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##LE_COUP_DE_PROJECTEUR_DES_VRAIES_VOIX-2026-06-15##

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Transcription
00:00On est autour de cette table avec, bien entendu, Luc Gras, Samuel Bauton et Philippe Bilger.
00:06J'en profite pour vous dire qu'à partir de 19h, François-Louis Bourneau et Philippe David seront en direct.
00:12Et on parle de quoi ce soir, Philippe ?
00:14On va parler du bac. Il y a eu l'épreuve de philosophie aujourd'hui.
00:16Toujours intéressant, les sujets étaient très intéressants d'ailleurs.
00:19Est-ce que pour vous, le bac, ça sert encore à quelque chose ? Est-ce qu'il a une
00:22valeur ?
00:22Est-ce qu'il faut continuer à faire de la philosophie ?
00:25La France étant le seul pays à faire de la philo lors de la fin des études secondaires.
00:30On va parler du G7. Est-ce que pour vous, le G7, ça peut changer votre vie puisqu'il commence
00:34à Evian ?
00:34On peut dire que ce n'est pas franchement très sympa pour nous, parce qu'il propose de mettre 100
00:38% de taxes sur les vins et champagnes français.
00:41Et on finira avec une belle histoire, quelqu'un qui nous avait appelé pour nous parler d'un problème de
00:45curatel il y a quelques mois.
00:46Et sa curatel vient d'être levée. Et ça nous fait très plaisir.
00:50Et ça, c'est un bon point pour lui et pour Sud Radio, bien entendu.
00:54Et tout de suite, c'est la question du soir.
00:56On a malheureusement élaboré, depuis un certain nombre d'années en France, une sorte de droit à l'inexécution des
01:03peines.
01:04La justice n'a jamais été aussi sévère.
01:07Le nombre de déferments, c'est-à-dire de présentations au parquet, par exemple pour des faits de violences intrafamiliales,
01:14de violences faites aux femmes,
01:16ce nombre de déferments, il a augmenté de 200%.
01:19Je crois que le laxisme de la justice n'existe pas.
01:23Elle n'a jamais eu autant de moyens.
01:25Un budget de la justice qui a augmenté de plus de 30%.
01:28Il existe aussi d'autres réponses que la prison.
01:33Les Vraies Voix Sud Radio
01:36Et Jany est avec nous au 0826 300 300.
01:40Bonsoir Jany, bienvenue sur...
01:42Bonsoir, bienvenue.
01:43Est-ce que la médiatisation décide de la sévérité de la justice, selon vous ?
01:50Alors, je dirais oui, mais ça nécessite quand même une explication.
01:54Parce que ce n'est pas un oui, oui, oui total quand même.
01:57On vous écoute. Allez-y, Jany. Expliquez-nous ce que vous avez envie de dire, en tout cas.
02:03Alors, là, je trouve qu'aujourd'hui, la justice est totalement dépourvue de son sens, de son éthique.
02:10Je reste intimement convaincue que la médiatisation de cette affaire, entre parenthèses, affaire bruelle,
02:17est d'une part un outil, un prétexte pour éviter de parler de sujets très préoccupants sociaux et politiques qui
02:24concernent la nation.
02:25Il n'en reste pas moins que ce triste tir qui, semble-t-il, quand même, fait partie d'un
02:30entre-gens qui se co-opte, se soutienne,
02:33entre-gens dont beaucoup de magistrats.
02:36Alors, s'il devait y avoir une justice en la circonstance,
02:39elle ne serait que la résultante démagogique et, à mon sens, hypocrite,
02:43face à cette situation dramatique qui révolte la nation tout entière.
02:48Et le problème, la situation de Bruel, la situation de cette pauvre enfant,
02:54c'est une carence absolument totale des moyens de justice,
02:58des moyens qui ne sont plus du tout nis pour défendre le peuple,
03:03mais qui sont juste l'affaire d'une caste qui fait preuve d'une corruption absolue,
03:10et donc, il serait grand temps de faire un... dans lequel il serait grand temps de faire du nettoyage.
03:14– Fanny, Jany, pardon, restez avec nous, Philippe Bidger.
03:18– J'aime beaucoup défendre l'institution judiciaire,
03:22et Fanny me met dans une position relativement facile,
03:28en tout cas sur tel ou tel point.
03:30On ne peut pas parler de corruption absolue,
03:33je ne suis pas persuadé que le problème des moyens soit central.
03:38En revanche, vous avez raison d'avoir posé cette question,
03:43je me souviens de certaines affaires très anciennes,
03:46où une formule avait beaucoup impressionné,
03:50on disait, ça n'est pas le trouble à l'ordre public que condamne la justice,
03:57c'est le trouble à l'opinion publique.
04:00Et c'était parfois vrai.
04:02Mais en l'occurrence, dans les affaires auxquelles Sud Radio fait allusion,
04:07je ne suis pas sûr que la médiatisation est responsable de quoi que ce soit.
04:12Alors, on en a beaucoup parlé, et je voudrais terminer là-dessus.
04:16Si la médiatisation était responsable de quelque chose de plus sévère,
04:22ou de plus accablant,
04:24eh bien l'affaire Bruel en donnerait l'exemple inverse,
04:28puisqu'en réalité, je crois qu'une majorité de citoyens,
04:32contrairement aux apparences,
04:34auraient été favorables à la mise en détention de Patrick Bruel,
04:39et de fait, la justice, et je trouve qu'elle a bien fait,
04:42la condamner à un contrôle judiciaire,
04:45avec une caution de 500 000 euros.
04:48Alors, moi je crois déjà plusieurs choses.
04:50C'est vrai que la justice peut faire preuve de célérité,
04:53je n'ai pas dit sévérité, mais célérité dans certains cas,
04:56d'être un peu plus lente dans d'autres.
04:58Je me rappelle, tiens, le Parquet National Financier,
05:00un certain François Fillon,
05:02il y a un article dans le Canard Hainé le matin,
05:04deux heures après, tout est lancé,
05:06sa campagne est torpillée.
05:07Je ne suis pas un supporter de Fillon,
05:09mais je pense que, pour d'autres politiques,
05:12c'est allé un peu moins vite dans d'autres histoires.
05:15Ce qu'il y a de terrible dans l'affaire Liana,
05:17de terrible,
05:18c'est qu'il faut qu'il y ait le meurtre,
05:21ou l'assassinat, c'est la justice qui décidera de Liana,
05:24pour se rendre compte qu'il avait déjà une affaire de viol avant,
05:28et que même son frère avait une affaire de viol.
05:30Mais, c'est grâce, malheureusement, à la...
05:34Et le père aussi.
05:34Et le père aussi.
05:35Et qu'il y a eu une médiatisation.
05:37C'est pour ça qu'on a tout réouvert.
05:40Mais il n'y aurait pas une médiatisation.
05:42Je pense que le dossier dormirait certainement encore
05:44en dessous d'une pile, quelque part,
05:46dans un commissariat ou un palais de justice.
05:47C'est terrifiant, mais c'est certainement le cas.
05:50Luc ?
05:50Trois observations.
05:52On a parfois quand même l'impression
05:53qu'il y a deux poids, deux mesures dans tous ces sujets-là.
05:56Il y a des prédateurs sexuels qu'on connaît
05:57et qui sont identifiés.
05:58Ils n'ont toujours pas été jugés.
06:00Lesquels ?
06:00Vous l'avez dit tout à l'heure.
06:02Je serais curieux de savoir lesquels.
06:04Tous ceux qui sont dans des dossiers PPDA.
06:08Qu'est-ce qui se passe ?
06:09Mais ça continue.
06:09Ça continue.
06:10Mais ça continue.
06:10Pourquoi ça n'avance pas ?
06:11Ça avance.
06:13Ça avance doucement.
06:14Mais il sera jugé très tard.
06:16Enfin, voilà.
06:17Par exemple.
06:17C'est vrai que ce n'est pas très rapide.
06:18Mais on l'accumule ?
06:20Au-delà de tout, il y a deux sujets.
06:22Le sujet bien connu par nous tous ici,
06:24c'est le budget de la justice globalement.
06:27Ou en gros, pour faire simple,
06:29un Allemand,
06:30les moyens allégés à la justice en Allemagne
06:33sont deux fois supérieurs à ceux de la France
06:35qui ne se trouvent pas très bien placés en Europe.
06:37Donc ça, c'est une question de moyens.
06:38Mais je voudrais dire au-delà,
06:40le deuxième point,
06:41c'est que c'est une responsabilité collective.
06:44Il y a une sorte de négligence.
06:47Quand il y a un type comme ça,
06:49c'est incroyable.
06:50Il y a la justice.
06:51Mais il n'y a pas que la justice.
06:52Il y a la citoyenneté.
06:53Personne n'a repéré ce type-là
06:55qui prenait dans sa voiture tous les matins
06:57la petite jeune fille, etc.
06:59Il y a une responsabilité collective.
07:01Il y a une perte des valeurs morales
07:03dans cette société.
07:05Et on rejette, par exemple,
07:06les valeurs judéo-chrétiennes.
07:08Enfin, l'attention aux voisins,
07:10l'attention,
07:11ça existait.
07:12Aujourd'hui, on a l'impression
07:13d'une société de marché
07:14où c'est chacun dans son couloir
07:17pour se faire du fric,
07:18pour réussir socialement, etc.
07:19Il y a des associations
07:20qui s'appellent
07:21les citoyens en éveil, par exemple.
07:23Mais c'est très bien.
07:24Il faut prendre des initiatives.
07:25Mais on a perdu
07:27le sens de la solidarité
07:29du voisin,
07:29du vaginage.
07:30Et je pense que c'est aussi ça.
07:32Et que c'est trop facile
07:33de taper sur les juges.
07:35Trop facile de dire
07:36il y a ça qui ne fonctionne pas,
07:37il n'y a pas les moyens.
07:38Il y a aussi
07:38une responsabilité collective.
07:39Après, il y a beaucoup de gens
07:40qui alertent
07:41et il ne se passe pas grand-chose non plus.
07:42vis-à-vis de l'école.
07:44Et c'est souvent le cas aussi.
07:45Et c'est pas normal.
07:46Pour reprendre votre question,
07:47la médiatisation décide-t-elle
07:48de la sévérité de la justice ?
07:50Je vous répondrai non.
07:52Par contre,
07:52elle peut décider
07:54de la réactivité de la justice
07:56et de l'impact...
07:57La sévérité, comme je disais.
07:58La sévérité, comme vous disiez.
07:59Et de l'impact
08:00que ça peut avoir.
08:02Penser que la justice
08:03serait soumise
08:04à des codes médiatiques
08:05et agir en fonction
08:07de ce que dicte
08:08l'opinion publique,
08:09je n'y crois pas
08:09une seule seconde.
08:10Par contre,
08:11pour prendre un exemple...
08:12En tout cas, il y a des cas
08:13qui le prouvent.
08:14C'est-à-dire ?
08:15Là, en l'occurrence,
08:18la justice...
08:18Non, non.
08:19Vous avez effectivement
08:20un surgissement médiatique
08:22qui permet d'alerter
08:23sur d'autres mots.
08:24Mais qui ne fait pas
08:25que l'affaire
08:26va être traitée
08:27avec plus de sévérité.
08:28Et puis, c'est pas forcément
08:29la justice.
08:30Et c'est pas forcément la justice.
08:32Par contre,
08:32dans le cas, par exemple,
08:34totalement décorrélé
08:34à ne pas mettre
08:35au même niveau
08:35de Nicolas Sarkozy,
08:37j'ai tendance
08:38à penser très personnellement
08:39qu'il a, à un moment,
08:42payé sa communication.
08:44Et alors,
08:44du fait qu'il soit aussi coupable,
08:46mais qu'il a payé
08:46sa communication
08:47et ses déclarations.
08:48Et que, justement,
08:50ce temps-là médiatique
08:51a joué en sa défaveur.
08:52Donc, encore une fois,
08:53quand on parle
08:54de médias et justice,
08:55il y a différents marqueurs
08:56à prendre en compte.
08:56Il y a aussi
08:57des points d'équilibre.
08:58Et il faut quand même
08:59garder en tête
09:00que la justice
09:03a encore
09:04une certaine souveraineté.
09:05et qu'il est très important
09:07qu'elle puisse aussi
09:08se tenir,
09:09je crois que c'est vous
09:10qui le disiez,
09:10Philippe,
09:11à l'écart, justement,
09:12du broix médiatique
09:13pour ne pas se laisser influencer.
09:15Elle doit traiter les sujets
09:16selon droit,
09:17selon les règles.
09:18Et alors, après,
09:19effectivement,
09:20il y a parfois besoin
09:20d'un coup d'accélérateur.
09:21On l'a vu à plusieurs fois
09:22et notamment sur ce plateau
09:23autant que fois
09:24qu'on a pu aider.
09:25quand il y a médiatisation,
09:27il y a effectivement
09:27plus de réactivité derrière.
09:29En fait,
09:29il faut faire,
09:30me semble-t-il,
09:32attention à la distinction
09:33entre médiatisation
09:35et le fait que
09:37la normalité judiciaire
09:39est très imparfaite.
09:41Je veux dire par là
09:42qu'en réalité,
09:45on ne se pense sur elle
09:47que lorsqu'il y a des crises.
09:49Vous avez raison,
09:50Cécile,
09:51et ce n'est pas propre
09:51à la justice.
09:53Dans d'autres domaines,
09:54c'est comme si on attendait
09:55pour réformer
09:57ce qui,
09:57dans la banalité du quotidien,
09:59n'est jamais surveillé
10:01que la crise.
10:02Et en général,
10:03je suis très pessimiste.
10:05Ça va durer
10:06quelques temps,
10:07quelques semaines.
10:08Peut-être,
10:08il y aura-t-il
10:09tout de même
10:10des sanctions
10:10demain ou après-demain
10:12si les rapports
10:13désignent des coupables.
10:15Mais en général,
10:16tout ça,
10:17en réalité,
10:18après l'effervescence,
10:20retrouve un calme plat.
10:22Et là,
10:22ça pose quand même
10:23la question
10:23des dysfonctionnements
10:25à l'intérieur
10:25des institutions
10:26et notamment
10:27le ministère
10:28parce que c'est vrai
10:29qu'il faut un scandale
10:31de cette nature,
10:31un drame
10:32de cette nature
10:33pour qu'on regarde
10:34de plus près
10:35l'histoire de la famille
10:36de ce type,
10:38etc.
10:39Or,
10:39ça devrait être le boulot
10:40du ministère
10:41d'être très vigilant là-dessus.
10:43Pas de prévention
10:44mais de la réaction
10:44systémique.
10:45C'est ça.
10:46C'est systématiquement.
10:47Merci en tout cas
10:48beaucoup.
10:48Merci beaucoup Fanny.
10:50Pas du tout.
10:50Elle ne s'appelait pas du tout Fanny.
10:52Jeannie
10:52qui était avec nous.
10:53Merci pour votre témoignage.
10:55Dans un instant,
10:56la petite phrase du jour.
10:57C'est Franck Alizeau,
10:59député RN des Bouches-du-Rhône
11:00qui était au micro
11:01de Jean-François Aquilis
11:02ce matin sur Sud Radio.
11:04Et on en parle
11:04dans un instant.
11:06Sud Radio.
11:08Parlons vrai.

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