00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Il est 8h25 et ces derniers jours on a beaucoup parlé des difficultés des Allemands et des Français à travailler
00:08ensemble.
00:08On prouvé ce matin que c'est possible. Notre invité c'est François Robinet.
00:11Bonjour, vous êtes le fondateur et associé gérant d'AVP.
00:14AVP qui s'associe avec Early Bird pour lancer un fonds défense de 500 millions d'euros.
00:19Un fonds donc franco-allemand.
00:21Vous allez vous associer avec des Allemands pour aller travailler sur un segment qui a besoin de financement
00:26qui est les ETI, les grosses PME qui ont besoin de financement un peu intermédiaire.
00:31Là où en Europe on a des difficultés notamment face aux Américains.
00:34Racontez-nous ce que vous allez faire.
00:36Écoutez, nous on est parti d'un constat et un constat en trois parties en fait.
00:40Le premier c'est que, bon, on voit l'évolution géopolitique, on voit ce que fait M. Trump.
00:49On a compris en Europe qu'on avait besoin de prendre son destin en main.
00:52Ça c'est la première chose.
00:53La deuxième chose, c'est que la conséquence de ça, c'est que les budgets alloués à la défense vont
00:58être très importants.
00:59Ce sont déjà très importants en augmentation et vont l'être encore plus avec 3,5% du PIB en
01:042030.
01:05Et puis la dernière chose, et c'est la plus importante, l'exemple ukrainien.
01:08Ça avait commencé aux Etats-Unis avant, mais l'exemple ukrainien nous a montré qu'il y avait de la
01:12place pour l'innovation technologique
01:15et l'entrepreneuriat également dans le domaine de la défense.
01:18Nous on a été convaincus depuis très longtemps que nous on investit dans la tech et les entrepreneurs, c'est
01:23notre vocation,
01:23on a été convaincus depuis très longtemps que la défense aussi, c'était un secteur où l'entrepreneuriat pouvait contribuer.
01:32C'est plus difficile, les clients sont de nature différente.
01:35Oui, mais on a vu ça dans l'industrie des drones, avec des entrepreneurs.
01:38Exactement, et là l'exemple ukrainien l'a montré, c'est-à-dire que les succès ukrainiens que l'on
01:44connaît, ils sont dus aussi au fait,
01:46ils sont dus à l'aide occidentale bien sûr, mais ils sont dus au fait que les start-up ukrainiennes
01:51qui étaient excellentes avant la guerre,
01:52nous on les suivait, il y avait plein de trucs en cybersécurité, des trucs comme ça, se sont réorientés vers
01:57l'industrie de défense,
01:58avec des cycles d'itération très rapides, malheureusement ils testent leurs innovations sur le champ de bataille directement,
02:06mais du coup ils arrivent très rapidement, sur les drones par exemple, à fournir des solutions, à délivrer des solutions
02:12opérationnelles,
02:14en un temps record et très très très performantes.
02:16Donc nous on s'est dit, c'est aussi un des défis de l'Europe.
02:19Le défi de l'Europe, c'est effectivement le financement, vous en avez parlé, de l'industrie classique de défense,
02:27et notamment de ce qu'on appelle la BITD, c'est-à-dire tous les sous-traitants à nos grands
02:31industriels de défense, c'est un vrai sujet.
02:33Nous on s'occupe d'un autre volet, qui est le financement de la tech, de l'innovation de la
02:40tech appliquée à la défense.
02:41Et ça, et je finirai par là, la tech appliquée à la défense, là encore, l'exemple ukrainien, on voit
02:47que ça change quand même pas mal le champ de bataille.
02:49On voit que les technologies, l'IA, les drones, vous en avez parlé, ça devient un élément critique,
02:57en conjonction avec les moyens plus traditionnels, sur les théâtres d'opération.
03:02Alors du coup, vos cibles c'est qui précisément ? Parce que c'est pas la BITD, c'est pas
03:06des PME familiales avec des flux de trésorerie, c'est pas ça.
03:09Je redis qu'il y a aussi un sujet de financement pour que ces sociétés familiales qui sont critiques pour
03:15nos grands industriels de la défense,
03:17un chiffre, il y a 4500 entreprises de défense en France, il y a peut-être une dizaine de ce
03:24qu'on appelle les primes, ces grands industriels.
03:26Donc tous les règles, 4500 moins les 10, il faut les financer, c'est très important pour qu'ils aient
03:32la capacité.
03:32Nous on s'occupe d'autre chose, on s'occupe de sociétés qui font de la tech, qui font de
03:38l'IA, qui font des drones, qui font des capteurs,
03:41qui font des logiciels appliqués à la défense ou en tout cas avec une application dual.
03:49Puisque très souvent, l'innovation technologique pour la défense a aussi des applications civiles.
03:55Et le fait d'être un fonds franco-américain, ça vous donne une longueur d'avance ?
04:00Parce que vous êtes sur un segment où on se bat quand même pour investir.
04:03On est un fonds européen, on est un fonds français, on a notre siège social à Paris,
04:08mais notre vision depuis le début d'AVP, c'est de dire qu'on a besoin d'avoir en Europe
04:13des sociétés d'investissement
04:15qui sont compétitives avec les meilleurs fonds du monde, qui sont les fonds américains.
04:20Si on veut être compétitif avec les meilleurs fonds du monde, il faut être compétitif sur leur marché.
04:24Pour ça, on investit 50% aux Etats-Unis et 50% en Europe, c'est clair.
04:28Mais on n'oublie pas d'où on vient et les sujets de souveraineté sont importants.
04:34Ils sont notamment importants sur ce fonds, puisque ce fonds, ce fonds de défense,
04:38qui est un nouveau fonds, comme vous l'avez dit, que l'on lance,
04:42de caractéristiques par rapport à nos fonds précédents.
04:45D'abord, il n'investira qu'en Europe, évidemment.
04:48C'est l'objectif de cette initiative.
04:51Et deuxièmement, on le fait effectivement en partenariat avec un fonds allemand
04:55qui s'appelle Orlybird, que l'on connaît depuis longtemps,
04:58qui sont des gens extraordinaires, avec qui on s'entend très bien, très complémentaires.
05:02Mais on s'est dit que si on voulait être sérieux sur cette initiative,
05:06financer des sociétés quand elles arrivent à un stade de croissance,
05:09pas au tout début, mais à un stade de croissance,
05:11ça ne pouvait être qu'une initiative européenne.
05:13On ne pouvait faire ça que, et pour le faire au niveau européen,
05:17plutôt que d'aller en Allemagne, on s'est dit, il y a des très bons en Allemands,
05:20on va s'allier avec eux.
05:22Et je pense, peut-être juste pour finir,
05:24je pense que ça, c'est quelque chose que l'industrie de la gestion en Europe
05:28devrait faire à plus grande échelle.
05:30Merci beaucoup, François Robinel.
05:31Merci, Laure.