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Ce jeudi 9 juillet, Raphaël Legendre a reçu Nathalie Janson, professeure d'économie à Neoma Business School et présidente de GenerationLibre, Roland Gillet, professeur d'économie à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne et à l'ULB, et Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:06BFM Business et la Tribune présente Les Experts, Raphaël Legendre.
00:12Bonjour, il est 9h30, vous êtes en direct sur BFM Business et Les Experts.
00:16On est ensemble pour une heure de débats et de controverses sur les sujets de l'actualité du jour
00:21et notamment la crise au Moyen-Orient qui repart.
00:25Pétrole, inflation, le choc externe est-il de retour ?
00:30Les marchés sont dans le rouge après la fin du cessez-le-feu annoncé par Donald Trump au Moyen-Orient.
00:35Le Brent repart, les taux remontent et la question est simple.
00:38Les entreprises, les ménages et la BCE peuvent-ils absorber une nouvelle flambée de l'énergie ?
00:45Dans le même temps, alerte sur la dette française.
00:48Bien sûr, le taux à 10 ans est au plus haut depuis 2009, au-dessus des 3,90% ce
00:54matin.
00:55Plus de dettes, plus d'intérêts, plus de déficits.
00:58La France est-elle déjà entrée dans l'effet boule de neige ?
01:02Et les marchés sont-ils en train de voter avant les électeurs ?
01:06Ce sera le deuxième thème des débats ce matin.
01:09Nous parlerons aussi de Donald Trump et de l'Espagne.
01:12Suite à la réunion de l'OTAN, le président américain qui a menacé Madrid
01:16de couper les échanges commerciaux au motif que l'Espagne ne dépense pas assez pour sa défense.
01:23Alors, coup de pression, ouvrez rupture, ce sera le troisième débat aujourd'hui.
01:27Et puis enfin, faut-il mettre la fonction publique au régime sec ?
01:31Gèle du point d'indice, baisse des effectifs, effort sur les retraités.
01:35Le Medef veut 100 milliards d'économies d'ici 2030.
01:39Le ministre du Budget, lui, a annoncé hier au syndicat de la fonction publique
01:43qu'il n'y aurait pas de hausse du point de l'indice, ce qui a mis les syndicats en
01:48colère.
01:48Voilà, on finira l'émission avec ça.
01:51Il est 9h, passé de 32 minutes.
01:54C'est les experts et c'est parti.
01:58Et pour parler de ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Nathalie Jansson.
02:02Bonjour Nathalie.
02:04Bonjour Raphaël.
02:04Professeure d'économie à Neoma Business School et présidente du think tank Génération Libre.
02:10À vos côtés Ludovic de Sauté.
02:12Bonjour Charles Ludovic, bonjour, directeur délégué de la tribune.
02:14Et j'ai le plaisir d'accueillir Roland Gillet.
02:16Bonjour Roland.
02:17Bonjour.
02:18Professeur d'économie financière à l'université Paris,
02:20à Panthéon Sorbonne et à l'université Libre de Bruxelles,
02:23conseiller de différentes institutions publiques et privées.
02:27Bienvenue à tous les trois sur le plateau.
02:30L'actualité du jour, c'est évidemment la reprise des bombardements au Moyen-Orient.
02:39des bombardements qui ont fait flamber les marchés hier.
02:44Est-ce qu'il faut craindre, une question toute bête pour commencer,
02:50on va voir les cours du pétrole ce matin,
02:52mais est-ce qu'il faut craindre un nouveau choc pétrolier, Nathalie Jansson ?
02:55Alors que le pétrole augmente, c'est une chose,
02:58qu'on en arrive à effectivement une inflation avec un choc externe.
03:02Bon, moi déjà, je n'aime pas trop ce terme, mais j'y reviendrai plus tard.
03:05Déjà, si on compare à ce qui s'est passé au niveau du Covid,
03:08puisque souvent c'est un peu la tentation,
03:10quand il y a eu le Covid, plus la guerre en Ukraine,
03:11on a eu cette fameuse inflation de 2022.
03:14Oui.
03:15Et lorsqu'on...
03:16Qui était de l'inflation et pas un choc de prix.
03:18Qui était effectivement de l'inflation.
03:20Et donc, c'est ça qui est intéressant.
03:23Effectivement, quand vous regardez cette période-là,
03:26vous aviez bien des prix à la production
03:28qui avaient augmenté avant que les prix à la consommation n'augmentent,
03:33de façon très significative,
03:35puisqu'on était passé d'une base 100...
03:37Enfin, un peu moins de 100 en 2021,
03:40en espace d'un an à 121 au niveau de l'indice.
03:44Donc 20% de hausse des prix de production.
03:46Oui, puis 128.
03:46Donc, on était à quasiment 34% en l'espace de 18 mois.
03:51Donc là, prix à la production qui augmente.
03:55Donc, en effet, très probablement,
03:57cette hausse ne pouvait pas se gérer autrement
04:00que le passé à la consommation.
04:02D'autant plus qu'on peut le passer,
04:04puisque la BCE avait inondé le marché de liquidité.
04:08Donc là, je suis désolée,
04:10je sais que beaucoup ne seront pas d'accord avec moi,
04:12mais c'est bien de l'inflation monétaire,
04:14puisque la BCE avait fait tourner la planche à billets.
04:18Elle avait fait tourner la planche à billets,
04:20comme les Etats-Unis, enfin comme plein de pays.
04:21Et donc, on avait de l'inflation.
04:22Ici, maintenant, c'est effectivement différent.
04:25On a une tension sur le pétrole.
04:28Donc, un choc externe.
04:30Bon, d'accord, c'est un prix qui augmente.
04:31C'est comme si j'avais eu le prix, je ne sais pas,
04:33d'un élément très important dans la production
04:38de beaucoup d'entreprises qui augmente.
04:40C'est la base de l'énergie qui nourrit toute la production.
04:43Effectivement, c'est un élément clé
04:45dans beaucoup de cycles de production.
04:46Néanmoins, c'est un prix qui augmente.
04:48Donc, c'est comme lorsqu'on augmente
04:50les droits de douane pour les entreprises américaines.
04:52Effectivement, ça augmente.
04:54Qu'est-ce qu'elles font avec cette augmentation d'un prix ?
04:57Donc, effectivement, soit elles peuvent le passer au consommateur
05:00ou elles ne le passent pas.
05:01En fait, c'est là toute la question.
05:03Et si elles le passent au consommateur,
05:04est-ce qu'eux-mêmes peuvent aussi l'assumer ?
05:07Donc, on n'est pas encore du tout dans l'inflation.
05:09Par contre, il est bien vrai qu'il y a ce prix qui augmente,
05:12que ça met en difficulté les entreprises
05:15parce qu'elles doivent savoir qu'est-ce qu'elles font,
05:16est-ce qu'elles ont la possibilité de l'absorber,
05:19de ne pas l'absorber, comment elles font ?
05:20Donc, je ne dis pas que ça ne crée pas des problèmes.
05:21Donc, un choc pétrolier n'est pas un choc inflationiste.
05:23Exactement, puisque le fameux choc pétrolier,
05:25exactement, des années 70, c'était une méga-inflation.
05:29Le pétrole n'a fait que révéler l'inflation qui était déjà là.
05:32Vous êtes d'accord avec ça, professeur Gillet ?
05:34Oui, et puis, il y a un deuxième élément que vous avez rajouté,
05:36c'est que, je vais dire, on s'excite,
05:38parce que c'est vrai que le pétrole est une donnée importante
05:41par les coûts de production,
05:42mais il faut voir où il est retombé quand même.
05:44Moi, je voyais des gens qui étaient forts à l'armée,
05:47je l'avais d'ailleurs dit souvent lors de passages précédents.
05:51Oui, le pétrole est fort remonté,
05:52mais vous avez vu à quelle vitesse il redescend ?
05:54Il suffit juste que ça se calme un peu.
05:55On est redescendu en dessous de 2021,
05:58et on vient de remonter un tout petit peu.
06:00Comment on explique ça ?
06:01Regardez ce que, quand même, l'annonce a été très claire.
06:03Trump fait des annonces, mais parfois il les respecte.
06:06Et je pense aussi que le timing était très intelligent,
06:08on y reviendra peut-être tout à l'heure.
06:10Vu sa négociation, c'est de commencer à bombarder
06:12la veille du sommet d'Ankara de l'OTAN.
06:16Donc là aussi, je pense que le timing n'est pas anodin,
06:19mais clairement...
06:20Mais pourquoi c'est intéressant ?
06:21Dites-nous, quelle est votre analysation ?
06:22Parce que, clairement, il est venu fort.
06:24Le détroit d'Hormuz, c'est un problème quand même d'abord chinois,
06:28asiatique et européen,
06:29parce que lui, l'énergie, il en regorge.
06:30Le seul ennui pour lui, c'est le côté des prix.
06:33Mais vu les prix où ils sont tombés maintenant,
06:35ce n'est pas lui qui est affolé par rapport à sa source.
06:37Au contraire, pendant ce temps-là,
06:38il est une alternative pour nous en fournir à un prix plus élevé.
06:41Donc, sur ce volet-là, il est sain.
06:43Sain, j'entends, aïenne, avec T, dans son raisonnement.
06:46Mais par contre, c'est ce qui est derrière,
06:48qu'il est beaucoup moins.
06:49C'est de dire, j'arrive là-bas fort,
06:51de dire, pour le moment, j'ai deux problèmes
06:53qui ne sont pas chez moi,
06:54qui ne menacent pas les États-Unis ni le Canada d'ailleurs,
06:57qui menacent les Européens.
06:58C'est l'Ukraine, d'ailleurs, il y vient tout de suite après,
07:02et le détroit d'Hormuz.
07:03Bon, maintenant, je suis en train de faire le boulot.
07:04Est-ce qu'on est tous d'accord ?
07:05Je vois mal les Européens dire,
07:06avec ce que l'OTAN dépense, mais les Américains agissent,
07:10puissent dire là-dessus.
07:11Deuxième chose, il vient sur l'Ukraine.
07:12Vous avez vu qu'à ce moment-là,
07:13il est tout à fait sympathique quand on est sympathique avec lui.
07:16Il dit à Zelensky, vous êtes beaucoup courageux,
07:18c'est très, très bien, ainsi de suite.
07:20Et il vient chercher,
07:21et c'est quand même là aussi très important pour lui,
07:23100 milliards de dépenses
07:25qui vont se faire dans l'armement, chez lui,
07:26des dépenses de matériel américain.
07:28Déjà aussi parce qu'on n'est pas capable de les produire
07:31à la vitesse qu'on voudrait.
07:32Donc, clairement,
07:33hier, il a toujours été comme il le fait,
07:36avec...
07:36Je suis très fâché,
07:38on reviendra tout à l'heure sur l'Espagne.
07:39Il l'a dit, il est fâché sur l'Espagne,
07:40et il a de bonnes raisons, d'ailleurs, de l'être.
07:42Mais pour le reste, il est venu,
07:44et tout le monde est reparti.
07:45Vous avez vu que les déclarations au côté européen
07:46ont été dans le même sens,
07:48même sur le côté des interventions en Iran,
07:50on s'est dit qu'il fallait le faire, et voilà.
07:51Donc, clairement, pour le moment,
07:54si tout se passe,
07:55et il a ajouté derrière une chose très importante pour nous,
07:57je pense que ça ne durera pas longtemps,
07:59vu les frappes proviatoires,
08:00vous pouvez vous retrouver dans une semaine,
08:03peut-être, à un cours qui sera encore plus bas
08:05que le dernier cours qu'on a eu,
08:06qui est bien en dessous de 2021.
08:07Donc, pour le moment,
08:08faire peur à toute la population,
08:09en disant qu'on va avoir un choc inflatoire,
08:11je rejoins ce que Nathalie a dit,
08:13on n'en est pas encore là.
08:14Et on a un marché d'excès,
08:16on était en excès sur le marché pétrolier
08:18avant le conflit,
08:19il ne faut pas l'oublier.
08:21– Et notamment du fait des Chinois,
08:23qui ont très nettement baissé leurs importations.
08:27– Oui, et puis il y a de la substitution.
08:29Les pays du Golfe le savaient
08:31que la substitution était de plus en plus importante.
08:34Donc, de toute façon,
08:35là, aujourd'hui,
08:35on est plutôt quand même dans un marché
08:37qui était en surplus.
08:38C'était ce qu'on disait au début de l'analyse,
08:39en disant, bon, c'est gênant,
08:40mais c'est moins gênant
08:41que si on avait été, effectivement, déjà en pénurie.
08:43– Alors, en surplus, Ludovic Dessoté,
08:45parce qu'aussi, on a tapé dans les réserves,
08:46les réserves stratégiques.
08:49Bon, ces réserves,
08:49où est-ce qu'elles en sont aujourd'hui ?
08:51Et puis, il va falloir les reconstituer,
08:52quand même, ces réserves stratégiques.
08:54– Oui, il y a encore de la marge,
08:55honnêtement, c'est pas...
08:56C'est-à-dire que là,
08:56la lecture qu'on a depuis le début de la semaine,
08:59je rebondis vraiment sur ce que disait
09:00à la fois Nathalie et Roland,
09:02c'est-à-dire que c'est...
09:02Honnêtement, c'est pas...
09:03L'axe, c'est pas le pétrole.
09:04La question centrale, elle n'est absolument pas...
09:06Alors, il y a une autre lecture, quand même,
09:07qu'il faut amener.
09:08Je suis entièrement d'accord avec Roland,
09:09mais la difficulté,
09:11c'est quand même cette notion
09:12d'instabilité chronique.
09:13Ça, c'est la réelle difficulté...
09:15– En même temps, est-ce qu'on croyait vraiment
09:16à ses soix-seins le jour de négociation ?
09:19– Il y a deux choses qu'il faut.
09:21Un, on était dans un fac similé de paix,
09:23on va se mentir,
09:23donc on savait qu'à tout moment,
09:25la couture pouvait craquer,
09:27ça y est, elle est en train de craquer.
09:29Maintenant, ce qui est notable,
09:30c'est évidemment, pour les États-Unis,
09:32j'allais dire, le détroit d'Hormuz,
09:33un peu lointain, un peu exotique,
09:35c'est pas un problème immédiat.
09:36Pour autant, ça reste un guépier.
09:38Pour autant, ça reste un réel guépier,
09:40parce que ce qui est dans le jeu aujourd'hui,
09:42c'est un jeu relativement équilibré
09:44entre l'Iran et les États-Unis,
09:45auquel on insiste, honnêtement.
09:48Même s'il y a eu des pauses,
09:50et d'abord, il y a eu des pauses
09:51parce qu'il y a un problème de munitions
09:52qui commence à arriver,
09:54à ce rythme-là...
09:55– C'est ce qu'on disait aussi,
09:56que la pause était venue
09:57parce qu'il fallait reconstituer un peu les stocks,
09:59mais y compris les américains.
10:00– Il y a une tension mondiale,
10:02on va dire, sur les munitions,
10:03et c'est une réalité des deux côtés.
10:06Mais pour autant,
10:07on est quand même dans ce jeu
10:08du chat et de la souris
10:09dans le détroit d'Hormuz,
10:10avec un dialogue,
10:11enfin, on se passe,
10:12c'est-à-dire qu'il y a 20 ans,
10:13on a la capacité aujourd'hui à l'Iran
10:15d'aller provoquer,
10:16d'attaquer trois bateaux,
10:18de déstabiliser une zone,
10:20et de provoquer une situation.
10:21C'est quand même, on insiste...
10:23– Ils ont surpris les Iraniens.
10:24– Oui, on insiste quand même
10:25à une période assez clé,
10:26sur laquelle c'est pas sûr
10:28que le brillant et les chromes
10:30de Harley-Davidson des États-Unis
10:31soient aussi brillants dans quelques mois.
10:33Non, c'est une réalité aussi.
10:35– Oui, il y a aussi une chose,
10:36c'est qu'on a vu aussi
10:37que Trump, il est plein d'annonces
10:39et il est plein de résultats,
10:41espère-t-il,
10:41parce qu'il a le Minterum devant lui.
10:43C'était très malin de dire
10:43à un moment donné,
10:44je signe un accord,
10:45mais je donne des délais dedans,
10:46tout en sachant
10:47qu'il va y avoir des accros.
10:48Et à chaque fois
10:49qu'il y a des accros maintenant,
10:50il affaiblit quand même économiquement,
10:51il faut quand même regarder,
10:52en dehors de l'aspect guerrier,
10:54je rejoins ce que vous venez de dire,
10:57mais clairement, derrière,
10:58il y a quand même le fait
10:59qu'il veut étrangler
11:00par tous les moyens
11:01l'économie iranienne
11:02qui n'étaient déjà pas superbes.
11:04Et donc aujourd'hui,
11:05les Iraniens,
11:05à un moment donné...
11:06Et notamment par des privats du pétrole.
11:08Et bloquer les bateaux iraniens
11:10qui ont du pétrole dedans,
11:12c'est bloquer les ressources de l'Iran.
11:13Donc c'est sûr qu'à ce jeu-là,
11:16il y en a un qui va être plus fatigué
11:17que l'autre,
11:18d'autant plus qu'il y en a un
11:18qui, lui, dans le détroit d'Hormuz,
11:20les Américains,
11:21je pense qu'ils peuvent gérer
11:22sans problème,
11:23même si ça ne veut pas dire
11:24que l'issue reste incertaine,
11:25mais il y en a un
11:26qui va souffrir beaucoup plus fort
11:27et qui souffre déjà maintenant,
11:28c'est l'Iran.
11:28Maintenant, la capacité à souffrir de l'Iran,
11:30est-ce que jusqu'où elle l'ira ?
11:31Ça, on ne le sait pas.
11:32Par contre, ici,
11:33les frappes ont quand même été,
11:34semble-t-il, violentes.
11:35C'est ce que Trump dit
11:36et ce que les experts ont l'air de dire aussi.
11:38Donc, ce ne sont peut-être pas les dernières,
11:40mais à chaque fois qu'il en rajoute une couche,
11:42il affaiblit quand même drôlement l'Iran.
11:44Et donc, aujourd'hui,
11:44on peut penser que la sécurisation,
11:46c'est une chose du détroit d'Hormuz,
11:49risque, c'est ce qu'il dit, lui,
11:50pour le moment,
11:51d'arriver quand même,
11:52même s'il restera encore des problèmes
11:53à gérer en Iran,
11:54dont le problème nucléaire.
11:56Et c'est pour ça aussi,
11:57je pense qu'il le fait en plusieurs étapes.
11:59Mais il a envie d'une chose,
12:00et on le voit encore comme il sort ici.
12:02Regardez quand même
12:02quand il est sorti de Genève,
12:03enfin, de Déviant.
12:05Oui.
12:05Il est sorti en allant signer à Versailles.
12:07Je vous avoue que moi,
12:08en tant que Belge,
12:08je suis très heureux,
12:09je suis très heureux en France.
12:11Je me suis dit,
12:12c'est la première fois qu'on signe quelque chose à Versailles,
12:13ou ni les Français et les Européens
12:14n'ont d'intérêt.
12:15Donc, généralement,
12:16traité de Versailles,
12:16on fait partie,
12:17la France a fait partie du lot.
12:20Là, on est venu le faire signer à Versailles.
12:21Donc, je trouve qu'il était très honoré
12:23de venir à Versailles,
12:23mais je voyais dans ses yeux
12:24à l'habitude de Trump,
12:26il se dit,
12:26waouh, je suis quand même quelqu'un d'important,
12:28et on me donne de l'importance.
12:29Donc, c'est qu'on a besoin de moi.
12:31Hier, je le voyais très friendship,
12:32comme on dit, friendly,
12:34avec les Européens,
12:35qui étaient très heureux de l'entendre dire,
12:37on va mettre 70 milliards,
12:3870, pardon,
12:39et 70 encore l'année prochaine,
12:43pour Zelensky.
12:44Et il était plutôt comme quelqu'un
12:46qui était sympathique
12:47avec celui qui fait la guerre
12:48à côté de lui,
12:49c'est-à-dire Zelensky,
12:50et les Européens qui le suivaient.
12:51Donc, il joue ce jeu depuis toujours,
12:54même dans son premier mandat,
12:56ici, là.
12:57Il le joue encore plus maintenant
12:58parce qu'il a évidemment plus de pouvoir.
13:00Il sait que c'est les mid-term
13:01qui vont voir s'il en a toujours autant.
13:02Donc, il faut bien le regarder
13:04sur ce volet.
13:04Par contre, on est tous,
13:06à cause de lui,
13:08et pas grâce à lui,
13:09dans une incertitude,
13:10puisqu'il balance un truc,
13:12il en rebalance un autre.
13:13Hier, le seul truc qu'il a dit
13:14qui me semblait vraiment
13:16hors contexte
13:16et quand il a parlé du Groenland.
13:18D'ailleurs, tout le monde l'a regardé,
13:19il l'a dit qu'à un mot.
13:20Je pense qu'il s'en est rendu compte lui-même,
13:21mais pour le reste...
13:23Bon.
13:23Enfin, je ne vous sens pas paniqué
13:25par une reprise du conflit.
13:28Le pétrole devrait gérer.
13:29C'est vrai que...
13:29Regardez, c'est ce que j'allais dire,
13:30les marchés...
13:31Et les marchés,
13:32on est dans le verre ce matin.
13:34Ils ont pris acte.
13:35C'est-à-dire qu'on ne savait pas
13:36quand...
13:36C'est toujours pareil,
13:37les marchés,
13:38comme on savait que c'était un certain...
13:40Enfin, que c'était fragile,
13:41maintenant,
13:45le point de rupture est arrivé.
13:47On ajuste
13:47et puis après,
13:48on recommence.
13:49Enfin, je pense que là,
13:50on est dans, effectivement,
13:51une espèce de stratégie...
13:52On est autour de 74 dollars maintenant.
13:55Oui.
13:55Avec ce qui vient de se passer.
13:57Il y a deux mois,
13:58on nous aurait dit
13:58qu'on est à 74 dollars.
14:00On se foutait tous de joie.
14:01Exactement.
14:01On est à penser les 120 dollars.
14:03Donc, 120 dollars.
14:03Oui, ça tombe pas.
14:05Oui, ça tombe pas.
14:05Oui, ça tombe pas.
14:06Parce que le détroit d'Hormuz
14:07s'était considéré comme...
14:09Oui, la bombe est bloquée.
14:10Le détroit d'Hormuz,
14:11ça montait à 150 dollars,
14:13ça n'a pas dépassé les 115.
14:13Mettons même pour remontrer à 80.
14:15Si on regarde quand même
14:16l'évolution des prix.
14:17Non, on est sur le prix normal.
14:18On est plutôt dans le bon,
14:19pour le moment.
14:20Je rappelle qu'on était
14:20à 70 dollars,
14:21autour de 70 dollars,
14:23juste avant le début de la crise,
14:24au Moyen-Orient,
14:24au mois de février.
14:25Mais par contre,
14:25je trouve que ce qui est dommage,
14:26et on en a déjà parlé souvent,
14:29c'est l'effet d'annonce,
14:31d'autant plus que les gens
14:32envoient le prix à la pompe,
14:33sur leur morale.
14:34Dans une consommation fragiliste
14:35des gens en Europe,
14:36je trouve,
14:36leur faire peur.
14:38Alors que ce n'est pas nécessaire
14:39en disant,
14:39vous avez vu,
14:40les prix du pétrole remontent,
14:42il faut alors les relativiser
14:43par rapport à où ils pourraient être
14:44et où ils auraient dû être,
14:45comme certaines prévisions étaient,
14:47au moment où la guerre a commencé.
14:48Il faut arrêter de faire des annonces.
14:48Je trouve, on leur fait peur
14:49et ce n'est pas bon
14:50pour notre économie.
14:51Parce qu'un jour,
14:52il y aurait même des gens
14:53qui croiront qu'on va avoir la guerre
14:54si on continue.
14:56Si on rajoute l'histoire de la Pologne,
14:58dont ils ont parlé d'ailleurs hier aussi
15:01à Ankara,
15:02et qu'on rajoute le côté,
15:03oui, mais il y a ceci,
15:04il y a une hausse de l'énergie
15:05et on n'en a pas assez.
15:06Ça, on le sait.
15:07Ah ben le discours peut être
15:08très hauteuxienne, évidemment.
15:09Dans une période comme celle-ci,
15:11je pense qu'on devrait faire attention
15:12quand on fait le genre de discours.
15:12Et on a plutôt tendance
15:13à parler des trains qui arrivent en retard.
15:14C'est important de se dire, Roland,
15:15mais c'est énergé à notre réaction
15:17ce matin en spontané collective,
15:20c'est qu'on a une forme d'accoutumance
15:22à ce côté répétitif.
15:24Comme de résilience.
15:25On est en train de commenter ça
15:26comme si finalement
15:27ça donnait l'actualité standard.
15:28Non, mais c'est ce qui aurait été
15:29un fait d'actualité majeur
15:31il y a 5 ans, il y a 10 ans.
15:33C'est-à-dire que finalement,
15:34on s'habitue.
15:35Pour autant, là c'est aux Belges
15:36que je vais m'adresser,
15:38pour autant,
15:38c'est pas parce qu'on modifie les règles
15:40et qu'on substitue un carton rouge
15:42qu'on gagne à la fin.
15:43C'est-à-dire que c'est Donald Trump.
15:45La difficulté profonde
15:47sur laquelle on est,
15:48c'est que les règles du jeu
15:49ne sont pas claires.
15:50C'est-à-dire que c'est surtout ça
15:52qu'on a l'égoïté maintenant.
15:53Oui, bien sûr.
15:54Et alors aussi,
15:54notre côté parfois bisounours.
15:56Quand j'entends,
15:57et plusieurs décideurs politiques européens
15:58l'ont répété,
15:59j'étais en Espagne
16:01la semaine dernière
16:02et aussi Pedro Sanchez
16:03à Fourciore, il a dit
16:05on ne va pas laisser
16:06la loi du plus fort s'imposer.
16:09Mais enfin, je suis désolé
16:10que ce soit dans le monde
16:11de l'entreprise,
16:11que ce soit dans le monde
16:12micro-économique ou macro-économique,
16:14c'est toujours la loi du plus fort
16:15qui s'impose.
16:16Maintenant, qu'est-ce qu'on met
16:16derrière le plus fort
16:17et la manière de le faire,
16:18c'est une chose.
16:19Mais quand vous arrivez
16:19dans une négociation
16:20et Marc Rutte l'a très bien répété,
16:22Marc Rutte est hollandais.
16:23Il est la général de l'Ontario.
16:27Avant de se battre.
16:28Alors maintenant,
16:29si on dit
16:29la manière dont on nous le dit
16:30est tout à fait désagréable,
16:31il y a des choses même
16:31qui ne sont pas justes.
16:33C'est une chose.
16:33De dire de l'autre côté,
16:34on peut renverser les choses
16:35parce qu'on est aussi fort.
16:37Je pense qu'aujourd'hui,
16:38il faut quand même
16:38un peu garder raison.
16:39C'est ça qui nous manque
16:40à certain moment.
16:41On n'est pas en capacité.
16:42Oui, on peut dire aussi
16:43des choses désagréables,
16:44mais celui qui est en face
16:45peut nous faire mal.
16:47Bon, on avance.
16:48On va revenir sur le sujet
16:49de l'Espagne et des Etats-Unis.
16:50En seconde partie de l'émission,
16:52mais une des conséquences
16:54de ces reprises
16:57du conflit au Moyen-Orient,
16:59hier, c'était sur les marchés souverains,
17:00les marchés de la dette,
17:01notamment en Europe.
17:02Le taux français à 10 ans
17:04a touché son plus haut
17:05depuis 2009.
17:07On est encore ce matin
17:08autour des 3,90.
17:10On est monté à 3,92.
17:13Est-ce qu'on va bientôt
17:14arriver aux 4% ?
17:17C'est possible ça, Nathalie ?
17:18Je ne peux pas vous dire
17:20que ce n'est pas possible,
17:21mais je mentirais.
17:22Il y a un niveau symbolique,
17:23je veux dire.
17:24Oui, il y a un niveau symbolique,
17:25mais c'est vrai que là,
17:26vous voyez bien
17:27que les annonces
17:28des dernières semaines,
17:28même de la semaine dernière,
17:30on a les révisions
17:31à la baisse
17:32de la croissance en France.
17:34C'était mardi.
17:35Voilà, qui convergent.
17:37Des rapports de l'OCDE
17:39qui ne sont pas foufous,
17:40le FMI pareil.
17:41Et puis, en même temps,
17:42on a l'Allemagne,
17:44qui ne va pas bien,
17:45mais qui a l'air
17:45de vouloir faire des réformes
17:46qui vont plutôt
17:47dans le bon sens.
17:48Donc, si vous êtes
17:49sur le marché du souverain,
17:50vous voyez celui
17:50qui a quand même
17:51plus de capacité
17:52que nous à s'endetter,
17:54il a une marge énorme.
17:57L'Allemagne a beaucoup de marge
17:58qui va à nouveau
18:00qui s'endette.
18:01C'est au niveau de la France.
18:02Et qui va s'endetter à nouveau
18:04par rapport à un pays
18:05qui est un peu exempt,
18:06qui s'est déjà beaucoup endetté
18:07et qui ne veut pas se réformer.
18:09Je peux comprendre
18:10que le marché du souverain
18:11se dise que peut-être
18:12que l'Allemagne,
18:13finalement, je vais l'acheter,
18:14je vais le préférer à la France
18:15dans mon panier de diversification.
18:17Je ne dis pas
18:17que c'est la fin de la France,
18:18je dis simplement
18:19qu'au niveau des arbitrages,
18:21l'Espagne va bien,
18:22c'est pareil économiquement.
18:23Quand vous regardez,
18:24vous faites votre panier
18:26de souverains européens,
18:27effectivement,
18:28la France ne semble pas
18:29celle qui aille le mieux.
18:31Donc, par mécanisme de marché,
18:33c'est celle dont le taux augmente.
18:35Ça ne me paraît pas vraiment...
18:37On va passer à des conséquences
18:38pour nos finances publiques.
18:40Il y a un pays
18:41qui fait pire,
18:42c'est le Royaume-Uni.
18:42Il y avait l'Italie,
18:44la France,
18:44c'est le Royaume-Uni
18:45qui était dans le moudi.
18:46Non, non, sur l'échelle,
18:47parce que vraiment,
18:47le grand malade en ce moment,
18:49c'est le Royaume-Uni.
18:50Mais pour l'investisseur,
18:51ce n'est pas son panier euro.
18:53C'est-à-dire que là,
18:54la séquence,
18:54et c'est en ça
18:55que l'instabilité chronique
18:56est mortifère,
18:57c'est-à-dire que la séquence,
18:58elle révèle toutes les fragilités
19:00de la situation française,
19:01très clairement.
19:02C'est-à-dire le fait
19:03que nos marges de manœuvre
19:04sont faibles,
19:05qui plus est à 10 mois
19:06d'une présidentielle
19:07qui va faire monter
19:09l'attention
19:10et qui va probablement
19:13inaugurer une forme
19:14de concours lépine,
19:15de propositions diverses et variées
19:16qui n'ont pas rassuré
19:18une partie des investisseurs.
19:19Ça, c'est très, très probable.
19:20C'est dans les propositions
19:22qui vont être mises sur la table.
19:24Maintenant,
19:24c'est, j'allais dire,
19:25la France,
19:27probablement dans la décennie
19:29dans laquelle nous sommes rentrés
19:30depuis le Covid,
19:31on va essayer de le dater comme ça,
19:32la France aborde
19:33une période assez cruciale
19:35au plan géopolitique,
19:36au plan économique,
19:38dans une situation de fragilité
19:40qui est extrêmement complexe.
19:41c'est-à-dire que le calendrier français
19:42des réformes,
19:44ce pays a mis trop longtemps
19:45à se réformer,
19:46contrairement à l'Espagne.
19:47On est bloqué depuis 18 mois maintenant.
19:49On est bloqué depuis 18 mois,
19:50mais là,
19:50on rentre dans une séquence,
19:51on va le payer deux fois plus cher,
19:52honnêtement,
19:53parce que,
19:54j'allais dire,
19:55il y a des questions de morale,
19:56de consommation,
19:57on est quand même
19:58dans un univers un peu anxiogène
19:59et on n'a pas le sentiment
20:00que l'économie va redémarrer
20:02du jour au lendemain
20:02et des taux de croissance
20:03qui permettraient de nettoyer
20:05un petit peu
20:06les grands indicateurs
20:07et de se dire,
20:08ok,
20:08il y a des marges de manœuvre.
20:09Non,
20:09la situation est très très complexe
20:12et malheureusement,
20:13j'allais dire,
20:14on va devoir faire des réformes
20:15dans un régime très douloureux,
20:17c'est-à-dire à la fois
20:18en ayant mal
20:19et en ayant de la fièvre.
20:20Donc,
20:20ça va être très compliqué.
20:20En ayant très peu de croissance,
20:22on pourrait tomber
20:24dans une crise de la dette en France.
20:25On en parle depuis 20 ans,
20:2625 ans,
20:26Roland Gillet,
20:28le rapport Pébro
20:29tirait la sonnette d'alarme
20:30au début des années 2000.
20:32On voit que finalement,
20:33on continue de tourner.
20:34Bon,
20:35là quand même,
20:35si on approche les 4%
20:37sur le 10 ans,
20:38est-ce qu'à un moment,
20:40on peut tomber
20:41dans un effet boule de neige
20:42qui fait qu'on n'arrive pas
20:43à se sortir
20:44d'un surendettement constant ?
20:46En tout cas,
20:46il fait certainement mal
20:47par rapport à la volonté de dire
20:49on continue le social
20:50comme on voudrait le faire.
20:51Parce qu'avant,
20:52le social,
20:52il ne coûtait pas cher
20:53avec une dette qui était à ce niveau.
20:55Or,
20:55chaque fois qu'on a fait du social
20:56et je n'ai pas dit
20:57qu'il fallait le faire,
20:58c'est ce taux de financement
20:59qui rentre dans le budget,
21:00c'est les intérêts.
21:01La dette,
21:01elle s'accumule à côté
21:02comme un bilan de société.
21:03Par contre,
21:04dans le budget de l'État
21:04et ce qu'on dit chaque année,
21:05le déficit,
21:06il est lié aux intérêts,
21:07bien entendu également.
21:08Mais les intérêts à vente
21:09ne coûtaient pas cher.
21:10Moi, je trouve qu'il y a aussi
21:11quelque chose de bien
21:11quand les taux d'intérêt remontent,
21:13même si ça fait mal
21:14à un moment donné,
21:15c'est que c'est aussi
21:16un effet autodisciplinant
21:18pour celui qui fait cet endettement.
21:20C'est même la seule corde de rappel.
21:22Si vous avez des États,
21:24et je ne dis pas
21:24qu'au moment du Covid,
21:26ce n'était sûrement pas
21:27l'objet de dire
21:27que ça ne servait à rien,
21:28au contraire,
21:29il fallait bien faire quelque chose
21:30avec une crise exceptionnelle
21:32comme ça
21:32qui permette de s'en sortir,
21:34mais quand les taux tombent à zéro
21:36et qu'ils restent à zéro,
21:37au-delà de la crise du Covid
21:38ou presque,
21:39et en termes réels,
21:40sont même négatifs,
21:42ça ne pousse pas
21:43à celui qui s'endette,
21:44c'est-à-dire l'État,
21:45à s'autodiscipliner.
21:46Pendant dix ans,
21:47on a augmenté la dette,
21:48mais ça nous coûteait
21:49trois ans en chère.
21:49Si on est parfois très égoïste,
21:50je sais que les hommes politiques
21:52ne sont pas tous comme ça,
21:53mais vous pouvez dire
21:53je fais des dépenses maintenant
21:55qui me donnent une popularité
21:57en sachant que c'est probablement
21:58un gouvernement après
21:59qui payera des intérêts positifs
22:01réels sur cette dette.
22:03Donc clairement,
22:04aujourd'hui...
22:04Vraiment, certains politiques
22:05pensent comme ça.
22:06J'ai dit...
22:07Je ne peux pas le dire.
22:09J'ai dit qu'une majorité,
22:10non, je dis que ça pourrait
22:11tenter certains.
22:13Vous êtes d'accord ?
22:13Le public choice vous donne raison.
22:17Nathalie, merci beaucoup.
22:19Non, mais c'est clair.
22:20Mais je veux dire,
22:21dans ces moments-là,
22:22c'est ce qui permet
22:23un peu de discipline.
22:24Vous avez des gens
22:25qui se sont battus
22:26sur les idées
22:27et qui sont toujours là
22:28aujourd'hui
22:28dans le raisonnement
22:31de gens rationnels.
22:32C'est des gens
22:32comme Modigliani-Miller,
22:33ils ont reçu le prix Nobel
22:34pour ça.
22:34Et qu'est-ce qu'ils expliquent ?
22:35C'est que forcément,
22:36le taux d'intérêt,
22:37il est censé à un moment donné
22:38refléter le risque.
22:39Et donc, aujourd'hui,
22:40je réponds à votre question,
22:41quand les taux montent à 4%,
22:43il n'y a pas uniquement
22:44l'inflation.
22:44C'est de dire,
22:49qu'on n'arrive pas
22:50à s'en sortir
22:50pour des régions politiques,
22:52pour des raisons
22:52que l'effort,
22:53on ne le fait qu'un certain temps
22:54puis on saute à autre chose,
22:55à un moment donné,
22:56il y a des gens
22:57qui effectivement se disent
22:58pour le moment
22:58la seule manière...
22:59Le créancier se réveille.
23:00Oui, et ça fait d'autant plus mal
23:02qu'à ce moment-là,
23:03les comptes que vous avez fait
23:04l'année avant
23:04avec des taux d'intérêt plus bas,
23:05vous les retrouvez
23:06avec un effet
23:07qui n'est pas encore boule de neige
23:08mais qui vous fait mal
23:09dans vos projections à vous.
23:10Et comme Nathalie vient de le dire,
23:124%, pourquoi pas 4,5%,
23:14ça dépendra de plusieurs choses.
23:15Mais c'est clair
23:16que de rajouter à la louche
23:17chaque fois de l'endettement
23:18pour des raisons,
23:19même le côté militaire aujourd'hui,
23:21avec l'idée quand même
23:22un jour de ne pas s'en servir
23:23du militaire,
23:24ça n'a qu'un effet direct
23:26dans l'économie une fois.
23:27Ce n'est pas comme si
23:28c'était une dépense d'investissement
23:29où vous créez quelque chose
23:30dont vous allez vous servir.
23:31Des armes,
23:32c'est pour le côté sécurité,
23:34c'est pour le côté défense passive
23:35pour le moment,
23:36mais tout ça coûte très cher
23:38et ça vient se rajouter
23:39à un paquet d'endettement
23:40qui est déjà élevé.
23:41Je rappelle que la charge de la dette
23:42est passée 35,
23:42et c'est possible aussi
23:43que la génération future,
23:45c'est-à-dire les jeunes aujourd'hui,
23:47doivent peut-être,
23:48peut-être que la majorité
23:50ne s'en rende pas compte,
23:50se dire
23:51c'est un peu normal
23:52que ceux qui ont engagé
23:53les dépenses maintenant
23:53en subissent aussi
23:54une partie du coût
23:55et que ce ne soit pas quelque chose
23:56qu'on aura adressé nous seuls,
23:58même le coût de ce financement
23:59parce que s'il est,
24:00imaginez que les taux d'intérêt
24:01restent autour de 2%
24:02et que l'inflation
24:02reste autour de 2%,
24:03pour le moment,
24:04en termes réels,
24:05on ne paie rien.
24:06Donc clairement,
24:07l'État est content,
24:08tout le monde est content,
24:08mais ceux qui vont récupérer
24:09un jour la dette
24:10ou là,
24:11à ce moment-là,
24:12les taux d'intérêt
24:12reviendraient dans une structure normale,
24:14eux vont payer réellement le coût.
24:15Or, ce n'est pas eux
24:15qui ont engagé les dépenses.
24:16C'est ça qu'il faut bien expliquer
24:18parce que c'est un raisonnement
24:18que tous les économistes connaissent,
24:21R supérieur à G
24:23ou vice-versa,
24:24entre les taux d'intérêt
24:25et la croissance.
24:26Bien rappeler qu'aujourd'hui,
24:28alors on affiche des taux
24:29à 10 ans à près de 4%,
24:31mais le coût moyen
24:32de la dette française
24:33est autour de 2%
24:35puisqu'elle est étalée
24:36sur 8 ans
24:37et que la dette
24:38qu'on a contractée
24:39il y a 8 ans
24:40était une dette
24:40quasiment à taux zéro.
24:42Aujourd'hui,
24:43on voit qu'on est
24:44quasiment à 4%,
24:45vous faites la moitié,
24:46on arrive à 2%.
24:48La croissance,
24:49y compris avec l'inflation,
24:50est également
24:51autour de 2%.
24:52Donc,
24:53tant qu'on est
24:53dans cette situation,
24:54ce que vous nous dites,
24:55Roland Gillet,
24:56c'est que c'est soutenable.
24:58Soutenable,
24:58oui, bien heureusement,
24:59parce que ce n'était pas soutenable.
25:01Comme la France,
25:02en plus,
25:02vous imaginez,
25:03moi,
25:04petit voisin belge,
25:06ils pensaient
25:07un tout petit peu
25:07à que la dette française
25:09n'est pas soutenable,
25:09je pense que je ne serai plus
25:10en Europe.
25:12Parce que le problème
25:13est très grave.
25:14Sauf que le risque,
25:15c'est qu'au fur et à mesure,
25:16la dette qu'on a contractée
25:18il y a 8 ans,
25:19on va se réendetter
25:20pour la payer aujourd'hui
25:21à 4%
25:22et que ce taux va monter
25:23alors qu'on voit
25:24la croissance,
25:25elle,
25:26qui baisse.
25:26Et vous avez aussi cet aspect.
25:28Donc là,
25:28on est un peu au pied du mur.
25:29Et avant,
25:30les gens qui géraient la dette
25:31ont été malins.
25:32Ils ont vu qu'ils pouvaient
25:33s'endetter non seulement
25:34à des taux très bas,
25:35mais à très long terme.
25:36Donc ça,
25:36ça permettait justement
25:38de dire
25:38on assure au moins
25:39un crédit très court.
25:40A rallonger la maturité.
25:41Mais aujourd'hui,
25:43ce que vous avez,
25:44avant,
25:44vous aviez plus ou moins ça
25:45comme courbe des taux.
25:46Maintenant,
25:47on est plutôt sur quelque chose
25:48qui monte comme ça.
25:49Mais si,
25:49à un moment donné,
25:50on voit qu'il y a des risques
25:51plus élevés,
25:51pas sur la soutenabilité directe,
25:53mais en tous les cas,
25:54sur la crédibilité
25:55de l'endettement
25:55en France ou ailleurs,
25:56vous allez avoir
25:57une pontification,
25:58évidemment, en plus.
25:59Et cette pontification
26:00va faire que les taux longs,
26:02pour s'endetter longs,
26:03il faudra payer
26:03beaucoup plus cher,
26:04ce qui n'était pas le cas avant.
26:05Donc ça change quand même
26:06drôlement le coût de la dette.
26:06Oui, heureusement,
26:07effectivement,
26:08avant le Covid,
26:09on avait beaucoup utilisé
26:11la dette à 30 ans.
26:14D'ailleurs,
26:15c'était le cas
26:15de tous les pays européens.
26:17Mais effectivement,
26:17la pontification,
26:18c'est ce que redoute
26:20en fait tout le monde.
26:21C'est qu'elle continue,
26:22qu'il y ait une accentuation
26:23de cette pente
26:24et que par conséquent,
26:25ça devienne de plus en plus cher
26:27et donc que là,
26:28ce fameux taux d'intérêt nominal
26:29soit effectivement
26:31beaucoup plus élevé
26:32que la croissance.
26:32Et ce qui se passe actuellement,
26:33on est là que ça.
26:33Exactement,
26:34ce qui se passe actuellement
26:34et d'autant plus
26:36qu'avec ce niveau
26:37de dépense publique qu'on a,
26:38on a aussi d'un autre côté
26:40le problème d'un,
26:42on pourrait presque dire,
26:44d'un rendement négatif
26:45de l'effet de la dette.
26:47C'est-à-dire qu'en fait,
26:48on s'endette,
26:49mais la dépense publique
26:50n'a plus d'effet positif
26:51en fait sur l'économie.
26:53Et c'est le problème
26:54de l'étouffement.
26:55Donc là,
26:55on se retrouve presque d'ailleurs
26:57dans un scénario...
26:59La grenouille dans la marmite,
27:00comme on dit.
27:01Je vais le sauter.
27:03Roland,
27:03parce que c'est sur cette notion
27:04d'investissement,
27:06notamment sur la défense,
27:07c'est assez intéressant
27:08et je pense que ça mérite
27:09une petite pause.
27:10C'est-à-dire que dans les grands dossiers
27:11aujourd'hui,
27:11qui doivent prendre
27:12les économies européennes,
27:13y compris la France,
27:14chacun dans la situation,
27:16il y a quelque chose,
27:17autant l'IA,
27:18on peut parler d'une bulle
27:19et tout ça,
27:19mais l'IA,
27:20on va dire,
27:20il y a un pari sur le fait
27:21de créer une économie.
27:23On a quatre grands dossiers
27:25sur lesquels,
27:25c'est des investissements
27:26sur lesquels on n'est pas sûr
27:27que derrière,
27:28à la créer une économie,
27:29c'est l'adaptation climatique,
27:30la défense,
27:32la démographie
27:32et la souveraineté.
27:33Une grande révolution
27:34qui nous tend les marques.
27:34Ça demande quoi ?
27:36Ces quatre dossiers
27:37qui ont un point commun,
27:38ça demande de la mobilisation,
27:40c'est-à-dire l'investissement,
27:41mais pas pour autant
27:42dans la certitude
27:43que derrière,
27:43on crée des chocs économiques.
27:45C'est-à-dire,
27:45c'est juste mettre les pays
27:47à niveau sur des enjeux
27:48qui ont des enjeux structurés de fort.
27:51Et c'est là
27:52où la dette se paye très cher.
27:53Parce que là,
27:54on est dans une période
27:55où probablement
27:55sur ces grands dossiers-là,
27:57la dette,
27:58la capacité à s'endetter
27:59à bon prix
28:00serait très très utile.
28:01Bien sûr.
28:02Et on ne l'a pas.
28:03C'est-à-dire,
28:03on ne l'a pas
28:04parce que,
28:04j'allais dire,
28:04le rythme courant
28:06des dépenses publiques
28:07font que ce sont des dossiers
28:08sur lesquels,
28:09là,
28:10si les pays
28:11ne se préparent pas
28:12à ces enjeux-là,
28:13là,
28:13on va avoir des problèmes
28:14structurés à l'importance.
28:14Dans un environnement
28:15qui est plutôt
28:16à la hausse en plus.
28:17Mais vous voyez aussi
28:17que les banques centrales
28:18et notamment en Europe
28:19et ça devient aussi
28:20le problème,
28:22c'est quand on ne peut plus
28:22le faire budgétairement
28:23avec des taux d'intérêt
28:24qui doivent être
28:25à un moment donné
28:26s'ils sont dans l'ordre
28:27de ce que la finance
28:28et même pas la finance,
28:30de ce que la logique
28:31d'un investissement
28:31pour un investisseur
28:32doit être,
28:33c'est de dire
28:33si je prête de l'argent
28:35à l'État
28:35comme à un autre acteur,
28:36je dois au moins
28:37avoir une rémunération minimale
28:39au-delà de l'inflation.
28:40Ce qui n'est presque
28:41plus le cas.
28:42Donc clairement,
28:42si vous dites
28:43j'ai besoin d'argent
28:45à un taux plus bas,
28:46à qui faites-vous appel
28:47automatiquement
28:48à la banque centrale ?
28:49La vôtre.
28:49Et qu'est-ce qui se passe
28:50à ce moment-là ?
28:51Elle biaisse les règles du jeu,
28:52c'est la politique
28:53du quantitative easing
28:54et du reste,
28:55c'est-à-dire elle rachète
28:55de la dette
28:56pour faire baisser
28:57évidemment le taux.
28:58Et donc on joue
28:58à un jeu comme ça,
28:59mais attention,
29:00et c'est ça que je trouve
29:00qui est dangereux,
29:01c'est qu'après ça devient
29:02le rôle pratiquement
29:03de la banque centrale
29:04alors que ses attributs
29:05c'est de conserver
29:05le pouvoir d'achat
29:06de la monnaie
29:06et éventuellement l'emploi.
29:08Si on donne
29:08à la banque centrale
29:09des rôles qu'elle n'a pas,
29:10alors ça devient dangereux
29:11parce que c'est la banque
29:12qui joue
29:13la politique économique
29:14d'un État
29:15qui doit faire attention
29:16à son budget.
29:16Bon, ce sera le mot de la fin,
29:18on se retrouve dans une minute,
29:19restez avec nous,
29:20on va essayer de voir
29:21pourquoi Donald Trump
29:23s'en prend à l'Espagne
29:24dans la seconde partie
29:24de l'émission
29:25et s'il faut mettre
29:26la fonction publique
29:27au régime sec,
29:28c'est un peu
29:29ce qu'a annoncé hier
29:30le ministre des Comptes Publics,
29:31David Daniel.
29:32On se retrouve tout de suite,
29:33n'oubliez pas.
29:40BFM Business et la Tribune
29:41présente
29:43Les Experts
29:44Raphaël Legendre.
29:46Allez, on est de retour
29:47dans Les Experts.
29:48Il est 10 heures passées
29:48de deux minutes,
29:49vous êtes toujours en direct
29:50sur BFM Business
29:51avec Roland Gillet,
29:53professeur d'économie financière
29:54à l'Université Paris 1
29:55Panthéon-Sorbonne
29:56et à l'Université Libre de Bruxelles,
29:58Ludovie Dessoté,
29:59directeur délégué
30:00de la rédaction de la Tribune
30:01et Nathalie Jansson,
30:02professeur d'économie
30:03à Neoma Business School
30:04et présidente du Think Tank
30:06Génération Libre.
30:08Je voulais qu'on reparle
30:09un petit peu de Donald Trump
30:10qui s'en est pris
30:11assez violemment
30:12à l'Espagne.
30:14C'était hier,
30:16en sortie de l'OTAN.
30:17On a le son de Donald Trump.
30:19On l'écoute tout de suite.
30:22Je n'ai pas parlé à l'Espagne.
30:24L'Espagne est une cause perdue.
30:25D'ailleurs, nous ne voulons plus
30:26avoir aucune relation commerciale
30:28avec l'Espagne.
30:29Je voudrais que vous y mettiez fin.
30:30L'Espagne est un partenaire
30:32épouvantable au sein de l'OTAN.
30:33Elle ne participe pas,
30:34elle ne paie pas.
30:35Je ne veux plus rien avoir
30:36à faire avec l'Espagne.
30:37Cessez tout échange commercial
30:38avec eux, s'il vous plaît.
30:40En fin de compte,
30:41quand on prend un peu de recul
30:47par rapport à ce genre
30:47de déclaration,
30:48on constate que les relations
30:50entre les Etats-Unis
30:51et l'Espagne
30:51sont sur les plans social,
30:53culturel, économique
30:54et politique
30:54très très positives.
30:56Très positives.
30:58Bon, de ça,
30:59deux ambiances là.
31:00Pardon Roland Gillet,
31:01mais on a d'un côté
31:01président américain
31:03qui tense vertement
31:04l'Espagne
31:05et puis de l'autre
31:05un Sanchez
31:06qui lui,
31:07finalement,
31:08tout fonctionne là.
31:09Comment on écoute
31:10cette dissonance ?
31:11Ce n'est pas la même ambiance.
31:13Mais de nouveau,
31:14vous savez à quel point
31:15je fais beaucoup de choses
31:17avec l'Espagne
31:17et j'y étais encore,
31:19je vous le disais,
31:19la semaine dernière.
31:20Mais j'avais des entrepreneurs
31:21qui eux s'inquiétaient
31:22justement de la position
31:23de Pedro Sanchez
31:24en disant
31:24est-ce que c'était bien
31:25le rôle d'un seul pays ?
31:26Allez, il y a ça,
31:28mais il ne l'a pas rajouté
31:29cette fois-ci,
31:29mais il leur a déjà dit
31:30deux ou trois fois
31:30de façon beaucoup plus ferme.
31:32Ah, il est devenu
31:33le héros de l'anti-trundpiste
31:34en Europe.
31:35Mais regardez,
31:36le truc qui a fait
31:37le plus mal
31:37dans l'esprit Trump,
31:39c'est de ne pas laisser
31:39atterrir des avions
31:40sur deux bases
31:41en Espagne,
31:42de l'OTAN
31:43qui était normalement
31:44disponible pour le faire.
31:46Il a pu atterrir ailleurs,
31:47ce n'est pas le sujet,
31:48mais ça fait mal
31:49puisqu'il a l'impression
31:50quand même,
31:50lui, quand il vient
31:51régler des problèmes
31:52dans le détroit d'Hormuz
31:53qu'il le fait aussi
31:54pour les Européens,
31:55même si les Chinois
31:56sont tout aussi intéressés,
31:58mais de voir maintenant,
31:59et c'est ça,
31:59moi je suis belge,
32:00je ne suis pas espagnol,
32:01mais j'écoute les espagnols
32:02quand j'étais là-bas
32:03et c'était des entrepreneurs
32:04qui disaient
32:04mais pourquoi a-t-il été
32:05se mêlier de ça
32:05si ce n'est pour se donner
32:07une ossature dans un moment
32:08où il semblerait
32:09qu'il va perdre les élections
32:11de l'international,
32:12de lutteur contre le plus fort.
32:15Vous avez vu que Donald Trump
32:16n'a aucun égard
32:17vis-à-vis de ce qui s'est passé
32:18et d'autant plus,
32:19il part fragilisé
32:20puisqu'il a déjà dit avant,
32:22en dehors de ce problème
32:23lié aux bases aériennes,
32:26c'est de dire
32:26moi je ne paierai pas
32:27alors que les autres
32:29au niveau de l'Europe,
32:30à un moment donné
32:31on se dit
32:31n'oublions pas quand même
32:322014,
32:33en 2014 on a tous signé
32:34l'Espagne compris
32:35qu'on devait arriver au 2%,
32:37donc de demander cet effort
32:38à tout le monde
32:38y compris aux Espagnols,
32:40c'est un manque aussi
32:41de solidarité
32:41vis-à-vis des autres Européens,
32:43que les choses soient claires
32:44et donc tout ça étant,
32:45le voilà embarqué
32:45dans un truc
32:46où il pensait
32:47que ça allait passer
32:48et que lui
32:49allait n'avoir
32:49que le bon côté
32:50sauf que vous voyez
32:51qu'il a été très blessé
32:52Donald Trump,
32:52il n'aime pas ça du tout,
32:53vous avez vu les propos
32:54qu'il tient,
32:55quand il est là,
32:56je vois le sourire crispé
32:58pas du tout
32:58de Donald Trump
32:59mais de Pedro Sanchez
33:00qui est obligé de dire
33:01parce que l'Espagne
33:02a envie d'entendre ça,
33:03non non c'est pas fini
33:04on va rétablir
33:05mais pour le moment
33:07ce qui menace l'Espagne
33:08c'est plutôt
33:08de ne plus faire de commerce,
33:09on sait que Trump
33:10peut revenir vite en arrière
33:11mais en tous les cas
33:12son coup de dire
33:13je le fais tout seul
33:14et je me fais le fort
33:15en Europe,
33:17les Espagnols se disent
33:18maintenant,
33:18au début on trouvait ça
33:20peut-être un petit peu
33:21dans notre égo intéressant,
33:22maintenant ça devient
33:23quand même coûteux
33:24et il faut qu'il arrête
33:25parce que maintenant
33:26le ton de Trump
33:28ne sait même plus parler
33:29de l'Europe,
33:29vous avez vu ce qu'il a dit
33:30ici en sortant,
33:30donc moi je pense
33:31qu'il faut faire très attention
33:32et je peux vous dire
33:33que les Espagnols,
33:34aussi bien la population
33:35avec les gens
33:36à qui j'ai parlé
33:37mais surtout des entreprises
33:39sont sur le volet,
33:39il faut arrêter ça,
33:40surtout des entreprises
33:41qui, il n'y en a pas
33:42dans le sud
33:43où j'étais en Andalousie
33:44mais quand même certaines
33:44qui échangent avec
33:45les Etats-Unis
33:46où il y a déjà des tarifs
33:48et ils disent
33:48si on en rajoute déjà nous-mêmes,
33:49c'est pire quoi.
33:50Non mais en même temps,
33:51est-ce qu'on peut rompre
33:52comme ça les relations
33:53comme ça ?
33:53Non, c'est quand même
33:54amendé ce que dire
33:55enfin Roland-Jébert,
33:56honnêtement,
33:57quand on regarde les images,
33:58on se demande
33:58si c'est Luis Delafuente,
33:59c'est-à-dire l'entraîneur
34:01de l'équipe d'Espagne,
34:02enfin on a l'impression
34:03qu'on parle de Coupe du Monde.
34:04Oui, oui,
34:04c'est simple de ça.
34:05Oui, oui, c'est ce niveau-là.
34:07Exactement.
34:07Donc ça c'est la première remarque,
34:09global,
34:10c'est la journée qui veut ça peut-être.
34:18musicale et de ça.
34:20Quasiment tous les leaders européens
34:21sont passés par cette seringue-là.
34:23La remerde,
34:23ça a eu son moment aussi
34:25au moment du détroit d'Hormuz
34:26quand il a dit
34:27que Donald Trump
34:27était en train d'improviser.
34:29Mélanie a eu sa séquence
34:30il n'y a pas tellement.
34:31Macron l'a eu il y a quelques mois.
34:33Enfin bon,
34:34Starmer,
34:34je n'en parle même pas.
34:35Donc c'est...
34:36Et in fine,
34:37qu'est-ce qui s'est passé à chaque fois ?
34:38Pas grand-chose.
34:39Donc il faut aussi relativiser
34:41ce que Donald Trump
34:42qui a une capacité quand même
34:44en tant qu'amateur de MMA
34:45de se regarder muscler
34:47dans un miroir
34:48et la réalité des faits
34:50et de la réalité
34:50de ce qu'est le commerce mondial
34:52qu'il y a quelque chose
34:53qu'on ne contrôle pas
34:54avec un joystick.
34:54Heureusement d'ailleurs.
34:55Heureusement depuis le bureau Oval.
34:57Et les Iraniens l'ont compris aussi.
35:00Il avait déjà menacé l'Espagne
35:01d'ailleurs en 2025
35:02Donald Trump
35:03et puis rien ne s'était passé
35:04de droit de douane exorbitant.
35:06Je pense que c'est un piège en fait
35:07que Donald Trump
35:08à chaque fois qu'il est dans ses réactions-là
35:09est un piège.
35:10Je pense que fondamentalement
35:11si on essaie de prendre de la hauteur
35:13là c'est la séquence
35:14Sanchez-Trupp
35:15et demain on ne sait pas
35:17qui va tomber dans la moulinette
35:19parce qu'il a osé
35:20le petit doigt et tout ça
35:21dans un dialogue
35:23peu importe
35:23ce qu'est Sanchez.
35:25Je pense que
35:25Donald Trump
35:26a une allergie profonde
35:27à ce qu'est l'Union Européenne.
35:29C'est-à-dire
35:29c'est surtout ça
35:29qui est normalement.
35:31Il essaie de mettre des coups de butoir
35:32et de faire du bilatéral.
35:33Ces attaques
35:35à chaque fois
35:35par pays
35:36qui sont une façon
35:37de bypasser l'Europe
35:38à chaque fois
35:39puisque c'est quand même
35:39des attaques
35:40au sein d'une économie.
35:42Ça veut dire quoi dire
35:42on va arrêter l'économie
35:44avec l'Espagne
35:45ça veut dire
35:45l'Europe n'existe plus
35:47dans ma façon de penser
35:48le monde à chaque fois.
35:49Et c'est sûrement ça
35:50le réveil européen
35:51qui doit être clair
35:53c'est-à-dire
35:53ne pas permettre
35:54cette fragmentation
35:55du dialogue
35:55tant de la part de Sanchez
35:56que de Donald Trump
35:57parce que ces coups de butoir
35:58à chaque fois
35:59dans le même sens
35:59c'est-à-dire
36:00c'est créer quand même
36:01des visions un peu unilatérales
36:03là où on attendrait
36:05notamment de Van der Leyen.
36:06Mais Sanchez
36:06il a introduit le faire.
36:08Ici je voudrais quand même
36:10réagir sur le sujet
36:11ici c'est pas
36:12je suis désolé
36:12c'est pas Trump
36:13c'est Sanchez
36:15qui a commencé
36:15c'est le cas
36:16je veux dire ça
36:18Ludovic
36:18je comprends ce que vous dites
36:20et je suis aussi sur le côté
36:21il ne faut pas non plus
36:21accepter le côté européen
36:22mais là c'est aller vraiment
36:24pour des raisons à mon avis
36:25de politique interne
36:26étant donné les résultats électoraux
36:27se donner une ossature internationale
36:29où même tous les autres Européens
36:30ne l'ont pas trouvé solidaire
36:31parce qu'il y a deux choses importantes
36:33c'est je ne paie pas
36:34imaginez que mon petit pays
36:35qui ne payait pas
36:35il dit la même chose
36:36avec l'OTAN chez lui en plus
36:37on paye notre contrepartie
36:39à cause d'un accord
36:40qu'on a signé tous
36:41en 2014
36:42donc ici point
36:44lui il décide tout seul
36:45de se désolidariser
36:46c'est déjà pas
36:46on peut dire sympathique
36:47c'est pas terrible pour l'Union Européenne
36:49après que l'Espagne ait été quand même
36:51le troisième contributeur
36:54quand même européen
36:55à l'OTAN
36:55et que ses dépenses
36:56aient augmenté
36:57cinq fois plus que son PIB
36:58oui mais néanmoins
37:00par rapport à ce qu'il a demandé
37:01il se désolidarise
37:03puis après
37:03il fait un coup
37:04qui à mon avis ne sert pas à grand chose
37:05puisqu'il s'est posé ailleurs
37:06dans un conflit
37:07où il vient plutôt
37:08en tous les cas
37:09régler le trait d'hormuz
37:11on voit qu'il cherche
37:12à ce moment-là
37:12et donc il obtient
37:14à juste titre
37:15si vous le provoquez
37:16Trump
37:16dans du Trump
37:17et donc je dis ici
37:18et c'est ce que je vous disais
37:20autant
37:20on ne sait pas ce qu'il va y avoir derrière
37:21autant pour les entreprises espagnoles
37:23qui eux
37:23contrairement à la France
37:24ont une visibilité
37:25avec tous les efforts
37:26qu'ils ont fait
37:26en disant
37:27tout va bien
37:28il y a déjà les tarifs
37:29où ils ne savent rien faire
37:30puisque ça c'est une négociation
37:31au niveau de Bruxelles
37:31ce n'était pas nécessaire
37:33de rajouter ça
37:33c'est surtout ça
37:34que je voulais dire
37:34c'est vraiment ça
37:37mais par contre
37:38sur le reste
37:38on l'a dit tout à l'heure
37:40Trump
37:40il est à droit
37:42ou pas à droit
37:42mais en tous les cas
37:43il négocie tout le temps
37:43mais ici je trouve
37:44c'était provoqué
37:46inutilement
37:46un problème
37:47dans un pays
37:48qui va pour le coup
37:48lui très bien
37:49et qui a besoin
37:50des Etats-Unis
37:51ou pas
37:51alors les Etats-Unis
37:52sont le premier investisseur
37:53étranger en Espagne
37:55ça c'est un premier point
37:56mais inversement
37:56parce que l'Espagne
37:57qui est beaucoup plus connectée
37:59à l'Amérique latine
38:00bien évidemment
38:00a véritablement besoin
38:02des Etats-Unis
38:02mais vous voyez
38:02c'est toujours la même chose
38:03est-ce qu'on en a besoin
38:04et pas besoin
38:05ça c'est
38:06en tous les cas
38:08de mettre des entraves
38:09soi-même
38:10à un commerce
38:10qu'on voudrait
38:12international
38:13c'est de toute façon
38:14mauvais
38:14alors si Trump l'aimait lui-même
38:16ben là on ne sait rien faire
38:16puisque ça vient de lui
38:17mais sinon en plus
38:18on s'amuse
38:19à rentrer le sol glissant
38:21il adore ça
38:21il va tomber
38:22puis il se redresse
38:23et il nous fout de baffe
38:23donc voilà
38:24c'est inutile
38:26donc c'est pas
38:26je trouvais que c'était pas judicieux
38:27et surtout je vous disais
38:28j'étais content
38:29de vous donner l'opinion
38:30des Espagnols quand même
38:32il n'est plus trop suivi
38:33pas trop loin
38:34et là vous êtes d'accord
38:35Nathalie Jansson
38:35ah oui
38:36voilà c'est ce que je disais
38:37je pense que
38:38je ne comprends pas
38:40pourquoi il a eu envie
38:41de faire cette provocation
38:42il n'y avait pas besoin
38:43et effectivement
38:44même du point de vue
38:46de l'idée de l'Europe
38:47c'est pas
38:48je pense pas
38:49qu'il ait consulté
38:49ses homologues
38:51en disant
38:52tiens je peux lui dire
38:53qu'en fait moi
38:54je ne veux plus payer
38:54non je pense que
38:55ça n'a pas été ça
38:56donc oui je pense que
38:58tout ça
38:58c'est un peu
38:59beaucoup de bruit pour rien
39:00et c'est dommage
39:01il joue sa carte nationale
39:02là il fait vraiment
39:02très politique
39:03et un bel exemple
39:04c'est que vous n'avez pas vu
39:05de réaction européenne
39:06non mais d'ailleurs
39:07personne s'est abstenu
39:08si les autres auraient pu dire
39:09avec Mélanie
39:10vous avez vu
39:11il y a des réactions européennes
39:11Mélanie ça c'est vrai
39:12je rejoins tout à fait
39:13ce que David a dit
39:14là il aime bien titiller
39:16mais tout l'Europe a dit
39:17ça va c'est bon
39:18ici personne n'a bougé
39:20bah non
39:20bon
39:22et bah suite aux prochains épisodes
39:24les frappes
39:25elles pendant ce temps là
39:26augmentent
39:2790 cibles visées
39:29par les Etats-Unis
39:30en ce moment même
39:32en Iran
39:33allez il nous reste
39:34il nous reste
39:35un bon quart d'heure
39:36à passer ensemble
39:37on va revenir en France
39:38pour parler d'un sujet
39:40récurrent
39:41dans le débat public
39:42et qu'on aime bien
39:43c'est la fonction publique
39:44le gouvernement a confirmé
39:47hier le gel
39:48du point d'indice
39:49des fonctionnaires
39:50jusqu'en 2027
39:52ce qui évidemment
39:53a provoqué
39:54la colère
39:55des syndicats
39:55qui ont annoncé
39:56un mouvement
39:57de contestation
39:58fin septembre
40:00oui mais seulement
40:01voilà
40:011% d'augmentation
40:03générale
40:04c'est 2,4 milliards
40:06d'euros
40:06de dépenses publiques
40:07supplémentaires
40:09alors est-ce qu'il faut
40:11cibler
40:13les fonctionnaires
40:14dans les économies
40:15Nathalie Jansson ?
40:17ah le problème
40:18des fonctionnaires
40:19oui c'est une espèce
40:19d'arlesienne
40:20en France
40:21donc ça fait
40:22est-ce qu'ils sont
40:23maltraités
40:23nos fonctionnaires ?
40:24maltraités
40:25dans une certaine mesure
40:26oui
40:27ils n'ont pas
40:28bénéficié
40:28de beaucoup
40:29effectivement
40:30d'augmentation
40:31de leur
40:32de leur traitement
40:33en même temps
40:34il y a aussi
40:35dans certains
40:36dans certaines
40:38parties de l'administration
40:39il y a peut-être aussi
40:40des problèmes de productivité
40:42puisqu'en général
40:43on lit
40:43vous êtes en train
40:44de nous dire
40:44que les fonctionnaires
40:45ne bossent pas
40:45non
40:46justement
40:46c'est justement
40:51tout le problème
40:52je pense que la fonction
40:52publique est diverse
40:53oui
40:54voilà
40:55que la traité
40:56tous pareils
40:57c'est vrai
40:57que la traité
40:59tous pareils
40:59c'est effectivement
41:00pas une bonne idée
41:01mais c'est comme ça
41:02qu'on fonctionne
41:03et qu'on voit bien
41:04qu'avec le temps
41:05ça devient problématique
41:06et je pense même
41:07qu'il faudrait
41:08effectivement
41:09moi je fais partie
41:10de celle
41:11mais c'est pas très surprenant
41:12puisque je suis
41:14d'obédience libérale
41:15qui voudrait effectivement
41:16mettre un terme
41:17à la fonction publique
41:18telle qu'elle est aujourd'hui
41:19dans ces termes
41:20et d'avoir
41:21des contrats
41:22qui n'ont rien à voir
41:23qui sont des contrats
41:23d'ailleurs plus courts
41:24parce que je ne vois pas
41:25pourquoi vous seriez fonctionnaire
41:26à vie
41:27je pense que dans la vie
41:28on peut avoir plusieurs carrières
41:29ce serait d'ailleurs
41:30tout le bien
41:30qu'on pourrait leur faire
41:31et justement
41:32ça rapporte au sujet
41:34des salaires
41:34et du pouvoir d'achat
41:35c'est-à-dire que vous donnez
41:36la sécurité de l'emploi
41:37contre les salaires
41:38un peu inférieurs
41:38à ceux du privé
41:39et je pense aussi
41:40que ça pourrait bénéficier
41:42enfin on pourrait avoir
41:43il faudrait mieux
41:44payer les fonctionnaires
41:45vous savez
41:45bien qu'un des pays
41:46qui est toujours donné en exemple
41:48pour avoir une fonction publique
41:49efficace
41:50c'est Singapour
41:50et Singapour paie très bien
41:52ses fonctionnaires
41:53puisque c'est
41:54enfin je veux dire
41:54il n'y a rien de mystérieux
41:56il y a plein de littérature
41:58sur le marché du travail
42:00le salaire d'efficience
42:01voilà
42:01on sait que
42:02si vous êtes correctement payé
42:04et heureux
42:05vous travaillez d'autant mieux
42:06donc je pense que
42:07voilà
42:07je ne suis pas en train de vous dire
42:09qu'effectivement
42:09c'est la meilleure
42:10il faut réformer
42:11les statuts du fonctionnaire
42:12c'est clair
42:13il ne faut pas simplement
42:14adresser ce problème du point
42:15aujourd'hui il part au plus pressé
42:17c'est-à-dire qu'on a
42:18un problème budgétaire
42:18donc on va encore
42:20les squeezer
42:21je ne pense pas
42:22qu'effectivement
42:22ce soit une bonne nouvelle
42:23puisque squeezer davantage
42:25ça donne des mécontents
42:26ça ne favorise pas
42:27une fonction publique
42:28qui soit hyper engagée
42:30et tout ça
42:31est bien dommage
42:32et il faudrait effectivement
42:33surtout changer
42:34ce statut de fonction publique
42:36c'est pas parce qu'on ne fait pas
42:36d'augmentation généralisée
42:38Ludovic de Sauté
42:38qu'il n'y aura pas
42:39d'augmentation non plus
42:40au sein de la fonction publique
42:42on est d'accord
42:43autant
42:44mais je suis totalement d'accord
42:46avec Nathalie
42:46c'est-à-dire
42:47bon après tout ça se joue
42:48évidemment à 10 mois
42:48d'une présidentielle
42:49voilà
42:50mais on est dans une mesure
42:52on va dire d'urgence
42:53ni plus ni moins
42:54c'est-à-dire que là
42:54il s'agit d'aller chercher
42:55des poches
42:56des milliards
42:57comme on va chercher
42:58des poches
42:58de gaz de schiste
43:00ni plus ni moins
43:01donc voilà
43:02mais l'éléphant
43:04dans la pièce
43:04est complètement
43:05mis de côté
43:06c'est-à-dire
43:06et si on réformait
43:09c'est-à-dire
43:09si on met la réforme
43:10dans une vision noble
43:11c'est-à-dire que tel que le défend Nathalie aussi
43:13ça ne veut pas dire qu'il n'y a plus
43:14de fonction publique
43:15c'est-à-dire qu'aujourd'hui
43:16c'est repensé
43:17je pense une partie
43:18un contrat plus court terme par exemple
43:19et je pense qu'il y a une partie
43:20aujourd'hui des fonctionnaires
43:21on a augmenté fortement
43:22les contractuels
43:24même au sein de la fonction publique
43:25il y a une partie des fonctionnaires
43:26qui dans leur tâche
43:27en tant que salariés
43:28sont probablement malheureux
43:30voient leur mission se dégrader
43:33une perte de sens
43:34enfin pas importe
43:34l'éducation nationale
43:35est un bon exemple
43:36malheureusement
43:37là où ce sont des missions
43:38assez essentielles
43:39dans un pays
43:39et dans une économie développée
43:42évidemment
43:43et là à nouveau
43:45alors il y a peut-être
43:46l'excuse de la présidentielle
43:47mais à nouveau
43:48on prend le dossier
43:49à l'envers
43:49c'est-à-dire qu'on a une vision comptable
43:51là où il faudra avoir
43:52une vision
43:53la capacité à s'asseoir
43:55avec
43:55avec les représentants
43:57avec
43:58de façon très très large
44:00je veux dire
44:01comment on repart autrement
44:02c'est-à-dire
44:02c'est vraiment ça
44:04et je pense
44:05le pire
44:06Emmanuel Macron avait essayé
44:07quand même
44:07lors de son premier mandat
44:08il avait mis 700 millions d'euros
44:10sur la table
44:10pour réformer la fonction publique
44:12et je pense que
44:14je ne sais pas si ça a donné
44:14beaucoup de résultats
44:15c'est que probablement
44:16de plus en plus en face
44:17il y a cette volonté
44:18c'est-à-dire qu'il y a ce besoin
44:20c'est-à-dire qu'il y a une nasse
44:21après je rajoute juste un point
44:23c'est que
44:23là on a un raisonnement
44:24un peu parisien et tout ça
44:26dans les collectivités territoriales
44:28on a une énorme responsabilité
44:29dans le dossier aussi
44:30c'est pas que l'État
44:31une disparité
44:32c'est pas que l'État
44:34à Paris et Bercy
44:35loin s'en faut
44:36c'est-à-dire que
44:36même si
44:36c'est même presque
44:38un dossier à prioriser
44:39ça serait plutôt
44:40du côté des collectivités
44:41en la matière
44:41tout le monde n'est pas
44:42aux 35 heures encore
44:43et là-dessus
44:45il y a la France
44:47tout à l'heure
44:47on parlait d'ADET
44:48la France
44:49au même titre
44:50que d'avoir la capacité
44:51à prendre le dossier d'ADET
44:52c'est un dossier fondamental
44:54et de réforme réelle
44:55est-ce que c'est un sujet
44:56qu'on a en Belgique aussi
44:57en Angélie ?
44:57bien sûr
44:58partout
44:58avec les mêmes données
45:00les mêmes sujets
45:01non
45:02pas tout à fait
45:03parce qu'il y a beaucoup de choses
45:04qui sont régionalisées
45:05donc ce ne sont pas la même chose
45:06en Flandre
45:06à Bruxelles
45:07qu'en Wallonie
45:08et donc clairement
45:09on doit adresser aussi ce problème
45:11de la notion de fonctionnaire
45:13et déjà même dans les universités
45:16il y a les grandes écoles en France
45:17qui ne sont pas défonctionnés
45:18les gens ne sont pas défonctionnés
45:20moi je suis fonctionnaire
45:20quand je suis en France
45:21puisque je suis professeur
45:22à l'université Paris-Ampathéon-Sorbonne
45:24en Belgique
45:25il y a des universités
45:26qui reçoivent de l'argent
45:26effectivement du public
45:27mais qui sont gérées de façon indépendante
45:29il y en a d'autres
45:29qui sont clairement publiques
45:30donc pour caractériser
45:32qui est fonctionnaire ou pas
45:33il faut faire
45:34je vais dire
45:35une étude approfondie
45:35mais clairement
45:36on a le problème également
45:37par contre
45:37c'est toujours la même chose
45:38et ça c'est ce que vous venez de dire
45:40et qui est un problème en France
45:40mais qui l'est également en Espagne
45:42puisqu'on parlait de l'Espagne tout à l'heure
45:44c'est
45:44qu'est-ce qu'on fait
45:45quand on voit
45:46que ça dérape
45:47pour quelque raison que ce soit
45:48il y a le côté évidemment du coût
45:49mais il y a aussi le côté de la productivité
45:51il y a le côté sectoriel
45:52il y a où
45:53certains endroits
45:54avant de demander
45:54beaucoup de fonctionnaires
45:55parce que c'était nécessaire
45:56aujourd'hui il en faut peut-être moins
45:58il faut rééquilibrer
45:59il faut rendre le système plus efficient
46:01et surtout plus motivant
46:02parce que c'est vrai que
46:03c'est facile de dire
46:04les fonctionnaires
46:05les fonctionnaires
46:06mais il y a beaucoup d'éléments
46:08qui font que le coût
46:10n'est pas toujours en adéquation
46:11avec ce qu'on en attend
46:12mais ça demande une réforme de fond
46:14et c'est pour ça
46:15quand on met tout le monde
46:17dans le même sac
46:18on fait forcément
46:19un grand nombre de mécontents
46:20parce qu'il y a quand même
46:21des gens qui ont leur travail
46:22convenablement
46:22et il y a d'autres personnes
46:24qui sont plutôt un peu
46:25qui disent
46:25tant que ça tient
46:26moi je suis plus ou moins protégé
46:28donc il faut vraiment
46:29une réforme de fond
46:30or pour le moment
46:30c'est un peu comme la sécurité sociale
46:32c'est un poste aussi
46:33qui handicap beaucoup la France
46:34c'est tant qu'on n'ira pas
46:35vraiment poigné dedans
46:36en essayant de faire les choses
46:37convenablement
46:38on fera des petites réformettes
46:39et qui ne satisfairont
46:40ni l'un ni l'autre
46:41on a des exemples de pays
46:42qui ont réformé
46:42leur fonction publique
46:44enfin s'est installé
46:44depuis tellement longtemps
46:45on imagine mal
46:47donner un grand coup de pied
46:48dans la front minière
46:49et de dire
46:49on arrête le métier à vie
46:52on met des incentives
46:53des primes à la performance
46:54les meilleurs seront rétribués
46:57les moins bons
46:58un peu moins
47:00déjà donc
47:01bon Singapour
47:02c'est connu
47:02pour effectivement avoir
47:03une administration
47:04qui est bien payée
47:06je pense qu'un pays
47:08comme l'Estonie
47:09sans doute
47:09a dû procéder
47:10alors effectivement
47:11je ne connais pas
47:12mais je sais que
47:13ils sont excellents
47:14en termes de numérique
47:14exactement
47:15mais
47:15la Pistonie
47:16comme on dit
47:16déjà
47:18je pense que
47:19dans les départs
47:20de la fonction publique
47:21et le repensé
47:22de la fonction publique
47:23il y a toute cette partie
47:24de
47:24e-administration
47:26qui quand même
47:27je ne pense pas
47:28à l'heure où on est
47:29aujourd'hui
47:30on est bon ou pas
47:31là-dessus nous en France
47:32pour le moment
47:33on a des poches
47:34on a un problème
47:35de fuite de données
47:36quand même
47:37qui est quand même
47:38un problème
47:38pour que ça marche bien
47:40le problème
47:40c'est que
47:41si on démontre
47:42que lorsqu'on le fait
47:43ça donne
47:44si ça part à Pékin
47:45ou aux Etats-Unis
47:46c'est pas très très engageant
47:48non plus
47:48mais néanmoins
47:50on pourrait
47:51on a appris quand même
47:51cette semaine
47:52dans un papier des échos
47:53et on avait Dorothée Rouset
47:54la chef économiste
47:55du Trésor hier
47:55que l'administration française
47:57était en train de tester
47:58des modèles d'IA
47:59des modèles chinois
48:01mais puisqu'ils sont
48:02en open source
48:03on peut
48:03les sécuriser
48:05d'un système
48:06fermé au sein
48:07de l'administration
48:08système qui n'a pas été
48:09retenu au Trésor
48:10d'ailleurs
48:10parce qu'il avait
48:11des biais
48:11les réponses étaient
48:12un peu
48:14tonantes
48:14parfois
48:17donc ils l'ont écarté
48:18mais l'administration
48:19française est bien
48:20en train de tester
48:21aussi des dix
48:21mais bien sûr
48:22il y a des administrations
48:23qui l'ont déjà
48:25de toute façon
48:25le service des impôts
48:26est plutôt assez efficace
48:27de ce côté-là
48:28mais effectivement
48:29le sujet peut être
48:30adressé
48:31parce que ça veut dire
48:31que certaines tâches
48:33qui ne sont plus
48:33très intéressantes
48:34pourraient être déléguées
48:35effectivement
48:36à de l'intelligence
48:38artificielle
48:39il y a des choses
48:41où aussi
48:41on peut utiliser
48:42la blockchain
48:42pour conserver
48:43l'information
48:44il y a beaucoup
48:45de créativité
48:46qu'on pourrait utiliser
48:47et donc on voit bien
48:48qu'il y a des fonctionnaires
48:49qu'on pourrait
48:50ne pas remplacer
48:51c'est-à-dire que là
48:51voilà c'est simplement
48:52oui c'est le moment
48:53où toute une génération
48:54exactement
48:54c'est-à-dire qu'on assure
48:56une qualité de service public
48:57parce que c'est très important
48:58il ne faut pas
48:59enfin voilà
48:59moi je ne vous pose pas
49:00je ne veux pas
49:01la fin du service public
49:02mais effectivement
49:03tout ce qu'on veut
49:04c'est que le service public
49:05soit en termes de qualité
49:07à la hauteur
49:07et aujourd'hui
49:08avec les moyens
49:09technologiques
49:10qu'on a
49:10on peut effectivement
49:11continuer d'assurer
49:12une certaine qualité
49:13en ayant quand même
49:15moins de fonctionnaires
49:16et des fonctionnaires
49:18qui ont un travail
49:19plus valorisé
49:20et à ce moment-là
49:23même mieux payé
49:24et même mieux payé
49:25bien sûr
49:26on va totalement
49:27d'accord avec Nathalie
49:28s'il y a des exemples
49:29parce que le Singapour
49:29est un petit peu exotique
49:30on va dire
49:31c'est pas tout à fait
49:32le modèle français
49:33culturellement
49:34mais les Pays-Baltes
49:35sont des bons exemples
49:36parce que finalement
49:37ils ont la chance
49:38d'avoir eu
49:39la feuille blanche
49:40récemment
49:41et du coup
49:42de construire
49:42un saut de grenouille
49:43directement vers le plus moderne
49:44après
49:45je pense que le débat
49:46il ne faut pas l'enfermer
49:47dans une vision administrative
49:48parce que bon
49:49après il y a des succès
49:50il y a Bercy
49:51quand on regarde
49:51le système d'imposition
49:52aujourd'hui
49:53il a fait sa révolution
49:54en 10-15 ans
49:55enfin je veux dire
49:55et ça marche
49:56le prélèvement à la source
49:57tout le monde
49:58depuis 50 ans
49:59disait que ça allait
49:59tout faire sauter
50:00et ça a très bien fonctionné
50:01après on trouvera
50:02toujours des failles
50:03mais comme on trouve
50:03des failles
50:04dans n'importe quel service
50:05y compris dans une entreprise
50:06privée
50:06le recouvrement de l'impôt
50:07sur le revenu
50:07c'est 99, quelque chose
50:09de pour cent
50:09moi je pense que
50:11la question n'est pas tant
50:12sur le traitement administratif
50:13aujourd'hui
50:14et s'il faut prendre
50:15ce dossier de la fonction publique
50:17c'est davantage
50:17sur les métiers de contact
50:18parce que c'est là
50:19où il y a une perception
50:20de la part du citoyen
50:21de la valeur ajoutée
50:23et les métiers de contact
50:24c'est la santé
50:24c'est l'éducation
50:25c'est la sécurité
50:26c'est-à-dire la justice
50:28c'est-à-dire des métiers
50:29où à un moment ou à un autre
50:30dans la vie
50:30pour des raisons positives
50:31ou négatives
50:32on se retrouve en tant que citoyen
50:34en interaction
50:35là avec de l'humain
50:36parfois dans des circonstances
50:39qui sont plus ou moins agréables
50:40et c'est là où
50:41la perception réelle
50:43de la valeur
50:43elle se fera pas honnêtement
50:44sur le fait qu'il y a
50:45une mise à jour
50:46de l'appli impôts.gouv
50:47parce que ça
50:48aujourd'hui je pense
50:49que c'est plus perçu
50:50dans un...
50:51Oui puis on estime
50:52que c'est naturel
50:53c'est naturel
50:54et tout le monde
50:54fait des mises à jour
50:55et voilà
50:56et oh ils ont changé
50:57de code couleur
50:57oh c'est mieux ça
50:58je clique et tout ça
51:00la perception
51:00elle est devenue nulle
51:01je pense que la perception
51:02aujourd'hui
51:02c'est dans la vie quotidienne
51:04et c'est là où
51:05j'ai la grande réforme
51:07à penser
51:07surtout dans une population
51:09qui vieillit
51:09surtout dans une population
51:10qui va avoir
51:11le nombre d'étudiants
51:12et d'écoliers diminué
51:14et ça va demander
51:15à repenser des choses
51:16parce que sinon
51:17on va laisser un système
51:18hyper trophié
51:19par rapport à une réalité
51:20et tout ça
51:20sur la santé
51:21sur laquelle il y a des enjeux
51:22fondamentaux
51:23on le voit
51:23la santé
51:25est un secteur qui souffre
51:27c'est là où il faut prioriser
51:28parce que je pense
51:29qu'on peut recréer
51:30une noblesse
51:30et une perception
51:31de la valeur
51:31dans ces notions de contact
51:33et ça
51:34c'est un magnifique chantier
51:36le MEDEF
51:37propose 100 000 suppressions
51:38de postes
51:39je rappelle qu'on a
51:405,6 ou 5,8 millions
51:42de fonctionnaires
51:43en France
51:44100 000 postes supprimés
51:45c'est ce que propose aussi
51:46Gabriel Attal
51:47c'est ce que propose
51:48Edouard Philippe
51:48de mémoire
51:50ils ont eu
51:50la même personne
51:51qui leur a fait
51:52les prévisions
51:52sans doute
51:53c'est possible
51:54c'est un chiffre rond
51:55disons
51:55c'est un chiffre indicatif
51:57François Fillon
51:57c'était 500 000
51:58c'était beaucoup plus
51:59il faut s'en souvenir
52:01bon
52:02c'est un chiffre politique
52:04peut-être que ça correspond
52:06aux flux
52:06c'est une conception économique
52:07pertinente
52:10honnêtement
52:10je ne pourrais pas dire
52:11si elle est pertinente
52:12ou pas
52:12est-ce que ça rejoint
52:14des flux naturels
52:14de départ
52:15ce qui fait qu'en fait
52:16ça n'engage rien
52:17c'est possible aussi
52:17et le nombre
52:19je veux dire
52:19c'est toujours pareil
52:20on n'augmente pas les salaires
52:22point
52:23on dit
52:23on supprime 100 000
52:24mais si on le fait
52:26sans avoir fait vraiment
52:27une étude au cas par cas
52:28cas par cas j'entends
52:29au moins secteur par secteur
52:31ça n'a aucun sens
52:32l'idée c'est de rendre
52:33le système plus efficace
52:33avec des gens plus motivés
52:35et peut-être
52:35peut-être à ce moment-là
52:36mieux payé
52:37et d'orienter les autres
52:38évidemment
52:38le but n'est pas
52:39de créer une catastrophe sociale
52:40mais par contre
52:41c'est vrai qu'on n'en parle jamais
52:42c'est pour ça
52:43je vous demande
52:43est-ce qu'on malgrit
52:43de notre fonction publique aussi
52:45ces gens-là sont au service
52:45du public normalement
52:47et on ne parle que
52:48on va vous serrer la vis
52:49et c'est du point
52:50on va supprimer des postes
52:52qui ne sont pas les messages
52:53les plus positifs
52:53mais par contre aussi
52:55de l'autre côté
52:56dans mon pays
52:57comme dans d'autres
52:57je sais que c'est vrai
52:58aussi en France
52:59c'est pas parce qu'on est fonctionnaire
53:01qu'on doit refuser
53:01toute évaluation
53:02moi j'étais à la fois
53:05dans des grandes écoles
53:07il y avait des évaluations
53:08et par les étudiants
53:09dans mon pays
53:10même à l'université libre de Bruxelles
53:11moi je trouve ça génial
53:12les étudiants
53:12qui sont quand même
53:13les consommateurs
53:14évaluent leurs professeurs
53:15et qu'après
53:16il y a une discussion
53:17sur la qualité
53:18ou bien de la pédagogie
53:19ou bien de la recherche
53:19je trouve ça tout à fait normal
53:21quand on fait son travail
53:22convenablement
53:23on n'est pas gêné
53:23d'avoir une évaluation
53:24l'évaluation n'est pas
53:25nécessairement mauvaise
53:25d'autant plus
53:26quand elle est bonne
53:27s'il y a en plus
53:28entre guillemets
53:28la carotte de l'autre côté
53:29c'est jouer dans les deux sens
53:35j'aime pas un peu
53:36ces chiffres valides
53:38parce que je pense
53:39que la bonne réflexion
53:40ça serait peut-être
53:41peu importe le chiffre
53:41je m'en dirais
53:42à 100 000
53:42mais en même temps
53:43peut-être qu'à d'autres endroits
53:44à l'inverse
53:45il faut en prendre 40 000
53:46en fait c'est ça
53:47là c'est une enveloppe globale
53:50on sait qu'on va avoir
53:51un choc démographique à gérer
53:53donc il va y avoir
53:53des efforts de la nation
53:55à faire
53:55dans certains domaines
53:57pour accompagner
53:57ce vieillissement
53:58de la population
53:59donc c'est là
54:00où on a une vision
54:01qui est simplificatrice
54:02et on a
54:05honnêtement
54:05on a des acteurs politiques
54:06coupables
54:06et vous pouvez décourager
54:08à la fin
54:09ceux qui font leur travail
54:09comme d'un blanc
54:10imaginez celui qu'on dit
54:10on ne l'augmente pas
54:11parce qu'on a dit
54:12qu'à tout le monde
54:12c'était comme ça
54:13et celui qui se trouve
54:14largement au-dessus de la moyenne
54:15lui il trouve ça
54:15tout à fait injuste
54:17et c'est pas parce qu'il n'est pas
54:18solidaire
54:18c'est parce que c'est injuste
54:19c'est toute la difficulté
54:20de la gestion de la fonction publique
54:21et c'est vrai que
54:22par exemple
54:23dans les écoles
54:24c'est terrible
54:25dans la gestion de l'école
54:26à la fois primaire
54:28secondaire
54:29l'université
54:30c'est encore un autre régime
54:31mais c'est vrai que
54:32c'est terrible
54:32et ça n'attire pas
54:33les vocations
54:34mais on peut aussi
54:35la question de l'attractivité
54:36et il faut aussi se dire
54:38qu'on peut peut-être
54:39aussi envisager
54:40d'avoir
54:42de la mise en concurrence
54:44de différence
54:46d'entreprises privées
54:48qui pourraient assumer
54:48des missions
54:50de services publics
54:50ça aussi
54:51c'est un gros mot
54:52en France
54:53mais néanmoins
54:54c'est des choses
54:54qui peuvent se concevoir
54:55qu'en fait
54:55on peut assurer
54:56des services publics
54:57de façon différente
54:58Bon
54:58une autre fonction publique
55:00est possible
55:00ce sera le mot de la fin
55:01merci à tous les trois
55:02Nathalie Jansson
55:03Ludovic de Sauté
55:04et Roland Givet
55:05pour cette émission
55:05passionnante
55:06disponible en podcast
55:07et replay
55:07sur l'application
55:09BFM Business
55:09et toutes les plateformes
55:10tout de suite
55:10c'est BFM Entreprises
55:11spéciales croissance
55:12animées par Sandra Gandroin
55:14quant à nous
55:15on se retrouve
55:16même heure
55:16même endroit
55:189h30
55:1810h30
55:19en direct
55:20sur BFM Business
55:20pour la dernière
55:22de la saison
55:24ne la ratez pas
55:25ce sera l'occasion
55:26de se dire
55:27au revoir
55:28un bel été
55:29très bonne journée
55:29à tous
55:30à demain
55:34Les experts
55:35débat et controverse
55:36sur BFM Business
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