Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 minutes
Ce mercredi 8 juillet, David Benamou, gérant associé chez Axiom Alternative Investments, s'est penché sur l'avenir prometteur des valeurs bancaires, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Les banques en bourse, mais pas qu'en bourse, dans leur ADN même, sont en pleine métamorphose.
00:12Il en est convaincu, David Benhamou, l'enjoint Action Alternative Investment. Bonjour David.
00:15Bonsoir.
00:16Alors les bénéfices des banques françaises ont bondi l'an dernier sur un an de 10%, malgré une surtaxe exceptionnelle
00:20ici en France.
00:21Mais ce n'est pas de ça que vous venez de nous parler aujourd'hui.
00:23Non, non, parce que ça fait l'an dernier, les années précédentes, ça fait 20 et quelques trimestres qu'on
00:28parle des bons résultats du secteur,
00:30du fait qu'elle délivre des résultats au-dessus des attentes, etc.
00:35Mais tout ça s'est accompagné d'une très belle performance boursière.
00:40Mais ce qu'il y a de beaucoup plus intéressant, c'est ce qui s'est déroulé sur la partie
00:43crédit.
00:44Puisqu'en fait, on a assisté au fur et à mesure des trimestres de bons résultats du secteur
00:50à une amélioration très très forte des notations de crédit des banques.
00:55On a eu une avalanche d'upgrades par rapport aux downgrades.
00:59Les ratios 2025, c'est plus de 4 fois.
01:02Et ça, ça s'est traduit par, par exemple, dans nos fonds de dettes subordonnées,
01:09qui étaient avant sub-investment grade.
01:10Aujourd'hui, en fait, les émetteurs sont à moins et le portefeuille, en fait, il est BBB, BBB+.
01:16Donc, ce qui s'est passé, c'est quand même assez spectaculaire.
01:20Et ça, ça a des conséquences pour le secteur qui sont importantes en termes de coût de financement.
01:25Puisqu'évidemment, les notations s'améliorant, le coût global du capital du secteur s'est abaissé.
01:33Donc, tout ça, c'est un cercle vertueux.
01:35Ça facilite la consolidation et les rachats, l'efficacité opérationnelle.
01:43Donc, tout ça, tout ça est lié.
01:45Oui, l'avalanche de rehaussement de notations de crédit sur le secteur financier, c'est vraiment ce qui vous frappe
01:48et ce qui, pour vous, pourrait marquer une véritable puissante impulsion pour plus de consolidation.
01:54C'est vraiment ça que vous venez de nous annoncer aujourd'hui.
01:56C'est au-delà de leur bonne santé, etc.
01:58On va vers une consolidation historique, peut-être, de ce secteur bancaire désormais.
02:03Oui, on voit en Europe, ça a commencé.
02:06Puisqu'on a maintenant des opérations, tous les trimestres, on a des nouvelles opérations qui sont annoncées.
02:15Rarement des opérations, en fait, qui sont en cross-border, puisqu'on voit encore des contraintes, des barrières nationales.
02:23Mais on voit quand même qu'il y a une tendance qui s'est lancée.
02:28En France, on a vu deux banques mutualistes françaises faire des opérations à l'étranger.
02:34BPCE avec Novo Banco, et puis Alliance Crédit Mutuel avec Oldenburg et chez Landesbank, en Allemagne.
02:42Voilà, donc on voit que c'est en train de se dérouler.
02:45Alors évidemment, il y a des barrières.
02:47On a tout ça l'impression, on a l'impression que c'est lent.
02:49On parle de la consolidation du secteur, mais on a l'impression que ça n'avance pas.
02:53C'est-à-dire que ça fait quand même des années et des années qu'on en parle.
02:55Alors on sait qu'il y a une forme de crispation politique, peut-être chez nous en France,
03:00qui empêche des fusions transfrontalières.
03:04Enfin, tout du moins dans un sens, peut-être pas dans l'autre.
03:06On a vu BNP avec BNL en Italie il y a quelques années, ça s'est très très bien passé.
03:11On imagine mal une banque italienne racheter une banque française.
03:15Donc ça se passe toujours dans des sens avantageux.
03:18Malgré tout, on a l'impression que ces crispations politiques, ça ne fait pas que le sujet.
03:22Il y a aussi des crispations vraiment économiques et sur le business qui ont l'air d'empêcher le mouvement.
03:27Oui, puis il y a des barrières qui sont techniques, c'est-à-dire des règles de calcul de capital,
03:35de liquidité,
03:37qui imposent encore en quelque sorte une préférence locale.
03:43Mais ce qu'il y a de fascinant, c'est que quand on regarde, aujourd'hui, quand on regarde les
03:48Etats-Unis,
03:49il y a des grandes banques, Bank of America, Citigroup, JP Morgan, on a tous ces géants qu'on trouve
03:56absolument tous fascinants.
03:59Et en fait, ce qu'on a oublié, c'est que tout ça s'est déroulé il n'y a
04:03pas si longtemps que ça, cette consolidation aux Etats-Unis.
04:06En fait, dans les années 90, entre 94 et 99, il y a eu deux changements de texte qui ont
04:12permis cette accélération.
04:14Alors ce qui est incroyable, c'est qu'on a...
04:15Et vous allez nous en parler parce que c'est peut-être ce qui va arriver en Europe aussi,
04:17ce qui s'est passé sous l'ère Clinton pour le secteur bancaire américain,
04:20ce qui lui a permis de prendre une nouvelle dimension sous Bill Clinton, arrive peut-être ici en Europe.
04:24Qu'est-ce qui s'était passé à l'époque sous Bill Clinton ?
04:26C'est ça, ça nous donne en fait un éclairage intéressant sur l'Europe.
04:29Ce dont il faut se souvenir, c'est que jusqu'en 94, aux Etats-Unis, vous ne pouviez pas ouvrir
04:36une succursale dans un autre Etat que là où vous étiez.
04:38C'est dingue.
04:39Imaginez, on est un petit peu en avance en Europe puisqu'on peut ouvrir des succursales dans d'autres Etats.
04:44Donc il y avait un texte qui datait des années 20 qui s'appelle le McFaderax qui vous empêchait d
04:51'ouvrir des succursales.
04:52Donc il y a eu une première réforme en 94, le Rig the Seal Act,
04:58qui a permis aux banques de commencer à ouvrir des succursales dans d'autres Etats,
05:04puis surtout de faire des acquisitions.
05:05Ce texte-là, ça a donné naissance à Citigroup.
05:08C'est dingue.
05:12Et ensuite, en 99, un autre texte qui a aboli cette fois-ci,
05:20vous vous souvenez du Glass-Tigroup Act qui empêchait globalement de rassembler une banque retail,
05:25une banque de détail avec une banque d'investissement.
05:28Mais tout ça, ça a été aboli en 1999 et ça a donné naissance à Bank of America.
05:36C'est arrivé là-bas et vous vous dites que ça va arriver ici.
05:38– En fait, quand on regarde, on a les mêmes problèmes,
05:43je dirais moins importants,
05:45puisque nous, on peut déjà ouvrir des succursales de banques européennes dans d'autres Etats,
05:49mais on a des contraintes en termes de capital.
05:51Par exemple, un régulateur va vous imposer de mettre plus de capital,
05:54enfin de garder une côté de capital important au plan local,
05:57alors que vous pourriez la tenir dans votre maison mère,
06:00tout simplement en considérant.
06:01Pareil pour la liquidité, il y a tout un tas de petits détails.
06:04On laisse aux Etats des préférences nationales qui empêchent tout ça.
06:08Mais voilà, il y a depuis maintenant 24 mois une volonté,
06:13alors d'abord qu'il y a une volonté étonnamment politique,
06:15puisque les trésors ont poussé finalement pour remettre la compétitivité
06:20au cœur des réformes bancaires,
06:23et puis les régulateurs qui poussent de leur veau.
06:26Donc, on est petit à petit, on est dans les années 90,
06:31pour le secteur bancaire quelque part.
06:32– Le rapport Draghi évoquait tout ça, ce que vous nous disiez,
06:35sur justement ce type de réformes à mettre en œuvre,
06:37parce qu'on sent que les instances européennes souhaitent mettre en œuvre le rapport Draghi,
06:39il n'a pas été voté, mais voilà.
06:41– Absolument, c'est ça qui a réveillé un petit peu les « foules »,
06:44et qui a fait prendre conscience à tout le monde
06:46qu'il faut qu'on avance, parce qu'on est en retard.
06:50– Donc ce que vous nous dites est dans ce rapport Draghi.
06:51Vous sentez que là, les astres s'alignent pour que ces réformes se mettent en place,
06:56ou il y aura encore trop d'obstacles, trop de lenteur ?
06:58Cette fois, ça va se faire ?
06:59– Ça va se faire, petit à petit, parce qu'elles ont commencé,
07:02il y a des résistances nationales,
07:07ce qu'on appelle l'EDIS, qui est l'union des dépôts,
07:12qui est quelque chose de clé,
07:15on progresse à petites touches, à petits pas.
07:17– Et quelles banques vous voyez comme fleurons de ce mouvement à venir ?
07:21De transformation, de nouvelles dimensions aussi,
07:23comme les banques américaines ont pris une nouvelle dimension dans les années 90 ?
07:26– Les grandes banques qui ont déjà opéré des consolidations,
07:30entre guillemets, transnationales, BNP par exemple,
07:34qui est déjà sur plusieurs implantations européennes,
07:37et qui donc a déjà des process,
07:41et je dirais un plan de marche ou un plan de bataille,
07:44clairement ce sont des banques, en fait, qui peuvent lancer plus vite que les autres,
07:47Unicredit, alors on voit Unicredit avec Commerzbank,
07:50mais Unicredit a déjà à peu près une quarantaine de pourcents
07:54de son activité en Allemagne,
07:55avec Hupo-Ferrenzbank, qu'elle avait acquis il y a longtemps,
07:58donc la double culture, ou la triple culture, entre guillemets,
08:02parce que ce sont des banques qui ont aussi des implantations dans d'autres pays,
08:05donc toutes celles qui ont déjà cette expérience-là,
08:07on les processe, les systèmes pour intégrer, pour consolider.
08:10Merci beaucoup, donc David Bellamou, peut-être le big bank du secteur bancaire européen,
08:16parce que c'est vrai que les banques européennes ont perdu beaucoup en taille,
08:18comparé aux banques américaines ces dernières années.
08:20Absolument, absolument, ce sera une très bonne nouvelle pour l'actionnaire aussi,
08:22enfin ça continuera, entre guillemets.
08:24Oui, parce qu'en plus elle délivre des dividendes, etc.,
08:26enfin c'est un secteur qui est prêt, c'est vrai, a beaucoup d'arguments.
08:28David Bellamou, Axiom Alternative Investments avec nous,
08:30merci beaucoup David.
08:31David Bellamou.
Commentaires

Recommandations