l'instant, beaucoup de colère aussi.
07:59On va retourner tout de suite à Florence, où les habitants ont appris, Mathéo Rivière, ce qu'ils redoutaient.
08:04Comment réagissent-ils ce soir à la communication du parquet d'agents ?
08:08On imagine la colère, l'émotion, deux jours avant cette marche blanche, prévue dimanche à 15h.
08:18Oui, vous imaginez l'effroi et la tristesse des habitants ici,
08:23qui se mélangent pour beaucoup à de la colère liée à cette nouvelle révélation,
08:28mais également à ces dysfonctionnements de la justice reconnus par le gouvernement.
08:33Et depuis plusieurs jours, sur cette place de la commune de Florence,
08:37au niveau des bars, des restaurants, on observe des chaînes de télévision qui sont connectées,
08:41parce que tout le monde scrute l'avancée de l'enquête,
08:44et également, tout le monde essaye de comprendre comment est-ce qu'on a pu arriver à ce drame.
08:49C'est le cas, justement, de Nathalie.
08:51Merci beaucoup, Nathalie, d'avoir accepté notre invitation.
08:53Bonsoir.
08:54Comment décririez-vous, ce soir, le sentiment qui prédomine dans la commune de Florence ?
08:59C'est beaucoup de colère, beaucoup d'incompréhension.
09:04J'avoue que, moi, étant maman, c'est très compliqué d'imaginer ce que ressent la famille.
09:12Voilà, il y a beaucoup de colère.
09:14Moi, je ne comprends pas comment on en arrive là, aujourd'hui.
09:17On voit beaucoup d'émotions, un poil d'inquiétude, également ?
09:21Oui, tout à fait.
09:23On se dit que, dans une ville comme Florence, 6 000 habitants, on est plus ou moins protégés,
09:29mais à tort, en fait, parce que, finalement, voilà, on s'aperçoit que ça peut arriver n'importe où.
09:35– Merci, merci à vous, Nathalie, qui, comme beaucoup de Florentins et de Florentines,
09:41souhaitent démontrer tout leur soutien et également toute leur solidarité à la famille de Liana,
09:46notamment lors de cette marche blanche prévue dimanche à 15h.
09:49– Merci beaucoup, Mathéo Rivière.
09:51Sacha Stropkan, vous entendez ses habitants, ils sont en colère.
09:54Le ministre dit lui-même, ce soir, je ne sais pas comment c'est possible.
09:57Comment c'est possible ?
09:59– Vous avez, comme je vous le disais, probablement des failles systémiques,
10:02des problèmes de système, d'organisation.
10:04Vous avez peut-être aussi des questions de responsabilité individuelle.
10:08Et puis ensuite, ce qui est incompréhensible du point de vue de la chancellerie,
10:11c'est que vous avez deux priorités de politique pénale.
10:13Vous avez la lutte contre la criminalité organisée et la protection des enfants et des mineurs.
10:18Et donc, on ne peut pas comprendre qu'un dossier de ce type-là n'ait pas été considéré comme
10:22prioritaire.
10:23– Un dossier comme ça, il est normalement au-dessus de la pile, quand il arrive ?
10:26C'est ce que je disais un peu avant sur votre antenne.
10:29Il y a à peu près 0,25% des dossiers qui concernent des atteintes sexuelles sur mineurs.
10:34On peut quand même tout de même considérer que ces 0,25% de dossiers en stock sont prioritaires
10:39et que c'est normal qu'ils soient traités de façon prioritaire.
10:41– Dominique, je crois que vous aviez un débat juste avant sur les moyens.
10:43– Absolument. Vous nous disiez tout à l'heure que le tribunal d'Auche était…
10:48– Staffé.
10:49– Staffé, voilà. Il y avait les magistrats, quatre magistrats.
10:52Comment est-ce que vous évaluez la jauge ?
10:54C'est quoi pour un tribunal comme Auche ?
10:56C'est la population sur place.
10:58– Le nombre de dossiers ?
10:59– Le nombre de dossiers, c'est la criminalité.
11:02Parce que sinon, ça veut dire que Bobigny, c'est pas la même chose que…
11:05– Bien sûr. C'est un mélange de tout ça.
11:07C'est-à-dire qu'à la fois, évidemment, vous avez une notion de population,
11:10puisque globalement, plus la population est nombreuse, plus il y a d'infractions.
11:14Et puis ensuite, vous avez aussi la réalité territoriale.
11:16De fait, probablement que dans le Gers,
11:18la criminalité organisée est un phénomène moins massif
11:21que si vous allez à Bobigny, à Marseille ou à Lyon.
11:24Et donc, de fait, on en tient compte aussi.
11:26Et donc ça, après, c'est la responsabilité du ministère,
11:28de la direction des services judiciaires,
11:30de, c'est un peu technique, mais de donner ce qu'on appelle une clé de répartition.
11:33C'est-à-dire de dire dans tel tribunal, au regard de tous ces facteurs,
11:36voilà le nombre de magistrats.
11:37Et je vous donne une donnée hors antenne,
11:39que je donne aussi à vos téléspectateurs.
11:41La cour d'appel d'Agen, c'est une toute petite cour d'appel.
11:43C'est trois tribunaux judiciaires.
11:44Sur les quatre dernières années, c'est plus 15 magistrats
11:47qui ont été mis sur la trajectoire budgétaire
11:512023-2027.
11:52Donc on voit bien que les moyens y sont mis.
11:54Bien sûr qu'on peut toujours faire plus, qu'on part de très loin.
11:56Mais en vérité, il y a quand même un investissement conséquent.
11:58Plus 1500 magistrats en quatre ans,
12:00plus 1800 greffiers en quatre ans également.
12:03Et quand sur notre antenne, il y avait un agriculteur
12:05qui disait qu'il avait été convoqué quatre fois
12:07pour des publications Facebook,
12:09et qu'il a eu des gardes à vue,
12:10et que c'était autant de temps perdu finalement,
12:12il mettait ça au regard de l'actualité en disant
12:14« S'ils n'avaient pas fait ma garde à vue,
12:16Liana n'aurait peut-être pas disparu. »
12:17C'est aussi ce qu'avait dénoncé le maire de Florence, justement.
12:19Peut-être que c'est à raccourci,
12:20mais j'aimerais bien vous entendre là-dessus.
12:21Comme je vous l'ai dit,
12:23les priorités de politique pénale du ministère de la Justice,
12:25il y en a deux.
12:26Depuis 18 mois, c'est toujours les mêmes.
12:27Elles sont très claires.
12:28C'est un, la lutte contre la criminalité organisée.
12:31Deux, la protection des mineurs.
12:32Il ne me semble pas que dans ces directives
12:33de politique pénale prioritaire,
12:35il y avait la répression des mouvements d'agriculteurs.
12:38Donc chacun en tira des conclusions.
12:39Ce sont les préfets qui ont fait ça,
12:41qui ont décidé de demander au régime ?
12:42Je ne sais pas.
12:43En tout cas, j'ai la faiblesse de croire
12:44qu'un procureur de la République
12:45ne répond qu'à une seule personne,
12:46c'est à son procureur général
12:48et éventuellement au ministre
12:49et pas à un préfet.
12:49Si les préfets avaient autorité sur les procureurs,
12:51ça se serait.
12:52Mais ils ont l'autorité sur la police judiciaire.
12:55Oui, ça c'est autre chose.
12:55J'ai une question, si vous permettez.
12:57Alors très vite, oui.
12:58Parce qu'après, il va partir.
12:59Très, très vite.
13:00Il manque quand même beaucoup de magistrats,
13:02de greffiers, etc.
13:03Par rapport à l'Europe,
13:04on est vraiment en France
13:06en forte diminution.
13:08Est-ce que vous pensez que
13:09dans un avenir proche,
13:10on va pouvoir un petit peu combler ce manque ?
13:12Parce qu'il manque des greffiers,
13:13des assistants juridiques.
13:15La vérité, c'est que les moyens,
13:17il y en a.
13:18On partait de tellement loin,
13:19personne ne conteste le fait
13:20que le rattrapage se fait progressivement.
13:22Maintenant, je pense que
13:23dans ce qui nous occupe ce soir,
13:24ce n'est pas une question de moyens.
13:25C'est une question de priorité
13:26mise sur certains dossiers.
13:28Peu importe qu'on ait des moyens ou pas,
13:29en vérité,
13:30c'est comment est-ce qu'on prioritarise
13:31certains dossiers.
13:32Et une fois de plus,
13:32je voudrais que vos téléspectateurs l'entendent,
13:340,25% des dossiers
13:36concernent des infractions sexuelles sur mineurs.
13:38Je pense qu'à moyen,
13:39peu importe moyen ou pas,
13:41on peut considérer que
13:420,25% des dossiers,
13:44c'est une priorité.
13:46D'accord, merci.
13:47Avant de s'intéresser sur
13:48les procédures
13:49qui ont visé le principal suspect,
13:51Dominique,
13:52quelles sont les zones d'ombre
13:53qui subsistent encore ce soir ?
13:54Là, on va s'intéresser aussi
13:56aux analyses qui vont continuer
13:58notamment sur ce véhicule,
13:59cette Peugeot 3008 Anthracite.
14:01On l'a dit,
14:02les zones d'ombre,
14:03c'est les circonstances de la mort,
14:05les causes de la mort
14:07de la jeune fille.
14:09Ensuite, oui, évidemment,
14:11travailler sur le véhicule.
14:12C'est comment, en fait,
14:13comment toutes ces informations
14:14peuvent être reliées
14:15à la personne qui est placée
14:16en détention provisoire ?
14:17Parce que pour l'instant,
14:18nous, en tout cas,
14:18le lien, on ne l'a pas encore.
14:19On ne l'a pas.
14:20Il y a tout ce que lui n'a pas dit
14:22et tout ce que le corps
14:24de la jeune fille va nous dire,
14:26ce que sa voiture nous dira,
14:27ce que ses déplacements
14:29qui ont été vus peut-être
14:30par des vidéos de surveillance
14:31vont nous raconter,
14:33ce que les témoignages
14:34de personnes
14:34qui l'ont vu passer
14:35vont nous dire
14:36et puis ce que les expertises,
14:38parce qu'on va demander
14:39à des personnes sachantes
14:42est-ce qu'il a,
14:44est-ce qu'il était repéré,
14:46est-ce qu'il a été soigné,
14:47est-ce qu'il a vu des spécialistes,
14:49des psychologues,
14:50des psychiatres,
14:52sa vie privée ?
14:53On va éplucher son téléphone ?
14:54Ses enfants ?
14:55De potentielles autres victimes
14:56s'il y en a ?
14:57Absolument.
14:57J'imagine qu'on a déjà démarré
14:59et qu'on a déjà commencé
15:00à éplucher.
15:00On parlait de sa femme,
15:01de ses enfants,
15:02de ses proches,
15:02tout ça.
15:03Tout ça, c'est en cours.
15:05Est-ce qu'il est possible
15:06d'avoir des éléments ?
15:07Est-ce que le parquet
15:08peut communiquer là-dessus ?
15:09Est-ce que qui communique ?
15:10Non, ça, ça appartient
15:11au secret de l'enquête
15:13qui deviendra maintenant
15:14le secret de l'instruction.
15:15Alors Pauline,
15:16au-delà de cette enquête criminelle,
15:17il y a un élément
15:18qui suscite
15:18une forte incompréhension,
15:19c'est que le principal suspect
15:20est déjà connu des autorités.
15:22Il y a plusieurs plaintes,
15:22plusieurs signalements
15:23qui ont été déposés
15:24contre Jérôme Barrella.
15:25Ça commence en décembre 2017.
15:27Il y a au total
15:28six procédures
15:29en plus de l'affaire Liana.
15:31La dernière plainte,
15:32elle date d'hier, c'est ça ?
15:33Oui, nouvelle plainte
15:34hier soir.
15:35Une maman qui a déposé plainte
15:36à Saint-Brieuc
15:37pour viol contre Jérôme Barrella.
15:39Sa petite fille,
15:40elle avait une dizaine d'années
15:41et elle a reconnu, en fait,
15:43le visage de Jérôme Barrella.
15:45Je vais vous expliquer.
15:46L'effet remonte à 2023
15:47et elle avait déjà déposé plainte.
15:49Elle avait déposé plainte
15:50en avril 2026,
15:51mais sans avoir l'identité
15:53de l'auteur présumé.
15:54Donc, c'était plainte contre X à l'époque ?
15:55La plainte, c'était déposé contre X
15:56et l'enquête n'avait jusque-là
15:57pas progressé.
15:58Mais en voyant le lieu d'habitation
16:00de Jérôme Barrella,
16:01qui est le lieu où la maman
16:02et la petite fille
16:03étaient habitées au moment des faits,
16:05la maman, elle a eu l'idée
16:06de faire quoi ?
16:07De montrer la photo
16:08de Jérôme Barrella
16:09qui a été largement diffusée,
16:11de la montrer à sa petite fille
16:12qui a reconnu son regard
16:14et elle a décidé
16:15de porter plainte.
16:16Donc, des mamans comme ça,
16:18moi, je ne sais pas
16:18combien il y en a.
16:19Et c'est l'enquête,
16:20effectivement,
16:20qui nous le dira.
16:21On est vraiment face à un...
16:23Si c'est bien lui,
16:24en tout cas,
16:24face à une forme de prédateur,
16:26de prédation.
16:26On parlait de ses soirées pyjamas,
16:28on parlait de ses plaintes,
16:30ses stratagèmes utilisés
16:31pour inviter des copines
16:32de ses filles chez lui.
16:33Il peut y en avoir,
16:34effectivement,
16:34beaucoup des plaintes comme ça
16:35dans les prochains jours,
16:36dans les prochaines semaines ?
16:37Il peut,
16:37parce qu'en fait,
16:38là, depuis 2017,
16:39il y a déjà six procédures.
16:41Donc, effectivement,
16:41ça peut être vertigineux
16:42et c'est effectivement
16:43ce sur quoi aussi
16:44travaillent les enquêteurs.
16:47Vincent Lamorandière,
16:48qu'est-ce qui,
16:48dans cette affaire,
16:49suscite le plus
16:50d'étonnement,
16:50d'agacement peut-être
16:51de votre part ?
16:52Est-ce que c'est...
16:52On s'est beaucoup cristallisé
16:53sur cette plainte
16:54en août 2025
16:55de la petite Rosa,
16:56dont la maman aussi
16:57voulait avoir des nouvelles
16:59et qui appelle les gendarmes
17:01pour avoir des nouvelles
17:01de sa plainte
17:02et à qui on répond aussi.
17:03C'était un témoignage
17:04sur BFM TV
17:06recueilli par Juan Palencia
17:07cette semaine
17:08qui, les gendarmes,
17:10lui disent
17:10en fait,
17:10arrêtez de nous appeler
17:11parce que sinon
17:12on va déposer plainte
17:12pour harcèlement.
17:13On sait que c'était
17:14le tribunal de Toulouse
17:15qui ensuite envoie la plainte.
17:16Il y a beaucoup de...
17:18Comment dirais-je ?
17:19Peut-être de ratés
17:20dans ce qui s'est passé
17:21entre le tribunal de Toulouse
17:22et le tribunal d'Auge
17:23puisqu'on a envoyé
17:24cette plainte
17:25par voie postale
17:26dans un premier temps.
17:27En fait, il y a tout ça.
17:28Et tout ce que vous dénoncez là,
17:29ce que vous précisez là,
17:31en fait,
17:31ce n'est pas des cas isolés.
17:33C'est votre quotidien ?
17:34C'est plutôt le quotidien,
17:35c'est le mode de fonctionnement,
17:36malheureusement,
17:37je vais vous le dire,
17:37habituel des enquêtes.
17:39On va partir de la base,
17:41la plainte.
17:42Quand vous déposez une plainte,
17:44elle tombe,
17:44on va le dire concrètement,
17:45dans un espèce
17:46de trou noir administratif.
17:47C'est-à-dire qu'en fait,
17:48il faut avoir la chance
17:50de tomber sur un enquêteur
17:51qui lui-même
17:52va être sensibilisé
17:54ou qui va être mobilisé
17:55et qui va dire
17:56là, il y a quelque chose d'important.
17:57Je vais me battre peut-être même.
17:59Et qui va s'investir
18:00peut-être même
18:01avec le procureur
18:03de la République
18:04pour avoir les autorisations
18:05pour récupérer rapidement
18:06les réquisitions.
18:08Mais pour de vrai,
18:09il y a un aléa là-dessus.
18:10Et je le disais tout à l'heure,
18:13un peu plus tôt,
18:14à 11 heures
18:15sur votre plateau,
18:17il suffit que
18:18de remplir peut-être
18:19un QCM
18:21avec 10 questions
18:21ou 20 questions
18:22à chaque fois
18:23qu'il y a un dépôt de plainte
18:25pour pouvoir en fait
18:26recouper,
18:27faire ressortir
18:27des dossiers
18:28qui sont urgents,
18:29avec une urgence vitale
18:31qui concerne des mineurs
18:32et les autres.
18:33Et peut-être,
18:34on sait que la difficulté,
18:36vous le savez,
18:36ce n'est pas que la justice
18:37est lente.
18:38Ce n'est plus du tout ça.
18:39La justice,
18:39elle n'est pas lente.
18:40Elle est saturée.
18:42C'est-à-dire que
18:42le flot...
18:42C'est-à-dire que
18:43quand vous déposez une plainte
18:44avec votre client par exemple,
18:46vous dépendez du bon vouloir ?
18:47Du bon vouloir ?
18:48Du bon vouloir
18:48de celui qui va instruire la plainte
18:50et qui va...
18:50Mais moi je vais être...
18:51D'abord de celui
18:52qui ouvre le courrier,
18:52qui va la poser,
18:53qui va voir comment
18:54elle va la traiter
18:55et comment ça va se passer.
18:55Il veut la prendre
18:56parce que déjà,
18:56tous les citoyens
18:58qui vont déposer une plainte
18:59apprennent qu'il y a
19:00une résistance des enquêteurs.
19:02Mais je vais au-delà.
19:02Moi j'ai une cliente
19:03qui est participée
19:05dans un procès
19:06pour viol et tentative
19:07d'assassinat.
19:07Elle a reçu 11 coups de couteau.
19:09Ça va être jugé
19:09dans les prochaines semaines,
19:11peut-être dans les prochains mois.
19:14Quand elle a déposé plainte
19:15pour ce qu'elle avait subi,
19:17il y avait déjà 4 plaintes
19:20antérieurement déposées
19:21pour des faits de même nature,
19:22c'est à des faits criminels,
19:23qui étaient posés
19:24contre l'auteur.
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