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##LE_GRAND_DEBAT_DES_VRAIES_VOIX-2026-07-09##
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NewsTranscription
00:00Les vraies voix de l'été, deuxième partie avec des face à face, la justice face à Marine Le Pen
00:06et en coupe du monde de football, la France face au Maroc.
00:10Vous réagissez au 0826 300 300 ou sur nos réseaux sociaux et notre chaîne YouTube.
00:16Évidemment dans cette émission, nous poursuivons le suivi des feux de forêt, de la canicule, le tout avec l'expertise
00:23de nos vraies voix que je vous présente.
00:26Les vraies voix Sud Radio
00:29Si vous venez de nous rejoindre, sachez que Mathieu Davy, avocat membre du collectif de défense de l'état de
00:35droit, est avec nous.
00:36Mickaël Sherman, conseiller municipal inscrit sans étiquette et président de l'association Engagement France Solidarité, Sébastien Ménard, éditorialiste et entrepreneur
00:45dans la foodtech.
00:48Messieurs, on parlera tout à l'heure de France-Maroc, mais un petit pronostic Mathieu Davy ?
00:534-3 pour la France.
00:54Ah carrément 4-3, oui.
00:56Sébastien Ménard, qui nous avez rappelé que vous n'y connaissiez rien en foot ?
01:03Pas grand chose, mais je vais faire comme le président Hollande qui a dit 2-1 pour la France, moi
01:06je dis 2-1 pour le Maroc.
01:08Mais pourquoi le président Hollande il a dit 2-1 pour la France ?
01:11Non, parce qu'en fait c'est un extraordinaire pronostiqueur, et à chaque matin, avant les matchs de l'équipe
01:18de France, il a donné jusqu'alors des pronostics, et pour l'instant il ne s'est pas planté.
01:22Mais il a dit 2-1 pour la France ?
01:23Il a dit 2-1 pour la France, moi je dis 2-1 pour le Maroc.
01:25Mais alors pourquoi vous citez François Hollande alors que ça n'a aucun...
01:29Vous voulez vous faire accepter, enfin vous imaginez...
01:33Non, je vous ai dit que François Hollande sera le prochain président de la République, je l'ai déjà dit.
01:36Ah donc vous êtes en train de vous placer sur ce radio ?
01:39D'accord, je n'ai pas besoin de me placer, vous savez je suis déjà placé.
01:42Ce monsieur est important.
01:43Michael Sherman, votre pronostic ?
01:45Moi je dirais 3-2 pour la France.
01:47Pour la France, très bien.
01:493-2 c'est pas mal.
01:50Dire le contraire de François Hollande c'est plutôt prudent.
01:52Oui.
01:55Ça c'est énorme.
01:56Oui mais ça c'est facile.
01:57Ça c'est facile.
01:58Oui mais c'est du Mathieu David dans le texte.
02:00C'est du cabotinage de fin de semaine.
02:02Très bien.
02:02Bon, ça c'était le clin d'œil France-Portugal, etc.
02:06Mais rentrons maintenant dans les choses sérieuses, le grand débat.
02:10Les vraies voix sud radio.
02:13La cour de cassation pourrait se prononcer sur le pourvoi en cassation de Marine Le Pen au plus tard, début
02:22avril 2027.
02:23Habituellement il lui faut minimum un an pour statuer, traitement de faveur pour une élection propre ou pour une machination
02:31anti-RN.
02:32Nous vous posons la question à vous les auditeurs de Sud Radio, affaire Marine Le Pen, la justice fait-elle
02:38preuve de neutralité ?
02:40Alors, j'aimerais déjà que vous écoutiez cette intervention de Rémi Heinz, qui est procureur général près de la cour
02:48de cassation et qui s'exprimait chez nos confrères de France Inter ce matin.
02:53Il a justement voulu faire le point et il parle de cette neutralité de la justice.
03:00Nous l'écoutons.
03:02C'est parti.
03:05C'est parti.
03:06Ce qui est important, c'est que nous, nous sommes en ordre de marche pour rendre cette décision avant le
03:12scrutin présidentiel.
03:14Et nous ferons tout, nous, ce qui nous concerne, pour tenir cet objectif parce que nous, nous y sommes engagés.
03:21Et encore une fois, nous sommes dans un fonctionnement qui est un fonctionnement normal.
03:24Alors, qui est dans un fonctionnement normal.
03:27Bon, sans vous faire offense, Michael Sherman et Sébastien Ménard, je vais commencer par l'avocat, Mathieu Davy.
03:35D'un point de vue, parce qu'on a du mal à comprendre quelque chose, Mathieu Davy.
03:40C'est-à-dire que tout le monde évoque le temps d'un an à un an et demi pour
03:45qu'une cour de cassation statue.
03:47Et là, ça ne serait pas le cas.
03:51Beaucoup de choses ont déjà été dites depuis quelques jours.
03:53J'aimerais qu'on reprenne les choses un petit peu dans l'ordre.
03:55Le tribunal avait été assez sévère.
03:58C'est un jugement, si vous vous en souvenez, qui avait présenté Marine Le Pen comme une personnalité dangereuse pour
04:05l'ordre public.
04:06D'où une inéligibilité assez longue qui allait au-delà de l'élection présidentielle.
04:10La cour d'appel a une attitude, à mon sens, un peu plus adaptée, peut-être plus proportionnalisée à la
04:19situation de Marine Le Pen et à la démocratie de notre République.
04:22C'est-à-dire qu'elle a laissé la porte ouverte à ce que Marine Le Pen puisse quand même
04:26se présenter, tout en maintenant une peine très lourde, très grave, pardon, sur le fond.
04:30On rappelle trois ans de prison, dont un ferme.
04:35Et cette année ferme, c'était avec deux brassées électroniques.
04:37Le Pen a eu ce raisonnement que je trouve très intéressant. Est-ce que c'est de la neutralité ou
04:41pas ?
04:42Ça reste de l'indépendance, évidemment. Elle est condamnée, elle est inéligible, mais brassée électronique pour pouvoir se présenter.
04:49Par ce que dit la cour d'appel, nous allons laisser le peuple trancher.
04:54Qu'est-ce que doit trancher le peuple dans cette histoire ? Est-ce que je vote ou pas pour
04:56une candidate en brassée électronique ?
04:58Mais pas parce qu'elle n'est pas disculpée ou innocente, elle l'est condamnée.
05:01En revanche, en tant qu'institution judiciaire et en respect de la séparation des pouvoirs, à la Montesquieu,
05:06l'essence même de l'État de droit français, en tant qu'institution judiciaire,
05:10on sait que l'élection présidentielle, c'est le moment démocratique de la décennie.
05:14Il y en a deux par décennie.
05:16Donc laissons le peuple français prendre sa responsabilité.
05:18Alors pardonnez-moi, Mathieu, Mathieu, Mathieu, juste, là on n'est pas à la cour, c'est la radio.
05:24Donc moi je suis obligé d'éditorialiser.
05:27Non, non, non, mais justement Mathieu, ce qui est très important sur ce que vous dites.
05:30Vous dites, très bon jugement rendu par la cour d'appel, je veux juste demander.
05:35Je n'ai pas dit très bon jugement, j'ai dit jugement sévère, dur, assoupli par la cour d'appel.
05:41Mais assoupli par la cour d'appel et qui permet donc à Marine Le Pen de se présenter.
05:46C'est ce que vous dites, on est d'accord ?
05:47Exactement, et c'est ce que va dire la cour de cassation, c'est ce que je voulais vous répondre.
05:50Alors justement, je vais vous interroger sur la cour de cassation,
05:54mais avant, Mickaël Sherman et Sébastien Ménard, sur ce que vient de dire Mathieu Davy,
05:59sur finalement la décision de la cour d'appel,
06:02oui ou non, sur ce que vient de dire Mathieu, qui dit que c'est plutôt intelligent.
06:07Déjà, on a le devoir, je pense, de respecter l'institution judiciaire.
06:10Il y a la séparation des pouvoirs en France.
06:12Moi, je suis conseiller municipal.
06:14Je pense que le mélange des genres, il faut,
06:16et c'est important, je pense, que les Français aussi comprennent,
06:19qu'il y a le respect d'une décision de justice.
06:21Le pourvoi en cassation, sauf erreur de ma part,
06:24et l'avocat en face de nous, ne changera pas la décision judiciaire.
06:27Non, non, mais on va y revenir après, parce qu'il va nous parler de la cour de cassation,
06:30mais l'arrêt rendu par la cour d'appel, on parle d'arrêt d'ailleurs,
06:34c'est pour une cour d'appel.
06:35Oui, je pense que c'est pour la première instance.
06:36Voilà, c'est ça.
06:37Donc l'arrêt rendu pour la cour d'appel vous semble plutôt bien pesé
06:41pour le bon déroulement de la vie démocratique.
06:45Mickaël Sherman, la cour d'appel de Paris est statuée,
06:47c'est pas à moi qui n'ai pas juge de dire...
06:49Je ne voulais pas vous prononcer, vous avez bien avis.
06:52Mais je n'ai pas, moi en tant que politique,
06:54à commenter ce que la cour d'appel fait.
06:56Je pense que même les élus en France...
06:59Mais en tant qu'éditorialiste ce soir sur Sud Radio ?
07:01En tant qu'éditorialiste sur Sud Radio, je respecte la décision de justice.
07:05Je pense par contre que le communiqué,
07:09parce que c'est de la communication que fait aujourd'hui la cour d'appel de Paris,
07:13son représentant, Rémi Herte, qui a pris la parole.
07:16Je pense qu'avant une élection présidentielle,
07:19je pense qu'il n'était pas utile
07:22de dire comme quelque part une urgence
07:25de devoir se prononcer avant l'élection présidentielle.
07:27Je pense qu'ils ont commis une erreur de communication.
07:28Alors ça c'est autre chose.
07:30Sébastien Ménard, même question qu'à Mickaël Sherman
07:32qui n'a pas voulu répondre.
07:33Vous vous étiez l'île mais vous ne l'êtes plus.
07:35Alors allez-y.
07:35Moi j'ai été élu pendant plus de 20 ans,
07:37donc je suis ancien conseiller ministériel.
07:39Enfin bref, j'ai eu des fonctions qui m'obligent,
07:41qui m'ont obligé à une certaine forme de neutralité jusqu'alors.
07:45Non, moi je voudrais juste,
07:47ce que vous n'avez pas dit maître, cher Mathieu,
07:50c'est qu'on rend la justice au nom du peuple français
07:53et pas à la place du peuple français,
07:56ce qui est une grosse nuance.
07:57Et sur cette antenne, on a souvent dit que finalement,
07:59il y avait une espèce de république des juges
08:01qui avait enjambé le suffrage universel direct,
08:05qui avait quelque part, parfois, par parti pris,
08:09par une vision très partisane
08:12ou intellectuellement très engagée, pour ne pas dire plus,
08:15décidé de celles et ceux qui pourraient concourir
08:20à l'élection présidentielle,
08:21comme vous l'avez dit, Maître,
08:22qui est quelque part la plus belle
08:24et la plus grande des batailles démocratiques,
08:26deux par décennie, vous l'avez dit.
08:28Donc aujourd'hui, oui,
08:29on retrouve quelque part dans la décision de la Cour d'appel
08:33et dans vraisemblablement ce qui va se dérouler,
08:36l'essence même, vous avez cité Montesquieu,
08:38vous avez bien fait,
08:39c'est qu'on rend la justice au nom du peuple français
08:42et pas à la place du peuple français.
08:45Non, non, non, c'est trop tard, Mickaël.
08:47Vous avez botté en touche, là, vous ne reprenez pas la main.
08:49C'est trop facile.
08:51Mathieu David, vous n'avez pas le temps de vous exprimer.
08:53Mais vous n'avez pas ce que vous pensez.
08:54Stop, c'est à Mathieu David.
08:57Non, non, mais il ne faut pas créer de dissidence artificielle.
09:00Je défends l'état de droit,
09:02la justice rendue par le peuple,
09:03pour le peuple, au nom du peuple,
09:05ce que vous avez oublié de dire.
09:06En revanche, ce que j'aimerais dire quand même,
09:08c'est la Cour d'appel.
09:08Non, j'ai bien dit, au nom du peuple français.
09:10La Cour d'appel a maintenant une cellule de communication.
09:12Est-ce que vous savez ça ?
09:13Non, je ne le savais pas.
09:15Et donc, il y a...
09:16Pourquoi ?
09:17Pour l'accès au droit.
09:18Et d'ailleurs, il faut défendre l'accès au droit.
09:19Pour que les justiciables comprennent, décryptent,
09:23s'approprient les décisions
09:24qui les concernent au plus haut point
09:25en tant que justiciables, en tant que citoyens.
09:28Donc la Cour d'appel,
09:29il ne faut pas la juger là-dessus.
09:31C'est intelligent, je trouve,
09:32que de communiquer, que d'expliquer l'arrêt
09:34et de dire justement,
09:35écoutez, nous, quand on décrypte cet arrêt,
09:37Madame Le Pen a été condamnée.
09:39Elle est responsable.
09:40Elle est coupable.
09:40Maintenant, on a considéré que sur l'inéligibilité,
09:43qui est un sujet aussi démocratique
09:44et pas que judiciaire,
09:46nous avons considéré
09:47que nous n'irions pas jusqu'au jour
09:49Vous l'avez déjà dit, on a bien compris, Mathieu.
09:51Mais donc, c'est très intéressant,
09:53parce qu'on pourrait croire que c'est une décision politique.
09:54Non, c'est une décision judiciaire,
09:56mais qui, par le principe de proportionnalité de la peine,
09:59qui est quand même notre sacro principe judiciaire,
10:02s'est adaptée à Madame Le Pen,
10:03qui est une prévenue,
10:04comme les autres,
10:05mais pas tout à fait comme les autres.
10:06Donc c'est intéressant,
10:07ce n'est pas une décision politique.
10:09C'est une décision adaptée au dossier
10:10et aussi au peuple français
10:12qui rend justement cette justice.
10:14Donc, je reviens sur la cour de cassation
10:17et comme vous êtes magnifiques tous les trois,
10:19vous m'avez amené jusqu'à la nécessaire petite respiration,
10:24comme ce qu'on appelle finalement une bande-annonce.
10:26Donc la bande-annonce est la suivante,
10:28chers amis auditeurs de Sud Radio.
10:31Dans un instant,
10:33Maître Mathieu David va nous dire
10:34si la cour de cassation,
10:36et enfin, il va nous le dire,
10:38si la cour de cassation,
10:39finalement, en prenant cette décision de statuer
10:41avant ce qui se fait habituellement,
10:43le fait d'une manière neutre,
10:47vous intervenez au 0826 300 300
10:49pour nous dire si,
10:51dans l'affaire Marine Le Pen,
10:52la justice fait preuve de neutralité.
10:55On se retrouve donc tout de suite après ça.
10:5917h20, les vraies voix Sud Radio.
11:01Le débat est intense.
11:03Affaire Marine Le Pen,
11:04la justice fait-elle preuve de neutralité ?
11:07La cour de cassation
11:08pourrait se prononcer
11:10sur le pourvoi de Marine Le Pen
11:12au plus tard, début avril 2027.
11:15Habituellement,
11:15il faut minimum un an pour statuer.
11:18Alors, traitement de faveur
11:19pour une élection propre
11:20ou machination anti-RN.
11:22Nous en parlons avec nos trois vraies voix,
11:25Mickaël Sherman,
11:26Sébastien Ménard
11:27et Maître Mathieu David,
11:29à qui nous avons posé la question.
11:31Est-ce normal qu'une cour de cassation
11:32qui habituellement prend un an à 18 mois
11:34dise, je vais le faire en combien de temps ?
11:376 ou 7 ou 8 mois ?
11:39Mais comme pour la cour d'appel,
11:41mon cher Fred.
11:42La cour d'appel dans ce dossier
11:43aurait dû rendre son arrêt
11:44après le premier tour
11:45de l'élection présidentielle
11:46par les délais classiques
11:47de la justice.
11:47Ah d'accord.
11:48Est-ce qu'il y a eu un passe-droit ?
11:49Ce n'est pas un passe-droit,
11:50c'est l'organisation juridictionnelle
11:51de la cour qui dit
11:52c'est tellement important
11:53l'élection présidentielle.
11:55Nous, justement,
11:56par la séparation des pouvoirs,
11:57nous, institutions judiciaires,
11:59on fait attention
12:00au pouvoir exécutif.
12:01Donc on fait en sorte
12:02de rendre une décision
12:03avant
12:04et avec un délai suffisant
12:05pour que justement
12:06la campagne puisse se faire.
12:08En gros,
12:09qu'est-ce que va faire
12:09la cour de cassation ?
12:10Évidemment, pour vous,
12:11la cour de cassation,
12:11je vous le dis,
12:12c'est 12, 18 mois,
12:13même 24 mois.
12:14Là, dans un de mes dossiers,
12:14c'était 3 ans.
12:16Et là...
12:17Parce que c'est Marine Le Pen ?
12:18Pas Marine Le Pen,
12:19parce qu'on est dans
12:20le débat démocratique
12:21et qu'il faut qu'effectivement,
12:23pour respecter justement
12:24la motivation de l'arrêt
12:25de la cour d'appel
12:25qui est de dire
12:26les Français doivent trancher,
12:28pour qu'on respecte
12:29cette décision-là,
12:30eh bien,
12:31on va faire en sorte
12:31que nous,
12:32cour de cassation,
12:32on est capable de le faire
12:33en vérité.
12:33On réunit les grands magistrats
12:35de la cour de cassation,
12:35on prend ce dossier en priorité,
12:37parce que c'est prioritaire,
12:38et je pense que les Français
12:39auraient un consentement à ça,
12:40pour qu'on puisse savoir
12:42effectivement si,
12:42avant le premier tour,
12:44il y a rejet du pourvoi.
12:45Rejet du pourvoi,
12:46ça veut dire qu'on revient
12:47à l'arrêt de la cour d'appel.
12:49Donc là,
12:49on remet le bracelet électronique.
12:51Donc elle a pris un risque.
12:52Par exemple,
12:52pour le débat d'entre deux tours.
12:53Donc elle a pris un risque.
12:54Mais c'est pas un énorme.
12:55Elle a fait tapis.
12:56Elle aurait pu aller voir
12:57juste l'application des peines
12:58pour être très clair
12:58et négocier la suspension
13:00du bracelet.
13:01Mais ça veut dire
13:01qu'elle a caissé
13:02à l'arrêt de la pelle.
13:03Oui, elle disait
13:03je suis coupable.
13:04Elle fait le pourvoi
13:05en se disant
13:05ça suspend tout.
13:06Parce qu'il disait
13:06sur le plateau de CNews,
13:07je me souviens avant-hier,
13:09c'est bon,
13:09ça va durer 18 mois,
13:10on est tranquille.
13:11Mais non,
13:11la cour de cassation
13:12elle dit pas du tout.
13:13On va rendre l'arrêt
13:14avant le premier tour.
13:15Donc est-ce qu'il y a l'autre ?
13:17Non, mais je veux juste
13:18qu'on soit concret
13:19qu'on aille jusqu'au bout.
13:20Parce que quand je vous écoute,
13:21là vous nous déroulez
13:23le fil narratif, etc.
13:24C'est-à-dire qu'il y a
13:24une première décision
13:25qui était...
13:26Je vous rappelle les faits.
13:27Non, non,
13:27mais vous vous rappelez les faits.
13:28Mais la réalité,
13:29c'est que dans l'opinion publique,
13:32vous avez plus d'un Français sur deux
13:35qui était persuadé
13:36que les juges voulaient choisir
13:37les candidats,
13:39les candidats à la candidature
13:40et que là,
13:42quelque part,
13:43il y a une forme de rattrapage
13:44pour éviter un trouble
13:48à l'ordre public
13:48et un trouble
13:49à l'ordre démocratique des choses.
13:51Je n'aime pas Marine Le Pen,
13:52je ne voterai pas pour elle.
13:53Mais en tout cas,
13:54il y avait quand même
13:55une sacrée difficulté
13:57dans le processus électoral.
13:59Mais ça,
13:59c'est une narrative du Front National.
13:59Vous ne pourrez pas empêcher
14:00d'avoir deux visions.
14:02Mais ce n'est pas
14:03une narrative du Front National.
14:04C'est une narrative du Front National
14:05que de dire...
14:06Pas vous,
14:06mais que de dire que les Français,
14:08que les juges décident
14:10de qui se présentent
14:10à l'élection présidentielle.
14:11C'est une narrative
14:13du Rassemblement National.
14:14Messieurs,
14:14vos deux arguments s'entendent.
14:16Je voudrais qu'on écoute
14:16Mickaël Sherman là-dessus.
14:17Moi, je trouve ça insupportable
14:18les discours polarisants
14:19que parce qu'on n'est pas
14:21forcément d'accord avec vous,
14:22on est forcément d'extrême droite
14:23ou on serait des pro-RN.
14:24Non, c'est pas ce qu'il a dit.
14:26C'est un petit peu ça.
14:28Mais non,
14:28moi, ce que je voudrais,
14:29c'est qu'il y a
14:30les décisions de justice
14:31et on respecte
14:32l'autorité judiciaire
14:33dans le même temps.
14:35En tout cas,
14:35en termes de jeu politique
14:36et de stratégie,
14:37ce que fait la justice,
14:38à mon avis,
14:39ça donne des voix au RN.
14:40Tout ce qui est en train
14:41d'être fait,
14:43joue pour le RN
14:43et joue pour Marine Le Pen.
14:45Sauf que si la cour de cassation
14:46dit que vous prenez
14:53le bracelet électronique,
14:54Marine Le Pen a dit
14:55qu'elle ne ferait pas campagne.
14:56Donc, ça veut dire
14:57qu'on vous empêche
14:58de faire campagne,
14:59Mickaël Sherman.
15:00Quelque part,
15:01ça peut être vu comme ça
15:02et on ne peut pas juger
15:03les Français
15:04et les mettre
15:05dans le côté de l'extrême droite
15:06parce qu'ils pensent ça
15:07et qu'ils ont le droit
15:07de penser ça.
15:08Maintenant,
15:08ce que je vous dis,
15:09c'est que tout ce qui va être fait
15:10jusqu'à maintenant,
15:11par la justice,
15:12ira dans le sens du RN,
15:13il va profiter au RN
15:14pour l'élection présidentielle.
15:15Vous voyez ça comme ça ?
15:16Bon, c'est intéressant.
15:170-826-300-300,
15:19Kevin de Bordeaux.
15:19Bonsoir, Kevin.
15:21Oui, bonsoir.
15:22Bon, vous venez d'écouter,
15:23c'est très passionnant.
15:23Vous, votre point de vue.
15:24Alors, justement,
15:25on a besoin de vous tranchier.
15:26Cette décision
15:27cour de cassation anticipée,
15:29c'est quoi ?
15:30C'est neutre
15:30ou c'est pas neutre ?
15:31Pour moi,
15:32c'est tout sauf neutre.
15:34Ce que je voulais préciser,
15:36c'est que c'est la forme
15:37du projet
15:38qui va être évalué
15:40en cassation.
15:41Ce ne sera pas le fond.
15:42Donc, Marine Le Pen
15:43a été condamnée
15:45par des juges
15:46à des niveaux
15:48plus ou moins importants.
15:50L'appel a été
15:51plus clément,
15:53semble-t-il,
15:53ou plus réaliste
15:55et moins idéologue.
15:56Ce que je voulais
15:57simplement dire,
15:58c'est qu'aujourd'hui,
16:00il y a un vrai problème
16:02de discrédence
16:03de la cour de cassation
16:04des années 2000
16:07et même l'année antérieure
16:09qui expliquait
16:09que les motifs
16:12de poursuite
16:12dans le cadre
16:13de contrats
16:14qui sont tenus
16:15par l'Union européenne,
16:17c'est-à-dire hors
16:17la nationalité française,
16:19hors le droit français,
16:21ne sont pas opposables.
16:24Et donc,
16:26grosso modo,
16:26Marine Le Pen
16:27a été jugée
16:28de façon abusive
16:29sur un détournement
16:31de procédure
16:32et par des juges
16:34dont on voit bien
16:35qu'ils sont tous
16:36ils sont tous
16:37sauf équitables.
16:39Ok, alors très intéressant
16:41et très technique
16:42de la part de Kévin.
16:43Justement,
16:43sur l'aspect technique,
16:44vous qui êtes l'avocat
16:46du soir,
16:48juste sur ce que vient
16:49de dire Kévin,
16:49Mathieu David.
16:50Mais il ne faut pas tomber
16:51dans cette espèce
16:51de populisme.
16:52Deux tribunaux
16:53auront rendu une décision.
16:54Elle n'a pas été condamnée
16:54une fois,
16:55deux fois.
16:56Le tribunal de première instance,
16:58collégialité,
16:58cinq magistrats,
16:59la cour d'appel,
17:00ensuite,
17:00même cinq magistrats
17:02qui ne se connaissent pas,
17:03qui ne travaillent pas ensemble,
17:04les deux ont condamné
17:05les faits.
17:06Mais ça, vous avez raison,
17:06mais on parle d'inéligibles
17:07ou pas ici ?
17:08Il faut arrêter de nous dire
17:09que c'est une justice
17:10instrumentalisée.
17:10L'inéligibilité fait partie
17:12de l'arsenal judiciaire
17:15et je dirais même d'ailleurs
17:16qu'à l'extrême droite,
17:17il le réclame depuis longtemps
17:18et il le veut la vie.
17:19Il le veut la vie.
17:20Allez au bout.
17:21L'inéligibilité,
17:22vous savez,
17:23d'année en année,
17:24il se ressort de plus en plus
17:25dans ces dossiers-là.
17:26Mais normalement,
17:27l'inéligibilité,
17:28elle doit tomber
17:29une fois que vous avez purgé
17:30tous vos recours.
17:31Là, la problématique,
17:32c'est que l'inéligibilité
17:35de Marine Le Pen,
17:36elle était...
17:37Il n'y avait pas d'appel,
17:39il n'y avait pas la cassation,
17:40elle était tout de suite inéligible.
17:41Mais ça lui a servi
17:42puisqu'en temps cumulé finalement.
17:44Mais je pense que la justice,
17:47en tout cas,
17:48même si tout est bien fait,
17:49vous avez probablement raison,
17:50maître,
17:50de le réexpliquer comme ça,
17:52il n'en demeure pas moins
17:52que pour moi,
17:53tout est bien fait.
17:54Mais elle se ravise,
17:55elle se ravise face au tollé
17:57dans l'opinion publique
17:58que ça représentait.
17:59Sauf que sur cette histoire
18:00de cours de cassation
18:01qui ne prend pas le même temps,
18:02et moi j'entends ce que dit Kevin finalement,
18:03et tout le monde le ressent,
18:05il y a quand même
18:06une question à se poser.
18:08Mickaël Sherman,
18:09pour conclure sur le sujet ?
18:11Je pense qu'il faut écouter
18:11les Français,
18:12on ne pourra pas
18:12leur enlever de la tête
18:14aux Français
18:15qu'il y ait eu
18:16une volonté
18:16d'aller trop vite.
18:18Vous savez,
18:18si vous allez dans n'importe quel
18:19tribunal aujourd'hui en France,
18:20vous allez avoir
18:20Pour l'accord de cassation,
18:21c'est ça ?
18:22Exactement,
18:22mais même pour l'appel.
18:24L'appel est allé très vite,
18:25et ils ont voulu,
18:26à mon avis,
18:27juger trop vite.
18:27À mon avis,
18:28c'est une erreur de stratégie,
18:29mais même de communication,
18:30de la justice.
18:31De France,
18:31je ne parle pas de la décision,
18:32je parle de la volonté
18:33d'aller trop vite
18:33pour rendre un jugement.
18:34Mais s'ils avaient été moins vite,
18:36la peine...
18:36Le jugement de première instance
18:37de condamnation à 5 ans
18:39sur Marine Le Pen
18:40avant le premier tour ?
18:41Il ne fallait pas,
18:42déjà,
18:43premièrement,
18:44faire une erreur de communication
18:45et dire qu'il faut,
18:46absolument,
18:46avant la présidentielle,
18:48aller vite pour rendre une décision.
18:49La justice ne doit pas
18:50se rendre de manière rapide.
18:51C'est de ça que je parle.
18:53Et même sur la décision
18:54de la Cour de cassation,
18:55pourquoi dire qu'on va aller
18:56plus vite
18:56qu'il ne le faudrait
18:58pour d'autres personnes
18:58en France ?
18:59Si tous les citoyens
19:00doivent être jugés
19:01de la même manière,
19:02pourquoi est-ce qu'avec Marine Le Pen,
19:03il faudrait qu'on aille plus vite ?
19:04Sauf qu'en termes de calendrier,
19:05Michael Sherman,
19:06si le procès en appel
19:08avait été tombé
19:10au moment traditionnel,
19:12peut-être qu'on serait tombé,
19:13Mathieu Davy,
19:14pile dans la campagne présidentielle aussi.
19:16Complètement.
19:17Voilà.
19:17Donc, du coup...
19:18Mais pour l'un dans l'autre...
19:19C'est le citoyen,
19:19on irait plus vite
19:20qu'il y a avec deux citoyens.
19:21Parce qu'on parle
19:21du chef de l'État.
19:22Accepter de penser
19:23que ce n'est pas simple
19:24quand même cette histoire
19:25et que Marine Le Pen
19:26n'a pas pris
19:27la solution de facilité.
19:29Quentin Saunier,
19:31que disent nos auditeurs
19:33à la question
19:34que nous avons posée
19:36à faire Marine Le Pen.
19:37La justice fait-elle preuve
19:38de neutralité ?
19:39Que disent-ils ?
19:40Eh bien, écoutez,
19:40beaucoup de réactions
19:41et encore une fois,
19:42un sondage très net.
19:4482% estiment
19:45que la justice
19:46n'a pas fait preuve
19:47de neutralité.
19:48Beaucoup de réactions
19:49aussi en commentaire.
19:50On a Mathieu qui nous dit
19:50les juges ont été
19:51trop laxistes.
19:53Et on a Catherine,
19:54à l'inverse,
19:54qui dénonce
19:54une condamnation sévère
19:56pour l'ERN,
19:57notamment pour Marine Le Pen.
19:58Ça dépend de quel côté
19:59on se place.
20:00C'est toujours pareil.
20:01On a également
20:02un sondage IFOP
20:03très intéressant
20:04sorti hier.
20:05Figurez-vous
20:06qu'au second tour,
20:07Marine Le Pen
20:08l'emporterait
20:08dans chacune
20:09des hypothèses testées.
20:11Elle devancerait
20:11Edouard Philippe
20:12à 54% contre 46%,
20:14Gabriel Attal
20:15à 55% contre 45%
20:17et Jean-Luc Mélenchon
20:18de manière
20:19beaucoup plus conséquente
20:20à 70% contre 30%.
20:22Et ça,
20:22ça va dans le sens
20:23de ce que vous disiez,
20:24Mickaël Sherman,
20:24c'est que c'est
20:25le Rassemblement National
20:26qui ressort plus fort,
20:27c'est ça ?
20:27Quel que soit le scénario,
20:29cela va profiter,
20:30à mon sens,
20:30au Rassemblement National.
20:32Il faut souligner tout de même,
20:33parce que je pense
20:34qu'on déshumanise aussi
20:35quel que soit le parti
20:35de Marine Le Pen.
20:36Derrière des élus,
20:37c'est comme derrière
20:38un policier ou un pompier,
20:39il y a un être humain.
20:40Je pense qu'il y a
20:41une épreuve derrière
20:42et je pense que pas
20:43tous les citoyens
20:44ou tous les candidats
20:44seraient capables
20:45de supporter,
20:46en tout cas,
20:47ce qu'elles supportent
20:48aujourd'hui
20:48en tant que femmes.
20:50Alors,
20:50juste,
20:51je prends deux minutes
20:52en plus
20:53et je vous demande,
20:54messieurs,
20:54autour de la table
20:55et vous savez le faire,
20:56d'être très succinct.
20:57Mathieu,
20:59Mathieu Davy,
21:00le débat était tellement
21:01passionnant
21:01qu'on n'a pas pu évoquer
21:03ce que vous vouliez nous dire.
21:04Mais je vous donne
21:04la possibilité de le dire.
21:05Pour vous,
21:06Marine Le Pen doit retirer
21:07sa candidature alors ?
21:08Moi,
21:09je trouve que le camp national
21:10aux patriotes
21:11est en contradiction totale.
21:12La beauté de la France,
21:14ce n'est pas que ses paysages,
21:15ses églises et son vin,
21:16c'est aussi son état de droit
21:17et ses institutions.
21:18Quand on défend l'ordre,
21:20quand on défend
21:20la chasse aux délinquants,
21:21quand on défend
21:22l'exemplarité,
21:23ça me paraît totalement
21:24hallucinant
21:25que le chef de file
21:26de ce mouvement-là,
21:27du rétablissement de l'ordre,
21:29se présente
21:30au suffrage universel
21:32ultime des Français
21:33avec des condamnations
21:34de prison ferme
21:35pour détournement
21:36d'argent public.
21:37Effectivement,
21:38le pourvoi
21:39fait qu'elle est présumée
21:40innocente,
21:41le temps du pourvoi.
21:42Mais il n'empêche
21:42qu'on fait un peu de fiction,
21:44quand même,
21:44on peut le faire.
21:44C'est quoi les deux options ?
21:46L'option 1,
21:46qui est quand même
21:47majoritairement en statistique,
21:48en data,
21:49en pourvoi de cassation,
21:50c'est que la cassation
21:52rejette le pourvoi.
21:53Donc,
21:54elle est définitivement
21:55condamnée.
21:56Autre possibilité,
21:57le pourvoi
21:59déclenche une cassation,
22:00mais cassation
22:01avec renvoi.
22:02Donc,
22:02on repart devant
22:02une cour d'appel,
22:03pas la même forcément,
22:04on va devant
22:04la cour d'appel de Versailles,
22:06qui va devoir se prononcer
22:07et dont on ne sait pas
22:08qu'elle peut être l'issue,
22:09mais la cour de cassation
22:10ne rejuge pas les faits
22:11et matériellement,
22:12les faits ont l'air
22:12d'être assez établis.
22:14Donc,
22:14on ne peut pas prendre le risque,
22:15en fait.
22:16On ne joue pas au poker.
22:17C'est-à-dire que,
22:17moi je suis justiciable,
22:19j'estime que mon président
22:20de la République
22:21ne peut pas prendre le risque
22:22d'être in fine et condamné.
22:24Et pourquoi je vous dis ça ?
22:25Parce que l'image
22:25que ça renvoie
22:26à l'international
22:26est catastrophique.
22:28On est encore une fois
22:28le pays des lumières
22:29du général de Gaulle
22:30de l'exemplarité
22:31et on a construit
22:33un système juridique
22:34et un état de droit
22:35et on va avoir
22:35comme chef de l'État
22:37une délinquante
22:38condamnée à de la prison ferme.
22:40Ça pose un vrai problème.
22:41Donc,
22:41je pense que la crédibilité
22:42de Mme Le Pen,
22:43c'est de laisser
22:44à peut-être M. Bardella
22:46qui lui a un casier vierge
22:47de se présenter
22:48et je ne suis pas fan du parti.
22:50Stop !
22:50C'est votre point de vue.
22:51Message reçu.
22:51On en reparle dans un instant.
22:52On doit marquer une respiration.
22:53Restez bien sous pression.
22:54Ça n'arrête jamais.
22:55C'est Sud Radio.
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